Évaluation du statut mutationnel des gènes KRAS, NRAS, HRAS, BRAF et EGFR comme facteur prédictif de la réponse au traitement par cétuximab chez les patients atteints de carcinomes épidermoïdes cutanés inopérables
A. Picard , V. Duranton-Tanneur , F. Peyrade , E. Chamorey , L. Saudes , N. Cardot-Leccia , A. Sudaka , V. Kubiniek , G. Poissonnet , J.-F. Michiels , J.-P. Lacour , T. Passeron , F. Pedeutour , H. Montaudié
{"title":"Évaluation du statut mutationnel des gènes KRAS, NRAS, HRAS, BRAF et EGFR comme facteur prédictif de la réponse au traitement par cétuximab chez les patients atteints de carcinomes épidermoïdes cutanés inopérables","authors":"A. Picard , V. Duranton-Tanneur , F. Peyrade , E. Chamorey , L. Saudes , N. Cardot-Leccia , A. Sudaka , V. Kubiniek , G. Poissonnet , J.-F. Michiels , J.-P. Lacour , T. Passeron , F. Pedeutour , H. Montaudié","doi":"10.1016/j.annder.2015.10.009","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><p>Le pronostic des carcinomes épidermoïdes cutanés (CEC) inopérables est péjoratif. Le cétuximab est utilisé hors AMM dans les CEC localement évolués ou métastatiques. Le statut mutationnel des gènes <em>KRAS</em> et <em>NRAS</em> est utilisé comme marqueur prédictif de l’efficacité du cétuximab dans les cancers colorectaux métastatiques (CCRm). L’objectif principal de ce travail était de déterminer la prévalence des mutations <em>KRAS</em>, <em>NRAS</em>, <em>BRAF</em>, <em>HRAS</em> et <em>EGFR</em> dans les CEC et de déterminer l’impact de ces mutations sur la réponse au cétuximab. L’objectif secondaire était d’étudier l’efficacité du cétuximab en monothérapie.</p></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><p>Étude rétrospective chez des patients traités par cétuximab en monothérapie ces dix dernières années dans trois centres d’oncologie cutanée et pour lesquels nous disposions d’une biopsie cutanée avant traitement. L’analyse mutationnelle faite sur les gènes <em>EGFR</em> (exons 18 à 21), <em>KRAS</em> (exons 2, 3, 4), <em>NRAS</em> (exons 2, 3), <em>HRAS</em> (exons 2 et 3) et <em>BRAF</em> (exon 15), a été réalisée dans le laboratoire de génétique des tumeurs solides du CHU de Nice.</p></div><div><h3>Résultats</h3><p>Trente patients ont été inclus (21H, 9F) avec un âge médian de 86<!--> <!-->ans (48–96). La majorité des patients (70 %) avait un CEC de l’extrémité céphalique. Onze avaient un CEC localement évolué, 13 une atteinte ganglionnaire et 6 métastatique. Pour 26 d’entre eux, le cétuximab était la 1<sup>re</sup> ligne de traitement systémique. Le suivi médian était de 6,5<!--> <!-->mois. Le taux de contrôle de la maladie à 6<!--> <!-->semaines de traitement était de 63 %, avec 1 réponse complète, 13 réponses partielles, 5 stabilités et 11 progressions tumorales. Une seule mutation, dans l’exon 2 du gène <em>NRAS</em> (codon 12 : C35.G<!--> <!-->><!--> <!-->A), a été détectée chez une patiente ayant eu une réponse partielle après 6<!--> <!-->semaines de cetuximab. Aucune mutation des gènes <em>KRAS</em>, <em>EGFR</em> ou <em>BRAF</em> n’a été observée. L’analyse mutationnelle du gène <em>HRAS</em> est en cours de réalisation.</p></div><div><h3>Discussion</h3><p>Les études relatives au statut mutationnel du CEC sont peu nombreuses et ont été réalisées sur de faibles effectifs. Notre série de 30 patients est, à notre connaissance, la plus importante à ce jour. Nous rapportons la première mutation du gène <em>NRAS</em> (c35.G<!--> <!-->><!--> <!-->A) d’un CEC, sans qu’elle soit prédictive d’une résistance au traitement puisqu’une réponse partielle a été observée chez cette patiente. Bien que les mutations du gène <em>EGFR</em> aient été décrites dans 3 % des CEC, aucune n’a été trouvée dans notre série. Sous réserve du résultat de l’analyse des mutations <em>HRAS</em>, cette étude souligne le faible pourcentage de mutations dans ces gènes. Le taux de contrôle de la maladie de 63 % est comparable aux données de la littérature.