Pub Date : 2020-09-10DOI: 10.1163/9789004434967_004
Aucune autre relation des Antilles de cette période ne jouit de la protection d’hommes aussi importants que l’Histoire générale des Antilles. Il semble donc être le mieux placé parmi les dominicains pour diffuser le savoir acquis des missionnaires sur l’histoire et la société antillaises au-delà de son propre cercle religieux. Du Tertre exprime directement le désir que le « Livre sera veu en beaucoup de lieux » dans l’épitre adressée à Claude Sanguin (1654 : NP). À en croire l’auteur anonyme de la seule biographie du missionnaire, les contemporains de Du Tertre auraient lu les tomes III et IV de 1671 avec un intérêt particulier, puisqu’ils relatent les événements de l’histoire des Îles à partir de 1660, moment où la nouvelle politique coloniale de Louis XIV se met en place1. Suivant cette logique, ce serait donc moins les curiosités antillaises qui auraient suscité l’intérêt d’un certain public que les rapports que contenait le texte sur les effets de cette politique française. En revanche, Gilbert Chinard suggère que les descriptions de la nature antillaise auraient attiré d’autres lecteurs ; les savants et les curieux s’y intéressaient, ainsi que le public féminin2. Les illustrations, rappelons-le, se trouvent dans le deuxième tome, qui contient l’histoire naturelle et morale ; sur ce point, il semble bien que Chinard ait raison. Les estampes coûtaient cher ; il est alors logique que l’éditeur choisisse d’illustrer la partie du livre la plus susceptible de plaire à ce lectorat. Par ailleurs, Du Tertre s’adresse manifestement à un public de futurs voyageurs, colons aussi bien que missionnaires. Dans l’édition de 1654, il prie le lecteur de garder à l’esprit que l’auteur a « eu en veuë non seulement la satisfaction des curieux ; mais l’utilité des habitans du pays, aussi bien que d’informer ceux qui veulent faire le voyage, de plusieurs choses qui leur sont absolument necessaires : si bien qu’il se pourra faire que les choses qui choqueront ton esprit seront l’utilité & les délices des autres ». (1654, tome I : NP) Le choix des protecteurs – Achille II de Harlay, son fils Achille III de Harlay et Jérôme Bignon – témoigne de l’ambition de Du Tertre de placer son livre au centre de la vie scientifique, politique et mondaine de Paris. La famille de Harlay avait déjà été impliquée dans l’histoire américaine : Nicolas de Harlay avait fondé une compagnie pour le Brésil au siècle précédent, sans succès3.
{"title":"Écrire sur les Antilles","authors":"","doi":"10.1163/9789004434967_004","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/9789004434967_004","url":null,"abstract":"Aucune autre relation des Antilles de cette période ne jouit de la protection d’hommes aussi importants que l’Histoire générale des Antilles. Il semble donc être le mieux placé parmi les dominicains pour diffuser le savoir acquis des missionnaires sur l’histoire et la société antillaises au-delà de son propre cercle religieux. Du Tertre exprime directement le désir que le « Livre sera veu en beaucoup de lieux » dans l’épitre adressée à Claude Sanguin (1654 : NP). À en croire l’auteur anonyme de la seule biographie du missionnaire, les contemporains de Du Tertre auraient lu les tomes III et IV de 1671 avec un intérêt particulier, puisqu’ils relatent les événements de l’histoire des Îles à partir de 1660, moment où la nouvelle politique coloniale de Louis XIV se met en place1. Suivant cette logique, ce serait donc moins les curiosités antillaises qui auraient suscité l’intérêt d’un certain public que les rapports que contenait le texte sur les effets de cette politique française. En revanche, Gilbert Chinard suggère que les descriptions de la nature antillaise auraient attiré d’autres lecteurs ; les savants et les curieux s’y intéressaient, ainsi que le public féminin2. Les illustrations, rappelons-le, se trouvent dans le deuxième tome, qui contient l’histoire naturelle et morale ; sur ce point, il semble bien que Chinard ait raison. Les estampes coûtaient cher ; il est alors logique que l’éditeur choisisse