Pub Date : 2022-10-20DOI: 10.1163/19552343-14234031
J. Lassègue
La numérisation actuelle du droit permet de revenir sur les liens historiques entre le droit et la logique moderne. En se fondant sur la différence établie par J. Van Heijenoort entre logique «comme calcul» et logique «comme langage», l’article établit des analogies entre différentes interprétations de la logique et différents types de systèmes ou d’instances juridiques : «Common law», systèmes «civils», «cour de cassation», cette dernière notion caractérisant le formalisme hilbertien. Ce formalisme a tenté de réduire la logique «comme langage» à la logique «comme calcul» mais la découverte des limitations internes des formalismes y a mis un terme : d’où le parallèle entre l’échec du programme hilbertien et les difficultés rencontrées dans la numérisation actuelle du droit. Le droit n’est pas réductible à un calcul formel sur des marques écrites : il reste une discipline dans laquelle la parole et le dialogue sont indispensables pour réaliser les buts qu’il s’assigne.
{"title":"Comparer la logique et le droit? Quelques remarques théoriques sur l’usage du numérique en droit (Tome 143, 7e Série, n° 3-4, (2022))","authors":"J. Lassègue","doi":"10.1163/19552343-14234031","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234031","url":null,"abstract":"\u0000 La numérisation actuelle du droit permet de revenir sur les liens historiques entre le droit et la logique moderne. En se fondant sur la différence établie par J. Van Heijenoort entre logique «comme calcul» et logique «comme langage», l’article établit des analogies entre différentes interprétations de la logique et différents types de systèmes ou d’instances juridiques : «Common law», systèmes «civils», «cour de cassation», cette dernière notion caractérisant le formalisme hilbertien. Ce formalisme a tenté de réduire la logique «comme langage» à la logique «comme calcul» mais la découverte des limitations internes des formalismes y a mis un terme : d’où le parallèle entre l’échec du programme hilbertien et les difficultés rencontrées dans la numérisation actuelle du droit. Le droit n’est pas réductible à un calcul formel sur des marques écrites : il reste une discipline dans laquelle la parole et le dialogue sont indispensables pour réaliser les buts qu’il s’assigne.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-10-20","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"44677439","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-10-11DOI: 10.1163/19552343-14234028
F. Constant
L’article propose un aperçu des relations entre le droit et les sciences dans la Chine des Qing (1644-1911), mises en perceptive avec la façon dont ces liens ont été décrits par les historiens de l’Europe moderne. Savoirs scientifiques et savoir juridique découlaient en Chine d’une matrice commune déterminant les conditions d’accès au savoir. Cette théorie de la connaissance, fixée dans les Classiques confucéens, somme d’ouvrages au cœur du curriculum des lettrés et au fondement de l’organisation bureaucratique, était commune à l’ensemble des champs disciplinaires. Se dégageaient ainsi une heuristique ou encore des formes communes de structuration du raisonnement semblables quelles que soient les sciences considérées. Nous illustrons ces points à travers l’étude de plusieurs facettes de l’organisation du savoir juridique, mis au regard des principes structurant le savoir mathématique.
{"title":"Penser le droit dans la Chine des Qing","authors":"F. Constant","doi":"10.1163/19552343-14234028","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234028","url":null,"abstract":"\u0000L’article propose un aperçu des relations entre le droit et les sciences dans la Chine des Qing (1644-1911), mises en perceptive avec la façon dont ces liens ont été décrits par les historiens de l’Europe moderne. Savoirs scientifiques et savoir juridique découlaient en Chine d’une matrice commune déterminant les conditions d’accès au savoir. Cette théorie de la connaissance, fixée dans les Classiques confucéens, somme d’ouvrages au cœur du curriculum des lettrés et au fondement de l’organisation bureaucratique, était commune à l’ensemble des champs disciplinaires. Se dégageaient ainsi une heuristique ou encore des formes communes de structuration du raisonnement semblables quelles que soient les sciences considérées. Nous illustrons ces points à travers l’étude de plusieurs facettes de l’organisation du savoir juridique, mis au regard des principes structurant le savoir mathématique.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-10-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"49650409","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-10-11DOI: 10.1163/19552343-14234026
C. Grignon
On se propose ici d’analyser la démarcation entre science et non science à partir de l’opposition entre savoir et croyance. Dans cette perspective, on est amené à étudier les relations entre le réel et le vrai et entre le réel et le possible, ce qui conduit à préciser le statut épistémologique du réalisme, à examiner les spécificités de l’imagination scientifique et les relations entre invention et découverte. Le progrès des savoirs peut favoriser un retour en force des croyances ; c’est le cas de l’interprétation idéaliste de la physique quantique ou de la dérive relativiste à laquelle donne lieu le relativisme culturel qui est au principe de l’anthropologie et de la sociologie. On examinera pour finir les rapports entre croyance et opinion. Pour combattre la scientophobie, il faut diffuser la science et la populariser. On s’interrogera sur les risques inhérents à la vulgarisation, qui tend par principe à réduire ce que l’on vient de savoir à ce que l’on savait déjà.
