Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.055
M. Chalaye, A.-M. Patat, M. Hervé, E. Béreau, N. Paret
<div><h3>Objectif</h3><div>Les phytophotodermatoses sont des réactions cutanées qui apparaissent après un contact avec certaines plantes suivi d’une exposition de la zone de contact à des rayonnements ultraviolets. Il s’agit d’une réaction phototoxique due à la présence dans les végétaux de molécules nommées furanocoumarines. Ces molécules sont retrouvées principalement dans les familles de plantes suivantes : Moracées, Apiacées, Fabacées et Rutacées <span><span>[1]</span></span>.</div><div>L’objectif de cette étude était d’évaluer l’incidence et la gravité des cas rapportés au Centre antipoison (CAP) de Lyon en vue d’actions de prévention et de sensibilisation par l’ARS en région Auvergne-Rhône-Alpes.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Extraction du système d’information des CAP (SICAP) des dossiers survenus en région Auvergne Rhône-Alpes entre le 1<sup>er</sup> novembre 2018 et le 31 octobre 2024 avec les agents d’exposition suivants : figuier, berce du Caucase, berce commune et rue des jardins associés à la voie d’exposition cutanée. Une recherche a aussi été effectuée sur les cas codés avec l’agent d’exposition « plantes sauvages vertes » car cette hiérarchie inclut trois de ces agents, la berce du Caucase, la berce commune et la rue des jardins, et nous permettait d’identifier d’éventuels cas supplémentaires qui n’auraient pas été codés précisément. La sélection des plantes a été réalisée afin de répondre à la demande de l’ARS. Tous les cas ont été relus et la gravité selon le Poisoning Severity Score (PSS) recodée si besoin. Compte-tenu de la particularité de ces réactions cutanées, un critère de gravité modérée hors PSS a été appliqué lorsque les symptômes avaient duré plus d’une semaine et avaient nécessité une consultation médicale.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Quarante-six cas individuels d’exposition cutanée (correspondants à 43 dossiers) à l’une des plantes photo sensibilisantes étudiées ont été extraits. Ils concernaient le figuier dans 23 cas (soit 50 % des cas), la berce du Caucase dans 15 cas (33 %), la rue des jardins dans 6 cas (13 %), la berce commune dans 2 cas (4 %). La relecture des cas codés « plantes sauvages vertes » n’a pas permis d’identifier de cas supplémentaires. Les appels concernaient principalement le Rhône (10 cas) puis l’Isère (8 cas). Quatorze cas d’expositions ont eu lieu en pleine nature parmi lesquels 3 cas d’expositions ont été enregistrés dans un contexte professionnel. Tous les autres cas (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->32) se sont produits au sein des espaces verts privés des particuliers dans le cadre de travaux de désherbage ou d’élagage. Parmi les 46 personnes exposées, 44 ont présenté des symptômes. Il s’agissait principalement d’un érythème (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->20) et de phlyctènes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->18). Trois patients ont présenté une brûlure de 2<sup>e</sup> degré dont les lésions recouvraient l’intégralité des deux jambes, et torse en sus pour l’un d’entre eux. Une gra
{"title":"Phytophotodermatoses en région Auvergne-Rhône-Alpes : bilan du CAP de Lyon","authors":"M. Chalaye, A.-M. Patat, M. Hervé, E. Béreau, N. Paret","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.055","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.055","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Les phytophotodermatoses sont des réactions cutanées qui apparaissent après un contact avec certaines plantes suivi d’une exposition de la zone de contact à des rayonnements ultraviolets. Il s’agit d’une réaction phototoxique due à la présence dans les végétaux de molécules nommées furanocoumarines. Ces molécules sont retrouvées principalement dans les familles de plantes suivantes : Moracées, Apiacées, Fabacées et Rutacées <span><span>[1]</span></span>.</div><div>L’objectif de cette étude était d’évaluer l’incidence et la gravité des cas rapportés au Centre antipoison (CAP) de Lyon en vue d’actions de prévention et de sensibilisation par l’ARS en région Auvergne-Rhône-Alpes.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Extraction du système d’information des CAP (SICAP) des dossiers survenus en région Auvergne Rhône-Alpes entre le 1<sup>er</sup> novembre 2018 et le 31 octobre 2024 avec les agents d’exposition suivants : figuier, berce du Caucase, berce commune et rue des jardins associés à la voie d’exposition cutanée. Une recherche a aussi été effectuée sur les cas codés avec l’agent d’exposition « plantes sauvages vertes » car cette hiérarchie inclut trois de ces agents, la berce du Caucase, la berce commune et la rue des jardins, et nous permettait d’identifier d’éventuels cas supplémentaires qui n’auraient pas été codés précisément. La sélection des plantes a été réalisée afin de répondre à la demande de l’ARS. Tous les cas ont été relus et la gravité selon le Poisoning Severity Score (PSS) recodée si besoin. Compte-tenu de la particularité de ces réactions cutanées, un critère de gravité modérée hors PSS a été appliqué lorsque les symptômes avaient duré plus d’une semaine et avaient nécessité une consultation médicale.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Quarante-six cas individuels d’exposition cutanée (correspondants à 43 dossiers) à l’une des plantes photo sensibilisantes étudiées ont été extraits. Ils concernaient le figuier dans 23 cas (soit 50 % des cas), la berce du Caucase dans 15 cas (33 %), la rue des jardins dans 6 cas (13 %), la berce commune dans 2 cas (4 %). La relecture des cas codés « plantes sauvages vertes » n’a pas permis d’identifier de cas supplémentaires. Les appels concernaient principalement le Rhône (10 cas) puis l’Isère (8 cas). Quatorze cas d’expositions ont eu lieu en pleine nature parmi lesquels 3 cas d’expositions ont été enregistrés dans un contexte professionnel. Tous les autres cas (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->32) se sont produits au sein des espaces verts privés des particuliers dans le cadre de travaux de désherbage ou d’élagage. Parmi les 46 personnes exposées, 44 ont présenté des symptômes. Il s’agissait principalement d’un érythème (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->20) et de phlyctènes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->18). Trois patients ont présenté une brûlure de 2<sup>e</sup> degré dont les lésions recouvraient l’intégralité des deux jambes, et torse en sus pour l’un d’entre eux. Une gra","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S115"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365847","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.056
H. Coutard , D. Bourneau-Martin , S. Pitet , French Poison Control Centers Research Group , G. Le Roux , M. Cellier
