Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.083
A. Bocquet Escourrou , C. Paradis
<div><h3>Introduction et objectif</h3><div>Depuis plusieurs années, la prolifération d’espèces de microalgues toxiques du genre Ostreopsis est observée sur la côte Basque. Ces dinoflagellés benthiques, historiquement décrits en Méditerranée, produisent pour certains des toxines apparentées à la palytoxine, notamment des ovatoxines (OVTX). Leur prolifération est susceptible d’entraîner par voie respiratoire ou cutanée, des effets néfastes sur la santé humaine et la faune marine. Depuis 2020, plusieurs épisodes de prolifération ont été observés sur le littoral Basque, conduisant à des fermetures de plages en raison de potentielles intoxications. Le projet OSTREOBILA (OSTREOpsis au Pays Basque: Impacts sur le Littoral et la santé des usAgers) est né lors d’ateliers de travail animés par le Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Littoral Basque, sous l’impulsion des gestionnaires du littoral Basque français et espagnol. Ce programme de recherche financé par des fonds Interreg Poctefa 2021-2027 est opérationnel et doit doter le territoire d’outils d’aide à la décision vis-à-vis de cette problématique nouvelle. Il vise à mieux comprendre les dynamiques de prolifération d’Ostreopsis dans le contexte local, à évaluer les risques sanitaires et vis-à-vis de la faune marine.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Le projet piloté par le GIS Littoral basque, repose sur une approche pluridisciplinaire et transfrontalière associant des partenaires scientifiques, institutionnels et de santé publique parmi lesquels l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), l’Université du Pays Basque (UPV/EHU), le Laboratoire Océanographique de Villefranche-sur-mer (LOV), AZTI (Centro de Investigación Marina y Alimentaria), Rivages Pro Tech, la Diputación foral de Gipuzkoa, la Communauté d’Agglomération du Pays Basque (CAPB), les communes littorales, le Centre antipoison et l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine, la direction de la santé publique du gouvernement basque et le Centre Hospitalier de la Côte Basque. Des expérimentations de terrain ont été réalisées en période d’efflorescence pour caractériser, quantifier rapidement la présence d’O. sp. 9 et O. cf. ovata et modéliser leur transport océanique. Des analyses écotoxicologiques sont réalisées sur des modèles de poissons et d’oursins. Parallèlement, des tests de toxicité sont conduits sur des modèles de cellules humaines à partir des toxines, gaz et autres des composés organiques volatils supposément produits par Ostreopsis. En complément, un dispositif de surveillance sanitaire a été mis en place pour recenser et décrire les cas d’intoxications en lien potentiel avec les proliférations (atteintes ORL, respiratoires, et oculaires majoritairement) pour la population (usagers de la plage, promeneurs, riverains et surfeurs) et les professionnels exposés (secouristes des plages, restaurateurs, préleveurs, etc.).</div></div><div><h3>Rés
几年来,在巴斯克海岸观察到Ostroopsis属的有毒微藻物种的扩散。这些海底甲藻、地中海的历史描述,对于某些职毒素产生毒素,特别是ovatoxines OVTX)。它们的扩散可能通过呼吸道或皮肤对人类健康和海洋野生动物产生有害影响。自2020年以来,在巴斯克海岸发生了几起核扩散事件,导致海滩因潜在的中毒而关闭。草案OSTREOBILA (OSTREOpsis在巴斯克地区海岸线和使用者的健康影响:工作研讨会上,)出生于驱使科学兴趣小组(GIS)海岸巴斯克人的推动下,基金经理根据法国和西班牙的巴斯克人。本研究计划资助的实习Poctefa 2021-2027是领土和业务必须具备决策支持工具,对这一新问题。它的目的是更好地了解Ostropsis在当地环境下的繁殖动态,并评估对健康和海洋动物的风险。MéthodeLe牵头的项目,巴斯克的海岸线,是基于GIS的跨学科和跨界结合的体制和公共健康科学伙伴,其中法国海洋开发研究所(Ifremer)、波城大学和国鸟(UPPA)、巴斯克地区大学海洋学实验室(中心)、科克/维尔(LOV graeme macfadyen)、o (n (Centro de Investigaci玛丽娜·利门),Rivages Pro Tech、Diputacion foral de Gipuzkoa、巴斯克地区聚集社区(CAPB)、沿海社区、新阿基坦地区卫生局、巴斯克政府公共卫生局和巴斯克海岸医院中心。在开花期间进行了实地实验,以快速表征和量化O的存在。第9页和O. cf. ovata并模拟它们的海洋运输。对鱼类和海胆模型进行了生态毒理学分析。与此同时,对人体细胞模型进行了毒性测试,这些模型使用的是被认为是Ostroopsis产生的毒素、气体和其他挥发性有机化合物。作为补充,一个健康监测设备已经到位,以查明和说明患者中毒的潜力与华(耳鼻喉科)、呼吸道和眼部为主(人口沿岸沙滩徒步、使用者和冲浪者)和各专业介绍(参与救援,开采量、餐厅、海滩等)。结果项目初步结果显示一种经常性存在d’Ostreopsis巴斯克地区的多个海滩上见车前草与细胞浓度、不同气象条件和流体力学。对气溶胶的分析证实了微量的毒素。该项目强调了平静的夏季条件和岩石基质在扩散中的决定性作用,以及为巴斯克海岸制定具体监测、预警和管理议定书的必要性。高浓度的剧集,恰逢卫生警报。症状从严重(根据中毒严重程度评分[1]评估)到轻度(主要是咳嗽、鼻炎、口咽疼痛)到中度(主要是哮喘发作)。ConclusionLe OSTREOBILA项目凸显了科学家、卫生当局之间密切协作的必要性和地方政府来监督和管理华d’Ostreopsis。这是一个双重问题:保护公众健康和保护巴斯克沿海地区,这使该地区具有吸引力。向公众清晰的沟通是必不可少的。研究方案所取得的成果将为制定一项议定书常年监测和响应能力的地方,面对这个新兴的环境风险。
{"title":"Ostreopsis au Pays Basque : Projet OSTREOBILA","authors":"A. Bocquet Escourrou , C. Paradis","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.083","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.083","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction et objectif</h3><div>Depuis plusieurs années, la prolifération d’espèces de microalgues toxiques du genre Ostreopsis est observée sur la côte Basque. Ces dinoflagellés benthiques, historiquement décrits en Méditerranée, produisent pour certains des toxines apparentées à la palytoxine, notamment des ovatoxines (OVTX). Leur prolifération est susceptible d’entraîner par voie respiratoire ou cutanée, des effets néfastes sur la santé humaine et la faune marine. Depuis 2020, plusieurs épisodes de prolifération ont été observés sur le littoral Basque, conduisant à des fermetures de plages en raison de potentielles intoxications. Le projet OSTREOBILA (OSTREOpsis au Pays Basque: Impacts sur le Littoral et la santé des usAgers) est né lors d’ateliers de travail animés par le Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Littoral Basque, sous l’impulsion des gestionnaires du littoral Basque français et espagnol. Ce programme de recherche financé par des fonds Interreg Poctefa 2021-2027 est opérationnel et doit doter le territoire d’outils d’aide à la décision vis-à-vis de cette problématique nouvelle. Il vise à mieux comprendre les dynamiques de prolifération d’Ostreopsis dans le contexte local, à évaluer les risques sanitaires et vis-à-vis de la faune marine.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Le projet piloté par le GIS Littoral basque, repose sur une approche pluridisciplinaire et transfrontalière associant des partenaires scientifiques, institutionnels et de santé publique parmi lesquels l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), l’Université du Pays Basque (UPV/EHU), le Laboratoire Océanographique de Villefranche-sur-mer (LOV), AZTI (Centro de Investigación Marina y Alimentaria), Rivages Pro Tech, la Diputación foral de Gipuzkoa, la Communauté d’Agglomération du Pays Basque (CAPB), les communes littorales, le Centre antipoison et l’Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine, la direction de la santé publique du gouvernement basque et le Centre Hospitalier de la Côte Basque. Des expérimentations de terrain ont été réalisées en période d’efflorescence pour caractériser, quantifier rapidement la présence d’O. sp. 9 et O. cf. ovata et modéliser leur transport océanique. Des analyses écotoxicologiques sont réalisées sur des modèles de poissons et d’oursins. Parallèlement, des tests de toxicité sont conduits sur des modèles de cellules humaines à partir des toxines, gaz et autres des composés organiques volatils supposément produits par Ostreopsis. En complément, un dispositif de surveillance sanitaire a été mis en place pour recenser et décrire les cas d’intoxications en lien potentiel avec les proliférations (atteintes ORL, respiratoires, et oculaires majoritairement) pour la population (usagers de la plage, promeneurs, riverains et surfeurs) et les professionnels exposés (secouristes des plages, restaurateurs, préleveurs, etc.).</div></div><div><h3>Rés","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S87-S88"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365842","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.052
M.-Y. Bottein , N. Arnich , A. Maillot , M. Nicolas , L. de Haro , S. Sinno-Tellier
