Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.038
L. Le Visage , A. Pouget , M. Deguigne , C. Tournoud , C. Moulut , A. Nardon , A.-M. Patat , C. Schmitt , P. Nisse , M. Labadie , J. Langrand
<div><h3>Objectif</h3><div>Le monoxyde de carbone (CO), gaz incolore et inodore issu de combustions incomplètes, provoque chaque année en France plusieurs milliers d’intoxications, parfois mortelles. Indétectable sans dispositif spécifique, il constitue un risque sanitaire domestique majeur. Contrairement aux détecteurs de fumée, les détecteurs de CO ne sont pas obligatoires, ce qui limite leur diffusion. L’objectif de ce travail est d’évaluer, à partir des données nationales de toxicovigilance, leur rôle dans la réduction de la gravité des intoxications <span><span>[1]</span></span>, <span><span>[2]</span></span>.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Un formulaire spécifique « CO » a été intégré au système d’information des Centres antipoison (CAP) afin d’enrichir les signalements. Les CAP disposent d’un service de réponse téléphonique à l’urgence, accessible 24<!--> <!-->h/24 et 7j/7, offrant une expertise en toxicologie humaine. Un rappel est ensuite effectué auprès des personnes exposées ou de leur entourage pour préciser les circonstances. Le formulaire recueille la source d’exposition, certaines conditions techniques (type d’appareil, entretien, ventilation), ainsi que la présence et l’éventuel déclenchement d’un détecteur fixe. Tous les cas enregistrés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2023 ont été extraits et regroupés en affaires, correspondant à un épisode unique survenu le même jour et en un même lieu. Une affaire peut concerner un ou plusieurs cas ; pour celles comportant plusieurs cas, un seul formulaire était renseigné, correspondant au cas le plus grave. L’analyse a donc été conduite sur un cas par affaire, selon la gravité clinique, l’évolution, la présence d’un détecteur fixe et son déclenchement. Les dossiers non conformes aux critères de vigilance (incendies, tentatives de suicide, tabagisme) ont été exclus. L’association entre déclenchement du détecteur et gravité a été évaluée par test du khi<sup>2</sup>.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 2295 cas regroupés en 1079 affaires ont été recensés. Après exclusion des dossiers non conformes aux critères de vigilance, l’analyse a porté sur 1929 cas issus de 816 affaires. Les intoxications étaient principalement liées à une chaudière (49 %), un brasero (16 %) ou un groupe électrogène/moteur thermique (12 %). Dans la majorité des affaires, l’évolution des personnes exposées a été favorable, mais 23 % des cas n’ont pu être documentés en raison de rappels en échec. Seize affaires ont entraîné chacune un décès, soit 16 décès parmi 36 personnes exposées ; 19 des 20 personnes restantes ont évolué favorablement et 1 est restée d’évolution inconnue. Les sources en cause étaient 6 chaudières, 5 braseros, 2 cheminées, 2 groupes électrogènes et 1 indéterminée. Un détecteur fixe de CO était présent dans 167 affaires (20,4 %) et s’est déclenché dans 147 (88 %). Dans 20 affaires, l’absence de déclenchement était due à un mauvais positionnement ou à un seuil inadapté. Lorsque le
{"title":"Impact des détecteurs CO sur la prévention des intoxications graves : données des centres antipoison français en 2023","authors":"L. Le Visage , A. Pouget , M. Deguigne , C. Tournoud , C. Moulut , A. Nardon , A.-M. Patat , C. Schmitt , P. Nisse , M. Labadie , J. Langrand","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.038","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.038","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Le monoxyde de carbone (CO), gaz incolore et inodore issu de combustions incomplètes, provoque chaque année en France plusieurs milliers d’intoxications, parfois mortelles. Indétectable sans dispositif spécifique, il constitue un risque sanitaire domestique majeur. Contrairement aux détecteurs de fumée, les détecteurs de CO ne sont pas obligatoires, ce qui limite leur diffusion. L’objectif de ce travail est d’évaluer, à partir des données nationales de toxicovigilance, leur rôle dans la réduction de la gravité des intoxications <span><span>[1]</span></span>, <span><span>[2]</span></span>.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Un formulaire spécifique « CO » a été intégré au système d’information des Centres antipoison (CAP) afin d’enrichir les signalements. Les CAP disposent d’un service de réponse téléphonique à l’urgence, accessible 24<!--> <!-->h/24 et 7j/7, offrant une expertise en toxicologie humaine. Un rappel est ensuite effectué auprès des personnes exposées ou de leur entourage pour préciser les circonstances. Le formulaire recueille la source d’exposition, certaines conditions techniques (type d’appareil, entretien, ventilation), ainsi que la présence et l’éventuel déclenchement d’un détecteur fixe. Tous les cas enregistrés entre le 1er janvier et le 31 décembre 2023 ont été extraits et regroupés en affaires, correspondant à un épisode unique survenu le même jour et en un même lieu. Une affaire peut concerner un ou plusieurs cas ; pour celles comportant plusieurs cas, un seul formulaire était renseigné, correspondant au cas le plus grave. L’analyse a donc été conduite sur un cas par affaire, selon la gravité clinique, l’évolution, la présence d’un détecteur fixe et son déclenchement. Les dossiers non conformes aux critères de vigilance (incendies, tentatives de suicide, tabagisme) ont été exclus. L’association entre déclenchement du détecteur et gravité a été évaluée par test du khi<sup>2</sup>.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 2295 cas regroupés en 1079 affaires ont été recensés. Après exclusion des dossiers non conformes aux critères de vigilance, l’analyse a porté sur 1929 cas issus de 816 affaires. Les intoxications étaient principalement liées à une chaudière (49 %), un brasero (16 %) ou un groupe électrogène/moteur thermique (12 %). Dans la majorité des affaires, l’évolution des personnes exposées a été favorable, mais 23 % des cas n’ont pu être documentés en raison de rappels en échec. Seize affaires ont entraîné chacune un décès, soit 16 décès parmi 36 personnes exposées ; 19 des 20 personnes restantes ont évolué favorablement et 1 est restée d’évolution inconnue. Les sources en cause étaient 6 chaudières, 5 braseros, 2 cheminées, 2 groupes électrogènes et 1 indéterminée. Un détecteur fixe de CO était présent dans 167 affaires (20,4 %) et s’est déclenché dans 147 (88 %). Dans 20 affaires, l’absence de déclenchement était due à un mauvais positionnement ou à un seuil inadapté. Lorsque le ","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S102-S103"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365844","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.040
L. Le Visage , P. Limoges , R. Magny , L. Labat , J. Langrand , P. Houzé