d’illustrer la partie du livre la plus susceptible de plaire à ce lectorat. Par ailleurs, Du Tertre s’adresse manifestement à un public de futurs voyageurs, colons aussi bien que missionnaires. Dans l’édition de 1654, il prie le lecteur de garder à l’esprit que l’auteur a « eu en veuë non seulement la satisfaction des curieux ; mais l’utilité des habitans du pays, aussi bien que d’informer ceux qui veulent faire le voyage, de plusieurs choses qui leur sont absolument necessaires : si bien qu’il se pourra faire que les choses qui choqueront ton esprit seront l’utilité & les délices des autres ». (1654, tome I : NP) Le choix des protecteurs – Achille II de Harlay, son fils Achille III de Harlay et Jérôme Bignon – témoigne de l’ambition de Du Tertre de placer son livre au centre de la vie scientifique, politique et mondaine de Paris. La famille de Harlay avait déjà été impliquée dans l’histoire américaine : Nicolas de Harlay avait fondé une compagnie pour le Brésil au siècle précédent, sans succès3.","PeriodicalId":114148,"journal":{"name":"Lire l’<i>Histoire générale des Antilles</i> de J.-B. Du Tertre","volume":"49 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2020-09-10","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"128577132","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2020-09-10DOI: 10.1163/9789004434967_003
Jacques Du Tertre
Jacques Du Tertre naît à Calais en 1610. Fils de médecin, il reçoit une bonne éducation et à l’âge de 23 ans, poussé par l’aventure, il joint la marine des PaysBas. Avec les Néerlandais, il participe entre autres à une grande expédition au Groenland. Puis, fatigué de la vie en mer, il prend service à terre, toujours dans l’armée néerlandaise, et se distingue notamment au siège de Maastricht en 16321. Deux ans plus tard, Jacques Du Tertre change de carrière et joint l’ordre des Frères Prêcheurs de la congrégation de Saint-Louis. Il entre dans les ordres sous l’égide du père Jean-Baptiste Carré, prend un autre prénom et intègre le Noviciat général à Paris. En 1640, Jean-Baptiste Du Tertre se trouve de nouveau sur un vaisseau, cette fois envoyé en mission aux Antilles. André Chevillard, un autre Frère Prêcheur qui partira dans les Îles quelques années plus tard, décrit ainsi la compagnie avec laquelle voyage notre missionnaire : « le R. P. de la Marre tres-celebre Docteur de Sorbone, & un des plus fameux Predicateurs de France [...] Pere Iean de S. Paul Bordelois [...] Pere Michel & quelques Freres Convers : entre lesquels estoient le bon & zelé F. Nicolas de Sainctar [...] F. Iacques le Gendre, & F. Estienne de l’Assomption2 ». À en croire la notice que les dominicains lui consacrent après sa mort, Du Tertre aurait été un homme « pieux et considéré, prudent, sachant traiter les affaires » ; qualités essentielles pour la mission, qui implique des négociations constantes avec les autorités religieuses et séculaires en France, ainsi qu’avec les autorités locales3. Or, l’argument principal de Carré au moment de choisir Du Tertre était sans doute son expérience marine. Sa vie militaire rattrape ainsi sa vie religieuse, peut-être contre son propre gré, car l’image qu’il donne de la mer est loin d’être positive. « Ie ne me flate point, ie sçay un peu ce que c’est que de la mer : mais il est constant, qu’humainement parlant, nous ne devions pas demeurer un moment sur l’eau », constate-t-il après avoir décrit tous les maux de mer possibles (1654, tome I : 90). Et pourtant, tout au long de la première période de l’établissement et de la colonisation des Îles, c’est toujours Du Tertre qui est envoyé pour transmettre des
雅克·杜·泰尔特1610年出生于加来。作为一名医生的儿子,他接受了良好的教育,23岁时,在冒险的驱使下,他加入了荷兰海军。他和荷兰人一起参加了一次到格陵兰岛的大型探险。后来,由于厌倦了海上生活,他在岸上服役,仍在荷兰军队服役,并在16321年围攻马斯特里赫特战役中表现突出。两年后,雅克·杜·泰尔特改变了他的职业,加入了圣路易斯教会的传教士兄弟会。他加入了让-巴蒂斯特神父carre的修道会,改了一个名字,加入了巴黎的见习总。1640年,让-巴蒂斯特·杜·泰尔特再次登上一艘船,这一次他被派往西印度群岛执行任务。andre Chevillard是另一位传教士兄弟,几年后他将前往群岛,他这样描述我们的传教士旅行的同伴:“Sorbone的R. P. de la Marre非常著名的医生,法国最著名的传教士之一。Pere Iean de S. Paul Bordelois[…Pere Michel和一些聊天的兄弟:其中有善良和热情的F. Nicolas de Sainctar[…= =地理= =根据美国人口普查,这个县的面积为。根据多米尼加人在他死后献给他的通知,杜特尔特是一个“虔诚、体贴、谨慎、知道如何处理事务”的人;这是这项任务的基本素质,需要不断同法国的宗教和世俗当局以及地方当局进行谈判。carre选择Tertre的主要理由无疑是他在海上的经验。因此,他的军事生活恢复了他的宗教生活,也许是违背他自己的意愿,因为他对大海的描绘远非积极的。他在描述了所有可能的海洋疾病后说:“我一点也不惊讶,我知道海洋是什么,但从人类的角度来说,我们不应该在水里呆上一段时间,这是永恒的。”然而,在岛屿建立和殖民的第一个时期,土堆总是被派来传递信息。
