Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.009
N. Badrane , N. Sedqi , L. Hib , M. Ghandi , N. Aitdaoud , I. Iken , F. Zalagh , H. Sefiani , N. Auajjar , S. Skalli
Objectif
La vente des produits finis à base de plantes par les herboristes est une pratique courante au Maroc. Certains de ces produits sont préparés localement sans autorisation de mise sur le marché alors que d’autres proviennent de l’étranger et en général du marché de contrebande avec risque d’effets toxiques chez le consommateur. Dans ce contexte, l’objectif de notre travail était d’évaluer la toxicité de certains produits à base de plantes vendus librement chez les herboristes au Maroc en déterminant leur composition par chromatographie couplée à la spectrométrie de masse.
Méthodes
Nous avons décrit, dans cette étude, les résultats d’analyses d’échantillons de produits finis à base de plantes incriminés dans des cas d’intoxication, ou ayant fait l’objet d’une alerte au niveau du département de toxicovigilance ou de pharmacovigilance du Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM) de 2010 à 2024. Les analyses de ces échantillons ont été réalisées au niveau du laboratoire du CAPM par chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (Gc-MS).
Résultats
Le laboratoire du CAPM a reçu sept produits pour analyse, dont trois étaient responsables d’intoxications. Quatre échantillons étaient sous la forme galénique d’un sirop. L’analyse d’un produit provenant d’Indonésie à base d’une mixture de plantes destiné au traitement des douleurs articulaires chez le sujet âgé a montré la présence de médicaments anti-inflammatoires et de paracétamol. Un autre produit contenant du Lawsonia inermis (henné) a été responsable d’une dermatite avec cicatrices indélébiles chez une jeune fille ; son analyse a montré la présence de paraphénylènediamine. Un sirop acheté chez l’herboriste par une maman pour stimuler l’appétit de son enfant a été responsable d’épisodes de somnolence chez l’enfant et l’analyse a montré la présence de cyproheptadine. L’analyse d’un produit à base d’une mixture de plantes pris par un jeune sportif, ayant entraîné une insuffisance rénale aiguë, a retrouvé la présence de phénols et terpènes. L’analyse des 3 autres produits sous forme de sirop, indiqués respectivement pour l’amélioration des performances physiques, le traitement de la dysfonction érectile et de l’asthme, a montré la présence respective d’une benzodiazépine, un hétéroside cardiotonique et de monoterpénoïdes.
Conclusion
Certains produits, en vente libre chez les herboristes, notamment ceux du marché informel échappent à tout contrôle. La composition mentionnée sur l’étiquetage qualifiant le produit de naturel, alors qu’il pourrait contenir des constituants toxiques comme l’a montré notre étude, expose le citoyen marocain à un réel risque d’intoxication. Des actions multisectorielles avec des campagnes de sensibilisation par rapport à ce risque sont primordiales pour faire face à cette problématique.
{"title":"Analyses toxicologiques des produits finis à base de plantes : données du Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc","authors":"N. Badrane , N. Sedqi , L. Hib , M. Ghandi , N. Aitdaoud , I. Iken , F. Zalagh , H. Sefiani , N. Auajjar , S. Skalli","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.009","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.009","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La vente des produits finis à base de plantes par les herboristes est une pratique courante au Maroc. Certains de ces produits sont préparés localement sans autorisation de mise sur le marché alors que d’autres proviennent de l’étranger et en général du marché de contrebande avec risque d’effets toxiques chez le consommateur. Dans ce contexte, l’objectif de notre travail était d’évaluer la toxicité de certains produits à base de plantes vendus librement chez les herboristes au Maroc en déterminant leur composition par chromatographie couplée à la spectrométrie de masse.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Nous avons décrit, dans cette étude, les résultats d’analyses d’échantillons de produits finis à base de plantes incriminés dans des cas d’intoxication, ou ayant fait l’objet d’une alerte au niveau du département de toxicovigilance ou de pharmacovigilance du Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM) de 2010 à 2024. Les analyses de ces échantillons ont été réalisées au niveau du laboratoire du CAPM par chromatographie gazeuse couplée à la spectrométrie de masse (Gc-MS).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Le laboratoire du CAPM a reçu sept produits pour analyse, dont trois étaient responsables d’intoxications. Quatre échantillons étaient sous la forme galénique d’un sirop. L’analyse d’un produit provenant d’Indonésie à base d’une mixture de plantes destiné au traitement des douleurs articulaires chez le sujet âgé a montré la présence de médicaments anti-inflammatoires et de paracétamol. Un autre produit contenant du <em>Lawsonia inermis</em> (henné) a été responsable d’une dermatite avec cicatrices indélébiles chez une jeune fille ; son analyse a montré la présence de paraphénylènediamine. Un sirop acheté chez l’herboriste par une maman pour stimuler l’appétit de son enfant a été responsable d’épisodes de somnolence chez l’enfant et l’analyse a montré la présence de cyproheptadine. L’analyse d’un produit à base d’une mixture de plantes pris par un jeune sportif, ayant entraîné une insuffisance rénale aiguë, a retrouvé la présence de phénols et terpènes. L’analyse des 3 autres produits sous forme de sirop, indiqués respectivement pour l’amélioration des performances physiques, le traitement de la dysfonction érectile et de l’asthme, a montré la présence respective d’une benzodiazépine, un hétéroside cardiotonique et de monoterpénoïdes.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Certains produits, en vente libre chez les herboristes, notamment ceux du marché informel échappent à tout contrôle. La composition mentionnée sur l’étiquetage qualifiant le produit de naturel, alors qu’il pourrait contenir des constituants toxiques comme l’a montré notre étude, expose le citoyen marocain à un réel risque d’intoxication. Des actions multisectorielles avec des campagnes de sensibilisation par rapport à ce risque sont primordiales pour faire face à cette problématique.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S86"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365838","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.064
A. Mercier , F. Weisse , A. Marteau , F. Abi-Nader , A. Maillot