<div><h3>Objectif</h3><div>Il est décrit dans les résumés caractéristiques des produits (RCP) de la dapaglifozine et de l’empaglifozine, une acidocétose et une insuffisance rénale aiguë (IRA). Dans un contexte de surdosage volontaire, la toxicité des glifozines, antidiabétiques oraux inhibiteurs des SGLT2, n’est pas documentée dans la littérature. L’objectif de cette étude est de décrire la gravité des intoxications médicamenteuses volontaires (IMV) aux glifozines et décrire leurs conséquences cliniques ainsi que de déterminer si ces intoxications sont également associées à des acidocétoses et des IRA en cas de surdosage.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Cette étude rétrospective descriptive analyse les cas d’IMV aux gliflozines recensés par les centres antipoison français entre le 01/01/2021 et le 30/03/2025. Une comparaison de la gravité (gravité moyenne vs gravité sévère<!--> <!-->+<!--> <!-->décès) utilisant le Poisonning Severity Score (PSS) a été effectuée en utilisant les tests adaptés aux petits échantillons (Fisher et Wilcoxon).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 33 cas de gravité modérée (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->12) à sévère (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->19) ainsi que 2 décès ont été inclus sur 73 IMV recensées en 4 ans toute gravité confondue. Tous les cas de gravité modérée à sévère concernaient des polyintoxications avec principalement une co-ingestion d’antihypertenseurs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->21), d’antidiabétiques type metformine (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->10), d’analgésiques (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9) et d’antidépresseurs/anxiolytiques/hypnotiques (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11). Les 2 décès rencontrés dans cette étude n’étaient pas en lien avec les glifozines. Il s’agissait d’un décès par pneumopathie d’inhalation d’un patient de 94 ans ayant fait une IMV avec mianserine, chlorure de potassium, apixaban, empaglifozine, furosémide, bromazepam, omeprazole et tramadol. Le 2<sup>e</sup> décès concernait un patient de 59 ans après une IMV avec amiloride, empaglifozine, indapamide, irbesartan et verapamil ayant eu un choc cardiogénique, un SDRA et une défaillance polyviscérale. Seul un cas d’acidocétose et un cas d’hypoglycémie ont été rencontrés. La survenue d’une acidose (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,49) et d’une IRA (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,22) n’était pas significativement associée à une gravité sévère ou un décès. Les données publiées concernant les surdosages en gliflozines restent très limitées. D’après la base nationale de pharmacovigilance, de rares cas d’acidocétose diabétique ont été rapportés sous glifozines. Ces tableaux surviennent le plus souvent en contexte d’euglycémie ou d’hyperglycémie modérée. Certains cas étaient associés à un pronostic vital engagé, voire à une issue fatale.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les IMV aux gliflozines semblent être peu graves et ne semblent pas s’accompagner d’une acidocétose ou d’une IRA, une hypoglycémie ne semble pas non plus décrit
{"title":"Intoxication médicamenteuse volontaire aux glifozines, une série de cas sur 4 ans","authors":"H. Coutard , D. Bourneau-Martin , S. Pitet , French Poison Control Centers Research Group , G. Le Roux , M. Cellier","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.056","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.056","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Il est décrit dans les résumés caractéristiques des produits (RCP) de la dapaglifozine et de l’empaglifozine, une acidocétose et une insuffisance rénale aiguë (IRA). Dans un contexte de surdosage volontaire, la toxicité des glifozines, antidiabétiques oraux inhibiteurs des SGLT2, n’est pas documentée dans la littérature. L’objectif de cette étude est de décrire la gravité des intoxications médicamenteuses volontaires (IMV) aux glifozines et décrire leurs conséquences cliniques ainsi que de déterminer si ces intoxications sont également associées à des acidocétoses et des IRA en cas de surdosage.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Cette étude rétrospective descriptive analyse les cas d’IMV aux gliflozines recensés par les centres antipoison français entre le 01/01/2021 et le 30/03/2025. Une comparaison de la gravité (gravité moyenne vs gravité sévère<!--> <!-->+<!--> <!-->décès) utilisant le Poisonning Severity Score (PSS) a été effectuée en utilisant les tests adaptés aux petits échantillons (Fisher et Wilcoxon).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 33 cas de gravité modérée (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->12) à sévère (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->19) ainsi que 2 décès ont été inclus sur 73 IMV recensées en 4 ans toute gravité confondue. Tous les cas de gravité modérée à sévère concernaient des polyintoxications avec principalement une co-ingestion d’antihypertenseurs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->21), d’antidiabétiques type metformine (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->10), d’analgésiques (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9) et d’antidépresseurs/anxiolytiques/hypnotiques (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11). Les 2 décès rencontrés dans cette étude n’étaient pas en lien avec les glifozines. Il s’agissait d’un décès par pneumopathie d’inhalation d’un patient de 94 ans ayant fait une IMV avec mianserine, chlorure de potassium, apixaban, empaglifozine, furosémide, bromazepam, omeprazole et tramadol. Le 2<sup>e</sup> décès concernait un patient de 59 ans après une IMV avec amiloride, empaglifozine, indapamide, irbesartan et verapamil ayant eu un choc cardiogénique, un SDRA et une défaillance polyviscérale. Seul un cas d’acidocétose et un cas d’hypoglycémie ont été rencontrés. La survenue d’une acidose (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,49) et d’une IRA (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,22) n’était pas significativement associée à une gravité sévère ou un décès. Les données publiées concernant les surdosages en gliflozines restent très limitées. D’après la base nationale de pharmacovigilance, de rares cas d’acidocétose diabétique ont été rapportés sous glifozines. Ces tableaux surviennent le plus souvent en contexte d’euglycémie ou d’hyperglycémie modérée. Certains cas étaient associés à un pronostic vital engagé, voire à une issue fatale.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les IMV aux gliflozines semblent être peu graves et ne semblent pas s’accompagner d’une acidocétose ou d’une IRA, une hypoglycémie ne semble pas non plus décrit","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S115-S116"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365853","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.037
M. Glaizal, M. Petit, C. Schmitt, N. Simon
<div><h3>Objectif</h3><div>La très grande majorité des tentatives de suicides (TS) étant des intoxications, les cas pris en charge par le réseau des centres antipoison (CAP) sont un indicateur, non exhaustif mais fiable et actualisé en quasi-temps réel, des tendances de ces comportements. Lors de la pandémie de Covid-19, les appels aux CAP ont ainsi parfaitement reflété la hausse de l’ensemble des TS observées aux urgences, surtout chez les adolescentes et les jeunes femmes <span><span>[1]</span></span>.</div><div>Forts de cette corrélation, nous avons voulu explorer et préciser, grâce aux données des CAP, une caractéristique des TS pédiatriques peu documentée : l’influence du calendrier scolaire. La saisonnalité de ces gestes sous l’angle des périodes de vacances a été peu étudiée à l’international (souvent sur des pas de temps compliquant l’interprétation – jour ou mois- et le plus souvent avant la Covid-19 et son impact psychologique) et pas en France à échelle nationale (une seule étude, récente et soulignant l’absence de travaux, mais aux données pré-Covid et aux classes d’âge inadaptées aux mineurs <span><span>[2]</span></span>).</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude descriptive rétrospective du nombre hebdomadaire (selon la date d’appel initial et numéro de semaine dans l’année) de cas d’intoxication à visée suicidaire chez des sujets de moins de 18 ans survenus en France métropolitaine et pris en charge par les CAP français entre le 01/01/2017 et le 31/12/2024. Confrontation au calendrier officiel des 8 années concernées, partagé par tous les types d’établissements (privés/publics) et niveaux (de la maternelle au lycée) du territoire métropolitain. Les TS d’adultes ont été comptabilisées pour comparaison.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Avant (2017–2019) comme pendant (2020–2021) et après (2022–2024) la pandémie, on note une forte variation du nombre hebdomadaire de TS pédiatriques au long de chaque année, mais avec des parties basses assez synchronisées entre années, alors même que le total annuel de ces gestes a augmenté de plus de 79 % entre l’avant et l’après Covid-19. Ces baisses correspondent aux semaines de fermeture des établissements scolaires, qu’elles soient attendues (vacances) ou non (confinements). L’augmentation durable du nombre annuel de cas a bien plus concerné les filles, déjà largement majoritaires, que les garçons (resp. +90 % et +27 %), et le lien stable avec le calendrier scolaire n’est valable que pour le sexe féminin. Sur la même période, les CAP n’ont enregistré pour les TS d’adultes ni augmentation annuelle ni lien avec les congés scolaires. Pour la première fois en 2024, la majorité des suicidants pris en charge sont des enfants (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9706 vs <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8740 chez les plus de 18 ans).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Nos résultats illustrent pour la première fois à échelle française d’une part, la persistance après la pandémie de l’« effet Covid19 » d’au
