Pub Date : 2025-08-27DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.011
Jean-Marie Philippeau
<div><div>Le couple de frottement céramique/céramique (CoC) peut être privilégié dans les PTH chez le sujet jeune en raison d’une quasi-absence d’usure et d’ostéolyse péri-prothétique <span><span>[1]</span></span>, <span><span>[2]</span></span>, <span><span>[3]</span></span>, <span><span>[4]</span></span>, <span><span>[5]</span></span>, <span><span>[6]</span></span>, <span><span>[7]</span></span>. Néanmoins, il expose à un risque rare mais grave de fracture de tête ou d’insert. Ces ruptures sont d’origine plurifactorielle et impliquent des paramètres liés au matériau, à la géométrie des implants, aux caractéristiques des interfaces (angle et longueur de l’emmanchement conique), à la technique chirurgicale (impaction, positionnement), à la cinématique articulaire et, dans une moindre mesure, au patient. Selon les registres et les fabricants, le taux de fracture de tête a considérablement diminué entre les 3<sup>e</sup> (2 pour 1000) et 4<sup>e</sup> (2 pour 100 000) générations de céramique. En revanche le taux de fracture d’insert est resté stable autour de 2 à 3 pour 10 000. Ces fractures surviennent brutalement par propagation d’une fissure intragranulaire à grande vitesse. Le diagnostic peut être évident sur des radiographies standards ou plus difficile avec nécessité d’une tomodensitométrie, voire d’une ponction articulaire. La réintervention n’est pas urgente mais doit être rapidement préparée et rigoureusement réalisée. Après récupération des données opératoires de la prothèse, il faut effectuer une synovectomie-lavage avec ablation des fragments de céramique qui pourraient être à l’origine d’une usure à 3<sup>e</sup> corps de l’arthroplastie suivante. Les modalités de la révision dépendent de la pièce rompue (tête fémorale et/ou insert) et de l’état et la position des implants. Le nouveau couple de frottement à privilégier est le couple CoC avec une tête de révision de diamètre 36 si possible, pour réduire le risque d’instabilité. À défaut, le couple céramique/polyéthylène (CoPE) peut être utilisé. Cette révision comporte des risques d’instabilité et de ré-révision non négligeables. Une stratégie chirurgicale clarifiée a toutefois contribué à améliorer le pronostic de cette complication rare mais redoutable.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>The ceramic-on-ceramic (CoC) bearing couple may be preferred in total hip arthroplasty (THA) in young patients due to virtually no wear and peri-prosthetic osteolysis <span><span>[1]</span></span>, <span><span>[2]</span></span>, <span><span>[3]</span></span>, <span><span>[4]</span></span>, <span><span>[5]</span></span>, <span><span>[6]</span></span>, <span><span>[7]</span></span>. However, it exposes patients to a rare but serious risk of head or liner fracture. These fractures are multifactorial in origin and involve parameters related to the material, implant geometry, interface characteristics (angle and length of the taper junction), surgical tech
{"title":"Fractures de tête et insert acétabulaire en céramique dans les prothèses totales de hanche (PTH)","authors":"Jean-Marie Philippeau","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.011","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.011","url":null,"abstract":"<div><div>Le couple de frottement céramique/céramique (CoC) peut être privilégié dans les PTH chez le sujet jeune en raison d’une quasi-absence d’usure et d’ostéolyse péri-prothétique <span><span>[1]</span></span>, <span><span>[2]</span></span>, <span><span>[3]</span></span>, <span><span>[4]</span></span>, <span><span>[5]</span></span>, <span><span>[6]</span></span>, <span><span>[7]</span></span>. Néanmoins, il expose à un risque rare mais grave de fracture de tête ou d’insert. Ces ruptures sont d’origine plurifactorielle et impliquent des paramètres liés au matériau, à la géométrie des implants, aux caractéristiques des interfaces (angle et longueur de l’emmanchement conique), à la technique chirurgicale (impaction, positionnement), à la cinématique articulaire et, dans une moindre mesure, au patient. Selon les registres et les fabricants, le taux de fracture de tête a considérablement diminué entre les 3<sup>e</sup> (2 pour 1000) et 4<sup>e</sup> (2 pour 100 000) générations de céramique. En revanche le taux de fracture d’insert est resté stable autour de 2 à 3 pour 10 000. Ces fractures surviennent brutalement par propagation d’une fissure intragranulaire à grande vitesse. Le diagnostic peut être évident sur des radiographies standards ou plus difficile avec nécessité d’une tomodensitométrie, voire d’une ponction articulaire. La réintervention n’est pas urgente mais doit être rapidement préparée et rigoureusement réalisée. Après récupération des données opératoires de la prothèse, il faut effectuer une synovectomie-lavage avec ablation des fragments de céramique qui pourraient être à l’origine d’une usure à 3<sup>e</sup> corps de l’arthroplastie suivante. Les modalités de la révision dépendent de la pièce rompue (tête fémorale et/ou insert) et de l’état et la position des implants. Le nouveau couple de frottement à privilégier est le couple CoC avec une tête de révision de diamètre 36 si possible, pour réduire le risque d’instabilité. À défaut, le couple céramique/polyéthylène (CoPE) peut être utilisé. Cette révision comporte des risques d’instabilité et de ré-révision non négligeables. Une stratégie chirurgicale clarifiée a toutefois contribué à améliorer le pronostic de cette complication rare mais redoutable.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>The ceramic-on-ceramic (CoC) bearing couple may be preferred in total hip arthroplasty (THA) in young patients due to virtually no wear and peri-prosthetic osteolysis <span><span>[1]</span></span>, <span><span>[2]</span></span>, <span><span>[3]</span></span>, <span><span>[4]</span></span>, <span><span>[5]</span></span>, <span><span>[6]</span></span>, <span><span>[7]</span></span>. However, it exposes patients to a rare but serious risk of head or liner fracture. These fractures are multifactorial in origin and involve parameters related to the material, implant geometry, interface characteristics (angle and length of the taper junction), surgical tech","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 556-570"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-08-27","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160131","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-08-25DOI: 10.1016/j.rcot.2025.08.002
Maxime Fabre-Aubrespy , Henri Favreau , Mekki Tamir , François Bonnomet , Xavier Flecher , Matthieu Ehlinger
