Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.007
A. Van den Broeck, J. Moens, J. Van Baelen, J. Willekens, B. Claes, P. De Cock, C. Smet
<div><h3>Objectif</h3><div>Le centre antipoisons belge est une organisation indépendante avec le statut de fondation royale d’utilité publique. L’équipe de la permanence, composée de médecins et pharmaciens, répond aux appels téléphoniques 24/7 pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg (GDL). D’autres activités sont : la délivrance rapide des antidotes, la gestion de la documentation scientifique, la pharmaco-toxicovigilance. En plus, le Centre est désigné par l’ECHA pour les notifications de produits dangereux en Belgique et au GDL. L’objectif de cette présentation est de décrire l’activité du Centre antipoisons Belge en 2024 et l’évolution depuis 2019.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les données du centre antipoisons ont été étudiées depuis 2019.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les chiffres clefs de 2024 montrent un total de 63 925 appels dont 6531 appels non classiques (demandes d’information) dont 400 courriels, et 57 394 appels classiques (exposition) représentant 58 856 victimes (7836 animaux [6283 chiens, 1302 chats]). Parmi les 51 020 exposés humains, 20 503 étaient des enfants de moins de 14 ans et 28 687 des adultes de plus de 14 ans. Les agents en cause pour ces patients humains étaient des médicaments et autres dispositifs médicaux pour 23 410, des produits chimiques pour 10 977, des produits cosmétiques, denrées alimentaires, tabac et autres produits à usage courant pour 9044, des organismes vivants pour 3296 et des biocides et phytosanitaires pour 2750. Les faits marquants en 2024 étaient les suivants : les expositions réelles ont atteint un record, tandis que les demandes d’information ont diminué. Les appels pour animaux ont progressé (+8,8 % vs 2023, +82,5 % vs 2019). Les médicaments restent la première cause d’appels (+3,7 % vs 2023, +9 % vs 2019), avec le paracétamol en tête (2602 appels – 2609 victimes, +13,9 % vs 2023, +29,7 % vs 2019). Particulièrement préoccupant est que la moitié des victimes de surdosage en paracétamol sont des enfants de <<!--> <!-->15 ans. Aussi les antidépresseurs sont en forte progression (2046 appels – 2061 victimes, +3,3 % vs 2023, +17,9 % vs 2019). Les produits chimiques occupent la deuxième place, bien que leur nombre ait légèrement diminué (−0,5 % vs 2023, +3,9 % vs 2019). Les produits de nettoyage et d’entretien sont les plus souvent impliqués (4330 appels). L’eau de Javel est le produit le plus signalé (1032 appels). La catégorie de l’alimentation a également connu une hausse notable (4990 appels – 5245 victimes, +2,8 % vs 2023, +37,5 % vs 2019). Particulièrement, les compléments alimentaires ont retenu l’attention, (1284 appels – 1339 victimes, +14,4 % vs 2023, +49,9 % vs 2019). Cette tendance s’explique en partie par la croissance du marché des compléments alimentaires depuis la crise sanitaire de 2020, une perception erronée de leur innocuité et les emballages et formes attractives aux enfants. Une autre tendance inquiétante est l’augmentation des appels liés à des tent
比利时毒物中心是一个独立的组织,具有皇家慈善基金会的地位。由医生和药剂师组成的常驻团队24小时接听比利时和卢森堡大公国(GDL)的电话。其他活动包括:快速分发解毒剂、管理科学文件和药物毒性监测。此外,ECHA指定该中心负责比利时和GDL的危险产品通知。本报告的目的是描述比利时反毒中心在2024年的活动以及自2019年以来的发展。自2019年以来,对毒物中心的数据进行了分析。2024年的关键数据显示,共有63925个电话,其中6531个是非典型电话(信息要求),包括400个电子邮件,57394个典型电话(展览),代表58856名受害者(7836只动物[6283只狗,1302只猫])。51 - 020当中展出503人,20人14岁以下儿童和28 687名14岁以上的成年人。有关官员对于这些人类病人的药物和其他医疗器械为23 - 410、化学品10 977、化妆品、食品、烟草及其他产品则使用电流为3296 9044,机体为2750和杀菌剂和植物。2024年的关键事件是:实际曝光量创历史新高,而对信息的需求下降。宠物电话增加(+ 8.8%比2023年,+ 82.5%比2019年)。药物仍然是电话的主要原因(与2023年相比+ 3.7%,与2019年相比+ 9%),其中扑热息痛是最主要的原因(2602个电话- 2609名受害者,与2023年相比+ 13.9%,与2019年相比+ 29.7%)。尤其令人担忧的是,过量服用扑热息痛的受害者中有一半是15岁以下的儿童,抗抑郁药物的使用也在急剧增加(2046个电话——2061个受害者,比2023年增加3.3%,比2019年增加17.9%)。化学品排名第二,尽管其数量略有下降(与2023年相比- 0.5%,与2019年相比+ 3.9%)。其中最常见的是清洁和维护产品(4330个电话)。漂白剂是报告最多的产品(1032个电话)。该类食物亦大幅上涨(4990通话—5245受害者vs + 2.8%, 2023年、2019)+ vs 37.5%。尤其引起了膳食补充剂、通话(1284—1339受害者+ vs 2023年的14.4%、2019)+ vs 49.9%。这一趋势的部分原因是自2020年健康危机以来食品补充剂市场的增长,对其安全性的错误看法,以及对儿童有吸引力的包装和形状。另一个令人担忧的趋势是与自杀企图有关的电话增加(5016个电话- 5021名受害者,比2023年增加10%,比2019年增加5.3%),主要是与药物有关的电话(4489个)。2024年,该中心向比利时医院运送了39批用于治疗急性中毒的解毒剂(比2019年增加62%)。72.4%的电话来自公众(受害者家属和受害者本人),21.0%来自卫生专业人员。结论:2024年的数据确认了该中心在管理毒理学和药理学问题方面的基本作用,从而有助于减轻卫生保健系统的压力。观察到的趋势强调了不断调整组织以有效应对未来挑战的重要性,同时尊重预算限制。
{"title":"Les intoxications au centre antipoisons belge en 2024 : chiffres et tendances","authors":"A. Van den Broeck, J. Moens, J. Van Baelen, J. Willekens, B. Claes, P. De Cock, C. Smet","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.007","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.007","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Le centre antipoisons belge est une organisation indépendante avec le statut de fondation royale d’utilité publique. L’équipe de la permanence, composée de médecins et pharmaciens, répond aux appels téléphoniques 24/7 pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg (GDL). D’autres activités sont : la délivrance rapide des antidotes, la gestion de la documentation scientifique, la pharmaco-toxicovigilance. En plus, le Centre est désigné par l’ECHA pour les notifications de produits dangereux en Belgique et au GDL. L’objectif de cette présentation est de décrire l’activité du Centre antipoisons Belge en 2024 et l’évolution depuis 2019.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les données du centre antipoisons ont été étudiées depuis 2019.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les chiffres clefs de 2024 montrent un total de 63 925 appels dont 6531 appels non classiques (demandes d’information) dont 400 courriels, et 57 394 appels classiques (exposition) représentant 58 856 victimes (7836 animaux [6283 chiens, 1302 chats]). Parmi les 51 020 exposés humains, 20 503 étaient des enfants de moins de 14 ans et 28 687 des adultes de plus de 14 ans. Les agents en cause pour ces patients humains étaient des médicaments et autres dispositifs médicaux pour 23 410, des produits chimiques pour 10 977, des produits cosmétiques, denrées alimentaires, tabac et autres produits à usage courant pour 9044, des organismes vivants pour 3296 et des biocides et phytosanitaires pour 2750. Les faits marquants en 2024 étaient les suivants : les expositions réelles ont atteint un record, tandis que les demandes d’information ont diminué. Les appels pour animaux ont progressé (+8,8 % vs 2023, +82,5 % vs 2019). Les médicaments restent la première cause d’appels (+3,7 % vs 2023, +9 % vs 2019), avec le paracétamol en tête (2602 appels – 2609 victimes, +13,9 % vs 2023, +29,7 % vs 2019). Particulièrement préoccupant est que la moitié des victimes de surdosage en paracétamol sont des enfants de <<!--> <!-->15 ans. Aussi les antidépresseurs sont en forte progression (2046 appels – 2061 victimes, +3,3 % vs 2023, +17,9 % vs 2019). Les produits chimiques occupent la deuxième place, bien que leur nombre ait légèrement diminué (−0,5 % vs 2023, +3,9 % vs 2019). Les produits de nettoyage et d’entretien sont les plus souvent impliqués (4330 appels). L’eau de Javel est le produit le plus signalé (1032 appels). La catégorie de l’alimentation a également connu une hausse notable (4990 appels – 5245 victimes, +2,8 % vs 2023, +37,5 % vs 2019). Particulièrement, les compléments alimentaires ont retenu l’attention, (1284 appels – 1339 victimes, +14,4 % vs 2023, +49,9 % vs 2019). Cette tendance s’explique en partie par la croissance du marché des compléments alimentaires depuis la crise sanitaire de 2020, une perception erronée de leur innocuité et les emballages et formes attractives aux enfants. Une autre tendance inquiétante est l’augmentation des appels liés à des tent","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S84-S85"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366154","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.041
H. Lerogeron , J. Schipper , L. Guegen , V. Lacotte , J. Schauben , K.A. Nguyen
Objectif
Divers modèles d’aide à la décision sont proposés pour assister les toxicologues dans leur diagnostic de l’agent responsable de l’intoxication après exposition. Néanmoins, à notre connaissance, aucun ne profite d’une validation externe, ce qui diminue leur utilité clinique. Notre objectif est de réaliser une validation externe du modèle de diagnostic du centre antipoison de Floride [1] pour les mono-expositions en utilisant les données du centre antipoison de Lyon (CAP).
