{"title":"Callimaque, (ré)inventeur de Pindare : entre archivage et performance, un philologue-poète","authors":"M. Briand","doi":"10.58282/lht.819","DOIUrl":"https://doi.org/10.58282/lht.819","url":null,"abstract":"","PeriodicalId":105502,"journal":{"name":"Fabula-Lht : Poétique de la philologie","volume":"26 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2013-12-10","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"122922517","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Nous cinglâmes vers la haute mer, fort affliges de la perte de nos vaisseaux et de la mort de nos compagnons, (1) et nous arrivâmes a l’ile d’AEaee, qui etait la demeure de la deesse Circe dont la beaute de la voix repondait a celle de son visage.[1. De la ville de Lamus, qui est Formies, Ulysse arriva le jour meme a l’ile d’AEaea, c’est-a-dire a Circei, qui est une montagne fort voisine de Formies ; il l’appelle une ile, parce que, comme dit Strabon, la mer et les marais, qui l’environnent, en font une presqu’ile. La etait la ville de Circe, et il y avait un autel consacre a Mercure. Homere lui donne le nom d’AEaea, parce qu’il transporte ici tout ce qui est dit d’AEaea dans la Colchide, comme je l’expliquerai plus au long sur le commencement du XIIe livre.] (2) Elle etait sœur du severe AEetes. Le soleil qui eclaire tous les hommes les avait eus tous deux de la nymphe Persa, fille de l’Ocean. [2. Strabon remarque fort bien qu’Homere connaissant ce qu’on a dit de Colchis, et la navigation de Jason a la ville d’AEaea, et de toutes les fables de Medee et de Circe, de leurs enchantements et de la conformite de leurs mœurs, les a faits de meme famille, quoiqu’elles fussent fort eloignees, et que l’une habitât a l’extremite du Pont-Euxin, et l’autre sur les cotes de l’Italie, et il les a placees l’une et l’autre au milieu de l’Ocean. Il savait bien que ceux a qui Ulysse parlait ne decouvriraient pas ce mensonge.] Nous entrâmes dans le port sans faire le moindre bruit, conduits par quelque d
{"title":"Anne Dacier juste avant James Joyce","authors":"M. Escola","doi":"10.58282/lht.830","DOIUrl":"https://doi.org/10.58282/lht.830","url":null,"abstract":"Nous cinglâmes vers la haute mer, fort affliges de la perte de nos vaisseaux et de la mort de nos compagnons, (1) et nous arrivâmes a l’ile d’AEaee, qui etait la demeure de la deesse Circe dont la beaute de la voix repondait a celle de son visage.[1. De la ville de Lamus, qui est Formies, Ulysse arriva le jour meme a l’ile d’AEaea, c’est-a-dire a Circei, qui est une montagne fort voisine de Formies ; il l’appelle une ile, parce que, comme dit Strabon, la mer et les marais, qui l’environnent, en font une presqu’ile. La etait la ville de Circe, et il y avait un autel consacre a Mercure. Homere lui donne le nom d’AEaea, parce qu’il transporte ici tout ce qui est dit d’AEaea dans la Colchide, comme je l’expliquerai plus au long sur le commencement du XIIe livre.] (2) Elle etait sœur du severe AEetes. Le soleil qui eclaire tous les hommes les avait eus tous deux de la nymphe Persa, fille de l’Ocean. [2. Strabon remarque fort bien qu’Homere connaissant ce qu’on a dit de Colchis, et la navigation de Jason a la ville d’AEaea, et de toutes les fables de Medee et de Circe, de leurs enchantements et de la conformite de leurs mœurs, les a faits de meme famille, quoiqu’elles fussent fort eloignees, et que l’une habitât a l’extremite du Pont-Euxin, et l’autre sur les cotes de l’Italie, et il les a placees l’une et l’autre au milieu de l’Ocean. Il savait bien que ceux a qui Ulysse parlait ne decouvriraient pas ce mensonge.] Nous entrâmes dans le port sans faire le moindre bruit, conduits par quelque d","PeriodicalId":105502,"journal":{"name":"Fabula-Lht : Poétique de la philologie","volume":"37 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2013-11-30","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"127446241","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