</p></div><div><h3>Conclusion</h3><p>Compte tenu de la prévalence très faible des mutations dans les gènes <em>KRAS</em>, <em>NRAS</em>, <em>BRAF</em> et <em>EGFR</em> dans les CEC, leur recherche comme facteur prédictif de réponse au cétuximab n’apparaît pas pertinente.</p></div>","PeriodicalId":7900,"journal":{"name":"Annales De Dermatologie Et De Venereologie","volume":"142 12","pages":"Pages S423-S424"},"PeriodicalIF":2.8000,"publicationDate":"2015-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"https://sci-hub-pdf.com/10.1016/j.annder.2015.10.009","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"Annales De Dermatologie Et De Venereologie","FirstCategoryId":"3","ListUrlMain":"https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0151963815005578","RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"Q2","JCRName":"DERMATOLOGY","Score":null,"Total":0}
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Abstract
Introduction
Le pronostic des carcinomes épidermoïdes cutanés (CEC) inopérables est péjoratif. Le cétuximab est utilisé hors AMM dans les CEC localement évolués ou métastatiques. Le statut mutationnel des gènes KRAS et NRAS est utilisé comme marqueur prédictif de l’efficacité du cétuximab dans les cancers colorectaux métastatiques (CCRm). L’objectif principal de ce travail était de déterminer la prévalence des mutations KRAS, NRAS, BRAF, HRAS et EGFR dans les CEC et de déterminer l’impact de ces mutations sur la réponse au cétuximab. L’objectif secondaire était d’étudier l’efficacité du cétuximab en monothérapie.
Matériel et méthodes
Étude rétrospective chez des patients traités par cétuximab en monothérapie ces dix dernières années dans trois centres d’oncologie cutanée et pour lesquels nous disposions d’une biopsie cutanée avant traitement. L’analyse mutationnelle faite sur les gènes EGFR (exons 18 à 21), KRAS (exons 2, 3, 4), NRAS (exons 2, 3), HRAS (exons 2 et 3) et BRAF (exon 15), a été réalisée dans le laboratoire de génétique des tumeurs solides du CHU de Nice.
Résultats
Trente patients ont été inclus (21H, 9F) avec un âge médian de 86 ans (48–96). La majorité des patients (70 %) avait un CEC de l’extrémité céphalique. Onze avaient un CEC localement évolué, 13 une atteinte ganglionnaire et 6 métastatique. Pour 26 d’entre eux, le cétuximab était la 1re ligne de traitement systémique. Le suivi médian était de 6,5 mois. Le taux de contrôle de la maladie à 6 semaines de traitement était de 63 %, avec 1 réponse complète, 13 réponses partielles, 5 stabilités et 11 progressions tumorales. Une seule mutation, dans l’exon 2 du gène NRAS (codon 12 : C35.G > A), a été détectée chez une patiente ayant eu une réponse partielle après 6 semaines de cetuximab. Aucune mutation des gènes KRAS, EGFR ou BRAF n’a été observée. L’analyse mutationnelle du gène HRAS est en cours de réalisation.
Discussion
Les études relatives au statut mutationnel du CEC sont peu nombreuses et ont été réalisées sur de faibles effectifs. Notre série de 30 patients est, à notre connaissance, la plus importante à ce jour. Nous rapportons la première mutation du gène NRAS (c35.G > A) d’un CEC, sans qu’elle soit prédictive d’une résistance au traitement puisqu’une réponse partielle a été observée chez cette patiente. Bien que les mutations du gène EGFR aient été décrites dans 3 % des CEC, aucune n’a été trouvée dans notre série. Sous réserve du résultat de l’analyse des mutations HRAS, cette étude souligne le faible pourcentage de mutations dans ces gènes. Le taux de contrôle de la maladie de 63 % est comparable aux données de la littérature.
Conclusion
Compte tenu de la prévalence très faible des mutations dans les gènes KRAS, NRAS, BRAF et EGFR dans les CEC, leur recherche comme facteur prédictif de réponse au cétuximab n’apparaît pas pertinente.
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