{"title":"Savoir et croyance","authors":"C. Grignon","doi":"10.1163/19552343-14234026","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234026","url":null,"abstract":"\u0000On se propose ici d’analyser la démarcation entre science et non science à partir de l’opposition entre savoir et croyance. Dans cette perspective, on est amené à étudier les relations entre le réel et le vrai et entre le réel et le possible, ce qui conduit à préciser le statut épistémologique du réalisme, à examiner les spécificités de l’imagination scientifique et les relations entre invention et découverte. Le progrès des savoirs peut favoriser un retour en force des croyances ; c’est le cas de l’interprétation idéaliste de la physique quantique ou de la dérive relativiste à laquelle donne lieu le relativisme culturel qui est au principe de l’anthropologie et de la sociologie. On examinera pour finir les rapports entre croyance et opinion. Pour combattre la scientophobie, il faut diffuser la science et la populariser. On s’interrogera sur les risques inhérents à la vulgarisation, qui tend par principe à réduire ce que l’on vient de savoir à ce que l’on savait déjà.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":"1 1","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-10-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"41873124","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-09-19DOI: 10.1163/19552343-14234029
J. Coquard
Les arts libéraux tiennent un rôle particulier dans la pensée de Simon Stevin (1548-1620). Grâce à eux, ce savant peut dévoiler dans son épistémologie d’une part ce que sont les dispositions innées de l’esprit (distinguer le vrai du faux, parler, compter) et d’autre part les fondements des objets de la Nature (le nom, le nombre, la mesure et le poids). Un art de penser associe alors l’âme et la Création et permet de codifier les différents arts et l’action vertueuse. Dans cet article, nous voulons montrer le rôle que jouent la dialectique et l’arithmétique dans l’art de penser de ce mathématicien et ingénieur flamand. Nous expliciterons alors les liens entre ces deux disciplines et la mise en place grâce à eux d’outils communs comme la proportion et la méthode dans la réalisation d’un projet encyclopédique.
{"title":"Entre l’âme et la Création. La dialectique et l’arithmétique de Simon Stevin (Tome 143, 7e Série, n° 3-4, (2022))","authors":"J. Coquard","doi":"10.1163/19552343-14234029","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234029","url":null,"abstract":"\u0000Les arts libéraux tiennent un rôle particulier dans la pensée de Simon Stevin (1548-1620). Grâce à eux, ce savant peut dévoiler dans son épistémologie d’une part ce que sont les dispositions innées de l’esprit (distinguer le vrai du faux, parler, compter) et d’autre part les fondements des objets de la Nature (le nom, le nombre, la mesure et le poids). Un art de penser associe alors l’âme et la Création et permet de codifier les différents arts et l’action vertueuse. Dans cet article, nous voulons montrer le rôle que jouent la dialectique et l’arithmétique dans l’art de penser de ce mathématicien et ingénieur flamand. Nous expliciterons alors les liens entre ces deux disciplines et la mise en place grâce à eux d’outils communs comme la proportion et la méthode dans la réalisation d’un projet encyclopédique.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-09-19","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"46274484","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-08-22DOI: 10.1163/19552343-14234025
Emanuele Coco
In his essay From Logos to Mythos, I republished on the twentieth anniversary of its first publication, Most saw in the release of Creuzer’s Symbolik und Mythologie the moment when philology distanced itself from philosophy “refraining strictly from any discussion of what the Greek myths could mean for us, and instead concentrating […] into what the Greek myths could have meant for the Greeks”. This essay analyses the case study offered by the mythological dyad Kronos (Κρόνος) and Chronos (Χρόνος). It highlights some elements that place these two figures at a distance on the philological level but closer on the philosophical one. The essay encourages a dialogue between philological rigour and philosophical use of myth: myth, in its prolificity, is eloquent in every age and a careful understanding of what it meant to the Greeks in its time does not necessarily imply giving up understanding what it may mean to us today.