{"title":"Du Tertre – vie, œuvre et mission","authors":"Jacques Du Tertre","doi":"10.1163/9789004434967_003","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/9789004434967_003","url":null,"abstract":"Jacques Du Tertre naît à Calais en 1610. Fils de médecin, il reçoit une bonne éducation et à l’âge de 23 ans, poussé par l’aventure, il joint la marine des PaysBas. Avec les Néerlandais, il participe entre autres à une grande expédition au Groenland. Puis, fatigué de la vie en mer, il prend service à terre, toujours dans l’armée néerlandaise, et se distingue notamment au siège de Maastricht en 16321. Deux ans plus tard, Jacques Du Tertre change de carrière et joint l’ordre des Frères Prêcheurs de la congrégation de Saint-Louis. Il entre dans les ordres sous l’égide du père Jean-Baptiste Carré, prend un autre prénom et intègre le Noviciat général à Paris. En 1640, Jean-Baptiste Du Tertre se trouve de nouveau sur un vaisseau, cette fois envoyé en mission aux Antilles. André Chevillard, un autre Frère Prêcheur qui partira dans les Îles quelques années plus tard, décrit ainsi la compagnie avec laquelle voyage notre missionnaire : « le R. P. de la Marre tres-celebre Docteur de Sorbone, & un des plus fameux Predicateurs de France [...] Pere Iean de S. Paul Bordelois [...] Pere Michel & quelques Freres Convers : entre lesquels estoient le bon & zelé F. Nicolas de Sainctar [...] F. Iacques le Gendre, & F. Estienne de l’Assomption2 ». À en croire la notice que les dominicains lui consacrent après sa mort, Du Tertre aurait été un homme « pieux et considéré, prudent, sachant traiter les affaires » ; qualités essentielles pour la mission, qui implique des négociations constantes avec les autorités religieuses et séculaires en France, ainsi qu’avec les autorités locales3. Or, l’argument principal de Carré au moment de choisir Du Tertre était sans doute son expérience marine. Sa vie militaire rattrape ainsi sa vie religieuse, peut-être contre son propre gré, car l’image qu’il donne de la mer est loin d’être positive. « Ie ne me flate point, ie sçay un peu ce que c’est que de la mer : mais il est constant, qu’humainement parlant, nous ne devions pas demeurer un moment sur l’eau », constate-t-il après avoir décrit tous les maux de mer possibles (1654, tome I : 90). Et pourtant, tout au long de la première période de l’établissement et de la colonisation des Îles, c’est toujours Du Tertre qui est envoyé pour transmettre des","PeriodicalId":114148,"journal":{"name":"Lire l’<i>Histoire générale des Antilles</i> de J.-B. Du Tertre","volume":"24 1 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2020-09-10","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"123050937","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2020-09-10DOI: 10.1163/9789004434967_007
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Pub Date : 2020-09-10DOI: 10.1163/9789004434967_005
Réinventer la découverte
Dans la version manuscrite de l’Histoire générale des Antilles, Du Tertre compare la traversée de l’Atlantique aux limbes et l’apparition de la terre à celle du Christ ouvrant les portes du paradis aux voyageurs affamés. À la vue des Îles, « tout le monde trésaille de joie »1. En réalité, ni Du Tertre ni les autres voyageurs en route pour les Antilles ne croient plus rencontrer l’Éden de l’autre côté de l’Atlantique. Le rêve de trouver une mine ou une rivière remplie d’or persiste certes dans l’imaginaire des voyageurs – Du Tertre est par exemple persuadé d’avoir vu de l’or dans une des rivières de la Guadeloupe et consulte un chimiste pour faire des expériences sur les pierres qu’il y ramasse. (1667, tome II : 75) Mais cette curiosité, de pair avec le désir d’enrichir sa nation et sa mission, ne s’appuie pas sur l’illusion d’un paradis. Il sait, tout comme les autorités politiques européennes, que ces Îles déjà arpentées et