<div><h3>Objectif</h3><div>La ciguatera est une intoxication liée à la consommation de poissons contaminés par des ciguatoxines, produites par des microalgues des récifs coralliens. L’objectif de cette recherche bibliographique était de recenser les espèces de poissons rapportées dans les articles scientifiques portant sur les ciguatoxines et les cas de ciguatera en zone Caraïbes, en complément d’analyses biologiques réalisées sur des échantillons de poissons ou de restes de repas liés à des cas de ciguatera dans les Antilles françaises.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les recherches ont été réalisées en juin 2024 dans les bases de données PUBMED et SCOPUS, sans limite de date. Les requêtes ont combiné des mots-clés relatifs aux ciguatoxines, à la ciguatera et aux intoxications humaines avec des termes géographiques ciblant la région Caraïbes. Les territoires concernés ont inclus les départements français d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Martin, Saint-Barthélemy) ainsi qu’un ensemble d’îles et de pays côtiers de la mer des Caraïbes, et des côtes continentales voisines. Une grille de relecture et des critères de sélection ont été appliqués pour extraire les données pertinentes des articles : nom des espèces impliquées, taille, poids et partie consommée. Les articles étaient inclus s’ils mentionnaient au moins un cas humain de ciguatera et/ou une quantification de ciguatoxines avec identification du poisson (nom commun ou scientifique), dans la zone Caraïbes.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Après suppression des doublons entre PUBMED et SCOPUS, 484 références ont été identifiées. Au total, 107 références ont été sélectionnées à partir des titres et résumés et in fine 61 articles ont été inclus dans l’analyse. Des espèces à risque de ciguatera (contaminées par des ciguatoxines ou associées à des cas de ciguatera) ont été identifiées dans la totalité des îles des Antilles françaises : Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Grande-Terre et Basse-Terre en Guadeloupe, les Saintes, Marie-Galante, La Martinique. Des espèces à risque de ciguatera ont également été identifiées dans les Petites Antilles hors France : Saint Eustache, Anguilla, Aruba, ainsi que dans les Grandes Antilles : Cuba, Bahamas, Jamaïque, Haïti, République Dominicaine et en zone continentale : dans trois États des États-Unis : Floride, Caroline du Sud, Caroline du Nord ; deux dépendances des États-Unis : Porto Rico et Îles Vierges Américaines et un État du Mexique : Quintana Roo. Selon les critères retenus, 33 espèces de poissons ont été rapportées dans des publications concernant les Antilles françaises, en lien avec des cas humains de ciguatera, auxquelles s’ajoutent des mentions non précisées de mérous, carangues et vivaneaux. Dans le reste de la zone Caraïbes, 30 espèces ont été identifiées comme associées à des cas humains, avec également des mérous, carangues, sérioles, mulets et vivaneaux sans précision d’espèce. Enfin, 46 espèces ont été rapportées dans l
{"title":"Poissons vecteurs de ciguatera dans les Antilles françaises : revue de la littérature","authors":"M.-Y. Bottein , N. Arnich , A. Maillot , M. Nicolas , L. de Haro , S. Sinno-Tellier","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.052","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.052","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La ciguatera est une intoxication liée à la consommation de poissons contaminés par des ciguatoxines, produites par des microalgues des récifs coralliens. L’objectif de cette recherche bibliographique était de recenser les espèces de poissons rapportées dans les articles scientifiques portant sur les ciguatoxines et les cas de ciguatera en zone Caraïbes, en complément d’analyses biologiques réalisées sur des échantillons de poissons ou de restes de repas liés à des cas de ciguatera dans les Antilles françaises.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les recherches ont été réalisées en juin 2024 dans les bases de données PUBMED et SCOPUS, sans limite de date. Les requêtes ont combiné des mots-clés relatifs aux ciguatoxines, à la ciguatera et aux intoxications humaines avec des termes géographiques ciblant la région Caraïbes. Les territoires concernés ont inclus les départements français d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Martin, Saint-Barthélemy) ainsi qu’un ensemble d’îles et de pays côtiers de la mer des Caraïbes, et des côtes continentales voisines. Une grille de relecture et des critères de sélection ont été appliqués pour extraire les données pertinentes des articles : nom des espèces impliquées, taille, poids et partie consommée. Les articles étaient inclus s’ils mentionnaient au moins un cas humain de ciguatera et/ou une quantification de ciguatoxines avec identification du poisson (nom commun ou scientifique), dans la zone Caraïbes.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Après suppression des doublons entre PUBMED et SCOPUS, 484 références ont été identifiées. Au total, 107 références ont été sélectionnées à partir des titres et résumés et in fine 61 articles ont été inclus dans l’analyse. Des espèces à risque de ciguatera (contaminées par des ciguatoxines ou associées à des cas de ciguatera) ont été identifiées dans la totalité des îles des Antilles françaises : Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Grande-Terre et Basse-Terre en Guadeloupe, les Saintes, Marie-Galante, La Martinique. Des espèces à risque de ciguatera ont également été identifiées dans les Petites Antilles hors France : Saint Eustache, Anguilla, Aruba, ainsi que dans les Grandes Antilles : Cuba, Bahamas, Jamaïque, Haïti, République Dominicaine et en zone continentale : dans trois États des États-Unis : Floride, Caroline du Sud, Caroline du Nord ; deux dépendances des États-Unis : Porto Rico et Îles Vierges Américaines et un État du Mexique : Quintana Roo. Selon les critères retenus, 33 espèces de poissons ont été rapportées dans des publications concernant les Antilles françaises, en lien avec des cas humains de ciguatera, auxquelles s’ajoutent des mentions non précisées de mérous, carangues et vivaneaux. Dans le reste de la zone Caraïbes, 30 espèces ont été identifiées comme associées à des cas humains, avec également des mérous, carangues, sérioles, mulets et vivaneaux sans précision d’espèce. Enfin, 46 espèces ont été rapportées dans l","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S112-S113"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365851","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.036
M. Kammerer, A.P. Soares, M. Beauvallet, H. Pouliquen, M.A. Moriceau
<div><h3>Objectif</h3><div>Description d’une intoxication probable par l’ecstasy chez le chien, et de son traitement par perfusion d’émulsion lipidique.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Présentation d’un cas clinique ayant fait l’objet d’un appel au CAPAE-Ouest.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Une chienne Setter anglais (11 ans 20<!--> <!-->kg) est présentée en urgence à la clinique vétérinaire parce qu’elle présente des troubles neurologiques sévères : état de conscience altéré, ataxie avec tremblements généralisés, ainsi qu’une salivation abondante et une incontinence urinaire. Ces signes sont apparus 2<!--> <!-->h après qu’elle a ingéré les selles de son propriétaire, qui a déféqué la veille dans le jardin au retour d’une soirée au cours de laquelle il a consommé de l’ecstasy. Le vétérinaire appelle alors le CAPAE-Ouest pour discuter de la conduite à tenir, et plus particulièrement de l’intérêt de la perfusion d’émulsion lipidique. Il lui est conseillé de mettre l’animal au calme, de surveiller sa température pour contrôler une possible hyperthermie et d’administrer des benzodiazépines pour corriger les troubles neuromusculaires. Mais si ces mesures sont insuffisantes, la mise en place d’une lipidothérapie est effectivement envisageable. L’animal est hospitalisé et entre dans une profonde léthargie. Face à l’absence d’amélioration, la lipidothérapie est instaurée 2<!--> <!-->h plus tard, selon le protocole conseillé en médecine humaine (bolus de 1,5<!--> <!-->mL/kg par voie intraveineuse lente suivi d’une perfusion de 0,25<!--> <!-->mL/kg/min pendant 30<!--> <!-->minutes à 1 heure). Son état général s’améliore alors de façon spectaculaire, avec disparition totale des symptômes et reprise de l’appétit dans les 2<!--> <!-->h qui suivent.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’ecstasy est le nom commun d’une drogue généralement à base de MDMA (3,4-méthylène-dioxy-N-méthylamphétamine), bien que sa composition puisse également renfermer d’autres substances psychoactives. Sa résorption est importante et rapide chez l’homme, elle est partiellement métabolisée par les cytochromes P450 mais la majeure partie est excrétée dans les urines sous forme inchangée. Le devenir dans l’organisme est comparable chez le chien, bien que le métabolisme hépatique semble plus important <span><span>[1]</span></span> chez cette espèce. Ce cas suggère qu’une fraction significative de la substance peut aussi être éliminée dans les fèces, par résorption incomplète ou élimination biliaire. L’ingestion de selles est un pica fréquent chez le chien et c’est une circonstance d’intoxication médicamenteuse relativement courante. Le tableau clinique est l’expression d’un syndrome sérotoninergique chez les animaux comme chez l’homme. Le traitement préconisé en médecine humaine est symptomatique, mais la lipidothérapie a été utilisée avec succès lors d’intoxication à la méthamphétamine <span><span>[2]</span></span>. Cette observation chez une chienne conforte l’hypothè
