Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.014
C. Tournoud , S. Sinno-Tellier , S. Michel
<div><h3>Objectif</h3><div>L’ornithogale des Pyrénées ou <em>Loncomelos pyrenaicus</em> (L.) Hrouda ou « asperge des bois » est une plante sauvage réputée comestible de la famille des Asparagaceae. Les centres antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) décrivent depuis plusieurs années des cas de personnes symptomatiques après consommation de ces plantes et ont alerté l’Anses. Une étude réalisée en 2022 et 2023 sur des échantillons de plantes avait permis de donner des éléments de réponse concernant la toxicité de cette plante, en mettant en évidence la présence de raphides d’oxalate de calcium <span><span>[1]</span></span>. Pour essayer de mieux caractériser ce nouveau signal de toxicovigilance, il a été décidé de continuer le suivi des cas en 2025 que nous présentons ici.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude descriptive des cas d’ingestion d’asperges des bois colligés par les CAPTV en 2025.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur l’année 2025, 48 dossiers dont 33 repas collectifs de 2 à 6 convives ont été colligés, correspondant à 100 personnes exposées dont 59 symptomatiques (60 %). Les cas étaient répartis principalement dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et dans le nord-est de la France. Pour 25 repas, il s’agissait d’une cueillette personnelle ou par un tiers, et dans 19 dossiers d’un achat sur un marché, dans un supermarché, ou dans un magasin de primeurs ; dans un cas les asperges avaient été consommées dans un restaurant, la provenance étant inconnue dans 3 dossiers. Les plantes avaient été congelées avant consommation dans 4 dossiers. Le temps de cuisson était compris entre 3 et 30<!--> <!-->minutes. Il y avait une prépondérance féminine des consommateurs (sex-ratio F/H 1,55). La moyenne d’âge était de 48 ans (âge médian 51 ans). Aucune personne n’avait d’allergie alimentaire connue. Parmi les 63 personnes qui avaient mangé ces plantes les années précédentes, 6 avaient présenté des symptômes (d’intensité croissante à chaque consommation pour 4 d’entre elles). Le délai moyen de survenue de symptômes était de 3 à 4<!--> <!-->h. Les symptômes présentés étaient essentiellement ORL, à type de douleur oropharyngée (25 cas, 42 %), odynophagie (20 cas, 34 %), œdème buccal (17 cas, 29 %), dysphagie (14 cas, 24 %), œdème pharyngé (9 cas, 15 %). Mais certains autres symptômes d’allure systémique étaient décrits également : asthénie (8 cas, 14 %), douleurs musculaires (7 cas, 12 %), hyperthermie (3 cas, 5 %). Dix-huit patients ont bénéficié d’une consultation médicale et ont reçu des antihistaminiques et 7 des corticoïdes. Parmi les 59 cas symptomatiques, 22 étaient de gravité moyenne (PSS2 <span><span>[2]</span></span>). Aucun cas de gravité forte n’a été objectivé en 2025 (pour rappel des cas d’œdème de Quincke ont été observés auparavant).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’analyse des cas des CAPTV sur la période 2022–2023 avait mis en évidence 8 repas collectifs correspondant à 20 personnes exposées dont 12 symptomatiques <span>
{"title":"Loncomelos pyrenaicus ou asperges des bois : une toxicité confirmée","authors":"C. Tournoud , S. Sinno-Tellier , S. Michel","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.014","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.014","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>L’ornithogale des Pyrénées ou <em>Loncomelos pyrenaicus</em> (L.) Hrouda ou « asperge des bois » est une plante sauvage réputée comestible de la famille des Asparagaceae. Les centres antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) décrivent depuis plusieurs années des cas de personnes symptomatiques après consommation de ces plantes et ont alerté l’Anses. Une étude réalisée en 2022 et 2023 sur des échantillons de plantes avait permis de donner des éléments de réponse concernant la toxicité de cette plante, en mettant en évidence la présence de raphides d’oxalate de calcium <span><span>[1]</span></span>. Pour essayer de mieux caractériser ce nouveau signal de toxicovigilance, il a été décidé de continuer le suivi des cas en 2025 que nous présentons ici.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude descriptive des cas d’ingestion d’asperges des bois colligés par les CAPTV en 2025.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur l’année 2025, 48 dossiers dont 33 repas collectifs de 2 à 6 convives ont été colligés, correspondant à 100 personnes exposées dont 59 symptomatiques (60 %). Les cas étaient répartis principalement dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et dans le nord-est de la France. Pour 25 repas, il s’agissait d’une cueillette personnelle ou par un tiers, et dans 19 dossiers d’un achat sur un marché, dans un supermarché, ou dans un magasin de primeurs ; dans un cas les asperges avaient été consommées dans un restaurant, la provenance étant inconnue dans 3 dossiers. Les plantes avaient été congelées avant consommation dans 4 dossiers. Le temps de cuisson était compris entre 3 et 30<!--> <!-->minutes. Il y avait une prépondérance féminine des consommateurs (sex-ratio F/H 1,55). La moyenne d’âge était de 48 ans (âge médian 51 ans). Aucune personne n’avait d’allergie alimentaire connue. Parmi les 63 personnes qui avaient mangé ces plantes les années précédentes, 6 avaient présenté des symptômes (d’intensité croissante à chaque consommation pour 4 d’entre elles). Le délai moyen de survenue de symptômes était de 3 à 4<!--> <!-->h. Les symptômes présentés étaient essentiellement ORL, à type de douleur oropharyngée (25 cas, 42 %), odynophagie (20 cas, 34 %), œdème buccal (17 cas, 29 %), dysphagie (14 cas, 24 %), œdème pharyngé (9 cas, 15 %). Mais certains autres symptômes d’allure systémique étaient décrits également : asthénie (8 cas, 14 %), douleurs musculaires (7 cas, 12 %), hyperthermie (3 cas, 5 %). Dix-huit patients ont bénéficié d’une consultation médicale et ont reçu des antihistaminiques et 7 des corticoïdes. Parmi les 59 cas symptomatiques, 22 étaient de gravité moyenne (PSS2 <span><span>[2]</span></span>). Aucun cas de gravité forte n’a été objectivé en 2025 (pour rappel des cas d’œdème de Quincke ont été observés auparavant).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’analyse des cas des CAPTV sur la période 2022–2023 avait mis en évidence 8 repas collectifs correspondant à 20 personnes exposées dont 12 symptomatiques <span>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S89-S90"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145358123","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.016
M. Bellouard , A. Larabi , J.C. Alvarez
Objectif
Les métaux sont ubiquitaires dans l’environnement, à des concentrations variables, souvent faibles jusqu’à l’état d’ultra traces (ppb). Présents naturellement dans la croûte terrestre, l’activité humaine a conduit à une augmentation de leur biodisponibilité dans l’environnement et donc à une exposition majorée de la population générale, source d’une éventuelle toxicité. L’analyse des métaux nécessite le respect des bonnes pratiques de prélèvement, le recueil de milieux biologiques pertinents, ainsi que des techniques performantes afin de détecter des concentrations à l’état de traces.