inventoriées par les Espagnols ne renferment pas de richesses inépuisables et, comme l’économie des plantations n’est pas encore pleinement développée, elles ne sont importantes que d’un point de vue stratégique : les Antilles marquent l’entrée des Amériques et offrent ainsi aux Anglais, aux Hollandais et aux Français une tête de pont pour contester la domination espagnole2. Et pourtant, l’idée du paradis, ce que Philip D. Curtin appelle le « mythe de l’exubérance tropicale », reste intimement liée aux relations des Antilles, même après la disparition des éléments singuliers et merveilleux3. Dès les premiers textes, les Antilles sont présentées sous le signe de l’Éden terrestre, et le paradis se constitue vite comme discours – Vespuce décrit ces « îles d’une merveilleuse beauté et fertilité » et Pierre Martyr s’émerveille des paysages insulaires, enveloppés d’un printemps éternel. L’imaginaire paradisiaque deviendra l’un des réseaux signifiants les plus importants dans la construction de l’exotisme antillais, en lien étroit avec la notion de sauvage et avec l’espace insulaire. Et ce discours hantera l’écriture des îles caribéennes jusqu’aux écrits des auteurs contemporains4.
{"title":"Réinventer la découverte","authors":"Réinventer la découverte","doi":"10.1163/9789004434967_005","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/9789004434967_005","url":null,"abstract":"Dans la version manuscrite de l’Histoire générale des Antilles, Du Tertre compare la traversée de l’Atlantique aux limbes et l’apparition de la terre à celle du Christ ouvrant les portes du paradis aux voyageurs affamés. À la vue des Îles, « tout le monde trésaille de joie »1. En réalité, ni Du Tertre ni les autres voyageurs en route pour les Antilles ne croient plus rencontrer l’Éden de l’autre côté de l’Atlantique. Le rêve de trouver une mine ou une rivière remplie d’or persiste certes dans l’imaginaire des voyageurs – Du Tertre est par exemple persuadé d’avoir vu de l’or dans une des rivières de la Guadeloupe et consulte un chimiste pour faire des expériences sur les pierres qu’il y ramasse. (1667, tome II : 75) Mais cette curiosité, de pair avec le désir d’enrichir sa nation et sa mission, ne s’appuie pas sur l’illusion d’un paradis. Il sait, tout comme les autorités politiques européennes, que ces Îles déjà arpentées et inventoriées par les Espagnols ne renferment pas de richesses inépuisables et, comme l’économie des plantations n’est pas encore pleinement développée, elles ne sont importantes que d’un point de vue stratégique : les Antilles marquent l’entrée des Amériques et offrent ainsi aux Anglais, aux Hollandais et aux Français une tête de pont pour contester la domination espagnole2. Et pourtant, l’idée du paradis, ce que Philip D. Curtin appelle le « mythe de l’exubérance tropicale », reste intimement liée aux relations des Antilles, même après la disparition des éléments singuliers et merveilleux3. Dès les premiers textes, les Antilles sont présentées sous le signe de l’Éden terrestre, et le paradis se constitue vite comme discours – Vespuce décrit ces « îles d’une merveilleuse beauté et fertilité » et Pierre Martyr s’émerveille des paysages insulaires, enveloppés d’un printemps éternel. L’imaginaire paradisiaque deviendra l’un des réseaux signifiants les plus importants dans la construction de l’exotisme antillais, en lien étroit avec la notion de sauvage et avec l’espace insulaire. Et ce discours hantera l’écriture des îles caribéennes jusqu’aux écrits des auteurs contemporains4.","PeriodicalId":114148,"journal":{"name":"Lire l’<i>Histoire générale des Antilles</i> de J.-B. Du Tertre","volume":"50 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2020-09-10","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"114789460","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2020-09-10DOI: 10.1163/9789004434967_010
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Pub Date : 2020-09-10DOI: 10.1163/9789004434967_006
