{"title":"从东方主义批判到新人文主义","authors":"M. Turki","doi":"10.1163/24683949-12340112","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"\n Juste avant sa mort précoce il y a près de vingt ans, Edward Saïd nous a légué en signe de testament l’un de ses derniers ouvrages Humanisme et démocratie dans lequel il a étalé sa vision du monde futur et montré l’impact que doit avoir l’humanisme sur la conception démocratique de la praxis politique. Son projet consiste en effet à réhabiliter l’humanisme pris déjà pour cible par le courant structuraliste antihumaniste au milieu du vingtième siècle et à le réintégrer dans le processus démocratique de l’action politique et sociale. Il s’agit en effet, comme il l’exprime, « d’une méditation approfondie sur les possibilités concrètes de l’humanisme comme pratique durable et non comme propriété, sur ce qu’une activité humaniste implique, plutôt qu’une énumération des qualités souhaitables chez un humaniste ».\n Tout en se référant aux événements politiques des dernières décennies et à ses expériences propres dans ce domaine, particulièrement son engagement pour la cause palestinienne, Edward Saïd considère que l’humanisme présente une base solide pour bâtir une société et une culture séculaires ouvertes au monde dominé actuellement par l’impérialisme et la mondialisation. Ce qui lui importe au fond le plus, « c’est l’humanisme en tant que praxis utile aux intellectuels qui veulent comprendre ce qu’ils font, à quoi rime leur engagement en tant que chercheurs, et qui veulent également relier ces principes au monde dans lequel ils vivent comme citoyens ».\n Ce n’est pas en vérité une recette toute prête à résoudre les crises ou les problèmes politiques actuels mais, à la lueur de la synthèse théorique et pratique qu’il opère dans cette œuvre, Saïd nous permet aujourd’hui de relire et comprendre les événements des révolutions arabes et d’en tirer les conséquences critiques, car son projet offre la possibilité de se pencher de manière critique sur le rôle public que doit jouer l’intellectuel dans la consolidation du processus démocratique. Il indique également comment on peut participer à l’élaboration d’une culture humaniste de coexistence et de partage à la place d’une culture d’exclusion, de terreur et de guerre telle qu’on est en train de vivre actuellement dans plusieurs pays du monde.\n Notre feuille de travail tend à rappeler le trajet qu’a suivi Edward Saïd dans son cursus théorique et pratique depuis la parution de son écrit l’Orientalisme tout en passant par Culture et impérialisme jusqu’à Humanisme et Démocratie, et de mettre en exergue les idées fortes de cette œuvre et leurs répercussions sur les études post-orientalistes et postcoloniales.","PeriodicalId":160891,"journal":{"name":"Culture and Dialogue","volume":"119 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0000,"publicationDate":"2022-07-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":"{\"title\":\"De la critique de l’Orientalisme au nouvel Humanisme\",\"authors\":\"M. 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De la critique de l’Orientalisme au nouvel Humanisme
Juste avant sa mort précoce il y a près de vingt ans, Edward Saïd nous a légué en signe de testament l’un de ses derniers ouvrages Humanisme et démocratie dans lequel il a étalé sa vision du monde futur et montré l’impact que doit avoir l’humanisme sur la conception démocratique de la praxis politique. Son projet consiste en effet à réhabiliter l’humanisme pris déjà pour cible par le courant structuraliste antihumaniste au milieu du vingtième siècle et à le réintégrer dans le processus démocratique de l’action politique et sociale. Il s’agit en effet, comme il l’exprime, « d’une méditation approfondie sur les possibilités concrètes de l’humanisme comme pratique durable et non comme propriété, sur ce qu’une activité humaniste implique, plutôt qu’une énumération des qualités souhaitables chez un humaniste ».
Tout en se référant aux événements politiques des dernières décennies et à ses expériences propres dans ce domaine, particulièrement son engagement pour la cause palestinienne, Edward Saïd considère que l’humanisme présente une base solide pour bâtir une société et une culture séculaires ouvertes au monde dominé actuellement par l’impérialisme et la mondialisation. Ce qui lui importe au fond le plus, « c’est l’humanisme en tant que praxis utile aux intellectuels qui veulent comprendre ce qu’ils font, à quoi rime leur engagement en tant que chercheurs, et qui veulent également relier ces principes au monde dans lequel ils vivent comme citoyens ».
Ce n’est pas en vérité une recette toute prête à résoudre les crises ou les problèmes politiques actuels mais, à la lueur de la synthèse théorique et pratique qu’il opère dans cette œuvre, Saïd nous permet aujourd’hui de relire et comprendre les événements des révolutions arabes et d’en tirer les conséquences critiques, car son projet offre la possibilité de se pencher de manière critique sur le rôle public que doit jouer l’intellectuel dans la consolidation du processus démocratique. Il indique également comment on peut participer à l’élaboration d’une culture humaniste de coexistence et de partage à la place d’une culture d’exclusion, de terreur et de guerre telle qu’on est en train de vivre actuellement dans plusieurs pays du monde.
Notre feuille de travail tend à rappeler le trajet qu’a suivi Edward Saïd dans son cursus théorique et pratique depuis la parution de son écrit l’Orientalisme tout en passant par Culture et impérialisme jusqu’à Humanisme et Démocratie, et de mettre en exergue les idées fortes de cette œuvre et leurs répercussions sur les études post-orientalistes et postcoloniales.