{"title":"Les ʿammē « en Ǧazīra et en Occident ». Genèse et fixation d’un ethnonyme standardisé pour les tribus arabes chrétiennes","authors":"Simon Pierre","doi":"10.4000/anisl.4721","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"Lorsque la litterature syro‑occidentale designe des Arabes chretiens (ṭayyōyē krisṭyōnē), elle emploie souvent une expression ternaire a l’ordre variable : « les Tanūkōyē, ʿAqūlōyē et Ṭūʿōyē ». Ces populations (ʿammē) ont joue un role important lors de la IIe guerre civile (60‑72/680-692) au sein de l’Eglise syro‑orthodoxe alors que celle-ci commence a envisager l’alterite musulmane. C’est a ce moment qu’un eveche homonyme est atteste, notamment sous l’autorite de Georges (m. 105/724), un des principaux intellectuels de son temps. Ces peuples semblent avoir reside en « Occident » (le ǧund de Qinnasrīn en formation) et dans la partie post-romaine de la Haute-Mesopotamie (la Ǧazīra) a l’epoque omeyyade. Si les Tanūḫ (Tanūkōyē) sont bien identifies comme une collectivite irakienne partiellement installee en Syrie du Nord, la periode de cette migration, traditionnellement placee a l’epoque proto‑byzantine, reste indeterminee. Les deux autres termes sont plus obscurs : les ʿAqūlōyē se rapportent aux habitants du ressort d’al‑Kūfa, l’expression etant presque assurement post-hegirienne, tandis que les Ṭūʿōyē correspondraient a d’ancien groupes de la meme region. Nous faisons l’hypothese que le deplacement de ces ʿammē irakiens designes par cet ethnonyme ternaire standardise (qui ne sont pas des tribus au sens du nasab arabe) vers l’espace syrien decoule d’une politique de transferts sous le califat de Muʿāwiya (m. 60/680). C’est sans doute dans ce contexte qu’ils auraient ete affilies a la nomenclature episcopale miaphysite, a une epoque ou il etait possible de participer au mouvement des croyants tout en s’integrant a l’Eglise d’Antioche.","PeriodicalId":142958,"journal":{"name":"Annales islamologiques","volume":"1 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0000,"publicationDate":"2018-12-02","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"1","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Annales islamologiques","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://doi.org/10.4000/anisl.4721","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"","JCRName":"","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Lorsque la litterature syro‑occidentale designe des Arabes chretiens (ṭayyōyē krisṭyōnē), elle emploie souvent une expression ternaire a l’ordre variable : « les Tanūkōyē, ʿAqūlōyē et Ṭūʿōyē ». Ces populations (ʿammē) ont joue un role important lors de la IIe guerre civile (60‑72/680-692) au sein de l’Eglise syro‑orthodoxe alors que celle-ci commence a envisager l’alterite musulmane. C’est a ce moment qu’un eveche homonyme est atteste, notamment sous l’autorite de Georges (m. 105/724), un des principaux intellectuels de son temps. Ces peuples semblent avoir reside en « Occident » (le ǧund de Qinnasrīn en formation) et dans la partie post-romaine de la Haute-Mesopotamie (la Ǧazīra) a l’epoque omeyyade. Si les Tanūḫ (Tanūkōyē) sont bien identifies comme une collectivite irakienne partiellement installee en Syrie du Nord, la periode de cette migration, traditionnellement placee a l’epoque proto‑byzantine, reste indeterminee. Les deux autres termes sont plus obscurs : les ʿAqūlōyē se rapportent aux habitants du ressort d’al‑Kūfa, l’expression etant presque assurement post-hegirienne, tandis que les Ṭūʿōyē correspondraient a d’ancien groupes de la meme region. Nous faisons l’hypothese que le deplacement de ces ʿammē irakiens designes par cet ethnonyme ternaire standardise (qui ne sont pas des tribus au sens du nasab arabe) vers l’espace syrien decoule d’une politique de transferts sous le califat de Muʿāwiya (m. 60/680). C’est sans doute dans ce contexte qu’ils auraient ete affilies a la nomenclature episcopale miaphysite, a une epoque ou il etait possible de participer au mouvement des croyants tout en s’integrant a l’Eglise d’Antioche.