Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.059
A. Gouraud , M. Labadie , R. Azzouz , M. Lepelley , J. Bene , J. Cottin , French Poison Control Centers Research Group
<div><h3>Objectif</h3><div>Les surdosages accidentels en 5FU, qu’ils surviennent en raison d’une erreur de programmation de pompe de perfusion ou d’erreurs de calcul de dose, peuvent entraîner une toxicité sévère conduisant au décès du patient. Depuis 2015, l’uridine triacetate (Vistogard) est un antidote proposé dans la prise en charge précoce de ces erreurs. Son évaluation est basée sur une étude mono-bras comparée à une cohorte historique dans laquelle le taux de survie sans antidote a été estimé à 16 % <span><span>[1]</span></span>. Cependant, son accès limité et son coût élevé d’environ 80 000<!--> <!-->€ par traitement, rendent son utilisation inconstante. Nous souhaitons décrire la prise en charge des erreurs d’administration du 5FU en France depuis la mise à disposition de l’antidote.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>L’ensemble des cas enregistrés par les centres antipoison et les centres de pharmacovigilance français sur la période du 01/01/2014 au 13/12/20 ont été extraits et analysés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Après dédoublonnage, 52 cas d’exposition ont été identifiés. Ils concernaient 17 femmes et 35 hommes, d’âge moyen 64,7 ans. Dans tous les cas sauf un il s’agissait d’une erreur de débit de perfusion avec une vitesse de perfusion augmentée d’un facteur multiplicatif allant de 1,2 à 60. L’évolution est connue pour 43 patients, elle est favorable dans 40 cas avec un délai médian de suivi de 18<!--> <!-->jours (2–150). Vingt-six patients ont présenté des symptômes incluant des cytopénies (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8), mucites (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->7), troubles digestifs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11), asthénie (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5). Aucun cas d’atteinte cardiaque n’a été enregistré. L’évaluation du risque à l’aide du score de sévérité proposé par Ma et al. <span><span>[1]</span></span> était possible dans 42 cas dont 38 où l’évolution est connue. Un risque létal était retrouvé dans 25 cas et un risque de toxicité sévère dans 14 cas. Le Vistogard® a été administré dans un délai médian de 48<!--> <!-->h chez 11 patients à risque léthal et 2 patients à risque sévère.</div><div>Trois patients sont décédés, tous avec un lien possible ou probable avec (2 sepsis sur pancytopénie, 1 détresse respiratoire). Tous appartenaient au groupe à risque létal ; 1 patient avait bénéficié de l’antidote. Les taux de survie totaux chez les patients à risque létal sont de 90,9 % avec antidote et 84,6 % dans le groupe soins de support.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les surdosages accidentels de 5FU restent des expositions à risque. À ce jour, l’évaluation du bénéfice du traitement antidotique est seulement basée sur la comparaison à une cohorte historique. Selon son RCP, il serait recommandé dans tous les surdosages en 5FU ou capécitabine indépendamment de la présence de symptômes ou de l’évaluation du score de risque. Malgré les limites liées notamment à la nature rétrospective de notre étude, nos résultats s
{"title":"Prise en charge des surdosages accidentels de 5 fluorouracil (5FU) : place de l’uridine triacetate (Vistogard®)","authors":"A. Gouraud , M. Labadie , R. Azzouz , M. Lepelley , J. Bene , J. Cottin , French Poison Control Centers Research Group","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.059","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.059","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Les surdosages accidentels en 5FU, qu’ils surviennent en raison d’une erreur de programmation de pompe de perfusion ou d’erreurs de calcul de dose, peuvent entraîner une toxicité sévère conduisant au décès du patient. Depuis 2015, l’uridine triacetate (Vistogard) est un antidote proposé dans la prise en charge précoce de ces erreurs. Son évaluation est basée sur une étude mono-bras comparée à une cohorte historique dans laquelle le taux de survie sans antidote a été estimé à 16 % <span><span>[1]</span></span>. Cependant, son accès limité et son coût élevé d’environ 80 000<!--> <!-->€ par traitement, rendent son utilisation inconstante. Nous souhaitons décrire la prise en charge des erreurs d’administration du 5FU en France depuis la mise à disposition de l’antidote.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>L’ensemble des cas enregistrés par les centres antipoison et les centres de pharmacovigilance français sur la période du 01/01/2014 au 13/12/20 ont été extraits et analysés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Après dédoublonnage, 52 cas d’exposition ont été identifiés. Ils concernaient 17 femmes et 35 hommes, d’âge moyen 64,7 ans. Dans tous les cas sauf un il s’agissait d’une erreur de débit de perfusion avec une vitesse de perfusion augmentée d’un facteur multiplicatif allant de 1,2 à 60. L’évolution est connue pour 43 patients, elle est favorable dans 40 cas avec un délai médian de suivi de 18<!--> <!-->jours (2–150). Vingt-six patients ont présenté des symptômes incluant des cytopénies (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8), mucites (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->7), troubles digestifs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11), asthénie (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5). Aucun cas d’atteinte cardiaque n’a été enregistré. L’évaluation du risque à l’aide du score de sévérité proposé par Ma et al. <span><span>[1]</span></span> était possible dans 42 cas dont 38 où l’évolution est connue. Un risque létal était retrouvé dans 25 cas et un risque de toxicité sévère dans 14 cas. Le Vistogard® a été administré dans un délai médian de 48<!--> <!-->h chez 11 patients à risque léthal et 2 patients à risque sévère.</div><div>Trois patients sont décédés, tous avec un lien possible ou probable avec (2 sepsis sur pancytopénie, 1 détresse respiratoire). Tous appartenaient au groupe à risque létal ; 1 patient avait bénéficié de l’antidote. Les taux de survie totaux chez les patients à risque létal sont de 90,9 % avec antidote et 84,6 % dans le groupe soins de support.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les surdosages accidentels de 5FU restent des expositions à risque. À ce jour, l’évaluation du bénéfice du traitement antidotique est seulement basée sur la comparaison à une cohorte historique. Selon son RCP, il serait recommandé dans tous les surdosages en 5FU ou capécitabine indépendamment de la présence de symptômes ou de l’évaluation du score de risque. Malgré les limites liées notamment à la nature rétrospective de notre étude, nos résultats s","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S117"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366146","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.043
N. Fabresse , L. Dufayet