{"title":"Lien entre périodes scolaires et intoxications suicidaires pédiatriques gérées par les centres antipoison français","authors":"M. Glaizal, M. Petit, C. Schmitt, N. Simon","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.037","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.037","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La très grande majorité des tentatives de suicides (TS) étant des intoxications, les cas pris en charge par le réseau des centres antipoison (CAP) sont un indicateur, non exhaustif mais fiable et actualisé en quasi-temps réel, des tendances de ces comportements. Lors de la pandémie de Covid-19, les appels aux CAP ont ainsi parfaitement reflété la hausse de l’ensemble des TS observées aux urgences, surtout chez les adolescentes et les jeunes femmes <span><span>[1]</span></span>.</div><div>Forts de cette corrélation, nous avons voulu explorer et préciser, grâce aux données des CAP, une caractéristique des TS pédiatriques peu documentée : l’influence du calendrier scolaire. La saisonnalité de ces gestes sous l’angle des périodes de vacances a été peu étudiée à l’international (souvent sur des pas de temps compliquant l’interprétation – jour ou mois- et le plus souvent avant la Covid-19 et son impact psychologique) et pas en France à échelle nationale (une seule étude, récente et soulignant l’absence de travaux, mais aux données pré-Covid et aux classes d’âge inadaptées aux mineurs <span><span>[2]</span></span>).</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude descriptive rétrospective du nombre hebdomadaire (selon la date d’appel initial et numéro de semaine dans l’année) de cas d’intoxication à visée suicidaire chez des sujets de moins de 18 ans survenus en France métropolitaine et pris en charge par les CAP français entre le 01/01/2017 et le 31/12/2024. Confrontation au calendrier officiel des 8 années concernées, partagé par tous les types d’établissements (privés/publics) et niveaux (de la maternelle au lycée) du territoire métropolitain. Les TS d’adultes ont été comptabilisées pour comparaison.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Avant (2017–2019) comme pendant (2020–2021) et après (2022–2024) la pandémie, on note une forte variation du nombre hebdomadaire de TS pédiatriques au long de chaque année, mais avec des parties basses assez synchronisées entre années, alors même que le total annuel de ces gestes a augmenté de plus de 79 % entre l’avant et l’après Covid-19. Ces baisses correspondent aux semaines de fermeture des établissements scolaires, qu’elles soient attendues (vacances) ou non (confinements). L’augmentation durable du nombre annuel de cas a bien plus concerné les filles, déjà largement majoritaires, que les garçons (resp. +90 % et +27 %), et le lien stable avec le calendrier scolaire n’est valable que pour le sexe féminin. Sur la même période, les CAP n’ont enregistré pour les TS d’adultes ni augmentation annuelle ni lien avec les congés scolaires. Pour la première fois en 2024, la majorité des suicidants pris en charge sont des enfants (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9706 vs <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8740 chez les plus de 18 ans).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Nos résultats illustrent pour la première fois à échelle française d’une part, la persistance après la pandémie de l’« effet Covid19 » d’au","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S101-S102"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366042","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.066
N. Paret , A.-M. Patat , C. Chevallier , M. Hervé , French Poison Control Centers Research Group , C. Bruneau , M. Chalaye
<div><h3>Objectif</h3><div>Le muscimol est la principale substance active de l’amanite tue-mouche et de l’amanite panthère. Elle est responsable des effets psychodysleptiques recherchés lors d’expériences chamaniques ou récréatives mais aussi potentiellement d’intoxications à type de syndrome panthérinien. En août 2024, suite à l’enregistrement d’un cas d’intoxication sévère après la consommation de gummies contenant du muscimol, l’ANSM a ouvert une enquête d’addictovigilance envisageant un classement de cette substance sur la liste des stupéfiants. Pour compléter cette étude, l’agence sanitaire a demandé un rapport d’analyse des données des centres antipoison (CAP) français concernant la consommation de muscimol, dans des circonstances de toxicomanie/addiction et d’autres circonstances d’intérêt, suicidaire, auto-thérapeutique, rituelle, et accidentelle à l’exception des cas de confusions alimentaires liés à la cueillette de champignons.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude rétrospective décrivant les cas d’expositions et d’intoxications (hors confusions alimentaires) à des produits ou champignons contenant du muscimol rapportés aux CAP entre le 01/01/2015 et le 31/10/2024. La gravité des cas a été revue selon le Poisoning Severity Score (PSS).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 45 cas de consommation de muscimol, 27 correspondaient à un usage récréatif. Le sex-ratio était de 3,5, l’âge médian de 27 ans. Soixante-trois pour cent des patients avaient un antécédent de consommation de substance(s) psychoactive(s) et 19 % au moins un antécédent psychiatrique. La prise de muscimol était réalisée à travers la consommation de champignons dans 22/27 cas : amanite tue-mouche (12 cas), amanite panthère (6 cas), les deux amanites (2 cas), amanites hallucinogènes sans précision (2 cas). Ils provenaient d’une cueillette (10/22 cas) ou d’un achat sur internet (3/22 cas), 9 cas sans précision. Vingt-six consommateurs ont présenté des symptômes. Les quantités consommées annoncées étaient très variables sans qu’il soit possible d’en déduire une relation dose-toxicité. Le délai d’apparition des symptômes était de 30<!--> <!-->minutes à 3<!--> <!-->heures. Les complications les plus fréquemment rapportées étaient caractéristiques du syndrome panthérinien avec des troubles neurologiques (troubles de conscience pouvant aller jusqu’au coma profond, convulsions, mydriase, myoclonies…) pour 41 % et psychiatriques (agitation, hallucinations/délire, confusion mentale…) pour 37 %. L’évolution a été favorable en 1 à 2<!--> <!-->jours mais 20 patients ont présenté des symptômes de gravité moyenne (15 cas) et forte (5 cas). Vingt-deux patients ont été pris en charge à l’hôpital. Le petit nombre de cas à usage récréatif enregistré annuellement (≤<!--> <!-->4 cas) a plus que doublé en 2024 (9 cas) en raison de la consommation de gummies à base de muscimol (5 cas) achetés dans des boutiques. Quatre d’entre eux étaient de gravité moyenne, 1 cas de gravité for
