Pub Date : 2022-07-19DOI: 10.1163/19552343-14234022
Frédéric Keck
Lucien Lévy-Bruhl effectue un voyage autour du monde en 1920 qui le conduit à prendre part aux controverses coloniales sur la vaccination aux Philippines. Cet article interroge la signification d’une telle controverse dans le cadre d’une anthropologie positiviste qui prétend totaliser les modes de penser « primitifs » et « civilisé » pour un sociologue typique. En mobilisant les figures de Jules Verne et d’Alfred Dreyfus, il montre que le tour du monde social peut être effectué à partir des accidents qui en interrompent son accomplissement. Le projet philosophique d’une « logique des sentiments » qui a motivé l’anthropologie française depuis Auguste Comte peut alors être reformulé à partir d’une enquête sur les sentinelles qui anticipent les accidents à partir d’une expérience passée. Un tel projet permet de suivre les significations de l’Affaire Dreyfus jusqu’à l’anthropologie de Claude Lévi-Strauss.
{"title":"« Le tour du monde d’un universitaire ». Significations du voyage de Lucien Lévy-Bruhl en 1920 pour l’histoire de l’anthropologie sociale","authors":"Frédéric Keck","doi":"10.1163/19552343-14234022","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234022","url":null,"abstract":"\u0000Lucien Lévy-Bruhl effectue un voyage autour du monde en 1920 qui le conduit à prendre part aux controverses coloniales sur la vaccination aux Philippines. Cet article interroge la signification d’une telle controverse dans le cadre d’une anthropologie positiviste qui prétend totaliser les modes de penser « primitifs » et « civilisé » pour un sociologue typique. En mobilisant les figures de Jules Verne et d’Alfred Dreyfus, il montre que le tour du monde social peut être effectué à partir des accidents qui en interrompent son accomplissement. Le projet philosophique d’une « logique des sentiments » qui a motivé l’anthropologie française depuis Auguste Comte peut alors être reformulé à partir d’une enquête sur les sentinelles qui anticipent les accidents à partir d’une expérience passée. Un tel projet permet de suivre les significations de l’Affaire Dreyfus jusqu’à l’anthropologie de Claude Lévi-Strauss.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-07-19","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"48781594","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
{"title":"Notes de lecture","authors":"D. Bourel","doi":"10.1007/BF03181388","DOIUrl":"https://doi.org/10.1007/BF03181388","url":null,"abstract":"","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":"119 1","pages":"417-421"},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-05-24","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"https://sci-hub-pdf.com/10.1007/BF03181388","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"45347255","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-05-12DOI: 10.1163/19552343-14234019
Jean-Christophe Marcel
Cet article se propose d’examiner comment la notion de « culture de guerre », avancée par certains historiens pour qualifier l’engagement des intellectuels français dans l’Union sacrée contre l’Allemagne dès 1914, se décline dans le cas de Durkheim. À travers l’exemple de son texte de propagande le plus connu : L’Allemagne au-dessus de tout, on se propose de débusquer les arguments sociologiques plus ou moins implicites qu’il mobilise pour dénoncer la « mentalité allemande ». Il en résulte qu’au regard de sa vision de l’évolution des sociétés, la conception du rôle de l’État défendue par l’Allemagne en guerre doit être comprise comme une régression, un « retour vers le primitif », donc comme une énigme sociologique impensée et impensable dans la logique rationaliste qui était la sienne.
{"title":"Durkheim propagandiste ou la justification sociologique de la guerre (Tome 144, 7e Série, n° 1-2, (2022))","authors":"Jean-Christophe Marcel","doi":"10.1163/19552343-14234019","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234019","url":null,"abstract":"\u0000Cet article se propose d’examiner comment la notion de « culture de guerre », avancée par certains historiens pour qualifier l’engagement des intellectuels français dans l’Union sacrée contre l’Allemagne dès 1914, se décline dans le cas de Durkheim. À travers l’exemple de son texte de propagande le plus connu : L’Allemagne au-dessus de tout, on se propose de débusquer les arguments sociologiques plus ou moins implicites qu’il mobilise pour dénoncer la « mentalité allemande ». Il en résulte qu’au regard de sa vision de l’évolution des sociétés, la conception du rôle de l’État défendue par l’Allemagne en guerre doit être comprise comme une régression, un « retour vers le primitif », donc comme une énigme sociologique impensée et impensable dans la logique rationaliste qui était la sienne.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-05-12","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"43301856","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-02-17DOI: 10.1163/19552343-14000070
Grégoire Holtz
L’objet de cet article est d’analyser les récits de bestialité qui se multiplient dans la littérature des XVIe et XVIIe siècles, dans les écrits juridiques, médicaux, polémiques et surtout dans les relations de voyages. Ces anecdotes qui mettent en scène des accouplements, voire des enfantements, entre hommes et bêtes, amènent à questionner les rapports troubles entre l’épistémè de la Renaissance et les savoirs ethnographiques acquis durant cette première époque coloniale, savoirs qui s’imprègnent parfois des récits mythologiques locaux. Inspirées par une perspective anthropomorphique comme par le modèle de la fable, ces anecdotes zoophiles témoignent de la diversité des réflexions sur un possible interrègne, sur les zones de partage instables entre l’homme et l’animal, mais aussi sur la projection de stéréotypes animaliers sur des populations étrangères.