<div><h3>Objectif</h3><div>Malgré un nombre limité d’espèces venimeuses connues à la Réunion, certaines piqûres ou morsures d’arthropodes terrestres sont responsables de douleurs intenses et peuvent provoquer chez certaines personnes des anaphylaxies sévères <span><span>[1]</span></span>. L’objectif est de décrire l’épidémiologie des envenimations par des arthropodes terrestres (insectes, araignées, scolopendres et scorpions) à la Réunion de 2020 à 2024 à partir de la base de données du dispositif de toxicovigilance Océan Indien (DTV-OI).</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>L’analyse repose sur des données de passages aux urgences du 01/01/2020 au 31/12/2024, codés morsure ou piqûre d’arthropode terrestre (CIM-10) dans l’un des quatre centres hospitaliers de l’île de la Réunion. Les cas de piqûres où l’espèce responsable n’a pas pu être incriminée (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->28) ont été saisis mais sont exclus de l’étude.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les envenimations par arthropodes terrestres représentaient 102 passages aux urgences de 2020 à 2024, avec une moyenne de 21 cas par année. Dans plus de la moitié des cas, l’agent responsable était la guêpe (<em>Polistes olivaceus</em>) (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->61) avec un pic notable du nombre de cas de février à avril en saison chaude et humide, avec ensuite 22 % des cas incriminant l’abeille (<em>Apis mellifera</em>) (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->22), 14 % le scolopendre (<em>Scolopendra morsitans</em> ou <em>Scolopendra subspinipes</em>) (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->14), et<!--> <!--><<!--> <!-->5 % pour la fourmi (surtout <em>Solenopsis geminata</em>) et le scorpion (<em>Isometrus maculatus</em>) (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->3 et <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2 respectivement). Malgré la présence de six espèces d’araignées venimeuses à la Réunion, aucun cas d’envenimation n’a été identifié <span><span>[1]</span></span>.</div><div>Les patients étaient majoritairement des hommes avec un sexe ratio de 0,82 (plus faible à 0,57 pour les piqûres d’abeille et plus élevé à 1,33 pour les morsures de scolopendre). Les patients étaient âgés de 2 mois à 88 ans, avec un âge moyen de 40,5 ans (âge moyen plus faible à 35,4 ans pour les morsures de scorpion). Le moment d’exposition était principalement l’après-midi pour les piqûres de guêpe, le matin pour les piqûres d’abeille et la nuit pour les morsures de scolopendre.</div><div>Parmi les cas d’envenimation admis aux urgences, 23 ont été hospitalisés en lien avec une anaphylaxie, principalement en déchocage ou en unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD). Il s’agissait de piqûres de guêpe (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->13) ou d’abeille (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9), et d’un cas de morsure de fourmis. Aucun décès n’a été identifié au cours de la période. La gravité globale (évaluée par le score ‘<em>Poisoning Severity Score’</em>) était majoritairement faible (62 %), avec toutefois neuf cas de gravité forte chez des patients âgé de 4 ans (
{"title":"Épidémiologie des envenimations par arthropodes terrestres à la Réunion de 2020 à 2024","authors":"A. Mercier , F. Weisse , A. Marteau , F. Abi-Nader , A. Maillot","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.064","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.064","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Malgré un nombre limité d’espèces venimeuses connues à la Réunion, certaines piqûres ou morsures d’arthropodes terrestres sont responsables de douleurs intenses et peuvent provoquer chez certaines personnes des anaphylaxies sévères <span><span>[1]</span></span>. L’objectif est de décrire l’épidémiologie des envenimations par des arthropodes terrestres (insectes, araignées, scolopendres et scorpions) à la Réunion de 2020 à 2024 à partir de la base de données du dispositif de toxicovigilance Océan Indien (DTV-OI).</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>L’analyse repose sur des données de passages aux urgences du 01/01/2020 au 31/12/2024, codés morsure ou piqûre d’arthropode terrestre (CIM-10) dans l’un des quatre centres hospitaliers de l’île de la Réunion. Les cas de piqûres où l’espèce responsable n’a pas pu être incriminée (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->28) ont été saisis mais sont exclus de l’étude.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les envenimations par arthropodes terrestres représentaient 102 passages aux urgences de 2020 à 2024, avec une moyenne de 21 cas par année. Dans plus de la moitié des cas, l’agent responsable était la guêpe (<em>Polistes olivaceus</em>) (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->61) avec un pic notable du nombre de cas de février à avril en saison chaude et humide, avec ensuite 22 % des cas incriminant l’abeille (<em>Apis mellifera</em>) (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->22), 14 % le scolopendre (<em>Scolopendra morsitans</em> ou <em>Scolopendra subspinipes</em>) (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->14), et<!--> <!--><<!--> <!-->5 % pour la fourmi (surtout <em>Solenopsis geminata</em>) et le scorpion (<em>Isometrus maculatus</em>) (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->3 et <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2 respectivement). Malgré la présence de six espèces d’araignées venimeuses à la Réunion, aucun cas d’envenimation n’a été identifié <span><span>[1]</span></span>.</div><div>Les patients étaient majoritairement des hommes avec un sexe ratio de 0,82 (plus faible à 0,57 pour les piqûres d’abeille et plus élevé à 1,33 pour les morsures de scolopendre). Les patients étaient âgés de 2 mois à 88 ans, avec un âge moyen de 40,5 ans (âge moyen plus faible à 35,4 ans pour les morsures de scorpion). Le moment d’exposition était principalement l’après-midi pour les piqûres de guêpe, le matin pour les piqûres d’abeille et la nuit pour les morsures de scolopendre.</div><div>Parmi les cas d’envenimation admis aux urgences, 23 ont été hospitalisés en lien avec une anaphylaxie, principalement en déchocage ou en unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD). Il s’agissait de piqûres de guêpe (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->13) ou d’abeille (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9), et d’un cas de morsure de fourmis. Aucun décès n’a été identifié au cours de la période. La gravité globale (évaluée par le score ‘<em>Poisoning Severity Score’</em>) était majoritairement faible (62 %), avec toutefois neuf cas de gravité forte chez des patients âgé de 4 ans (","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S120"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365839","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.012
C. Schmitt, K. Von Fabeck, M. Glaizal, N. Simon
Objectif
Avec plus de 4000 km de côtes, la France métropolitaine dispose de nombreux sites et plages attractifs pour des millions de vacanciers chaque année. Cependant, lors de leurs activités aquatiques, les usagers peuvent faire de mauvaises rencontres avec certains résidents marins venimeux comme les cnidaires (méduses, physalies, anémones…) ou certains poissons osseux comme les vives ou les rascasses. La prise en charge dépend du profil toxicologique de l’animal. Certaines toxines étant thermolabiles, un traitement par bain d’eau chaude ou par choc thermique (application d’une source de chaleur puis une source de froid à proximité de la plaie) peuvent être proposés à visée antalgique. L’objectif de ce travail est d’analyser les cas d’envenimations rapportées aux centres antipoison (CAP).
Méthode
Les dossiers codés sont extraits de la base nationale (SI-CAP®) ces 10 dernières années (2015–2024).
Résultats
Chaque année, entre 100 et 300 accidents d’envenimations survenus en métropole sont rapportés aux CAP Français, avec une majorité d’envenimation par des vives et méduses. Nous étudierons les différents types d’envenimation, leur localisation géographique, leur évolution au cours du temps, le profil des victimes, leurs symptômes, leur prise en charge et leur évolution. Le point sera fait sur l’état des connaissances sur les différentes prises en charge proposées.