À l’instar de l’archipel caribéen, décrit dans l’avis au lecteur comme la « préface des Amériques » ou comme les Ant-isles, c’est-à-dire à la façon d’un espace qu’il faudrait nécessairement traverser afin d’atteindre la terre ferme, l’imaginaire du paradis se présente comme une sorte de seuil. Comment ce discours frontalier affecte-t-il l’organisation de la présentation du monde étranger ? Dans un sens, sans s’inscrire directement dans la tradition de l’isolario, le livre lui-même ressemble à la géographie qu’il décrit, à un archipel, constitué d’îlots discursifs qui s’étendent à l’infini1. La comparaison n’est pas sans rappeler ce que Gérard Genette caractérise comme les « seuils » ou les « franges » d’un texte, à savoir le paratexte qui enveloppe et prolonge le texte, le transformant ainsi en livre2. La relation de voyage du XVIIe siècle est littéralement enveloppée de paratextes, dont la diversité excède largement celle de la liste proposée par Genette3. Celles qui sont publiées en grand format, notamment, comme l’histoire de Du Tertre, en sont remplies à tel point qu’il semble que la paratextualité doive entrer dans la définition générique de la relation de voyage. La paratextualité effectue une sorte de compartimentation matérielle du discours et donne la priorité à une démonstration qui ne passe pas par l’échange oral, mais par la lecture. « Le lecteur », écrit Henri-Jean Martin, « cesse ainsi d’écouter en lui-même le discours reproduit sur la page : il regarde celle-ci et parfois la parcourt un peu à la manière d’une carte4 ». Le lecteur s’oriente lui-même dans les îlots textuels que le livre donne à voir.
{"title":"Les seuils du paradis","authors":"","doi":"10.1163/9789004434967_006","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/9789004434967_006","url":null,"abstract":"À l’instar de l’archipel caribéen, décrit dans l’avis au lecteur comme la « préface des Amériques » ou comme les Ant-isles, c’est-à-dire à la façon d’un espace qu’il faudrait nécessairement traverser afin d’atteindre la terre ferme, l’imaginaire du paradis se présente comme une sorte de seuil. Comment ce discours frontalier affecte-t-il l’organisation de la présentation du monde étranger ? Dans un sens, sans s’inscrire directement dans la tradition de l’isolario, le livre lui-même ressemble à la géographie qu’il décrit, à un archipel, constitué d’îlots discursifs qui s’étendent à l’infini1. La comparaison n’est pas sans rappeler ce que Gérard Genette caractérise comme les « seuils » ou les « franges » d’un texte, à savoir le paratexte qui enveloppe et prolonge le texte, le transformant ainsi en livre2. La relation de voyage du XVIIe siècle est littéralement enveloppée de paratextes, dont la diversité excède largement celle de la liste proposée par Genette3. Celles qui sont publiées en grand format, notamment, comme l’histoire de Du Tertre, en sont remplies à tel point qu’il semble que la paratextualité doive entrer dans la définition générique de la relation de voyage. La paratextualité effectue une sorte de compartimentation matérielle du discours et donne la priorité à une démonstration qui ne passe pas par l’échange oral, mais par la lecture. « Le lecteur », écrit Henri-Jean Martin, « cesse ainsi d’écouter en lui-même le discours reproduit sur la page : il regarde celle-ci et parfois la parcourt un peu à la manière d’une carte4 ». Le lecteur s’oriente lui-même dans les îlots textuels que le livre donne à voir.","PeriodicalId":114148,"journal":{"name":"Lire l’<i>Histoire générale des Antilles</i> de J.-B. Du Tertre","volume":"86 2 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2020-09-10","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"124323872","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2020-09-10DOI: 10.1163/9789004434967_008
