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Abstract
Les noces de la poesie et de la philologie sont une vieille histoire dans le monde antique. Dans la tradition hellenistique, poesie et philologie se trouvent intimement liees : le grand editeur d’Homere, Zenodote d’Ephese, eut pour maitre le poete Philetas de Cos, « poete et en meme temps critique1 ». Du fait d’une telle association, la poesie lettree fait une large place a ce que nous appellerions aujourd’hui des disciplines philologiques : glossographie, etymologie, mais aussi a des questions comme la mythographie, l’exegese morale ou allegorique qui relevaient pleinement de la philologie telle que les Anciens la concevaient. Certains des phenomenes relevant des liens entre poesie et philologie sont sans doute sensibles des l’epoque de la poesie archaique, mais ils sont beaucoup plus marques a l’epoque hellenistique et la poesie augusteenne porte cette evolution a un degre de complexite et de virtuosite jamais atteint. La courte presentation ici proposee ne vise qu’a donner quelques illustrations significatives de ce moment particulierement riche de l’histoire litteraire antique2.Une demarche intellectuelle en faveur dans l’antiquite, en matiere de philologie comme dans d’autres domaines, fut celle des « problemes », « recherches », ou « questions » (problema ou zetema en Grec, quaestio en latin). Anterieure a Aristote, cette facon d’enqueter sur les textes s’enracine dans les difficultes que les Grecs de l’epoque classique ont rencontrees a la lecture d’Homere : questions