<div><h3>Objectif</h3><div>Depuis plusieurs années, les centres antipoison (CAP) français reçoivent des signalements d’effets indésirables survenus après la consommation de compléments alimentaires minceur, souvent achetés en ligne et présentés comme « naturels ». Ces produits peuvent être adultérés par l’ajout non déclaré de substances pharmacologiquement actives. Parmi les cas rapportés au CAP de Paris, plusieurs ont présenté un tableau clinique évocateur associant troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées), neuropsychiques (vertiges, hallucinations, anxiété) et cardiovasculaires (tachycardie) après ingestion de gélules de la marque Body Sherry®, vendues sur internet. L’objectif de ce travail était d’établir l’imputabilité des gélules minceurs dans les effets indésirables observés chez plusieurs patientes.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Quatre lots différents de gélules ont été transmis au laboratoire de toxicologie pour analyses, trois lots (1, 2 et 3) apportés au CAP par les patientes et une cure complète (30 gélules) achetée par le CAP (lot 4). Toutes les gélules (entre 5 et 7) des trois premiers lots et un échantillon de quatre gélules du dernier lot ont fait l’objet d’une description prenant en compte différents critères comme les dimensions, la couleur de la gélule, le poids de la poudre. À partir du contenu de chaque gélule analysée, une solution méthanolique à 1<!--> <!-->mg/mL a été préparée. Une analyse qualitative de chaque solution a été réalisée par chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS) après dérivation, et par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse haute résolution (LC-HR/MS). Une quantification des produits identifiés a été conduite par les deux méthodes chromatographiques.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Une comparaison des emballages montre pour le lot 4 une augmentation de sa taille et l’indication d’une formule brute. Toutes les gélules étaient comparables de couleur blanche renfermant une poudre grise dont le poids était compris entre 283<!--> <!-->mg (lot 1) et 304<!--> <!-->mg (lot 2). L’analyse de la poudre par GC-MS après dérivation a retrouvé un seul pic majoritaire à 6,38<!--> <!-->min. identifié comme de la sibutramine. L’analyse par LC-HR/MS a confirmé cette présence. Les analyses par GC-MS et par LC-HR/MS n’ont retrouvé aucun des composés naturels inscrits sur les emballages. Les quantités de sibutramine déterminées par GC-MS et LC-HR/MS étaient comprises entre 19,1<!--> <!-->mg (lot 1) et 10,4<!--> <!-->mg (lot 4), correspondant à 6,8 % (lot 1) et 3,6 % (lot 4) du poids total de la poudre.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Aucun des composés indiqués sur l’emballage n’a été retrouvé dans les gélules Body Sherry®, infirmant leur origine naturelle. La sibutramine, identifiée formellement par deux méthodes analytiques, est un inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, retirée du marché européen en 2010. Malgré l’
{"title":"Analyse multi-lots d’un complément minceur adultéré par la sibutramine","authors":"L. Le Visage , P. Limoges , R. Magny , L. Labat , J. Langrand , P. Houzé","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.040","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.040","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Depuis plusieurs années, les centres antipoison (CAP) français reçoivent des signalements d’effets indésirables survenus après la consommation de compléments alimentaires minceur, souvent achetés en ligne et présentés comme « naturels ». Ces produits peuvent être adultérés par l’ajout non déclaré de substances pharmacologiquement actives. Parmi les cas rapportés au CAP de Paris, plusieurs ont présenté un tableau clinique évocateur associant troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées), neuropsychiques (vertiges, hallucinations, anxiété) et cardiovasculaires (tachycardie) après ingestion de gélules de la marque Body Sherry®, vendues sur internet. L’objectif de ce travail était d’établir l’imputabilité des gélules minceurs dans les effets indésirables observés chez plusieurs patientes.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Quatre lots différents de gélules ont été transmis au laboratoire de toxicologie pour analyses, trois lots (1, 2 et 3) apportés au CAP par les patientes et une cure complète (30 gélules) achetée par le CAP (lot 4). Toutes les gélules (entre 5 et 7) des trois premiers lots et un échantillon de quatre gélules du dernier lot ont fait l’objet d’une description prenant en compte différents critères comme les dimensions, la couleur de la gélule, le poids de la poudre. À partir du contenu de chaque gélule analysée, une solution méthanolique à 1<!--> <!-->mg/mL a été préparée. Une analyse qualitative de chaque solution a été réalisée par chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (GC-MS) après dérivation, et par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse haute résolution (LC-HR/MS). Une quantification des produits identifiés a été conduite par les deux méthodes chromatographiques.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Une comparaison des emballages montre pour le lot 4 une augmentation de sa taille et l’indication d’une formule brute. Toutes les gélules étaient comparables de couleur blanche renfermant une poudre grise dont le poids était compris entre 283<!--> <!-->mg (lot 1) et 304<!--> <!-->mg (lot 2). L’analyse de la poudre par GC-MS après dérivation a retrouvé un seul pic majoritaire à 6,38<!--> <!-->min. identifié comme de la sibutramine. L’analyse par LC-HR/MS a confirmé cette présence. Les analyses par GC-MS et par LC-HR/MS n’ont retrouvé aucun des composés naturels inscrits sur les emballages. Les quantités de sibutramine déterminées par GC-MS et LC-HR/MS étaient comprises entre 19,1<!--> <!-->mg (lot 1) et 10,4<!--> <!-->mg (lot 4), correspondant à 6,8 % (lot 1) et 3,6 % (lot 4) du poids total de la poudre.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Aucun des composés indiqués sur l’emballage n’a été retrouvé dans les gélules Body Sherry®, infirmant leur origine naturelle. La sibutramine, identifiée formellement par deux méthodes analytiques, est un inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, retirée du marché européen en 2010. Malgré l’","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S103-S104"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365850","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.029
P. Nisse
Avant les années 70, ce concept ne semble pas exister. La modernisation des milieux de travail observée à partir des années 70 est possiblement à l’origine de l’émergence de ces épidémies de symptômes inexpliqués qui ont pour effet de plonger dans le désarroi les médecins et les autorités sanitaires. C’est en 1983 qu’un groupe d’experts de l’OMS va définir le Syndrome des bâtiments malsains ou « sick building syndrome ». Il est décrit comme une association de symptômes atypiques, bénins et variés qui ne sont pas spécifiques à un agent pathogène identifié mais qui sont étroitement reliés à un lieu, un bâtiment, touchant une partie de la collectivité y séjournant et dont l’étiologie reste souvent mystérieuse, aucune cause spécifique ou organique n’étant retrouvée. Il est ainsi différent du concept des maladies liées à la construction (building-related illnesses) où les symptômes sont imputables à une cause identifiée et spécifique (par exemple, infection à Legionella). À la notion de pollution de l’air intérieur généralement retenue, se sont rajoutées plus récemment des variables psychologiques individuelles (anxiété, dépression, hypochondrie), ainsi que le stress professionnel fréquemment associés aux symptômes rapportés dans ces bâtiments. Ainsi, un syndrome psychogène va se propager par mimétisme et s’amplifier en prenant un profil épidémiologique épidémique. L’intervention des services d’urgence et des médias concoure à amplifier le phénomène en « validant » l’existence d’une situation à risque pour leur santé. De fait, seules les explications environnementales paraîtront acceptables aux personnes symptomatiques. L’examen médical du patient reste primordial. Il peut permettre d’identifier une étiologie, telle une allergie, ou de découvrir l’existence d’une maladie méconnue du patient. Les facteurs psychosociologiques et organisationnels devront être recherchés (isolement, stress psychique, faible reconnaissance professionnelle). Quand on a écarté la présence d’une pathologie organique chez le patient, il est temps de procéder à une évaluation méthodique du bâtiment à la recherche d’une étiologie corrigeable et à s’intéresser à la qualité de l’air intérieur. Différents paramètres physiques (température, humidité, renouvellement d’air) et chimiques (COV, biocides, parfum, revêtements des sols) devront être étudiés. Ces investigations peuvent avoir un coût important (mais l’absentéisme aussi). Au final, si le diagnostic de syndrome des bâtiments malsains était retenu, le plus difficile pour le praticien sera de rendre les résultats au collectif, notamment quand il ne peut pas y apporter une solution et en particulier quand le syndrome des bâtiments malsains apparaît dans des locaux conformes aux normes et aux réglementations en vigueur.