« for better or worse, it is the commentator who has the last word »Vladimir Nabokov, Pale Fire1Fiction et philologie : deux notions apparemment peu conciliables puisque la pretention scientifique de l’etude des textes devrait interdire le recours a l’imaginaire qu’implique, au contraire, la fiction. A priori etranger a toute creativite, le travail d’edition du texte suppose pourtant parfois l’elaboration d’hypotheses de lecture ou la demarche du philologue rejoint celle de l’ecrivain. A l’inverse, certaines fictions s’emparent des possibilites creatrices qu’offrent les pratiques philologiques pour inventer de nouvelles formes d’ecriture. C’est la mise en fiction de cet imaginaire philologique que l’on se propose d’envisager a partir de quatre romans de la deuxieme moitie du xxe siecle que l’on pourrait qualifier de « fictions philologiques2 » : Feu pâle3 de Vladimir Nabokov, L’Œuvre posthume de Thomas Pilaster4 d’Eric Chevillard, La Caverne des idees5 de Jose Carlos Somoza et La Maison des feuilles de Mark Danielewski6. Des textes ouvertement romanesques qui se presentent comme l’edition critique d’un manuscrit fictif, commente par une figure de philologue, specialiste ou amateur. Ces romans transposent, sur le plan fictionnel, des problematiques propres a l’etude des textes, pour interroger les limites de l’approche philologique, notamment la pretention a l’objectivite. Ces fictions seraient-elles alors une simple mise en proces de l’entreprise philologique ? On voudrait se
弗拉基米尔·纳博科夫(Vladimir Nabokov)、Pale Fire1Fiction和文字学:这两个概念似乎很难调和,因为研究文本的科学主张应该禁止使用虚构,而虚构恰恰相反。然而,文本的编辑工作有时需要详细阐述阅读假设,或者语言学家的方法与作家的方法相结合。相反,一些小说利用语言学实践提供的创造性可能性来发明新的写作形式。正是这个虚构的小说《移民才打算考虑起了四部小说第二二十世纪的一半,可以称为«小说philologiques2»:火pâle3弗拉基米尔·纳博科夫的作品(Thomas eric Pilaster4 Chevillard死后,洞穴的Jose Carlos idees5索摩查和Mark Danielewski6叶家。公开的浪漫文本,作为虚构手稿的评论版本,由语言学家、专家或业余人士进行评论。这些小说将文本研究的问题转化为虚构,以质疑语言学方法的局限性,特别是对客观性的主张。那么,这些小说仅仅是语言学事业的开始吗?我们想要
{"title":"Fictions philologiques : entre parodie et poétique de la matérialité du livre","authors":"Claire Maussion","doi":"10.58282/lht.826","DOIUrl":"https://doi.org/10.58282/lht.826","url":null,"abstract":"« for better or worse, it is the commentator who has the last word »Vladimir Nabokov, Pale Fire1Fiction et philologie : deux notions apparemment peu conciliables puisque la pretention scientifique de l’etude des textes devrait interdire le recours a l’imaginaire qu’implique, au contraire, la fiction. A priori etranger a toute creativite, le travail d’edition du texte suppose pourtant parfois l’elaboration d’hypotheses de lecture ou la demarche du philologue rejoint celle de l’ecrivain. A l’inverse, certaines fictions s’emparent des possibilites creatrices qu’offrent les pratiques philologiques pour inventer de nouvelles formes d’ecriture. C’est la mise en fiction de cet imaginaire philologique que l’on se propose d’envisager a partir de quatre romans de la deuxieme moitie du xxe siecle que l’on pourrait qualifier de « fictions philologiques2 » : Feu pâle3 de Vladimir Nabokov, L’Œuvre posthume de Thomas Pilaster4 d’Eric Chevillard, La Caverne des idees5 de Jose Carlos Somoza et La Maison des feuilles de Mark Danielewski6. Des textes ouvertement romanesques qui se presentent comme l’edition critique d’un manuscrit fictif, commente par une figure de philologue, specialiste ou amateur. Ces romans transposent, sur le plan fictionnel, des problematiques propres a l’etude des textes, pour interroger les limites de l’approche philologique, notamment la pretention a l’objectivite. Ces fictions seraient-elles alors une simple mise en proces de l’entreprise philologique ? On voudrait se","PeriodicalId":105502,"journal":{"name":"Fabula-Lht : Poétique de la philologie","volume":"1 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2013-11-30","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"128533313","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