{"title":"Intoxications par le muscimol : données des centres antipoison français entre 2015 et 2024","authors":"N. Paret , A.-M. Patat , C. Chevallier , M. Hervé , French Poison Control Centers Research Group , C. Bruneau , M. Chalaye","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.066","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.066","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Le muscimol est la principale substance active de l’amanite tue-mouche et de l’amanite panthère. Elle est responsable des effets psychodysleptiques recherchés lors d’expériences chamaniques ou récréatives mais aussi potentiellement d’intoxications à type de syndrome panthérinien. En août 2024, suite à l’enregistrement d’un cas d’intoxication sévère après la consommation de gummies contenant du muscimol, l’ANSM a ouvert une enquête d’addictovigilance envisageant un classement de cette substance sur la liste des stupéfiants. Pour compléter cette étude, l’agence sanitaire a demandé un rapport d’analyse des données des centres antipoison (CAP) français concernant la consommation de muscimol, dans des circonstances de toxicomanie/addiction et d’autres circonstances d’intérêt, suicidaire, auto-thérapeutique, rituelle, et accidentelle à l’exception des cas de confusions alimentaires liés à la cueillette de champignons.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude rétrospective décrivant les cas d’expositions et d’intoxications (hors confusions alimentaires) à des produits ou champignons contenant du muscimol rapportés aux CAP entre le 01/01/2015 et le 31/10/2024. La gravité des cas a été revue selon le Poisoning Severity Score (PSS).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 45 cas de consommation de muscimol, 27 correspondaient à un usage récréatif. Le sex-ratio était de 3,5, l’âge médian de 27 ans. Soixante-trois pour cent des patients avaient un antécédent de consommation de substance(s) psychoactive(s) et 19 % au moins un antécédent psychiatrique. La prise de muscimol était réalisée à travers la consommation de champignons dans 22/27 cas : amanite tue-mouche (12 cas), amanite panthère (6 cas), les deux amanites (2 cas), amanites hallucinogènes sans précision (2 cas). Ils provenaient d’une cueillette (10/22 cas) ou d’un achat sur internet (3/22 cas), 9 cas sans précision. Vingt-six consommateurs ont présenté des symptômes. Les quantités consommées annoncées étaient très variables sans qu’il soit possible d’en déduire une relation dose-toxicité. Le délai d’apparition des symptômes était de 30<!--> <!-->minutes à 3<!--> <!-->heures. Les complications les plus fréquemment rapportées étaient caractéristiques du syndrome panthérinien avec des troubles neurologiques (troubles de conscience pouvant aller jusqu’au coma profond, convulsions, mydriase, myoclonies…) pour 41 % et psychiatriques (agitation, hallucinations/délire, confusion mentale…) pour 37 %. L’évolution a été favorable en 1 à 2<!--> <!-->jours mais 20 patients ont présenté des symptômes de gravité moyenne (15 cas) et forte (5 cas). Vingt-deux patients ont été pris en charge à l’hôpital. Le petit nombre de cas à usage récréatif enregistré annuellement (≤<!--> <!-->4 cas) a plus que doublé en 2024 (9 cas) en raison de la consommation de gummies à base de muscimol (5 cas) achetés dans des boutiques. Quatre d’entre eux étaient de gravité moyenne, 1 cas de gravité for","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S121"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366048","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.025
W. Caré
La prise en charge au bloc opératoire d’un patient contaminé par un agent du risque chimique expose à un risque de contamination secondaire du personnel par des projections liquides et/ou des vapeurs depuis une plaie pénétrante [1]. Parmi les agents du risque chimique agressif, l’ypérite semble être l’agent le plus propice à occasionner des blessés contaminés, non décédés rapidement des suites de l’exposition à l’agent chimique, et pouvant bénéficier d’une prise en charge chirurgicale en urgence (de type damage control) après décontamination pré-hospitalière. Les moyens actuellement mis en œuvre, à savoir la décontamination pré-hospitalière, la mise en condition opérationnelle du bloc opératoire et le port d’éléments de protection individuels (EPI), permettent de maîtriser le risque de contamination secondaire. Toutefois, le port d’EPI dont le niveau de protection est supérieur au risque présenté entrave l’efficience de la prise en charge médicale. En milieu hospitalier, l’impact négatif du port d’un équipement comprenant un appareil respiratoire filtrant sur les performances de réalisation des procédures a été montré. Le port de gants de protection en butyle altère la dextérité et la nécessité de disposer en milieu hospitalier de gants ajustés pour réaliser les soins est rapportée. Nous présentons les différentes modalités de protection du personnel soignant selon l’évaluation du risque d’exposition secondaire par phases liquide et/ou vapeur.
{"title":"Prise en charge au bloc opératoire d’un blessé contaminé par un agent chimique","authors":"W. Caré","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.025","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.025","url":null,"abstract":"<div><div>La prise en charge au bloc opératoire d’un patient contaminé par un agent du risque chimique expose à un risque de contamination secondaire du personnel par des projections liquides et/ou des vapeurs depuis une plaie pénétrante <span><span>[1]</span></span>. Parmi les agents du risque chimique agressif, l’ypérite semble être l’agent le plus propice à occasionner des blessés contaminés, non décédés rapidement des suites de l’exposition à l’agent chimique, et pouvant bénéficier d’une prise en charge chirurgicale en urgence (de type <em>damage control</em>) après décontamination pré-hospitalière. Les moyens actuellement mis en œuvre, à savoir la décontamination pré-hospitalière, la mise en condition opérationnelle du bloc opératoire et le port d’éléments de protection individuels (EPI), permettent de maîtriser le risque de contamination secondaire. Toutefois, le port d’EPI dont le niveau de protection est supérieur au risque présenté entrave l’efficience de la prise en charge médicale. En milieu hospitalier, l’impact négatif du port d’un équipement comprenant un appareil respiratoire filtrant sur les performances de réalisation des procédures a été montré. Le port de gants de protection en butyle altère la dextérité et la nécessité de disposer en milieu hospitalier de gants ajustés pour réaliser les soins est rapportée. Nous présentons les différentes modalités de protection du personnel soignant selon l’évaluation du risque d’exposition secondaire par phases liquide et/ou vapeur.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S95"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366143","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.020
S. Chaumette
La cellule d’appui aux situations d’urgence (CASU) vise à fournir, à distance, des informations scientifiques et techniques pour faciliter les décisions en situation d’urgence présentant un danger à caractère technologique qui provient d’un risque imputable à une substance ou à une réaction dangereuse chimique. Cette cellule est opérationnelle h24 et 7j/7 pour répondre aux demandes des pouvoirs publics français, principalement les pompiers et les inspecteurs des installations classées. Elle fournit des informations sur les caractéristiques physico-chimiques et les dangers des substances, sur les réactions chimiques susceptibles de se former au cours de l’accident, estime les distances de dangers associés aux accidents en cours, évalue les risques liés au dispositif de lutte contre le sinistre et précise les prélèvements environnementaux et les analyses à réaliser rapidement en cas de suspicion d’impact sur le moyen et/ou le long terme. La CASU fait partie intégrante de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS), établissement public sous tutelle du ministère en charge de l’environnement.