<div><div>Les fractures périprothétiques (FPP) sont une complication majeure des arthroplasties du genou, survenant à plus ou moins long terme. Leur prévalence est en augmentation du fait de l’allongement de l’espérance de vie de la population et du nombre croissant de porteurs de prothèse. Elles sont la conséquence de la fragilité osseuse due à l’ostéoporose, à la sénescence et/ou à l’ostéolyse périprothétique générée par l’usure des implants. Dans cette population fragile, le plus important est la sélection des patients pouvant relever d’un traitement par révision car la morbi-mortalité de ces fractures est importante, à l’instar de celle des fractures du fémur proximal. Une révision est indiquée pour une fracture sur prothèse descellée avec ou sans ostéolyse, ou une fracture dont la stabilité est compromise par la fracture, chez un patient autonome en bon état général ayant un score de Parker de 6 au moins, un score ASA maximal de 3 et âgé au plus de 75–77 ans pour certains. Une fracture associée de la tubérosité tibiale est pour certains une contre-indication relative. Cette révision a 3 objectifs : 1/traiter la fracture, 2/traiter le descellement et/ou l’ostéolyse éventuellement associée et 3/permettre la récupération de l’autonomie. Les principes techniques de ces révisions sont exposés : matériel, installation, voie d’abord, ablation des implants, repérage de l’interligne articulaire, gestion de l’ostéolyse et des pertes de substance osseuse, gestion de la patella. Il s’agit d’une prise en charge traumatologique dans un contexte d’orthopédie. L’expertise des 2 disciplines est nécessaire. Ces interventions sont longues, délicates et difficiles. La morbidité et la mortalité sont plus élevées que celle des arthroplasties de première intention, proches de celles des fractures du fémur proximal. Les résultats, malgré la sélection des patients, ne sont pas toujours supérieurs à ceux des ostéosynthèses. Il n’est donc pas possible de recommander une technique plutôt qu’une autre. Les indications étant rares et la chirurgie difficile, elle ne doit être pratiquée que par des équipes entraînées ayant tout le matériel et l’expérience nécessaires.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Periprosthetic fractures (PPF) are a major complication of knee arthroplasty occurring in the more or less long term. Their prevalence is increasing due to the increase in life expectancy of the population and the growing number of patients who have a TKA. They are the consequence of bone fragility due to osteoporosis, senescence and/or periprosthetic osteolysis generated by implant wear. In this fragile population, the most important thing is the selection of patients who can benefit from revision treatment because the morbidity and mortality of these fractures is high, like that of proximal femur fractures. Revision is indicated for a fracture around a loosened prosthesis with or without osteolysis, or a fracture whose sta
假体周骨折(FPP)是膝关节成形术的主要并发症,发生时间或长或短。由于人口预期寿命的增加和假肢佩戴者的数量的增加,它们的流行率正在上升。它们是由于骨质疏松、老年性和/或假体周围骨溶解引起的骨脆弱的结果,这是由种植体磨损引起的。在这一脆弱人群中,最重要的是选择可以接受复方治疗的患者,因为这些骨折的发病率和死亡率很高,就像近端股骨骨折一样。修订应注明假肢上的鸿沟、无力、有无ostéolyse或骨折的稳定性受到骨折的病人中,自治一般整齐而帕克的得分至少6、一个saas的最高得分最多3和现年75—77岁,对于一些。对一些人来说,相关的胫骨块状骨折是相对禁忌症。这次修订有3个目标:1/治疗骨折,2/治疗下垂和/或可能相关的骨质疏松,3/允许恢复自主性。这些修订的技术原则是:材料,安装,第一通道,移除种植体,定位关节间线,管理骨质疏松和骨质流失,管理髌骨。这是骨科背景下的创伤护理。这两个领域的专业知识都是必要的。这些干预是漫长、微妙和困难的。发病率和死亡率高于一线关节成形术,接近近股骨骨折。尽管对患者进行了选择,但结果并不总是优于骨合成。因此,不可能推荐一种技术而不是另一种。由于适应症很少,手术也很困难,所以只能由拥有所有必要设备和经验的训练有素的团队进行。证据水平;专家意见。修复周骨折(PPF)是一种或多或少长期发生的膝关节置换术的主要并发症。由于人口预期寿命的增加和TKA患者数量的增加,它们的患病率正在增加。它们是由于植入物磨损引起的骨质疏松、衰老和/或假体周围骨质疏松而导致的骨脆弱的结果。在这一脆弱人群中,最重要的事情是选择可以从复视治疗中受益的患者,因为这些骨折的发病率和死亡率很高,比如近股骨骨折。is复核及for a周围的裂缝loosened prosthesis with or without osteolysis黄金骨折了,当然不要稳定is in an independent妥协了by the骨折,患者Parker score in good with a general条件至少为6,最大化了saas score of 3 aged at most 75 years for诗—77。与胫骨管相关的骨折对一些人来说是相对禁忌症。这项修订有3个目标:1/治疗骨折,2/治疗松弛和/或任何相关的骨质疏松,3/允许恢复自主性。这些修订的技术原则解释:设备,安装,方法,植入物的移除,连接线水平的识别,骨质疏松和骨丢失的管理,髌骨的管理。这是骨科背景下的创伤管理。这两个学科的专业知识都是必要的。这些干预措施是漫长、微妙和困难的。与原发性关节成形术相比,发病率和死亡率更高,与近股骨骨折相似。结果,尽管患者选择,并不总是优于内部固定。因此,不可能推荐一种技术而不是另一种。由于适应症很少,手术也很困难,所以只能由拥有所有必要设备和经验的训练有素的团队进行。证据的程度;专家观点。
{"title":"Reprise de prothèse totale de genou pour fracture fémorale péri-prothétique","authors":"Maxime Fabre-Aubrespy , Henri Favreau , Mekki Tamir , François Bonnomet , Xavier Flecher , Matthieu Ehlinger","doi":"10.1016/j.rcot.2025.08.002","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.08.002","url":null,"abstract":"<div><div>Les fractures périprothétiques (FPP) sont une complication majeure des arthroplasties du genou, survenant à plus ou moins long terme. Leur prévalence est en augmentation du fait de l’allongement de l’espérance de vie de la population et du nombre croissant de porteurs de prothèse. Elles sont la conséquence de la fragilité osseuse due à l’ostéoporose, à la sénescence et/ou à l’ostéolyse périprothétique générée par l’usure des implants. Dans cette population fragile, le plus important est la sélection des patients pouvant relever d’un traitement par révision car la morbi-mortalité de ces fractures est importante, à l’instar de celle des fractures du fémur proximal. Une révision est indiquée pour une fracture sur prothèse descellée avec ou sans ostéolyse, ou une fracture dont la stabilité est compromise par la fracture, chez un patient autonome en bon état général ayant un score de Parker de 6 au moins, un score ASA maximal de 3 et âgé au plus de 75–77 ans pour certains. Une fracture associée de la tubérosité tibiale est pour certains une contre-indication relative. Cette révision a 3 objectifs : 1/traiter la fracture, 2/traiter le descellement et/ou l’ostéolyse éventuellement associée et 3/permettre la récupération de l’autonomie. Les principes techniques de ces révisions sont exposés : matériel, installation, voie d’abord, ablation des implants, repérage de l’interligne articulaire, gestion de l’ostéolyse et des pertes de substance osseuse, gestion de la patella. Il s’agit d’une prise en charge traumatologique dans un contexte d’orthopédie. L’expertise des 2 disciplines est nécessaire. Ces interventions sont longues, délicates et difficiles. La morbidité et la mortalité sont plus élevées que celle des arthroplasties de première intention, proches de celles des fractures du fémur proximal. Les résultats, malgré la sélection des patients, ne sont pas toujours supérieurs à ceux des ostéosynthèses. Il n’est donc pas possible de recommander une technique plutôt qu’une autre. Les indications étant rares et la chirurgie difficile, elle ne doit être pratiquée que par des équipes entraînées ayant tout le matériel et l’expérience nécessaires.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Periprosthetic fractures (PPF) are a major complication of knee arthroplasty occurring in the more or less long term. Their prevalence is increasing due to the increase in life expectancy of the population and the growing number of patients who have a TKA. They are the consequence of bone fragility due to osteoporosis, senescence and/or periprosthetic osteolysis generated by implant wear. In this fragile population, the most important thing is the selection of patients who can benefit from revision treatment because the morbidity and mortality of these fractures is high, like that of proximal femur fractures. Revision is indicated for a fracture around a loosened prosthesis with or without osteolysis, or a fracture whose sta","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 8","pages":"Pages 1042-1051"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-08-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145610372","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-08-21DOI: 10.1016/S1877-0517(25)00197-2
{"title":"Sommaire","authors":"","doi":"10.1016/S1877-0517(25)00197-2","DOIUrl":"10.1016/S1877-0517(25)00197-2","url":null,"abstract":"","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 5","pages":"Page iv"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-08-21","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"144878308","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-08-20DOI: 10.1016/j.rcot.2025.07.001
Guillaume Bacle