Méthode
Le choix de la matrice biologique à analyser dépend du métal recherché, du type d’exposition et de la forme chimique. Par exemple, le sang total est le milieu de référence pour la plombémie, tandis que les urines sont préférées pour surveiller l’exposition à l’arsenic, au cadmium, au mercure ou au chrome. De nombreuses techniques analytiques ont été historiquement développées pour le dosage des métaux. La spectrométrie d’absorption atomique (SAA), utilisée pour des analyses ciblées, a désormais été remplacée par des techniques de spectrométrie à plasma à couplage inductif (ICP-MS, ICP-AES), offrant une excellente sensibilité et une capacité multi-élémentaire. Ces méthodes sont la référence aujourd’hui.
Discussion
La fiabilité des résultats repose sur une rigueur méthodologique : prélèvements conformes (tubes sans contaminant métallique), pré-traitements de l’échantillon adaptés, procédures standardisées, prise en charge des interférences en ICP-MS, accréditation des laboratoires et recours à des valeurs de référence issues de cohortes comparables. L’interprétation toxicologique des dosages nécessite de croiser les données biologiques avec les données cliniques et environnementales, en intégrant les valeurs seuils disponibles.
Conclusion
Le dosage des éléments métalliques demeure un challenge analytique et biologique, mais reste un outil indispensable pour objectiver une exposition environnementale, orienter la prise en charge médicale et établir des mesures de gestion de risque à petite et grande échelle.
{"title":"Contamination environnementale : comment doser les métaux ?","authors":"M. Bellouard , A. Larabi , J.C. Alvarez","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.016","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.016","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Les métaux sont ubiquitaires dans l’environnement, à des concentrations variables, souvent faibles jusqu’à l’état d’ultra traces (ppb). Présents naturellement dans la croûte terrestre, l’activité humaine a conduit à une augmentation de leur biodisponibilité dans l’environnement et donc à une exposition majorée de la population générale, source d’une éventuelle toxicité. L’analyse des métaux nécessite le respect des bonnes pratiques de prélèvement, le recueil de milieux biologiques pertinents, ainsi que des techniques performantes afin de détecter des concentrations à l’état de traces.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Le choix de la matrice biologique à analyser dépend du métal recherché, du type d’exposition et de la forme chimique. Par exemple, le sang total est le milieu de référence pour la plombémie, tandis que les urines sont préférées pour surveiller l’exposition à l’arsenic, au cadmium, au mercure ou au chrome. De nombreuses techniques analytiques ont été historiquement développées pour le dosage des métaux. La spectrométrie d’absorption atomique (SAA), utilisée pour des analyses ciblées, a désormais été remplacée par des techniques de spectrométrie à plasma à couplage inductif (ICP-MS, ICP-AES), offrant une excellente sensibilité et une capacité multi-élémentaire. Ces méthodes sont la référence aujourd’hui.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>La fiabilité des résultats repose sur une rigueur méthodologique : prélèvements conformes (tubes sans contaminant métallique), pré-traitements de l’échantillon adaptés, procédures standardisées, prise en charge des interférences en ICP-MS, accréditation des laboratoires et recours à des valeurs de référence issues de cohortes comparables. L’interprétation toxicologique des dosages nécessite de croiser les données biologiques avec les données cliniques et environnementales, en intégrant les valeurs seuils disponibles.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Le dosage des éléments métalliques demeure un challenge analytique et biologique, mais reste un outil indispensable pour objectiver une exposition environnementale, orienter la prise en charge médicale et établir des mesures de gestion de risque à petite et grande échelle.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S91"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365701","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.070
M. Sance , J. Langrand , T. Blaise
<div><h3>Objectif</h3><div>La Guadeloupe et la Martinique abritent une flore extrêmement diversifiée, incluant de nombreuses espèces toxiques, souvent présentes à proximité des habitations et dans les jardins. Le <em>turn-over</em> des professionnels de santé, ainsi que la méconnaissance de la phytothérapie — en général et locale (Rimed razie) — liée à un défaut de formation compliquent le diagnostic précis et la prise en charge adaptée des patients intoxiqués. En outre, les médecins sont confrontés à des guidelines pas toujours adaptées au territoire et à une utilisation importante de plantes aux Antilles <span><span>[1]</span></span>. Dans ce contexte, et face au manque d’études descriptives sur les intoxications par les plantes aux Antilles françaises, il apparaît pertinent de réaliser un inventaire des cas d’intoxications par les plantes dans cette partie de la France.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Une analyse descriptive rétrospective des intoxications par les plantes a été menée à partir de la base SICAP entre 1999 et 2024. Les cas ont été étudiés selon la population touchée, le contexte d’exposition, la gravité (à partir du Poisoning Severity Score) et la symptomatologie associée. La part des intoxications liées à l’utilisation de la phytothérapie locale a été évaluée ainsi que les principales espèces botaniques incriminées.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 499 cas ont été inclus dans l’étude, tous avec une détermination de l’espèce botanique. Les enfants de moins de 6 ans et les adultes de moins de 65 ans représentaient la majorité des patients (respectivement 35 % et 47 %). Les intoxications survenaient principalement dans un contexte accidentel lié à une absence de conscience du danger, et se produisaient le plus souvent au domicile. Les cas étaient globalement peu sévères : seulement 5 % présentaient un PSS<!--> <!-->=<!--> <!-->2 et 1 % un PSS<!--> <!-->=<!--> <!-->3. Les espèces les plus fréquemment impliquées étaient <em>Hippomane mancinella</em> (42 % des cas), suivies des euphorbes et de <em>Ricinus communis</em> (4,4 % chacun). Parmi les cas les plus graves (PSS<!--> <!-->=<!--> <!-->3), les espèces retrouvées étaient principalement <em>Tinospora crispa</em> et <em>Moringa oleifera</em>. À noter que la phytothérapie locale semblait être à l’origine de cas plus sévères, représentant près de 70 % des intoxications graves.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cette étude décrit, pour la première fois, les intoxications aux plantes les plus fréquentes et les plus graves survenues aux Antilles françaises sur une période de plus de 20 ans, à partir de la base de données des CAP. La majorité des intoxications étaient accidentelles, touchant principalement les jeunes enfants et les adultes, le plus souvent par voie orale et par méconnaissance des risques encourus. Les cas graves restaient rares (6 % avec PSS<!--> <!-->≥<!--> <!-->2) et aucun décès n’a été rapporté. Les espèces les plus souvent impliquées étaient