1. Specificite du texte medievalL’edition de textes litteraires en langues romanes du Moyen Âge est confrontee a des problemes et a des difficultes reconnus depuis longtemps comme specifiques1. Rappelons-en tout d’abord les contours. L’edition de textes du Moyen Âge se demarque tres nettement, sur un point capital, de la philologie des textes modernes : elle vise en effet, dans la plupart des cas, la restitution critique d’un texte que l’on connait seulement par le biais de copies plus ou moins eloignees de l’original et en tout cas posterieures a celui-ci, alors que les specialistes de textes modernes travaillent d’habitude sur des œuvres dont on possede une ou plusieurs versions imprimees autorisees par l’auteur. Par consequent leur interet porte plutot sur les etapes qui precedent les versions finales, alors que ce cas demeure dans le domaine medieval tout a fait exceptionnel, meme s’il est connu par nos etudes : il suffit de penser aux formes multiples du recueil lyrique de Petrarque qui ont precede la redaction definitive, autorisee et surveillee par le poete2.D’autre part, l’edition des textes medievaux partage la meme tâche de restitution critique que sa sœur ainee, la philologie des textes classiques : etablir le meilleur texte possible, voire celui cense se rapprocher le plus des intentions de l’auteur, a partir des donnees livrees par la tradition manuscrite. Cela dit, les formes de transmission des deux types de textes demeurent d’ordinaire fort divergentes : face
{"title":"Interprétation, restitution et réécriture du texte médiéval","authors":"Gabriele Giannini","doi":"10.58282/lht.821","DOIUrl":"https://doi.org/10.58282/lht.821","url":null,"abstract":"1. Specificite du texte medievalL’edition de textes litteraires en langues romanes du Moyen Âge est confrontee a des problemes et a des difficultes reconnus depuis longtemps comme specifiques1. Rappelons-en tout d’abord les contours. L’edition de textes du Moyen Âge se demarque tres nettement, sur un point capital, de la philologie des textes modernes : elle vise en effet, dans la plupart des cas, la restitution critique d’un texte que l’on connait seulement par le biais de copies plus ou moins eloignees de l’original et en tout cas posterieures a celui-ci, alors que les specialistes de textes modernes travaillent d’habitude sur des œuvres dont on possede une ou plusieurs versions imprimees autorisees par l’auteur. Par consequent leur interet porte plutot sur les etapes qui precedent les versions finales, alors que ce cas demeure dans le domaine medieval tout a fait exceptionnel, meme s’il est connu par nos etudes : il suffit de penser aux formes multiples du recueil lyrique de Petrarque qui ont precede la redaction definitive, autorisee et surveillee par le poete2.D’autre part, l’edition des textes medievaux partage la meme tâche de restitution critique que sa sœur ainee, la philologie des textes classiques : etablir le meilleur texte possible, voire celui cense se rapprocher le plus des intentions de l’auteur, a partir des donnees livrees par la tradition manuscrite. Cela dit, les formes de transmission des deux types de textes demeurent d’ordinaire fort divergentes : face","PeriodicalId":105502,"journal":{"name":"Fabula-Lht : Poétique de la philologie","volume":"50 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2013-11-30","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"116485383","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
On envisage dans cet article de fournir un contrepoint au theme general de ce numero en proposant de lire Sur Racine comme l’illustration d’un genre, celui du commentaire anti-philologique. On espere, cependant, que caracteriser quelques elements d’une poetique de l’anti-philologie nous permettra chemin faisant d’esquisser en creux une veritable poetique de la philologie.L’ensemble de propositions qui suit suppose d’abord une restriction quant a son objet. Le point de vue adopte est celui d’une poetique du commentaire, aussi le propos ne portera-t-il pas sur la partie de la philologie qui concerne l’etablissement du texte, mais uniquement sur la partie de la philologie qui concerne l’etablissement du sens. A cette restriction d’objet s’adjoint ensuite une precision de methode. L’allure monographique de notre expose ne doit pas induire en erreur : le terme « poetique » designe ici l’inventaire des virtualites trans-operales qu’un texte est susceptible d’actualiser. Sur Racine n’est ici qu’un exemple : ce texte n’actualise que quelques-unes desdites proprietes, c’est pourquoi l’enquete devrait se poursuivre a propos d’autres textes. A defaut, bien entendu, on en inventera.Le genre anti-philologique qu’on va evoquer ici releve du quatrieme regime de genericite distingue par Jean-Marie Schaeffer1 : il s’agit d’une classe analogique, ou la genericite est purement lectoriale, ou la relation d’un texte a l’autre est une modulation par ressemblance, et dont la definition ne peut etre
