Portraits en série et reproduction mécanique des traits à l’âge des Lumières et sous la Révolution : entre idéal démocratique et stratégies commerciales
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Abstract
En retracant les etapes qui conduisent a la mise au point de nouvelles techniques permettant la reproduction « mecanique » des visages au xviiie siecle, cet article propose de reflechir aux problemes que pose l’etude des projets de standardisation du geste artistique dans le contexte d’un essor plus general du portrait de petit format (dessin, miniature, peinture). A la faveur d’un marche porteur, plusieurs machines sont ainsi concues (ou perfectionnees) pour assurer la demultiplication rapide et bon marche d’effigies de soi, a la facon d’instantanes fideles et aisement duplicables. C’est le cas notamment du pantographe, mais egalement de la camera obscura ou encore du physionotrace qui s’impose comme une authentique machine a tirer la silhouette. La production des portraits en serie (dimensions et cout standardises) connait une expansion remarquable sous la Revolution, qui s’explique, en partie, par la multiplication inedite des acteurs du jeu politique et par la democratisation sans precedent du marche artistique. Quelques annees avant l’invention de la photographie, ces initiatives marquent une etape importante vers la diffusion culturelle de masse qui est une des caracteristiques du xixe siecle.