{"title":"Synthèse des cas d’intoxication par les plantes aux Antilles françaises","authors":"M. Sance , J. Langrand , T. Blaise","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.070","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.070","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La Guadeloupe et la Martinique abritent une flore extrêmement diversifiée, incluant de nombreuses espèces toxiques, souvent présentes à proximité des habitations et dans les jardins. Le <em>turn-over</em> des professionnels de santé, ainsi que la méconnaissance de la phytothérapie — en général et locale (Rimed razie) — liée à un défaut de formation compliquent le diagnostic précis et la prise en charge adaptée des patients intoxiqués. En outre, les médecins sont confrontés à des guidelines pas toujours adaptées au territoire et à une utilisation importante de plantes aux Antilles <span><span>[1]</span></span>. Dans ce contexte, et face au manque d’études descriptives sur les intoxications par les plantes aux Antilles françaises, il apparaît pertinent de réaliser un inventaire des cas d’intoxications par les plantes dans cette partie de la France.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Une analyse descriptive rétrospective des intoxications par les plantes a été menée à partir de la base SICAP entre 1999 et 2024. Les cas ont été étudiés selon la population touchée, le contexte d’exposition, la gravité (à partir du Poisoning Severity Score) et la symptomatologie associée. La part des intoxications liées à l’utilisation de la phytothérapie locale a été évaluée ainsi que les principales espèces botaniques incriminées.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 499 cas ont été inclus dans l’étude, tous avec une détermination de l’espèce botanique. Les enfants de moins de 6 ans et les adultes de moins de 65 ans représentaient la majorité des patients (respectivement 35 % et 47 %). Les intoxications survenaient principalement dans un contexte accidentel lié à une absence de conscience du danger, et se produisaient le plus souvent au domicile. Les cas étaient globalement peu sévères : seulement 5 % présentaient un PSS<!--> <!-->=<!--> <!-->2 et 1 % un PSS<!--> <!-->=<!--> <!-->3. Les espèces les plus fréquemment impliquées étaient <em>Hippomane mancinella</em> (42 % des cas), suivies des euphorbes et de <em>Ricinus communis</em> (4,4 % chacun). Parmi les cas les plus graves (PSS<!--> <!-->=<!--> <!-->3), les espèces retrouvées étaient principalement <em>Tinospora crispa</em> et <em>Moringa oleifera</em>. À noter que la phytothérapie locale semblait être à l’origine de cas plus sévères, représentant près de 70 % des intoxications graves.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cette étude décrit, pour la première fois, les intoxications aux plantes les plus fréquentes et les plus graves survenues aux Antilles françaises sur une période de plus de 20 ans, à partir de la base de données des CAP. La majorité des intoxications étaient accidentelles, touchant principalement les jeunes enfants et les adultes, le plus souvent par voie orale et par méconnaissance des risques encourus. Les cas graves restaient rares (6 % avec PSS<!--> <!-->≥<!--> <!-->2) et aucun décès n’a été rapporté. Les espèces les plus souvent impliquées étaient","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S123-S124"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365720","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.033
H. Brunet , C. Paradis , C. Bragança , M. Labadie
<div><h3>Objectifs</h3><div>Apparus dans les années 70, les raticides anticoagulants de longue durée d’action sont présents dans la plupart des foyers. Dérivés de la warfarine, ce sont de puissants anticoagulants de type antivitamine K avec de longues demi-vies <span><span>[1]</span></span>. La Vitamine K (VK) en est l’antidote. En France, il n’existe actuellement aucune donnée épidémiologique recensant ces expositions et aucune prise en charge harmonisée en cas d’ingestion. L’objectif de cette étude est de décrire les cas d’intoxication par les raticides anticoagulants enregistrés dans les centres antipoison français et de proposer un protocole national de prise en charge.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Il s’agit d’une étude multicentrique rétrospective observationnelle analysant les appels reçus par les 8 centres antipoison français concernant les ingestions de raticides anticoagulants, sur la période du 1<sup>er</sup> janvier 2019 au 31 décembre 2023. Les paramètres étudiés ont été : circonstances de l’intoxication, âge, dose supposée ingérée, nature de l’agent en cause, signes cliniques et biologiques, dont le taux de prothrombine (TP), traitement entrepris, évolution, gravité (évaluée selon le Poisoning Severity Score (PSS) et séquelles éventuelles. Les données ont été enregistrées sur un fichier Excel, et des tests statistiques de Chi-2 et de Fischer ont été utilisés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Un total de1217 dossiers ont été inclus. On observe 72,9 % d’exposition accidentelle principalement chez des enfants, et 26,1 % tentatives de suicide surtout chez l’adulte. Il s’agit d’un raticide sous forme faiblement concentrée qui est ingéré dans 92 % des cas. 32 % des doses supposée ingérées (DSI) ont pu être quantifiée, avec une médiane de 0,004<!--> <!-->mg/kg pour les expositions accidentelles et 0,015<!--> <!-->mg/kg pour les tentatives de suicides. 1,8 % des exposés ont présenté un TP<!--> <!-->≤<!--> <!-->60 % ; parmi eux, 36 % ont présenté des symptômes hémorragiques (hématurie, épistaxis, rectorragie, hématome, autres saignements cutanéomuqueux…) ; chez ces patients, la DSI était évaluable dans 22,7 % des cas et supérieure aux médianes des autres expositions ; les traitements antidotiques suivants ont été administrés : VK IV dans 32 % des cas, VK PO 100 %, PPSB 23 %. Certains patients ont été suivis 2<!--> <!-->jours, d’autres plusieurs semaines. Le suivi biologique le plus long à été de 212<!--> <!-->jours. Les cas étaient pour la plupart de gravité faible ou nulle, PSS 0 ou 1, avec seulement 32 cas de gravité moyenne PSS2, et 17 cas de gravité forte PSS3. L’évolution est le plus souvent favorable lorsqu’elle est connue (53 %), il n’y a ni décès, ni séquelle imputable aux intoxications par ces raticides.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La plupart des cas d’expositions étaient bénins, ne nécessitant pas de prise en charge spécifique, notamment chez l’enfant. En cas de prise en charge suivant l’ingestion, l’admini
{"title":"Intoxications aux raticides anticoagulants en France : une étude rétrospective observationnelle à partir des données des centres antipoison français. Proposition d’un protocole de prise en charge","authors":"H. Brunet , C. Paradis , C. Bragança , M. Labadie","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.033","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.033","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectifs</h3><div>Apparus dans les années 70, les raticides anticoagulants de longue durée d’action sont présents dans la plupart des foyers. Dérivés de la warfarine, ce sont de puissants anticoagulants de type antivitamine K avec de longues demi-vies <span><span>[1]</span></span>. La Vitamine K (VK) en est l’antidote. En France, il n’existe actuellement aucune donnée épidémiologique recensant ces expositions et aucune prise en charge harmonisée en cas d’ingestion. L’objectif de cette étude est de décrire les cas d’intoxication par les raticides anticoagulants enregistrés dans les centres antipoison français et de proposer un protocole national de prise en charge.