{"title":"Poétique de l’anti-philologie dans Sur Racine","authors":"F. Pennanech","doi":"10.58282/lht.829","DOIUrl":"https://doi.org/10.58282/lht.829","url":null,"abstract":"On envisage dans cet article de fournir un contrepoint au theme general de ce numero en proposant de lire Sur Racine comme l’illustration d’un genre, celui du commentaire anti-philologique. On espere, cependant, que caracteriser quelques elements d’une poetique de l’anti-philologie nous permettra chemin faisant d’esquisser en creux une veritable poetique de la philologie.L’ensemble de propositions qui suit suppose d’abord une restriction quant a son objet. Le point de vue adopte est celui d’une poetique du commentaire, aussi le propos ne portera-t-il pas sur la partie de la philologie qui concerne l’etablissement du texte, mais uniquement sur la partie de la philologie qui concerne l’etablissement du sens. A cette restriction d’objet s’adjoint ensuite une precision de methode. L’allure monographique de notre expose ne doit pas induire en erreur : le terme « poetique » designe ici l’inventaire des virtualites trans-operales qu’un texte est susceptible d’actualiser. Sur Racine n’est ici qu’un exemple : ce texte n’actualise que quelques-unes desdites proprietes, c’est pourquoi l’enquete devrait se poursuivre a propos d’autres textes. A defaut, bien entendu, on en inventera.Le genre anti-philologique qu’on va evoquer ici releve du quatrieme regime de genericite distingue par Jean-Marie Schaeffer1 : il s’agit d’une classe analogique, ou la genericite est purement lectoriale, ou la relation d’un texte a l’autre est une modulation par ressemblance, et dont la definition ne peut etre","PeriodicalId":105502,"journal":{"name":"Fabula-Lht : Poétique de la philologie","volume":"13 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2013-11-30","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"127980162","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Les noces de la poesie et de la philologie sont une vieille histoire dans le monde antique. Dans la tradition hellenistique, poesie et philologie se trouvent intimement liees : le grand editeur d’Homere, Zenodote d’Ephese, eut pour maitre le poete Philetas de Cos, « poete et en meme temps critique1 ». Du fait d’une telle association, la poesie lettree fait une large place a ce que nous appellerions aujourd’hui des disciplines philologiques : glossographie, etymologie, mais aussi a des questions comme la mythographie, l’exegese morale ou allegorique qui relevaient pleinement de la philologie telle que les Anciens la concevaient. Certains des phenomenes relevant des liens entre poesie et philologie sont sans doute sensibles des l’epoque de la poesie archaique, mais ils sont beaucoup plus marques a l’epoque hellenistique et la poesie augusteenne porte cette evolution a un degre de complexite et de virtuosite jamais atteint. La courte presentation ici proposee ne vise qu’a donner quelques illustrations significatives de ce moment particulierement riche de l’histoire litteraire antique2.Une demarche intellectuelle en faveur dans l’antiquite, en matiere de philologie comme dans d’autres domaines, fut celle des « problemes », « recherches », ou « questions » (problema ou zetema en Grec, quaestio en latin). Anterieure a Aristote, cette facon d’enqueter sur les textes s’enracine dans les difficultes que les Grecs de l’epoque classique ont rencontrees a la lecture d’Homere : questions