Méthode
Sélection de cas d’intoxication classés grave [1] (PSS ≥ 2) dans la base de données du CAP de Lyon entre 2020 et 2022. Extraction et traduction des symptômes et agents uniques pour former un dictionnaire français–anglais. Puis traduction des cas extraits et prédiction des agents d’intoxication par le code fourni par [2]. Évaluation par accuracy top-k.
Résultats
Un total de 671 cas d’intoxication grave a été extrait. Cependant, 69 cas ont été exclus en raison de l’impossibilité de faire correspondre avec précision les symptômes ou les agents au système [2]. Le nombre médian de symptômes par cas était de 3 (intervalle interquartile : 2–5), et l’âge médian des cas était de 45 (IQR : 23–64). Un total de 303 cas étaient des femmes et 299 des hommes. Un total de 385 agents toxiques uniques ont été identifiés, le plus fréquent étant la vipère française (21 cas). 11 % des intoxications étaient fatales, le bromazépam apparaissant comme l’agent le plus fréquemment impliqué (3 cas). L’accuracy top 10 % globale était de 0,75. La précision la plus élevée a été obtenue dans les cas de sévérité majeure (0,87), tandis que la performance la plus faible a été observée dans les cas mortels (0,58). Les résultats de la validation externe ont été comparés à ceux de la validation interne avec des paramètres identiques. Pour les cas de sévérité mineure, la validation interne a donné une accuracy top 10 de 0,43 et top 10 % de 0,67, alors que l’approche de validation externe a obtenu respectivement 0,57 et 0,76. Dans les cas d’issue fatale, la validation interne a obtenu une accuracy top 10 de 0,45 et top 10 % de 0,69, contre 0,39 et 0,58 dans la validation externe. Une validation externe manuelle, portant sur un sous-ensemble de 186 cas, a aussi été effectuée. La précision globale du top 10 % obtenue par la validation manuelle était de 0,72.
Conclusion
La similarité des résultats valide notre méthodologie, ainsi que l’intérêt clinique du système d’aide à la décision proposé par l’équipe [2]. Cependant, l’absence de systèmes de codage internationaux communs entre les deux bases de données pour les symptômes et agents rend difficile la validation externe. Cette absence empêche la mise en correspondance automatisée et nécessite une traducti
{"title":"Validation externe d’un système expert en toxicologie clinique pour le diagnostic des mono-expositions","authors":"H. Lerogeron , J. Schipper , L. Guegen , V. Lacotte , J. Schauben , K.A. Nguyen","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.041","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.041","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Divers modèles d’aide à la décision sont proposés pour assister les toxicologues dans leur diagnostic de l’agent responsable de l’intoxication après exposition. Néanmoins, à notre connaissance, aucun ne profite d’une validation externe, ce qui diminue leur utilité clinique. Notre objectif est de réaliser une validation externe du modèle de diagnostic du centre antipoison de Floride <span><span>[1]</span></span> pour les mono-expositions en utilisant les données du centre antipoison de Lyon (CAP).</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Sélection de cas d’intoxication classés grave <span><span>[1]</span></span> (PSS<!--> <!-->≥<!--> <!-->2) dans la base de données du CAP de Lyon entre 2020 et 2022. Extraction et traduction des symptômes et agents uniques pour former un dictionnaire français–anglais. Puis traduction des cas extraits et prédiction des agents d’intoxication par le code fourni par <span><span>[2]</span></span>. Évaluation par accuracy top-k.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Un total de 671 cas d’intoxication grave a été extrait. Cependant, 69 cas ont été exclus en raison de l’impossibilité de faire correspondre avec précision les symptômes ou les agents au système <span><span>[2]</span></span>. Le nombre médian de symptômes par cas était de 3 (intervalle interquartile : 2–5), et l’âge médian des cas était de 45 (IQR : 23–64). Un total de 303 cas étaient des femmes et 299 des hommes. Un total de 385 agents toxiques uniques ont été identifiés, le plus fréquent étant la vipère française (21 cas). 11 % des intoxications étaient fatales, le bromazépam apparaissant comme l’agent le plus fréquemment impliqué (3 cas). L’accuracy top 10 % globale était de 0,75. La précision la plus élevée a été obtenue dans les cas de sévérité majeure (0,87), tandis que la performance la plus faible a été observée dans les cas mortels (0,58). Les résultats de la validation externe ont été comparés à ceux de la validation interne avec des paramètres identiques. Pour les cas de sévérité mineure, la validation interne a donné une accuracy top 10 de 0,43 et top 10 % de 0,67, alors que l’approche de validation externe a obtenu respectivement 0,57 et 0,76. Dans les cas d’issue fatale, la validation interne a obtenu une accuracy top 10 de 0,45 et top 10 % de 0,69, contre 0,39 et 0,58 dans la validation externe. Une validation externe manuelle, portant sur un sous-ensemble de 186 cas, a aussi été effectuée. La précision globale du top 10 % obtenue par la validation manuelle était de 0,72.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La similarité des résultats valide notre méthodologie, ainsi que l’intérêt clinique du système d’aide à la décision proposé par l’équipe <span><span>[2]</span></span>. Cependant, l’absence de systèmes de codage internationaux communs entre les deux bases de données pour les symptômes et agents rend difficile la validation externe. Cette absence empêche la mise en correspondance automatisée et nécessite une traducti","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S104"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365849","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.015
B. Mégarbane
Objectif
Deux organisations non gouvernementales (ONG), Bloom et Foodwatch, ont publié fin 2024 un rapport alertant sur les dangers pour la santé de la contamination au mercure des boîtes de thon vendues en France et en Europe [1]. L’intégralité des 148 boîtes de thon testées a révélé la présence de mercure avec des concentrations jusqu’à parfois quatre fois supérieures aux normes européennes. La concentration la plus importante a été détectée dans une boîte de thon Petit Navire, achetée (3,9 mg/kg), puis un produit Carrefour (2,5 mg/kg) et un produit de la marque As do Mar (1,5 mg/kg). Les 2 ONG ont donc appelé à interdire la commercialisation des produits à base de thon dépassant 0,3 mg/kg de mercure et bannir le thon des crèches, hôpitaux, maternités, maisons de retraite et cantines scolaires. L’objectif de cette présentation est de discuter les limites de ce rapport et de rappeler les normes, les risques encourus et les conséquences.
Méthode
Revue narrative de la littérature.