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Il s’agit d’une étude multicentrique rétrospective observationnelle analysant les appels reçus par les 8 centres antipoison français concernant les ingestions de raticides anticoagulants, sur la période du 1<sup>er</sup> janvier 2019 au 31 décembre 2023. Les paramètres étudiés ont été : circonstances de l’intoxication, âge, dose supposée ingérée, nature de l’agent en cause, signes cliniques et biologiques, dont le taux de prothrombine (TP), traitement entrepris, évolution, gravité (évaluée selon le Poisoning Severity Score (PSS) et séquelles éventuelles. Les données ont été enregistrées sur un fichier Excel, et des tests statistiques de Chi-2 et de Fischer ont été utilisés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Un total de1217 dossiers ont été inclus. On observe 72,9 % d’exposition accidentelle principalement chez des enfants, et 26,1 % tentatives de suicide surtout chez l’adulte. Il s’agit d’un raticide sous forme faiblement concentrée qui est ingéré dans 92 % des cas. 32 % des doses supposée ingérées (DSI) ont pu être quantifiée, avec une médiane de 0,004<!--> <!-->mg/kg pour les expositions accidentelles et 0,015<!--> <!-->mg/kg pour les tentatives de suicides. 1,8 % des exposés ont présenté un TP<!--> <!-->≤<!--> <!-->60 % ; parmi eux, 36 % ont présenté des symptômes hémorragiques (hématurie, épistaxis, rectorragie, hématome, autres saignements cutanéomuqueux…) ; chez ces patients, la DSI était évaluable dans 22,7 % des cas et supérieure aux médianes des autres expositions ; les traitements antidotiques suivants ont été administrés : VK IV dans 32 % des cas, VK PO 100 %, PPSB 23 %. Certains patients ont été suivis 2<!--> <!-->jours, d’autres plusieurs semaines. Le suivi biologique le plus long à été de 212<!--> <!-->jours. Les cas étaient pour la plupart de gravité faible ou nulle, PSS 0 ou 1, avec seulement 32 cas de gravité moyenne PSS2, et 17 cas de gravité forte PSS3. L’évolution est le plus souvent favorable lorsqu’elle est connue (53 %), il n’y a ni décès, ni séquelle imputable aux intoxications par ces raticides.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La plupart des cas d’expositions étaient bénins, ne nécessitant pas de prise en charge spécifique, notamment chez l’enfant. En cas de prise en charge suivant l’ingestion, l’admini","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S99-S100"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365841","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.073
S. Sinno-Tellier , J. Hamon , L. De Haro , M. Labadie , A. Maillot , N. Delcourt , R. Curtet , B. Verrat , A. Fouillet
<div><h3>Objectif</h3><div>Le frelon à pattes jaunes ou « frelon asiatique » <em>Vespa velutina nigrithorax</em>, détecté pour la première fois en France en 2004, a colonisé en 20 ans l’ensemble de l’Hexagone. Prédateur de l’abeille domestique, la loi du 15 mars 2025 vise à endiguer sa prolifération pour préserver la filière apicole. Le dernier bilan sanitaire chez l’Homme datant de dix ans <span><span>[1]</span></span>, la Direction générale de la santé a demandé à l’Anses d’analyser en lien avec les Centres antipoison (CAP) et Santé publique France l’évolution des piqûres de frelons à pattes jaunes et des autres hyménoptères (frelons européens, guêpes, abeilles…) à partir de quatre bases de données de santé complémentaires.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude rétrospective des données nationales des CAP (SICAP), des passages aux urgences (réseau OSCOUR®), des hospitalisations (PMSI) et des certificats de décès (CépiDc) pour piqûres d’hyménoptères de 2014 à 2023 inclus. Une même envenimation pouvait être comptée dans plusieurs sources sans qu’il ne soit possible de l’identifier.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 6022 appels aux CAP et 179 141 passages aux urgences (dont 2 % suivis d’une hospitalisation) pour piqûres d’hyménoptères ont été enregistrés. Ces données étaient corrélées dans le temps et dans l’espace. Un plus grand nombre de recours pour piqûres d’hyménoptères était observé en 2018 et 2020 et un moins grand nombre en 2021 et 2023, ainsi que des pics saisonniers en juillet ou août. Lors de l’appel aux CAP, les guêpes (37 %), frelons (à pattes jaunes ou autres) (25 %) puis abeilles (19 %) étaient à l’origine de la piqûre (hyménoptère non renseigné, 19 %). La répartition géographique des piqûres d’hyménoptères était relativement homogène dans tout l’Hexagone. Les piqûres de frelons étaient plus fréquentes dans les régions de l’ouest, du sud-ouest et du sud-est du territoire. Les envenimations par des hyménoptères enregistrées dans le SICAP étaient graves pour 1,5 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->91) d’entre elles, pouvant menacer le pronostic vital ou conduire au décès. Elles étaient le plus souvent dues à des frelons (à pattes jaunes ou autres) (38 %), suivis des abeilles (24 %) et guêpes (22 %) (hyménoptère non renseigné, 16 %). Enfin, une réaction allergique, seule ou associée à des signes toxiques, était décrite dans 89 % des envenimations graves par des hyménoptères. Une seule piqûre avait été suffisante dans près de la moitié des formes graves (48 %), un peu plus souvent en cas de frelons (53 % de piqûre unique). Par ailleurs, 18 213 hospitalisations pour piqûres d’hyménoptères ont été enregistrées, dont 13 % en réanimation (maximum de 17 % en 2023). D’après les données de mortalité, 256 personnes étaient décédées en lien avec une piqûre d’hyménoptère. Une mention de piqûre de frelon (à pattes jaunes ou autres) figurait dans 27 % des certificats de décès (maximum de 43 % en 2023).</div></div><div><h3>Conclusion<
{"title":"Envenimations par des frelons à pattes jaunes et autres hyménoptères en France hexagonale : étude de plusieurs sources de données sanitaires de 2014 à 2023","authors":"S. Sinno-Tellier , J. Hamon , L. De Haro , M. Labadie , A. Maillot , N. Delcourt , R. Curtet , B. Verrat , A. Fouillet","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.073","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.073","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Le frelon à pattes jaunes ou « frelon asiatique » <em>Vespa velutina nigrithorax</em>, détecté pour la première fois en France en 2004, a colonisé en 20 ans l’ensemble de l’Hexagone. Prédateur de l’abeille domestique, la loi du 15 mars 2025 vise à endiguer sa prolifération pour préserver la filière apicole. Le dernier bilan sanitaire chez l’Homme datant de dix ans <span><span>[1]</span></span>, la Direction générale de la santé a demandé à l’Anses d’analyser en lien avec les Centres antipoison (CAP) et Santé publique France l’évolution des piqûres de frelons à pattes jaunes et des autres hyménoptères (frelons européens, guêpes, abeilles…) à partir de quatre bases de données de santé complémentaires.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude rétrospective des données nationales des CAP (SICAP), des passages aux urgences (réseau OSCOUR®), des hospitalisations (PMSI) et des certificats de décès (CépiDc) pour piqûres d’hyménoptères de 2014 à 2023 inclus. Une même envenimation pouvait être comptée dans plusieurs sources sans qu’il ne soit possible de l’identifier.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 6022 appels aux CAP et 179 141 passages aux urgences (dont 2 % suivis d’une hospitalisation) pour piqûres d’hyménoptères ont été enregistrés. Ces données étaient corrélées dans le temps et dans l’espace. Un plus grand nombre de recours pour piqûres d’hyménoptères était observé en 2018 et 2020 et un moins grand nombre en 2021 et 2023, ainsi que des pics saisonniers en juillet ou août. Lors de l’appel aux CAP, les guêpes (37 %), frelons (à pattes jaunes ou autres) (25 %) puis abeilles (19 %) étaient à l’origine de la piqûre (hyménoptère non renseigné, 19 %). La répartition géographique des piqûres d’hyménoptères était relativement homogène dans tout l’Hexagone. Les piqûres de frelons étaient plus fréquentes dans les régions de l’ouest, du sud-ouest et du sud-est du territoire. Les envenimations par des hyménoptères enregistrées dans le SICAP étaient graves pour 1,5 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->91) d’entre elles, pouvant menacer le pronostic vital ou conduire au décès. Elles étaient le plus souvent dues à des frelons (à pattes jaunes ou autres) (38 %), suivis des abeilles (24 %) et guêpes (22 %) (hyménoptère non renseigné, 16 %). Enfin, une réaction allergique, seule ou associée à des signes toxiques, était décrite dans 89 % des envenimations graves par des hyménoptères. Une seule piqûre avait été suffisante dans près de la moitié des formes graves (48 %), un peu plus souvent en cas de frelons (53 % de piqûre unique). Par ailleurs, 18 213 hospitalisations pour piqûres d’hyménoptères ont été enregistrées, dont 13 % en réanimation (maximum de 17 % en 2023). D’après les données de mortalité, 256 personnes étaient décédées en lien avec une piqûre d’hyménoptère. Une mention de piqûre de frelon (à pattes jaunes ou autres) figurait dans 27 % des certificats de décès (maximum de 43 % en 2023).</div></div><div><h3>Conclusion<","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S125"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366142","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.044