{"title":"Quand les poètes latins se faisaient philologues","authors":"J. Jolivet","doi":"10.58282/lht.825","DOIUrl":"https://doi.org/10.58282/lht.825","url":null,"abstract":"Les noces de la poesie et de la philologie sont une vieille histoire dans le monde antique. Dans la tradition hellenistique, poesie et philologie se trouvent intimement liees : le grand editeur d’Homere, Zenodote d’Ephese, eut pour maitre le poete Philetas de Cos, « poete et en meme temps critique1 ». Du fait d’une telle association, la poesie lettree fait une large place a ce que nous appellerions aujourd’hui des disciplines philologiques : glossographie, etymologie, mais aussi a des questions comme la mythographie, l’exegese morale ou allegorique qui relevaient pleinement de la philologie telle que les Anciens la concevaient. Certains des phenomenes relevant des liens entre poesie et philologie sont sans doute sensibles des l’epoque de la poesie archaique, mais ils sont beaucoup plus marques a l’epoque hellenistique et la poesie augusteenne porte cette evolution a un degre de complexite et de virtuosite jamais atteint. La courte presentation ici proposee ne vise qu’a donner quelques illustrations significatives de ce moment particulierement riche de l’histoire litteraire antique2.Une demarche intellectuelle en faveur dans l’antiquite, en matiere de philologie comme dans d’autres domaines, fut celle des « problemes », « recherches », ou « questions » (problema ou zetema en Grec, quaestio en latin). Anterieure a Aristote, cette facon d’enqueter sur les textes s’enracine dans les difficultes que les Grecs de l’epoque classique ont rencontrees a la lecture d’Homere : questions","PeriodicalId":105502,"journal":{"name":"Fabula-Lht : Poétique de la philologie","volume":"2 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2013-11-30","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"123870339","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
« Les manuscrits ne brulent jamais. »Boulgakov, Le Maitre et Marguerite.Toute œuvre ne trouve pas pour terme la finition et la finitude du bon a tirer, qui fixerait pour les siecles et les siecles son monument public. L’œuvre est parfois – longtemps – chantier : reves et plans d’architecte, configuration constellaire de textes et dissemination de pensees. Elle est alors force plutot que forme, mouvement en lieu et place du monument, elle est faite de lignes et de fractures, de liaisons et de lacunes. Livree a l’etat d’inedit, sa difficulte s’accroit : le desordre ou l’auteur s’est complu devient charge de lecture pour le philologue qui voudra la donner a lire. Ce dernier defriche l’œuvre en chantier. Il l’annote en passeur. Il ajoute a la lacune les balises de son dechiffrement lent et patient, renseigne et savant. Peu a peu, des signes infimes ajoutent, ca et la, au texte. Visibles, ils enoncent le cheminement d’une lecture rendue possible. Ils sont etoiles ou obeles – l’asterisque et la dague, ils illuminent ou poignardent le texte a l’encre noire. Ils sont encore ligne pointillee, qui separe et relie, ou espace blanc suspendu sur la page qui rapproche l’un de l’autre, comme un silence au theâtre accroit la qualite de ce qui vient d’etre dit, de ce qui est a venir. Le texte ouvrage est le fruit de la philologie et de l’orphelinage de l’œuvre, de son usure par le temps, de son interdiction et de ses destructions locales par la censure. Il est chaque fois singulier, le propre
{"title":"Déraison et invention de la philologie. Ou comment donner à lire Pessoa aujourd’hui","authors":"J. Peslier","doi":"10.58282/lht.827","DOIUrl":"https://doi.org/10.58282/lht.827","url":null,"abstract":"« Les manuscrits ne brulent jamais. »Boulgakov, Le Maitre et Marguerite.Toute œuvre ne trouve pas pour terme la finition et la finitude du bon a tirer, qui fixerait pour les siecles et les siecles son monument public. L’œuvre est parfois – longtemps – chantier : reves et plans d’architecte, configuration constellaire de textes et dissemination de pensees. Elle est alors force plutot que forme, mouvement en lieu et place du monument, elle est faite de lignes et de fractures, de liaisons et de lacunes. Livree a l’etat d’inedit, sa difficulte s’accroit : le desordre ou l’auteur s’est complu devient charge de lecture pour le philologue qui voudra la donner a lire. Ce dernier defriche l’œuvre en chantier. Il l’annote