Objectifs
Les travailleurs exposés à de fortes pressions temporelles, à des tâches monotones et ayant peu de contrôle sur leur emploi du temps présentent des niveaux élevés de stress psychologique. Ainsi la fatigue, les troubles du sommeil et le trouble de stress post-traumatique sont souvent étudiés dans la littérature relative aux difficultés des conducteurs de bus. Au sein du projet Évolutions et Relations En Santé au Travail (EVREST) en Région Auvergne-Rhône-Alpes (France), cette étude a analysé les conditions de travail des conducteurs pour extraire des améliorations susceptibles de prévenir l’usure et la désinsertion professionnelle.
Méthodes
Les signes neuropsychologiques ont été explorés par analyse descriptive puis statistique par régression logistique à effets mixtes. Des facteurs de risque biomécaniques, organisationnels, psychosociaux, ergonomiques et d’autres facteurs relatifs aux conditions de travail aux terminus ont été étudiés. Des scores de cumul de contraintes biomécaniques ; d’intensité du travail ; de ressources psychosociales et d’insatisfaction des relations avec les services de l’entreprise, des conditions de travail aux terminus et de la cabine de conduite ont été construits.
Résultats
Les 674 conducteurs de la population de l’étude (86 % d’hommes) travaillaient dans 15 entreprises : 8 de < 150 salariés, 3 ayant 150 à 499 salariés et 4 de > 500 salariés. Parmi eux, 21 % se plaignaient de fatigue, 13 % d’anxiété et 17 % de troubles du sommeil. Les signes de fatigue, d’anxiété et de troubles du sommeil étaient moins liés aux hommes qu’aux femmes (OR = 0,30 [0,13–0,70]) et bien plus présents en cas d’intensité de travail élevée (OR = 7,77 [2,19–27,53]). Les troubles du sommeil étaient liés à un âge > 50 ans et à une forte intensité du travail (OR = 2,60 [1,16–5,84] et OR = 2,35 [1,26–4,37], respectivement). La fatigue était liée à une forte intensité de travail et à un important manque de ressources psychosociales (OR = 4,31 [2,33–7,95] et OR = 2,01 [1,17–3,47], respectivement). L’anxiété était liée à un important manque de ressources psychosociales (OR = 2,65 [1,29–5,45]).
Conclusions
Sans affirmer des liens de causalité, l’étude a attiré l’attention sur certaines conditions de travail encore peu soupçonnées. L’intensité du travail devra être maîtrisée. Les pratiques de gestion doivent être révisées afin de donner plus d’autonomie et de reconnaissance et d’encourager la coopération, l’apprentissage et la variété des tâches.
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