C. Bragança , B. Brunet , F. Dubois , H. Legendre
<div><h3>Objectif</h3><div>La prise en charge clinique des intoxications aux cardiotoxiques est assez bien définie pour certains d’entre eux, tels que les toxiques induisant un effet stabilisant de membrane (bêta-bloquants, chloroquine, antiarythmiques de classe Ia, antidépresseurs tricycliques, citalopram, venlafaxine, carbamazépine), les inhibiteurs calciques et la digoxine ; se pose la question de la place des analyses toxicologiques dans les stratégies de prise en charge : quelles molécules rechercher ? Quel type de dosage effectuer ? Quel degré d’urgence au laboratoire (vitale, organisationnelle), quel intérêt en pratique (diagnostique, thérapeutique, pronostique, scientifique ou médico-légal) ?</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>L’analyse repose sur une revue de la littérature via PubMed et les recommandations des sociétés savantes.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Il n’existe aucune étude de bon niveau de preuve ayant évalué l’utilité d’un screening diagnostique systématique chez les patients suspects d’intoxication. Le clinicien confronté à un tableau clinique présumé lié à un cardiotoxique, appuiera sa démarche clinique sur l’état hémodynamique du patient, l’ECG et les examens biologiques classiques : Ph, kaliémie, natrémie, glycémie, lactates, créatininémie. Généralement, le screening a un intérêt diagnostique dans trois situations : lorsque le diagnostic clinique n’est pas établi, si les examens complémentaires sont incompatibles avec l’anamnèse ou dans des situations de défaillance circulatoire et/ou de coma inexpliqué <span><span>[1]</span></span>. Le screening toxicologique devrait néanmoins être, dans la mesure du possible, complété par une analyse quantitative ciblée, permettant la mesure des concentrations sanguines, valeurs les mieux corrélées à la toxicité, et permettant également d’étudier la cinétique de l’intoxication. Les dosages de médicaments dans les intoxications aiguës ne sont utiles que s’ils sont effectués tôt après l’exposition dans le sérum/plasma et peuvent être dosés rapidement et de façon répétée lors de l’élimination de certains toxiques (vérapamil et norverapamil) <span><span>[2]</span></span>. Une digoxinémie précocement dosée a un impact thérapeutique lors d’intoxications à la digoxine, permettant le calcul de la dose d’immunothérapie spécifique nécessaire pour le traitement. On reconnaît une valeur pronostique aux dosages plasmatiques de la carbamazépine, d’(e) (hydroxy) chloroquine, (risque décès faible si <<!--> <!-->10<!--> <!-->mg/L, élevé si ><!--> <!-->10<!--> <!-->mg/L, majeur si ><!--> <!-->20<!--> <!-->mg/L), de la digoxine et du vérapamil (concentration plasmatique à l’admission<!--> <!-->><!--> <!-->5<!--> <!-->μM prédictive de toxicité menaçant le pronostic vital, pouvant entraîner un arrêt cardiaque ou nécessiter une assistance circulatoire <span><span>[3]</span></span>). Le dosage des bêta-bloquants a une faible valeur prédictive. La flécaïne présente une marge thérapeutiqu
{"title":"Faut-il doser les cardiotoxiques ?","authors":"C. Bragança , B. Brunet , F. Dubois , H. Legendre","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.044","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.044","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La prise en charge clinique des intoxications aux cardiotoxiques est assez bien définie pour certains d’entre eux, tels que les toxiques induisant un effet stabilisant de membrane (bêta-bloquants, chloroquine, antiarythmiques de classe Ia, antidépresseurs tricycliques, citalopram, venlafaxine, carbamazépine), les inhibiteurs calciques et la digoxine ; se pose la question de la place des analyses toxicologiques dans les stratégies de prise en charge : quelles molécules rechercher ? Quel type de dosage effectuer ? Quel degré d’urgence au laboratoire (vitale, organisationnelle), quel intérêt en pratique (diagnostique, thérapeutique, pronostique, scientifique ou médico-légal) ?</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>L’analyse repose sur une revue de la littérature via PubMed et les recommandations des sociétés savantes.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Il n’existe aucune étude de bon niveau de preuve ayant évalué l’utilité d’un screening diagnostique systématique chez les patients suspects d’intoxication. Le clinicien confronté à un tableau clinique présumé lié à un cardiotoxique, appuiera sa démarche clinique sur l’état hémodynamique du patient, l’ECG et les examens biologiques classiques : Ph, kaliémie, natrémie, glycémie, lactates, créatininémie. Généralement, le screening a un intérêt diagnostique dans trois situations : lorsque le diagnostic clinique n’est pas établi, si les examens complémentaires sont incompatibles avec l’anamnèse ou dans des situations de défaillance circulatoire et/ou de coma inexpliqué <span><span>[1]</span></span>. Le screening toxicologique devrait néanmoins être, dans la mesure du possible, complété par une analyse quantitative ciblée, permettant la mesure des concentrations sanguines, valeurs les mieux corrélées à la toxicité, et permettant également d’étudier la cinétique de l’intoxication. Les dosages de médicaments dans les intoxications aiguës ne sont utiles que s’ils sont effectués tôt après l’exposition dans le sérum/plasma et peuvent être dosés rapidement et de façon répétée lors de l’élimination de certains toxiques (vérapamil et norverapamil) <span><span>[2]</span></span>. Une digoxinémie précocement dosée a un impact thérapeutique lors d’intoxications à la digoxine, permettant le calcul de la dose d’immunothérapie spécifique nécessaire pour le traitement. On reconnaît une valeur pronostique aux dosages plasmatiques de la carbamazépine, d’(e) (hydroxy) chloroquine, (risque décès faible si <<!--> <!-->10<!--> <!-->mg/L, élevé si ><!--> <!-->10<!--> <!-->mg/L, majeur si ><!--> <!-->20<!--> <!-->mg/L), de la digoxine et du vérapamil (concentration plasmatique à l’admission<!--> <!-->><!--> <!-->5<!--> <!-->μM prédictive de toxicité menaçant le pronostic vital, pouvant entraîner un arrêt cardiaque ou nécessiter une assistance circulatoire <span><span>[3]</span></span>). Le dosage des bêta-bloquants a une faible valeur prédictive. La flécaïne présente une marge thérapeutiqu","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S106-S107"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366152","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.024
P. Revel
