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Abstract
Durant tout le xixe siecle, le corps medical a entretenu par ecrits interposes une polemique contre les guerisseurs empiriques percus comme de dangereux concurrents en milieu rural. Parmi les arguments les plus recurrents, il cite leur ignorance de la science medicale, leur savoir borne, les risques qu’ils font encourir a leurs patients et leur habilite de fourbes ou de « comediens » a ranconner leurs patients. Ces critiques prennent le plus souvent un ton sarcastique et l’allure de portraits-charges. Par ricochet, elles touchent les communautes paysannes et trahissent une vraie rancœur devant l’inertie ou le peu d’enthousiasme des ruraux a embrasser les progres de la science medicale. Mais les paysans ne sont pas en reste pour brocarder les medecins et leur medecine savante. Dans cet echange de regards croises, les paysans deploient toute la verve du proverbe bien frappe qui considere que la medecine savante est peu efficace, inutile et trop chere ; que les medecins sont incompetents, voire pourvoyeurs de cimetieres. Les conseils dietetiques servent a eviter le medecin, a lui « faire la figue ». Sous d’autres formes, moins colorees, ce face a face se poursuit de nos jours avec les nouveaux « tradipraticiens ».