L. Loridon , A. Gillibert , E. Lacroix , A. Lefebvre , N. Massy , E. Tancrede , S. Oro , F. Lombart , A. Pham-Ledard , S. Duvert Lehembre , P. Modiano , C. Becquart , C. Bedane , C. Picard-Dahan , N. Dupin , M.A. Viguier , C. Muller , M. Chastagner , G. Jeudy , M.A. Richard , B. Tedbirt
{"title":"Médicaments inducteurs de pemphigoïde des muqueuses : étude cas-témoin contre SNDS","authors":"L. Loridon , A. Gillibert , E. Lacroix , A. Lefebvre , N. Massy , E. Tancrede , S. Oro , F. Lombart , A. Pham-Ledard , S. Duvert Lehembre , P. Modiano , C. Becquart , C. Bedane , C. Picard-Dahan , N. Dupin , M.A. Viguier , C. Muller , M. Chastagner , G. Jeudy , M.A. Richard , B. Tedbirt","doi":"10.1016/j.fander.2024.09.475","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Quelques cas de pemphigoïde des muqueuses (PM) induites par des médicaments en particulier gliptines ont été rapportés mais cette association reste incertaine du fait de l’absence de groupe contrôle. L’objectif de notre étude était d’identifier d’éventuels médicaments potentiellement inducteurs de PM en conduisant une étude cas-témoins comparant une cohorte rétrospective de patients atteints de PM à des témoins issus du Système national des données de santé (SNDS) en s’appuyant sur une liste de médicaments suspects élaborée à l’aide de la littérature et de la pharmacovigilance.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>L’étude a comporté deux étapes : (1) Pour identifier la liste des médicaments suspects, nous avons mené une recherche dans la base de pharmacovigilance (PV) nationale et Vigibase, en utilisant les termes « pemphigoïde des muqueuses », « pemphigoïde oculaire » et « pemphigoïde cicatricielle » ; cette liste a été complétée par la littérature, ainsi que par les traitements les plus fréquemment prescrits en population générale. (2) Nous avons ensuite analysé les prescriptions de médicaments pris de façon chronique chez des patients atteints de PM entre janvier 2000 et décembre 2020 dans 20 centres hospitaliers français, puis avons comparé ces prescriptions aux médicaments prescrits à une population témoin issue du SNDS après standardisation indirecte sur l’âge.</div></div><div><h3>Résultats (1) Étude PV</h3><div>Dans les bases de PV, 98 cas de PM possiblement associés à une prise médicamenteuse ont été répertoriés, dont 32 cas français. Soixante-treize médicaments/classes ont été imputés dont principalement les collyres anti-glaucomateux dans 18 cas de PM avec atteinte oculaire exclusive, les vaccins anti-Covid, les gliptines (notamment vildagliptine et sitagliptine) et les anti-PD1 avec respectivement 16, 14 et 13 cas de PM comportant une atteinte plurimuqueuse.</div></div><div><h3>(2) Étude cas/témoin</h3><div>Au total, 670 patients (380F/290H) atteints de PM, d’âge moyen 70,8<!--> <!-->±<!--> <!-->13,6<!--> <!-->ans, ont été comparés à 30 875 témoins issus du SNDS. Quatre médicaments ou classes étaient plus fréquemment prescrits chez les patients PM par rapport aux témoins : l’insuline et analogues (OR : 1,87 ; IC95 % : 1,29–2,65), l’acide acétylsalicylique (OR : 1,27 ; IC 95 % : 1,03–1,54), les sulfamides hypoglycémiants OR : 1,71 ; IC95 % : 1,18–2,42) et l’ézétimibe (OR : 1,81 ; IC95 % : 1,01–3,01).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Cette étude ne confirme pas le rôle des gliptines, qui ont précédemment été suspectées d’être potentiellement inductrices de PM comme elles peuvent l’être pour la pemphigoïde bulleuse. Par contre, une association significative est trouvée avec deux autres classes d’antidiabétiques : l’insuline et les sulfamides hypoglycémiants, faisant évoquer la possibilité d’un biais de confusion lié à la présence d’un diabète.</div><div>Parallèlement, l’association avec la prise d’aspirine et d’ézétimibe (hypolipémiant) cible, comme la présence d’un diabète, une population à risque cardiovasculaire.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Comme la PB, le pemphigus et la dermatose à IgA linéaire, plusieurs classes de médicaments semblent associées à la survenue d’une PM, sans qu’un lien physiopathologique clair puisse être établi actuellement.</div></div>","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"4 8","pages":"Pages A61-A62"},"PeriodicalIF":0.0000,"publicationDate":"2024-11-14","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2667062324007359","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"","JCRName":"","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Introduction
Quelques cas de pemphigoïde des muqueuses (PM) induites par des médicaments en particulier gliptines ont été rapportés mais cette association reste incertaine du fait de l’absence de groupe contrôle. L’objectif de notre étude était d’identifier d’éventuels médicaments potentiellement inducteurs de PM en conduisant une étude cas-témoins comparant une cohorte rétrospective de patients atteints de PM à des témoins issus du Système national des données de santé (SNDS) en s’appuyant sur une liste de médicaments suspects élaborée à l’aide de la littérature et de la pharmacovigilance.