描述可能的摇头丸中毒和脂质乳液输液治疗。方法向CAPAE- West提交一个临床病例。一只英国塞特犬(11岁,20公斤)被紧急送往兽医诊所,因为它表现出严重的神经系统疾病:意识受损、共治并伴有广泛的震颤、大量唾液和尿失禁。这些迹象是在她吞下主人的粪便2小时后出现的,前一天晚上,主人在吃了摇头丸后在花园里大便。然后,兽医打电话给CAPAE- West,讨论应采取的行动,特别是脂质乳液输注的重要性。建议让动物平静下来,监测体温以控制可能的体温过高,并使用苯二氮卓类药物治疗神经肌肉疾病。然而,如果这些措施还不够,引入脂质疗法确实是可能的。这只动物被送进了医院,陷入了严重的昏睡。如果没有改善,2小时后开始脂质治疗,按照人体推荐的方案(缓慢静脉注射1.5 mL/kg,然后输注0.25 mL/kg/min, 30分钟至1小时)。他的整体状况显著改善,症状完全消失,食欲在2小时内恢复。摇头丸是一种通常以MDMA(3,4-甲基-二恶英- n -甲基安非他明)为基础的药物的通用名称,尽管它也可能含有其他精神活性物质。它在人类中被大量和快速吸收,部分被细胞色素P450代谢,但大部分在尿液中以不变的形式排泄。在体内的发展与狗相似,尽管该物种的肝脏代谢似乎更重要[1]。这表明,该物质的很大一部分也可以通过不完全吸收或胆道消除从粪便中去除。狗的粪便摄入是一种常见的疾病,是药物中毒的一种相对常见的情况。临床表现是动物和人类血清素能综合征的表现。在人类医学中推荐的治疗是症状性的,但脂质疗法已经成功地用于甲基苯丙胺中毒[2]。在母狗身上的这一观察结果支持了一种假设,即使用脂质乳剂输液可以更快地恢复。与大多数精神活性物质一样,MDMA具有良好的亲脂性,其分布量很大,这两个标准是决定是否实施这种治疗的决定性因素。结论虽然有关物质尚未被准确识别,但这一发现有助于了解摇头丸的药代动力学特征,并提出了粪便分析研究的价值问题。这个案例也说明了脂质疗法在治疗精神药物中毒方面的重要性。
{"title":"Lipidothérapie chez une chienne intoxiquée par l’ecstasy après ingestion des selles de son propriétaire","authors":"M. Kammerer, A.P. Soares, M. Beauvallet, H. Pouliquen, M.A. Moriceau","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.036","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.036","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Description d’une intoxication probable par l’ecstasy chez le chien, et de son traitement par perfusion d’émulsion lipidique.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Présentation d’un cas clinique ayant fait l’objet d’un appel au CAPAE-Ouest.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Une chienne Setter anglais (11 ans 20<!--> <!-->kg) est présentée en urgence à la clinique vétérinaire parce qu’elle présente des troubles neurologiques sévères : état de conscience altéré, ataxie avec tremblements généralisés, ainsi qu’une salivation abondante et une incontinence urinaire. Ces signes sont apparus 2<!--> <!-->h après qu’elle a ingéré les selles de son propriétaire, qui a déféqué la veille dans le jardin au retour d’une soirée au cours de laquelle il a consommé de l’ecstasy. Le vétérinaire appelle alors le CAPAE-Ouest pour discuter de la conduite à tenir, et plus particulièrement de l’intérêt de la perfusion d’émulsion lipidique. Il lui est conseillé de mettre l’animal au calme, de surveiller sa température pour contrôler une possible hyperthermie et d’administrer des benzodiazépines pour corriger les troubles neuromusculaires. Mais si ces mesures sont insuffisantes, la mise en place d’une lipidothérapie est effectivement envisageable. L’animal est hospitalisé et entre dans une profonde léthargie. Face à l’absence d’amélioration, la lipidothérapie est instaurée 2<!--> <!-->h plus tard, selon le protocole conseillé en médecine humaine (bolus de 1,5<!--> <!-->mL/kg par voie intraveineuse lente suivi d’une perfusion de 0,25<!--> <!-->mL/kg/min pendant 30<!--> <!-->minutes à 1 heure). Son état général s’améliore alors de façon spectaculaire, avec disparition totale des symptômes et reprise de l’appétit dans les 2<!--> <!-->h qui suivent.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’ecstasy est le nom commun d’une drogue généralement à base de MDMA (3,4-méthylène-dioxy-N-méthylamphétamine), bien que sa composition puisse également renfermer d’autres substances psychoactives. Sa résorption est importante et rapide chez l’homme, elle est partiellement métabolisée par les cytochromes P450 mais la majeure partie est excrétée dans les urines sous forme inchangée. Le devenir dans l’organisme est comparable chez le chien, bien que le métabolisme hépatique semble plus important <span><span>[1]</span></span> chez cette espèce. Ce cas suggère qu’une fraction significative de la substance peut aussi être éliminée dans les fèces, par résorption incomplète ou élimination biliaire. L’ingestion de selles est un pica fréquent chez le chien et c’est une circonstance d’intoxication médicamenteuse relativement courante. Le tableau clinique est l’expression d’un syndrome sérotoninergique chez les animaux comme chez l’homme. Le traitement préconisé en médecine humaine est symptomatique, mais la lipidothérapie a été utilisée avec succès lors d’intoxication à la méthamphétamine <span><span>[2]</span></span>. Cette observation chez une chienne conforte l’hypothè","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S101"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366137","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.050
T. Blaise , C. Roman , J. Langrand
<div><h3>Objectif</h3><div>Des cas graves et des décès consécutifs à l’ingestion de raticides importés illégalement en Guyane française ont motivé la réalisation d’une étude visant à décrire les cas d’intoxications aiguës pédiatriques par rodenticides en Guyane, notamment : population exposée, contexte des expositions, agents impliqués et symptomatologie observée.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Extraction des dossiers du système d’information des CAP entre le 1<sup>er</sup> janvier 2010 et le 31 décembre 2024, chez les moins de 18 ans exposés à un raticide sur le territoire guyanais.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Deux cent huit (208) cas ont été recensés sur la période. Entre 2010 et 2020, 10 à 15 cas étaient rapportés chaque année, puis une augmentation significative a été observée à partir de 2021 pour atteindre un maximum de 36 cas en 2024. Les enfants de moins de 2 ans représentaient 65 % des cas. Les expositions avaient lieu en grande majorité au domicile, par méconnaissance du danger. Dans un quart des cas, le raticide était mélangé à de la nourriture. Quinze intoxications volontaires (conduites suicidaires) ont été relevées chez des enfants à partir de 11 ans dans l’étude ; les préadolescents et adolescents représentent près de 30 % des décès par suicide en Guyane <span><span>[1]</span></span>. Pour 35 % des cas, le raticide était vendu sous forme liquide, et pour plus d’un cas sur deux, le produit n’avait pas été acheté en filière conventionnelle et provenait de Chine. 56 % des molécules utilisées étaient des AVK et 7,7 % des agents neurotoxiques, globalement responsables des cas les plus graves. Un décès et neuf cas sévères ont été observés, dont un ayant entraîné des séquelles neurologiques.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Sur la période d’étude, une nette augmentation du nombre de cas est constatée depuis 2021. Également, l’exposition à des raticides sous forme liquide, souvent fabriqués en Chine et achetés au Suriname, est en forte progression depuis 2020 et représentait la majorité des expositions en 2024. L’identification précise de la molécule incriminée a rarement pu être réalisée, mais la présence de fluoroacétate de sodium a été confirmée dans un cas et suspecté dans trois autres, où des symptômes neurologiques étaient associés. Les prises en charge étaient complexes, car des produits étiquetés comme contenant des AVK faiblement dosés contenaient vraisemblablement des agents neurotoxiques. Une campagne de prévention a été lancée en décembre 2024 par la préfecture de Guyane pour alerter sur les dangers d’un raticide chinois appelé « Hai-Zhen-Wei », impliqué dans un décès en Guyane et également deux décès en Nouvelle-Aquitaine en 2021. Ce produit, acheté au Suriname, introduit en Guyane puis en France hexagonale, contenait du fluoroacétate de sodium (ou 1080) <span><span>[2]</span></span>. Cette molécule, utilisée comme rodenticide, est hautement toxique pour les mammifères, y compris l’homme, par blocage du