<div><div>La pseudarthrose antébrachiale post-traumatique de l’adulte est une complication rare mais redoutable. Les objectifs thérapeutiques doivent prioritairement associer une consolidation osseuse avec une restauration de l’anatomie et de la courbure pronatrice radiale afin de récupérer la fonction de pronosupination et le positionnement idéal de la main. Le taux de pseudarthrose des fractures diaphysaires antébrachiales, avec ou sans infection, est de l’ordre de 2 à 10 %. L’échec de la consolidation de ces fractures est par ailleurs souvent dû à une insuffisance technique chirurgicale. Les objectifs du bilan clinique et paraclinique seront de caractériser distinctement le traumatisme et sa prise en charge initiale, la pseudarthrose et le patient. Les clichés radiographiques de face, de profil et de trois-quarts de l’avant-bras incluant les articulations sus- et sous-jacentes sont indispensables. La tomodensitométrie du segment antébrachial avec reconstructions MPR et 3D apporte les détails pour caractériser la pseudarthrose et le tissu osseux limitrophe. Outre une ouverture cutanée lors du traumatisme initial, une suspicion d’infection doit conduire à réaliser un bilan biologique sanguin à la recherche de syndrome inflammatoire. L’étendue de la perte de substance osseuse segmentaire et le caractère infecté ou non de la pseudarthrose dictent les options thérapeutiques. L’ostéosynthèse de référence est aujourd’hui la plaque vissée. En cas de pseudarthrose aseptique avec perte de substance segmentaire inférieure à 5<!--> <!-->cm, il est recommandé d’utiliser des greffons spongieux ou cortico-spongieux autologues. Les pertes de substances osseuses plus étendues appellent à utiliser une greffe vascularisée autologue ou des greffons spongieux, en deux temps, dans le cadre de la technique de la membrane induite. Une infection évolutive nécessite une phase de débridement, avec documentation bactériologique et utilisation d’un traitement antibiotique adapté suivie d’une phase de reconstruction. Les cas complexes doivent être discutés en centre de référence des infections ostéoarticulaires (CRIOAC). Les pertes de substances non reconstructibles renvoient à la technique du « one-bone forearm » garant d’une continuité osseuse mais sacrifiant la pronosupination.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Post-traumatic antebrachial pseudarthrosis in adults is a rare but formidable complication. Therapeutic objectives must combine bone consolidation with restoration of radial anatomy and pronator curvature, in order to regain pronosupination function and ideal hand positioning. The rate of pseudarthrosis in antebrachial diaphyseal fractures, with or without infection, is in the region of 2–10 %. Failed consolidation of these fractures is often due to inadequate surgical technique. The objectives of the clinical and paraclinical assessment are to characterize the trauma and its initial management, the pseudarthros
{"title":"Pseudarthrose post-traumatique de l’avant-bras chez l’adulte","authors":"Guillaume Bacle","doi":"10.1016/j.rcot.2025.07.001","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.07.001","url":null,"abstract":"<div><div>La pseudarthrose antébrachiale post-traumatique de l’adulte est une complication rare mais redoutable. Les objectifs thérapeutiques doivent prioritairement associer une consolidation osseuse avec une restauration de l’anatomie et de la courbure pronatrice radiale afin de récupérer la fonction de pronosupination et le positionnement idéal de la main. Le taux de pseudarthrose des fractures diaphysaires antébrachiales, avec ou sans infection, est de l’ordre de 2 à 10 %. L’échec de la consolidation de ces fractures est par ailleurs souvent dû à une insuffisance technique chirurgicale. Les objectifs du bilan clinique et paraclinique seront de caractériser distinctement le traumatisme et sa prise en charge initiale, la pseudarthrose et le patient. Les clichés radiographiques de face, de profil et de trois-quarts de l’avant-bras incluant les articulations sus- et sous-jacentes sont indispensables. La tomodensitométrie du segment antébrachial avec reconstructions MPR et 3D apporte les détails pour caractériser la pseudarthrose et le tissu osseux limitrophe. Outre une ouverture cutanée lors du traumatisme initial, une suspicion d’infection doit conduire à réaliser un bilan biologique sanguin à la recherche de syndrome inflammatoire. L’étendue de la perte de substance osseuse segmentaire et le caractère infecté ou non de la pseudarthrose dictent les options thérapeutiques. L’ostéosynthèse de référence est aujourd’hui la plaque vissée. En cas de pseudarthrose aseptique avec perte de substance segmentaire inférieure à 5<!--> <!-->cm, il est recommandé d’utiliser des greffons spongieux ou cortico-spongieux autologues. Les pertes de substances osseuses plus étendues appellent à utiliser une greffe vascularisée autologue ou des greffons spongieux, en deux temps, dans le cadre de la technique de la membrane induite. Une infection évolutive nécessite une phase de débridement, avec documentation bactériologique et utilisation d’un traitement antibiotique adapté suivie d’une phase de reconstruction. Les cas complexes doivent être discutés en centre de référence des infections ostéoarticulaires (CRIOAC). Les pertes de substances non reconstructibles renvoient à la technique du « one-bone forearm » garant d’une continuité osseuse mais sacrifiant la pronosupination.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Post-traumatic antebrachial pseudarthrosis in adults is a rare but formidable complication. Therapeutic objectives must combine bone consolidation with restoration of radial anatomy and pronator curvature, in order to regain pronosupination function and ideal hand positioning. The rate of pseudarthrosis in antebrachial diaphyseal fractures, with or without infection, is in the region of 2–10 %. Failed consolidation of these fractures is often due to inadequate surgical technique. The objectives of the clinical and paraclinical assessment are to characterize the trauma and its initial management, the pseudarthros","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 614-625"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-08-20","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160401","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-08-18DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.013
Valérie Dumaine
Les prothèses massives du genou ont d’abord été réservées à la chirurgie des tumeurs. Leur modularité et leur fiabilité ont permis d’élargir leurs indications, notamment celles du fémur distal, aux changements de prothèse du genou avec importante destruction osseuse et à la chirurgie traumatologique du sujet âgé. En chirurgie oncologique, la survie de ces prothèses atteint 80 % à 5 ans, mais près de la moitié sera réopérée à 15 ans et les reprises peuvent être multiples. Les complications sont en effet nombreuses ; l’infection est la plus fréquente et la première cause d’amputation. Les contraintes mécaniques sont importantes et malgré les évolutions technologiques, l’implant idéal n’existe pas. Bien que leur concept soit simple, la technique de pose de ces prothèses est exigeante pour limiter les risques de descellement, de fracture et de complications patellaires. La gestion de ces complications impose une bonne connaissance des prothèses de genou en général et de la technique des prothèses massives plus spécifiquement.