Résultats
Le mercure est un contaminant des poissons de source naturelle (écorce terrestre, feux de forêt et activité volcanique) et liée aux activités industrielles et agricoles humaines. Les poissons (surtout les poissons prédateurs comme le thon) sont contaminés par un processus de bioaccumulation. Le mercure qui pénètre dans les milieux aquatiques est converti en méthylmercure, forme organique, par processus microbiens naturels et s’accumule dans les réseaux trophiques aquatiques. Les seuils de risque définis par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire sont de 0,3 mg/kg pour tous les poissons à l’exception du thon et les autres prédateurs (requin, espadon, brochet, marlin, esturgeon ; 1 mg/kg). Cette différence de normes entre poissons aurait été justifiée par des nécessités commerciales, alors que la toxicité est similaire. La dose hebdomadaire tolérable (pouvant être consommée pendant toute une vie sans risque d’effet nocif sur la santé) est de 1,3 μg/kg/semaine. Ainsi, une personne de 60 kg peut absorber 78 μg de méthylmercure par semaine sans risque. La toxicité est neurologique (troubles du comportement, paresthésies, ataxie cérébelleuse, dysarthrie, mouvements cholériformes et athétosiques, cécité, audition, coma) et la contamination in utero des enfants est la plus préoccupante (microcéphalie, retard mental, cécité, strabisme, difformité des membres, syndrome cérébelleux). Deux épisodes historiques ont montré la dangerosité de l’intoxication collective au mercure dans la Baie de Minamata au Japon en 1957 et en Irak en 1971. Néanmoins, la teneur en mercure semble globalement avoir peu évolué depuis le XIXe siècle. Les Français consomment 900 g de thon en conserve par an contre plus de 4 kg de saumon. Pour la population européenne, la co
两个非政府组织,Bloom和Foodwatch,在2024年底发布了一份报告,警告在法国和欧洲销售的金枪鱼罐头中的汞污染对健康的危害。在所有148箱接受检测的金枪鱼中,汞含量有时高达欧洲标准的四倍。最高的浓度是购买的一盒Petit Navire金枪鱼(3.9毫克/公斤),其次是家乐福产品(2.5毫克/公斤)和As do Mar品牌产品(1.5毫克/公斤)。因此,这两个非政府组织呼吁禁止销售汞含量超过0.3毫克/公斤的金枪鱼产品,并禁止在日托中心、医院、妇产医院、养老院和学校食堂使用金枪鱼。本报告的目的是讨论本报告的局限性,并回顾标准、所涉及的风险和后果。文学的叙事评论。汞是一种自然来源(地皮、森林火灾和火山活动)的鱼类污染物,与人类工农业活动有关。鱼类(特别是像金枪鱼这样的掠食性鱼类)受到生物积累过程的污染。进入水生环境的汞通过自然微生物过程转化为有机形式的甲基汞,并在水生营养网中积累。欧洲食品安全局(European Food Safety Authority)规定,除金枪鱼和其他掠食性鱼类(鲨鱼、剑鱼、梭鱼、马林鱼、鲟鱼;1毫克/公斤)外,所有鱼类的风险阈值为0.3毫克/公斤。尽管毒性是相似的,但出于商业需要,鱼类之间标准的这种差异是合理的。每周可接受剂量(可在一生中食用而不会对健康产生任何有害影响)为1.3 μg/kg/ sweek。因此,一个60公斤的人每周可以安全地吸收78微克甲基汞。毒性是神经方面的(行为障碍、懒惰、小脑共济失调、关节炎、霍乱样和萎缩性运动、失明、听力、昏迷),而子宫内的污染是最令人担忧的(小头症、智力迟钝、失明、畸形、四肢畸形、小脑综合征)。1957年在日本的水俣湾和1971年在伊拉克发生的两件历史事件表明了集体汞中毒的危险。然而,自19世纪以来,汞的总体含量似乎没有太大变化。法国人每年消费900克罐装金枪鱼,而不是4公斤以上的鲑鱼。对欧洲人来说,经常吃鱼没有什么问题。然而,经常食用野生掠食性鱼类(每周超过一份)的人可能会接触到超过每周可容忍剂量的水平。这种毒性很可能主要影响沿海和河流地区以鱼为食的人口,例如圭亚那的孕妇,因为水受到金匠排放的汞的严重污染。这份非政府组织的报告提请人们注意潜在的环境风险,特别是对孕妇和新生儿的风险,但公众的恐慌似乎是没有道理的。
{"title":"Intoxication par le thon en boîte : mythe ou réalité ?","authors":"B. Mégarbane","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.015","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.015","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Deux organisations non gouvernementales (ONG), Bloom et Foodwatch, ont publié fin 2024 un rapport alertant sur les dangers pour la santé de la contamination au mercure des boîtes de thon vendues en France et en Europe <span><span>[1]</span></span>. L’intégralité des 148 boîtes de thon testées a révélé la présence de mercure avec des concentrations jusqu’à parfois quatre fois supérieures aux normes européennes. La concentration la plus importante a été détectée dans une boîte de thon Petit Navire, achetée (3,9<!--> <!-->mg/kg), puis un produit Carrefour (2,5<!--> <!-->mg/kg) et un produit de la marque As do Mar (1,5<!--> <!-->mg/kg). Les 2 ONG ont donc appelé à interdire la commercialisation des produits à base de thon dépassant 0,3<!--> <!-->mg/kg de mercure et bannir le thon des crèches, hôpitaux, maternités, maisons de retraite et cantines scolaires. L’objectif de cette présentation est de discuter les limites de ce rapport et de rappeler les normes, les risques encourus et les conséquences.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Revue narrative de la littérature.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Le mercure est un contaminant des poissons de source naturelle (écorce terrestre, feux de forêt et activité volcanique) et liée aux activités industrielles et agricoles humaines. Les poissons (surtout les poissons prédateurs comme le thon) sont contaminés par un processus de bioaccumulation. Le mercure qui pénètre dans les milieux aquatiques est converti en méthylmercure, forme organique, par processus microbiens naturels et s’accumule dans les réseaux trophiques aquatiques. Les seuils de risque définis par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire sont de 0,3<!--> <!-->mg/kg pour tous les poissons à l’exception du thon et les autres prédateurs (requin, espadon, brochet, marlin, esturgeon ; 1<!--> <!-->mg/kg). Cette différence de normes entre poissons aurait été justifiée par des nécessités commerciales, alors que la toxicité est similaire. La dose hebdomadaire tolérable (pouvant être consommée pendant toute une vie sans risque d’effet nocif sur la santé) est de 1,3<!--> <!-->μg/kg/semaine. Ainsi, une personne de 60<!--> <!-->kg peut absorber 78<!--> <!-->μg de méthylmercure par semaine sans risque. La toxicité est neurologique (troubles du comportement, paresthésies, ataxie cérébelleuse, dysarthrie, mouvements cholériformes et athétosiques, cécité, audition, coma) et la contamination in utero des enfants est la plus préoccupante (microcéphalie, retard mental, cécité, strabisme, difformité des membres, syndrome cérébelleux). Deux épisodes historiques ont montré la dangerosité de l’intoxication collective au mercure dans la Baie de Minamata au Japon en 1957 et en Irak en 1971. Néanmoins, la teneur en mercure semble globalement avoir peu évolué depuis le XIX<sup>e</sup> siècle. Les Français consomment 900<!--> <!-->g de thon en conserve par an contre plus de 4<!--> <!-->kg de saumon. Pour la population européenne, la co","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S90-S91"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365852","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.027
J. Bloch , C. Solal , C. Greillet , J. Hamon , S. Sinno-Tellier , M. Labadie
Objectif
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) est en charge de la toxicovigilance, de la nutrivigilance, de la pharmacovigilance vétérinaire, de la phytopharmacovigilance et depuis 2024, de la cosmétovigilance et de la tatouvigilance à la place de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.
En pratique, il s’agit de détecter les effets indésirables liés à l’utilisation des produits ou agents ciblés par la vigilance.
Méthode
Les centres antipoison, de par les données enregistrées en réponse téléphonique à l’urgence, enregistrent des données qui peuvent alimenter toutes ces vigilances, notamment sur le volet exposition aiguë. L’Anses et les centres antipoison ont mis en place des requêtes automatiques hebdomadaires prospectives dans le système d’information des centres antipoison (SICAP) pour que les données puissent être prises en compte par la nutrivigilance, la pharmacovigilance vétérinaire et la phytopharmacovigilance notamment. Les données de toxicovigilance sont aussi étudiées de manière rétrospective dans des groupes de travail pilotés par l’Anses, pour répondre à des questions venant le plus souvent des toxicologues et de l’Anses, parfois du ministère de la santé ou celui l’agriculture et de la sécurité alimentaire.
Un autre type d’interaction entre les centres antipoison et l’Anses est l’alerte en temps réel. Un toxicologue constate un événement qui à lui seul lui paraît suffisant à déclencher des investigations, voire des mesures. Il peut d’agir d’une intoxication particulièrement grave, inhabituelle ou à un agent posant problème. Une exposition peut être suffisante à déclencher l’alerte, voire même la seule présence d’un produit dans un rayon de magasin ou sur un marché ; en effet, mieux vaut prévenir que guérir et ne pas attendre qu’il y ait des intoxications pour faire retirer un produit dangereux. Dans ces situations, le toxicologue qui a constaté les faits envoie un mail à la boîte [email protected] et l’Anses se charge de la suite : transmission aux autorités compétentes, Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour les produits hors aliments, Direction de l’alimentation générale (DGAl) pour les aliments et compléments alimentaires, Direction générale de la protection des risques pour les produits professionnels (DGPR). Les douanes sont parfois mobilisées pour des saisies, aux aéroports par exemple. Des analyses de produits peuvent être effectuées par le service commun des laboratoires de la DGCCRF pour confirmer l’adultération d’un complément alimentaire.