<div><h3>Objectif</h3><div>Ces dernières années, plusieurs travaux ont montré une augmentation des cas d’intoxications pédiatriques liées au cannabis et à la cocaïne. Cette hausse concerne notamment les ingestions accidentelles de cannabis, en particulier sous forme de produits comestibles (« edibles »), qui sont responsables de tableaux cliniques parfois sévères nécessitant une hospitalisation <span><span>[1]</span></span>. Les expositions et intoxications à la cocaïne chez l’enfant, bien que plus rares, sont également de plus en plus rapportées en lien avec l’usage accru de cette substance dans la population adulte <span><span>[2]</span></span>. Chez le jeune enfant, l’exposition peut se faire de multiples manières : exposition in utero, via l’allaitement, administration volontaire (ex : dans un but sédatif), contact rapproché avec les substances (mains, literie, vaisselle), ou encore inhalation de fumée <span><span>[3]</span></span>. Dans ce contexte, l’analyse capillaire apparaît comme un outil privilégié pour distinguer une exposition accidentelle ponctuelle d’une exposition volontaire ou liée à une négligence, puisqu’elle permet le plus souvent de mettre en évidence une exposition chronique et d’en préciser la temporalité, contrairement aux matrices biologiques classiques comme le sang ou l’urine, limitées aux consommations récentes <span><span>[4]</span></span>. Toutefois, l’interprétation des résultats est particulièrement complexe en pédiatrie.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Les cheveux des jeunes enfants sont en effet plus fins et plus poreux que ceux des adultes, ce qui les rend beaucoup plus vulnérables à une contamination externe par la sueur, le sébum ou les particules en suspension dans l’air <span><span>[3]</span></span>. L’incorporation des substances dans la matrice capillaire débute dès la 28<sup>e</sup> semaine de grossesse et les cheveux prélevés chez un nouveau-né dans les dix premiers jours de vie reflètent une exposition in utero. Le duvet néonatal est ensuite progressivement perdu entre 6 et 12 mois de vie, laissant place à la chevelure définitive qui s’installe entre 12 et 16 mois après la naissance <span><span>[5]</span></span>, <span><span>[6]</span></span>.</div><div>Concernant la cocaïne, la simple mise en évidence de la molécule mère ou de son métabolite principal, la benzoylecgonine, ne suffit pas pour conclure à une exposition systémique. Pour limiter le risque de fausse interprétation, il est proposé d’associer plusieurs critères analytiques, tels que le ratio benzoylecgonine/cocaïne ≥<!--> <!-->0,05 et la présence de métabolites spécifiques issus du métabolisme microsomal, comme la norcocaïne et les formes hydroxylées de la benzoylecgonine. Néanmoins, ces seuils demeurent discutés, notamment parce que certaines conditions expérimentales de contamination artificielle peuvent reproduire ces profils analytiques <span><span>[7]</span></span>. La situation est tout aussi délicate pour le cannabis. De nombreu
{"title":"Intérêts et limites de l’analyse toxicologique capillaire chez l’enfant : exemple de la cocaïne et du cannabis","authors":"N. Fabresse , L. Dufayet","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.043","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.043","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Ces dernières années, plusieurs travaux ont montré une augmentation des cas d’intoxications pédiatriques liées au cannabis et à la cocaïne. Cette hausse concerne notamment les ingestions accidentelles de cannabis, en particulier sous forme de produits comestibles (« edibles »), qui sont responsables de tableaux cliniques parfois sévères nécessitant une hospitalisation <span><span>[1]</span></span>. Les expositions et intoxications à la cocaïne chez l’enfant, bien que plus rares, sont également de plus en plus rapportées en lien avec l’usage accru de cette substance dans la population adulte <span><span>[2]</span></span>. Chez le jeune enfant, l’exposition peut se faire de multiples manières : exposition in utero, via l’allaitement, administration volontaire (ex : dans un but sédatif), contact rapproché avec les substances (mains, literie, vaisselle), ou encore inhalation de fumée <span><span>[3]</span></span>. Dans ce contexte, l’analyse capillaire apparaît comme un outil privilégié pour distinguer une exposition accidentelle ponctuelle d’une exposition volontaire ou liée à une négligence, puisqu’elle permet le plus souvent de mettre en évidence une exposition chronique et d’en préciser la temporalité, contrairement aux matrices biologiques classiques comme le sang ou l’urine, limitées aux consommations récentes <span><span>[4]</span></span>. Toutefois, l’interprétation des résultats est particulièrement complexe en pédiatrie.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Les cheveux des jeunes enfants sont en effet plus fins et plus poreux que ceux des adultes, ce qui les rend beaucoup plus vulnérables à une contamination externe par la sueur, le sébum ou les particules en suspension dans l’air <span><span>[3]</span></span>. L’incorporation des substances dans la matrice capillaire débute dès la 28<sup>e</sup> semaine de grossesse et les cheveux prélevés chez un nouveau-né dans les dix premiers jours de vie reflètent une exposition in utero. Le duvet néonatal est ensuite progressivement perdu entre 6 et 12 mois de vie, laissant place à la chevelure définitive qui s’installe entre 12 et 16 mois après la naissance <span><span>[5]</span></span>, <span><span>[6]</span></span>.</div><div>Concernant la cocaïne, la simple mise en évidence de la molécule mère ou de son métabolite principal, la benzoylecgonine, ne suffit pas pour conclure à une exposition systémique. Pour limiter le risque de fausse interprétation, il est proposé d’associer plusieurs critères analytiques, tels que le ratio benzoylecgonine/cocaïne ≥<!--> <!-->0,05 et la présence de métabolites spécifiques issus du métabolisme microsomal, comme la norcocaïne et les formes hydroxylées de la benzoylecgonine. Néanmoins, ces seuils demeurent discutés, notamment parce que certaines conditions expérimentales de contamination artificielle peuvent reproduire ces profils analytiques <span><span>[7]</span></span>. La situation est tout aussi délicate pour le cannabis. De nombreu","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S105-S106"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365799","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.049
M. Benalloum , K. Lakhdar , O. Essaad , M. El Hasnaoui , R. Alkouh , H. Mouhajir , D. Tanani , S. Labib , I. Iken
Objectif
Au Maroc, le recours non médicalisé à des plantes à visée abortive demeure fréquent, notamment sous l’influence d’herboristes. Parmi ces plantes, la coloquinte (Citrullus colocynthis L.), communément appelée « Hadja », est régulièrement utilisée en dépit de sa toxicité bien connue. Toutefois, les cas d’intoxication documentés liés à cette pratique restent rares dans la littérature. Nous rapportons ici un cas d’intoxication aiguë chez une femme enceinte, suite à l’ingestion de Citrullus colocynthis L. dans un but abortif.
Cas clinique
Une patiente âgée de 32 ans, sans antécédent médicaux particuliers, a été admise pour une diarrhée sanglante survenue après l’ingestion d’une décoction végétale à visée abortive. La patiente, multipare (G4-P4), avec un retard de règles estimé à six semaines, avait consommé 50 mL d’une préparation contenant environ 50 g de chair fraîche de Citrullus colocynthis L. bouillie dans 500 mL d’eau. Les symptômes sont apparus une heure après l’ingestion, associant asthénie, vertiges et diarrhée hémorragique. À l’admission, la patiente était consciente, stable sur les plans hémodynamique et respiratoire. L’examen clinique objectivait une sensibilité abdominale diffuse et la présence de sang au toucher rectal. Le bilan biologique montrait une hyperleucocytose à 15 000/mm3, une cytolyse hépatique modérée (ASAT : 95 UI/L, ALAT : 141 UI/L) et une CRP à 42 mg/L. La fonction rénale était conservée. Le test β-HCG était positif, confirmant une grossesse évolutive (476 mUI/mL). La rectosigmoïdoscopie révélait une rectite inflammatoire. L’échographie obstétricale ne montrait pas d’embryon visible, mais la grossesse était toujours en cours. Un traitement symptomatique associé à une réhydratation a été instauré. L’évolution a été favorable, avec une résolution des symptômes digestifs en trois jours. La patiente a quitté l’hôpital après quatre jours d’hospitalisation. Un mois après l’intoxication, la grossesse était toujours évolutive.
Conclusion
Ce cas illustre les risques liés à l’utilisation de Citrullus colocynthis L dans un but abortif. La toxicité de cette plante est bien documentée, elle renferme des curcubitacines, triterpènes tétracycliques, aux propriétés purgatives drastiques [1]. L’ingestion de la coloquinte provoque des vomissements et des diarrhées profuses parfois sanglantes pouvant engager le pronostic vital sans pour autant garantir l’interruption de la grossesse. Cette pratique est encore fréquente surtout dans le milieu rural marocain, d’où l’importance de l’éducation et la sensibilisation aux dangers de l’utilisation des remèdes de la pharmacopée traditionnelle.