{"title":"Étude rétrospective des intoxications aiguës pédiatriques aux raticides en Guyane française : données des centres antipoison entre 2010 et 2024","authors":"T. Blaise , C. Roman , J. Langrand","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.050","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.050","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Des cas graves et des décès consécutifs à l’ingestion de raticides importés illégalement en Guyane française ont motivé la réalisation d’une étude visant à décrire les cas d’intoxications aiguës pédiatriques par rodenticides en Guyane, notamment : population exposée, contexte des expositions, agents impliqués et symptomatologie observée.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Extraction des dossiers du système d’information des CAP entre le 1<sup>er</sup> janvier 2010 et le 31 décembre 2024, chez les moins de 18 ans exposés à un raticide sur le territoire guyanais.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Deux cent huit (208) cas ont été recensés sur la période. Entre 2010 et 2020, 10 à 15 cas étaient rapportés chaque année, puis une augmentation significative a été observée à partir de 2021 pour atteindre un maximum de 36 cas en 2024. Les enfants de moins de 2 ans représentaient 65 % des cas. Les expositions avaient lieu en grande majorité au domicile, par méconnaissance du danger. Dans un quart des cas, le raticide était mélangé à de la nourriture. Quinze intoxications volontaires (conduites suicidaires) ont été relevées chez des enfants à partir de 11 ans dans l’étude ; les préadolescents et adolescents représentent près de 30 % des décès par suicide en Guyane <span><span>[1]</span></span>. Pour 35 % des cas, le raticide était vendu sous forme liquide, et pour plus d’un cas sur deux, le produit n’avait pas été acheté en filière conventionnelle et provenait de Chine. 56 % des molécules utilisées étaient des AVK et 7,7 % des agents neurotoxiques, globalement responsables des cas les plus graves. Un décès et neuf cas sévères ont été observés, dont un ayant entraîné des séquelles neurologiques.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Sur la période d’étude, une nette augmentation du nombre de cas est constatée depuis 2021. Également, l’exposition à des raticides sous forme liquide, souvent fabriqués en Chine et achetés au Suriname, est en forte progression depuis 2020 et représentait la majorité des expositions en 2024. L’identification précise de la molécule incriminée a rarement pu être réalisée, mais la présence de fluoroacétate de sodium a été confirmée dans un cas et suspecté dans trois autres, où des symptômes neurologiques étaient associés. Les prises en charge étaient complexes, car des produits étiquetés comme contenant des AVK faiblement dosés contenaient vraisemblablement des agents neurotoxiques. Une campagne de prévention a été lancée en décembre 2024 par la préfecture de Guyane pour alerter sur les dangers d’un raticide chinois appelé « Hai-Zhen-Wei », impliqué dans un décès en Guyane et également deux décès en Nouvelle-Aquitaine en 2021. Ce produit, acheté au Suriname, introduit en Guyane puis en France hexagonale, contenait du fluoroacétate de sodium (ou 1080) <span><span>[2]</span></span>. Cette molécule, utilisée comme rodenticide, est hautement toxique pour les mammifères, y compris l’homme, par blocage du","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S111-S112"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366138","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.059
A. Gouraud , M. Labadie , R. Azzouz , M. Lepelley , J. Bene , J. Cottin , French Poison Control Centers Research Group
<div><h3>Objectif</h3><div>Les surdosages accidentels en 5FU, qu’ils surviennent en raison d’une erreur de programmation de pompe de perfusion ou d’erreurs de calcul de dose, peuvent entraîner une toxicité sévère conduisant au décès du patient. Depuis 2015, l’uridine triacetate (Vistogard) est un antidote proposé dans la prise en charge précoce de ces erreurs. Son évaluation est basée sur une étude mono-bras comparée à une cohorte historique dans laquelle le taux de survie sans antidote a été estimé à 16 % <span><span>[1]</span></span>. Cependant, son accès limité et son coût élevé d’environ 80 000<!--> <!-->€ par traitement, rendent son utilisation inconstante. Nous souhaitons décrire la prise en charge des erreurs d’administration du 5FU en France depuis la mise à disposition de l’antidote.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>L’ensemble des cas enregistrés par les centres antipoison et les centres de pharmacovigilance français sur la période du 01/01/2014 au 13/12/20 ont été extraits et analysés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Après dédoublonnage, 52 cas d’exposition ont été identifiés. Ils concernaient 17 femmes et 35 hommes, d’âge moyen 64,7 ans. Dans tous les cas sauf un il s’agissait d’une erreur de débit de perfusion avec une vitesse de perfusion augmentée d’un facteur multiplicatif allant de 1,2 à 60. L’évolution est connue pour 43 patients, elle est favorable dans 40 cas avec un délai médian de suivi de 18<!--> <!-->jours (2–150). Vingt-six patients ont présenté des symptômes incluant des cytopénies (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8), mucites (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->7), troubles digestifs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11), asthénie (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5). Aucun cas d’atteinte cardiaque n’a été enregistré. L’évaluation du risque à l’aide du score de sévérité proposé par Ma et al. <span><span>[1]</span></span> était possible dans 42 cas dont 38 où l’évolution est connue. Un risque létal était retrouvé dans 25 cas et un risque de toxicité sévère dans 14 cas. Le Vistogard® a été administré dans un délai médian de 48<!--> <!-->h chez 11 patients à risque léthal et 2 patients à risque sévère.</div><div>Trois patients sont décédés, tous avec un lien possible ou probable avec (2 sepsis sur pancytopénie, 1 détresse respiratoire). Tous appartenaient au groupe à risque létal ; 1 patient avait bénéficié de l’antidote. Les taux de survie totaux chez les patients à risque létal sont de 90,9 % avec antidote et 84,6 % dans le groupe soins de support.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les surdosages accidentels de 5FU restent des expositions à risque. À ce jour, l’évaluation du bénéfice du traitement antidotique est seulement basée sur la comparaison à une cohorte historique. Selon son RCP, il serait recommandé dans tous les surdosages en 5FU ou capécitabine indépendamment de la présence de symptômes ou de l’évaluation du score de risque. Malgré les limites liées notamment à la nature rétrospective de notre étude, nos résultats s
{"title":"Prise en charge des surdosages accidentels de 5 fluorouracil (5FU) : place de l’uridine triacetate (Vistogard®)","authors":"A. Gouraud , M. Labadie , R. Azzouz , M. Lepelley , J. Bene , J. Cottin , French Poison Control Centers Research Group","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.059","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.059","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Les surdosages accidentels en 5FU, qu’ils surviennent en raison d’une erreur de programmation de pompe de perfusion ou d’erreurs de calcul de dose, peuvent entraîner une toxicité sévère conduisant au décès du patient. Depuis 2015, l’uridine triacetate (Vistogard) est un antidote proposé dans la prise en charge précoce de ces erreurs. Son évaluation est basée sur une étude mono-bras comparée à une cohorte historique dans laquelle le taux de survie sans antidote a été estimé à 16 % <span><span>[1]</span></span>. Cependant, son accès limité et son coût élevé d’environ 80 000<!--> <!-->€ par traitement, rendent son utilisation inconstante. Nous souhaitons décrire la prise en charge des erreurs d’administration du 5FU en France depuis la mise à disposition de l’antidote.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>L’ensemble des cas enregistrés par les centres antipoison et les centres de pharmacovigilance français sur la période du 01/01/2014 au 13/12/20 ont été extraits et analysés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Après dédoublonnage, 52 cas d’exposition ont été identifiés. Ils concernaient 17 femmes et 35 hommes, d’âge moyen 64,7 ans. Dans tous les cas sauf un il s’agissait d’une erreur de débit de perfusion avec une vitesse de perfusion augmentée d’un facteur multiplicatif allant de 1,2 à 60. L’évolution est connue pour 43 patients, elle est favorable dans 40 cas avec un délai médian de suivi de 18<!--> <!-->jours (2–150). Vingt-six patients ont présenté des symptômes incluant des cytopénies (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8), mucites (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->7), troubles digestifs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11), asthénie (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5). Aucun cas d’atteinte cardiaque n’a été enregistré. L’évaluation du risque à l’aide du score de sévérité proposé par Ma et al. <span><span>[1]</span></span> était possible dans 42 cas dont 38 où l’évolution est connue. Un risque létal était retrouvé dans 25 cas et un risque de toxicité sévère dans 14 cas. Le Vistogard® a été administré dans un délai médian de 48<!