Résultats
L’analyse des intoxications par des plantes vendues a permis de dresser la liste de celles les plus à risque et de les faire figurer dans un arrêté obligeant à ce que ce risque soit mentionné sur l’étiquette. L’étude des intoxicat
{"title":"Toxicovigilance : apport de la collaboration avec l’Anses","authors":"J. Bloch , C. Solal , C. Greillet , J. Hamon , S. Sinno-Tellier , M. Labadie","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.027","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.027","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) est en charge de la toxicovigilance, de la nutrivigilance, de la pharmacovigilance vétérinaire, de la phytopharmacovigilance et depuis 2024, de la cosmétovigilance et de la tatouvigilance à la place de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.</div><div>En pratique, il s’agit de détecter les effets indésirables liés à l’utilisation des produits ou agents ciblés par la vigilance.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les centres antipoison, de par les données enregistrées en réponse téléphonique à l’urgence, enregistrent des données qui peuvent alimenter toutes ces vigilances, notamment sur le volet exposition aiguë. L’Anses et les centres antipoison ont mis en place des requêtes automatiques hebdomadaires prospectives dans le système d’information des centres antipoison (SICAP) pour que les données puissent être prises en compte par la nutrivigilance, la pharmacovigilance vétérinaire et la phytopharmacovigilance notamment. Les données de toxicovigilance sont aussi étudiées de manière rétrospective dans des groupes de travail pilotés par l’Anses, pour répondre à des questions venant le plus souvent des toxicologues et de l’Anses, parfois du ministère de la santé ou celui l’agriculture et de la sécurité alimentaire.</div><div>Un autre type d’interaction entre les centres antipoison et l’Anses est l’alerte en temps réel. Un toxicologue constate un événement qui à lui seul lui paraît suffisant à déclencher des investigations, voire des mesures. Il peut d’agir d’une intoxication particulièrement grave, inhabituelle ou à un agent posant problème. Une exposition peut être suffisante à déclencher l’alerte, voire même la seule présence d’un produit dans un rayon de magasin ou sur un marché ; en effet, mieux vaut prévenir que guérir et ne pas attendre qu’il y ait des intoxications pour faire retirer un produit dangereux. Dans ces situations, le toxicologue qui a constaté les faits envoie un mail à la boîte [email protected] et l’Anses se charge de la suite : transmission aux autorités compétentes, Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour les produits hors aliments, Direction de l’alimentation générale (DGAl) pour les aliments et compléments alimentaires, Direction générale de la protection des risques pour les produits professionnels (DGPR). Les douanes sont parfois mobilisées pour des saisies, aux aéroports par exemple. Des analyses de produits peuvent être effectuées par le service commun des laboratoires de la DGCCRF pour confirmer l’adultération d’un complément alimentaire.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>L’analyse des intoxications par des plantes vendues a permis de dresser la liste de celles les plus à risque et de les faire figurer dans un arrêté obligeant à ce que ce risque soit mentionné sur l’étiquette. L’étude des intoxicat","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S96"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366140","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.046
M. Araoud, M. Aloui, M. Jday, M.A. Nouioui, N. Brahmi, A. Hedhili
Objectif
En Tunisie, les intoxications par pesticides anticholinestérasiques représentent un véritable problème de santé publique majeur. À l’échelle mondiale, chaque année le nombre de décès dus à l’ingestion de pesticides extrêmement toxiques dépasse 150 milles [1]. L’objectif de cette étude a été d’établir les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, et biologiques, des patients intoxiqués par ce type de pesticides.
Méthode
Il s’agit d’une étude rétrospective qui a concerné 109 cas d’intoxications aiguës (IA) aux pesticides anticholinestérasiques, organophosphorés (OP) et carbamates (CB), accueillis au centre d’assistance médicale urgente de Tunis, étalée sur une période de cinq ans.
Résultats
La prévalence des intoxications par les anticholinestérasiques a connu une augmentation par rapport à l’ensemble des IA par les pesticides durant la période de l’étude. La population étudiée a un âge moyen de 39 ± 20 ans, avec des extrêmes allant de 1 à 98 ans. La tranche d’âge la plus touchée est celle des adultes âgés entre 20 et 39 ans. Le sexe-ratio (H/F) est de 0,88 avec une prédominance féminine (55 %). Il est à noter qu’une relation de dépendance significative entre la circonstance d’intoxication et les troubles psychiatriques a été retrouvée (p = 0,031), avec un odds ratio de 1,3 (IC95 % = [1,14–1,49]). Dans la majorité des cas l’ingestion a été volontaire (62 %), due à une administration orale d’un pesticide anticholinestérasique uniquement, ou associé à un autre produit (8 %). Les OP ont été les plus incriminés dans les IA (55 %), notamment le chlorpyriphos. Cependant, le méthomyl a été parmi les molécules les plus retrouvées dans les ingestions des carbamates. Les signes cliniques les plus fréquemment observés chez les patients ont été le myosis (75 %), la bradycardie (56 %), les diarrhées (49 %), l’hypersécrétion bronchique (22 %), et les fasciculations (17 %). Parmi les patients, 15 % ont développé un syndrome encéphalique avec coma et confusion. L’hyperleucocytose (63 %), l’hyperglycémie (56 %), l’hypokaliémie (39 %), et l’hyperlactatémie (14 %) ont été parmi les anomalies biologiques les plus fréquentes. Il est à signaler que l’activité de la butyrylcholinestérase (BchE) a été significativement dépendante de la circonstance d’exposition (p = 0,027). À l’admission, l’activité moyenne de la BchE carbamylée a été de 2660 UI/L, avec des extrêmes allant de 44 à 9646 UI/L, et une régénération généralement en 24 h. Cependant, celle phosphorylée a été de 3137 UI/L [46–12 559 UI/L]. L’activité moyenne de l’acétylcholinestérase (AchE) a été égale à 4 UI/mL d’érythrocytes [0–8 UI/mL d’érythrocytes], dans les cas d’ingestions des OP. Le traitement a consisté en un lavage gastr
在突尼斯,抗胆碱能杀虫剂中毒是一个真正的重大公共卫生问题。在全球范围内,每年因摄入剧毒农药而死亡的人数超过150英里[1]。本研究的目的是确定这类农药中毒患者的流行病学、临床和生物学特征。有关MéthodeIl这项回顾性研究具有了109例anticholinestérasiques (IA)的急性农药中毒、有机磷(OP)和氨基甲酸酯(CB),突尼斯欢迎紧急医疗援助的核心,擀至五ans.RésultatsLa anticholinestérasiques中毒的患病率相比,增加了整体的ai研究期间的农药。研究人口的平均年龄为39±20岁,极端年龄为1 - 98岁,受影响最严重的是20 - 39岁的成年人。值得注意的是,中毒情况与精神障碍之间存在显著的依赖关系(p = 0.031),比值比为1.3 (95% CI =[1.14 - 1.49])。在大多数病例中,摄入是自愿的(62%),仅通过口服抗胆碱酯酶抑制剂,或与其他产品联合使用(8%)。OP了最为IA(55%)中受到指控,特别是毒死。不过,甲被列为最氨基甲酸盐摄入量中发现的分子。最常见的临床症状的患者身上观察到被myosis(75%)、心动过缓(56%)、腹泻(49%),目前(22%)、支气管和fasciculations(17%)。15%患者当中,开发了一个encéphalique综合征与昏迷和混乱。L’hyperleucocytose(63%)、高血糖(56%)、l’hypokaliémie(39%)和l’hyperlactatémie(14%),当中最常见的生物异常了。值得注意的是,丁基胆碱酯酶(BchE)的活性显著依赖于暴露环境(p = 0.027)。接纳,日均业务量BchE carbamylée 2660 iu / L,已与极端的44至9646 iu / L,和再生阶段通常在24 h了。然而,像phosphorylée 3137 iu / L[46—12 559 iu / L)。平均乙酰胆碱酯酶活性(AchE)的红细胞已等于400 iu / mL的红细胞iu / mL][0—8,op .处理者摄入的情况是在洗胃当中36%的案例中,一个辅助通气(30%)、行政和阿托品对病人的72%。进化了致命的6%的情况,其中71%的电视迷OP.ConclusionL’augmentation anticholinestérasiques所流行的中毒所所有的ai相关的农药以及越来越多的刑事定罪,这些产品中的角色逐渐反映IA)主要为自杀。这些结果强调,需要监管更加严格,出售这些农药,加强警戒的流行病的预防和干预措施,包括加强精神卫生预防措施。
{"title":"Intoxications aiguës aux pesticides anticholinestérasiques en Tunisie : analyse épidémiologique sur cinq ans","authors":"M. Araoud, M. Aloui, M. Jday, M.A. Nouioui, N. Brahmi, A. Hedhili","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.046","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.046","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>En Tunisie, les intoxications par pesticides anticholinestérasiques représentent un véritable problème de santé publique majeur. À l’échelle mondiale, chaque année le nombre de décès dus à l’ingestion de pesticides extrêmement toxiques dépasse 150 milles <span><span>[1]</span></span>. L’objectif de cette étude a été d’établir les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, et biologiques, des patients intoxiqués par ce type de pesticides.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective qui a concerné 109 cas d’intoxications aiguës (IA) aux pesticides anticholinestérasiques, organophosphorés (OP) et carbamates (CB), accueillis au centre d’assistance médicale urgente de Tunis, étalée sur une période de cinq ans.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La prévalence des intoxications par les anticholinestérasiques a connu une augmentation par rapport à l’ensemble des IA par les pesticides durant la période de l’étude. La population étudiée a un âge moyen de 39<!--> <!-->±<!--> <!