en passeur. Il ajoute a la lacune les balises de son dechiffrement lent et patient, renseigne et savant. Peu a peu, des signes infimes ajoutent, ca et la, au texte. Visibles, ils enoncent le cheminement d’une lecture rendue possible. Ils sont etoiles ou obeles – l’asterisque et la dague, ils illuminent ou poignardent le texte a l’encre noire. Ils sont encore ligne pointillee, qui separe et relie, ou espace blanc suspendu sur la page qui rapproche l’un de l’autre, comme un silence au theâtre accroit la qualite de ce qui vient d’etre dit, de ce qui est a venir. Le texte ouvrage est le fruit de la philologie et de l’orphelinage de l’œuvre, de son usure par le temps, de son interdiction et de ses destructions locales par la censure. Il est chaque fois singulier, le propre","PeriodicalId":105502,"journal":{"name":"Fabula-Lht : Poétique de la philologie","volume":"471 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2013-11-30","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"121788687","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
« je suis un pur philologue. J’aime l’Histoire, et elle m’emeut, mais ses moments les plus intenses sont pour moi ceux ou elle eclaire les mots et les noms. »Au milieu des noms de Pindare, Valery et Barthes, la presence de celui de Tolkien ne surprendra que si l’on ignore combien l’alchimie entre le travail du philologue et celui du createur d’un monde fictionnel est chez lui particulierement frappante et fondamentale. S’il a fait œuvre de poete, de demiurge en creant un univers fictionnel, avec sa geographie, son Histoire et ses langues – il est exemplaire a cet egard dans la litterature du xxe siecle –, cette creation apparait en effet intimement liee a son activite universitaire de philologue medieviste. On peut voir deux autres interets a cet exemple : d’une part son statut, en ce que Tolkien permet d’interroger une œuvre souvent consideree comme paralitteraire ; d’autre part, si l’on retient comme definition minimale (et sommaire) que la philologie consiste a etudier une langue d'un point de vue historique, a partir de documents ecrits, en etablissant des textes par un processus de comparaison de sources et de documents qu’il s’agit de dater, alors Tolkien constitue un exemple saisissant de renversement,puisqu’il est a son tour devenu l’objet d’une enquete philologique1. Celle-ci, menee par le propre fils de l’auteur, Christopher Tolkien, aboutit a la reconstruction d’une œuvre, qui a ete discutee et peut paraitre en partie fictionnelle dans ses resultats, malgre l’ingen
{"title":"Tolkien ou la philologie fictionnelle : du mot à la fiction","authors":"Vincent Ferré","doi":"10.58282/lht.824","DOIUrl":"https://doi.org/10.58282/lht.824","url":null,"abstract":"« je suis un pur philologue. J’aime l’Histoire, et elle m’emeut, mais ses moments les plus intenses sont pour moi ceux ou elle eclaire les mots et les noms. »Au milieu des noms de Pindare, Valery et Barthes, la presence de celui de Tolkien ne surprendra que si l’on ignore combien l’alchimie entre le travail du philologue et celui du createur d’un monde fictionnel est chez lui particulierement frappante et fondamentale. S’il a fait œuvre de poete, de demiurge en creant un univers fictionnel, avec sa geographie, son Histoire et ses langues – il est exemplaire a cet egard dans la litterature du xxe siecle –, cette creation apparait en effet intimement liee a son activite universitaire de philologue medieviste. On peut voir deux autres interets a cet exemple : d’une part son statut, en ce que Tolkien permet d’interroger une œuvre souvent consideree comme paralitteraire ; d’autre part, si l’on retient comme definition minimale (et sommaire) que la philologie consiste a etudier une langue d'un point de vue historique, a partir de documents ecrits, en etablissant des textes par un processus de comparaison de sources et de documents qu’il s’agit de dater, alors Tolkien constitue un exemple saisissant de renversement,puisqu’il est a son tour devenu l’objet d’une enquete philologique1. Celle-ci, menee par le propre fils de l’auteur, Christopher Tolkien, aboutit a la reconstruction d’une œuvre, qui a ete discutee et peut paraitre en partie fictionnelle dans ses resultats, malgre l’ingen","PeriodicalId":105502,"journal":{"name":"Fabula-Lht : Poétique de la philologie","volume":"8 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2013-11-30","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"134172757","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