Conclusion
Au total, les envenimations humaines sont récurrentes sur les côtes métropolitaines, avec des patients qui développent essentiellement des symptômes locaux parfois associés à des signes généraux. Les complications sont rares mais peuvent nécessiter une prise en charge médicale sur plusieurs mois. Les surveillants de baignades et les équipes médicales de proximités doivent être formés à la prise en charge de ces différentes envenimations et le public qui fréquente les côtes doit être informé des risques.
{"title":"Panorama des envenimations marines en France métropolitaine","authors":"C. Schmitt, K. Von Fabeck, M. Glaizal, N. Simon","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.012","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.012","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Avec plus de 4000<!--> <!-->km de côtes, la France métropolitaine dispose de nombreux sites et plages attractifs pour des millions de vacanciers chaque année. Cependant, lors de leurs activités aquatiques, les usagers peuvent faire de mauvaises rencontres avec certains résidents marins venimeux comme les cnidaires (méduses, physalies, anémones…) ou certains poissons osseux comme les vives ou les rascasses. La prise en charge dépend du profil toxicologique de l’animal. Certaines toxines étant thermolabiles, un traitement par bain d’eau chaude ou par choc thermique (application d’une source de chaleur puis une source de froid à proximité de la plaie) peuvent être proposés à visée antalgique. L’objectif de ce travail est d’analyser les cas d’envenimations rapportées aux centres antipoison (CAP).</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les dossiers codés sont extraits de la base nationale (SI-CAP®) ces 10 dernières années (2015–2024).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Chaque année, entre 100 et 300 accidents d’envenimations survenus en métropole sont rapportés aux CAP Français, avec une majorité d’envenimation par des vives et méduses. Nous étudierons les différents types d’envenimation, leur localisation géographique, leur évolution au cours du temps, le profil des victimes, leurs symptômes, leur prise en charge et leur évolution. Le point sera fait sur l’état des connaissances sur les différentes prises en charge proposées.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Au total, les envenimations humaines sont récurrentes sur les côtes métropolitaines, avec des patients qui développent essentiellement des symptômes locaux parfois associés à des signes généraux. Les complications sont rares mais peuvent nécessiter une prise en charge médicale sur plusieurs mois. Les surveillants de baignades et les équipes médicales de proximités doivent être formés à la prise en charge de ces différentes envenimations et le public qui fréquente les côtes doit être informé des risques.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S88"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365843","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.053
M. Bounab , I. Kolli , H. Benfifi , R.T. Mechalikh , D. Amrani , S. Ettaieb Errahmani , S. Kaddour
<div><h3>Objectif</h3><div>Les premières descriptions de mésusage et de dépendance aux gabapentinoïdes datent des années 2010 <span><span>[1]</span></span>. Ce phénomène constitue un problème de santé publique dans la population algérienne <span><span>[2]</span></span>, en particulier chez les femmes. L’objectif est de décrire le profil de consommation de la prégabaline (PGB) au sein de la population féminine de la région Centre de l’Algérie entre le 01 janvier 2021 et le 31 mai 2025.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective, qui porte sur les cas de consommation féminine de la PGB, recensés par le service de toxicologie du centre hospitalier universitaire de Bab El Oued. Les données ont été collectées à partir des registres internes du service, puis saisies et analysées à l’aide du logiciel Microsoft Excel 2021.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 129 cas de consommation de la PGB ont été recensés, dont 95,3 % étaient des cas de mésusage. Le nombre de cas recensés était de 8 en 2021 et de 38 en 2024, avec une augmentation particulièrement marquée en 2022, où l’on a observé une hausse de 300 % par rapport à 2021. Les consommatrices étaient âgées de 12 à 46 ans, dont 9,3 % étaient enceintes au moment de la prise. Chez la population étudiée, la consommation est significativement élevée (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05) dans la tranche d’âge de 18 à 25 ans. La prégabaline était associée à d’autres substances dans 72,9 % des cas (cannabis : 21,2 %, opiacés/opioïdes : 20,0 %, cocaïne : 18,3 %, benzodiazépines : 17,6 %, amphétamines : 11,8 %). Des signes neurologiques ont été observés dans 80,0 % des cas (troubles de la conscience : 47,0 %, convulsions : 13,0 %). D’autres symptômes fréquents incluaient hypersalivation, tachycardie, dyspnée et perte de vision (6,0 % chacun). Tous les cas ont nécessité une hospitalisation, dont 33 cas en soins intensifs (15 cas sont scorés entre 12 et 9 selon l’échelle de Glasgow et 18 cas sont scorés 8 ou moins). Deux décès ont été recensés, tous deux en contexte de polyconsommation (association prégabaline avec opioïdes, benzodiazépines et amphétamines).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La prégabaline, pourtant indiquée dans des pathologies neurologiques ou psychiatriques <span><span>[3]</span></span>, fait l’objet d’un usage détourné croissant <span><span>[4]</span></span> chez les femmes en Algérie. Son accessibilité sur le marché illicite, notamment sous les appellations « Double Signature » ou « Saroukh » (qui signifie Fusée), en raison de son faible coût comparé à d’autres drogues, et ses effets psychoactifs en font une substance à haut risque <span><span>[5]</span></span>, y compris pendant la grossesse. Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer la régulation et la prévention ciblée. La dépendance à cette substance touche les deux sexes, avec une prédominance masculine <span><span>[5]</span></span>. Toutefois, cette tendance n’est pas un
对加彭蒂诺类药物滥用和依赖的第一次描述可以追溯到2010年代[1]。这是阿尔及利亚人口,特别是妇女的一个公共卫生问题。其目的是描述阿尔及利亚中部地区妇女在2021年1月1日至2025年5月31日期间使用普瑞巴林(GMP)的情况。方法:这是一项回顾性描述性研究,研究了Bab El Oued大学医院毒理学部门确定的妇女使用国民生产总值的案例。这些数据是从该服务的内部记录中收集的,然后使用Microsoft Excel 2021软件进行输入和分析。结果,共记录了129例GDP消费案例,其中95.3%为滥用。2021年和2024年的病例数分别为8例和38例,2022年的增幅尤其明显,比2021年增加了300%。这些女性的年龄在12岁到46岁之间,其中9.3%在服用时已经怀孕。消费人群当中,是<显著较高(p 0.05);年龄在18至25岁。年内与其他物质结合72.9%的情况是:21.2%(大麻、鸦片/阿片:20.0%:18.3%、可卡因、苯二氮卓类:17.6%、安非他命(11.8%)。在80.0%的病例中观察到神经系统症状(意识障碍47.0%,抽搐13.0%)。其他常见症状包括呼吸过度、心动过速、呼吸困难和视力丧失(各6.0%)。所有病例都需要住院治疗,其中33例需要重症监护(15例格拉斯哥评分在12至9之间,18例评分在8或以下)。有两人死亡,都是由于多药使用(普瑞巴林与阿片类药物、苯二氮卓类药物和安非他明的联合使用)。普瑞巴林,尽管在神经系统或精神病学[3]中有标记,但在阿尔及利亚妇女中被滥用的情况越来越多。它在非法市场上的可及性,特别是以“双重签名”或“Saroukh”(意思是火箭)的名称,因为与其他药物相比,它的成本较低,以及它的精神活性,使它成为一种高风险物质,包括在怀孕期间。这些结果强调了加强监管和有针对性的预防的必要性。对这种物质的依赖影响两性,男性占主导地位[5]。然而,这一趋势并不一致:2016年,瑞典的一项研究发现,大多数GDP消费者是女性。这在怀孕期间尤其令人担忧,因为GMP可能会穿过胎盘,使胎儿面临严重出生缺陷[6]或出生时出现新生儿戒断综合征的风险,特别是在吸毒母亲的孩子中。在这种情况下,最常见的情况——误用——是自杀83.3%,事故6.7%,以及较小程度上的暴力和堕胎(各3.3%)。