{"title":"Prise en charge d’un accident toxique en urgence : la cellule d’appui aux situations d’urgence (CASU)","authors":"S. Chaumette","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.020","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.020","url":null,"abstract":"<div><div>La cellule d’appui aux situations d’urgence (CASU) vise à fournir, à distance, des informations scientifiques et techniques pour faciliter les décisions en situation d’urgence présentant un danger à caractère technologique qui provient d’un risque imputable à une substance ou à une réaction dangereuse chimique. Cette cellule est opérationnelle h24 et 7j/7 pour répondre aux demandes des pouvoirs publics français, principalement les pompiers et les inspecteurs des installations classées. Elle fournit des informations sur les caractéristiques physico-chimiques et les dangers des substances, sur les réactions chimiques susceptibles de se former au cours de l’accident, estime les distances de dangers associés aux accidents en cours, évalue les risques liés au dispositif de lutte contre le sinistre et précise les prélèvements environnementaux et les analyses à réaliser rapidement en cas de suspicion d’impact sur le moyen et/ou le long terme. La CASU fait partie intégrante de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS), établissement public sous tutelle du ministère en charge de l’environnement.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S92"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366147","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.083
A. Bocquet Escourrou , C. Paradis
<div><h3>Introduction et objectif</h3><div>Depuis plusieurs années, la prolifération d’espèces de microalgues toxiques du genre Ostreopsis est observée sur la côte Basque. Ces dinoflagellés benthiques, historiquement décrits en Méditerranée, produisent pour certains des toxines apparentées à la palytoxine, notamment des ovatoxines (OVTX). Leur prolifération est susceptible d’entraîner par voie respiratoire ou cutanée, des effets néfastes sur la santé humaine et la faune marine. Depuis 2020, plusieurs épisodes de prolifération ont été observés sur le littoral Basque, conduisant à des fermetures de plages en raison de potentielles intoxications. Le projet OSTREOBILA (OSTREOpsis au Pays Basque: Impacts sur le Littoral et la santé des usAgers) est né lors d’ateliers de travail animés par le Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Littoral Basque, sous l’impulsion des gestionnaires du littoral Basque français et espagnol. Ce programme de recherche financé par des fonds Interreg Poctefa 2021-2027 est opérationnel et doit doter le territoire d’outils d’aide à la décision vis-à-vis de cette problématique nouvelle. Il vise à mieux comprendre les dynamiques de prolifération d’Ostreopsis dans le contexte local, à évaluer les risques sanitaires et vis-à-vis de la faune marine.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Le projet piloté par le GIS Littoral basque, repose sur une approche pluridisciplinaire et transfrontalière associant des partenaires scientifiques, institutionnels et de santé publique parmi lesquels l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), l’Université du Pays Basque (UPV/EHU), le Laboratoire Océanographique de Villefranche-sur-mer (LOV), AZTI (Centro de Investigación Marina y Alimentaria), Rivages Pro Tech, la Diputación foral de Gipuzkoa, la Communauté d’Agglomération du Pays Basque (CAPB), les communes littorales, le Centre antipoison et l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine, la direction de la santé publique du gouvernement basque et le Centre Hospitalier de la Côte Basque. Des expérimentations de terrain ont été réalisées en période d’efflorescence pour caractériser, quantifier rapidement la présence d’O. sp. 9 et O. cf. ovata et modéliser leur transport océanique. Des analyses écotoxicologiques sont réalisées sur des modèles de poissons et d’oursins. Parallèlement, des tests de toxicité sont conduits sur des modèles de cellules humaines à partir des toxines, gaz et autres des composés organiques volatils supposément produits par Ostreopsis. En complément, un dispositif de surveillance sanitaire a été mis en place pour recenser et décrire les cas d’intoxications en lien potentiel avec les proliférations (atteintes ORL, respiratoires, et oculaires majoritairement) pour la population (usagers de la plage, promeneurs, riverains et surfeurs) et les professionnels exposés (secouristes des plages, restaurateurs, préleveurs, etc.).</div></div><div><h3>Rés
几年来,在巴斯克海岸观察到Ostroopsis属的有毒微藻物种的扩散。这些海底甲藻、地中海的历史描述,对于某些职毒素产生毒素,特别是ovatoxines OVTX)。它们的扩散可能通过呼吸道或皮肤对人类健康和海洋野生动物产生有害影响。自2020年以来,在巴斯克海岸发生了几起核扩散事件,导致海滩因潜在的中毒而关闭。草案OSTREOBILA (OSTREOpsis在巴斯克地区海岸线和使用者的健康影响:工作研讨会上,)出生于驱使科学兴趣小组(GIS)海岸巴斯克人的推动下,基金经理根据法国和西班牙的巴斯克人。本研究计划资助的实习Poctefa 2021-2027是领土和业务必须具备决策支持工具,对这一新问题。它的目的是更好地了解Ostropsis在当地环境下的繁殖动态,并评估对健康和海洋动物的风险。MéthodeLe牵头的项目,巴斯克的海岸线,是基于GIS的跨学科和跨界结合的体制和公共健康科学伙伴,其中法国海洋开发研究所(Ifremer)、波城大学和国鸟(UPPA)、巴斯克地区大学海洋学实验室(中心)、科克/维尔(LOV graeme macfadyen)、o (n (Centro de Investigaci玛丽娜·利门),Rivages Pro Tech、Diputacion foral de Gipuzkoa、巴斯克地区聚集社区(CAPB)、沿海社区、新阿基坦地区卫生局、巴斯克政府公共卫生局和巴斯克海岸医院中心。在开花期间进行了实地实验,以快速表征和量化O的存在。第9页和O. cf. ovata并模拟它们的海洋运输。对鱼类和海胆模型进行了生态毒理学分析。与此同时,对人体细胞模型进行了毒性测试,这些模型使用的是被认为是Ostroopsis产生的毒素、气体和其他挥发性有机化合物。作为补充,一个健康监测设备已经到位,以查明和说明患者中毒的潜力与华(耳鼻喉科)、呼吸道和眼部为主(人口沿岸沙滩徒步、使用者和冲浪者)和各专业介绍(参与救援,开采量、餐厅、海滩等)。结果项目初步结果显示一种经常性存在d’Ostreopsis巴斯克地区的多个海滩上见车前草与细胞浓度、不同气象条件和流体力学。对气溶胶的分析证实了微量的毒素。该项目强调了平静的夏季条件和岩石基质在扩散中的决定性作用,以及为巴斯克海岸制定具体监测、预警和管理议定书的必要性。高浓度的剧集,恰逢卫生警报。症状从严重(根据中毒严重程度评分[1]评估)到轻度(主要是咳嗽、鼻炎、口咽疼痛)到中度(主要是哮喘发作)。ConclusionLe OSTREOBILA项目凸显了科学家、卫生当局之间密切协作的必要性和地方政府来监督和管理华d’Ostreopsis。这是一个双重问题:保护公众健康和保护巴斯克沿海地区,这使该地区具有吸引力。向公众清晰的沟通是必不可少的。研究方案所取得的成果将为制定一项议定书常年监测和响应能力的地方,面对这个新兴的环境风险。
{"title":"Ostreopsis au Pays Basque : Projet OSTREOBILA","authors":"A. Bocquet Escourrou , C. Paradis","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.083","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.083","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction et objectif</h3><div>Depuis plusieurs années, la prolifération d’espèces de microalgues toxiques du genre Ostreopsis est observée sur la côte Basque. Ces dinoflagellés benthiques, historiquement décrits en Méditerranée, produisent pour certains des toxines apparentées à la palytoxine, notamment des ovatoxines (OVTX). Leur prolifération est susceptible d’entraîner par voie respiratoire ou cutanée, des effets néfastes sur la santé humaine et la faune marine. Depuis 2020, plusieurs épisodes de prolifération ont été observés sur le littoral Basque, conduisant à des fermetures de plages en raison de potentielles intoxications. Le projet OSTREOBILA (OSTREOpsis au Pays Basque: Impacts sur le Littoral et la santé des usAgers) est né lors d’ateliers de travail animés par le Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Littoral Basque, sous l’impulsion des gestionnaires du littoral Basque français et espagnol. Ce programme de recherche financé par des fonds Interreg Poctefa 2021-2027 est opérationnel et doit doter le territoire d’outils d’aide à la décision vis-à-vis de cette problématique nouvelle. Il vise à mieux comprendre les dynamiques de prolifération d’Ostreopsis dans le contexte local, à évaluer les risques sanitaires et vis-à-vis de la faune marine.