Niveau de preuve
V ; avis d’expert.
Initially indicated for tumor surgery only, the reliability and modularity of knee megaprostheses, and in particular of the distal part of femur, have made it possible to broaden the indications for revision in standard knee prostheses with significant bone destruction and for trauma surgery, particularly in the elderly patient. In oncological surgery, the survival of implants reaches 80% at 5 years, but almost half will be revised at 15 years and the revisions can be multiple. The complications are numerous; infection is the most common and the first cause of amputation. Mechanical constraints are significant and despite technological developments, the ideal implant does not exist. Although their design is simple, the technique is demanding to limit the risks of loosening, fracture and patellar problems. Managing these complications requires good knowledge of knee prostheses and techniques more specific to massive prostheses.
Level of evidence
V; expert opinion.
巨大的膝关节假体最初是为肿瘤手术保留的。他们的模块化和可靠性使他们的适应症,特别是远股骨,扩展到膝关节假体的变化,严重的骨破坏和老年患者的创伤性手术。在肿瘤手术中,这些假体在5岁时的存活率达到80%,但大约一半的假体在15岁时会再次手术,而且可能会多次复发。有许多复杂的情况;感染是最常见的,也是截肢的主要原因。机械上的限制是巨大的,尽管技术在进步,理想的植入物并不存在。虽然它们的概念很简单,但安装这些假体的技术要求很高,以限制滑倒、骨折和髌骨并发症的风险。管理这些并发症需要良好的膝关节置换术知识,特别是实心置换术技术。证据水平;专家意见。初期及促进瘤外科only the、可靠性与modularity of膝megaprostheses远端,and in f层of the part of大举逮捕,尽可能have made it to broaden适应症for修订本in standard膝prostheses with毁灭重大bone and for创伤外科病人需认真in the old。在肿瘤手术中,植入物的存活率在5岁时达到80%,但几乎一半将在15岁时进行复习,复习可以是多次的。复杂情况很多;感染是截肢最常见和最主要的原因。机械限制是显著的,尽管技术发展,理想的植入物并不存在。虽然它们的设计很简单,但技术需要限制松动、断裂和分层问题的风险。管理这些并发症需要良好的膝关节置换术知识和更具体的技术。证据的程度;专家观点。
{"title":"Complications mécaniques des prothèses massives du fémur distal","authors":"Valérie Dumaine","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.013","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.013","url":null,"abstract":"<div><div>Les prothèses massives du genou ont d’abord été réservées à la chirurgie des tumeurs. Leur modularité et leur fiabilité ont permis d’élargir leurs indications, notamment celles du fémur distal, aux changements de prothèse du genou avec importante destruction osseuse et à la chirurgie traumatologique du sujet âgé. En chirurgie oncologique, la survie de ces prothèses atteint 80 % à 5 ans, mais près de la moitié sera réopérée à 15 ans et les reprises peuvent être multiples. Les complications sont en effet nombreuses ; l’infection est la plus fréquente et la première cause d’amputation. Les contraintes mécaniques sont importantes et malgré les évolutions technologiques, l’implant idéal n’existe pas. Bien que leur concept soit simple, la technique de pose de ces prothèses est exigeante pour limiter les risques de descellement, de fracture et de complications patellaires. La gestion de ces complications impose une bonne connaissance des prothèses de genou en général et de la technique des prothèses massives plus spécifiquement.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Initially indicated for tumor surgery only, the reliability and modularity of knee megaprostheses, and in particular of the distal part of femur, have made it possible to broaden the indications for revision in standard knee prostheses with significant bone destruction and for trauma surgery, particularly in the elderly patient. In oncological surgery, the survival of implants reaches 80% at 5 years, but almost half will be revised at 15 years and the revisions can be multiple. The complications are numerous; infection is the most common and the first cause of amputation. Mechanical constraints are significant and despite technological developments, the ideal implant does not exist. Although their design is simple, the technique is demanding to limit the risks of loosening, fracture and patellar problems. Managing these complications requires good knowledge of knee prostheses and techniques more specific to massive prostheses.</div></div><div><h3>Level of evidence</h3><div>V; expert opinion.</div></div>","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 546-555"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-08-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160133","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-08-18DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.016
Jean Grimberg , Emmanuel Dahan
<div><div>L’épaule est le siège de nombreuses pathologies liées à la vitesse et aux contraintes intra-articulaires, particulièrement importantes lors du mouvement de lancer. Les plus fréquentes sont les SLAP lésions et le conflit postéro-supérieur. Le traitement est d’abord préventif et médical, dès le plus jeune âge et tout au long de la carrière sportive. Il comprend l’assouplissement capsulaire postérieur, le renforcement des muscles rotateurs externes et des stabilisateurs de la scapula, la correction d’une dyskinésie scapulo-thoracique, et le maintien de l’équilibre statique, dynamique et musculaire du thorax, du bassin et des membres inférieurs. Le recours au traitement chirurgical est envisagé en cas d’échec du traitement médical bien conduit. Pour les SLAP lésions : la réparation peut être proposée chez le sportif de haut niveau de moins de 35 ans ; la ténodèse du long biceps est proposée dans tous les autres cas ; pour le conflit postéro-supérieur : la glénoïdoplastie postérieure avec débridement du bourrelet postéro-supérieur, parfois associée à une capsulotomie postéro-supérieure, est efficace, bien qu’une lésion de coiffe associée nécessitant une réparation puisse compromettre la qualité du résultat. D’autres lésions, plus rares, incluent des atteintes capsuloligamentaires, musculotendineuses, neurologiques et osseuses qui doivent être connues. L’objectif du traitement est de permettre un retour au niveau sportif antérieur, évalué à l’aide de scores spécifiques au lanceur (KJOC).</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>The shoulder is confronted to numerous pathologic conditions related to important speed and intra-articular constraints during the throwing movement. The most frequent pathologic conditions are SLAP lesions and internal impingement. The treatment is preventive and medical on a first basis, as soon as start of practice at young age and during all the sport career. It includes posterior capsule stretching, reinforcement of external rotators and scapular stabilizers, correction of scapular dyskinesia and static and dynamic balance of thorax, pelvis and lower limbs. Surgical treatment is considered after failure of medical treatment. For SLAP lesions: repair may be proposed to high level competitors younger than 35; biceps tenodesis is advised in other cases; for internal impingment: posterior glenoidoplasty with postero-superior labral debridement, sometimes associated with postero-superior capsulotomy is usually successful. However, an associated rotator cuff tear which needs repair will compromise the results. In the throwing shoulder, one must keep in mind other rare lesions, including capsular, musculo-tendinous, neurologic, and bone lesions. The final objective of any treatment is to allow return to sport at previous level which may be evaluated by subjective specific scores for the throwing sports (KJOC score).</div></div><div><h3>Level of evidence</h3><div>V; expert's op