On a vu comment l’ouvrage de Du Tertre détache l’histoire de l’établissement du discours de la découverte et de la rhétorique de l’étonnement. Dans la même optique, l’auteur met en valeur une nature ordonnée par la main humaine. La conception et la présentation visuelle et textuelle des Antilles s’alignent ainsi sur les canons de la beauté, qui s’incarne dans l’image du jardin, à la fois sublime (émanation du roi et de l’Église dans les terres lointaines) et productif (ce qui est beau porte de bons fruits). Pour reprendre l’analyse proposée par le Dictionnaire du Grand Siècle, un jardin est un « espace enfermé où se lit le travail de l’homme », ce qui n’est pas sans rappeler la vision mise de l’avant dans l’Histoire générale des Antilles d’un paradis colonial créé par les soins de ses habitants1. Ce modèle trouve d’une part un écho dans un contexte américain plus large, où le jardin fait se croiser l’esprit pionnier et l’imaginaire paradisiaque2. D’autre part, il revient à l’insularité, qui est le sujet même de son ouvrage. Si l’espace américain continental est associé à l’incommensurable, l’île est envisagée comme un site qui se prête à la connaissance puisqu’elle concentre dans un espace limité une variété d’éléments susceptibles de devenir objets de science3. Sur le plan symbolique : lieu de projection de rêves utopiques, elle est à la fois possibilité et piège, objet de désir et espace de la précarité4. Du Tertre puise aussi dans l’idée de l’île comme espace « cloisonné à l’infini5 », semblable à un jardin riche et diversifié, à l’image de la création divine, tout en lui donnant les traits nécessaires à une peinture des Antilles comme lieu à explorer et à développer. Il prépare, pourrait-on dire, la transition
{"title":"Le jardin et l’écriture","authors":"","doi":"10.1163/9789004434967_008","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/9789004434967_008","url":null,"abstract":"On a vu comment l’ouvrage de Du Tertre détache l’histoire de l’établissement du discours de la découverte et de la rhétorique de l’étonnement. Dans la même optique, l’auteur met en valeur une nature ordonnée par la main humaine. La conception et la présentation visuelle et textuelle des Antilles s’alignent ainsi sur les canons de la beauté, qui s’incarne dans l’image du jardin, à la fois sublime (émanation du roi et de l’Église dans les terres lointaines) et productif (ce qui est beau porte de bons fruits). Pour reprendre l’analyse proposée par le Dictionnaire du Grand Siècle, un jardin est un « espace enfermé où se lit le travail de l’homme », ce qui n’est pas sans rappeler la vision mise de l’avant dans l’Histoire générale des Antilles d’un paradis colonial créé par les soins de ses habitants1. Ce modèle trouve d’une part un écho dans un contexte américain plus large, où le jardin fait se croiser l’esprit pionnier et l’imaginaire paradisiaque2. D’autre part, il revient à l’insularité, qui est le sujet même de son ouvrage. Si l’espace américain continental est associé à l’incommensurable, l’île est envisagée comme un site qui se prête à la connaissance puisqu’elle concentre dans un espace limité une variété d’éléments susceptibles de devenir objets de science3. Sur le plan symbolique : lieu de projection de rêves utopiques, elle est à la fois possibilité et piège, objet de désir et espace de la précarité4. Du Tertre puise aussi dans l’idée de l’île comme espace « cloisonné à l’infini5 », semblable à un jardin riche et diversifié, à l’image de la création divine, tout en lui donnant les traits nécessaires à une peinture des Antilles comme lieu à explorer et à développer. Il prépare, pourrait-on dire, la transition","PeriodicalId":114148,"journal":{"name":"Lire l’<i>Histoire générale des Antilles</i> de J.-B. Du Tertre","volume":"102 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2020-09-10","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"124718160","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2020-09-10DOI: 10.1163/9789004434967_012