--> <!-->h chez 11 patients à risque léthal et 2 patients à risque sévère.</div><div>Trois patients sont décédés, tous avec un lien possible ou probable avec (2 sepsis sur pancytopénie, 1 détresse respiratoire). Tous appartenaient au groupe à risque létal ; 1 patient avait bénéficié de l’antidote. Les taux de survie totaux chez les patients à risque létal sont de 90,9 % avec antidote et 84,6 % dans le groupe soins de support.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les surdosages accidentels de 5FU restent des expositions à risque. À ce jour, l’évaluation du bénéfice du traitement antidotique est seulement basée sur la comparaison à une cohorte historique. Selon son RCP, il serait recommandé dans tous les surdosages en 5FU ou capécitabine indépendamment de la présence de symptômes ou de l’évaluation du score de risque. Malgré les limites liées notamment à la nature rétrospective de notre étude, nos résultats s","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S117"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366146","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.043
N. Fabresse , L. Dufayet
<div><h3>Objectif</h3><div>Ces dernières années, plusieurs travaux ont montré une augmentation des cas d’intoxications pédiatriques liées au cannabis et à la cocaïne. Cette hausse concerne notamment les ingestions accidentelles de cannabis, en particulier sous forme de produits comestibles (« edibles »), qui sont responsables de tableaux cliniques parfois sévères nécessitant une hospitalisation <span><span>[1]</span></span>. Les expositions et intoxications à la cocaïne chez l’enfant, bien que plus rares, sont également de plus en plus rapportées en lien avec l’usage accru de cette substance dans la population adulte <span><span>[2]</span></span>. Chez le jeune enfant, l’exposition peut se faire de multiples manières : exposition in utero, via l’allaitement, administration volontaire (ex : dans un but sédatif), contact rapproché avec les substances (mains, literie, vaisselle), ou encore inhalation de fumée <span><span>[3]</span></span>. Dans ce contexte, l’analyse capillaire apparaît comme un outil privilégié pour distinguer une exposition accidentelle ponctuelle d’une exposition volontaire ou liée à une négligence, puisqu’elle permet le plus souvent de mettre en évidence une exposition chronique et d’en préciser la temporalité, contrairement aux matrices biologiques classiques comme le sang ou l’urine, limitées aux consommations récentes <span><span>[4]</span></span>. Toutefois, l’interprétation des résultats est particulièrement complexe en pédiatrie.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Les cheveux des jeunes enfants sont en effet plus fins et plus poreux que ceux des adultes, ce qui les rend beaucoup plus vulnérables à une contamination externe par la sueur, le sébum ou les particules en suspension dans l’air <span><span>[3]</span></span>. L’incorporation des substances dans la matrice capillaire débute dès la 28<sup>e</sup> semaine de grossesse et les cheveux prélevés chez un nouveau-né dans les dix premiers jours de vie reflètent une exposition in utero. Le duvet néonatal est ensuite progressivement perdu entre 6 et 12 mois de vie, laissant place à la chevelure définitive qui s’installe entre 12 et 16 mois après la naissance <span><span>[5]</span></span>, <span><span>[6]</span></span>.</div><div>Concernant la cocaïne, la simple mise en évidence de la molécule mère ou de son métabolite principal, la benzoylecgonine, ne suffit pas pour conclure à une exposition systémique. Pour limiter le risque de fausse interprétation, il est proposé d’associer plusieurs critères analytiques, tels que le ratio benzoylecgonine/cocaïne ≥<!--> <!-->0,05 et la présence de métabolites spécifiques issus du métabolisme microsomal, comme la norcocaïne et les formes hydroxylées de la benzoylecgonine. Néanmoins, ces seuils demeurent discutés, notamment parce que certaines conditions expérimentales de contamination artificielle peuvent reproduire ces profils analytiques <span><span>[7]</span></span>. La situation est tout aussi délicate pour le cannabis. De nombreu
{"title":"Intérêts et limites de l’analyse toxicologique capillaire chez l’enfant : exemple de la cocaïne et du cannabis","authors":"N. Fabresse , L. Dufayet","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.043","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.043","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Ces dernières années, plusieurs travaux ont montré une augmentation des cas d’intoxications pédiatriques liées au cannabis et à la cocaïne. Cette hausse concerne notamment les ingestions accidentelles de cannabis, en particulier sous forme de produits comestibles (« edibles »), qui sont responsables de tableaux cliniques parfois sévères nécessitant une hospitalisation <span><span>[1]</span></span>. Les expositions et intoxications à la cocaïne chez l’enfant, bien que plus rares, sont également de plus en plus rapportées en lien avec l’usage accru de cette substance dans la population adulte <span><span>[2]</span></span>. Chez le jeune enfant, l’exposition peut se faire de multiples manières : exposition in utero, via l’allaitement, administration volontaire (ex : dans un but sédatif), contact rapproché avec les substances (mains, literie, vaisselle), ou encore inhalation de fumée <span><span>[3]</span></span>. Dans ce contexte, l’analyse capillaire apparaît comme un outil privilégié pour distinguer une exposition accidentelle ponctuelle d’une exposition volontaire ou liée à une négligence, puisqu’elle permet le plus souvent de mettre en évidence une exposition chronique et d’en préciser la temporalité, contrairement aux matrices biologiques classiques comme le sang ou l’urine, limitées aux consommations récentes <span><span>[4]</span></span>. Toutefois, l’interprétation des résultats est particulièrement complexe en pédiatrie.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Les cheveux des jeunes enfants sont en effet plus fins et plus poreux que ceux des adultes, ce qui les rend beaucoup plus vulnérables à une contamination externe par la sueur, le sébum ou les particules en suspension dans l’air <span><span>[3]</span></span>. L’incorporation des substances dans la matrice capillaire débute dès la 28<sup>e</sup> semaine de grossesse et les cheveux prélevés chez un nouveau-né dans les dix premiers jours de vie reflètent une exposition in utero. Le duvet néonatal est ensuite progressivement perdu entre 6 et 12 mois de vie, laissant place à la chevelure définitive qui s’installe entre 12 et 16 mois après la naissance <span><span>[5]</span></span>, <span><span>[6]</span></span>.</div><div>Concernant la cocaïne, la simple mise en évidence de la molécule mère ou de son métabolite principal, la benzoylecgonine, ne suffit pas pour conclure à une exposition systémique. Pour limiter le risque de fausse interprétation, il est proposé d’associer plusieurs critères analytiques, tels que le ratio benzoylecgonine/cocaïne ≥<!--> <!-->0,05 et la présence de métabolites spécifiques issus du métabolisme microsomal, comme la norcocaïne et les formes hydroxylées de la benzoylecgonine. Néanmoins, ces seuils demeurent discutés, notamment parce que certaines conditions expérimentales de contamination artificielle peuvent reproduire ces profils analytiques <span><span>[7]</span></span>. La situation est tout aussi délicate pour le cannabis. De nombreu","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S105-S106"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365799","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.049
M. Benalloum , K. Lakhdar , O. Essaad , M. El Hasnaoui , R. Alkouh , H. Mouhajir , D. Tanani , S. Labib , I. Iken
Objectif
Au Maroc, le recours non médicalisé à des plantes à visée abortive demeure fréquent, notamment sous l’influence d’herboristes. Parmi ces plantes, la coloquinte (Citrullus colocynthis L.), communément appelée « Hadja », est régulièrement utilisée en dépit de sa toxicité bien connue. Toutefois, les cas d’intoxication documentés liés à cette pratique restent rares dans la littérature. Nous rapportons ici un cas d’intoxication aiguë chez une femme enceinte, suite à l’ingestion de Citrullus colocynthis L. dans un but abortif.