{"title":"« Se mesler avec les bestes brutes »La bestialité dans la littérature des XVIe-XVIIe siècles","authors":"Grégoire Holtz","doi":"10.1163/19552343-14000070","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14000070","url":null,"abstract":"\u0000 L’objet de cet article est d’analyser les récits de bestialité qui se multiplient dans la littérature des XVIe et XVIIe siècles, dans les écrits juridiques, médicaux, polémiques et surtout dans les relations de voyages. Ces anecdotes qui mettent en scène des accouplements, voire des enfantements, entre hommes et bêtes, amènent à questionner les rapports troubles entre l’épistémè de la Renaissance et les savoirs ethnographiques acquis durant cette première époque coloniale, savoirs qui s’imprègnent parfois des récits mythologiques locaux. Inspirées par une perspective anthropomorphique comme par le modèle de la fable, ces anecdotes zoophiles témoignent de la diversité des réflexions sur un possible interrègne, sur les zones de partage instables entre l’homme et l’animal, mais aussi sur la projection de stéréotypes animaliers sur des populations étrangères.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-02-17","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"46767005","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-02-17DOI: 10.1163/19552343-14234018
T. Kang
The Renaissance witnessed a proliferation in medical discourse, pedagogical illustration, and popular rhetoric – what I refer to here as “metaphoric botanies” – comparing the human fœtus, or embryo, to a plant. Far from being a mere linguistic inheritance from ancient medicine, such “metaphoric botanies” not only allowed early moderns to conceive of the unobservable development of the human fœtus, but also emphasized the relation of the mother to the unborn child. Much of the “metaphoric botanies” surrounding the fœtus throughout the Renaissance analogize its development to that of a plant “rooting” itself in the mother’s uterus, through which it receives sustenance. Though feminist scholarship has made the important argument that such language has historically been utilized in debates surrounding abortion, these “botanies” might also be placed within a certain representational tradition, through which it might be understood as a meditation on species-being and -continuation in a period fraught with epistemological and metaphysical uncertainty.
{"title":"Metaphoric BotaniesConjectures on the Renaissance Fœtus","authors":"T. Kang","doi":"10.1163/19552343-14234018","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234018","url":null,"abstract":"\u0000 The Renaissance witnessed a proliferation in medical discourse, pedagogical illustration, and popular rhetoric – what I refer to here as “metaphoric botanies” – comparing the human fœtus, or embryo, to a plant. Far from being a mere linguistic inheritance from ancient medicine, such “metaphoric botanies” not only allowed early moderns to conceive of the unobservable development of the human fœtus, but also emphasized the relation of the mother to the unborn child. Much of the “metaphoric botanies” surrounding the fœtus throughout the Renaissance analogize its development to that of a plant “rooting” itself in the mother’s uterus, through which it receives sustenance. Though feminist scholarship has made the important argument that such language has historically been utilized in debates surrounding abortion, these “botanies” might also be placed within a certain representational tradition, through which it might be understood as a meditation on species-being and -continuation in a period fraught with epistemological and metaphysical uncertainty.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-02-17","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"48341036","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-02-17DOI: 10.1163/19552343-14234017
Dominique Brancher
{"title":"Frontières du vivantTroubles épistémologiques et linguistiques dans l’Europe de la première Modernité","authors":"Dominique Brancher","doi":"10.1163/19552343-14234017","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234017","url":null,"abstract":"","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-02-17","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"46587778","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-02-17DOI: 10.1163/19552343-14000063
Nicolas Corréard
Les lettrés de la Renaissance ayant pris le parti de la miseria hominis ont parfois célébré, dans les pas de Plutarque, une paradoxale dignitas animalis. Vanter l’excellence morale et intellectuelle des animaux ne relève pas seulement de l’exercice rhétorique, mais peut stimuler une observation nouvelle de la réalité animale, dont témoigne le cas de Girolamo Rorario. Poussant d’un degré plus loin le décentrement philosophique, une série de dialogues, comme la Circe de Giambattista Gelli, met en scène la parole critique des bêtes, questionnant les présupposés de l’anthropocentrisme. Qu’il y ait eu matière à des premières polémiques sur l’animal, avant celles qu’engendreront le cartésianisme, le cas de l’Espagne le montre enfin, autour des thèses controversées d’Antonio Gómez Pereira. La notion confuse d’« humanisme » a peut-être occulté, aux yeux de l’historiographie moderne, les profondes remises en cause de l’échelle des êtres qui se jouent à la Renaissance.