在摩洛哥,未经治疗的堕胎药物的使用仍然很普遍,特别是在草药医生的影响下。在这些植物中,石竹(Citrullus colocynthis L.),通常被称为“Hadja”,尽管它的毒性是众所周知的,但经常被使用。然而,文献中记录的与这种做法有关的中毒案例仍然很少。在这里,我们报道了一个孕妇急性中毒的案例,由于摄入柠檬酸colocynthis L.流产。一名32岁的患者,无特殊病史,因服用植物流产汤剂后出现带血腹泻入院。据估计,月经延迟6周的多对(G4-P4)患者服用了50毫升含有约50克新鲜香橼果肉的制剂,在500毫升水中煮沸。摄入后一小时出现症状,包括哮喘、头晕和出血性腹泻。入院时,患者意识清醒,血流动力学和呼吸稳定。临床检查显示腹部有弥漫性敏感性,直肠有血。生物平衡显示白细胞增多(15,000 /mm3),中度肝细胞溶解(ASAT: 95 IU /L, ALAT: 141 IU /L), CRP为42 mg/L。肾脏功能被保留。β-HCG检测呈阳性,确认进化妊娠(476 mUI/mL)。直肠镜检查显示有炎症性直肠炎。产科超声波显示没有可见的胚胎,但怀孕仍在进行中。已经引入了与补液相关的对症治疗。进展良好,消化症状在3天内消失。她住院四天后出院。妊娠中毒后一个月,仍在演进。本案例说明了在堕胎中使用香橼L的风险。这种植物的毒性有很好的文献记载,它含有姜黄素,四环三萜,具有剧烈的通便特性[1]。摄入菊苣会导致严重的、有时是血腥的呕吐和腹泻,这可能会影响生命的预后,但不能保证终止妊娠。这种做法仍然很普遍,特别是在摩洛哥农村地区,这就是为什么教育和提高对使用传统药典药物的危险的认识很重要。
{"title":"Intoxication aiguë par la plante « Hadja » dans un but abortif","authors":"M. Benalloum , K. Lakhdar , O. Essaad , M. El Hasnaoui , R. Alkouh , H. Mouhajir , D. Tanani , S. Labib , I. Iken","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.049","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.049","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Au Maroc, le recours non médicalisé à des plantes à visée abortive demeure fréquent, notamment sous l’influence d’herboristes. Parmi ces plantes, la coloquinte (<em>Citrullus colocynthis</em> L.), communément appelée « <em>Hadja</em> », est régulièrement utilisée en dépit de sa toxicité bien connue. Toutefois, les cas d’intoxication documentés liés à cette pratique restent rares dans la littérature. Nous rapportons ici un cas d’intoxication aiguë chez une femme enceinte, suite à l’ingestion de <em>Citrullus colocynthis</em> L. dans un but abortif.</div></div><div><h3>Cas clinique</h3><div>Une patiente âgée de 32 ans, sans antécédent médicaux particuliers, a été admise pour une diarrhée sanglante survenue après l’ingestion d’une décoction végétale à visée abortive. La patiente, multipare (G4-P4), avec un retard de règles estimé à six semaines, avait consommé 50<!--> <!-->mL d’une préparation contenant environ 50<!--> <!-->g de chair fraîche de <em>Citrullus colocynthis</em> L. bouillie dans 500<!--> <!-->mL d’eau. Les symptômes sont apparus une heure après l’ingestion, associant asthénie, vertiges et diarrhée hémorragique. À l’admission, la patiente était consciente, stable sur les plans hémodynamique et respiratoire. L’examen clinique objectivait une sensibilité abdominale diffuse et la présence de sang au toucher rectal. Le bilan biologique montrait une hyperleucocytose à 15 000/mm<sup>3</sup>, une cytolyse hépatique modérée (ASAT : 95<!--> <!-->UI/L, ALAT : 141<!--> <!-->UI/L) et une CRP à 42<!--> <!-->mg/L. La fonction rénale était conservée. Le test β-HCG était positif, confirmant une grossesse évolutive (476<!--> <!-->mUI/mL). La rectosigmoïdoscopie révélait une rectite inflammatoire. L’échographie obstétricale ne montrait pas d’embryon visible, mais la grossesse était toujours en cours. Un traitement symptomatique associé à une réhydratation a été instauré. L’évolution a été favorable, avec une résolution des symptômes digestifs en trois jours. La patiente a quitté l’hôpital après quatre jours d’hospitalisation. Un mois après l’intoxication, la grossesse était toujours évolutive.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Ce cas illustre les risques liés à l’utilisation de <em>Citrullus colocynthis</em> L dans un but abortif. La toxicité de cette plante est bien documentée, elle renferme des curcubitacines, triterpènes tétracycliques, aux propriétés purgatives drastiques <span><span>[1]</span></span>. L’ingestion de la coloquinte provoque des vomissements et des diarrhées profuses parfois sanglantes pouvant engager le pronostic vital sans pour autant garantir l’interruption de la grossesse. Cette pratique est encore fréquente surtout dans le milieu rural marocain, d’où l’importance de l’éducation et la sensibilisation aux dangers de l’utilisation des remèdes de la pharmacopée traditionnelle.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S111"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365840","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.067
O. Raouani , N. Badrane , N. Dahbi , H. Sefiani , A. El Got
Objectif
La consommation de crack représente un problème croissant de santé publique à l’échelle mondiale. Au Maroc, une variante locale, connue sous le nom de Bouffa, a émergé au cours des dernières années dans plusieurs grandes villes. Issue de résidus de cocaïne transformés artisanalement avec des produits chimiques locaux (solvants, ammoniaques, impuretés), cette substance est particulièrement préoccupante par sa toxicité, son faible coût et son accessibilité aux jeunes vulnérables. Les services d’addictologie de Casablanca estiment suivre actuellement entre 200 et 300 cas, avec une tendance nette à la hausse depuis 2023. Si ses effets psychiatriques sont régulièrement observés en clinique [1], aucun dispositif formel de déclaration n’est en place. Cette étude vise à décrire les effets neuropsychiatriques liés à la consommation régulière de Bouffa et à recueillir le point de vue des professionnels de santé sur la prise en charge.
Méthode
Une étude descriptive rétrospective a été conduite entre janvier et mai 2024 au centre d’addictologie de Sidi Moumen (Casablanca). Sur 45 dossiers de patients adultes usagers réguliers de Bouffa, 33 complets ont été retenus pour l’analyse. Les données cliniques ont été recueillies à partir des dossiers médicaux et complétées par des entretiens semi-dirigés. L’évaluation neurocognitive a été réalisée avec le Montreal Cognitive Assessment (MoCA ; score seuil < 26 ; durée moyenne 10–15 minutes). Les analyses statistiques ont été effectuées à l’aide du test de corrélation de Pearson. Par ailleurs, un questionnaire structuré a été administré à 25 professionnels de santé pour documenter leurs pratiques de surveillance et de prise en charge.
Résultats
La majorité des consommateurs étaient des hommes (94,0 %), âgés de 27,0 ans en moyenne, avec une première consommation vers 17,5 ans. Près de la moitié (48,0 %) présentaient des troubles psychiatriques sévères, principalement psychotiques, dépressifs ou anxieux. Des troubles cognitifs ont été observés chez 36,0 % et des idées suicidaires chez 19,0 %. Plus de la moitié (57,0 %) ont rapporté des épisodes de violence ou d’accidents. Des corrélations significatives mais modérées ont été retrouvées, sans valeur causale. Aucun professionnel n’a déclaré de notification formelle ; 84,0 % ont exprimé le besoin de protocoles adaptés.
Conclusion
Cette étude souligne la sévérité des troubles neuropsychiatriques associés à la consommation de bouffa, ainsi que le manque de dispositifs formels de déclaration. Elle appelle à la mise en place urgente d’une toxicovigilance dédiée aux substances psychoactives émergentes, en particulier celles touchant les jeunes des zones défavorisées.