{"title":"Profil de consommation de la prégabaline chez la population féminine de la région centre de l’Algérie entre le 01 janvier 2021 et le 31 mai 2025","authors":"M. Bounab , I. Kolli , H. Benfifi , R.T. Mechalikh , D. Amrani , S. Ettaieb Errahmani , S. Kaddour","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.053","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.053","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Les premières descriptions de mésusage et de dépendance aux gabapentinoïdes datent des années 2010 <span><span>[1]</span></span>. Ce phénomène constitue un problème de santé publique dans la population algérienne <span><span>[2]</span></span>, en particulier chez les femmes. L’objectif est de décrire le profil de consommation de la prégabaline (PGB) au sein de la population féminine de la région Centre de l’Algérie entre le 01 janvier 2021 et le 31 mai 2025.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective, qui porte sur les cas de consommation féminine de la PGB, recensés par le service de toxicologie du centre hospitalier universitaire de Bab El Oued. Les données ont été collectées à partir des registres internes du service, puis saisies et analysées à l’aide du logiciel Microsoft Excel 2021.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 129 cas de consommation de la PGB ont été recensés, dont 95,3 % étaient des cas de mésusage. Le nombre de cas recensés était de 8 en 2021 et de 38 en 2024, avec une augmentation particulièrement marquée en 2022, où l’on a observé une hausse de 300 % par rapport à 2021. Les consommatrices étaient âgées de 12 à 46 ans, dont 9,3 % étaient enceintes au moment de la prise. Chez la population étudiée, la consommation est significativement élevée (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05) dans la tranche d’âge de 18 à 25 ans. La prégabaline était associée à d’autres substances dans 72,9 % des cas (cannabis : 21,2 %, opiacés/opioïdes : 20,0 %, cocaïne : 18,3 %, benzodiazépines : 17,6 %, amphétamines : 11,8 %). Des signes neurologiques ont été observés dans 80,0 % des cas (troubles de la conscience : 47,0 %, convulsions : 13,0 %). D’autres symptômes fréquents incluaient hypersalivation, tachycardie, dyspnée et perte de vision (6,0 % chacun). Tous les cas ont nécessité une hospitalisation, dont 33 cas en soins intensifs (15 cas sont scorés entre 12 et 9 selon l’échelle de Glasgow et 18 cas sont scorés 8 ou moins). Deux décès ont été recensés, tous deux en contexte de polyconsommation (association prégabaline avec opioïdes, benzodiazépines et amphétamines).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La prégabaline, pourtant indiquée dans des pathologies neurologiques ou psychiatriques <span><span>[3]</span></span>, fait l’objet d’un usage détourné croissant <span><span>[4]</span></span> chez les femmes en Algérie. Son accessibilité sur le marché illicite, notamment sous les appellations « Double Signature » ou « Saroukh » (qui signifie Fusée), en raison de son faible coût comparé à d’autres drogues, et ses effets psychoactifs en font une substance à haut risque <span><span>[5]</span></span>, y compris pendant la grossesse. Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer la régulation et la prévention ciblée. La dépendance à cette substance touche les deux sexes, avec une prédominance masculine <span><span>[5]</span></span>. Toutefois, cette tendance n’est pas un","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S113-S114"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365846","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.055
M. Chalaye, A.-M. Patat, M. Hervé, E. Béreau, N. Paret
<div><h3>Objectif</h3><div>Les phytophotodermatoses sont des réactions cutanées qui apparaissent après un contact avec certaines plantes suivi d’une exposition de la zone de contact à des rayonnements ultraviolets. Il s’agit d’une réaction phototoxique due à la présence dans les végétaux de molécules nommées furanocoumarines. Ces molécules sont retrouvées principalement dans les familles de plantes suivantes : Moracées, Apiacées, Fabacées et Rutacées <span><span>[1]</span></span>.</div><div>L’objectif de cette étude était d’évaluer l’incidence et la gravité des cas rapportés au Centre antipoison (CAP) de Lyon en vue d’actions de prévention et de sensibilisation par l’ARS en région Auvergne-Rhône-Alpes.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Extraction du système d’information des CAP (SICAP) des dossiers survenus en région Auvergne Rhône-Alpes entre le 1<sup>er</sup> novembre 2018 et le 31 octobre 2024 avec les agents d’exposition suivants : figuier, berce du Caucase, berce commune et rue des jardins associés à la voie d’exposition cutanée. Une recherche a aussi été effectuée sur les cas codés avec l’agent d’exposition « plantes sauvages vertes » car cette hiérarchie inclut trois de ces agents, la berce du Caucase, la berce commune et la rue des jardins, et nous permettait d’identifier d’éventuels cas supplémentaires qui n’auraient pas été codés précisément. La sélection des plantes a été réalisée afin de répondre à la demande de l’ARS. Tous les cas ont été relus et la gravité selon le Poisoning Severity Score (PSS) recodée si besoin. Compte-tenu de la particularité de ces réactions cutanées, un critère de gravité modérée hors PSS a été appliqué lorsque les symptômes avaient duré plus d’une semaine et avaient nécessité une consultation médicale.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Quarante-six cas individuels d’exposition cutanée (correspondants à 43 dossiers) à l’une des plantes photo sensibilisantes étudiées ont été extraits. Ils concernaient le figuier dans 23 cas (soit 50 % des cas), la berce du Caucase dans 15 cas (33 %), la rue des jardins dans 6 cas (13 %), la berce commune dans 2 cas (4 %). La relecture des cas codés « plantes sauvages vertes » n’a pas permis d’identifier de cas supplémentaires. Les appels concernaient principalement le Rhône (10 cas) puis l’Isère (8 cas). Quatorze cas d’expositions ont eu lieu en pleine nature parmi lesquels 3 cas d’expositions ont été enregistrés dans un contexte professionnel. Tous les autres cas (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->32) se sont produits au sein des espaces verts privés des particuliers dans le cadre de travaux de désherbage ou d’élagage. Parmi les 46 personnes exposées, 44 ont présenté des symptômes. Il s’agissait principalement d’un érythème (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->20) et de phlyctènes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->18). Trois patients ont présenté une brûlure de 2<sup>e</sup> degré dont les lésions recouvraient l’intégralité des deux jambes, et torse en sus pour l’un d’entre eux. Une gra