{"title":"Le syndrome des bâtiments malsains, une entité à ne pas méconnaître","authors":"P. Nisse","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.029","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.029","url":null,"abstract":"<div><div>Avant les années 70, ce concept ne semble pas exister. La modernisation des milieux de travail observée à partir des années 70 est possiblement à l’origine de l’émergence de ces épidémies de symptômes inexpliqués qui ont pour effet de plonger dans le désarroi les médecins et les autorités sanitaires. C’est en 1983 qu’un groupe d’experts de l’OMS va définir le Syndrome des bâtiments malsains ou « <em>sick building syndrome</em> ». Il est décrit comme une association de symptômes atypiques, bénins et variés qui ne sont pas spécifiques à un agent pathogène identifié mais qui sont étroitement reliés à un lieu, un bâtiment, touchant une partie de la collectivité y séjournant et dont l’étiologie reste souvent mystérieuse, aucune cause spécifique ou organique n’étant retrouvée. Il est ainsi différent du concept des maladies liées à la construction (<em>building-related illnesses</em>) où les symptômes sont imputables à une cause identifiée et spécifique (par exemple, infection à <em>Legionella</em>). À la notion de pollution de l’air intérieur généralement retenue, se sont rajoutées plus récemment des variables psychologiques individuelles (anxiété, dépression, hypochondrie), ainsi que le stress professionnel fréquemment associés aux symptômes rapportés dans ces bâtiments. Ainsi, un syndrome psychogène va se propager par mimétisme et s’amplifier en prenant un profil épidémiologique épidémique. L’intervention des services d’urgence et des médias concoure à amplifier le phénomène en « validant » l’existence d’une situation à risque pour leur santé. De fait, seules les explications environnementales paraîtront acceptables aux personnes symptomatiques. L’examen médical du patient reste primordial. Il peut permettre d’identifier une étiologie, telle une allergie, ou de découvrir l’existence d’une maladie méconnue du patient. Les facteurs psychosociologiques et organisationnels devront être recherchés (isolement, stress psychique, faible reconnaissance professionnelle). Quand on a écarté la présence d’une pathologie organique chez le patient, il est temps de procéder à une évaluation méthodique du bâtiment à la recherche d’une étiologie corrigeable et à s’intéresser à la qualité de l’air intérieur. Différents paramètres physiques (température, humidité, renouvellement d’air) et chimiques (COV, biocides, parfum, revêtements des sols) devront être étudiés. Ces investigations peuvent avoir un coût important (mais l’absentéisme aussi). Au final, si le diagnostic de syndrome des bâtiments malsains était retenu, le plus difficile pour le praticien sera de rendre les résultats au collectif, notamment quand il ne peut pas y apporter une solution et en particulier quand le syndrome des bâtiments malsains apparaît dans des locaux conformes aux normes et aux réglementations en vigueur.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S97"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366011","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.063
S. Maugé , J. Langrand , French Poison Control Centers Research Group , A. Czerwiec
<div><h3>Objectif</h3><div>Ces dernières années, une hausse du nombre d’affaires collectives de contamination environnementale prolongée par le mercure élémentaire (ME) a été observée par le centre antipoison et de toxicovigilance (CAP-TV) de Paris. Une étude rétrospective nationale a été menée afin de recenser et de décrire les affaires d’exposition chronique environnementale au ME rapportées aux huit CAP-TV de France entre 2010 et 2024.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les cas survenant entre le 01/01/2010 et le 31/12/2024 concernés par l’agent d’exposition « mercure » ont été extraits de la Base Nationale des CAP-TV. Seuls les cas d’exposition environnementale chronique au ME ont été retenus et étudiés. L’analyse des affaires a porté sur plusieurs paramètres : la classe d’âge et le sexe des personnes exposées, le nombre de personnes exposées par affaire, la catégorie de personnes exposées (public, professionnelle, scolaire…), les symptômes, la répartition géographique et annuelle, la classe du lieu d’exposition, la voie d’exposition, la source et l’ancienneté de l’exposition, les dosages atmosphériques et urinaires de ME.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 3492 cas d’exposition à l’agent « mercure » extraits, 166 cas ont été sélectionnés et regroupés en 102 affaires. Le sexe-ratio (H/F) était de 0,78. La majorité des affaires a eu lieu dans un cadre domestique (64 %), et la région Île-de-France a enregistré le nombre le plus élevé d’affaires (46 %). La classe d’âge la plus représentée était celle des enfants âgés de 0 à 10 ans. L’ancienneté de la contamination ainsi que la source de ME étaient le plus souvent inconnues ou seulement supposées. Lorsqu’une source était identifiée, elle résultait dans 83 % des affaires d’un bris ou d’une fuite d’un objet contenant du ME, principalement des miroirs étamés au ME. Des dosages atmosphériques et urinaires de ME, permettant d’évaluer l’exposition chronique au ME, n’ont été réalisés que dans une minorité d’affaires. Pourtant, lorsque ces dosages étaient effectués, les résultats étaient évocateurs : 96 % des mesures atmosphériques dépassaient la valeur toxicologique de référence (VTR) de 0,03<!--> <!-->μg/m<sup>3</sup> définie en 2008 par l’« Office of Environmental Health Hazard Assessment » (OEHHA, 2008), et dans 59 % des affaires avec un dosage urinaire, au moins une personne présentait une concentration urinaire de ME supérieure au P95 dans l’étude Esteban (Oleko A, 2021). Concernant les symptômes, au moins une personne était symptomatique dans seulement 11 % des affaires, correspondant à 25 personnes exposées.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La fréquence de l’exposition chronique au ME est actuellement peu évaluée. Les multiples sources occasionnant des pollutions persistantes dans divers locaux, associées à une fréquente insuffisance des opérations de décontamination, peuvent conduire à des situations d’exposition prolongée comportant des risques sanitaires. Des dosages de
近年来,巴黎的反毒和毒性警戒中心(CAP-TV)观察到,单质汞(ME)长期环境污染的集体案例数量有所增加。开展了一项全国回顾性研究,以确定和描述2010年至2024年期间向法国8家CAP-TV报告的ME环境长期暴露的案例。方法从国家CAP-TV数据库中提取了2010年1月1日至2024年12月31日期间发生的涉及“汞”接触剂的病例。只有环境中长期接触ME的案例被确定和调查。事务分析,考察了几个参数:年龄和性别的人群数量所接触到的人打交道,该类人群(公学校、职业...)、症状、地理分布和阶级的年度展览、接触途径的源头和资历的暴露、大气测定尿我。在3492例暴露于提取的“汞”剂的病例中,选择166例,并将其分组为102例。性别比(H/F)为0.78。大多数案件发生在国内(64%),Ile -de-France地区的案件数量最多(46%)。最常见的年龄组是0 - 10岁的儿童,感染的年龄和ME的来源通常是未知的或只是猜测的。当确定来源时,83%的案例是由于含有ME的物体破裂或泄漏,主要是带有ME标记的镜子。用于评估慢性ME暴露的大气和尿液ME剂量仅在少数病例中进行。进行。然而,当这些被测定,结果是唤起毒理学:96%的大气测量值超过参考值(VTR中界定的0.03μg / m3)是2008年由«»(OEHHA Office of Environmental Health Hazard)评估,2008),与一个尿测定和59%的案件中,至少有一人具有尿液浓度已经超过我在研究中p91埃斯特班(Oleko, 2011)。在症状方面,只有11%的病例中至少有一人出现症状,相当于25名接触者。结论:目前对慢性ME暴露的频率知之甚少。在不同场所造成持续污染的多种来源,加上经常缺乏去污行动,可能导致长期接触,对健康构成风险。然而,仅在少数病例中进行的尿液和大气ME剂量往往显示浓度高于参考值。在巴黎,对收容弱势群体的设施实施了一项积极的筛查政策,从而发现了一些风险情况。这项研究证实了这些筛选行动的相关性,并强调了继续采取预防行动以限制ME的环境污染的必要性。