Cas clinique
Une patiente âgée de 32 ans, sans antécédent médicaux particuliers, a été admise pour une diarrhée sanglante survenue après l’ingestion d’une décoction végétale à visée abortive. La patiente, multipare (G4-P4), avec un retard de règles estimé à six semaines, avait consommé 50 mL d’une préparation contenant environ 50 g de chair fraîche de Citrullus colocynthis L. bouillie dans 500 mL d’eau. Les symptômes sont apparus une heure après l’ingestion, associant asthénie, vertiges et diarrhée hémorragique. À l’admission, la patiente était consciente, stable sur les plans hémodynamique et respiratoire. L’examen clinique objectivait une sensibilité abdominale diffuse et la présence de sang au toucher rectal. Le bilan biologique montrait une hyperleucocytose à 15 000/mm3, une cytolyse hépatique modérée (ASAT : 95 UI/L, ALAT : 141 UI/L) et une CRP à 42 mg/L. La fonction rénale était conservée. Le test β-HCG était positif, confirmant une grossesse évolutive (476 mUI/mL). La rectosigmoïdoscopie révélait une rectite inflammatoire. L’échographie obstétricale ne montrait pas d’embryon visible, mais la grossesse était toujours en cours. Un traitement symptomatique associé à une réhydratation a été instauré. L’évolution a été favorable, avec une résolution des symptômes digestifs en trois jours. La patiente a quitté l’hôpital après quatre jours d’hospitalisation. Un mois après l’intoxication, la grossesse était toujours évolutive.
Conclusion
Ce cas illustre les risques liés à l’utilisation de Citrullus colocynthis L dans un but abortif. La toxicité de cette plante est bien documentée, elle renferme des curcubitacines, triterpènes tétracycliques, aux propriétés purgatives drastiques [1]. L’ingestion de la coloquinte provoque des vomissements et des diarrhées profuses parfois sanglantes pouvant engager le pronostic vital sans pour autant garantir l’interruption de la grossesse. Cette pratique est encore fréquente surtout dans le milieu rural marocain, d’où l’importance de l’éducation et la sensibilisation aux dangers de l’utilisation des remèdes de la pharmacopée traditionnelle.
在摩洛哥,未经治疗的堕胎药物的使用仍然很普遍,特别是在草药医生的影响下。在这些植物中,石竹(Citrullus colocynthis L.),通常被称为“Hadja”,尽管它的毒性是众所周知的,但经常被使用。然而,文献中记录的与这种做法有关的中毒案例仍然很少。在这里,我们报道了一个孕妇急性中毒的案例,由于摄入柠檬酸colocynthis L.流产。一名32岁的患者,无特殊病史,因服用植物流产汤剂后出现带血腹泻入院。据估计,月经延迟6周的多对(G4-P4)患者服用了50毫升含有约50克新鲜香橼果肉的制剂,在500毫升水中煮沸。摄入后一小时出现症状,包括哮喘、头晕和出血性腹泻。入院时,患者意识清醒,血流动力学和呼吸稳定。临床检查显示腹部有弥漫性敏感性,直肠有血。生物平衡显示白细胞增多(15,000 /mm3),中度肝细胞溶解(ASAT: 95 IU /L, ALAT: 141 IU /L), CRP为42 mg/L。肾脏功能被保留。β-HCG检测呈阳性,确认进化妊娠(476 mUI/mL)。直肠镜检查显示有炎症性直肠炎。产科超声波显示没有可见的胚胎,但怀孕仍在进行中。已经引入了与补液相关的对症治疗。进展良好,消化症状在3天内消失。她住院四天后出院。妊娠中毒后一个月,仍在演进。本案例说明了在堕胎中使用香橼L的风险。这种植物的毒性有很好的文献记载,它含有姜黄素,四环三萜,具有剧烈的通便特性[1]。摄入菊苣会导致严重的、有时是血腥的呕吐和腹泻,这可能会影响生命的预后,但不能保证终止妊娠。这种做法仍然很普遍,特别是在摩洛哥农村地区,这就是为什么教育和提高对使用传统药典药物的危险的认识很重要。
{"title":"Intoxication aiguë par la plante « Hadja » dans un but abortif","authors":"M. Benalloum , K. Lakhdar , O. Essaad , M. El Hasnaoui , R. Alkouh , H. Mouhajir , D. Tanani , S. Labib , I. Iken","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.049","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.049","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Au Maroc, le recours non médicalisé à des plantes à visée abortive demeure fréquent, notamment sous l’influence d’herboristes. Parmi ces plantes, la coloquinte (<em>Citrullus colocynthis</em> L.), communément appelée « <em>Hadja</em> », est régulièrement utilisée en dépit de sa toxicité bien connue. Toutefois, les cas d’intoxication documentés liés à cette pratique restent rares dans la littérature. Nous rapportons ici un cas d’intoxication aiguë chez une femme enceinte, suite à l’ingestion de <em>Citrullus colocynthis</em> L. dans un but abortif.</div></div><div><h3>Cas clinique</h3><div>Une patiente âgée de 32 ans, sans antécédent médicaux particuliers, a été admise pour une diarrhée sanglante survenue après l’ingestion d’une décoction végétale à visée abortive. La patiente, multipare (G4-P4), avec un retard de règles estimé à six semaines, avait consommé 50<!--> <!-->mL d’une préparation contenant environ 50<!--> <!-->g de chair fraîche de <em>Citrullus colocynthis</em> L. bouillie dans 500<!--> <!-->mL d’eau. Les symptômes sont apparus une heure après l’ingestion, associant asthénie, vertiges et diarrhée hémorragique. À l’admission, la patiente était consciente, stable sur les plans hémodynamique et respiratoire. L’examen clinique objectivait une sensibilité abdominale diffuse et la présence de sang au toucher rectal. Le bilan biologique montrait une hyperleucocytose à 15 000/mm<sup>3</sup>, une cytolyse hépatique modérée (ASAT : 95<!--> <!-->UI/L, ALAT : 141<!--> <!-->UI/L) et une CRP à 42<!--> <!-->mg/L. La fonction rénale était conservée. Le test β-HCG était positif, confirmant une grossesse évolutive (476<!--> <!-->mUI/mL). La rectosigmoïdoscopie révélait une rectite inflammatoire. L’échographie obstétricale ne montrait pas d’embryon visible, mais la grossesse était toujours en cours. Un traitement symptomatique associé à une réhydratation a été instauré. L’évolution a été favorable, avec une résolution des symptômes digestifs en trois jours. La patiente a quitté l’hôpital après quatre jours d’hospitalisation. Un mois après l’intoxication, la grossesse était toujours évolutive.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Ce cas illustre les risques liés à l’utilisation de <em>Citrullus colocynthis</em> L dans un but abortif. La toxicité de cette plante est bien documentée, elle renferme des curcubitacines, triterpènes tétracycliques, aux propriétés purgatives drastiques <span><span>[1]</span></span>. L’ingestion de la coloquinte provoque des vomissements et des diarrhées profuses parfois sanglantes pouvant engager le pronostic vital sans pour autant garantir l’interruption de la grossesse. Cette pratique est encore fréquente surtout dans le milieu rural marocain, d’où l’importance de l’éducation et la sensibilisation aux dangers de l’utilisation des remèdes de la pharmacopée traditionnelle.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S111"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365840","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.067
O. Raouani , N. Badrane , N. Dahbi , H. Sefiani , A. El Got
Objectif
La consommation de crack représente un problème croissant de santé publique à l’échelle mondiale. Au Maroc, une variante locale, connue sous le nom de Bouffa, a émergé au cours des dernières années dans plusieurs grandes villes. Issue de résidus de cocaïne transformés artisanalement avec des produits chimiques locaux (solvants, ammoniaques, impuretés), cette substance est particulièrement préoccupante par sa toxicité, son faible coût et son accessibilité aux jeunes vulnérables. Les services d’addictologie de Casablanca estiment suivre actuellement entre 200 et 300 cas, avec une tendance nette à la hausse depuis 2023. Si ses effets psychiatriques sont régulièrement observés en clinique [1], aucun dispositif formel de déclaration n’est en place. Cette étude vise à décrire les effets neuropsychiatriques liés à la consommation régulière de Bouffa et à recueillir le point de vue des professionnels de santé sur la prise en charge.