{"title":"The Birth of Time and Hesiod’s “Emotional Cosmos”. A Multiverse Approach amid Philosophical Instances and Philological Roots (Tome 144, 7e Série, n° 1-2, (2023))","authors":"Emanuele Coco","doi":"10.1163/19552343-14234025","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234025","url":null,"abstract":"\u0000 In his essay From Logos to Mythos, I republished on the twentieth anniversary of its first publication, Most saw in the release of Creuzer’s Symbolik und Mythologie the moment when philology distanced itself from philosophy “refraining strictly from any discussion of what the Greek myths could mean for us, and instead concentrating […] into what the Greek myths could have meant for the Greeks”. This essay analyses the case study offered by the mythological dyad Kronos (Κρόνος) and Chronos (Χρόνος). It highlights some elements that place these two figures at a distance on the philological level but closer on the philosophical one. The essay encourages a dialogue between philological rigour and philosophical use of myth: myth, in its prolificity, is eloquent in every age and a careful understanding of what it meant to the Greeks in its time does not necessarily imply giving up understanding what it may mean to us today.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-08-22","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"44033866","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-08-05DOI: 10.1163/19552343-14234021
Y. André
{"title":"Peut-on penser sans concept en mathématique ? Ou: Quand la mathématique peine avec ses concepts (Tome 144, 7e Série, n°3-4, (2023))","authors":"Y. André","doi":"10.1163/19552343-14234021","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234021","url":null,"abstract":"","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-08-05","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"43777556","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-08-02DOI: 10.1163/19552343-14234024
P. Castel
{"title":"Si le jeune Freud était un neurologue « critique », que cela nous apprend-il sur l’émergence de la psychanalyse ? (Tome 144, 7e Série, n°1-2), (2023)","authors":"P. Castel","doi":"10.1163/19552343-14234024","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234024","url":null,"abstract":"","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-08-02","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"45306883","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-07-26DOI: 10.1163/19552343-14234023
Wiktor Stoczkowski
Claude Lévi-Strauss a souvent souligné l’importance que revêtait pour lui la découverte précoce du marxisme dont l’inspiration l’aurait ensuite constamment accompagné dans son travail d’anthropologue. Cette affirmation est devenue un leitmotiv des travaux consacrés à Lévi-Strauss, sans que personne ne se soit soucié d’en vérifier le bien-fondé. De nombreux indices attestent pourtant que Lévi-Strauss s’est livré à une mystification autobiographique. Afin d’en saisir la signification, l’article se propose de reconstituer le contexte du milieu intellectuel parisien des années 1950, lorsque cette mystification a vu le jour, et d’expliquer les raisons qui ont poussé Lévi-Strauss à entretenir cette fiction encore une trentaine d’années plus tard. Le but de cet argument est de montrer que la ruse autobiographique habilement mise en scène, loin de n’être qu’un obstacle herméneutique, peut également devenir une ressource qui aide à lever le voile sur des pans oubliés de l’histoire.