{"title":"Étude des affaires d’exposition chronique au mercure élémentaire dans un contexte de pollution environnementale connues des centres antipoison de France (2010–2024)","authors":"S. Maugé , J. Langrand , French Poison Control Centers Research Group , A. Czerwiec","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.063","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.063","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Ces dernières années, une hausse du nombre d’affaires collectives de contamination environnementale prolongée par le mercure élémentaire (ME) a été observée par le centre antipoison et de toxicovigilance (CAP-TV) de Paris. Une étude rétrospective nationale a été menée afin de recenser et de décrire les affaires d’exposition chronique environnementale au ME rapportées aux huit CAP-TV de France entre 2010 et 2024.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les cas survenant entre le 01/01/2010 et le 31/12/2024 concernés par l’agent d’exposition « mercure » ont été extraits de la Base Nationale des CAP-TV. Seuls les cas d’exposition environnementale chronique au ME ont été retenus et étudiés. L’analyse des affaires a porté sur plusieurs paramètres : la classe d’âge et le sexe des personnes exposées, le nombre de personnes exposées par affaire, la catégorie de personnes exposées (public, professionnelle, scolaire…), les symptômes, la répartition géographique et annuelle, la classe du lieu d’exposition, la voie d’exposition, la source et l’ancienneté de l’exposition, les dosages atmosphériques et urinaires de ME.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 3492 cas d’exposition à l’agent « mercure » extraits, 166 cas ont été sélectionnés et regroupés en 102 affaires. Le sexe-ratio (H/F) était de 0,78. La majorité des affaires a eu lieu dans un cadre domestique (64 %), et la région Île-de-France a enregistré le nombre le plus élevé d’affaires (46 %). La classe d’âge la plus représentée était celle des enfants âgés de 0 à 10 ans. L’ancienneté de la contamination ainsi que la source de ME étaient le plus souvent inconnues ou seulement supposées. Lorsqu’une source était identifiée, elle résultait dans 83 % des affaires d’un bris ou d’une fuite d’un objet contenant du ME, principalement des miroirs étamés au ME. Des dosages atmosphériques et urinaires de ME, permettant d’évaluer l’exposition chronique au ME, n’ont été réalisés que dans une minorité d’affaires. Pourtant, lorsque ces dosages étaient effectués, les résultats étaient évocateurs : 96 % des mesures atmosphériques dépassaient la valeur toxicologique de référence (VTR) de 0,03<!--> <!-->μg/m<sup>3</sup> définie en 2008 par l’« Office of Environmental Health Hazard Assessment » (OEHHA, 2008), et dans 59 % des affaires avec un dosage urinaire, au moins une personne présentait une concentration urinaire de ME supérieure au P95 dans l’étude Esteban (Oleko A, 2021). Concernant les symptômes, au moins une personne était symptomatique dans seulement 11 % des affaires, correspondant à 25 personnes exposées.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La fréquence de l’exposition chronique au ME est actuellement peu évaluée. Les multiples sources occasionnant des pollutions persistantes dans divers locaux, associées à une fréquente insuffisance des opérations de décontamination, peuvent conduire à des situations d’exposition prolongée comportant des risques sanitaires. Des dosages de ","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S119-S120"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366039","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.011
A. Maillot , M. Nicolas , M.-Y. Bottein , N. Arnich , S. Sinno-Tellier , L. de Haro
<div><h3>Objectif</h3><div>La ciguatera est une intoxication alimentaire provoquée par la consommation de poissons contaminés par des ciguatoxines, biotoxines marines produites par des microalgues des récifs coralliens. Cette étude vise à identifier les espèces de poissons les plus souvent impliquées dans les cas de ciguatera enregistrés dans les Antilles françaises sur la période 2002–2021.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Un groupe d’experts auprès de l’Anses a réalisé un travail de gestion et d’analyse des données compilées par le laboratoire national de référence biotoxines marines en collaboration avec la Direction générale de l’Alimentation. Deux rapporteurs ont évalué l’imputabilité (selon la méthode toxicovigilance v.7.6) de chaque cas d’intoxication, le premier faisait une proposition, validée ou réévaluée par le second. Les données comprenaient des résultats de tests biologiques (bioessai souris) sur des échantillons de poissons ou de restes de repas liés à des cas de ciguatera, et des analyses ADN des poissons réalisées par le service commun des laboratoires de Marseille permettant l’identification précise des espèces impliquées.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>L’analyse a porté sur 74 poissons collectés en Guadeloupe et en Martinique. Trois familles dominent : les carangues (40 %), les vivaneaux (32 %) et les mérous (18 %) avec un quatrième groupe minoritaire de poissons divers (10 %). Si ces derniers présentent une proportion similaire et faible dans les deux territoires, une différence marquée est observée entre les deux îles : en Guadeloupe mérous et vivaneaux sont bien représentés, tandis qu’en Martinique, seuls les carangues le sont. Au total, 22 espèces ont été identifiées. Pour 63 poissons, une analyse ADN a été réalisée. Parmi eux, 15 (24 %) ont été mal identifiés par l’identification morphologique initiale : 7 erreurs d’espèce (même genre), 3 erreurs de genre (même famille), et 5 erreurs de famille (poissons non apparentés). Sur les 59 repas analysés (53 en Guadeloupe, 6 en Martinique), 10 concernaient des espèces interdites (arrêté préfectoral de 2002 uniquement en Guadeloupe), 12 des espèces sans statut connu, et 35 des espèces actuellement autorisées. Sur les 59 repas, 133 personnes ont été intoxiquées dont 43 hommes et 50 femmes. L’âge médian (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->88) était de 55 ans. Le lieu de consommation, précisé pour 48 repas, était majoritairement le domicile (47 repas), un seul ayant eu lieu au restaurant. La quantité de poisson ingérée n’était connue que pour 41 % des patients, avec une médiane de 200<!--> <!-->g par personne et par repas. La tête du poisson, pouvant être plus contaminée, a été consommée par 11 patients (8 %), tandis que les viscères et abats n’ont jamais été mentionnés. Cliniquement, les patients présentaient principalement des troubles digestifs (71 %), neurologiques (57 %), incluant dysesthésies, allodynie au froid, inversion de la thermosensibilité, et du prurit (49 %). L’imp
{"title":"Poissons vecteurs de ciguatera : identification des espèces les plus à risque dans les Antilles françaises","authors":"A. Maillot , M. Nicolas , M.-Y. Bottein , N. Arnich , S. Sinno-Tellier , L. de Haro","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.011","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.011","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La ciguatera est une intoxication alimentaire provoquée par la consommation de poissons contaminés par des ciguatoxines, biotoxines marines produites par des microalgues des récifs coralliens. Cette étude vise à identifier les espèces de poissons les plus souvent impliquées dans les cas de ciguatera enregistrés dans les Antilles françaises sur la période 2002–2021.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Un groupe d’experts auprès de l’Anses a réalisé un travail de gestion et d’analyse des données compilées par le laboratoire national de référence biotoxines marines en collaboration avec la Direction générale de l’Alimentation. Deux rapporteurs ont évalué l’imputabilité (selon la méthode toxicovigilance v.7.6) de chaque cas d’intoxication, le premier faisait une proposition, validée ou réévaluée par le second. Les données comprenaient des résultats de tests biologiques (bioessai souris) sur des échantillons de poissons ou de restes de repas liés à des cas de ciguatera, et des analyses ADN des poissons réalisées par le service commun des laboratoires de Marseille permettant l’identification précise des espèces impliquées.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>L’analyse a porté sur 74 poissons collectés en Guadeloupe et en Martinique. Trois familles dominent : les carangues (40 %), les vivaneaux (32 %) et les mérous (18 %) avec un quatrième groupe minoritaire de poissons divers (10 %). Si ces derniers présentent une proportion similaire et faible dans les deux territoires, une différence marquée est observée entre les deux îles : en Guadeloupe mérous et vivaneaux sont bien représentés, tandis qu’en Martinique, seuls les carangues le sont. Au total, 22 espèces ont été identifiées. Pour 63 poissons, une analyse ADN a été réalisée. Parmi eux, 15 (24 %) ont été mal identifiés par l’identification morphologique initiale : 7 erreurs d’espèce (même genre), 3 erreurs de genre (même famille), et 5 erreurs de famille (poissons non apparentés). Sur les 59 repas analysés (53 en Guadeloupe, 6 en Martinique), 10 concernaient des espèces interdites (arrêté préfectoral de 2002 uniquement en Guadeloupe), 12 des espèces sans statut connu, et 35 des espèces actuellement autorisées. Sur les 59 repas, 133 personnes ont été intoxiquées dont 43 hommes et 50 femmes. L’âge médian (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->88) était de 55 ans. Le lieu de consommation, précisé pour 48 repas, était majoritairement le domicile (47 repas), un seul ayant eu lieu au restaurant. La quantité de poisson ingérée n’était connue que pour 41 % des patients, avec une médiane de 200<!--> <!-->g par personne et par repas. La tête du poisson, pouvant être plus contaminée, a été consommée par 11 patients (8 %), tandis que les viscères et abats n’ont jamais été mentionnés. Cliniquement, les patients présentaient principalement des troubles digestifs (71 %), neurologiques (57 %), incluant dysesthésies, allodynie au froid, inversion de la thermosensibilité, et du prurit (49 %). L’imp","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S87"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366044","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.062