{"title":"L’épaule du lanceur","authors":"Jean Grimberg , Emmanuel Dahan","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.016","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.016","url":null,"abstract":"<div><div>L’épaule est le siège de nombreuses pathologies liées à la vitesse et aux contraintes intra-articulaires, particulièrement importantes lors du mouvement de lancer. Les plus fréquentes sont les SLAP lésions et le conflit postéro-supérieur. Le traitement est d’abord préventif et médical, dès le plus jeune âge et tout au long de la carrière sportive. Il comprend l’assouplissement capsulaire postérieur, le renforcement des muscles rotateurs externes et des stabilisateurs de la scapula, la correction d’une dyskinésie scapulo-thoracique, et le maintien de l’équilibre statique, dynamique et musculaire du thorax, du bassin et des membres inférieurs. Le recours au traitement chirurgical est envisagé en cas d’échec du traitement médical bien conduit. Pour les SLAP lésions : la réparation peut être proposée chez le sportif de haut niveau de moins de 35 ans ; la ténodèse du long biceps est proposée dans tous les autres cas ; pour le conflit postéro-supérieur : la glénoïdoplastie postérieure avec débridement du bourrelet postéro-supérieur, parfois associée à une capsulotomie postéro-supérieure, est efficace, bien qu’une lésion de coiffe associée nécessitant une réparation puisse compromettre la qualité du résultat. D’autres lésions, plus rares, incluent des atteintes capsuloligamentaires, musculotendineuses, neurologiques et osseuses qui doivent être connues. L’objectif du traitement est de permettre un retour au niveau sportif antérieur, évalué à l’aide de scores spécifiques au lanceur (KJOC).</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>The shoulder is confronted to numerous pathologic conditions related to important speed and intra-articular constraints during the throwing movement. The most frequent pathologic conditions are SLAP lesions and internal impingement. The treatment is preventive and medical on a first basis, as soon as start of practice at young age and during all the sport career. It includes posterior capsule stretching, reinforcement of external rotators and scapular stabilizers, correction of scapular dyskinesia and static and dynamic balance of thorax, pelvis and lower limbs. Surgical treatment is considered after failure of medical treatment. For SLAP lesions: repair may be proposed to high level competitors younger than 35; biceps tenodesis is advised in other cases; for internal impingment: posterior glenoidoplasty with postero-superior labral debridement, sometimes associated with postero-superior capsulotomy is usually successful. However, an associated rotator cuff tear which needs repair will compromise the results. In the throwing shoulder, one must keep in mind other rare lesions, including capsular, musculo-tendinous, neurologic, and bone lesions. The final objective of any treatment is to allow return to sport at previous level which may be evaluated by subjective specific scores for the throwing sports (KJOC score).</div></div><div><h3>Level of evidence</h3><div>V; expert's op","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 571-588"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-08-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160129","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-08-16DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.007
Vincent Martinel , Marie Faruch , Maxime Pastor , Geoffroy Nourissat
<div><div>Le recours à une imagerie après chirurgie de l’épaule doit être justifié, non systématique et apporter un véritable bénéfice pour le patient. Actuellement, il n’existe pas de consensus sur les indications d’imagerie pour les patients présentant une bonne évolution postopératoire, sans complications et avec de bons résultats fonctionnels. En cas d’évolution non favorable, les indications sont plus claires. La radiographie conventionnelle reste incontournable qui, combinée à l’échographie, constitue le socle de première intention. Les techniques d’imagerie de seconde intention, comme le scanner ou l’IRM, sont choisies en fonction du type de chirurgie réalisée, du contexte clinique du patient et des questions posées par le chirurgien à visée diagnostique et/ou thérapeutique. Le scanner, bien que facilement accessible, implique une irradiation « maîtrisée » et est susceptible de générer des artéfacts avec les implants métalliques. L’IRM, qui offre une excellente visualisation des tissus mous et ce sans irradiation, peut aussi présenter des risques d’artéfacts, bien que des avancées technologiques récentes aient atténué ce problème. L’arthroscanner est couramment utilisé en France, tandis que l’arthro-IRM, bien qu’efficace, reste insuffisamment demandée. La scintigraphie garde des indications très limitées. La réalisation d’une échographie nécessite une formation spécifique et une courbe d’apprentissage. Elle peut être précieuse dans les mains d’un chirurgien orthopédiste formé, utilisée comme un prolongement de l’examen clinique et appelée échoscopie. Cependant, un radiologue spécialisé musculosquelettique peut fournir un diagnostic dynamique souvent supérieur à celui d’une imagerie statique en coupe. Ainsi, toute demande d’imagerie devrait être le fruit d’une collaboration entre chirurgiens et radiologues, adaptée aux ressources disponibles, pouvant varier sur le territoire de santé.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>The use of imaging after shoulder surgery should be considered carefully, not systematically, and should provide a real benefit for the patient. Currently, there is no consensus on imaging indications for patients showing good postoperative progress, without complications and with satisfactory functional outcomes. In cases of unfavorable progress, the indications are clearer. Conventional radiography remains essential, and when combined with ultrasound, forms the first-line approach. Second-line imaging techniques, such as CT scans or MRI, are selected based on the type of surgery performed, the patient's clinical context, and the diagnostic and/or therapeutic questions the surgeon is addressing. In France, CT scans, although easily accessible, involve “controlled” radiation exposure and can produce artifacts with metallic implants. MRI, which provides excellent visualization of soft tissues without radiation, can also present risks of artifacts, although recent technological