{"title":"Bouffa au Maroc : étude des effets neuropsychiatriques et retour d’expérience des professionnels de santé – cas de Casablanca","authors":"O. Raouani , N. Badrane , N. Dahbi , H. Sefiani , A. El Got","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.067","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.067","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La consommation de crack représente un problème croissant de santé publique à l’échelle mondiale. Au Maroc, une variante locale, connue sous le nom de Bouffa, a émergé au cours des dernières années dans plusieurs grandes villes. Issue de résidus de cocaïne transformés artisanalement avec des produits chimiques locaux (solvants, ammoniaques, impuretés), cette substance est particulièrement préoccupante par sa toxicité, son faible coût et son accessibilité aux jeunes vulnérables. Les services d’addictologie de Casablanca estiment suivre actuellement entre 200 et 300 cas, avec une tendance nette à la hausse depuis 2023. Si ses effets psychiatriques sont régulièrement observés en clinique <span><span>[1]</span></span>, aucun dispositif formel de déclaration n’est en place. Cette étude vise à décrire les effets neuropsychiatriques liés à la consommation régulière de Bouffa et à recueillir le point de vue des professionnels de santé sur la prise en charge.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Une étude descriptive rétrospective a été conduite entre janvier et mai 2024 au centre d’addictologie de Sidi Moumen (Casablanca). Sur 45 dossiers de patients adultes usagers réguliers de Bouffa, 33 complets ont été retenus pour l’analyse. Les données cliniques ont été recueillies à partir des dossiers médicaux et complétées par des entretiens semi-dirigés. L’évaluation neurocognitive a été réalisée avec le Montreal Cognitive Assessment (MoCA ; score seuil<!--> <!--><<!--> <!-->26 ; durée moyenne 10–15<!--> <!-->minutes). Les analyses statistiques ont été effectuées à l’aide du test de corrélation de Pearson. Par ailleurs, un questionnaire structuré a été administré à 25 professionnels de santé pour documenter leurs pratiques de surveillance et de prise en charge.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La majorité des consommateurs étaient des hommes (94,0 %), âgés de 27,0 ans en moyenne, avec une première consommation vers 17,5 ans. Près de la moitié (48,0 %) présentaient des troubles psychiatriques sévères, principalement psychotiques, dépressifs ou anxieux. Des troubles cognitifs ont été observés chez 36,0 % et des idées suicidaires chez 19,0 %. Plus de la moitié (57,0 %) ont rapporté des épisodes de violence ou d’accidents. Des corrélations significatives mais modérées ont été retrouvées, sans valeur causale. Aucun professionnel n’a déclaré de notification formelle ; 84,0 % ont exprimé le besoin de protocoles adaptés.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cette étude souligne la sévérité des troubles neuropsychiatriques associés à la consommation de bouffa, ainsi que le manque de dispositifs formels de déclaration. Elle appelle à la mise en place urgente d’une toxicovigilance dédiée aux substances psychoactives émergentes, en particulier celles touchant les jeunes des zones défavorisées.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S122"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365848","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.026
W. Caré
Objectif
En contexte chimique, la décontamination permet de prévenir la toxicité et d’éviter le risque de contamination secondaire. En cas de contamination par un agent persistant, la décontamination d’urgence est systématiquement suivie d’une décontamination approfondie. L’objectif était de proposer une procédure de décontamination d’urgence en situation dégradée, c’est-à-dire lorsque les moyens dédiés, y compris l’eau, ne sont pas disponibles.
Méthode
Revue de la littérature en français et en anglais.
Résultats
La décontamination d’urgence comprend un déshabillage partiel et une décontamination des zones corporelles exposées au moyen de techniques simples et rapides. Lors du déshabillage, la quantité d’agent qui peut être enlevée est proportionnelle à la quantité de vêtements portés lors l’exposition et à la trajectoire de l’exposition. En l’absence de disponibilité de moyens commerciaux, la décontamination improvisée non aqueuse peut être réalisée immédiatement après l’exposition et en toutes circonstances. Le choix doit se porter en priorité sur les matériaux absorbants dont l’efficacité attendue est la plus élevée : protection hygiénique ou d’incontinence, couche pour bébé, pansements absorbants, essuie-tout/mouchoirs en papier/papier toilette, ouate, tissu en coton. En l’absence de produit industriel disponible, l’utilisation du sol est envisagée. La méthode d’application la plus efficace est la combinaison du tamponnement (10 secondes) et de l’essuyage (10 secondes). La décontamination non aqueuse improvisée est moins efficace pour éliminer l’agent dans les zones difficiles à atteindre et les zones pileuses.
Conclusion
À l’exception des cas de contamination par un agent corrosif, où la décontamination aqueuse est à réaliser en urgence, la décontamination non aqueuse est au moins aussi efficace que la décontamination aqueuse, en particulier lorsqu’il s’agit de contaminants liquides. L’efficacité dépend des propriétés physico-chimiques de l’agent, de sa phase (efficacité moindre pour les particules), de la quantité déposée, du délai entre l’exposition et la décontamination, de la durée du processus de décontamination et du site anatomique concerné.
在化学环境中,去污可以防止毒性和避免二次污染的风险。受到污染的情况下被一名紧急、持续净化之后总是彻底净化。这样做的目的是提出一种净化程序的紧急局势恶化,即当强制的手段,包括水、不可用。MethodeRevue de la literature en francais和en francais。RésultatsLa紧急清污剥离部分和一个包括人身危险地区的净化技术通过简单和快捷。在脱衣过程中,可以去除的物质数量与暴露时穿的衣服数量和暴露路径成正比。在没有商业手段的情况下,在任何情况下,都可以在接触后立即进行非水的临时去污。选择应该集中在预期吸收材料,其效率是最高的:保护厕或失禁、婴儿、敷料吸水层厨房纸巾/卫生纸、棉絮、纯棉布料。在没有可用的工业产品的情况下,考虑使用土地。施用方法最有效的方法是结合l’essuyage抛光(10秒)和(10秒)。在难以到达的地区和脱发地区,临时的非水去污效果较差。结论除需要紧急进行水去污的腐蚀剂污染外,非水去污至少与水去污一样有效,特别是在涉及液体污染物时。效力取决于制剂的物理化学性质、相(对颗粒的效力较低)、沉积量、接触到去污的时间、去污过程的持续时间以及所涉及的解剖部位。
{"title":"Décontamination d’urgence en situation dégradée","authors":"W. Caré","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.026","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.026","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>En contexte chimique, la décontamination permet de prévenir la toxicité et d’éviter le risque de contamination secondaire. En cas de contamination par un agent persistant, la décontamination d’urgence est systématiquement suivie d’une décontamination approfondie. L’objectif était de proposer une procédure de décontamination d’urgence en situation dégradée, c’est-à-dire lorsque les moyens dédiés, y compris l’eau, ne sont pas disponibles.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Revue de la littérature en français et en anglais.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La décontamination d’urgence comprend un déshabillage partiel et une décontamination des zones corporelles exposées au moyen de techniques simples et rapides. Lors du déshabillage, la quantité d’agent qui peut être enlevée est proportionnelle à la quantité de vêtements portés lors l’exposition et à la trajectoire de l’exposition. En l’absence de disponibilité de moyens commerciaux, la décontamination improvisée non aqueuse peut être réalisée immédiatement après l’exposition et en toutes circonstances. Le choix doit se porter en priorité sur les matériaux absorbants dont l’efficacité attendue est la plus élevée : protection hygiénique ou d’incontinence, couche pour bébé, pansements absorbants, essuie-tout/mouchoirs en papier/papier toilette, ouate, tissu en coton. En l’absence de produit industriel disponible, l’utilisation du sol est envisagée. La méthode d’application la plus efficace est la combinaison du tamponnement (10 secondes) et de l’essuyage (10 secondes). La décontamination non aqueuse improvisée est moins efficace pour éliminer l’agent dans les zones difficiles à atteindre et les zones pileuses.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>À l’exception des cas de contamination par un agent corrosif, où la décontamination aqueuse est à réaliser en urgence, la décontamination non aqueuse est au moins aussi efficace que la décontamination aqueuse, en particulier lorsqu’il s’agit de contaminants liquides. L’efficacité dépend des propriétés physico-chimiques de l’agent, de sa phase (efficacité moindre pour les particules), de la quantité déposée, du délai entre l’exposition et la décontamination, de la durée du processus de décontamination et du site anatomique concerné.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S95"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366009","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.035