M. Legeay , French Poison Control Centers Research Group , M. Labadie
<div><h3>Objectif</h3><div>L’acide borique, traditionnellement utilisé comme antiseptique surtout en ophtalmologie ou en ORL, est présent dans de nombreuses spécialités et des préparations magistrales. En juillet 2023, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a été sollicitée pour obtenir des informations concernant l’alerte publiée en 2013 dans un contexte de demandes de préparations magistrales d’acide borique pour le traitement des otites et la plongée sous-marine (comme antiseptique ou désinfectant pour les oreilles). Dans les suites, l’ANSM a sollicité les centres antipoison (CAP) pour connaître les cas d’intoxication rapportés depuis le 1<sup>er</sup> mai 2007 afin de mettre à jour les données.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude observationnelle rétrospective des données des CAP entre le 1<sup>er</sup> mai 2007 et le 31 mars 2024 à partir des données du système d’information des CAP. Tous les cas humains après exposition, par toute voie, à un produit contenant de l’acide borique/borates, d’imputabilité non nulle ont été analysés. Les paramètres étudiés étaient : date, lieu et circonstances d’exposition, nature du produit en cause, âge, sexe, symptômes, évolution finale, gravité selon le Poisoning Severity Score (PSS), et imputabilité.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Ont été retenus 15 525 cas d’exposition, tous aigus sauf un. Le nombre de cas augmente avec un pic en 2019. Ces cas représentent entre 0,51 et 0,63 % des cas tous agents confondus. Les cas les plus nombreux par rapport à la population se situent en Île-de-France (29,5 cas/100 000 habitants) et en région PACA (31 cas/100 000 habitants). L’erreur thérapeutique est la première circonstance (8991 cas [58 %]), suivie des défauts de perception du risque (4282 cas [28 %]), puis des accidents de la vie courante (925 cas [5,7 %]). L’âge des exposés varie de 15<!--> <!-->jours à 102 ans (médiane 1,85 et moyenne 7,68). Parmi, 12 157 (81 %) patients ont moins de 6 ans. Au total, 1495 (10 %) patients étaient symptomatiques. Le PSS était de 0, 1, 2 et 3 respectivement pour 14 030 (90,3 %), 1481 (9,6 %), 14 (0,1 %), 0 (0 %) patients. Il n’y a eu aucune séquelle et aucun décès. Les 14 cas PSS2 sont pour moitié liés à une erreur thérapeutique (confusion de dosette avec un autre médicament). Pour ces 14 cas, les voies d’exposition sont orales (5 cas), respiratoire (5), nasale (3) ou oculaire (1). Cinq patients ont moins de 6 ans. Les symptômes étaient des signes d’irritation selon la voie d’exposition (irritation digestive, oropharyngée, respiratoire ou oculaire). Le type de produit concerné est une solution pour lavage ophtalmologique (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5), de l’acide borique pur en poudre (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->6), un ignifugeant de matériau d’isolation (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1), et de l’acide borique d’origine indéterminée (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Entre 2007 et 2024, le nomb
{"title":"Intoxication par l’acide borique et les borates à partir des données des centres antipoison français","authors":"M. Legeay , French Poison Control Centers Research Group , M. Labadie","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.062","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.062","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>L’acide borique, traditionnellement utilisé comme antiseptique surtout en ophtalmologie ou en ORL, est présent dans de nombreuses spécialités et des préparations magistrales. En juillet 2023, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a été sollicitée pour obtenir des informations concernant l’alerte publiée en 2013 dans un contexte de demandes de préparations magistrales d’acide borique pour le traitement des otites et la plongée sous-marine (comme antiseptique ou désinfectant pour les oreilles). Dans les suites, l’ANSM a sollicité les centres antipoison (CAP) pour connaître les cas d’intoxication rapportés depuis le 1<sup>er</sup> mai 2007 afin de mettre à jour les données.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude observationnelle rétrospective des données des CAP entre le 1<sup>er</sup> mai 2007 et le 31 mars 2024 à partir des données du système d’information des CAP. Tous les cas humains après exposition, par toute voie, à un produit contenant de l’acide borique/borates, d’imputabilité non nulle ont été analysés. Les paramètres étudiés étaient : date, lieu et circonstances d’exposition, nature du produit en cause, âge, sexe, symptômes, évolution finale, gravité selon le Poisoning Severity Score (PSS), et imputabilité.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Ont été retenus 15 525 cas d’exposition, tous aigus sauf un. Le nombre de cas augmente avec un pic en 2019. Ces cas représentent entre 0,51 et 0,63 % des cas tous agents confondus. Les cas les plus nombreux par rapport à la population se situent en Île-de-France (29,5 cas/100 000 habitants) et en région PACA (31 cas/100 000 habitants). L’erreur thérapeutique est la première circonstance (8991 cas [58 %]), suivie des défauts de perception du risque (4282 cas [28 %]), puis des accidents de la vie courante (925 cas [5,7 %]). L’âge des exposés varie de 15<!--> <!-->jours à 102 ans (médiane 1,85 et moyenne 7,68). Parmi, 12 157 (81 %) patients ont moins de 6 ans. Au total, 1495 (10 %) patients étaient symptomatiques. Le PSS était de 0, 1, 2 et 3 respectivement pour 14 030 (90,3 %), 1481 (9,6 %), 14 (0,1 %), 0 (0 %) patients. Il n’y a eu aucune séquelle et aucun décès. Les 14 cas PSS2 sont pour moitié liés à une erreur thérapeutique (confusion de dosette avec un autre médicament). Pour ces 14 cas, les voies d’exposition sont orales (5 cas), respiratoire (5), nasale (3) ou oculaire (1). Cinq patients ont moins de 6 ans. Les symptômes étaient des signes d’irritation selon la voie d’exposition (irritation digestive, oropharyngée, respiratoire ou oculaire). Le type de produit concerné est une solution pour lavage ophtalmologique (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5), de l’acide borique pur en poudre (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->6), un ignifugeant de matériau d’isolation (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1), et de l’acide borique d’origine indéterminée (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Entre 2007 et 2024, le nomb","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S119"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366162","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.082
Z. Ben Khadda , T. Sqalli Houssaini , S. Achour
Contexte
Les pesticides jouent un rôle important dans l’amélioration de la production agricole, mais leur utilisation peut avoir des effets néfastes sur l’environnement, les consommateurs et la santé des agriculteurs.