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Le projet piloté par le GIS Littoral basque, repose sur une approche pluridisciplinaire et transfrontalière associant des partenaires scientifiques, institutionnels et de santé publique parmi lesquels l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), l’Université du Pays Basque (UPV/EHU), le Laboratoire Océanographique de Villefranche-sur-mer (LOV), AZTI (Centro de Investigación Marina y Alimentaria), Rivages Pro Tech, la Diputación foral de Gipuzkoa, la Communauté d’Agglomération du Pays Basque (CAPB), les communes littorales, le Centre antipoison et l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine, la direction de la santé publique du gouvernement basque et le Centre Hospitalier de la Côte Basque. Des expérimentations de terrain ont été réalisées en période d’efflorescence pour caractériser, quantifier rapidement la présence d’O. sp. 9 et O. cf. ovata et modéliser leur transport océanique. Des analyses écotoxicologiques sont réalisées sur des modèles de poissons et d’oursins. Parallèlement, des tests de toxicité sont conduits sur des modèles de cellules humaines à partir des toxines, gaz et autres des composés organiques volatils supposément produits par Ostreopsis. En complément, un dispositif de surveillance sanitaire a été mis en place pour recenser et décrire les cas d’intoxications en lien potentiel avec les proliférations (atteintes ORL, respiratoires, et oculaires majoritairement) pour la population (usagers de la plage, promeneurs, riverains et surfeurs) et les professionnels exposés (secouristes des plages, restaurateurs, préleveurs, etc.).</div></div><div><h3>Rés","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S87-S88"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365842","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.052
M.-Y. Bottein , N. Arnich , A. Maillot , M. Nicolas , L. de Haro , S. Sinno-Tellier
<div><h3>Objectif</h3><div>La ciguatera est une intoxication liée à la consommation de poissons contaminés par des ciguatoxines, produites par des microalgues des récifs coralliens. L’objectif de cette recherche bibliographique était de recenser les espèces de poissons rapportées dans les articles scientifiques portant sur les ciguatoxines et les cas de ciguatera en zone Caraïbes, en complément d’analyses biologiques réalisées sur des échantillons de poissons ou de restes de repas liés à des cas de ciguatera dans les Antilles françaises.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les recherches ont été réalisées en juin 2024 dans les bases de données PUBMED et SCOPUS, sans limite de date. Les requêtes ont combiné des mots-clés relatifs aux ciguatoxines, à la ciguatera et aux intoxications humaines avec des termes géographiques ciblant la région Caraïbes. Les territoires concernés ont inclus les départements français d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Martin, Saint-Barthélemy) ainsi qu’un ensemble d’îles et de pays côtiers de la mer des Caraïbes, et des côtes continentales voisines. Une grille de relecture et des critères de sélection ont été appliqués pour extraire les données pertinentes des articles : nom des espèces impliquées, taille, poids et partie consommée. Les articles étaient inclus s’ils mentionnaient au moins un cas humain de ciguatera et/ou une quantification de ciguatoxines avec identification du poisson (nom commun ou scientifique), dans la zone Caraïbes.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Après suppression des doublons entre PUBMED et SCOPUS, 484 références ont été identifiées. Au total, 107 références ont été sélectionnées à partir des titres et résumés et in fine 61 articles ont été inclus dans l’analyse. Des espèces à risque de ciguatera (contaminées par des ciguatoxines ou associées à des cas de ciguatera) ont été identifiées dans la totalité des îles des Antilles françaises : Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Grande-Terre et Basse-Terre en Guadeloupe, les Saintes, Marie-Galante, La Martinique. Des espèces à risque de ciguatera ont également été identifiées dans les Petites Antilles hors France : Saint Eustache, Anguilla, Aruba, ainsi que dans les Grandes Antilles : Cuba, Bahamas, Jamaïque, Haïti, République Dominicaine et en zone continentale : dans trois États des États-Unis : Floride, Caroline du Sud, Caroline du Nord ; deux dépendances des États-Unis : Porto Rico et Îles Vierges Américaines et un État du Mexique : Quintana Roo. Selon les critères retenus, 33 espèces de poissons ont été rapportées dans des publications concernant les Antilles françaises, en lien avec des cas humains de ciguatera, auxquelles s’ajoutent des mentions non précisées de mérous, carangues et vivaneaux. Dans le reste de la zone Caraïbes, 30 espèces ont été identifiées comme associées à des cas humains, avec également des mérous, carangues, sérioles, mulets et vivaneaux sans précision d’espèce. Enfin, 46 espèces ont été rapportées dans l
{"title":"Poissons vecteurs de ciguatera dans les Antilles françaises : revue de la littérature","authors":"M.-Y. Bottein , N. Arnich , A. Maillot , M. Nicolas , L. de Haro , S. Sinno-Tellier","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.052","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.052","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La ciguatera est une intoxication liée à la consommation de poissons contaminés par des ciguatoxines, produites par des microalgues des récifs coralliens. L’objectif de cette recherche bibliographique était de recenser les espèces de poissons rapportées dans les articles scientifiques portant sur les ciguatoxines et les cas de ciguatera en zone Caraïbes, en complément d’analyses biologiques réalisées sur des échantillons de poissons ou de restes de repas liés à des cas de ciguatera dans les Antilles françaises.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les recherches ont été réalisées en juin 2024 dans les bases de données PUBMED et SCOPUS, sans limite de date. Les requêtes ont combiné des mots-clés relatifs aux ciguatoxines, à la ciguatera et aux intoxications humaines avec des termes géographiques ciblant la région Caraïbes. Les territoires concernés ont inclus les départements français d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Martin, Saint-Barthélemy) ainsi qu’un ensemble d’îles et de pays côtiers de la mer des Caraïbes, et des côtes continentales voisines. Une grille de relecture et des critères de sélection ont été appliqués pour extraire les données pertinentes des articles : nom des espèces impliquées, taille, poids et partie consommée. Les articles étaient inclus s’ils mentionnaient au moins un cas humain de ciguatera et/ou une quantification de ciguatoxines avec identification du poisson (nom commun ou scientifique), dans la zone Caraïbes.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Après suppression des doublons entre PUBMED et SCOPUS, 484 références ont été identifiées. Au total, 107 références ont été sélectionnées à partir des titres et résumés et in fine 61 articles ont été inclus dans l’analyse. Des espèces à risque de ciguatera (contaminées par des ciguatoxines ou associées à des cas de ciguatera) ont été identifiées dans la totalité des îles des Antilles françaises : Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Grande-Terre et Basse-Terre en Guadeloupe, les Saintes, Marie-Galante, La Martinique. Des espèces à risque de ciguatera ont également été identifiées dans les Petites Antilles hors France : Saint Eustache, Anguilla, Aruba, ainsi que dans les Grandes Antilles : Cuba, Bahamas, Jamaïque, Haïti, République Dominicaine et en zone continentale : dans trois États des États-Unis : Floride, Caroline du Sud, Caroline du Nord ; deux dépendances des États-Unis : Porto Rico et Îles Vierges Américaines et un État du Mexique : Quintana Roo. Selon les critères retenus, 33 espèces de poissons ont été rapportées dans des publications concernant les Antilles françaises, en lien avec des cas humains de ciguatera, auxquelles s’ajoutent des mentions non précisées de mérous, carangues et vivaneaux. Dans le reste de la zone Caraïbes, 30 espèces ont été identifiées comme associées à des cas humains, avec également des mérous, carangues, sérioles, mulets et vivaneaux sans précision d’espèce. Enfin, 46 espèces ont été rapportées dans l","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S112-S113"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365851","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.036