{"title":"Imagerie de l’épaule opérée : coiffe, Instabilité, prothèse","authors":"Vincent Martinel , Marie Faruch , Maxime Pastor , Geoffroy Nourissat","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.007","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.007","url":null,"abstract":"<div><div>Le recours à une imagerie après chirurgie de l’épaule doit être justifié, non systématique et apporter un véritable bénéfice pour le patient. Actuellement, il n’existe pas de consensus sur les indications d’imagerie pour les patients présentant une bonne évolution postopératoire, sans complications et avec de bons résultats fonctionnels. En cas d’évolution non favorable, les indications sont plus claires. La radiographie conventionnelle reste incontournable qui, combinée à l’échographie, constitue le socle de première intention. Les techniques d’imagerie de seconde intention, comme le scanner ou l’IRM, sont choisies en fonction du type de chirurgie réalisée, du contexte clinique du patient et des questions posées par le chirurgien à visée diagnostique et/ou thérapeutique. Le scanner, bien que facilement accessible, implique une irradiation « maîtrisée » et est susceptible de générer des artéfacts avec les implants métalliques. L’IRM, qui offre une excellente visualisation des tissus mous et ce sans irradiation, peut aussi présenter des risques d’artéfacts, bien que des avancées technologiques récentes aient atténué ce problème. L’arthroscanner est couramment utilisé en France, tandis que l’arthro-IRM, bien qu’efficace, reste insuffisamment demandée. La scintigraphie garde des indications très limitées. La réalisation d’une échographie nécessite une formation spécifique et une courbe d’apprentissage. Elle peut être précieuse dans les mains d’un chirurgien orthopédiste formé, utilisée comme un prolongement de l’examen clinique et appelée échoscopie. Cependant, un radiologue spécialisé musculosquelettique peut fournir un diagnostic dynamique souvent supérieur à celui d’une imagerie statique en coupe. Ainsi, toute demande d’imagerie devrait être le fruit d’une collaboration entre chirurgiens et radiologues, adaptée aux ressources disponibles, pouvant varier sur le territoire de santé.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>The use of imaging after shoulder surgery should be considered carefully, not systematically, and should provide a real benefit for the patient. Currently, there is no consensus on imaging indications for patients showing good postoperative progress, without complications and with satisfactory functional outcomes. In cases of unfavorable progress, the indications are clearer. Conventional radiography remains essential, and when combined with ultrasound, forms the first-line approach. Second-line imaging techniques, such as CT scans or MRI, are selected based on the type of surgery performed, the patient's clinical context, and the diagnostic and/or therapeutic questions the surgeon is addressing. In France, CT scans, although easily accessible, involve “controlled” radiation exposure and can produce artifacts with metallic implants. MRI, which provides excellent visualization of soft tissues without radiation, can also present risks of artifacts, although recent technological","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 720-734"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-08-16","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145154647","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-08-13DOI: 10.1016/j.rcot.2025.05.005
Guillaume Villatte , Maxime Antoni , Mathieu Girard , Pierre-Sylvain Marcheix
<div><div>Les fracture de la scapula sont des entités variées mais rares pour lesquelles les études scientifiques sont aujourd’hui de faible niveau de preuve. Le nombre d’indications chirurgicales semblent par ailleurs de plus en plus important mais le traitement orthopédique avec rééducation précoce reste la référence dans la majorité des cas, avec de bons résultats. La chirurgie est indiquée selon la demande fonctionnelle du patient sur certains critères anatomiques évalués sur l’imagerie scanographique : un angle gléno-polaire<!--> <!--><<!--> <!-->20°, un déplacement dans le plan frontal (médialisation)<!--> <!-->><!--> <!-->10<!--> <!-->mm et une angulation sagittale<!--> <!-->><!--> <!-->40° pour les fractures du col et corps de la scapula ; un déplacement articulaire<!--> <!-->><!--> <!-->4<!--> <!-->mm, une atteinte de plus de 30 % de la surface articulaire, une subluxation persistante pour les fractures de la glène. Ces chirurgies donnent de bons résultats fonctionnels mais restent techniquement difficiles et avec des taux de complications élevés. Les fractures de l’acromion et en particulier celles concernant la fracture de contrainte sur arthroplastie totale inversée sont de traitement difficile avec des séquelles à type de douleurs et de pseudarthroses fréquentes. Le traitement conservateur n’est recommandé qu’en cas de fracture latérale et non déplacée (Levy 1). En cas de fracture plus médiale, l’ostéosynthèse par une ou 2 plaques doit être envisagée. La révision prothétique est indiquée dans moins de 10 % des cas pour des raisons d’instabilité ou de descellements glénoïdiens. En cas de syndrome fracturaire omo-costo-claviculaire, le complexe supérieur suspenseur de l’épaule doit être analysé à la fois sur le plan osseux (col de la scapula, clavicule et ligamentaire acromio-claviculaire et coraco-claviculaire). L’importance du déplacement de la fracture du col dictera la prise en charge chirurgicale, soit par fixation de la clavicule seule (le plus fréquemment), soit par double fixation claviculaire et scapulaire.</div></div><div><div>Scapular fracture is varied but rare, and studies have only low levels of evidence. Surgical indications are increasingly numerous, but non-operative treatment with early rehabilitation is the gold-standard in the majority of cases, showing good results. Surgery is indicated according to the patient's functional demand, on certain anatomic criteria evaluated on CT: glenopolar angle<!--> <!--><<!--> <!-->20̊,<!--> <!-->><!--> <!-->10 mm frontal displacement (medialization) and sagittal angulation > 40̊ for fractures of the scapular neck and body, and<!--> <!-->><!--> <!-->4 mm joint displacement, involvement of more than 30% of the joint surface and persistent subluxation for glenoid fractures. Surgery provides good functional results but is technically difficult, with high rates of complications. Acromion fracture, and particularly stress fracture following reverse total arthropl