Méthode
Une enquête transversale a été menée dans 15 communautés rurales de la région de Fès Meknès au Maroc pour évaluer les attitudes, les connaissances et les pratiques concernant l’utilisation des pesticides.
Résultats
Les résultats ont montré que la plupart des répondants n’ont pas été formés à l’application des pesticides. Près de la moitié des agriculteurs utilisent une catégorie de pesticides qui sont classés par le Centre international de recherche sur le cancer comme cancérogènes probables pour l’homme (le glyphosate, le Malathion). Bien que les participants aient été conscients des effets négatifs sur leur propre santé et sur l’environnement causés par l’application des pesticides en cours d’utilisation, les mesures de protection par les équipements individuels étaient insuffisantes. Les effets les plus fréquemment rapportés lors de l’exposition aux pesticides étaient la diminution de l’acuité visuelle (46 %), suivie des étourdissements (44,3 %), les céphalées (39,4 %), l’hypersudation (34,4 %) ; 30,2 % des participants ont signalé des problèmes respiratoires conséquents.
Conclusion
Le développement de programmes de vulgarisation professionnelle, spécifiquement axés sur les mesures de sécurité et de protection, s’avère essentiel, non seulement pour promouvoir l’adoption de comportements agricoles socialement responsables et écologiquement durables, mais aussi pour instaurer un système de monitoring professionnel permettant d’évaluer en continu la mise en œuvre, l’efficacité et les impacts de ces mesures.
{"title":"Agriculteurs et pesticides cancérigènes : entre connaissances, attitudes et réalités du terrain à Fès-Meknès","authors":"Z. Ben Khadda , T. Sqalli Houssaini , S. Achour","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.082","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.082","url":null,"abstract":"<div><h3>Contexte</h3><div>Les pesticides jouent un rôle important dans l’amélioration de la production agricole, mais leur utilisation peut avoir des effets néfastes sur l’environnement, les consommateurs et la santé des agriculteurs.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Une enquête transversale a été menée dans 15 communautés rurales de la région de Fès Meknès au Maroc pour évaluer les attitudes, les connaissances et les pratiques concernant l’utilisation des pesticides.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les résultats ont montré que la plupart des répondants n’ont pas été formés à l’application des pesticides. Près de la moitié des agriculteurs utilisent une catégorie de pesticides qui sont classés par le Centre international de recherche sur le cancer comme cancérogènes probables pour l’homme (le glyphosate, le Malathion). Bien que les participants aient été conscients des effets négatifs sur leur propre santé et sur l’environnement causés par l’application des pesticides en cours d’utilisation, les mesures de protection par les équipements individuels étaient insuffisantes. Les effets les plus fréquemment rapportés lors de l’exposition aux pesticides étaient la diminution de l’acuité visuelle (46 %), suivie des étourdissements (44,3 %), les céphalées (39,4 %), l’hypersudation (34,4 %) ; 30,2 % des participants ont signalé des problèmes respiratoires conséquents.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Le développement de programmes de vulgarisation professionnelle, spécifiquement axés sur les mesures de sécurité et de protection, s’avère essentiel, non seulement pour promouvoir l’adoption de comportements agricoles socialement responsables et écologiquement durables, mais aussi pour instaurer un système de monitoring professionnel permettant d’évaluer en continu la mise en œuvre, l’efficacité et les impacts de ces mesures.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S84"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366153","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.072
N. Sedqi , F. Zalagh , M. Ghandi , N. Aitdaoud , I. Iken , H. Sefiani , N. Auajjar , N. Badrane
<div><h3>Objectif</h3><div>Les pesticides sont largement utilisés pour protéger les cultures et les plantes, mais leur usage abusif provoque chaque année plus de 5 millions d’intoxications dans le monde <span><span>[1]</span></span> dont beaucoup sont liées à des tentatives de suicide. Au Maroc, ils représentent la principale cause d’intoxication, avec plus de 11 000 cas recensés entre 2008 et 2016. L’analyse toxicologique, notamment par des méthodes chromatographiques, joue un rôle clé dans le diagnostic et la prise en charge de ces intoxications. Cette étude vise à évaluer ce rôle dans le contexte marocain.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Cette étude rétrospective, menée entre janvier 2014 et décembre 2024, a analysé les cas d’intoxication aiguë aux pesticides dont les demandes d’analyse toxicologique ont été adressées au laboratoire du centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM-LAB). L’étude s’est intéressée aux caractéristiques démographiques (âge, sexe, origine géographique) et toxicologiques (symptômes, type de pesticide incriminé et résultats des analyses toxicologiques).</div><div>La mesure des activités cholinestérasiques plasmatiques et érythrocytaires (BchE) et (AchE) a été réalisée au niveau du sang par le Test-mate ChE (modèle 400) et le ChE Check Mobile (marque Securetec). Le <em>screening</em> des pesticides au niveau du sang et des urines a été réalisé après extraction liquide-liquide par LC-MS/MS et GC-MS.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Cette étude a examiné 463 cas présumés d’intoxication aux pesticides rapportés par des hôpitaux marocains entre 2014 et 2024. L’âge médian des patients était de 20 ans<!--> <!-->±<!--> <!-->18, avec une majorité d’enfants victimes d’intoxications accidentelles (46,9 %). Les femmes représentaient 58,5 % des cas, avec un ratio (F/H) de 1,41. La plupart des cas (79,5 %) provenaient de la région Rabat-Salé-Kénitra. Parmi les 341 mesures de cholinestérase effectuées (AChE et BChE), la méthode ChE Check Mobile a permis de définir les valeurs normales : entre 33,0 et 49,4<!--> <!-->U/gHb pour l’AChE, et entre 1623 et 3861<!--> <!-->U/L pour la BChE. Les résultats ont montré que 14,3 % des cas présentaient des taux d’AChE inférieurs à la normale, contre 18,5 % pour la BChE. L’analyse chromatographique a confirmé la présence de pesticides chez 98 patients. Les insecticides ont été les plus fréquemment retrouvés (40 %), notamment les organophosphorés (50 %), les carbamates (32 %) et les pyréthroïdes (18 %). Les rodenticides (38 %), principalement l’alpha-chloralose, étaient en deuxième position, suivis des herbicides (4 %), dont 38 % des cas étaient dus à l’Amitraz.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’intoxication aiguë par pesticides constitue un réel enjeu de santé publique, touchant majoritairement les enfants dans un cadre accidentel. Les outils d’analyse toxicologique, comme la mesure de l’activité cholinestérasique et les techniques chromatographiques, sont essentiels