{"title":"Phytophotodermatoses en région Auvergne-Rhône-Alpes : bilan du CAP de Lyon","authors":"M. Chalaye, A.-M. Patat, M. Hervé, E. Béreau, N. Paret","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.055","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.055","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Les phytophotodermatoses sont des réactions cutanées qui apparaissent après un contact avec certaines plantes suivi d’une exposition de la zone de contact à des rayonnements ultraviolets. Il s’agit d’une réaction phototoxique due à la présence dans les végétaux de molécules nommées furanocoumarines. Ces molécules sont retrouvées principalement dans les familles de plantes suivantes : Moracées, Apiacées, Fabacées et Rutacées <span><span>[1]</span></span>.</div><div>L’objectif de cette étude était d’évaluer l’incidence et la gravité des cas rapportés au Centre antipoison (CAP) de Lyon en vue d’actions de prévention et de sensibilisation par l’ARS en région Auvergne-Rhône-Alpes.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Extraction du système d’information des CAP (SICAP) des dossiers survenus en région Auvergne Rhône-Alpes entre le 1<sup>er</sup> novembre 2018 et le 31 octobre 2024 avec les agents d’exposition suivants : figuier, berce du Caucase, berce commune et rue des jardins associés à la voie d’exposition cutanée. Une recherche a aussi été effectuée sur les cas codés avec l’agent d’exposition « plantes sauvages vertes » car cette hiérarchie inclut trois de ces agents, la berce du Caucase, la berce commune et la rue des jardins, et nous permettait d’identifier d’éventuels cas supplémentaires qui n’auraient pas été codés précisément. La sélection des plantes a été réalisée afin de répondre à la demande de l’ARS. Tous les cas ont été relus et la gravité selon le Poisoning Severity Score (PSS) recodée si besoin. Compte-tenu de la particularité de ces réactions cutanées, un critère de gravité modérée hors PSS a été appliqué lorsque les symptômes avaient duré plus d’une semaine et avaient nécessité une consultation médicale.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Quarante-six cas individuels d’exposition cutanée (correspondants à 43 dossiers) à l’une des plantes photo sensibilisantes étudiées ont été extraits. Ils concernaient le figuier dans 23 cas (soit 50 % des cas), la berce du Caucase dans 15 cas (33 %), la rue des jardins dans 6 cas (13 %), la berce commune dans 2 cas (4 %). La relecture des cas codés « plantes sauvages vertes » n’a pas permis d’identifier de cas supplémentaires. Les appels concernaient principalement le Rhône (10 cas) puis l’Isère (8 cas). Quatorze cas d’expositions ont eu lieu en pleine nature parmi lesquels 3 cas d’expositions ont été enregistrés dans un contexte professionnel. Tous les autres cas (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->32) se sont produits au sein des espaces verts privés des particuliers dans le cadre de travaux de désherbage ou d’élagage. Parmi les 46 personnes exposées, 44 ont présenté des symptômes. Il s’agissait principalement d’un érythème (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->20) et de phlyctènes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->18). Trois patients ont présenté une brûlure de 2<sup>e</sup> degré dont les lésions recouvraient l’intégralité des deux jambes, et torse en sus pour l’un d’entre eux. Une gra","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S115"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365847","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.056
H. Coutard , D. Bourneau-Martin , S. Pitet , French Poison Control Centers Research Group , G. Le Roux , M. Cellier
<div><h3>Objectif</h3><div>Il est décrit dans les résumés caractéristiques des produits (RCP) de la dapaglifozine et de l’empaglifozine, une acidocétose et une insuffisance rénale aiguë (IRA). Dans un contexte de surdosage volontaire, la toxicité des glifozines, antidiabétiques oraux inhibiteurs des SGLT2, n’est pas documentée dans la littérature. L’objectif de cette étude est de décrire la gravité des intoxications médicamenteuses volontaires (IMV) aux glifozines et décrire leurs conséquences cliniques ainsi que de déterminer si ces intoxications sont également associées à des acidocétoses et des IRA en cas de surdosage.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Cette étude rétrospective descriptive analyse les cas d’IMV aux gliflozines recensés par les centres antipoison français entre le 01/01/2021 et le 30/03/2025. Une comparaison de la gravité (gravité moyenne vs gravité sévère<!--> <!-->+<!--> <!-->décès) utilisant le Poisonning Severity Score (PSS) a été effectuée en utilisant les tests adaptés aux petits échantillons (Fisher et Wilcoxon).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 33 cas de gravité modérée (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->12) à sévère (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->19) ainsi que 2 décès ont été inclus sur 73 IMV recensées en 4 ans toute gravité confondue. Tous les cas de gravité modérée à sévère concernaient des polyintoxications avec principalement une co-ingestion d’antihypertenseurs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->21), d’antidiabétiques type metformine (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->10), d’analgésiques (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9) et d’antidépresseurs/anxiolytiques/hypnotiques (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11). Les 2 décès rencontrés dans cette étude n’étaient pas en lien avec les glifozines. Il s’agissait d’un décès par pneumopathie d’inhalation d’un patient de 94 ans ayant fait une IMV avec mianserine, chlorure de potassium, apixaban, empaglifozine, furosémide, bromazepam, omeprazole et tramadol. Le 2<sup>e</sup> décès concernait un patient de 59 ans après une IMV avec amiloride, empaglifozine, indapamide, irbesartan et verapamil ayant eu un choc cardiogénique, un SDRA et une défaillance polyviscérale. Seul un cas d’acidocétose et un cas d’hypoglycémie ont été rencontrés. La survenue d’une acidose (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,49) et d’une IRA (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,22) n’était pas significativement associée à une gravité sévère ou un décès. Les données publiées concernant les surdosages en gliflozines restent très limitées. D’après la base nationale de pharmacovigilance, de rares cas d’acidocétose diabétique ont été rapportés sous glifozines. Ces tableaux surviennent le plus souvent en contexte d’euglycémie ou d’hyperglycémie modérée. Certains cas étaient associés à un pronostic vital engagé, voire à une issue fatale.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les IMV aux gliflozines semblent être peu graves et ne semblent pas s’accompagner d’une acidocétose ou d’une IRA, une hypoglycémie ne semble pas non plus décrit
{"title":"Intoxication médicamenteuse volontaire aux glifozines, une série de cas sur 4 ans","authors":"H. Coutard , D. Bourneau-Martin , S. Pitet , French Poison Control Centers Research Group , G. Le Roux , M. Cellier","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.056","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.056","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Il est décrit dans les résumés caractéristiques des produits (RCP) de la dapaglifozine et de l’empaglifozine, une acidocétose et une insuffisance rénale aiguë (IRA). Dans un contexte de surdosage volontaire, la toxicité des glifozines, antidiabétiques oraux inhibiteurs des SGLT2, n’est pas documentée dans la littérature. L’objectif de cette étude est de décrire la gravité des intoxications médicamenteuses volontaires (IMV) aux glifozines et décrire leurs conséquences cliniques ainsi que de déterminer si ces intoxications sont également associées à des acidocétoses et des IRA en cas de surdosage.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Cette étude rétrospective descriptive analyse les cas d’IMV aux gliflozines recensés par les centres antipoison français entre le 01/01/2021 et le 30/03/2025. Une comparaison de la gravité (gravité moyenne vs gravité sévère<!