-->20 ans, avec des extrêmes allant de 1 à 98 ans. La tranche d’âge la plus touchée est celle des adultes âgés entre 20 et 39 ans. Le sexe-ratio (H/F) est de 0,88 avec une prédominance féminine (55 %). Il est à noter qu’une relation de dépendance significative entre la circonstance d’intoxication et les troubles psychiatriques a été retrouvée (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,031), avec un <em>odds ratio</em> de 1,3 (IC<sub>95 %</sub> <!-->=<!--> <!-->[1,14–1,49]). Dans la majorité des cas l’ingestion a été volontaire (62 %), due à une administration orale d’un pesticide anticholinestérasique uniquement, ou associé à un autre produit (8 %). Les OP ont été les plus incriminés dans les IA (55 %), notamment le chlorpyriphos. Cependant, le méthomyl a été parmi les molécules les plus retrouvées dans les ingestions des carbamates. Les signes cliniques les plus fréquemment observés chez les patients ont été le myosis (75 %), la bradycardie (56 %), les diarrhées (49 %), l’hypersécrétion bronchique (22 %), et les fasciculations (17 %). Parmi les patients, 15 % ont développé un syndrome encéphalique avec coma et confusion. L’hyperleucocytose (63 %), l’hyperglycémie (56 %), l’hypokaliémie (39 %), et l’hyperlactatémie (14 %) ont été parmi les anomalies biologiques les plus fréquentes. Il est à signaler que l’activité de la butyrylcholinestérase (BchE) a été significativement dépendante de la circonstance d’exposition (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,027). À l’admission, l’activité moyenne de la BchE carbamylée a été de 2660<!--> <!-->UI/L, avec des extrêmes allant de 44 à 9646<!--> <!-->UI/L, et une régénération généralement en 24<!--> <!-->h. Cependant, celle phosphorylée a été de 3137<!--> <!-->UI/L [46–12 559<!--> <!-->UI/L]. L’activité moyenne de l’acétylcholinestérase (AchE) a été égale à 4<!--> <!-->UI/mL d’érythrocytes [0–8<!--> <!-->UI/mL d’érythrocytes], dans les cas d’ingestions des OP. Le traitement a consisté en un lavage gastr","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S109"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366155","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.005
S. Larréché , G. Le Roux , J.-P. Chippaux , J. Hardy , A.-L. Fédou , M. Labadie
Introduction
Atheris chlorechis est un vipéridé arboricole présent en Afrique de l’Ouest. Son venin est riche en métalloprotéinases et en phospholipases A2 ; sa morsure peut se compliquer d’un syndrome locorégional cytotoxique, de saignements associés à une coagulopathie sévère et d’une insuffisance rénale aiguë. Les cas rapportés avec cette espèce et de façon plus générale avec le genre Atheris sont rares. La banque des sérums antivenimeux (BSA), dispositif permettant la mise à disposition d’antivenins adaptés aux espèces exotiques, ne possède pas de produit spécifique pour cette espèce. La prise en charge d’une envenimation par A. chlorechis est donc un défi thérapeutique.
Cas clinique Un homme de 33 ans, sans antécédent notable, est mordu avec un seul crochet à son domicile au niveau de la deuxième phalange de l’index droit par un spécimen adulte d’A. chlorechis lors d’un soin à l’animal. Parallèlement à sa prise en charge par le SAMU, le centre antipoison territorial est prévenu et contacte à son tour le centre antipoison coordonnateur de la BSA qui envoie 4 ampoules d’Inoserp Pan-Africa, un antivenin polyvalent F(ab’)2 couvrant les principales espèces ophidiennes d’Afrique sub-saharienne. À son admission au CHU, 1 h après la morsure, le patient présente une importante douleur locale justifiant la mise en place d’un traitement par morphine, un hématome de la totalité du doigt et un œdème locorégional étendu jusqu’au poignet, sans saignement local ou à distance. Le bilan biologique initial est normal. À réception de l’antivenin, il est décidé d’administrer 2 ampoules par voie intraveineuse, qu’il reçoit à H + 6. L’évolution est ensuite marquée à partir de H + 10 par l’apparition d’une thrombopénie et d’une coagulopathie de consommation (TP < 10 %, fibrinogène < 0,4 g/L et augmentation des monomères de fibrine). Ces troubles de l’hémostase se majorent malgré l’administration à H + 12 de 2 ampoules supplémentaires d’antivenin et de facteurs de coagulation puis se corrigent progressivement à partir du 3e jour. Ils sont accompagnés par l’apparition d’un hématome de 10 cm de la face interne du bras droit. Le patient est transféré en orthopédie à J + 6. L’évolution sur le plan local est marquée par l’apparition d’une nécrose intéressant le doigt mordu et la face dorsale de la main. La momification du doigt conduit à décider une amputation trans-P1 à J + 14 et une détersion chirurgicale des zones nécrotiques de la face postérieure de main. La cicatrisation dirigée est entreprise, et la guérison est obtenue en 3 mois.
Conclusion
Cette observation illustre la gravité potentielle des envenimations par Atheris. L’évolution des paramètres cliniques et biologiqu
{"title":"Envenimation par Atheris chlorechis : à propos d’un cas","authors":"S. Larréché , G. Le Roux , J.-P. Chippaux , J. Hardy , A.-L. Fédou , M. Labadie","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.005","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.005","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div><em>Atheris chlorechis</em> est un vipéridé arboricole présent en Afrique de l’Ouest. Son venin est riche en métalloprotéinases et en phospholipases A2 ; sa morsure peut se compliquer d’un syndrome locorégional cytotoxique, de saignements associés à une coagulopathie sévère et d’une insuffisance rénale aiguë. Les cas rapportés avec cette espèce et de façon plus générale avec le genre <em>Atheris</em> sont rares. La banque des sérums antivenimeux (BSA), dispositif permettant la mise à disposition d’antivenins adaptés aux espèces exotiques, ne possède pas de produit spécifique pour cette espèce. La prise en charge d’une envenimation par <em>A. chlorechis</em> est donc un défi thérapeutique.</div><div>Cas clinique Un homme de 33 ans, sans antécédent notable, est mordu avec un seul crochet à son domicile au niveau de la deuxième phalange de l’index droit par un spécimen adulte d’<em>A. chlorechis</em> lors d’un soin à l’animal. Parallèlement à sa prise en charge par le SAMU, le centre antipoison territorial est prévenu et contacte à son tour le centre antipoison coordonnateur de la BSA qui envoie 4 ampoules d’Inoserp Pan-Africa, un antivenin polyvalent F(ab’)<sub>2</sub> couvrant les principales espèces ophidiennes d’Afrique sub-saharienne. À son admission au CHU, 1<!--> <!-->h après la morsure, le patient présente une importante douleur locale justifiant la mise en place d’un traitement par morphine, un hématome de la totalité du doigt et un œdème locorégional étendu jusqu’au poignet, sans saignement local ou à distance. Le bilan biologique initial est normal. À réception de l’antivenin, il est décidé d’administrer 2 ampoules par voie intraveineuse, qu’il reçoit à H<!--> <!-->+<!--> <!-->6. L’évolution est ensuite marquée à partir de H<!--> <!-->+<!--> <!-->10 par l’apparition d’une thrombopénie et d’une coagulopathie de consommation (TP<!--> <!--><<!--> <!-->10 %, fibrinogène<!--> <!--><<!--> <!-->0,4<!--> <!-->g/L et augmentation des monomères de fibrine). Ces troubles de l’hémostase se majorent malgré l’administration à H<!--> <!-->+<!--> <!-->12 de 2 ampoules supplémentaires d’antivenin et de facteurs de coagulation puis se corrigent progressivement à partir du 3<sup>e</sup> jour. Ils sont accompagnés par l’apparition d’un hématome de 10<!--> <!-->cm de la face interne du bras droit. Le patient est transféré en orthopédie à J<!--> <!-->+<!--> <!-->6. L’évolution sur le plan local est marquée par l’apparition d’une nécrose intéressant le doigt mordu et la face dorsale de la main. La momification du doigt conduit à décider une amputation trans-P1 à J<!--> <!-->+<!--> <!-->14 et une détersion chirurgicale des zones nécrotiques de la face postérieure de main. La cicatrisation dirigée est entreprise, et la guérison est obtenue en 3 mois.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cette observation illustre la gravité potentielle des envenimations par <em>Atheris</em>. L’évolution des paramètres cliniques et biologiqu","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S83"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366159","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.006
A. Lam , A. Kane , M. Diallo , Y. Ndione , F. Bah , C.N. Diouf , A. Touré , M. Cabral , M. Fall
Objectif
Les intoxications sont à l’origine d’une morbi-mortalité élevée dans les pays en voie de développement. Le centre antipoison (CAP) du Sénégal créé au début des années 2000 est la structure dédiée pour la surveillance des intoxications afin de mener, notamment, des actions de prévention. L’objectif est de présenter une vue globale des intoxications au Sénégal à partir des données actuellement disponibles.