En 1546, Marcantonio Flaminio, humaniste originaire de Serravalle dans le Veneto, publia pour la premiere fois son edition des Psaumes accompagnee a la fois d’une paraphrase en prose pour certains des pieces, et des trente-deux paraphrases dites « poetiques »1. Flaminio, qui figure parmi les poetes lyriques neo-latins les plus distingues de son temps, fut aussi, a l’epoque de la jeune Pleiade en France, l’un des poetes latins les plus imites des poetes vernaculaires des deux cotes des Alpes2. Connu principalement pour ses odes latines dans le style d’Horace, qui apparaissent, en cinq livres, dans le celebre compendium Carmina quinque illustrium poetarum, Flaminio fut aussi un poete sacre de grande renommee.3 La presente etude examinera le procede de l’humaniste qui, dans l’edition des psaumes, propose au lecteur une version des 150 poemes sacres, un commentaire « ad lineam », une paraphrase en prose a tendance amplificatrice, et, pour trente-deux des psaumes, une paraphrase en vers. A travers l’analyse des textes qui accompagnent le premier psaume dans l’edition de 1545, il convient de montrer que le commentaire et la paraphrase, qui precedent les paraphrases en vers, constituent un veritable chantier « philologique » dans lequel l’humaniste explore le sens et les champs lexicaux des mots qui apparaissent dans le texte biblique. Cette reflexion soutenue, sur le lexique des psaumes et les synonymes possibles, constitue le fondement d’une poetique, dont le trait distinctif est
1546年,来自威尼托Serravalle的人文主义者马尔坎托尼奥·弗拉米尼奥(Marcantonio Flaminio)首次出版了他的《诗篇》,其中一些作品有散文释义,还有32个所谓的“诗意”释义。弗拉米尼奥是他那个时代最杰出的新拉丁抒情诗人之一,在法国年轻的Pleiade时期,他也是阿尔卑斯山两岸最受模仿的拉丁诗人之一。弗拉米尼奥主要以贺拉斯风格的拉丁颂歌而闻名,这些颂歌出现在著名的《Carmina quinque illustrium poetarum》的五本书中,他也是一位著名的神圣诗人本研究将考察这位人文主义者的过程,他在《诗篇》的版本中,为读者提供了150首神圣诗歌的一个版本,一个“ad lineam”的评论,一个放大的散文释义,以及32首诗篇的诗句释义。通过文本分析了伴随1545出版首诗篇中,评注应当表明和转述,相比那些真正走向成功,成为工地«移民»中,人文主义者探索意义和田野的圣经文本中出现的单词或短语。这种对诗篇词汇和可能的同义词的持续反思,构成了诗歌的基础,其独特的特征是
{"title":"Du commentaire à la paraphrase poétique chez Marcantonio Flaminio","authors":"J. Nassichuk","doi":"10.58282/lht.820","DOIUrl":"https://doi.org/10.58282/lht.820","url":null,"abstract":"En 1546, Marcantonio Flaminio, humaniste originaire de Serravalle dans le Veneto, publia pour la premiere fois son edition des Psaumes accompagnee a la fois d’une paraphrase en prose pour certains des pieces, et des trente-deux paraphrases dites « poetiques »1. Flaminio, qui figure parmi les poetes lyriques neo-latins les plus distingues de son temps, fut aussi, a l’epoque de la jeune Pleiade en France, l’un des poetes latins les plus imites des poetes vernaculaires des deux cotes des Alpes2. Connu principalement pour ses odes latines dans le style d’Horace, qui apparaissent, en cinq livres, dans le celebre compendium Carmina quinque illustrium poetarum, Flaminio fut aussi un poete sacre de grande renommee.3 La presente etude examinera le procede de l’humaniste qui, dans l’edition des psaumes, propose au lecteur une version des 150 poemes sacres, un commentaire « ad lineam », une paraphrase en prose a tendance amplificatrice, et, pour trente-deux des psaumes, une paraphrase en vers. A travers l’analyse des textes qui accompagnent le premier psaume dans l’edition de 1545, il convient de montrer que le commentaire et la paraphrase, qui precedent les paraphrases en vers, constituent un veritable chantier « philologique » dans lequel l’humaniste explore le sens et les champs lexicaux des mots qui apparaissent dans le texte biblique. Cette reflexion soutenue, sur le lexique des psaumes et les synonymes possibles, constitue le fondement d’une poetique, dont le trait distinctif est","PeriodicalId":105502,"journal":{"name":"Fabula-Lht : Poétique de la philologie","volume":"1 