肩胛骨骨折是多种多样但罕见的实体,目前科学研究的证据水平很低。此外,手术适应症的数量似乎越来越多,但骨科治疗与早期康复仍然是大多数病例的参考,并取得了良好的结果。手术应根据病人的功能性需求scanographique影像解剖学上的某些标准上估值:一个gléno-polaire角< 20°,前端平面位移(médialisation > 10mm;和一个angulation mri >对于颈部骨折和40°scapula身体;关节移位4毫米,超过30%的关节表面受到影响,腺体骨折持续脱位。这些手术在功能上取得了良好的效果,但在技术上仍然具有挑战性,并发症的发生率很高。肢端骨折,特别是与全反式关节成形术上的应力性骨折有关的骨折,很难治疗,并伴有频繁的疼痛和假骨。只有在横向骨折且未移位的情况下,才建议进行保守治疗(Levy 1)。在内侧骨折的情况下,应考虑使用1 - 2个板进行骨合成。在不到10%的病例中,由于不稳定或Glenoides脱落,需要修复。在髋部锁骨骨折综合征的情况下,肩胛骨上悬索复合体必须在骨质水平上进行分析(肩胛骨颈、锁骨和肢端锁骨韧带以及胸骨锁骨)。颈骨折移位的重要性将决定手术治疗,无论是单独固定锁骨(最常见的是),还是双锁骨和肩胛骨固定。在过去的几十年里,人们发现了许多不同类型的骨折,包括肩胛骨骨折、肩胛骨骨折、肩胛骨骨折、肩胛骨骨折、肩胛骨骨折和肩胛骨骨折。手术适应症越来越多,但非手术治疗和早期康复是大多数病例的黄金标准,显示出良好的结果。外科is the functional patient’s demand,检讨及CT,我们一定anatomic标准按计划运作:glenopolar <角;20、̊> 10mm的前端流离失所(medialization) and sagittal angulation >̊for the骨折;40 scapular奈克and body, and > mm接头流离失所;4、参与of more than 30% of the joint表面存在半脱位for glenoid骨折。这是一种非常简单的方法,可以让你的孩子在没有压力的情况下工作。关节置换术后的应力性骨折难以治疗,经常出现疼痛和关节不融合的后继者。建议仅对未移位的侧骨折进行保守治疗(Levy 1)。在更多的内侧骨折中,应考虑使用一个或两个板进行骨合成。在不到10%的病例中,由于不稳定或Glenoid松弛,建议进行假体修复。必须在骨(肩胛骨颈和锁骨)和韧带(肢端锁骨和骶骨锁骨)中分析肩胛骨上悬索复合体。颈骨折移位的程度取决于手术管理,可以(最常见的)单独固定锁骨,也可以使用双锁骨和肩胛骨固定。
{"title":"Fractures de la scapula articulaires et extra-articulaires","authors":"Guillaume Villatte , Maxime Antoni , Mathieu Girard , Pierre-Sylvain Marcheix","doi":"10.1016/j.rcot.2025.05.005","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.05.005","url":null,"abstract":"<div><div>Les fracture de la scapula sont des entités variées mais rares pour lesquelles les études scientifiques sont aujourd’hui de faible niveau de preuve. Le nombre d’indications chirurgicales semblent par ailleurs de plus en plus important mais le traitement orthopédique avec rééducation précoce reste la référence dans la majorité des cas, avec de bons résultats. La chirurgie est indiquée selon la demande fonctionnelle du patient sur certains critères anatomiques évalués sur l’imagerie scanographique : un angle gléno-polaire<!--> <!--><<!--> <!-->20°, un déplacement dans le plan frontal (médialisation)<!--> <!-->><!--> <!-->10<!--> <!-->mm et une angulation sagittale<!--> <!-->><!--> <!-->40° pour les fractures du col et corps de la scapula ; un déplacement articulaire<!--> <!-->><!--> <!-->4<!--> <!-->mm, une atteinte de plus de 30 % de la surface articulaire, une subluxation persistante pour les fractures de la glène. Ces chirurgies donnent de bons résultats fonctionnels mais restent techniquement difficiles et avec des taux de complications élevés. Les fractures de l’acromion et en particulier celles concernant la fracture de contrainte sur arthroplastie totale inversée sont de traitement difficile avec des séquelles à type de douleurs et de pseudarthroses fréquentes. Le traitement conservateur n’est recommandé qu’en cas de fracture latérale et non déplacée (Levy 1). En cas de fracture plus médiale, l’ostéosynthèse par une ou 2 plaques doit être envisagée. La révision prothétique est indiquée dans moins de 10 % des cas pour des raisons d’instabilité ou de descellements glénoïdiens. En cas de syndrome fracturaire omo-costo-claviculaire, le complexe supérieur suspenseur de l’épaule doit être analysé à la fois sur le plan osseux (col de la scapula, clavicule et ligamentaire acromio-claviculaire et coraco-claviculaire). L’importance du déplacement de la fracture du col dictera la prise en charge chirurgicale, soit par fixation de la clavicule seule (le plus fréquemment), soit par double fixation claviculaire et scapulaire.</div></div><div><div>Scapular fracture is varied but rare, and studies have only low levels of evidence. Surgical indications are increasingly numerous, but non-operative treatment with early rehabilitation is the gold-standard in the majority of cases, showing good results. Surgery is indicated according to the patient's functional demand, on certain anatomic criteria evaluated on CT: glenopolar angle<!--> <!--><<!--> <!-->20̊,<!--> <!-->><!--> <!-->10 mm frontal displacement (medialization) and sagittal angulation > 40̊ for fractures of the scapular neck and body, and<!--> <!-->><!--> <!-->4 mm joint displacement, involvement of more than 30% of the joint surface and persistent subluxation for glenoid fractures. Surgery provides good functional results but is technically difficult, with high rates of complications. Acromion fracture, and particularly stress fracture following reverse total arthropl","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 638-650"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-08-13","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160400","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-08-07DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.006
Eric Mascard , Gualter Vaz , Valentine Martin
L’os peut être irradié en tant que volume cible dans le cadre du traitement de métastases ou de tumeurs osseuses, ou comme organe à risque dans les sarcomes des tissus mous (STM) et dans d’autres cancers. Ce travail s’efforcera de répondre à 5 questions : 1. Quelles sont les causes, mécanismes de survenue et localisations des fractures sur os irradié ? La radiothérapie agit sur le métabolisme osseux et les parties molles, favorisant la survenue de fractures et les rendant difficiles à traiter. Dans les STM, le stripping du périoste et les doses d’irradiation supérieures à 50 Gy favorisent les fractures en os irradié (FOI), notamment au fémur où elles sont les plus fréquentes. Les fractures du tibia, de la fibula, des métatarsiens et du membre supérieur sont plus rares. Des FOI peuvent survenir au niveau de la mandibule (cancers ORL), au niveau des côtes ou du rachis (cancers du poumon et du sein), de l’humérus supérieur ou du bassin. L’ostéoradionécrose (ORN) est surtout le fait des localisations ORL et maxillo-faciales mais peut intéresser le reste du squelette et entraîner d’importantes difficultés thérapeutiques. 2. Comment peut-on prévenir l’apparition d’une fracture après irradiation ? La prévention des FOI nécessite surtout de moins irradier le squelette et de corriger une éventuelle ostéopénie préexistante. Les antioxydants et l’oxygénothérapie hyperbare sont efficaces pour prévenir l’ORN. L’enclouage fémoral préventif est préconisé en cas d’association de facteurs de risque généraux et surtout locaux lors de la résection de sarcomes des tissus mous de la cuisse. La couverture du squelette par lambeau peut prévenir les complications dues au sacrifice des parties molles lors de la résection de la tumeur primitive. 3. Comment faire le diagnostic d’une fracture sur os irradié ? Certaines FOI sont de diagnostic évident, mais parfois leur découverte est fortuite. Il faut distinguer les FOI d’autres lésions (métastase, évolutivité tumorale, sarcome radio-induit, ostéonécrose) ce qui peut nécessiter une biopsie. 4. Comment traiter les FOI ? Les taux de pseudarthrose et d’infection après traitement de FOI sont élevés. L’utilisation de greffes osseuses autologues et surtout de greffes vascularisées est recommandée. L’enclouage centromédullaire est la technique d’ostéosynthèse recommandée. Dans certains cas, un remplacement prothétique voire l’amputation peuvent être nécessaires. 5. Quelles sont les spécificités de la radiothérapie chez l’enfant et l’adolescent ? La prévention et le traitement des FOI nécessitent une approche multidisciplinaire s’articulant avec le traitement de la pathologie tumorale sous-jacente qui est prioritaire.
Niveau de preuve
V : avis d’expert.