Méthode
Les données étaient collectées de 2009 à 2024 à partir de trois sources : l’unité de réponse téléphonique 24/24, 7/7 (principale source), les déclarations directes en personne au CAP et les médias. Une fiche d’information était renseignée et permettait de recueillir les données et de les analyser.
Résultats
Globalement, 2130 cas étaient enregistrés durant la période de l’étude, dont 2119 exploitables constitués par 65,6 % d’intoxications, 23,2 % d’envenimations et 11,2 % de demandes d’informations diverses ou d’analyses. Les 14 régions du Sénégal avaient déclaré, toutefois, que plus de la moitié des cas provenait de la région de Dakar. Des cas avaient aussi été déclarés par les pays voisins qui ne disposent pas de CAP. Le nombre de cas déclarés a augmenté de 93,5 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les professionnels de santé et le public étaient les principaux déclarants. Plus de 78 % des intoxications étaient survenues à domicile, généralement accidentellement (87 %), mais il était aussi noté des cas d’autolyses (10 %), d’actes criminels (0,5 %) et d’addictions aux drogues (0,5 %). Les victimes étaient principalement des enfants et nourrissons (57 %) et des adultes jeunes (40 %). Toutes les voies d’exposition étaient observées mais la principale était orale (65 %), suivie de la voie sous-cutanée (24 %) souvent suite à une morsure ou à une piqûre d’animaux venimeux (serpents, scorpions, abeilles…). En dehors de ces derniers, les classes de toxiques les plus incriminés étaient les médicaments (37 %), les pesticides (20 %), les produits ménagers (20 %) et les produits industriels (11 %). Ces intoxications étaient symptomatiques dans 70 % des cas ; la gravité selon le Poison Severity Score était respectivement de 30,5 %, 46,6 %, 13,5 %, 4,4 % et 3 % pour le PSS 0, 1, 2, 3 et 4 (décès). Le traitement symptomatique était toujours conseillé par le CAP associé ou non à l’administration d’antivenins ou autres antidotes (12 %). L’évolution était généralement favorable même si 3 % de décès étaient enregistrés, liés principalement aux pesticides et aux envenimations.
Conclusion
Ces informations et données analysées étaient similaires à celles des autres CAP du Maghreb et d’Europe. Toutefois, le nombre d’intoxications était réellement sous-estimé, en raison des cas non diagnostiqués et/ou non signalés au niveau du CAP. Des actions menées pour améliorer le système ont permis d’augmenter les déclarations au fil d
{"title":"Les intoxications au Sénégal : données du centre antipoison","authors":"A. Lam , A. Kane , M. Diallo , Y. Ndione , F. Bah , C.N. Diouf , A. Touré , M. Cabral , M. Fall","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.006","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.006","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Les intoxications sont à l’origine d’une morbi-mortalité élevée dans les pays en voie de développement. Le centre antipoison (CAP) du Sénégal créé au début des années 2000 est la structure dédiée pour la surveillance des intoxications afin de mener, notamment, des actions de prévention. L’objectif est de présenter une vue globale des intoxications au Sénégal à partir des données actuellement disponibles.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les données étaient collectées de 2009 à 2024 à partir de trois sources : l’unité de réponse téléphonique 24/24, 7/7 (principale source), les déclarations directes en personne au CAP et les médias. Une fiche d’information était renseignée et permettait de recueillir les données et de les analyser.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Globalement, 2130 cas étaient enregistrés durant la période de l’étude, dont 2119 exploitables constitués par 65,6 % d’intoxications, 23,2 % d’envenimations et 11,2 % de demandes d’informations diverses ou d’analyses. Les 14 régions du Sénégal avaient déclaré, toutefois, que plus de la moitié des cas provenait de la région de Dakar. Des cas avaient aussi été déclarés par les pays voisins qui ne disposent pas de CAP. Le nombre de cas déclarés a augmenté de 93,5 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les professionnels de santé et le public étaient les principaux déclarants. Plus de 78 % des intoxications étaient survenues à domicile, généralement accidentellement (87 %), mais il était aussi noté des cas d’autolyses (10 %), d’actes criminels (0,5 %) et d’addictions aux drogues (0,5 %). Les victimes étaient principalement des enfants et nourrissons (57 %) et des adultes jeunes (40 %). Toutes les voies d’exposition étaient observées mais la principale était orale (65 %), suivie de la voie sous-cutanée (24 %) souvent suite à une morsure ou à une piqûre d’animaux venimeux (serpents, scorpions, abeilles…). En dehors de ces derniers, les classes de toxiques les plus incriminés étaient les médicaments (37 %), les pesticides (20 %), les produits ménagers (20 %) et les produits industriels (11 %). Ces intoxications étaient symptomatiques dans 70 % des cas ; la gravité selon le <em>Poison Severity Score</em> était respectivement de 30,5 %, 46,6 %, 13,5 %, 4,4 % et 3 % pour le PSS 0, 1, 2, 3 et 4 (décès). Le traitement symptomatique était toujours conseillé par le CAP associé ou non à l’administration d’antivenins ou autres antidotes (12 %). L’évolution était généralement favorable même si 3 % de décès étaient enregistrés, liés principalement aux pesticides et aux envenimations.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Ces informations et données analysées étaient similaires à celles des autres CAP du Maghreb et d’Europe. Toutefois, le nombre d’intoxications était réellement sous-estimé, en raison des cas non diagnostiqués et/ou non signalés au niveau du CAP. Des actions menées pour améliorer le système ont permis d’augmenter les déclarations au fil d","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S83-S84"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366157","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.057
A. Diakité , A. Akoubet , C.P. Bekegnran , L. Méité , M.A. Yao
Objectifs
La valorisation des plantes de la pharmacopée traditionnelle est une recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une meilleure accessibilité des populations à un traitement à moindre coût [1]. Ainsi, une large variété de recettes présentées comme étant composées de plantes est disponible sur le marché sans aucun contrôle de leur conformité [2]. C’est le cas d’une formule dénommée « AntidouleurX » indiquée dans le traitement des douleurs chroniques à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Les objectifs de notre étude étaient d’évaluer la sécurité d’emploi de la poudre « AntidouleurX » dans les conditions d’utilisation des patients et de déterminer sa composition.
Méthode
Une analyse des conditions d’utilisation de la recette a été réalisée sur la base des demandes d’expertise adressées à deux laboratoires de toxicologie à Abidjan. Un essai de toxicité aiguë par voie orale sur des rats a été conduit selon le protocole OCDE 420. Trois niveaux de doses correspondants à une, deux et trois fois la dose équivalente chez l’humain (HED) ont été testés. En outre, une analyse microscopique et un screening non ciblé par GC-EI-MS ont été effectués afin d’élucider la composition de la recette « AntidouleurX ».
Résultats
Huit lots d’échantillons de poudre « AntidouleurX » ont fait l’objet d’une demande d’expertise entre 2020 et 2024 auprès de deux laboratoires de toxicologie d’Abidjan par des utilisateurs (n = 2), parents d’utilisateurs (n = 2) et le personnel soignant (n = 4). L’âge moyen des utilisateurs de la recette était de 60,8 ans ± 24,2 ans (médiane : 70 ans), et l’indication rapportée par les demandeurs était invariablement le traitement d’une maladie chronique douloureuse. À la dose recommandée par le tradipraticien soit 228 mg/kg, la recette « AntidouleurX » a entraîné une perte de poids significative chez les rats (Anova, p < 0,05). En surdosage soit 684 mg/kg, des manifestations digestives sévères à type de crampes et de douleurs abdominales ont été observées à j3 chez l’ensemble des rats (n = 5), et deux décès sur cinq rats ont été enregistrés à j6. L’analyse microscopique a mis en évidence des éléments végétaux tels que des cristaux d’oxalate de calcium, des débris d’épiderme et des grains d’amidon. Toutefois, le screening par GC-EI-MS a permis d’identifier l’indométacine (C19H16ClNO4), un anti-inflammatoire non stéroïdien de synthèse chimique.
