{"title":"Enonciation animale : Franz Kafka, Primo Levi, le singe et la poule","authors":"G. Marrone","doi":"10.58282/colloques.5364","DOIUrl":null,"url":null,"abstract":"1. Animalite et semiotiqueHellzapoppin’ (1941) est un film americain tres celebre, un meta‑film qui raconte l’histoire de quelqu’un qui est en train de faire un film, avec beaucoup de difficultes : un film fou, absurde, qui traite, sur le mode burlesque, des us et coutumes des milieux du spectacle. Or, a un certain moment, voici un chien qui, montrant un ours parlant, parle lui aussi et dit : « c’est curieux, il y a un ours qui parle ! ». D’un cote, il y a un ours qui parle, et personne ne s’en inquiete ; l’ours parlant est etonnant pour le chien, pas pour les hommes : l’animalite est une bizarrerie seulement pour l’autre animal. D’un autre cote, il y a un chien qui parle, qui est une autre excentricite, mais, cette fois, personne ne s’en inquiete, ni les humains ni les animaux. Morale : dans ce jeu de normalite et d’anormalite se manifeste justement la question de l’enonciation animale, c’est-a-dire de l’animal qui prend la parole, en mettant en discussion toute la configuration narrative dans laquelle il parle. Or, pour la semiotique la question de l’animal parlant est, d’un cote, une evidence, et, de l’autre, quelque chose d’impense, c’est‑a‑dire un theme qui doit encore etre travaille semiotiquement. Il s’agit d’une evidence parce qu’on a toujours etudie les animaux a l’interieur de la fable, des recits, des romans etc., comme des acteurs avec des roles actantiels tres definis : sujet, objet, destinateur, destinataire… Mais il s’agit aussi de quelque chose d’impense parce","PeriodicalId":243234,"journal":{"name":"La parole aux animaux. Conditions d’extension de l’énonciation","volume":"11 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0000,"publicationDate":"2018-04-06","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":"0","resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":null,"PeriodicalName":"La parole aux animaux. Conditions d’extension de l’énonciation","FirstCategoryId":"1085","ListUrlMain":"https://doi.org/10.58282/colloques.5364","RegionNum":0,"RegionCategory":null,"ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":null,"EPubDate":"","PubModel":"","JCR":"","JCRName":"","Score":null,"Total":0}
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Abstract
1. Animalite et semiotiqueHellzapoppin’ (1941) est un film americain tres celebre, un meta‑film qui raconte l’histoire de quelqu’un qui est en train de faire un film, avec beaucoup de difficultes : un film fou, absurde, qui traite, sur le mode burlesque, des us et coutumes des milieux du spectacle. Or, a un certain moment, voici un chien qui, montrant un ours parlant, parle lui aussi et dit : « c’est curieux, il y a un ours qui parle ! ». D’un cote, il y a un ours qui parle, et personne ne s’en inquiete ; l’ours parlant est etonnant pour le chien, pas pour les hommes : l’animalite est une bizarrerie seulement pour l’autre animal. D’un autre cote, il y a un chien qui parle, qui est une autre excentricite, mais, cette fois, personne ne s’en inquiete, ni les humains ni les animaux. Morale : dans ce jeu de normalite et d’anormalite se manifeste justement la question de l’enonciation animale, c’est-a-dire de l’animal qui prend la parole, en mettant en discussion toute la configuration narrative dans laquelle il parle. Or, pour la semiotique la question de l’animal parlant est, d’un cote, une evidence, et, de l’autre, quelque chose d’impense, c’est‑a‑dire un theme qui doit encore etre travaille semiotiquement. Il s’agit d’une evidence parce qu’on a toujours etudie les animaux a l’interieur de la fable, des recits, des romans etc., comme des acteurs avec des roles actantiels tres definis : sujet, objet, destinateur, destinataire… Mais il s’agit aussi de quelque chose d’impense parce