E. Tireau , A. Descatha , M. Deguigne
<div><h3>Objectif</h3><div>La tropatépine est un médicament antiparkinsonien qui agit par antagonisme muscarinique et peut être à l’origine d’un délire anticholinergique en cas de surdosage. Deux antidotes (néostigmine et physostigmine) sont actuellement disponibles sur le marché pour la prise en charge de l’intoxication à la tropatépine. L’objectif de cette étude est de décrire les intoxications à la tropatépine et de comparer la prise en charge des patients avec néostigmine ou physotigmine.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Cette étude épidémiologique, rétrospective et multicentrique porte sur l’ensemble des intoxications volontaires (mono et polyintoxications) par la tropatépine signalées aux centres antipoison français entre le 1<sup>er</sup> janvier 2000 et le 13 juillet 2023. La relation entre la réduction des signes anticholinergiques et les facteurs de risque associés (antidote utilisé et dose ingérée) a été évaluée par régression logistique uni- et multivariée.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 458 cas d’intoxication par la tropatépine ont été inclus. Près de la moitié des patients (46,7 %) présentaient des signes anticholinergiques périphériques et 22,3 % des signes anticholinergiques centraux. Pour les patients ayant ingéré de la tropatépine seule (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->94), 30,8 % présentaient une agitation ou un délire. Parmi ceux qui ont signalé des signes anticholinergiques centraux, leur durée moyenne était de 29,4 (±21,1) heures. Un quart des patients (25,1 %) ont nécessité des soins intensifs. Cette agitation a été traitée par sédation chez 27 % des patients, par contention physique chez 5,3 %, par néostigmine et physostigmine chez 5,5 et 2,8 % respectivement. Aucun effet indésirable n’a été observé après l’administration de l’antidote. Chez 74 % des patients traités par la néostigmine, il n’y a pas eu d’amélioration des signes centraux, alors que 100 % des patients ont répondu favorablement à la physostigmine (amélioration partielle ou totale). Après ajustement en fonction de la dose ingérée, la résolution complète des signes anticholinergiques centraux était significativement plus élevée chez les patients traités par la physostigmine que chez ceux traités par la néostigmine (OR 6,61 [1,00 ; 44,94], <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0499).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Le surdosage en tropatépine est fréquemment associé à un syndrome anticholinergique sévère et prolongé. La physostigmine est un inhibiteur de l’acétylcholinestérase d’action périphérique et centrale qui augmente les concentrations synaptiques d’acétylcholine. Notre étude montre une supériorité significative de la physostigmine sur la néostigmine dans la régression des signes anticholinergiques centraux. Cette supériorité s’explique par le fait que la néostigmine ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique. La physostigmine est encore peu utilisée mais elle semble bien tolérée et efficace pour contrôler le syndrome anticholinergiq
托帕特平是一种抗帕金森氏症药物,它通过肌肉痉挛拮抗作用,如果过量服用,可能会导致抗胆碱能性妄想。目前市场上有两种解毒剂(新stigmin和physostigmin)用于治疗托帕平中毒。本研究的目的是描述托帕平中毒,并比较新斯蒂明或菲索替明对患者的管理。方法这项回顾性多中心流行病学研究涵盖了2000年1月1日至2023年7月13日期间法国中毒控制中心报告的托帕平自愿性中毒(单一和多中毒)的所有情况。通过单变量和多变量逻辑回归评估了抗胆碱能症状减少与相关风险因素(使用的解毒剂和摄入的剂量)之间的关系。结果共包括458例托巴平中毒病例。近一半(46.7%)患者有外周抗胆碱能迹象,22.3%有中枢抗胆碱能迹象。在单独服用托帕平(n = 94)的患者中,30.8%出现躁动或谵妄。那些报告中枢抗胆碱能体征的人,其平均持续时间为29.4(±21.1)小时。四分之一(25.1%)的患者需要重症监护。27%的患者接受镇静治疗,5.3%接受物理抑制治疗,5.5%接受新斯蒂明治疗,2.8%接受物理抑制治疗。使用解毒剂后未观察到不良反应。在接受新斯蒂明治疗的患者中,74%的患者中心体征没有改善,而100%的患者对物理斯蒂明反应良好(部分或全部改善)。根据摄入剂量进行调整后,接受physostigmin治疗的患者中枢抗胆碱能体征的总分辨率明显高于接受neostigmin治疗的患者(OR 6,61 [1.00; 44.94], p = 0.0499)。过量服用托伐他平通常与严重和长期的抗胆碱能综合征有关。Physostigmine是一种外周和中枢作用的乙酰胆碱酯酶抑制剂,可增加乙酰胆碱的突触浓度。我们的研究表明,在中枢抗胆碱能体征的逆转方面,植物stigmin比新stigmin有显著优势。这种优势可以解释为新粘菌素不穿过血脑屏障。Physostigmin目前还没有被广泛使用,但它似乎在控制托帕平引起的中枢抗胆碱能综合征方面耐受性良好,比新stigmin更有效。
{"title":"Physostigmine versus néostigmine dans la prise en charge des intoxications par tropatépine","authors":"E. Tireau , A. Descatha , M. Deguigne","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.035","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.035","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La tropatépine est un médicament antiparkinsonien qui agit par antagonisme muscarinique et peut être à l’origine d’un délire anticholinergique en cas de surdosage. Deux antidotes (néostigmine et physostigmine) sont actuellement disponibles sur le marché pour la prise en charge de l’intoxication à la tropatépine. L’objectif de cette étude est de décrire les intoxications à la tropatépine et de comparer la prise en charge des patients avec néostigmine ou physotigmine.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Cette étude épidémiologique, rétrospective et multicentrique porte sur l’ensemble des intoxications volontaires (mono et polyintoxications) par la tropatépine signalées aux centres antipoison français entre le 1<sup>er</sup> janvier 2000 et le 13 juillet 2023. La relation entre la réduction des signes anticholinergiques et les facteurs de risque associés (antidote utilisé et dose ingérée) a été évaluée par régression logistique uni- et multivariée.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 458 cas d’intoxication par la tropatépine ont été inclus. Près de la moitié des patients (46,7 %) présentaient des signes anticholinergiques périphériques et 22,3 % des signes anticholinergiques centraux. Pour les patients ayant ingéré de la tropatépine seule (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->94), 30,8 % présentaient une agitation ou un délire. Parmi ceux qui ont signalé des signes anticholinergiques centraux, leur durée moyenne était de 29,4 (±21,1) heures. Un quart des patients (25,1 %) ont nécessité des soins intensifs. Cette agitation a été traitée par sédation chez 27 % des patients, par contention physique chez 5,3 %, par néostigmine et physostigmine chez 5,5 et 2,8 % respectivement. Aucun effet indésirable n’a été observé après l’administration de l’antidote. Chez 74 % des patients traités par la néostigmine, il n’y a pas eu d’amélioration des signes centraux, alors que 100 % des patients ont répondu favorablement à la physostigmine (amélioration partielle ou totale). Après ajustement en fonction de la dose ingérée, la résolution complète des signes anticholinergiques centraux était significativement plus élevée chez les patients traités par la physostigmine que chez ceux traités par la néostigmine (OR 6,61 [1,00 ; 44,94], <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0499).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Le surdosage en tropatépine est fréquemment associé à un syndrome anticholinergique sévère et prolongé. La physostigmine est un inhibiteur de l’acétylcholinestérase d’action périphérique et centrale qui augmente les concentrations synaptiques d’acétylcholine. Notre étude montre une supériorité significative de la physostigmine sur la néostigmine dans la régression des signes anticholinergiques centraux. Cette supériorité s’explique par le fait que la néostigmine ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique. La physostigmine est encore peu utilisée mais elle semble bien tolérée et efficace pour contrôler le syndrome anticholinergiq","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S100-S101"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366040","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.034
A. Nardon
Objectif
Présentation du SLOGAN, Site de LOcalisation et de Gestion des Antidotes [1].