<div><h3>Objectif</h3><div>La prise en charge préhospitalière d’un patient intoxiqué est très fréquente. À la fin de l’évaluation téléphonique, se pose toujours la même question : médicalisation ou non ?</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>En pratique, la réponse est le plus souvent négative car il est assez habituel pour un médecin régulateur de faire une évaluation à distance de la gravité d’un appel. Ce tri repose sur l’analyse des 3 fonctions vitales, cardiocirculatoire, respiratoire et neurologique, et peut assez rapidement faire engager le déclenchement d’un SMUR <span><span>[1]</span></span>, <span><span>[2]</span></span>.</div><div>Si la mortalité globale est faible, toute classe de toxique confondu, de l’ordre de 1 %, elle peut s’avérer beaucoup plus importante pour certaines molécules telles que les cardio-toxiques.</div><div>Il convient donc de prendre en compte d’autres paramètres pour mieux guider la décision. Voici les éléments caractéristiques de ces intoxications :</div><div>– très grande variabilité des toxiques, de leurs modes de pénétration, de la durée d’exposition. L’évaluation initiale faite par les équipes de secouristes peut être faussement rassurante car la quasi-totalité des toxidromes sont inconnus de ces personnels. Une médicalisation initiale lèvera plus sûrement le doute ;</div><div>– une association toujours possible notamment dans les intoxications médicamenteuses volontaires dont la recherche exhaustive peut constituer un véritable travail de détective ;</div><div>– l’arrivée de nouvelles molécules tout droit commandées via le darknet prend régulièrement les référents en toxicologie de cours et donc a fortiori, le médecin régulateur ;</div><div>– la notion de cinétique des effets toxiques doit en permanence être associée aux délais et conditions de transport du patient vers le centre de référence. En effet, l’apparition d’une défaillance organique grave, tel qu’un ACR ou un coma, ne devra pas se produire pendant le transport, qu’il soit médicalisé ou non. Il peut exister une « fenêtre » de transfert qu’il ne faut surtout pas rater sous peine de ne plus pouvoir le réaliser dans de bonnes conditions. La parfaite connaissance du territoire départemental mais également régional est indispensable. La mobilisation de moyens de transport rapides héliportés est d’une grande aide ;</div><div>– certaines intoxications collectives posent également un problème logistique :</div><div> <!-->– envoi d’une ou plusieurs équipes de SMUR en soutien des moyens du CODIS ?</div><div> <!-->– établissement d’un point de rassemblement des victimes (PRV) ?</div><div> <!-->– choix de l’évacuation ou non des intoxiqués et par quel moyen ?</div><div>– les différents scores de toxicologie ne semblent pas apporter une aide significative en préhospitalier ;</div><div>– il faut s’avoir, le plus tôt possible, prendre contact avec le CAP local ou national pour caractériser au mieux le risque de dégradation des fonctions vitales, administrer pré
{"title":"Transport d’un patient intoxiqué en préhospitalier, quand médicaliser ?","authors":"P. Revel","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.024","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.024","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La prise en charge préhospitalière d’un patient intoxiqué est très fréquente. À la fin de l’évaluation téléphonique, se pose toujours la même question : médicalisation ou non ?</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>En pratique, la réponse est le plus souvent négative car il est assez habituel pour un médecin régulateur de faire une évaluation à distance de la gravité d’un appel. Ce tri repose sur l’analyse des 3 fonctions vitales, cardiocirculatoire, respiratoire et neurologique, et peut assez rapidement faire engager le déclenchement d’un SMUR <span><span>[1]</span></span>, <span><span>[2]</span></span>.</div><div>Si la mortalité globale est faible, toute classe de toxique confondu, de l’ordre de 1 %, elle peut s’avérer beaucoup plus importante pour certaines molécules telles que les cardio-toxiques.</div><div>Il convient donc de prendre en compte d’autres paramètres pour mieux guider la décision. Voici les éléments caractéristiques de ces intoxications :</div><div>– très grande variabilité des toxiques, de leurs modes de pénétration, de la durée d’exposition. L’évaluation initiale faite par les équipes de secouristes peut être faussement rassurante car la quasi-totalité des toxidromes sont inconnus de ces personnels. Une médicalisation initiale lèvera plus sûrement le doute ;</div><div>– une association toujours possible notamment dans les intoxications médicamenteuses volontaires dont la recherche exhaustive peut constituer un véritable travail de détective ;</div><div>– l’arrivée de nouvelles molécules tout droit commandées via le darknet prend régulièrement les référents en toxicologie de cours et donc a fortiori, le médecin régulateur ;</div><div>– la notion de cinétique des effets toxiques doit en permanence être associée aux délais et conditions de transport du patient vers le centre de référence. En effet, l’apparition d’une défaillance organique grave, tel qu’un ACR ou un coma, ne devra pas se produire pendant le transport, qu’il soit médicalisé ou non. Il peut exister une « fenêtre » de transfert qu’il ne faut surtout pas rater sous peine de ne plus pouvoir le réaliser dans de bonnes conditions. La parfaite connaissance du territoire départemental mais également régional est indispensable. La mobilisation de moyens de transport rapides héliportés est d’une grande aide ;</div><div>– certaines intoxications collectives posent également un problème logistique :</div><div> <!-->– envoi d’une ou plusieurs équipes de SMUR en soutien des moyens du CODIS ?</div><div> <!-->– établissement d’un point de rassemblement des victimes (PRV) ?</div><div> <!-->– choix de l’évacuation ou non des intoxiqués et par quel moyen ?</div><div>– les différents scores de toxicologie ne semblent pas apporter une aide significative en préhospitalier ;</div><div>– il faut s’avoir, le plus tôt possible, prendre contact avec le CAP local ou national pour caractériser au mieux le risque de dégradation des fonctions vitales, administrer pré","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S94-S95"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365704","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.018
F. Squinazi, P. Brochard
Dans un guide publié en juillet 2020 à l’attention des autorités locales, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) identifie les actions possibles, individuelles et collectives, pour réduire les expositions des populations riveraines des sites et sols pollués. Ces préconisations sont établies grâce à la connaissance des sources de pollution, des voies de transfert, des milieux d’exposition des riverains ou usagers du site et des niveaux d’exposition, voire des risques sanitaires associés en lien avec les usages considérés. Les actions auprès des populations concernent les milieux d’exposition (poussières, air intérieur, jardin et plantes potagères, eaux), les usages et la vulnérabilité des personnes. Un logigramme d’aide à la décision renvoie à plusieurs fiches : (1) mesures générales, (2) agriculture (élevage, grandes cultures, maraîchage), ferme urbaine, (3) établissements recevant du public, écoles, parcs, jardins d’enfants, (4) logements collectifs (5) logements individuels, avec ou sans jardin privatif [1]. Le HCSP rappelle qu’une attention particulière devra être portée sur les conditions d’exposition des enfants. Les centres antipoison et de toxicovigilance et les centres de consultations de pathologies professionnelles et environnementales sont aussi à impliquer dans le circuit des informations et investigations autour de ces expositions.
