Si la renaissance rurale, chère au géographe français Bernard Kayser, est aujourd’hui en grande partie généralisée dans les campagnes des pays méditerranéens, elle s’inscrit encore de manière très différenciée dans l’espace et dans le temps. Alors que les différentes études nationales amènent à lire cette recomposition de l’espace rural essentiellement à partir de logiques résidentielles, elles occultent une réalité désormais bien plus complexe. Dans cet article, nous proposons de renouveler, voire réinterpréter, la lecture de la recomposition rurale, dans ses formes les plus variées, par une analyse typologique comparative à l’échelle de trois pays de l’Europe méditerranéenne, la France, l’Espagne et l’Italie. Plus largement, nous voulons mesurer la part des facteurs endogènes explicatifs de la recomposition démographique contemporaine rurale en présentant un travail de cartographie statistique multivariée à l’échelle des départements ou provinces rurales qui rendra compte de la complexité et de la différenciation spatiale des formes d’intégration socioéconomique des territoires ruraux.
{"title":"Dynamiques endogènes et exogènes contemporaines de la « renaissance rurale » : un essai typologique des régions françaises, espagnoles et italiennes","authors":"P. Chevalier, Marc Dedeire","doi":"10.7202/1053665AR","DOIUrl":"https://doi.org/10.7202/1053665AR","url":null,"abstract":"Si la renaissance rurale, chère au géographe français Bernard Kayser, est aujourd’hui en grande partie généralisée dans les campagnes des pays méditerranéens, elle s’inscrit encore de manière très différenciée dans l’espace et dans le temps. Alors que les différentes études nationales amènent à lire cette recomposition de l’espace rural essentiellement à partir de logiques résidentielles, elles occultent une réalité désormais bien plus complexe. Dans cet article, nous proposons de renouveler, voire réinterpréter, la lecture de la recomposition rurale, dans ses formes les plus variées, par une analyse typologique comparative à l’échelle de trois pays de l’Europe méditerranéenne, la France, l’Espagne et l’Italie. Plus largement, nous voulons mesurer la part des facteurs endogènes explicatifs de la recomposition démographique contemporaine rurale en présentant un travail de cartographie statistique multivariée à l’échelle des départements ou provinces rurales qui rendra compte de la complexité et de la différenciation spatiale des formes d’intégration socioéconomique des territoires ruraux.","PeriodicalId":364895,"journal":{"name":"Articles courants","volume":"1 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2018-11-08","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"129069875","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
De nombreux travaux portant sur les modes d’habiter ont permis d’appréhender la complexité des changements sociospatiaux à l’oeuvre dans les campagnes proches des villes. Nous proposons ici d’en renouveler l’approche en reconsidérant l’articulation systémique entre la trajectoire résidentielle des personnes et les formes de leur mobilité quotidienne. À partir du dépouillement du carnet de bord de 64 adultes, nous utilisons l’analyse factorielle pour faire émerger une typologie synthétique des formes d’ancrage. L’étude fait apparaître un plan de clivage assez attendu entre les « survenus », souvent d’origine urbaine et très mobiles au quotidien, et les populations natives, plus ancrées localement. Cependant, un deuxième plan de clivage « inverse» apparaît, incarné par deux autres types : les « survenus en quête de local » et les « enracinés mobiles ». Nous montrons ainsi que la relation entre la trajectoire résidentielle et la mobilité quotidienne n’est pas mécanique, mais que ces deux éléments se combinent et coagissent dans l’élaboration et la différenciation des modes d’habiter.
{"title":"Trajectoires résidentielles et mobilités quotidiennes. Les quatre « figures habitantes » du Pays du Vignoble nantais","authors":"V. Jousseaume, H. Bailleul, Laurent Cailly","doi":"10.7202/1053666AR","DOIUrl":"https://doi.org/10.7202/1053666AR","url":null,"abstract":"De nombreux travaux portant sur les modes d’habiter ont permis d’appréhender la complexité des changements sociospatiaux à l’oeuvre dans les campagnes proches des villes. Nous proposons ici d’en renouveler l’approche en reconsidérant l’articulation systémique entre la trajectoire résidentielle des personnes et les formes de leur mobilité quotidienne. À partir du dépouillement du carnet de bord de 64 adultes, nous utilisons l’analyse factorielle pour faire émerger une typologie synthétique des formes d’ancrage. L’étude fait apparaître un plan de clivage assez attendu entre les « survenus », souvent d’origine urbaine et très mobiles au quotidien, et les populations natives, plus ancrées localement. Cependant, un deuxième plan de clivage « inverse» apparaît, incarné par deux autres types : les « survenus en quête de local » et les « enracinés mobiles ». Nous montrons ainsi que la relation entre la trajectoire résidentielle et la mobilité quotidienne n’est pas mécanique, mais que ces deux éléments se combinent et coagissent dans l’élaboration et la différenciation des modes d’habiter.","PeriodicalId":364895,"journal":{"name":"Articles courants","volume":"117 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2018-11-08","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"122641618","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}