Méthode
Une étude descriptive rétrospective a été conduite entre janvier et mai 2024 au centre d’addictologie de Sidi Moumen (Casablanca). Sur 45 dossiers de patients adultes usagers réguliers de Bouffa, 33 complets ont été retenus pour l’analyse. Les données cliniques ont été recueillies à partir des dossiers médicaux et complétées par des entretiens semi-dirigés. L’évaluation neurocognitive a été réalisée avec le Montreal Cognitive Assessment (MoCA ; score seuil < 26 ; durée moyenne 10–15 minutes). Les analyses statistiques ont été effectuées à l’aide du test de corrélation de Pearson. Par ailleurs, un questionnaire structuré a été administré à 25 professionnels de santé pour documenter leurs pratiques de surveillance et de prise en charge.
Résultats
La majorité des consommateurs étaient des hommes (94,0 %), âgés de 27,0 ans en moyenne, avec une première consommation vers 17,5 ans. Près de la moitié (48,0 %) présentaient des troubles psychiatriques sévères, principalement psychotiques, dépressifs ou anxieux. Des troubles cognitifs ont été observés chez 36,0 % et des idées suicidaires chez 19,0 %. Plus de la moitié (57,0 %) ont rapporté des épisodes de violence ou d’accidents. Des corrélations significatives mais modérées ont été retrouvées, sans valeur causale. Aucun professionnel n’a déclaré de notification formelle ; 84,0 % ont exprimé le besoin de protocoles adaptés.
Conclusion
Cette étude souligne la sévérité des troubles neuropsychiatriques associés à la consommation de bouffa, ainsi que le manque de dispositifs formels de déclaration. Elle appelle à la mise en place urgente d’une toxicovigilance dédiée aux substances psychoactives émergentes, en particulier celles touchant les jeunes des zones défavorisées.
{"title":"Bouffa au Maroc : étude des effets neuropsychiatriques et retour d’expérience des professionnels de santé – cas de Casablanca","authors":"O. Raouani , N. Badrane , N. Dahbi , H. Sefiani , A. El Got","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.067","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.067","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La consommation de crack représente un problème croissant de santé publique à l’échelle mondiale. Au Maroc, une variante locale, connue sous le nom de Bouffa, a émergé au cours des dernières années dans plusieurs grandes villes. Issue de résidus de cocaïne transformés artisanalement avec des produits chimiques locaux (solvants, ammoniaques, impuretés), cette substance est particulièrement préoccupante par sa toxicité, son faible coût et son accessibilité aux jeunes vulnérables. Les services d’addictologie de Casablanca estiment suivre actuellement entre 200 et 300 cas, avec une tendance nette à la hausse depuis 2023. Si ses effets psychiatriques sont régulièrement observés en clinique <span><span>[1]</span></span>, aucun dispositif formel de déclaration n’est en place. Cette étude vise à décrire les effets neuropsychiatriques liés à la consommation régulière de Bouffa et à recueillir le point de vue des professionnels de santé sur la prise en charge.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Une étude descriptive rétrospective a été conduite entre janvier et mai 2024 au centre d’addictologie de Sidi Moumen (Casablanca). Sur 45 dossiers de patients adultes usagers réguliers de Bouffa, 33 complets ont été retenus pour l’analyse. Les données cliniques ont été recueillies à partir des dossiers médicaux et complétées par des entretiens semi-dirigés. L’évaluation neurocognitive a été réalisée avec le Montreal Cognitive Assessment (MoCA ; score seuil<!--> <!--><<!--> <!-->26 ; durée moyenne 10–15<!--> <!-->minutes). Les analyses statistiques ont été effectuées à l’aide du test de corrélation de Pearson. Par ailleurs, un questionnaire structuré a été administré à 25 professionnels de santé pour documenter leurs pratiques de surveillance et de prise en charge.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La majorité des consommateurs étaient des hommes (94,0 %), âgés de 27,0 ans en moyenne, avec une première consommation vers 17,5 ans. Près de la moitié (48,0 %) présentaient des troubles psychiatriques sévères, principalement psychotiques, dépressifs ou anxieux. Des troubles cognitifs ont été observés chez 36,0 % et des idées suicidaires chez 19,0 %. Plus de la moitié (57,0 %) ont rapporté des épisodes de violence ou d’accidents. Des corrélations significatives mais modérées ont été retrouvées, sans valeur causale. Aucun professionnel n’a déclaré de notification formelle ; 84,0 % ont exprimé le besoin de protocoles adaptés.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cette étude souligne la sévérité des troubles neuropsychiatriques associés à la consommation de bouffa, ainsi que le manque de dispositifs formels de déclaration. Elle appelle à la mise en place urgente d’une toxicovigilance dédiée aux substances psychoactives émergentes, en particulier celles touchant les jeunes des zones défavorisées.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S122"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365848","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.026
W. Caré
Objectif
En contexte chimique, la décontamination permet de prévenir la toxicité et d’éviter le risque de contamination secondaire. En cas de contamination par un agent persistant, la décontamination d’urgence est systématiquement suivie d’une décontamination approfondie. L’objectif était de proposer une procédure de décontamination d’urgence en situation dégradée, c’est-à-dire lorsque les moyens dédiés, y compris l’eau, ne sont pas disponibles.
Méthode
Revue de la littérature en français et en anglais.
Résultats
La décontamination d’urgence comprend un déshabillage partiel et une décontamination des zones corporelles exposées au moyen de techniques simples et rapides. Lors du déshabillage, la quantité d’agent qui peut être enlevée est proportionnelle à la quantité de vêtements portés lors l’exposition et à la trajectoire de l’exposition. En l’absence de disponibilité de moyens commerciaux, la décontamination improvisée non aqueuse peut être réalisée immédiatement après l’exposition et en toutes circonstances. Le choix doit se porter en priorité sur les matériaux absorbants dont l’efficacité attendue est la plus élevée : protection hygiénique ou d’incontinence, couche pour bébé, pansements absorbants, essuie-tout/mouchoirs en papier/papier toilette, ouate, tissu en coton. En l’absence de produit industriel disponible, l’utilisation du sol est envisagée. La méthode d’application la plus efficace est la combinaison du tamponnement (10 secondes) et de l’essuyage (10 secondes). La décontamination non aqueuse improvisée est moins efficace pour éliminer l’agent dans les zones difficiles à atteindre et les zones pileuses.
Conclusion
À l’exception des cas de contamination par un agent corrosif, où la décontamination aqueuse est à réaliser en urgence, la décontamination non aqueuse est au moins aussi efficace que la décontamination aqueuse, en particulier lorsqu’il s’agit de contaminants liquides. L’efficacité dépend des propriétés physico-chimiques de l’agent, de sa phase (efficacité moindre pour les particules), de la quantité déposée, du délai entre l’exposition et la décontamination, de la durée du processus de décontamination et du site anatomique concerné.