{"title":"« Humanisme », ou animalisme ? Controverses sur l’animal à la Renaissance","authors":"Nicolas Corréard","doi":"10.1163/19552343-14000063","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14000063","url":null,"abstract":"\u0000 Les lettrés de la Renaissance ayant pris le parti de la miseria hominis ont parfois célébré, dans les pas de Plutarque, une paradoxale dignitas animalis. Vanter l’excellence morale et intellectuelle des animaux ne relève pas seulement de l’exercice rhétorique, mais peut stimuler une observation nouvelle de la réalité animale, dont témoigne le cas de Girolamo Rorario. Poussant d’un degré plus loin le décentrement philosophique, une série de dialogues, comme la Circe de Giambattista Gelli, met en scène la parole critique des bêtes, questionnant les présupposés de l’anthropocentrisme. Qu’il y ait eu matière à des premières polémiques sur l’animal, avant celles qu’engendreront le cartésianisme, le cas de l’Espagne le montre enfin, autour des thèses controversées d’Antonio Gómez Pereira. La notion confuse d’« humanisme » a peut-être occulté, aux yeux de l’historiographie moderne, les profondes remises en cause de l’échelle des êtres qui se jouent à la Renaissance.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-02-17","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"46876607","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-02-17DOI: 10.1163/19552343-14234015
Marine Bretin-Chabrol
Domaine de réflexion toujours sensible aujourd’hui, l’embryologie donne déjà lieu dans l’Antiquité à de nombreux débats, sous-tendus par deux enjeux principaux. Le premier vise à déterminer comment l’embryon se forme et se développe. Le second est celui de l’acquisition de la vie : le fœtus n’est-il qu’une partie du corps de la mère ou doit-on le considérer comme un être autonome ? À partir de quel moment est-il vivant ? Or, l’analogie entre le fœtus et la plante se trouve au cœur des discussions qui opposent les différentes écoles philosophiques et médicales sur ces questions, et il s’agira de souligner les différentes fonctions et les ambiguïtés de l’image. Utilisée comme l’instrument d’une description, l’analogie entre le fœtus et la plante donne lieu à des conclusions qui divergent radicalement selon les auteurs quant à la question de l’autonomie et de la vie du fœtus. L’analogie savante entre le fœtus et la plante a également permis de mettre au point une trame narrative que l’on retrouve dans les Métamorphoses d’Ovide.
{"title":"Le fœtus comme un arbreUne analogie du discours médical antique","authors":"Marine Bretin-Chabrol","doi":"10.1163/19552343-14234015","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234015","url":null,"abstract":"\u0000 Domaine de réflexion toujours sensible aujourd’hui, l’embryologie donne déjà lieu dans l’Antiquité à de nombreux débats, sous-tendus par deux enjeux principaux. Le premier vise à déterminer comment l’embryon se forme et se développe. Le second est celui de l’acquisition de la vie : le fœtus n’est-il qu’une partie du corps de la mère ou doit-on le considérer comme un être autonome ? À partir de quel moment est-il vivant ? Or, l’analogie entre le fœtus et la plante se trouve au cœur des discussions qui opposent les différentes écoles philosophiques et médicales sur ces questions, et il s’agira de souligner les différentes fonctions et les ambiguïtés de l’image. Utilisée comme l’instrument d’une description, l’analogie entre le fœtus et la plante donne lieu à des conclusions qui divergent radicalement selon les auteurs quant à la question de l’autonomie et de la vie du fœtus. L’analogie savante entre le fœtus et la plante a également permis de mettre au point une trame narrative que l’on retrouve dans les Métamorphoses d’Ovide.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-02-17","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"45481457","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}