Conclusion
Cette étude révèle que certaines recettes présentées comme des remèdes de la pharmacopée traditionnelle peu
传统药典中的植物价值是世界卫生组织(世卫组织)的一项建议,目的是使人们更容易获得低成本的治疗[1]。因此,市场上有各种各样的植物成分配方,而不需要对它们的符合性进行任何检查。这就是Cote d '科特迪瓦阿比让慢性疼痛治疗中使用的一种名为“抗疼痛X”的配方的情况。我们研究的目的是评估“止痛药X”粉末在患者使用条件下的安全性,并确定其成分。根据向阿比让的两个毒理学实验室提出的专门知识要求,对配方的使用条件进行了分析。根据经合组织协议420对大鼠进行了急性口服毒性试验。测试了三种剂量水平,相当于人类当量剂量(HED)的1倍、2倍和3倍。此外,还进行了显微镜分析和GC-EI-MS非靶向筛选,以澄清“抗疼痛X”配方的成分。结果使用者(n = 2)、使用者父母(n = 2)和护理人员(n = 4)在2020年至2024年期间向阿比让的两个毒理学实验室申请了8批“抗疼痛X”粉末样本。使用该配方的人的平均年龄为60.8±24.2岁(中位:70岁),索赔人报告的适应症都是慢性疼痛疾病的治疗。在传统医生推荐的228毫克/公斤的剂量下,“抗疼痛X”配方导致大鼠体重显著下降(Anova, p < 0.05)。当过量剂量为684毫克/公斤时,所有大鼠在j3时均出现严重的消化症状,如痉挛和腹痛(n = 5),五分之二的大鼠在j6时死亡。显微镜分析揭示了植物元素,如草酸钙晶体、表皮碎片和淀粉颗粒。然而,GC-EI-MS筛查发现了吲哚美辛(C19H16ClNO4),一种化学合成的非甾体抗炎药。结论:这项研究表明,一些被列为传统药物的配方可能含有合成物质,如吲哚美辛,使老年人尤其面临严重风险。这种伪造配方的急性毒性已在动物身上得到证实,即使在传统从业人员推荐的剂量下也是如此。需要采取药物警戒、意外检查和加强市场监督等措施来打击这些做法。
{"title":"Faux médicaments à base de plantes : toxicité potentielle d’une recette analgésique prescrite à des personnes âgées à Abidjan, Côte d’Ivoire","authors":"A. Diakité , A. Akoubet , C.P. Bekegnran , L. Méité , M.A. Yao","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.057","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.057","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectifs</h3><div>La valorisation des plantes de la pharmacopée traditionnelle est une recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une meilleure accessibilité des populations à un traitement à moindre coût <span><span>[1]</span></span>. Ainsi, une large variété de recettes présentées comme étant composées de plantes est disponible sur le marché sans aucun contrôle de leur conformité <span><span>[2]</span></span>. C’est le cas d’une formule dénommée « <em>Antidouleur</em> <em>X</em> » indiquée dans le traitement des douleurs chroniques à Abidjan, en Côte d’Ivoire.</div><div>Les objectifs de notre étude étaient d’évaluer la sécurité d’emploi de la poudre « <em>Antidouleur</em> <em>X</em> » dans les conditions d’utilisation des patients et de déterminer sa composition.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Une analyse des conditions d’utilisation de la recette a été réalisée sur la base des demandes d’expertise adressées à deux laboratoires de toxicologie à Abidjan. Un essai de toxicité aiguë par voie orale sur des rats a été conduit selon le protocole OCDE 420. Trois niveaux de doses correspondants à une, deux et trois fois la dose équivalente chez l’humain (HED) ont été testés. En outre, une analyse microscopique et un <em>screening</em> non ciblé par GC-EI-MS ont été effectués afin d’élucider la composition de la recette « <em>Antidouleur</em> <em>X</em> ».</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Huit lots d’échantillons de poudre « <em>Antidouleur</em> <em>X</em> » ont fait l’objet d’une demande d’expertise entre 2020 et 2024 auprès de deux laboratoires de toxicologie d’Abidjan par des utilisateurs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), parents d’utilisateurs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2) et le personnel soignant (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4). L’âge moyen des utilisateurs de la recette était de 60,8 ans<!--> <!-->±<!--> <!-->24,2 ans (médiane : 70 ans), et l’indication rapportée par les demandeurs était invariablement le traitement d’une maladie chronique douloureuse. À la dose recommandée par le tradipraticien soit 228<!--> <!-->mg/kg, la recette « <em>Antidouleur</em> <em>X</em> » a entraîné une perte de poids significative chez les rats (Anova, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05). En surdosage soit 684<!--> <!-->mg/kg, des manifestations digestives sévères à type de crampes et de douleurs abdominales ont été observées à j3 chez l’ensemble des rats (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5), et deux décès sur cinq rats ont été enregistrés à j6. L’analyse microscopique a mis en évidence des éléments végétaux tels que des cristaux d’oxalate de calcium, des débris d’épiderme et des grains d’amidon. Toutefois, le <em>screening</em> par GC-EI-MS a permis d’identifier l’indométacine (C<sub>19</sub>H<sub>16</sub>ClNO<sub>4</sub>), un anti-inflammatoire non stéroïdien de synthèse chimique.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cette étude révèle que certaines recettes présentées comme des remèdes de la pharmacopée traditionnelle peu","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S116"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365699","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.068
J. Rochat , P. Marini , N. Voirin
Objectif
Les composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS) sont des perturbateurs endocriniens, pouvant présenter des propriétés carcinogènes [1]. Leurs effets sur la santé, associés à leur persistance, ainsi que leur omniprésence dans des objets de consommation courante, en font un sujet de préoccupation scientifique et sanitaire. En l’absence de valeurs toxicologiques de référence (VTR), disposer de données d’imprégnation récentes et représentatives est indispensable, à la fois pour interpréter les dosages individuels et pour orienter les priorités de santé publique. Ce travail présente la première mise à jour nationale des concentrations sanguines de 30 PFAS chez l’adulte depuis l’étude Esteban, menée entre 2014 et 2016 par Santé publique France [2].
Méthode
Les données démographiques INSEE 2024 ont été utilisées pour sélectionner aléatoirement, selon un plan de stratification sexe-âge-région, 918 sérums adultes issus de la biobanque anonymisée Eurofins Biomnis Sample Library, prélevés entre mars et juillet 2025 dans le cadre de la biologie de routine (non-opposition des patients concernés). Ces échantillons ont été analysés par spectrométrie de masse en tandem couplée à de la chromatographie liquide (LC-MSMS) sur le Xevo™ TQ Absolute de Waters, après une étape d’extraction solide liquide (SLE). Le panel étudié comprend 30 PFAS fréquemment dosés et retrouvés en matrice humaine ou dans l’environnement, certains avec leur forme linéaire et ramifiée. Un étalonnage externe en 7 points, un blanc et 3 niveaux de contrôles internes de qualité sont analysés avec chaque série de 82 échantillons. Les limites de quantification (LOQ) sont comprises entre 0,1 et 0,2 μg/L. Le paramètre principal de l’étude est la somme de 7 PFAS (PFOA, PFOS, PFNA, PFDA, PFUnDA, PFHxS, NMeFOSAA) car c’est le critère utilisé par les Académies nationales des sciences, d’ingénierie et de médecine (NASEM) pour présenter ses recommandations sur l’exposition aux PFAS et les seuils d’interprétation de celle-ci, basé sur les résultats de l’étude américaine NHANES [3].