{"title":"Exposition des populations riveraines des sites et sols pollués : les mesures de prévention individuelles et collectives","authors":"F. Squinazi, P. Brochard","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.018","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.018","url":null,"abstract":"<div><div>Dans un guide publié en juillet 2020 à l’attention des autorités locales, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) identifie les actions possibles, individuelles et collectives, pour réduire les expositions des populations riveraines des sites et sols pollués. Ces préconisations sont établies grâce à la connaissance des sources de pollution, des voies de transfert, des milieux d’exposition des riverains ou usagers du site et des niveaux d’exposition, voire des risques sanitaires associés en lien avec les usages considérés. Les actions auprès des populations concernent les milieux d’exposition (poussières, air intérieur, jardin et plantes potagères, eaux), les usages et la vulnérabilité des personnes. Un logigramme d’aide à la décision renvoie à plusieurs fiches : (1) mesures générales, (2) agriculture (élevage, grandes cultures, maraîchage), ferme urbaine, (3) établissements recevant du public, écoles, parcs, jardins d’enfants, (4) logements collectifs (5) logements individuels, avec ou sans jardin privatif <span><span>[1]</span></span>. Le HCSP rappelle qu’une attention particulière devra être portée sur les conditions d’exposition des enfants. Les centres antipoison et de toxicovigilance et les centres de consultations de pathologies professionnelles et environnementales sont aussi à impliquer dans le circuit des informations et investigations autour de ces expositions.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S91-S92"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365923","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.028
K. Tararbit, A. Burbaud, F. Dupuy, E. Hope-Rapp, R. Le Barreau, V. Cailliet
<div><h3>Objectif</h3><div>Une organisation pour répondre aux signalements et alertes.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Afin de répondre à ses missions régaliennes en termes de veille et sécurité sanitaire, de santé environnementale, et d’anticipation, préparation et gestion des crises sanitaires, l’ARS dispose d’un point focal régional, porte d’entrée unique de tous les signalements entrants. Chaque signal réceptionné fait l’objet d’une régulation, d’un enregistrement et d’une transmission vers le service en charge de le gérer et d’y répondre. Une astreinte nuit et week-end, comprenant des cadres administratifs, des médecins et des ingénieurs sanitaires, est organisée pour assurer une réponse 24/7.</div><div>Alerter la plateforme régionale permet, après validation du signal, de réaliser les investigations nécessaires à la compréhension de l’événement et à l’évaluation de sa cinétique dans le temps et l’espace. La définition du niveau de menace pour la santé de la population permet de graduer les mesures de gestion nécessaires et leurs modalités de mise en œuvre. Une organisation de crise impliquant les différents services de l’État peut ainsi être mise en place pour des évènements d’ampleur à cinétique rapide et nécessitant une réponse coordonnée. L’alerte de l’ARS permet aussi d’organiser la communication vers le grand public et d’informer et mobiliser les partenaires et professionnels de santé. Enfin, la Direction générale de la santé peut être mobilisée en cas de risque d’extension locale, de débordement des capacités de prise en charge ou de risque d’impact national ou international. L’alerte de l’ARS permet aussi de renforcer la surveillance sanitaire et les actions de prévention.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Typologie des signaux à transmettre à l’ARS. Tout événement sanitaire ou environnemental susceptible d’avoir un impact sur la santé de la population doit être signalé à l’ARS. Il peut s’agir de maladies à déclaration obligatoire (MDO), des cas groupés d’infections en collectivité, ou d’exposition à des agents biologiques à risque épidémique ou à des agents biologiques non transmissibles. On se situe alors sur le volet du risque épidémique et biologique (REB). Sur le versant environnemental, il peut s’agir de l’exposition à des radiations ou des produits chimiques (risque Nucléaire Radiologique Chimique). Les cas groupés de maladies non transmissibles en collectivités ou milieu de travail doivent aussi faire l’objet d’un signalement à l’ARS.</div><div>De nombreux signaux du champ de la toxicologie, rentrant en particulier dans les domaines d’intervention des centres antipoison et de toxicovigilance et des centres régionaux de pathologies professionnelles et environnementales, relèvent donc d’un signalement à l’ARS. On peut citer par exemple : le saturnisme infantile (MDO), l’intoxication au monoxyde de carbone, les clusters en milieu du travail (ex. cas groupés de cancers à agent suspecté ou non), les accidents d’expos
{"title":"Intoxications : que signaler à l’ARS et pourquoi ?","authors":"K. Tararbit, A. Burbaud, F. Dupuy, E. Hope-Rapp, R. Le Barreau, V. Cailliet","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.028","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.028","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Une organisation pour répondre aux signalements et alertes.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Afin de répondre à ses missions régaliennes en termes de veille et sécurité sanitaire, de santé environnementale, et d’anticipation, préparation et gestion des crises sanitaires, l’ARS dispose d’un point focal régional, porte d’entrée unique de tous les signalements entrants. Chaque signal réceptionné fait l’objet d’une régulation, d’un enregistrement et d’une transmission vers le service en charge de le gérer et d’y répondre. Une astreinte nuit et week-end, comprenant des cadres administratifs, des médecins et des ingénieurs sanitaires, est organisée pour assurer une réponse 24/7.</div><div>Alerter la plateforme régionale permet, après validation du signal, de réaliser les investigations nécessaires à la compréhension de l’événement et à l’évaluation de sa cinétique dans le temps et l’espace. La définition du niveau de menace pour la santé de la population permet de graduer les mesures de gestion nécessaires et leurs modalités de mise en œuvre. Une organisation de crise impliquant les différents services de l’État peut ainsi être mise en place pour des évènements d’ampleur à cinétique rapide et nécessitant une réponse coordonnée. L’alerte de l’ARS permet aussi d’organiser la communication vers le grand public et d’informer et mobiliser les partenaires et professionnels de santé. Enfin, la Direction générale de la santé peut être mobilisée en cas de risque d’extension locale, de débordement des capacités de prise en charge ou de risque d’impact national ou international. L’alerte de l’ARS permet aussi de renforcer la surveillance sanitaire et les actions de prévention.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Typologie des signaux à transmettre à l’ARS. Tout événement sanitaire ou environnemental susceptible d’avoir un impact sur la santé de la population doit être signalé à l’ARS. Il peut s’agir de maladies à déclaration obligatoire (MDO), des cas groupés d’infections en collectivité, ou d’exposition à des agents biologiques à risque épidémique ou à des agents biologiques non transmissibles. On se situe alors sur le volet du risque épidémique et biologique (REB). Sur le versant environnemental, il peut s’agir de l’exposition à des radiations ou des produits chimiques (risque Nucléaire Radiologique Chimique). Les cas groupés de maladies non transmissibles en collectivités ou milieu de travail doivent aussi faire l’objet d’un signalement à l’ARS.</div><div>De nombreux signaux du champ de la toxicologie, rentrant en particulier dans les domaines d’intervention des centres antipoison et de toxicovigilance et des centres régionaux de pathologies professionnelles et environnementales, relèvent donc d’un signalement à l’ARS. On peut citer par exemple : le saturnisme infantile (MDO), l’intoxication au monoxyde de carbone, les clusters en milieu du travail (ex. cas groupés de cancers à agent suspecté ou non), les accidents d’expos","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S96-S97"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366012","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.065