Bone may be irradiated either as a target volume in the treatment of metastases or primary bone tumors, or as an organ at risk in soft tissue sarcomas (STS) and other cancers. This review aims to answer 5 key quest
{"title":"Prévention et traitement des fractures sur os irradié","authors":"Eric Mascard , Gualter Vaz , Valentine Martin","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.006","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.006","url":null,"abstract":"<div><div>L’os peut être irradié en tant que volume cible dans le cadre du traitement de métastases ou de tumeurs osseuses, ou comme organe à risque dans les sarcomes des tissus mous (STM) et dans d’autres cancers. Ce travail s’efforcera de répondre à 5 questions : 1. Quelles sont les causes, mécanismes de survenue et localisations des fractures sur os irradié ? La radiothérapie agit sur le métabolisme osseux et les parties molles, favorisant la survenue de fractures et les rendant difficiles à traiter. Dans les STM, le stripping du périoste et les doses d’irradiation supérieures à 50<!--> <!-->Gy favorisent les fractures en os irradié (FOI), notamment au fémur où elles sont les plus fréquentes. Les fractures du tibia, de la fibula, des métatarsiens et du membre supérieur sont plus rares. Des FOI peuvent survenir au niveau de la mandibule (cancers ORL), au niveau des côtes ou du rachis (cancers du poumon et du sein), de l’humérus supérieur ou du bassin. L’ostéoradionécrose (ORN) est surtout le fait des localisations ORL et maxillo-faciales mais peut intéresser le reste du squelette et entraîner d’importantes difficultés thérapeutiques. 2. Comment peut-on prévenir l’apparition d’une fracture après irradiation ? La prévention des FOI nécessite surtout de moins irradier le squelette et de corriger une éventuelle ostéopénie préexistante. Les antioxydants et l’oxygénothérapie hyperbare sont efficaces pour prévenir l’ORN. L’enclouage fémoral préventif est préconisé en cas d’association de facteurs de risque généraux et surtout locaux lors de la résection de sarcomes des tissus mous de la cuisse. La couverture du squelette par lambeau peut prévenir les complications dues au sacrifice des parties molles lors de la résection de la tumeur primitive. 3. Comment faire le diagnostic d’une fracture sur os irradié ? Certaines FOI sont de diagnostic évident, mais parfois leur découverte est fortuite. Il faut distinguer les FOI d’autres lésions (métastase, évolutivité tumorale, sarcome radio-induit, ostéonécrose) ce qui peut nécessiter une biopsie. 4. Comment traiter les FOI ? Les taux de pseudarthrose et d’infection après traitement de FOI sont élevés. L’utilisation de greffes osseuses autologues et surtout de greffes vascularisées est recommandée. L’enclouage centromédullaire est la technique d’ostéosynthèse recommandée. Dans certains cas, un remplacement prothétique voire l’amputation peuvent être nécessaires. 5. Quelles sont les spécificités de la radiothérapie chez l’enfant et l’adolescent ? La prévention et le traitement des FOI nécessitent une approche multidisciplinaire s’articulant avec le traitement de la pathologie tumorale sous-jacente qui est prioritaire.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>Bone may be irradiated either as a target volume in the treatment of metastases or primary bone tumors, or as an organ at risk in soft tissue sarcomas (STS) and other cancers. This review aims to answer 5 key quest","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 751-764"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-08-07","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160134","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-07-31DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.008
Clémence Pfirrmann , Pierre Journeau , Franck Chotel , Roland Chapurlat
<div><div>La dysplasie fibreuse (DF) est une pathologie osseuse rare, non maligne, dont le diagnostic peut être aisé (formes polyostotiques) ou plus difficile (formes monostotiques). Les examens complémentaires radiologiques (radiographie standard, tomodensitométrie, scintigraphie) permettent de préciser la ou les localisations de l’atteinte osseuse et sont indispensables au diagnostic. En cas de doute diagnostique, une biopsie osseuse avec recherche de la mutation du gène <em>GNAS</em> est réalisée. La DF peut être isolée ou constituer l’un des éléments du syndrome de McCune-Albright (SMA). En cas d’atteinte extra-osseuse, l’exploration de la physiologie des différents tissus atteints est essentielle (recherche de diabète phosphoré). Des recommandations internationales ont été édictées en 2019, tant pour le diagnostic de la DF/SMA que pour la prise en charge des patients. Il n’existe pas de traitement médical spécifique de la lésion de DF, mais l’utilisation d’antalgiques adaptés et de bisphosphonates permet d’améliorer la qualité de vie des patients. Les lésions osseuses de DF peuvent présenter un caractère fragilisant (en particulier en cas de localisation au col fémoral), et être à l’origine d’une boiterie, de déformations osseuses ou de fractures pathologiques. La prise en charge orthopédique va de la simple surveillance (pour les lésions monostotiques de petite taille en zone non portante) à une prise en charge chirurgicale invasive (correction d’axe, ostéosynthèse préventive). Chez l’enfant, les lésions de DF sont présentes histologiquement à la naissance mais apparaissent progressivement sur la radiographie jusqu’à la puberté. Les contraintes liées à la croissance du squelette de l’enfant (croissance asymétrique due aux lésions de DF, inégalité de longueur des membres inférieurs – ILMI, épiphysiodèse) rendent la prise en charge chirurgicale complexe. L’ostéosynthèse centromédullaire est la technique chirurgicale de référence.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>Fibrous dysplasia is a rare, non-malignant bone disorder in which diagnosis may be easy (polyostotic forms) or more difficult (monostotic forms). Complementary radiological examinations (standard X-ray, CT, scintigraphy) are essential to pinpoint the location or locations of bone involvement. In case of diagnostic doubt, bone biopsy screens for GNAS gene mutation. Fibrous dysplasia may be isolated or part of McCune-Albright syndrome. In case of extraosseous involvement, it is essential to investigate the physiology of the various affected tissues (e.g., for phosphate diabetes). International guidelines were issued in 2019, for diagnosis of fibrous dysplasia and McCune-Albright syndrome and for patient management. There is no specific medical treatment for fibrous dysplasia, but appropriate analgesics and biphosphonates can improve quality of life. In fibrous dysplasia, the bone may be fragile, particularly in the femoral neck, leadi
{"title":"Dysplasie fibreuse chez l’enfant","authors":"Clémence Pfirrmann , Pierre Journeau , Franck Chotel , Roland Chapurlat","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.008","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.008","url":null,"abstract":"<div><div>La dysplasie fibreuse (DF) est une pathologie osseuse rare, non maligne, dont le diagnostic peut être aisé (formes polyostotiques) ou plus difficile (formes monostotiques). Les examens complémentaires radiologiques (radiographie standard, tomodensitométrie, scintigraphie) permettent de préciser la ou les localisations de l’atteinte osseuse et sont indispensables au diagnostic. En cas de doute diagnostique, une biopsie osseuse avec recherche de la mutation du gène <em>GNAS</em> est réalisée. La DF peut être isolée ou constituer l’un des éléments du syndrome de McCune-Albright (SMA). En cas d’atteinte extra-osseuse, l’exploration de la physiologie des différents tissus atteints est essentielle (recherche de diabète phosphoré). Des recommandations internationales ont été édictées en 2019, tant pour le diagnostic de la DF/SMA que pour la prise en charge des patients. Il n’existe pas de traitement médical spécifique de la lésion de DF, mais l’utilisation d’antalgiques adaptés et de bisphosphonates permet d’améliorer la qualité de vie des patients. Les lésions osseuses de DF peuvent présenter un caractère fragilisant (en particulier en cas de localisation au col fémoral), et être à l’origine d’une boiterie, de déformations osseuses ou de fractures pathologiques. La prise en charge orthopédique va de la simple surveillance (pour les lésions monostotiques de petite taille en zone non portante) à une prise en charge chirurgicale invasive (correction d’axe, ostéosynthèse préventive). Chez l’enfant, les lésions de DF sont présentes histologiquement à la naissance mais apparaissent progressivement sur la radiographie jusqu’à la puberté. Les contraintes liées à la croissance du squelette de l’enfant (croissance asymétrique due aux lésions de DF, inégalité de longueur des membres inférieurs – ILMI, épiphysiodèse) rendent la prise en charge chirurgicale complexe. L’ostéosynthèse centromédullaire est la technique chirurgicale de référence.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>Fibrous dysplasia is a rare, non-malignant bone disorder in which diagnosis may be easy (polyostotic forms) or more difficult (monostotic forms). Complementary radiological examinations (standard X-ray, CT, scintigraphy) are essential to pinpoint the location or locations of bone involvement. In case of diagnostic doubt, bone biopsy screens for GNAS gene mutation. Fibrous dysplasia may be isolated or part of McCune-Albright syndrome. In case of extraosseous involvement, it is essential to investigate the physiology of the various affected tissues (e.g., for phosphate diabetes). International guidelines were issued in 2019, for diagnosis of fibrous dysplasia and McCune-Albright syndrome and for patient management. There is no specific medical treatment for fibrous dysplasia, but appropriate analgesics and biphosphonates can improve quality of life. In fibrous dysplasia, the bone may be fragile, particularly in the femoral neck, leadi","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 514-524"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-07-31","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160135","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}