M. Kammerer, A.P. Soares, M. Beauvallet, H. Pouliquen, M.A. Moriceau
<div><h3>Objectif</h3><div>Description d’une intoxication probable par l’ecstasy chez le chien, et de son traitement par perfusion d’émulsion lipidique.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Présentation d’un cas clinique ayant fait l’objet d’un appel au CAPAE-Ouest.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Une chienne Setter anglais (11 ans 20<!--> <!-->kg) est présentée en urgence à la clinique vétérinaire parce qu’elle présente des troubles neurologiques sévères : état de conscience altéré, ataxie avec tremblements généralisés, ainsi qu’une salivation abondante et une incontinence urinaire. Ces signes sont apparus 2<!--> <!-->h après qu’elle a ingéré les selles de son propriétaire, qui a déféqué la veille dans le jardin au retour d’une soirée au cours de laquelle il a consommé de l’ecstasy. Le vétérinaire appelle alors le CAPAE-Ouest pour discuter de la conduite à tenir, et plus particulièrement de l’intérêt de la perfusion d’émulsion lipidique. Il lui est conseillé de mettre l’animal au calme, de surveiller sa température pour contrôler une possible hyperthermie et d’administrer des benzodiazépines pour corriger les troubles neuromusculaires. Mais si ces mesures sont insuffisantes, la mise en place d’une lipidothérapie est effectivement envisageable. L’animal est hospitalisé et entre dans une profonde léthargie. Face à l’absence d’amélioration, la lipidothérapie est instaurée 2<!--> <!-->h plus tard, selon le protocole conseillé en médecine humaine (bolus de 1,5<!--> <!-->mL/kg par voie intraveineuse lente suivi d’une perfusion de 0,25<!--> <!-->mL/kg/min pendant 30<!--> <!-->minutes à 1 heure). Son état général s’améliore alors de façon spectaculaire, avec disparition totale des symptômes et reprise de l’appétit dans les 2<!--> <!-->h qui suivent.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’ecstasy est le nom commun d’une drogue généralement à base de MDMA (3,4-méthylène-dioxy-N-méthylamphétamine), bien que sa composition puisse également renfermer d’autres substances psychoactives. Sa résorption est importante et rapide chez l’homme, elle est partiellement métabolisée par les cytochromes P450 mais la majeure partie est excrétée dans les urines sous forme inchangée. Le devenir dans l’organisme est comparable chez le chien, bien que le métabolisme hépatique semble plus important <span><span>[1]</span></span> chez cette espèce. Ce cas suggère qu’une fraction significative de la substance peut aussi être éliminée dans les fèces, par résorption incomplète ou élimination biliaire. L’ingestion de selles est un pica fréquent chez le chien et c’est une circonstance d’intoxication médicamenteuse relativement courante. Le tableau clinique est l’expression d’un syndrome sérotoninergique chez les animaux comme chez l’homme. Le traitement préconisé en médecine humaine est symptomatique, mais la lipidothérapie a été utilisée avec succès lors d’intoxication à la méthamphétamine <span><span>[2]</span></span>. Cette observation chez une chienne conforte l’hypothè
描述可能的摇头丸中毒和脂质乳液输液治疗。方法向CAPAE- West提交一个临床病例。一只英国塞特犬(11岁,20公斤)被紧急送往兽医诊所,因为它表现出严重的神经系统疾病:意识受损、共治并伴有广泛的震颤、大量唾液和尿失禁。这些迹象是在她吞下主人的粪便2小时后出现的,前一天晚上,主人在吃了摇头丸后在花园里大便。然后,兽医打电话给CAPAE- West,讨论应采取的行动,特别是脂质乳液输注的重要性。建议让动物平静下来,监测体温以控制可能的体温过高,并使用苯二氮卓类药物治疗神经肌肉疾病。然而,如果这些措施还不够,引入脂质疗法确实是可能的。这只动物被送进了医院,陷入了严重的昏睡。如果没有改善,2小时后开始脂质治疗,按照人体推荐的方案(缓慢静脉注射1.5 mL/kg,然后输注0.25 mL/kg/min, 30分钟至1小时)。他的整体状况显著改善,症状完全消失,食欲在2小时内恢复。摇头丸是一种通常以MDMA(3,4-甲基-二恶英- n -甲基安非他明)为基础的药物的通用名称,尽管它也可能含有其他精神活性物质。它在人类中被大量和快速吸收,部分被细胞色素P450代谢,但大部分在尿液中以不变的形式排泄。在体内的发展与狗相似,尽管该物种的肝脏代谢似乎更重要[1]。这表明,该物质的很大一部分也可以通过不完全吸收或胆道消除从粪便中去除。狗的粪便摄入是一种常见的疾病,是药物中毒的一种相对常见的情况。临床表现是动物和人类血清素能综合征的表现。在人类医学中推荐的治疗是症状性的,但脂质疗法已经成功地用于甲基苯丙胺中毒[2]。在母狗身上的这一观察结果支持了一种假设,即使用脂质乳剂输液可以更快地恢复。与大多数精神活性物质一样,MDMA具有良好的亲脂性,其分布量很大,这两个标准是决定是否实施这种治疗的决定性因素。结论虽然有关物质尚未被准确识别,但这一发现有助于了解摇头丸的药代动力学特征,并提出了粪便分析研究的价值问题。这个案例也说明了脂质疗法在治疗精神药物中毒方面的重要性。
{"title":"Lipidothérapie chez une chienne intoxiquée par l’ecstasy après ingestion des selles de son propriétaire","authors":"M. Kammerer, A.P. Soares, M. Beauvallet, H. Pouliquen, M.A. Moriceau","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.036","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.036","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Description d’une intoxication probable par l’ecstasy chez le chien, et de son traitement par perfusion d’émulsion lipidique.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Présentation d’un cas clinique ayant fait l’objet d’un appel au CAPAE-Ouest.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Une chienne Setter anglais (11 ans 20<!--> <!-->kg) est présentée en urgence à la clinique vétérinaire parce qu’elle présente des troubles neurologiques sévères : état de conscience altéré, ataxie avec tremblements généralisés, ainsi qu’une salivation abondante et une incontinence urinaire. Ces signes sont apparus 2<!--> <!-->h après qu’elle a ingéré les selles de son propriétaire, qui a déféqué la veille dans le jardin au retour d’une soirée au cours de laquelle il a consommé de l’ecstasy. Le vétérinaire appelle alors le CAPAE-Ouest pour discuter de la conduite à tenir, et plus particulièrement de l’intérêt de la perfusion d’émulsion lipidique. Il lui est conseillé de mettre l’animal au calme, de surveiller sa température pour contrôler une possible hyperthermie et d’administrer des benzodiazépines pour corriger les troubles neuromusculaires. Mais si ces mesures sont insuffisantes, la mise en place d’une lipidothérapie est effectivement envisageable. L’animal est hospitalisé et entre dans une profonde léthargie. Face à l’absence d’amélioration, la lipidothérapie est instaurée 2<!--> <!-->h plus tard, selon le protocole conseillé en médecine humaine (bolus de 1,5<!--> <!-->mL/kg par voie intraveineuse lente suivi d’une perfusion de 0,25<!--> <!-->mL/kg/min pendant 30<!--> <!-->minutes à 1 heure). Son état général s’améliore alors de façon spectaculaire, avec disparition totale des symptômes et reprise de l’appétit dans les 2<!--> <!-->h qui suivent.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’ecstasy est le nom commun d’une drogue généralement à base de MDMA (3,4-méthylène-dioxy-N-méthylamphétamine), bien que sa composition puisse également renfermer d’autres substances psychoactives. Sa résorption est importante et rapide chez l’homme, elle est partiellement métabolisée par les cytochromes P450 mais la majeure partie est excrétée dans les urines sous forme inchangée. Le devenir dans l’organisme est comparable chez le chien, bien que le métabolisme hépatique semble plus important <span><span>[1]</span></span> chez cette espèce. Ce cas suggère qu’une fraction significative de la substance peut aussi être éliminée dans les fèces, par résorption incomplète ou élimination biliaire. L’ingestion de selles est un pica fréquent chez le chien et c’est une circonstance d’intoxication médicamenteuse relativement courante. Le tableau clinique est l’expression d’un syndrome sérotoninergique chez les animaux comme chez l’homme. Le traitement préconisé en médecine humaine est symptomatique, mais la lipidothérapie a été utilisée avec succès lors d’intoxication à la méthamphétamine <span><span>[2]</span></span>. Cette observation chez une chienne conforte l’hypothè","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S101"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366137","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.050