Discussion
Tout professionnel intervenant dans la prise en charge d’une intoxication a déjà été confronté à cette question… Face au patient aux urgences, face à notre écran d’ordinateur en RTU, puis face à la réponse STOCK à zéro du logiciel de la pharmacie…Le constat est parfois sans appel, l’antidote n’est pas détenu par l’établissement, alors où le trouver ? La course contre la montre commence. Des appels s’enchaînent vers les structures d’urgence de proximité, ou vers le CHU le plus proche pour les antidotes les plus rares… [2]. Et puis pendant une garde, les autres appels, les autres demandes tombent en même temps… Ceux qui ont vécu cette situation s’en souviennent encore.
Contre cette perte de temps et donc de chance pour le patient intoxiqué, le SLOGAN a été développé conjointement avec nos confrères du CAPTV de Toulouse il y a quelques années. C’est un site gracieusement mis à disposition pour les pharmaciens des structures d’urgence et les centres antipoison. Il permet une géolocalisation de certains antidotes en visualisant sur une carte leur stock et leurs dates de péremption, au sein des établissements qui en disposent. Il est alimenté par les gestionnaires locaux (pharmaciens des établissements).
Mais SLOGAN n’est pas qu’un simple site de renseignements des stocks d’antidotes, c’est un vrai réseau de prise en charge des intoxications, une aide aux missions de RTU et de toxicovigilance. SLOGAN améliore le recueil exhaustif des cas d’intoxication par des alertes mails de sorties d’antidotes à destination de l’administrateur territorial (CAPTV territorial). C’est une aide pour la vision régionale des besoins en antidotes avec appui sur la gestion des stocks en antidotes.
Conclusion
Un tel réseau, quel qu’il soit, ne peut vivre sans la participation de tous les acteurs de la prise en charge des intoxications, que ce soient les pharmaciens des PUI, les professionnels de l’urgence qui prennent en charge les patients ainsi que le centre antipoison territorial. Le site est encore fonctionnel mais devrait être remplacé dans l’année à venir par un autre système actuellement en cours de mise en place.
{"title":"Où trouver un antidote en urgence ?","authors":"A. Nardon","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.034","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.034","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Présentation du SLOGAN, Site de LOcalisation et de Gestion des Antidotes <span><span>[1]</span></span>.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Tout professionnel intervenant dans la prise en charge d’une intoxication a déjà été confronté à cette question… Face au patient aux urgences, face à notre écran d’ordinateur en RTU, puis face à la réponse STOCK à zéro du logiciel de la pharmacie…Le constat est parfois sans appel, l’antidote n’est pas détenu par l’établissement, alors où le trouver ? La course contre la montre commence. Des appels s’enchaînent vers les structures d’urgence de proximité, ou vers le CHU le plus proche pour les antidotes les plus rares… <span><span>[2]</span></span>. Et puis pendant une garde, les autres appels, les autres demandes tombent en même temps… Ceux qui ont vécu cette situation s’en souviennent encore.</div><div>Contre cette perte de temps et donc de chance pour le patient intoxiqué, le SLOGAN a été développé conjointement avec nos confrères du CAPTV de Toulouse il y a quelques années. C’est un site gracieusement mis à disposition pour les pharmaciens des structures d’urgence et les centres antipoison. Il permet une géolocalisation de certains antidotes en visualisant sur une carte leur stock et leurs dates de péremption, au sein des établissements qui en disposent. Il est alimenté par les gestionnaires locaux (pharmaciens des établissements).</div><div>Mais SLOGAN n’est pas qu’un simple site de renseignements des stocks d’antidotes, c’est un vrai réseau de prise en charge des intoxications, une aide aux missions de RTU et de toxicovigilance. SLOGAN améliore le recueil exhaustif des cas d’intoxication par des alertes mails de sorties d’antidotes à destination de l’administrateur territorial (CAPTV territorial). C’est une aide pour la vision régionale des besoins en antidotes avec appui sur la gestion des stocks en antidotes.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Un tel réseau, quel qu’il soit, ne peut vivre sans la participation de tous les acteurs de la prise en charge des intoxications, que ce soient les pharmaciens des PUI, les professionnels de l’urgence qui prennent en charge les patients ainsi que le centre antipoison territorial. Le site est encore fonctionnel mais devrait être remplacé dans l’année à venir par un autre système actuellement en cours de mise en place.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S100"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366045","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.032
M. Thury, N. Paret, A. Gouraud
<div><h3>Objectif/Méthode</h3><div>Décrire, à propos d’un cas, les risques des conseils de nutrition prônés sur les réseaux sociaux dans le cadre de la pratique sportive, à destination d’un jeune public non averti. Discuter les teneurs en potassium des compléments alimentaires en vente libre.</div></div><div><h3>Résultat</h3><div>Nous rapportons le cas d’un jeune homme de 17 ans ayant pour antécédents médicaux un Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sans suivi depuis un an et une acné traitée par isotrétinoïne d’instauration récente. Dans le cadre d’une pratique sportive intensive au domicile, il décide de réaliser une « sèche ». Il s’agit d’une alimentation restrictive visant un déficit calorique afin de diminuer la masse grasse au profit de la masse musculaire. Il se documente en prenant conseil sur les réseaux sociaux et adjoint à ce régime des sels de potassium achetés sur internet (KCl, 97 %) à la dose d’une cuillère à soupe par jour saupoudrée sur ses plats. Après plusieurs mois d’utilisation quotidienne, il déclare avoir souhaité un « effet shoot » et consomme 5 cuillères à soupe en une seule prise. Trente minutes plus tard, il présente des vomissements, des douleurs thoraciques, des crampes dans les membres inférieurs et une faiblesse musculaire pour lesquels il contacte les secours. A l’admission aux urgences, l’ECG retrouve une bradycardie à 40 bpm, des ondes T pointues et un aplatissement des ondes P. La kaliémie est supérieure à 8<!--> <!-->mmol/L. Devant cette hyperkaliémie menaçante, il est pris en charge aux soins intensifs où il bénéficie d’un traitement par gluconate de calcium, insuline euglycémique, salbutamol inhalé et chélateur du potassium par voie orale. L’ensemble de ces thérapeutiques permet une normalisation rapide de la kaliémie et de l’ECG autorisant un retour au domicile dès le lendemain.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Selon les études nationales sur la pratique sportive, près de la moitié des 16–25 ans pratiquent principalement la musculation <span><span>[1]</span></span>. Cette activité est associée pour la moitié d’entre eux à un accompagnement numérique (applications de coaching, consultation ou partage de photos/vidéos sur les réseaux…). En parallèle de cette tendance, on assiste à la multiplication du nombre d’influenceurs ou coachs autoproclamés et de sites internet proposant des conseils en nutrition souvent accompagnés de partenariats commerciaux. Afin de documenter notre observation, nous avons consulté les réseaux sociaux sans identifier de source recommandant une supplémentation telle que l’a pratiquée notre patient. Le centre de référence en médecine du sport du CHU que nous avons contacté n’a pas eu connaissance de telles pratiques. Cependant sur les sites consultés, le potassium est généralement positionné comme permettant de diminuer la fatigue musculaire, sans mise en garde systématique quant aux risques d’une surcharge potassique. Les suppléments potassiques dispo