--> <!-->+<!--> <!-->décès) utilisant le Poisonning Severity Score (PSS) a été effectuée en utilisant les tests adaptés aux petits échantillons (Fisher et Wilcoxon).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 33 cas de gravité modérée (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->12) à sévère (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->19) ainsi que 2 décès ont été inclus sur 73 IMV recensées en 4 ans toute gravité confondue. Tous les cas de gravité modérée à sévère concernaient des polyintoxications avec principalement une co-ingestion d’antihypertenseurs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->21), d’antidiabétiques type metformine (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->10), d’analgésiques (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9) et d’antidépresseurs/anxiolytiques/hypnotiques (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11). Les 2 décès rencontrés dans cette étude n’étaient pas en lien avec les glifozines. Il s’agissait d’un décès par pneumopathie d’inhalation d’un patient de 94 ans ayant fait une IMV avec mianserine, chlorure de potassium, apixaban, empaglifozine, furosémide, bromazepam, omeprazole et tramadol. Le 2<sup>e</sup> décès concernait un patient de 59 ans après une IMV avec amiloride, empaglifozine, indapamide, irbesartan et verapamil ayant eu un choc cardiogénique, un SDRA et une défaillance polyviscérale. Seul un cas d’acidocétose et un cas d’hypoglycémie ont été rencontrés. La survenue d’une acidose (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,49) et d’une IRA (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,22) n’était pas significativement associée à une gravité sévère ou un décès. Les données publiées concernant les surdosages en gliflozines restent très limitées. D’après la base nationale de pharmacovigilance, de rares cas d’acidocétose diabétique ont été rapportés sous glifozines. Ces tableaux surviennent le plus souvent en contexte d’euglycémie ou d’hyperglycémie modérée. Certains cas étaient associés à un pronostic vital engagé, voire à une issue fatale.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les IMV aux gliflozines semblent être peu graves et ne semblent pas s’accompagner d’une acidocétose ou d’une IRA, une hypoglycémie ne semble pas non plus décrit","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S115-S116"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365853","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.037
M. Glaizal, M. Petit, C. Schmitt, N. Simon
<div><h3>Objectif</h3><div>La très grande majorité des tentatives de suicides (TS) étant des intoxications, les cas pris en charge par le réseau des centres antipoison (CAP) sont un indicateur, non exhaustif mais fiable et actualisé en quasi-temps réel, des tendances de ces comportements. Lors de la pandémie de Covid-19, les appels aux CAP ont ainsi parfaitement reflété la hausse de l’ensemble des TS observées aux urgences, surtout chez les adolescentes et les jeunes femmes <span><span>[1]</span></span>.</div><div>Forts de cette corrélation, nous avons voulu explorer et préciser, grâce aux données des CAP, une caractéristique des TS pédiatriques peu documentée : l’influence du calendrier scolaire. La saisonnalité de ces gestes sous l’angle des périodes de vacances a été peu étudiée à l’international (souvent sur des pas de temps compliquant l’interprétation – jour ou mois- et le plus souvent avant la Covid-19 et son impact psychologique) et pas en France à échelle nationale (une seule étude, récente et soulignant l’absence de travaux, mais aux données pré-Covid et aux classes d’âge inadaptées aux mineurs <span><span>[2]</span></span>).</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude descriptive rétrospective du nombre hebdomadaire (selon la date d’appel initial et numéro de semaine dans l’année) de cas d’intoxication à visée suicidaire chez des sujets de moins de 18 ans survenus en France métropolitaine et pris en charge par les CAP français entre le 01/01/2017 et le 31/12/2024. Confrontation au calendrier officiel des 8 années concernées, partagé par tous les types d’établissements (privés/publics) et niveaux (de la maternelle au lycée) du territoire métropolitain. Les TS d’adultes ont été comptabilisées pour comparaison.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Avant (2017–2019) comme pendant (2020–2021) et après (2022–2024) la pandémie, on note une forte variation du nombre hebdomadaire de TS pédiatriques au long de chaque année, mais avec des parties basses assez synchronisées entre années, alors même que le total annuel de ces gestes a augmenté de plus de 79 % entre l’avant et l’après Covid-19. Ces baisses correspondent aux semaines de fermeture des établissements scolaires, qu’elles soient attendues (vacances) ou non (confinements). L’augmentation durable du nombre annuel de cas a bien plus concerné les filles, déjà largement majoritaires, que les garçons (resp. +90 % et +27 %), et le lien stable avec le calendrier scolaire n’est valable que pour le sexe féminin. Sur la même période, les CAP n’ont enregistré pour les TS d’adultes ni augmentation annuelle ni lien avec les congés scolaires. Pour la première fois en 2024, la majorité des suicidants pris en charge sont des enfants (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9706 vs <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8740 chez les plus de 18 ans).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Nos résultats illustrent pour la première fois à échelle française d’une part, la persistance après la pandémie de l’« effet Covid19 » d’au
{"title":"Lien entre périodes scolaires et intoxications suicidaires pédiatriques gérées par les centres antipoison français","authors":"M. Glaizal, M. Petit, C. Schmitt, N. Simon","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.037","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.037","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La très grande majorité des tentatives de suicides (TS) étant des intoxications, les cas pris en charge par le réseau des centres antipoison (CAP) sont un indicateur, non exhaustif mais fiable et actualisé en quasi-temps réel, des tendances de ces comportements. Lors de la pandémie de Covid-19, les appels aux CAP ont ainsi parfaitement reflété la hausse de l’ensemble des TS observées aux urgences, surtout chez les adolescentes et les jeunes femmes <span><span>[1]</span></span>.</div><div>Forts de cette corrélation, nous avons voulu explorer et préciser, grâce aux données des CAP, une caractéristique des TS pédiatriques peu documentée : l’influence du calendrier scolaire. La saisonnalité de ces gestes sous l’angle des périodes de vacances a été peu étudiée à l’international (souvent sur des pas de temps compliquant l’interprétation – jour ou mois- et le plus souvent avant la Covid-19 et son impact psychologique) et pas en France à échelle nationale (une seule étude, récente et soulignant l’absence de travaux, mais aux données pré-Covid et aux classes d’âge inadaptées aux mineurs <span><span>[2]</span></span>).