En arrivant aux Antilles, Du Tertre et les autres missionnaires s’estiment « heureux de souffrir quelque chose pour la gloire de Jésus-Christ en secourant ses membres ». (1667, tome I : 155) L’un endure les maladies et la faim tandis que l’autre souffre en aidant ses frères, et ces formes de supplices contribuent toutes deux à révéler la présence sublime de Jésus-Christ dans le Nouveau Monde et à constituer la communauté coloniale. La notion de membre est ici à comprendre dans son double sens physique et communautaire. Dans son livre Les Renaissances du corps, Jahan esquisse l’histoire de la métaphore corporelle, qui est monnaie courante dans la littérature chrétienne et dans la relation de voyage missionnaire : « Hérité des temps médiévaux, le thème du corps mystique représentait la société chrétienne comme un assemblage organique où le Christ est bien évidemment la tête, tandis que les différents groupes sociaux occupent une place déterminée par référence aux fonctions et aux hiérarchies corporelles1. » Mouvement, mortalité et communauté se croisent dans la définition même du corps à partir de l’analogie entre ce terme et « le total d’une communauté2 ». Veines du corps-État, les missionnaires assurent la circulation des ressources littérales et métaphoriques : ils portent secours aux membres lointains et retransmettent les richesses de ces contrées au cœur du corps du roi. Au champ lexical sanguin s’ajoute la métaphore de l’œil pour souligner que le corps-État surveille aussi ses membres. Le missionnaire se présente comme une sorte de gond, liant ensemble le monde, l’État et l’Église. À en croire Jahan, le corps sert de mesure et structure l’organisation du monde et de la société ; il offre une forme à l’abstraction de l’organisation civile, qui se reflète dans l’ordre plus grand de l’univers3. Et c’est précisément ce qui se produit dans la relation de Du Tertre. Il faudrait dès lors se poser la question, à savoir comment est constitué ce corps communautaire colonial. D’abord, on peut noter qu’à la conceptualisation symbolique du corps s’ajoute une dimension concrète, physique : les habitants s’écroulent sous le poids du travail laborieux et s’affaiblissent à la suite
{"title":"Membres de la famille coloniale","authors":"","doi":"10.1163/9789004434967_012","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/9789004434967_012","url":null,"abstract":"En arrivant aux Antilles, Du Tertre et les autres missionnaires s’estiment « heureux de souffrir quelque chose pour la gloire de Jésus-Christ en secourant ses membres ». (1667, tome I : 155) L’un endure les maladies et la faim tandis que l’autre souffre en aidant ses frères, et ces formes de supplices contribuent toutes deux à révéler la présence sublime de Jésus-Christ dans le Nouveau Monde et à constituer la communauté coloniale. La notion de membre est ici à comprendre dans son double sens physique et communautaire. Dans son livre Les Renaissances du corps, Jahan esquisse l’histoire de la métaphore corporelle, qui est monnaie courante dans la littérature chrétienne et dans la relation de voyage missionnaire : « Hérité des temps médiévaux, le thème du corps mystique représentait la société chrétienne comme un assemblage organique où le Christ est bien évidemment la tête, tandis que les différents groupes sociaux occupent une place déterminée par référence aux fonctions et aux hiérarchies corporelles1. » Mouvement, mortalité et communauté se croisent dans la définition même du corps à partir de l’analogie entre ce terme et « le total d’une communauté2 ». Veines du corps-État, les missionnaires assurent la circulation des ressources littérales et métaphoriques : ils portent secours aux membres lointains et retransmettent les richesses de ces contrées au cœur du corps du roi. Au champ lexical sanguin s’ajoute la métaphore de l’œil pour souligner que le corps-État surveille aussi ses membres. Le missionnaire se présente comme une sorte de gond, liant ensemble le monde, l’État et l’Église. À en croire Jahan, le corps sert de mesure et structure l’organisation du monde et de la société ; il offre une forme à l’abstraction de l’organisation civile, qui se reflète dans l’ordre plus grand de l’univers3. Et c’est précisément ce qui se produit dans la relation de Du Tertre. Il faudrait dès lors se poser la question, à savoir comment est constitué ce corps communautaire colonial. D’abord, on peut noter qu’à la conceptualisation symbolique du corps s’ajoute une dimension concrète, physique : les habitants s’écroulent sous le poids du travail laborieux et s’affaiblissent à la suite","PeriodicalId":114148,"journal":{"name":"Lire l’<i>Histoire générale des Antilles</i> de J.-B. Du Tertre","volume":"59 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2020-09-10","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"127487264","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2020-09-10DOI: 10.1163/9789004434967_011