农药被广泛用于保护作物和植物,但它们的过度使用每年导致全球500多万人中毒,其中许多与自杀企图有关。在摩洛哥,它们是中毒的主要原因,2008年至2016年报告的病例超过1.1万例。毒理学分析,包括色谱法,在这些中毒的诊断和管理中起着关键作用。本研究的目的是在摩洛哥范围内评估这一作用。方法这项回顾性研究于2014年1月至2024年12月进行,分析了摩洛哥抗毒和药物警戒中心(CAPM-LAB)实验室要求进行毒理学分析的农药急性中毒病例。研究重点是人口统计特征(年龄、性别、地理来源)和毒理学特征(症状、所涉农药类型和毒理学分析结果)。通过Test-mate ChE(400型)和ChE Check Mobile (Securetec品牌)在血液水平上测量血浆和红细胞胆固醇(BchE)和(AchE)活动。经LC-MS/MS和GC-MS液对液提取后,在血液和尿液中进行农药筛选。这项研究调查了2014年至2024年期间摩洛哥医院报告的463例疑似农药中毒病例。患者中位年龄为20±18岁,多数为儿童意外中毒(46.9%)。女性占病例的58.5%,F/H比为1.41。大多数病例(79.5%)发生在Rabat- Sale - Kenitra地区。在进行的341次胆碱酯酶测量(AChE和BChE)中,ChE Check Mobile方法确定了正常值:AChE在33.0 - 49.4 U/gHb之间,BChE在1623 - 3861 U/L之间。结果显示,14.3%的病例的EBU低于正常水平,而BChE为18.5%。色谱分析证实98例患者使用了农药。最常见的杀虫剂(40%)包括有机磷(50%)、氨基甲酸酯(32%)和拟除虫菊酯(18%)。其次是灭鼠剂(38%),主要是α -氯霉素,其次是除草剂(4%),其中38%的病例是由阿米特拉兹引起的。结论急性农药中毒是一个真正的公共卫生问题,主要影响意外情况下的儿童。毒理学分析工具,如胆固醇麻醉测量和色谱技术,是诊断和管理的关键。然而,预防仍然是最重要的。需要采取行动,特别是在家庭中提高认识,以减少接触的风险,特别是在年轻人中。
{"title":"Intoxications aiguës aux pesticides chez la population marocaine : données du laboratoire du centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc","authors":"N. Sedqi , F. Zalagh , M. Ghandi , N. Aitdaoud , I. Iken , H. Sefiani , N. Auajjar , N. Badrane","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.072","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.072","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Les pesticides sont largement utilisés pour protéger les cultures et les plantes, mais leur usage abusif provoque chaque année plus de 5 millions d’intoxications dans le monde <span><span>[1]</span></span> dont beaucoup sont liées à des tentatives de suicide. Au Maroc, ils représentent la principale cause d’intoxication, avec plus de 11 000 cas recensés entre 2008 et 2016. L’analyse toxicologique, notamment par des méthodes chromatographiques, joue un rôle clé dans le diagnostic et la prise en charge de ces intoxications. Cette étude vise à évaluer ce rôle dans le contexte marocain.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Cette étude rétrospective, menée entre janvier 2014 et décembre 2024, a analysé les cas d’intoxication aiguë aux pesticides dont les demandes d’analyse toxicologique ont été adressées au laboratoire du centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM-LAB). L’étude s’est intéressée aux caractéristiques démographiques (âge, sexe, origine géographique) et toxicologiques (symptômes, type de pesticide incriminé et résultats des analyses toxicologiques).</div><div>La mesure des activités cholinestérasiques plasmatiques et érythrocytaires (BchE) et (AchE) a été réalisée au niveau du sang par le Test-mate ChE (modèle 400) et le ChE Check Mobile (marque Securetec). Le <em>screening</em> des pesticides au niveau du sang et des urines a été réalisé après extraction liquide-liquide par LC-MS/MS et GC-MS.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Cette étude a examiné 463 cas présumés d’intoxication aux pesticides rapportés par des hôpitaux marocains entre 2014 et 2024. L’âge médian des patients était de 20 ans<!--> <!-->±<!--> <!-->18, avec une majorité d’enfants victimes d’intoxications accidentelles (46,9 %). Les femmes représentaient 58,5 % des cas, avec un ratio (F/H) de 1,41. La plupart des cas (79,5 %) provenaient de la région Rabat-Salé-Kénitra. Parmi les 341 mesures de cholinestérase effectuées (AChE et BChE), la méthode ChE Check Mobile a permis de définir les valeurs normales : entre 33,0 et 49,4<!--> <!-->U/gHb pour l’AChE, et entre 1623 et 3861<!--> <!-->U/L pour la BChE. Les résultats ont montré que 14,3 % des cas présentaient des taux d’AChE inférieurs à la normale, contre 18,5 % pour la BChE. L’analyse chromatographique a confirmé la présence de pesticides chez 98 patients. Les insecticides ont été les plus fréquemment retrouvés (40 %), notamment les organophosphorés (50 %), les carbamates (32 %) et les pyréthroïdes (18 %). Les rodenticides (38 %), principalement l’alpha-chloralose, étaient en deuxième position, suivis des herbicides (4 %), dont 38 % des cas étaient dus à l’Amitraz.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’intoxication aiguë par pesticides constitue un réel enjeu de santé publique, touchant majoritairement les enfants dans un cadre accidentel. Les outils d’analyse toxicologique, comme la mesure de l’activité cholinestérasique et les techniques chromatographiques, sont essentiels ","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S124-S125"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365705","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.079
H. Legendre , K. Titier-Debeaupuis
Objectif
Un décès « suspect » se définit par une mort inattendue, inexpliquée ou survenue dans des circonstances inhabituelles. Dans ce cadre, l’investigation médico-légale s’appuie sur la toxicologie et la biochimie post-mortem afin d’éclairer les causes et les circonstances du décès, en complément de l’autopsie et de l’enquête judiciaire. Les analyses visent à identifier et quantifier d’éventuelles substances exogènes, à répondre aux questions d’observance, d’exposition unique ou chronique et de voies d’administration.
Discussion
Les prélèvements recommandés incluent sang périphérique, urines, humeur vitrée, contenu gastrique auxquels peuvent s’ajouter, selon les cas, des tissus et matrices alternatives comme les cheveux ou les ongles. Les techniques analytiques actuelles de spectrométrie de masse, notamment celles en haute résolution (LC-MS/MS, GC-MS, LC-HR/MS), permettent de détecter plusieurs milliers de molécules avec une grande sensibilité (alcool, médicaments, stupéfiants, nouveaux produits de synthèse, CO, volatils, toxiques…). Cependant, l’interprétation est complexe en raison de phénomènes propres au post-mortem (redistribution, dégradation ou production endogène liés à la putréfaction). Elle nécessite pour le toxicologue une étroite collaboration avec le médecin légiste et l’analyse du contexte médico-légal. L’approche biochimique post-mortem (glucose, lactates, cristaux d’oxalate…) complète l’évaluation dans certaines situations spécifiques. À travers plusieurs cas cliniques (intoxication à l’éthylène glycol, homicide par psychotropes chez un enfant, décès traumatique favorisé par une poly-intoxication, décompensation diabétique, décès dans un contexte de chemsex), nous illustrons l’apport essentiel de la toxicologie et de la biochimie post-mortem.
Conclusion
La toxicologie post-mortem constitue un outil central pour déterminer les causes toxiques de décès. Elle nécessite une interprétation multidisciplinaire (médecin légiste, toxicologue, enquêteurs). Au-delà de l’éclairage médico-légal, ces données alimentent la santé publique en documentant l’évolution des causes de mortalité liées aux substances psychoactives (via les enquêtes de l’ANSM : DRAMES-DTA).