Claude levi - strauss经常强调早期发现马克思主义对他的重要性,马克思主义的灵感一直伴随着他作为人类学家的工作。这句话成为了李维·施特劳斯作品的主旋律,但没有人费心去验证它的有效性。然而,有许多迹象表明,levi - strauss参与了一场自传体的神秘化。为了理解它的意义,本文试图重建20世纪50年代巴黎知识分子环境的背景,当这种神秘化出现时,并解释为什么列维-施特劳斯在大约30年后仍然保持着这部小说。这一论点的目的是表明,巧妙上演的自传体骗局,不仅是一个解释学上的障碍,也可以成为一种资源,帮助揭开被遗忘的历史部分的面纱。
{"title":"La mystification autobiographique : un problème et une ressource. Le cas de Claude Lévi-Strauss","authors":"Wiktor Stoczkowski","doi":"10.1163/19552343-14234023","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234023","url":null,"abstract":"\u0000Claude Lévi-Strauss a souvent souligné l’importance que revêtait pour lui la découverte précoce du marxisme dont l’inspiration l’aurait ensuite constamment accompagné dans son travail d’anthropologue. Cette affirmation est devenue un leitmotiv des travaux consacrés à Lévi-Strauss, sans que personne ne se soit soucié d’en vérifier le bien-fondé. De nombreux indices attestent pourtant que Lévi-Strauss s’est livré à une mystification autobiographique. Afin d’en saisir la signification, l’article se propose de reconstituer le contexte du milieu intellectuel parisien des années 1950, lorsque cette mystification a vu le jour, et d’expliquer les raisons qui ont poussé Lévi-Strauss à entretenir cette fiction encore une trentaine d’années plus tard. Le but de cet argument est de montrer que la ruse autobiographique habilement mise en scène, loin de n’être qu’un obstacle herméneutique, peut également devenir une ressource qui aide à lever le voile sur des pans oubliés de l’histoire.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-07-26","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"48336659","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2022-07-19DOI: 10.1163/19552343-14234020
S. Roux
Cet article esquisse une généalogie du privilège que le terme concept a acquis en français par rapport à notion et à idée en se fondant non seulement sur les ouvrages des philosophes, mais sur des dictionnaires de langue philosophique. Il comprend quatre parties chronologiques. Après avoir étudié l’introduction des termes concept, notion, idée dans la langue philosophique, la première partie répertorie leurs usages dans les dictionnaires scolastiques du SVIIe siècle. La deuxième montre que Descartes a imposé idée en donnant de ce terme une acception large et que les dictionnaires post-cartésiens la reprenne. La troisième établit que Kant a, contre cette acception large, introduit une distinction entre Begriff et Idee, mais que, initialement, les dictionnaires français refusèrent cette distinction. La quatrième et dernière partie est consacrée à un XXe siècle marqué par l’idéalisme allemand et l’analyse logique : aussi différentes qu’aient été ces deux traditions, elles ont été d’accord pour consacrer la prééminence du terme concept.
{"title":"Une histoire intellectuelle de la tripartition notion, concept, idée selon les dictionnaires philosophiques","authors":"S. Roux","doi":"10.1163/19552343-14234020","DOIUrl":"https://doi.org/10.1163/19552343-14234020","url":null,"abstract":"\u0000Cet article esquisse une généalogie du privilège que le terme concept a acquis en français par rapport à notion et à idée en se fondant non seulement sur les ouvrages des philosophes, mais sur des dictionnaires de langue philosophique. Il comprend quatre parties chronologiques. Après avoir étudié l’introduction des termes concept, notion, idée dans la langue philosophique, la première partie répertorie leurs usages dans les dictionnaires scolastiques du SVIIe siècle. La deuxième montre que Descartes a imposé idée en donnant de ce terme une acception large et que les dictionnaires post-cartésiens la reprenne. La troisième établit que Kant a, contre cette acception large, introduit une distinction entre Begriff et Idee, mais que, initialement, les dictionnaires français refusèrent cette distinction. La quatrième et dernière partie est consacrée à un XXe siècle marqué par l’idéalisme allemand et l’analyse logique : aussi différentes qu’aient été ces deux traditions, elles ont été d’accord pour consacrer la prééminence du terme concept.","PeriodicalId":41264,"journal":{"name":"Revue de Synthese","volume":" ","pages":""},"PeriodicalIF":0.2,"publicationDate":"2022-07-19","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"44146022","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"社会学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}