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2013-11-30","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"121371612","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Compte-rendu de la seance d’hier : vive agitation ; cris : aux voix ! aux voix ! vive agitation, vives rumeurs ; explosions a gauche, vives reclamations a droite ; agitation ; bruit a gauche, rumeur a droite ; vives et nombreuses agitation ; vifs murmures a gauche ; agitations, rumeurs, violents murmures, etc.Delphine de Girardin, Lettres parisiennes du vicomte de Launay, 29 decembre 18381.La tribune romantique fut le lieu d’une greffe philologique perpetuelle. Pas un discours politique qui fut prononce a la tribune de la Chambre des deputes, pendant la monarchie de Juillet, et qui ne fut l’objet d’une reecriture, d’une retranscription partisane sous la forme de didascalies de presse qui percent, trouent litteralement le discours de voix heterogenes ou qui ne fut precede dans l’editorial de politique interieure, sur la premiere page du journal, d’un commentaire ecrit avec l’orateur ou en depit de l’orateur, ecrit toujours entre les lignes du discours prononce la veille. Le discours de 1830 – nommons le romantique – est structurellement un texte de presse amende, corrige, un texte a la carte, qui temoigne seulement en partie d’une performance oratoire anterieure car le discours romantique est inseparable du geste de lecture, aussi bien de reecriture, qui inclut a la matrice initiale – le discours prononce par un orateur singulier a un moment singulier d’une seance parlementaire – toute une circulation perpetuelle de la parole democratique a l’œuvre dans la presse liberee depui
昨天的会议记录:非常激动;克丽丝:在声音里!投票!充满了骚动,充满了谣言;左边有爆炸,右边有强烈的抱怨;搅拌;左边有噪音,右边有噪音;生动而多的骚动;左边有尖锐的低语;鼓动,谣言,暴力的低语,等等。delphine de Girardin, letter parisiennes du vicomte de Launay, 18381年12月29日。浪漫的讲坛是一个永久的语言学嫁接的地方。不是一个政治话语曾宣布了下议院的讲台,在7月君主制,而直到reecriture对象,一个党派转录形式didascalies成名的记者招待会上,闪烁litteralement讲话声音倾销或在国内政治有关,那些曾经只precede premiere杂志的页面上,一个与他写的评论或演讲者的披露要求,总是写在前一天演讲的字里行间。1830年的演讲——让我们称之为浪漫主义——在结构上是一篇经过编辑的报纸文章,一篇a点菜的文章,它只是部分地证明了早期的演讲表演,因为浪漫主义的演讲与阅读、重写、在最初的矩阵中——由一个单一的演讲者在议会会议的特定时刻发表的演讲——民主言论的永久流通在自由媒体中发挥作用
{"title":"L'éloquence romantique ou la greffe philologique","authors":"Dominique Dupart","doi":"10.58282/lht.823","DOIUrl":"https://doi.org/10.58282/lht.823","url":null,"abstract":"Compte-rendu de la seance d’hier : vive agitation ; cris : aux voix ! aux voix ! vive agitation, vives rumeurs ; explosions a gauche, vives reclamations a droite ; agitation ; bruit a gauche, rumeur a droite ; vives et nombreuses agitation ; vifs murmures a gauche ; agitations, rumeurs, violents murmures, etc.Delphine de Girardin, Lettres parisiennes du vicomte de Launay, 29 decembre 18381.La tribune romantique fut le lieu d’une greffe philologique perpetuelle. Pas un discours politique qui fut prononce a la tribune de la Chambre des deputes, pendant la monarchie de Juillet, et qui ne fut l’objet d’une reecriture, d’une retranscription partisane sous la forme de didascalies de presse qui percent, trouent litteralement le discours de voix heterogenes ou qui ne fut precede dans l’editorial de politique interieure, sur la premiere page du journal, d’un commentaire ecrit avec l’orateur ou en depit de l’orateur, ecrit toujours entre les lignes du discours prononce la veille. Le discours de 1830 – nommons le romantique – est structurellement un texte de presse amende, corrige, un texte a la carte, qui temoigne seulement en partie d’une performance oratoire anterieure car le discours romantique est inseparable du geste de lecture, aussi bien de reecriture, qui inclut a la matrice initiale – le discours prononce par un orateur singulier a un moment singulier d’une seance parlementaire – toute une circulation perpetuelle de la parole democratique a l’œuvre dans la presse liberee depui","PeriodicalId":105502,"journal":{"name":"Fabula-Lht : Poétique de la philologie","volume":"59 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2013-11-30","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"126986790","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}