T. Blaise , C. Roman , J. Langrand
<div><h3>Objectif</h3><div>Des cas graves et des décès consécutifs à l’ingestion de raticides importés illégalement en Guyane française ont motivé la réalisation d’une étude visant à décrire les cas d’intoxications aiguës pédiatriques par rodenticides en Guyane, notamment : population exposée, contexte des expositions, agents impliqués et symptomatologie observée.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Extraction des dossiers du système d’information des CAP entre le 1<sup>er</sup> janvier 2010 et le 31 décembre 2024, chez les moins de 18 ans exposés à un raticide sur le territoire guyanais.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Deux cent huit (208) cas ont été recensés sur la période. Entre 2010 et 2020, 10 à 15 cas étaient rapportés chaque année, puis une augmentation significative a été observée à partir de 2021 pour atteindre un maximum de 36 cas en 2024. Les enfants de moins de 2 ans représentaient 65 % des cas. Les expositions avaient lieu en grande majorité au domicile, par méconnaissance du danger. Dans un quart des cas, le raticide était mélangé à de la nourriture. Quinze intoxications volontaires (conduites suicidaires) ont été relevées chez des enfants à partir de 11 ans dans l’étude ; les préadolescents et adolescents représentent près de 30 % des décès par suicide en Guyane <span><span>[1]</span></span>. Pour 35 % des cas, le raticide était vendu sous forme liquide, et pour plus d’un cas sur deux, le produit n’avait pas été acheté en filière conventionnelle et provenait de Chine. 56 % des molécules utilisées étaient des AVK et 7,7 % des agents neurotoxiques, globalement responsables des cas les plus graves. Un décès et neuf cas sévères ont été observés, dont un ayant entraîné des séquelles neurologiques.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Sur la période d’étude, une nette augmentation du nombre de cas est constatée depuis 2021. Également, l’exposition à des raticides sous forme liquide, souvent fabriqués en Chine et achetés au Suriname, est en forte progression depuis 2020 et représentait la majorité des expositions en 2024. L’identification précise de la molécule incriminée a rarement pu être réalisée, mais la présence de fluoroacétate de sodium a été confirmée dans un cas et suspecté dans trois autres, où des symptômes neurologiques étaient associés. Les prises en charge étaient complexes, car des produits étiquetés comme contenant des AVK faiblement dosés contenaient vraisemblablement des agents neurotoxiques. Une campagne de prévention a été lancée en décembre 2024 par la préfecture de Guyane pour alerter sur les dangers d’un raticide chinois appelé « Hai-Zhen-Wei », impliqué dans un décès en Guyane et également deux décès en Nouvelle-Aquitaine en 2021. Ce produit, acheté au Suriname, introduit en Guyane puis en France hexagonale, contenait du fluoroacétate de sodium (ou 1080) <span><span>[2]</span></span>. Cette molécule, utilisée comme rodenticide, est hautement toxique pour les mammifères, y compris l’homme, par blocage du
{"title":"Étude rétrospective des intoxications aiguës pédiatriques aux raticides en Guyane française : données des centres antipoison entre 2010 et 2024","authors":"T. Blaise , C. Roman , J. Langrand","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.050","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.050","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Des cas graves et des décès consécutifs à l’ingestion de raticides importés illégalement en Guyane française ont motivé la réalisation d’une étude visant à décrire les cas d’intoxications aiguës pédiatriques par rodenticides en Guyane, notamment : population exposée, contexte des expositions, agents impliqués et symptomatologie observée.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Extraction des dossiers du système d’information des CAP entre le 1<sup>er</sup> janvier 2010 et le 31 décembre 2024, chez les moins de 18 ans exposés à un raticide sur le territoire guyanais.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Deux cent huit (208) cas ont été recensés sur la période. Entre 2010 et 2020, 10 à 15 cas étaient rapportés chaque année, puis une augmentation significative a été observée à partir de 2021 pour atteindre un maximum de 36 cas en 2024. Les enfants de moins de 2 ans représentaient 65 % des cas. Les expositions avaient lieu en grande majorité au domicile, par méconnaissance du danger. Dans un quart des cas, le raticide était mélangé à de la nourriture. Quinze intoxications volontaires (conduites suicidaires) ont été relevées chez des enfants à partir de 11 ans dans l’étude ; les préadolescents et adolescents représentent près de 30 % des décès par suicide en Guyane <span><span>[1]</span></span>. Pour 35 % des cas, le raticide était vendu sous forme liquide, et pour plus d’un cas sur deux, le produit n’avait pas été acheté en filière conventionnelle et provenait de Chine. 56 % des molécules utilisées étaient des AVK et 7,7 % des agents neurotoxiques, globalement responsables des cas les plus graves. Un décès et neuf cas sévères ont été observés, dont un ayant entraîné des séquelles neurologiques.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Sur la période d’étude, une nette augmentation du nombre de cas est constatée depuis 2021. Également, l’exposition à des raticides sous forme liquide, souvent fabriqués en Chine et achetés au Suriname, est en forte progression depuis 2020 et représentait la majorité des expositions en 2024. L’identification précise de la molécule incriminée a rarement pu être réalisée, mais la présence de fluoroacétate de sodium a été confirmée dans un cas et suspecté dans trois autres, où des symptômes neurologiques étaient associés. Les prises en charge étaient complexes, car des produits étiquetés comme contenant des AVK faiblement dosés contenaient vraisemblablement des agents neurotoxiques. Une campagne de prévention a été lancée en décembre 2024 par la préfecture de Guyane pour alerter sur les dangers d’un raticide chinois appelé « Hai-Zhen-Wei », impliqué dans un décès en Guyane et également deux décès en Nouvelle-Aquitaine en 2021. Ce produit, acheté au Suriname, introduit en Guyane puis en France hexagonale, contenait du fluoroacétate de sodium (ou 1080) <span><span>[2]</span></span>. Cette molécule, utilisée comme rodenticide, est hautement toxique pour les mammifères, y compris l’homme, par blocage du","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S111-S112"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366138","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}