{"title":"Intoxication au sel de potassium : quand sport ne rime pas toujours avec santé !","authors":"M. Thury, N. Paret, A. Gouraud","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.032","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.032","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif/Méthode</h3><div>Décrire, à propos d’un cas, les risques des conseils de nutrition prônés sur les réseaux sociaux dans le cadre de la pratique sportive, à destination d’un jeune public non averti. Discuter les teneurs en potassium des compléments alimentaires en vente libre.</div></div><div><h3>Résultat</h3><div>Nous rapportons le cas d’un jeune homme de 17 ans ayant pour antécédents médicaux un Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sans suivi depuis un an et une acné traitée par isotrétinoïne d’instauration récente. Dans le cadre d’une pratique sportive intensive au domicile, il décide de réaliser une « sèche ». Il s’agit d’une alimentation restrictive visant un déficit calorique afin de diminuer la masse grasse au profit de la masse musculaire. Il se documente en prenant conseil sur les réseaux sociaux et adjoint à ce régime des sels de potassium achetés sur internet (KCl, 97 %) à la dose d’une cuillère à soupe par jour saupoudrée sur ses plats. Après plusieurs mois d’utilisation quotidienne, il déclare avoir souhaité un « effet shoot » et consomme 5 cuillères à soupe en une seule prise. Trente minutes plus tard, il présente des vomissements, des douleurs thoraciques, des crampes dans les membres inférieurs et une faiblesse musculaire pour lesquels il contacte les secours. A l’admission aux urgences, l’ECG retrouve une bradycardie à 40 bpm, des ondes T pointues et un aplatissement des ondes P. La kaliémie est supérieure à 8<!--> <!-->mmol/L. Devant cette hyperkaliémie menaçante, il est pris en charge aux soins intensifs où il bénéficie d’un traitement par gluconate de calcium, insuline euglycémique, salbutamol inhalé et chélateur du potassium par voie orale. L’ensemble de ces thérapeutiques permet une normalisation rapide de la kaliémie et de l’ECG autorisant un retour au domicile dès le lendemain.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Selon les études nationales sur la pratique sportive, près de la moitié des 16–25 ans pratiquent principalement la musculation <span><span>[1]</span></span>. Cette activité est associée pour la moitié d’entre eux à un accompagnement numérique (applications de coaching, consultation ou partage de photos/vidéos sur les réseaux…). En parallèle de cette tendance, on assiste à la multiplication du nombre d’influenceurs ou coachs autoproclamés et de sites internet proposant des conseils en nutrition souvent accompagnés de partenariats commerciaux. Afin de documenter notre observation, nous avons consulté les réseaux sociaux sans identifier de source recommandant une supplémentation telle que l’a pratiquée notre patient. Le centre de référence en médecine du sport du CHU que nous avons contacté n’a pas eu connaissance de telles pratiques. Cependant sur les sites consultés, le potassium est généralement positionné comme permettant de diminuer la fatigue musculaire, sans mise en garde systématique quant aux risques d’une surcharge potassique. Les suppléments potassiques dispo","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S99"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366136","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.060
I. Kolli , S. Ettaieb Errahmani , S. Kaddour
<div><h3>Objectif</h3><div>L’intoxication accidentelle au cannabis chez les jeunes enfants constitue un problème de santé publique. L’objectif est de décrire les caractéristiques démographiques, cliniques et circonstancielles de ces intoxications, pour mieux cerner cette problématique au niveau local.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive, menée entre le 1<sup>er</sup> janvier 2022 et le 31 décembre 2024, portant sur 75 cas d’enfants âgés de 4 ans et moins, dont les analyses toxicologiques effectuées au service de toxicologie du CHU Bab El Oued, ont révélé une exposition au cannabis. Les variables prises en comptes sont : l’âge, le sexe, le lieu et la source d’exposition, la symptomatologie et le délai. Elles ont été collectées à partir des registres internes du service et analysées par Microsoft Excel® 2021.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Une augmentation du nombre de cas a été observée : 10 cas en 2022, 27 cas en 2023, et 38 cas en 2024. L’âge médian des enfants était de 14 mois (7–48 mois), et l’âge moyen de 16,2 mois.</div><div>La population étudiée comptait 43 garçons et 32 filles (sexe-ratio : 1,34). Dans 38 cas, une ingestion de résine de cannabis a été rapportée par les parents, tandis qu’elle a été suspectée dans 15 cas, et non rapportée dans 22 cas, cas pour lesquels la symptomatologie a motivé la réalisation des analyses toxicologiques. Le lieu de l’exposition n’est précisé que dans 15 cas : 12 cas à domicile et 3 cas à l’extérieur. La source du produit a été identifiée dans 11 cas : appartenant à un parent du premier degré dans 6 cas (père ou frère), et à un autre membre de la famille dans 5 cas (oncle ou grand-père). Pour nos sujets, le délai entre l’apparition des symptômes et la prise en charge n’a pas été renseigné, et en moyenne, l’analyse toxicologique a été réalisée 11,2<!--> <!-->heures après l’apparition des symptômes. La symptomatologie était décrite pour 70 cas, avec : une somnolence (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->40), des convulsions (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->7), une mydriase (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5), un myosis (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5) et plus rarement un coma (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1) avec un score de Glasgow de 8/15. D’autres signes ont également été observés, comprenant une asthénie/hypotonie (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->6) et une hyperhémie (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->3). Dans 5 cas, les symptômes n’étaient pas décrits mais une ingestion ou une suspicion d’ingestion avait été évoquée.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’âge médian observé dans notre étude (14 mois) est cohérent avec celui rapporté par Arbouche et al. <span><span>[1]</span></span> et proche de celui rapporté par Chartier et al. (15 mois) <span><span>[2]</span></span>. Contrairement à notre étude, qui montre une prédominance masculine, Arbouche et al. <span><span>[1]</span></span> et Mehamha et al. <span><span>[3]</span></span> ont rapporté une majorité féminine dans les c
{"title":"Intoxication accidentelle au cannabis chez les jeunes enfants : étude rétrospective sur 3 ans au CHU de Bab El Oued, Algérie","authors":"I. Kolli , S. Ettaieb Errahmani , S. Kaddour","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.060","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.060","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>L’intoxication accidentelle au cannabis chez les jeunes enfants constitue un problème de santé publique. L’objectif est de décrire les caractéristiques démographiques, cliniques et circonstancielles de ces intoxications, pour mieux cerner cette problématique au niveau local.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive, menée entre le 1<sup>er</sup> janvier 2022 et le 31 décembre 2024, portant sur 75 cas d’enfants âgés de 4 ans et moins, dont les analyses toxicologiques effectuées au service de toxicologie du CHU Bab El Oued, ont révélé une exposition au cannabis. Les variables prises en comptes sont : l’âge, le sexe, le lieu et la source d’exposition, la symptomatologie et le délai. Elles ont été collectées à partir des registres internes du service et analysées par Microsoft Excel® 2021.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Une augmentation du nombre de cas a été observée : 10 cas en 2022, 27 cas en 2023, et 38 cas en 2024. L’âge médian des enfants était de 14 mois (7–48 mois), et l’âge moyen de 16,2 mois.</div><div>La population étudiée comptait 43 garçons et 32 filles (sexe-ratio : 1,34). Dans 38 cas, une ingestion de résine de cannabis a été rapportée par les parents, tandis qu’elle a été suspectée dans 15 cas, et non rapportée dans 22 cas, cas pour lesquels la symptomatologie a motivé la réalisation des analyses toxicologiques. Le lieu de l’exposition n’est précisé que dans 15 cas : 12 cas à domicile et 3 cas à l’extérieur. La source du produit a été identifiée dans 11 cas : appartenant à un parent du premier degré dans 6 cas (père ou frère), et à un autre membre de la famille dans 5 cas (oncle ou grand-père). Pour nos sujets, le délai entre l’apparition des symptômes et la prise en charge n’a pas été renseigné, et en moyenne, l’analyse toxicologique a été réalisée 11,2<!