在化学环境中,去污可以防止毒性和避免二次污染的风险。受到污染的情况下被一名紧急、持续净化之后总是彻底净化。这样做的目的是提出一种净化程序的紧急局势恶化,即当强制的手段,包括水、不可用。MethodeRevue de la literature en francais和en francais。RésultatsLa紧急清污剥离部分和一个包括人身危险地区的净化技术通过简单和快捷。在脱衣过程中,可以去除的物质数量与暴露时穿的衣服数量和暴露路径成正比。在没有商业手段的情况下,在任何情况下,都可以在接触后立即进行非水的临时去污。选择应该集中在预期吸收材料,其效率是最高的:保护厕或失禁、婴儿、敷料吸水层厨房纸巾/卫生纸、棉絮、纯棉布料。在没有可用的工业产品的情况下,考虑使用土地。施用方法最有效的方法是结合l’essuyage抛光(10秒)和(10秒)。在难以到达的地区和脱发地区,临时的非水去污效果较差。结论除需要紧急进行水去污的腐蚀剂污染外,非水去污至少与水去污一样有效,特别是在涉及液体污染物时。效力取决于制剂的物理化学性质、相(对颗粒的效力较低)、沉积量、接触到去污的时间、去污过程的持续时间以及所涉及的解剖部位。
{"title":"Décontamination d’urgence en situation dégradée","authors":"W. Caré","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.026","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.026","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>En contexte chimique, la décontamination permet de prévenir la toxicité et d’éviter le risque de contamination secondaire. En cas de contamination par un agent persistant, la décontamination d’urgence est systématiquement suivie d’une décontamination approfondie. L’objectif était de proposer une procédure de décontamination d’urgence en situation dégradée, c’est-à-dire lorsque les moyens dédiés, y compris l’eau, ne sont pas disponibles.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Revue de la littérature en français et en anglais.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La décontamination d’urgence comprend un déshabillage partiel et une décontamination des zones corporelles exposées au moyen de techniques simples et rapides. Lors du déshabillage, la quantité d’agent qui peut être enlevée est proportionnelle à la quantité de vêtements portés lors l’exposition et à la trajectoire de l’exposition. En l’absence de disponibilité de moyens commerciaux, la décontamination improvisée non aqueuse peut être réalisée immédiatement après l’exposition et en toutes circonstances. Le choix doit se porter en priorité sur les matériaux absorbants dont l’efficacité attendue est la plus élevée : protection hygiénique ou d’incontinence, couche pour bébé, pansements absorbants, essuie-tout/mouchoirs en papier/papier toilette, ouate, tissu en coton. En l’absence de produit industriel disponible, l’utilisation du sol est envisagée. La méthode d’application la plus efficace est la combinaison du tamponnement (10 secondes) et de l’essuyage (10 secondes). La décontamination non aqueuse improvisée est moins efficace pour éliminer l’agent dans les zones difficiles à atteindre et les zones pileuses.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>À l’exception des cas de contamination par un agent corrosif, où la décontamination aqueuse est à réaliser en urgence, la décontamination non aqueuse est au moins aussi efficace que la décontamination aqueuse, en particulier lorsqu’il s’agit de contaminants liquides. L’efficacité dépend des propriétés physico-chimiques de l’agent, de sa phase (efficacité moindre pour les particules), de la quantité déposée, du délai entre l’exposition et la décontamination, de la durée du processus de décontamination et du site anatomique concerné.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S95"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366009","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.032
M. Thury, N. Paret, A. Gouraud
<div><h3>Objectif/Méthode</h3><div>Décrire, à propos d’un cas, les risques des conseils de nutrition prônés sur les réseaux sociaux dans le cadre de la pratique sportive, à destination d’un jeune public non averti. Discuter les teneurs en potassium des compléments alimentaires en vente libre.</div></div><div><h3>Résultat</h3><div>Nous rapportons le cas d’un jeune homme de 17 ans ayant pour antécédents médicaux un Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sans suivi depuis un an et une acné traitée par isotrétinoïne d’instauration récente. Dans le cadre d’une pratique sportive intensive au domicile, il décide de réaliser une « sèche ». Il s’agit d’une alimentation restrictive visant un déficit calorique afin de diminuer la masse grasse au profit de la masse musculaire. Il se documente en prenant conseil sur les réseaux sociaux et adjoint à ce régime des sels de potassium achetés sur internet (KCl, 97 %) à la dose d’une cuillère à soupe par jour saupoudrée sur ses plats. Après plusieurs mois d’utilisation quotidienne, il déclare avoir souhaité un « effet shoot » et consomme 5 cuillères à soupe en une seule prise. Trente minutes plus tard, il présente des vomissements, des douleurs thoraciques, des crampes dans les membres inférieurs et une faiblesse musculaire pour lesquels il contacte les secours. A l’admission aux urgences, l’ECG retrouve une bradycardie à 40 bpm, des ondes T pointues et un aplatissement des ondes P. La kaliémie est supérieure à 8<!--> <!-->mmol/L. Devant cette hyperkaliémie menaçante, il est pris en charge aux soins intensifs où il bénéficie d’un traitement par gluconate de calcium, insuline euglycémique, salbutamol inhalé et chélateur du potassium par voie orale. L’ensemble de ces thérapeutiques permet une normalisation rapide de la kaliémie et de l’ECG autorisant un retour au domicile dès le lendemain.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Selon les études nationales sur la pratique sportive, près de la moitié des 16–25 ans pratiquent principalement la musculation <span><span>[1]</span></span>. Cette activité est associée pour la moitié d’entre eux à un accompagnement numérique (applications de coaching, consultation ou partage de photos/vidéos sur les réseaux…). En parallèle de cette tendance, on assiste à la multiplication du nombre d’influenceurs ou coachs autoproclamés et de sites internet proposant des conseils en nutrition souvent accompagnés de partenariats commerciaux. Afin de documenter notre observation, nous avons consulté les réseaux sociaux sans identifier de source recommandant une supplémentation telle que l’a pratiquée notre patient. Le centre de référence en médecine du sport du CHU que nous avons contacté n’a pas eu connaissance de telles pratiques. Cependant sur les sites consultés, le potassium est généralement positionné comme permettant de diminuer la fatigue musculaire, sans mise en garde systématique quant aux risques d’une surcharge potassique. Les suppléments potassiques dispo
{"title":"Intoxication au sel de potassium : quand sport ne rime pas toujours avec santé !","authors":"M. Thury, N. Paret, A. Gouraud","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.032","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.032","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif/Méthode</h3><div>Décrire, à propos d’un cas, les risques des conseils de nutrition prônés sur les réseaux sociaux dans le cadre de la pratique sportive, à destination d’un jeune public non averti. Discuter les teneurs en potassium des compléments alimentaires en vente libre.</div></div><div><h3>Résultat</h3><div>Nous rapportons le cas d’un jeune homme de 17 ans ayant pour antécédents médicaux un Trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sans suivi depuis un an et une acné traitée par isotrétinoïne d’instauration récente. Dans le cadre d’une pratique sportive intensive au domicile, il décide de réaliser une « sèche ». Il s’agit d’une alimentation restrictive visant un déficit calorique afin de diminuer la masse grasse au profit de la masse musculaire. Il se documente en prenant conseil sur les réseaux sociaux et adjoint à ce régime des sels de potassium achetés sur internet (KCl, 97 %) à la dose d’une cuillère à soupe par jour saupoudrée sur ses plats. Après plusieurs mois d’utilisation quotidienne, il déclare avoir souhaité un « effet shoot » et consomme 5 cuillères à soupe en une seule prise. Trente minutes plus tard, il présente des vomissements, des douleurs thoraciques, des crampes dans les membres inférieurs et une faiblesse musculaire pour lesquels il contacte les secours. A l’admission aux urgences, l’ECG retrouve une bradycardie à 40 bpm, des ondes T pointues et un aplatissement des ondes P. La kaliémie est supérieure à 8<!--> <!-->mmol/L. Devant cette hyperkaliémie menaçante, il est pris en charge aux soins intensifs où il bénéficie d’un traitement par gluconate de calcium, insuline euglycémique, salbutamol inhalé et chélateur du potassium par voie orale. L’ensemble de ces thérapeutiques permet une normalisation rapide de la kaliémie et de l’ECG autorisant un retour au domicile dès le lendemain.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Selon les études nationales sur la pratique sportive, près de la moitié des 16–25 ans pratiquent principalement la musculation <span><span>[1]</span></span>. Cette activité est associée pour la moitié d’entre eux à un accompagnement numérique (applications de coaching, consultation ou partage de photos/vidéos sur les réseaux…). En parallèle de cette tendance, on assiste à la multiplication du nombre d’influenceurs ou coachs autoproclamés et de sites internet proposant des conseils en nutrition souvent accompagnés de partenariats commerciaux. Afin de documenter notre observation, nous avons consulté les réseaux sociaux sans identifier de source recommandant une supplémentation telle que l’a pratiquée notre patient. Le centre de référence en médecine du sport du CHU que nous avons contacté n’a pas eu connaissance de telles pratiques. Cependant sur les sites consultés, le potassium est généralement positionné comme permettant de diminuer la fatigue musculaire, sans mise en garde systématique quant aux risques d’une surcharge potassique. Les suppléments potassiques dispo","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S99"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366136","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}