{"title":"Que doser en cas de décès suspect ? – Apports de la toxicologie et de la biochimie post-mortem","authors":"H. Legendre , K. Titier-Debeaupuis","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.079","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.079","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Un décès « suspect » se définit par une mort inattendue, inexpliquée ou survenue dans des circonstances inhabituelles. Dans ce cadre, l’investigation médico-légale s’appuie sur la toxicologie et la biochimie post-mortem afin d’éclairer les causes et les circonstances du décès, en complément de l’autopsie et de l’enquête judiciaire. Les analyses visent à identifier et quantifier d’éventuelles substances exogènes, à répondre aux questions d’observance, d’exposition unique ou chronique et de voies d’administration.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Les prélèvements recommandés incluent sang périphérique, urines, humeur vitrée, contenu gastrique auxquels peuvent s’ajouter, selon les cas, des tissus et matrices alternatives comme les cheveux ou les ongles. Les techniques analytiques actuelles de spectrométrie de masse, notamment celles en haute résolution (LC-MS/MS, GC-MS, LC-HR/MS), permettent de détecter plusieurs milliers de molécules avec une grande sensibilité (alcool, médicaments, stupéfiants, nouveaux produits de synthèse, CO, volatils, toxiques…). Cependant, l’interprétation est complexe en raison de phénomènes propres au post-mortem (redistribution, dégradation ou production endogène liés à la putréfaction). Elle nécessite pour le toxicologue une étroite collaboration avec le médecin légiste et l’analyse du contexte médico-légal. L’approche biochimique post-mortem (glucose, lactates, cristaux d’oxalate…) complète l’évaluation dans certaines situations spécifiques. À travers plusieurs cas cliniques (intoxication à l’éthylène glycol, homicide par psychotropes chez un enfant, décès traumatique favorisé par une poly-intoxication, décompensation diabétique, décès dans un contexte de chemsex), nous illustrons l’apport essentiel de la toxicologie et de la biochimie post-mortem.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La toxicologie post-mortem constitue un outil central pour déterminer les causes toxiques de décès. Elle nécessite une interprétation multidisciplinaire (médecin légiste, toxicologue, enquêteurs). Au-delà de l’éclairage médico-légal, ces données alimentent la santé publique en documentant l’évolution des causes de mortalité liées aux substances psychoactives (via les enquêtes de l’ANSM : DRAMES-DTA).</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S107"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365719","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.042
J.C. Gallart
<div><h3>Contexte</h3><div>Adhérer à une société savante n’est pas une obligation mais peut représenter une étape essentielle pour les professionnels, chercheurs ou étudiants qui souhaitent s’identifier par leur domaine d’activité. Ces sociétés savantes jouent alors un rôle important dans le maintien des connaissances, la mise en réseau et la valorisation des compétences de leurs adhérents. On note depuis quelques années une stagnation du nombre d’adhérents, voire une diminution dans certains cas. Notre propos est de revenir sur les raisons qui favorisent les adhésions et celles qui poussent à ne pas adhérer. Au travers de l’exemple de la STC, nous analyserons ces sujets en réfléchissant à l’orientation que doit emprunter une société savante pour satisfaire aux principaux souhaits de leurs adhérents.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>L’analyse repose sur les témoignages de membres de diverses sociétés savantes, retrouvés dans les forums de discussion et sur les échanges qui ont lieu entre les membres lors des assemblées générales de notre société savante, la STC.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Les principales raisons d’adhérer à une société savante résident dans l’accès à un réseau professionnel élargi qui permet d’échanger sur des cas complexes et dans la possibilité d’accéder à des formations au travers de sessions ciblées, des congrès annuels. Les sociétés savantes peuvent aussi proposer une veille scientifique qui permet de lister les publications et les ouvrages d’intérêt au cours du temps, et ne manquer ainsi aucune nouveauté. Sur un plan plus pratique, les membres peuvent bénéficier d’avantages tels que des tarifs préférentiels pour l’inscription aux congrès de la société savante et ceux des sociétés partenaires, des réductions sur certains abonnements. Les autres services proposés par ces sociétés peuvent être nombreux et plus scientifiques, tels que l’accès à des bases de données (pour la STC, avec l’accord de l’Association des centres antipoison), le soutien à la recherche (par des financements propres…), la participation à l’élaboration de conférences de consensus, des outils d’aide au diagnostic et à la prise en charge : VipGrad, ParaTox… En revanche, des réticences à adhérer existent. Le coût de l’adhésion estimé important, le manque de temps pour s’investir dans les réunions ou les travaux en cours, la perception d’un intérêt limité, la volonté de rester indépendant sont autant d’explications possibles. Dans certaines situations, la société savante est le seul interlocuteur pour les autorités, elle permet aussi de mettre en évidence la compétence spécifique d’un professionnel. Elle constitue donc un support indispensable au développement et à la défense d’un type d’activité. Ces sociétés doivent donc exister mais aussi drainer des membres pour la faire vivre et la développer. Pour cela, il est indispensable que ces responsables élaborent des stratégies pour attiser l’intérêt des publics pour qu’ils deviennent des membres
{"title":"Pourquoi adhérer à une société savante ? Quels avantages ? Quels services ?","authors":"J.C. Gallart","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.042","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.042","url":null,"abstract":"<div><h3>Contexte</h3><div>Adhérer à une société savante n’est pas une obligation mais peut représenter une étape essentielle pour les professionnels, chercheurs ou étudiants qui souhaitent s’identifier par leur domaine d’activité. Ces sociétés savantes jouent alors un rôle important dans le maintien des connaissances, la mise en réseau et la valorisation des compétences de leurs adhérents. On note depuis quelques années une stagnation du nombre d’adhérents, voire une diminution dans certains cas. Notre propos est de revenir sur les raisons qui favorisent les adhésions et celles qui poussent à ne pas adhérer. Au travers de l’exemple de la STC, nous analyserons ces sujets en réfléchissant à l’orientation que doit emprunter une société savante pour satisfaire aux principaux souhaits de leurs adhérents.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>L’analyse repose sur les témoignages de membres de diverses sociétés savantes, retrouvés dans les forums de discussion et sur les échanges qui ont lieu entre les membres lors des assemblées générales de notre société savante, la STC.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Les principales raisons d’adhérer à une société savante résident dans l’accès à un réseau professionnel élargi qui permet d’échanger sur des cas complexes et dans la possibilité d’accéder à des formations au travers de sessions ciblées, des congrès annuels. Les sociétés savantes peuvent aussi proposer une veille scientifique qui permet de lister les publications et les ouvrages d’intérêt au cours du temps, et ne manquer ainsi aucune nouveauté. Sur un plan plus pratique, les membres peuvent bénéficier d’avantages tels que des tarifs préférentiels pour l’inscription aux congrès de la société savante et ceux des sociétés partenaires, des réductions sur certains abonnements. Les autres services proposés par ces sociétés peuvent être nombreux et plus scientifiques, tels que l’accès à des bases de données (pour la STC, avec l’accord de l’Association des centres antipoison), le soutien à la recherche (par des financements propres…), la participation à l’élaboration de conférences de consensus, des outils d’aide au diagnostic et à la prise en charge : VipGrad, ParaTox… En revanche, des réticences à adhérer existent. Le coût de l’adhésion estimé important, le manque de temps pour s’investir dans les réunions ou les travaux en cours, la perception d’un intérêt limité, la volonté de rester indépendant sont autant d’explications possibles. Dans certaines situations, la société savante est le seul interlocuteur pour les autorités, elle permet aussi de mettre en évidence la compétence spécifique d’un professionnel. Elle constitue donc un support indispensable au développement et à la défense d’un type d’activité. Ces sociétés doivent donc exister mais aussi drainer des membres pour la faire vivre et la développer. Pour cela, il est indispensable que ces responsables élaborent des stratégies pour attiser l’intérêt des publics pour qu’ils deviennent des membres","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S105"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365798","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}