--> <!-->heures après l’apparition des symptômes. La symptomatologie était décrite pour 70 cas, avec : une somnolence (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->40), des convulsions (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->7), une mydriase (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5), un myosis (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5) et plus rarement un coma (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1) avec un score de Glasgow de 8/15. D’autres signes ont également été observés, comprenant une asthénie/hypotonie (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->6) et une hyperhémie (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->3). Dans 5 cas, les symptômes n’étaient pas décrits mais une ingestion ou une suspicion d’ingestion avait été évoquée.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’âge médian observé dans notre étude (14 mois) est cohérent avec celui rapporté par Arbouche et al. <span><span>[1]</span></span> et proche de celui rapporté par Chartier et al. (15 mois) <span><span>[2]</span></span>. Contrairement à notre étude, qui montre une prédominance masculine, Arbouche et al. <span><span>[1]</span></span> et Mehamha et al. <span><span>[3]</span></span> ont rapporté une majorité féminine dans les c","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S117-S118"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366151","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.013
N. Paret , D. Boels , N. Delcourt , M. Labadie , J. Langrand , G. Le Roux , A. Maillot , S. Michel , C. Tournoud , S. Sinno-Tellier
<div><h3>Objectif</h3><div>Environ 260 cas de confusion alimentaire entre plantes comestibles et toxiques sont enregistrés par les centres antipoison (CAP) chaque année <span><span>[1]</span></span>. Les confusions les plus fréquentes ne sont pas nécessairement les plus graves (plantes à bulbe, marrons d’inde, coloquintes…) mais certaines plantes sont à risque d’effets toxiques très graves voire mortels. Un récent rapport émis par l’ANSES et les CAP <span><span>[2]</span></span> souligne à nouveau que les cas de gravité forte (PSS3 et PSS4 selon le <em>Poisoning Severity Score</em> (PSS) <span><span>[3]</span></span>), pouvant menacer le pronostic vital ou conduire au décès, sont en majorité (58 %) liés à des confusions alimentaires. Notre objectif était de décrire les confusions alimentaires entre plantes toxiques et comestibles à l’origine d’intoxications de gravité forte, dont les décès.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les cas d’intoxication par des plantes ont été extraits du système d’information des CAP (SICAP) entre le 01/01/2012 et 31/12/2024. Après relecture des dossiers, les cas de gravité forte dont les décès, validés par un toxicologue, dus à une confusion alimentaire, ont été analysés. Un repas pouvait avoir été pris par une seule personne ou partagé par plusieurs.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Trente-et-une personnes, dont 6 sont décédées, ont présenté une intoxication de gravité forte à la suite de confusions alimentaires entre plantes toxiques et comestibles sur une période de 13 ans. Ces intoxications sont survenues au cours de 24 repas, soit 19, 4 et 1 repas impliquant respectivement 1, 2 et 4 personnes. Elles ont été identifiées régulièrement au cours de la période d’étude (9 années sur 13) et concernaient chaque année de 1 à 7 personnes au cours de 1 à 4 repas.</div><div>Le sex-ratio était de 1,4, l’âge médian de 62 ans [21–78]. Les plantes à l’origine de l’intoxication étaient le datura (8 cas), le colchique (8 cas), la digitale (6 cas), l’œnanthe safranée (3 cas), le vératre (2 cas), l’aconit (2 cas), la belladone et le laurier rose (1 cas chacun). Six patients sont décédés après consommation, d’œnanthe safranée ou de colchique pour 4 cas, et de digitale ou d’aconit pour les 2 cas restants. Les confusions ont eu lieu pour le datura avec la tétragone cornue, le raisin d’Amérique et une plante indéterminée, pour le colchique avec le poireau sauvage ou l’ail des ours, pour la digitale avec la consoude, la bardane ou la bourrache, pour l’œnanthe safranée avec des carottes sauvages ou du persil tubéreux, pour le vératre blanc avec la gentiane ou le ginseng, pour l’aconit avec le « couscouil », pour la belladone avec des raisins sauvages. Les parties consommées étaient principalement les feuilles (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->24) puis les racines/tubercules/rhizomes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5), les baies une seule fois, non précisées dans 1 cas. Elles ont été ramassées dans la nature avec certitude (17 repas), pro
{"title":"Intoxications graves dues à des confusions alimentaires de plantes toxiques et comestibles : étude des données des centres antipoison de 2012 à 2021","authors":"N. Paret , D. Boels , N. Delcourt , M. Labadie , J. Langrand , G. Le Roux , A. Maillot , S. Michel , C. Tournoud , S. Sinno-Tellier","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.013","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.013","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Environ 260 cas de confusion alimentaire entre plantes comestibles et toxiques sont enregistrés par les centres antipoison (CAP) chaque année <span><span>[1]</span></span>. Les confusions les plus fréquentes ne sont pas nécessairement les plus graves (plantes à bulbe, marrons d’inde, coloquintes…) mais certaines plantes sont à risque d’effets toxiques très graves voire mortels. Un récent rapport émis par l’ANSES et les CAP <span><span>[2]</span></span> souligne à nouveau que les cas de gravité forte (PSS3 et PSS4 selon le <em>Poisoning Severity Score</em> (PSS) <span><span>[3]</span></span>), pouvant menacer le pronostic vital ou conduire au décès, sont en majorité (58 %) liés à des confusions alimentaires. Notre objectif était de décrire les confusions alimentaires entre plantes toxiques et comestibles à l’origine d’intoxications de gravité forte, dont les décès.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les cas d’intoxication par des plantes ont été extraits du système d’information des CAP (SICAP) entre le 01/01/2012 et 31/12/2024. Après relecture des dossiers, les cas de gravité forte dont les décès, validés par un toxicologue, dus à une confusion alimentaire, ont été analysés. Un repas pouvait avoir été pris par une seule personne ou partagé par plusieurs.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Trente-et-une personnes, dont 6 sont décédées, ont présenté une intoxication de gravité forte à la suite de confusions alimentaires entre plantes toxiques et comestibles sur une période de 13 ans. Ces intoxications sont survenues au cours de 24 repas, soit 19, 4 et 1 repas impliquant respectivement 1, 2 et 4 personnes. Elles ont été identifiées régulièrement au cours de la période d’étude (9 années sur 13) et concernaient chaque année de 1 à 7 personnes au cours de 1 à 4 repas.</div><div>Le sex-ratio était de 1,4, l’âge médian de 62 ans [21–78]. Les plantes à l’origine de l’intoxication étaient le datura (8 cas), le colchique (8 cas), la digitale (6 cas), l’œnanthe safranée (3 cas), le vératre (2 cas), l’aconit (2 cas), la belladone et le laurier rose (1 cas chacun). Six patients sont décédés après consommation, d’œnanthe safranée ou de colchique pour 4 cas, et de digitale ou d’aconit pour les 2 cas restants. Les confusions ont eu lieu pour le datura avec la tétragone cornue, le raisin d’Amérique et une plante indéterminée, pour le colchique avec le poireau sauvage ou l’ail des ours, pour la digitale avec la consoude, la bardane ou la bourrache, pour l’œnanthe safranée avec des carottes sauvages ou du persil tubéreux, pour le vératre blanc avec la gentiane ou le ginseng, pour l’aconit avec le « couscouil », pour la belladone avec des raisins sauvages. Les parties consommées étaient principalement les feuilles (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->24) puis les racines/tubercules/rhizomes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5), les baies une seule fois, non précisées dans 1 cas. Elles ont été ramassées dans la nature avec certitude (17 repas), pro","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S89"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145358122","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}