E. Morin, K. Lerouet, A. Descatha, G. Le Roux, M. Legeay
<div><h3>Objectif</h3><div>L’étude « PARAN » vise à décrire les accidents domestiques liés à un agent toxique chez les enfants de moins de 6 ans pris en charge par le centre antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) du Grand Ouest. Elle s’intéresse également à l’approche préventive « Making Every Contact Count » (MECC), mise en œuvre par les professionnels du CAPTV d’Angers.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Il s’agit d’une étude épidémiologique descriptive rétrospective portant sur l’ensemble des appels téléphoniques reçus par le CAPTV du Grand Ouest entre le 1<sup>er</sup> janvier 2020 et le 31 décembre 2024, concernant les accidents domestiques des enfants âgés de 6 mois à 6 ans. Ont été inclus l’ensemble des cas dont les circonstances étaient le défaut de perception du risque ou le déconditionnement ayant lieu dans un domicile. Des données caractérisant les patients, le contexte de l’intoxication, la gravité selon le Poisoning Severity Score (PSS), ont été extraites de la base nationale des cas intoxication. La prévention effectuée a été estimée par une recherche dans les observations du cas, soit de formulations types telles que « faire vomir » « prévention » « donner à boire/avis médical » « éducation » « rincer » « hors de portée » et leurs variantes, soit d’un codage spécifique « #P » suivi d’un numéro. Ce « #P » a été mis en place à partir du printemps 2024 et correspond à une phrase de prévention dispensée par le professionnel de santé du CAP. Les analyses sont restées descriptives.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 57 278 cas ont été analysés pour un taux incidence moyen annuel de 1311/10<sup>5</sup>, l’âge moyen 2,4 ans (±1,2) et un sex-ratio (M/F) de 1,12. La tranche d’âge la plus fréquente est celle des 1 à 3 ans avec plus de 60 % des cas. La répartition géographique est homogène. Au total, 99 % des cas sont de gravité nulle ou faible (PSS 0 ou 1). Les médicaments humains, suivis des produits de nettoyage, des plantes et des produits de cosmétique/hygiène représentaient 65 % des cas, dont 25 % pour les seuls médicaments. Cependant, les cas impliquant des médicaments présentent une gravité moyenne ou forte (PSS 2–3) dans seulement 1 % des situations (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->163/13 906). À l’inverse, bien que la classe des drogues soit la moins fréquente en termes d’exposition, elle concentre 45 % de cas modérés et sévères (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->43/96). La voie orale est la voie d’exposition la plus fréquemment observée (87 % de cas), dont 20 % sont symptomatiques, tandis que la voie oculaire ne représente que 2 % des cas mais dont 85 % de symptomatiques. Environ 10 % de ces situations mènent à une consultation aux urgences. La traçabilité de la prévention est retrouvée dans moins de 1 % des cas mais a été multiplié par 4 depuis la mise en place du codage spécifique « #P ». Toutes les évolutions pour lesquelles l’issue est connue sont favorables sauf pour 1 cas de décès et 3 cas avec séquelles.</div></div><d
{"title":"Intoxications domestiques du jeune enfant de la description à l’approche « Making Every Contact Count »","authors":"E. Morin, K. Lerouet, A. Descatha, G. Le Roux, M. Legeay","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.065","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.065","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>L’étude « PARAN » vise à décrire les accidents domestiques liés à un agent toxique chez les enfants de moins de 6 ans pris en charge par le centre antipoison et de toxicovigilance (CAPTV) du Grand Ouest. Elle s’intéresse également à l’approche préventive « Making Every Contact Count » (MECC), mise en œuvre par les professionnels du CAPTV d’Angers.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Il s’agit d’une étude épidémiologique descriptive rétrospective portant sur l’ensemble des appels téléphoniques reçus par le CAPTV du Grand Ouest entre le 1<sup>er</sup> janvier 2020 et le 31 décembre 2024, concernant les accidents domestiques des enfants âgés de 6 mois à 6 ans. Ont été inclus l’ensemble des cas dont les circonstances étaient le défaut de perception du risque ou le déconditionnement ayant lieu dans un domicile. Des données caractérisant les patients, le contexte de l’intoxication, la gravité selon le Poisoning Severity Score (PSS), ont été extraites de la base nationale des cas intoxication. La prévention effectuée a été estimée par une recherche dans les observations du cas, soit de formulations types telles que « faire vomir » « prévention » « donner à boire/avis médical » « éducation » « rincer » « hors de portée » et leurs variantes, soit d’un codage spécifique « #P » suivi d’un numéro. Ce « #P » a été mis en place à partir du printemps 2024 et correspond à une phrase de prévention dispensée par le professionnel de santé du CAP. Les analyses sont restées descriptives.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 57 278 cas ont été analysés pour un taux incidence moyen annuel de 1311/10<sup>5</sup>, l’âge moyen 2,4 ans (±1,2) et un sex-ratio (M/F) de 1,12. La tranche d’âge la plus fréquente est celle des 1 à 3 ans avec plus de 60 % des cas. La répartition géographique est homogène. Au total, 99 % des cas sont de gravité nulle ou faible (PSS 0 ou 1). Les médicaments humains, suivis des produits de nettoyage, des plantes et des produits de cosmétique/hygiène représentaient 65 % des cas, dont 25 % pour les seuls médicaments. Cependant, les cas impliquant des médicaments présentent une gravité moyenne ou forte (PSS 2–3) dans seulement 1 % des situations (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->163/13 906). À l’inverse, bien que la classe des drogues soit la moins fréquente en termes d’exposition, elle concentre 45 % de cas modérés et sévères (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->43/96). La voie orale est la voie d’exposition la plus fréquemment observée (87 % de cas), dont 20 % sont symptomatiques, tandis que la voie oculaire ne représente que 2 % des cas mais dont 85 % de symptomatiques. Environ 10 % de ces situations mènent à une consultation aux urgences. La traçabilité de la prévention est retrouvée dans moins de 1 % des cas mais a été multiplié par 4 depuis la mise en place du codage spécifique « #P ». Toutes les évolutions pour lesquelles l’issue est connue sont favorables sauf pour 1 cas de décès et 3 cas avec séquelles.</div></div><d","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S120-S121"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366043","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}