Matériel et méthodes
L’étude a comporté deux étapes : (1) Pour identifier la liste des médicaments suspects, nous avons mené une recherche dans la base de pharmacovigilance (PV) nationale et Vigibase, en utilisant les termes « pemphigoïde des muqueuses », « pemphigoïde oculaire » et « pemphigoïde cicatricielle » ; cette liste a été complétée par la littérature, ainsi que par les traitements les plus fréquemment prescrits en population générale. (2) Nous avons ensuite analysé les prescriptions de médicaments pris de façon chronique chez des patients atteints de PM entre janvier 2000 et décembre 2020 dans 20 centres hospitaliers français, puis avons comparé ces prescriptions aux médicaments prescrits à une population témoin issue du SNDS après standardisation indirecte sur l’âge.
Résultats (1) Étude PV
Dans les bases de PV, 98 cas de PM possiblement associés à une prise médicamenteuse ont été répertoriés, dont 32 cas français. Soixante-treize médicaments/classes ont été imputés dont principalement les collyres anti-glaucomateux dans 18 cas de PM avec atteinte oculaire exclusive, les vaccins anti-Covid, les gliptines (notamment vildagliptine et sitagliptine) et les anti-PD1 avec respectivement 16, 14 et 13 cas de PM comportant une atteinte plurimuqueuse.
(2) Étude cas/témoin
Au total, 670 patients (380F/290H) atteints de PM, d’âge moyen 70,8 ± 13,6 ans, ont été comparés à 30 875 témoins issus du SNDS. Quatre médicaments ou classes étaient plus fréquemment prescrits chez les patients PM par rapport aux témoins : l’insuline et analogues (OR : 1,87 ; IC95 % : 1,29–2,65), l’acide acétylsalicylique (OR : 1,27 ; IC 95 % : 1,03–1,54), les sulfamides hypoglycémiants OR : 1,71 ; IC95 % : 1,18–2,42) et l’ézétimibe (OR : 1,81 ; IC95 % : 1,01–3,01).
Discussion
Cette étude ne confirme pas le rôle des gliptines, qui ont précédemment été suspectées d’être potentiellement inductrices de PM comme elles peuvent l’être pour la pemphigoïde bulleuse. Par contre, une association significative est trouvée avec deux autres classes d’antidiabétiques : l’insuline et les sulfamides hypoglycémiants, faisant évoquer la possibilité d’un biais de confusion lié à la présence d’un diabète.
Parallèlement, l’association avec la prise d’aspirine et d’ézétimibe (hypolipémiant) cible, comme la présence d’un diabète, une population à risque cardiovasculaire.
Conclusion
Comme la PB, le pemphigus et la dermatose à IgA linéaire, plusieurs classes de médicaments semblent associées à la survenue d’une PM, sans qu’un lien physiopathologique clair puisse être établi actuellement.