</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude descriptive rétrospective du nombre hebdomadaire (selon la date d’appel initial et numéro de semaine dans l’année) de cas d’intoxication à visée suicidaire chez des sujets de moins de 18 ans survenus en France métropolitaine et pris en charge par les CAP français entre le 01/01/2017 et le 31/12/2024. Confrontation au calendrier officiel des 8 années concernées, partagé par tous les types d’établissements (privés/publics) et niveaux (de la maternelle au lycée) du territoire métropolitain. Les TS d’adultes ont été comptabilisées pour comparaison.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Avant (2017–2019) comme pendant (2020–2021) et après (2022–2024) la pandémie, on note une forte variation du nombre hebdomadaire de TS pédiatriques au long de chaque année, mais avec des parties basses assez synchronisées entre années, alors même que le total annuel de ces gestes a augmenté de plus de 79 % entre l’avant et l’après Covid-19. Ces baisses correspondent aux semaines de fermeture des établissements scolaires, qu’elles soient attendues (vacances) ou non (confinements). L’augmentation durable du nombre annuel de cas a bien plus concerné les filles, déjà largement majoritaires, que les garçons (resp. +90 % et +27 %), et le lien stable avec le calendrier scolaire n’est valable que pour le sexe féminin. Sur la même période, les CAP n’ont enregistré pour les TS d’adultes ni augmentation annuelle ni lien avec les congés scolaires. Pour la première fois en 2024, la majorité des suicidants pris en charge sont des enfants (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9706 vs <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8740 chez les plus de 18 ans).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Nos résultats illustrent pour la première fois à échelle française d’une part, la persistance après la pandémie de l’« effet Covid19 » d’au","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S101-S102"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366042","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.066
N. Paret , A.-M. Patat , C. Chevallier , M. Hervé , French Poison Control Centers Research Group , C. Bruneau , M. Chalaye
<div><h3>Objectif</h3><div>Le muscimol est la principale substance active de l’amanite tue-mouche et de l’amanite panthère. Elle est responsable des effets psychodysleptiques recherchés lors d’expériences chamaniques ou récréatives mais aussi potentiellement d’intoxications à type de syndrome panthérinien. En août 2024, suite à l’enregistrement d’un cas d’intoxication sévère après la consommation de gummies contenant du muscimol, l’ANSM a ouvert une enquête d’addictovigilance envisageant un classement de cette substance sur la liste des stupéfiants. Pour compléter cette étude, l’agence sanitaire a demandé un rapport d’analyse des données des centres antipoison (CAP) français concernant la consommation de muscimol, dans des circonstances de toxicomanie/addiction et d’autres circonstances d’intérêt, suicidaire, auto-thérapeutique, rituelle, et accidentelle à l’exception des cas de confusions alimentaires liés à la cueillette de champignons.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude rétrospective décrivant les cas d’expositions et d’intoxications (hors confusions alimentaires) à des produits ou champignons contenant du muscimol rapportés aux CAP entre le 01/01/2015 et le 31/10/2024. La gravité des cas a été revue selon le Poisoning Severity Score (PSS).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 45 cas de consommation de muscimol, 27 correspondaient à un usage récréatif. Le sex-ratio était de 3,5, l’âge médian de 27 ans. Soixante-trois pour cent des patients avaient un antécédent de consommation de substance(s) psychoactive(s) et 19 % au moins un antécédent psychiatrique. La prise de muscimol était réalisée à travers la consommation de champignons dans 22/27 cas : amanite tue-mouche (12 cas), amanite panthère (6 cas), les deux amanites (2 cas), amanites hallucinogènes sans précision (2 cas). Ils provenaient d’une cueillette (10/22 cas) ou d’un achat sur internet (3/22 cas), 9 cas sans précision. Vingt-six consommateurs ont présenté des symptômes. Les quantités consommées annoncées étaient très variables sans qu’il soit possible d’en déduire une relation dose-toxicité. Le délai d’apparition des symptômes était de 30<!--> <!-->minutes à 3<!--> <!-->heures. Les complications les plus fréquemment rapportées étaient caractéristiques du syndrome panthérinien avec des troubles neurologiques (troubles de conscience pouvant aller jusqu’au coma profond, convulsions, mydriase, myoclonies…) pour 41 % et psychiatriques (agitation, hallucinations/délire, confusion mentale…) pour 37 %. L’évolution a été favorable en 1 à 2<!--> <!-->jours mais 20 patients ont présenté des symptômes de gravité moyenne (15 cas) et forte (5 cas). Vingt-deux patients ont été pris en charge à l’hôpital. Le petit nombre de cas à usage récréatif enregistré annuellement (≤<!--> <!-->4 cas) a plus que doublé en 2024 (9 cas) en raison de la consommation de gummies à base de muscimol (5 cas) achetés dans des boutiques. Quatre d’entre eux étaient de gravité moyenne, 1 cas de gravité for
{"title":"Intoxications par le muscimol : données des centres antipoison français entre 2015 et 2024","authors":"N. Paret , A.-M. Patat , C. Chevallier , M. Hervé , French Poison Control Centers Research Group , C. Bruneau , M. Chalaye","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.066","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.066","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Le muscimol est la principale substance active de l’amanite tue-mouche et de l’amanite panthère. Elle est responsable des effets psychodysleptiques recherchés lors d’expériences chamaniques ou récréatives mais aussi potentiellement d’intoxications à type de syndrome panthérinien. En août 2024, suite à l’enregistrement d’un cas d’intoxication sévère après la consommation de gummies contenant du muscimol, l’ANSM a ouvert une enquête d’addictovigilance envisageant un classement de cette substance sur la liste des stupéfiants. Pour compléter cette étude, l’agence sanitaire a demandé un rapport d’analyse des données des centres antipoison (CAP) français concernant la consommation de muscimol, dans des circonstances de toxicomanie/addiction et d’autres circonstances d’intérêt, suicidaire, auto-thérapeutique, rituelle, et accidentelle à l’exception des cas de confusions alimentaires liés à la cueillette de champignons.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude rétrospective décrivant les cas d’expositions et d’intoxications (hors confusions alimentaires) à des produits ou champignons contenant du muscimol rapportés aux CAP entre le 01/01/2015 et le 31/10/2024. La gravité des cas a été revue selon le Poisoning Severity Score (PSS).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 45 cas de consommation de muscimol, 27 correspondaient à un usage récréatif. Le sex-ratio était de 3,5, l’âge médian de 27 ans. Soixante-trois pour cent des patients avaient un antécédent de consommation de substance(s) psychoactive(s) et 19 % au moins un antécédent psychiatrique. La prise de muscimol était réalisée à travers la consommation de champignons dans 22/27 cas : amanite tue-mouche (12 cas), amanite panthère (6 cas), les deux amanites (2 cas), amanites hallucinogènes sans précision (2 cas). Ils provenaient d’une cueillette (10/22 cas) ou d’un achat sur internet (3/22 cas), 9 cas sans précision. Vingt-six consommateurs ont présenté des symptômes. Les quantités consommées annoncées étaient très variables sans qu’il soit possible d’en déduire une relation dose-toxicité. Le délai d’apparition des symptômes était de 30<!