Tout au long de la première partie de l’Histoire générale des Antilles, le corps des Blancs occupe le centre de l’attention. Les ouragans, les maladies et la famine menacent les habitants, les autres nations européennes, les flibustiers, et les Autochtones les harcèlent : le danger les guette en permanence. Les nouveaux arrivés surtout, affamés et épuisés, sont également en butte à la négligence de leurs compatriotes (y compris celle des compagnies, qui ne prévoient pas de nourriture en quantité suffisante dans la cargaison des vaisseaux) et aux agressions de la nature tropicale, puisqu’ils ne sont pas encore accoutumés au climat de la zone torride. Les Français, écrit Du Tertre dans la description des habitants, ne sont pas suffisamment attentifs à leur alimentation, ce qui compromet leur capacité d’adaptation physique à un milieu étranger et les expose à une multitude de maladies : « [...] car la parfaite santé de l’hôme consistat dans la liberté du mouvement du sang, & des esprits, qui contiennet la vie, & la distribuënt dans toutes les parties du corps, l’empéchement ou le déreglement de ce mouvement, fait des obstructiôs qui sont les veritables causes des maux [...] ». (1667, tome II : 479) La théorie des climats confirme ainsi l’idée selon laquelle l’Européen doit s’accoutumer progressivement à la vie à l’étranger. En effet, déplacé de l’autre côté du monde, le Français est aussi transformé en corps exposé dans le récit. Ainsi, dans cette scène à laquelle Du Tertre n’a pas lui-même assisté, mais qu’un témoin oculaire « très fiable » lui aurait racontée :
{"title":"Corps touchants, corps transgressifs","authors":"","doi":"10.1163/9789004434967_011","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/9789004434967_011","url":null,"abstract":"Tout au long de la première partie de l’Histoire générale des Antilles, le corps des Blancs occupe le centre de l’attention. Les ouragans, les maladies et la famine menacent les habitants, les autres nations européennes, les flibustiers, et les Autochtones les harcèlent : le danger les guette en permanence. Les nouveaux arrivés surtout, affamés et épuisés, sont également en butte à la négligence de leurs compatriotes (y compris celle des compagnies, qui ne prévoient pas de nourriture en quantité suffisante dans la cargaison des vaisseaux) et aux agressions de la nature tropicale, puisqu’ils ne sont pas encore accoutumés au climat de la zone torride. Les Français, écrit Du Tertre dans la description des habitants, ne sont pas suffisamment attentifs à leur alimentation, ce qui compromet leur capacité d’adaptation physique à un milieu étranger et les expose à une multitude de maladies : « [...] car la parfaite santé de l’hôme consistat dans la liberté du mouvement du sang, & des esprits, qui contiennet la vie, & la distribuënt dans toutes les parties du corps, l’empéchement ou le déreglement de ce mouvement, fait des obstructiôs qui sont les veritables causes des maux [...] ». (1667, tome II : 479) La théorie des climats confirme ainsi l’idée selon laquelle l’Européen doit s’accoutumer progressivement à la vie à l’étranger. En effet, déplacé de l’autre côté du monde, le Français est aussi transformé en corps exposé dans le récit. Ainsi, dans cette scène à laquelle Du Tertre n’a pas lui-même assisté, mais qu’un témoin oculaire « très fiable » lui aurait racontée :","PeriodicalId":114148,"journal":{"name":"Lire l’<i>Histoire générale des Antilles</i> de J.-B. Du Tertre","volume":"29 1","pages":"0"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2020-09-10","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"115305579","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2020-09-10DOI: 10.1163/9789004434967_013
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