Résultats
Au total, 918 sérums d’adultes ont été analysés (467 femmes et 451 hommes), répartis dans 3 catégories d’âge, allant de 20 à 74 ans, et dans les 12 régions de France métropolitaine. La médiane de la somme des 7 PFAS était de 5,58 μg/L, avec un minimum non quantifiable et un maximum de 99,74 μg/L. Parmi ces 7 PFAS, 6 étaient quantifiables pour plus de 50 % des sérums, 4 chez plus de 95 %. À l’inverse, 17 des 30 PFAS du panel n’ont été quantifiés que pour moins de 1 % des échantillons. Les résultats de l’étude NHANES montraient que 9 % de leur cohorte présentaient un résultat de la somme des 7 PFAS supérieur à 20 μg/L, contre 4,0 % pour les sérums de cette étude. Pour les 17 PFAS dosés en commun avec l’étude Esteban, les méd
{"title":"Imprégnation par les composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS) chez les adultes en France métropolitaine : analyse d’une biobanque nationale (2025)","authors":"J. Rochat , P. Marini , N. Voirin","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.068","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.068","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Les composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS) sont des perturbateurs endocriniens, pouvant présenter des propriétés carcinogènes <span><span>[1]</span></span>. Leurs effets sur la santé, associés à leur persistance, ainsi que leur omniprésence dans des objets de consommation courante, en font un sujet de préoccupation scientifique et sanitaire. En l’absence de valeurs toxicologiques de référence (VTR), disposer de données d’imprégnation récentes et représentatives est indispensable, à la fois pour interpréter les dosages individuels et pour orienter les priorités de santé publique. Ce travail présente la première mise à jour nationale des concentrations sanguines de 30 PFAS chez l’adulte depuis l’étude Esteban, menée entre 2014 et 2016 par Santé publique France <span><span>[2]</span></span>.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les données démographiques INSEE 2024 ont été utilisées pour sélectionner aléatoirement, selon un plan de stratification sexe-âge-région, 918 sérums adultes issus de la biobanque anonymisée Eurofins Biomnis Sample Library, prélevés entre mars et juillet 2025 dans le cadre de la biologie de routine (non-opposition des patients concernés). Ces échantillons ont été analysés par spectrométrie de masse en tandem couplée à de la chromatographie liquide (LC-MSMS) sur le Xevo™ TQ Absolute de Waters, après une étape d’extraction solide liquide (SLE). Le panel étudié comprend 30 PFAS fréquemment dosés et retrouvés en matrice humaine ou dans l’environnement, certains avec leur forme linéaire et ramifiée. Un étalonnage externe en 7 points, un blanc et 3 niveaux de contrôles internes de qualité sont analysés avec chaque série de 82 échantillons. Les limites de quantification (LOQ) sont comprises entre 0,1 et 0,2<!--> <!-->μg/L. Le paramètre principal de l’étude est la somme de 7 PFAS (PFOA, PFOS, PFNA, PFDA, PFUnDA, PFHxS, NMeFOSAA) car c’est le critère utilisé par les Académies nationales des sciences, d’ingénierie et de médecine (NASEM) pour présenter ses recommandations sur l’exposition aux PFAS et les seuils d’interprétation de celle-ci, basé sur les résultats de l’étude américaine NHANES <span><span>[3]</span></span>.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 918 sérums d’adultes ont été analysés (467 femmes et 451 hommes), répartis dans 3 catégories d’âge, allant de 20 à 74 ans, et dans les 12 régions de France métropolitaine. La médiane de la somme des 7 PFAS était de 5,58<!--> <!-->μg/L, avec un minimum non quantifiable et un maximum de 99,74<!--> <!-->μg/L. Parmi ces 7 PFAS, 6 étaient quantifiables pour plus de 50 % des sérums, 4 chez plus de 95 %. À l’inverse, 17 des 30 PFAS du panel n’ont été quantifiés que pour moins de 1 % des échantillons. Les résultats de l’étude NHANES montraient que 9 % de leur cohorte présentaient un résultat de la somme des 7 PFAS supérieur à 20<!--> <!-->μg/L, contre 4,0 % pour les sérums de cette étude. Pour les 17 PFAS dosés en commun avec l’étude Esteban, les méd","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S122-S123"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365700","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.039
M. Canal-Raffin , C. Verdun-Esquer , S. Ollivier , C. Labadie , M. Laparade , F. Limousin , A. Villa
<div><h3>Objectif</h3><div>La manipulation des médicaments anticancéreux (MAC) expose les professionnels de santé à des risques d’accidents (piqûre d’aiguille, projections de médicaments ou d’excreta, rupture de poche de chimiothérapie, fuite de tubulure, bris de flacon, etc.), impliquant des molécules pour la plupart irritantes, voire vésicantes et classées CMR. La fréquence d’accidents rapportée dans la littérature est comprise entre 9,5 et 15 % parmi les professionnels interrogés selon les études, mais aucune donnée française sur cette fréquence n’est actuellement disponible. De plus, aucun accident exposant aux MAC n’a à ce jour été objectivé par biométrologie pour confirmer une éventuelle contamination interne. Ces événements restent souvent sous-déclarés et non tracés dans le dossier médical en santé au travail (DMST). Depuis janvier 2025, au CHU de Bordeaux, le Service de santé au travail, en partenariat avec le Laboratoire de pharmacologie-toxicologie, a mis en place un projet pilote de déclaration de ces cas, accompagné d’une biométrologie urinaire permettant une traçabilité des expositions et des contaminations.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Un kit de prélèvements urinaires accompagné d’un questionnaire a été intégré dans le kit d’urgence à utiliser en cas de déversement de MAC dans les services de soins les manipulant. Le questionnaire collecte des informations sur le lieu, l’heure, les circonstances de l’accident, les médicaments en cause, les zones cutanées contaminées, les équipements de protection individuelle (EPI), les symptômes et les gestes de décontamination.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>En cinq mois, trois accidents ont été déclarés. Ils impliquaient deux préparatrices en pharmacie et une aide-soignante d’un service d’hospitalisation de jour (âge médian 44 ans). Le premier accident est survenu lors de la préparation de méthotrexate, par piqûre d’aiguille au travers de trois paires de gants. La biométrologie, réalisée 20<!--> <!-->h après l’accident, montrait une concentration urinaire de méthotrexate de 236<!--> <!-->ng/L. Le deuxième est survenu lors du contrôle d’un stylo injectable de méthotrexate, par projection cutanée au niveau des mains, sans port de gants. La biométrologie a révélé des traces (1–2,5<!--> <!-->ng/L) de méthotrexate dans les urines 1h15 après l’accident suivi d’une concentration urinaire de 5,4<!--> <!-->ng/L, 19h30 après. Le troisième accident est survenu lors de la fuite d’une tubulure raccordée à une chimiothérapie de cyclophosphamide, par contact cutané (mains, avant-bras gauche) sans port de gants. La biométrologie urinaire a montré une absence de contamination 15<!--> <!-->minutes après l’accident puis, des traces de cyclophosphamide (1–2,5<!--> <!-->ng/L), 7h30 après. Une sensation de brûlure cutanée a été rapportée, disparaissant après un lavage à l’eau et au savon suivi d’un rinçage de 15<!--> <!-->minutes. Chaque résultat de biométrologie a été rendu à l’agent par son médecin
{"title":"Accidents professionnels exposant aux médicaments anticancéreux en établissements de soins : à propos de trois cas documentés à l’aide d’une biométrologie urinaire","authors":"M. Canal-Raffin , C. Verdun-Esquer , S. Ollivier , C. Labadie , M. Laparade , F. Limousin , A. Villa","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.039","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.039","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>La manipulation des médicaments anticancéreux (MAC) expose les professionnels de santé à des risques d’accidents (piqûre d’aiguille, projections de médicaments ou d’excreta, rupture de poche de chimiothérapie, fuite de tubulure, bris de flacon, etc.), impliquant des molécules pour la plupart irritantes, voire vésicantes et classées CMR. La fréquence d’accidents rapportée dans la littérature est comprise entre 9,5 et 15 % parmi les professionnels interrogés selon les études, mais aucune donnée française sur cette fréquence n’est actuellement disponible. De plus, aucun accident exposant aux MAC n’a à ce jour été objectivé par biométrologie pour confirmer une éventuelle contamination interne. Ces événements restent souvent sous-déclarés et non tracés dans le dossier médical en santé au travail (DMST). Depuis janvier 2025, au CHU de Bordeaux, le Service de santé au travail, en partenariat avec le Laboratoire de pharmacologie-toxicologie, a mis en place un projet pilote de déclaration de ces cas, accompagné d’une biométrologie urinaire permettant une traçabilité des expositions et des contaminations.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Un kit de prélèvements urinaires accompagné d’un questionnaire a été intégré dans le kit d’urgence à utiliser en cas de déversement de MAC dans les services de soins les manipulant. Le questionnaire collecte des informations sur le lieu, l’heure, les circonstances de l’accident, les médicaments en cause, les zones cutanées contaminées, les équipements de protection individuelle (EPI), les symptômes et les gestes de décontamination.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>En cinq mois, trois accidents ont été déclarés. Ils impliquaient deux préparatrices en pharmacie et une aide-soignante d’un service d’hospitalisation de jour (âge médian 44 ans). Le premier accident est survenu lors de la préparation de méthotrexate, par piqûre d’aiguille au travers de trois paires de gants. La biométrologie, réalisée 20<!--> <!-->h après l’accident, montrait une concentration urinaire de méthotrexate de 236<!--> <!-->ng/L. Le deuxième est survenu lors du contrôle d’un stylo injectable de méthotrexate, par projection cutanée au niveau des mains, sans port de gants. La biométrologie a révélé des traces (1–2,5<!--> <!-->ng/L) de méthotrexate dans les urines 1h15 après l’accident suivi d’une concentration urinaire de 5,4<!--> <!-->ng/L, 19h30 après. Le troisième accident est survenu lors de la fuite d’une tubulure raccordée à une chimiothérapie de cyclophosphamide, par contact cutané (mains, avant-bras gauche) sans port de gants. La biométrologie urinaire a montré une absence de contamination 15<!--> <!-->minutes après l’accident puis, des traces de cyclophosphamide (1–2,5<!--> <!-->ng/L), 7h30 après. Une sensation de brûlure cutanée a été rapportée, disparaissant après un lavage à l’eau et au savon suivi d’un rinçage de 15<!--> <!-->minutes. Chaque résultat de biométrologie a été rendu à l’agent par son médecin ","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S103"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-10-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145358180","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}