--> <!-->minutes à 3<!--> <!-->heures. Les complications les plus fréquemment rapportées étaient caractéristiques du syndrome panthérinien avec des troubles neurologiques (troubles de conscience pouvant aller jusqu’au coma profond, convulsions, mydriase, myoclonies…) pour 41 % et psychiatriques (agitation, hallucinations/délire, confusion mentale…) pour 37 %. L’évolution a été favorable en 1 à 2<!--> <!-->jours mais 20 patients ont présenté des symptômes de gravité moyenne (15 cas) et forte (5 cas). Vingt-deux patients ont été pris en charge à l’hôpital. Le petit nombre de cas à usage récréatif enregistré annuellement (≤<!--> <!-->4 cas) a plus que doublé en 2024 (9 cas) en raison de la consommation de gummies à base de muscimol (5 cas) achetés dans des boutiques. Quatre d’entre eux étaient de gravité moyenne, 1 cas de gravité for","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S121"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366048","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.025
W. Caré
La prise en charge au bloc opératoire d’un patient contaminé par un agent du risque chimique expose à un risque de contamination secondaire du personnel par des projections liquides et/ou des vapeurs depuis une plaie pénétrante [1]. Parmi les agents du risque chimique agressif, l’ypérite semble être l’agent le plus propice à occasionner des blessés contaminés, non décédés rapidement des suites de l’exposition à l’agent chimique, et pouvant bénéficier d’une prise en charge chirurgicale en urgence (de type damage control) après décontamination pré-hospitalière. Les moyens actuellement mis en œuvre, à savoir la décontamination pré-hospitalière, la mise en condition opérationnelle du bloc opératoire et le port d’éléments de protection individuels (EPI), permettent de maîtriser le risque de contamination secondaire. Toutefois, le port d’EPI dont le niveau de protection est supérieur au risque présenté entrave l’efficience de la prise en charge médicale. En milieu hospitalier, l’impact négatif du port d’un équipement comprenant un appareil respiratoire filtrant sur les performances de réalisation des procédures a été montré. Le port de gants de protection en butyle altère la dextérité et la nécessité de disposer en milieu hospitalier de gants ajustés pour réaliser les soins est rapportée. Nous présentons les différentes modalités de protection du personnel soignant selon l’évaluation du risque d’exposition secondaire par phases liquide et/ou vapeur.
{"title":"Prise en charge au bloc opératoire d’un blessé contaminé par un agent chimique","authors":"W. Caré","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.025","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.025","url":null,"abstract":"<div><div>La prise en charge au bloc opératoire d’un patient contaminé par un agent du risque chimique expose à un risque de contamination secondaire du personnel par des projections liquides et/ou des vapeurs depuis une plaie pénétrante <span><span>[1]</span></span>. Parmi les agents du risque chimique agressif, l’ypérite semble être l’agent le plus propice à occasionner des blessés contaminés, non décédés rapidement des suites de l’exposition à l’agent chimique, et pouvant bénéficier d’une prise en charge chirurgicale en urgence (de type <em>damage control</em>) après décontamination pré-hospitalière. Les moyens actuellement mis en œuvre, à savoir la décontamination pré-hospitalière, la mise en condition opérationnelle du bloc opératoire et le port d’éléments de protection individuels (EPI), permettent de maîtriser le risque de contamination secondaire. Toutefois, le port d’EPI dont le niveau de protection est supérieur au risque présenté entrave l’efficience de la prise en charge médicale. En milieu hospitalier, l’impact négatif du port d’un équipement comprenant un appareil respiratoire filtrant sur les performances de réalisation des procédures a été montré. Le port de gants de protection en butyle altère la dextérité et la nécessité de disposer en milieu hospitalier de gants ajustés pour réaliser les soins est rapportée. Nous présentons les différentes modalités de protection du personnel soignant selon l’évaluation du risque d’exposition secondaire par phases liquide et/ou vapeur.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S95"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366143","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.020
S. Chaumette
La cellule d’appui aux situations d’urgence (CASU) vise à fournir, à distance, des informations scientifiques et techniques pour faciliter les décisions en situation d’urgence présentant un danger à caractère technologique qui provient d’un risque imputable à une substance ou à une réaction dangereuse chimique. Cette cellule est opérationnelle h24 et 7j/7 pour répondre aux demandes des pouvoirs publics français, principalement les pompiers et les inspecteurs des installations classées. Elle fournit des informations sur les caractéristiques physico-chimiques et les dangers des substances, sur les réactions chimiques susceptibles de se former au cours de l’accident, estime les distances de dangers associés aux accidents en cours, évalue les risques liés au dispositif de lutte contre le sinistre et précise les prélèvements environnementaux et les analyses à réaliser rapidement en cas de suspicion d’impact sur le moyen et/ou le long terme. La CASU fait partie intégrante de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS), établissement public sous tutelle du ministère en charge de l’environnement.
{"title":"Prise en charge d’un accident toxique en urgence : la cellule d’appui aux situations d’urgence (CASU)","authors":"S. Chaumette","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.020","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.020","url":null,"abstract":"<div><div>La cellule d’appui aux situations d’urgence (CASU) vise à fournir, à distance, des informations scientifiques et techniques pour faciliter les décisions en situation d’urgence présentant un danger à caractère technologique qui provient d’un risque imputable à une substance ou à une réaction dangereuse chimique. Cette cellule est opérationnelle h24 et 7j/7 pour répondre aux demandes des pouvoirs publics français, principalement les pompiers et les inspecteurs des installations classées. Elle fournit des informations sur les caractéristiques physico-chimiques et les dangers des substances, sur les réactions chimiques susceptibles de se former au cours de l’accident, estime les distances de dangers associés aux accidents en cours, évalue les risques liés au dispositif de lutte contre le sinistre et précise les prélèvements environnementaux et les analyses à réaliser rapidement en cas de suspicion d’impact sur le moyen et/ou le long terme. La CASU fait partie intégrante de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS), établissement public sous tutelle du ministère en charge de l’environnement.</div></div>","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S92"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366147","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}