<div><h3>Introduction</h3><div>Une entorse aiguë de cheville mal traitée peut rapidement évoluer vers une instabilité chronique dont le handicap secondaire à la faiblesse des stabilisateurs de la cheville peut être plus ou moins important. L’objectif de notre étude était d’évaluer les scores fonctionnels et les tests physiques dans l’évaluation du déficit des éverseurs et de la proprioception après traitement non chirurgical d’une instabilité chronique de cheville. Notre hypothèse était que ces scores fonctionnels et tests physiques sont adaptés et suffisent pour évaluer l’aspect fonctionnel d’une cheville instable.</div></div><div><h3>Matériel et méthode</h3><div>Il s’agissait d’une étude prospective, monocentrique, de patients pris en charge pour une instabilité chronique de cheville entre novembre 2020 et novembre 2021. Un bilan de la cheville était réalisé en utilisant deux scores fonctionnels, le Foot Ankle Ability Measurement (FAAM) et l’Ankle Ligament Reconstruction – Return to Sport Injury (ALR-RSI), ainsi que deux tests physiques (Y-Balance Test et Side Hope Test) validés. Une évaluation objective (chiffrée) de la force musculaire des stabilisateurs ainsi que de la proprioception était réalisée en utilisant un dispositif connecté (Myolux™ Medik E-volution).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au dernier recul, vingt-huit chevilles instables ont été incluses. Seul le score ALR-RSI était corrélé de manière forte à l’évaluation par Myolux™ de la force des éverseurs (Rho [<em>ρ</em>]<!--> <!-->=<!--> <!-->0,7 ; <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001), et de la proprioception (Rho [<em>ρ</em>]<!--> <!-->=<!--> <!-->0,8 ; <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001). Le FAAM et les tests physiques n’étaient pas ou très modérément corrélés aux évaluations Myolux™.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>En l’absence de test Myolux™, le score ALR-RSI semblait le plus adapté pour l’évaluation fonctionnelle d’une cheville instable à l’inverse du score FAAM et des examens physiques Y-Balance Test et Side Hope Test.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>IV ; étude prospective.</div></div><div><h3>Introduction</h3><div>A poorly treated acute ankle sprain can rapidly progress to chronic instability, with varying degrees of disability secondary to weakness of the ankle stabilizers. The aim of our study was to evaluate functional scores and physical tests in the assessment of eversion and proprioception deficits after non-surgical treatment of chronic ankle instability. Our hypothesis was that these functional scores and physical tests are suitable and sufficient for assessing the functional aspect of an unstable ankle.</div></div><div><h3>Material and method</h3><div>This was a prospective, single-center study of patients managed for chronic ankle instability between November 2020 and November 2021. An ankle assessment was performed using two functional scores, the Foot Ankle Ability Measurement (FAAM) and the Ankle Ligament Reconstruction - Return t
治疗不当的急性踝关节扭伤可迅速发展为慢性不稳定,其继发残疾可能或多或少是由于踝关节稳定剂薄弱造成的。本研究的目的是评估慢性踝关节不稳定非手术治疗后踝关节反流缺损和本体感觉评估中的功能得分和身体测试。我们的假设是,这些功能评分和物理测试是适当的,足以评估一个不稳定的脚踝的功能方面。这是一项前瞻性的、单中心的研究,研究对象是2020年11月至2021年11月期间接受慢性踝关节不稳定治疗的患者。脚踝评估使用了两个功能评分,足踝能力测量(FAAM)和踝关节韧带重建-恢复运动损伤(ALR-RSI),以及两个有效的物理测试(y平衡测试和侧希望测试)。使用连接设备(Myolux™Medik E- Evolution)对稳定器的肌肉力量和本体感觉进行了客观(量化)评估。结果在最近的回顾中,包括了28个不稳定的钉子。只有ALR-RSI评分与Myolux™对逆变器强度(Rho [ρ] = 0.7; p < 0.001)和本体感觉(Rho [ρ] = 0.8; p < 0.001)的评估密切相关。FAAM和物理测试与Myolux™评估没有相关性或相关性不大。在没有Myolux™测试的情况下,ALR-RSI评分似乎最适合评估不稳定脚踝的功能,而不是FAAM评分和Y-Balance和Side Hope测试。证据等级IV;前瞻性研究。介绍治疗不良的急性踝关节扭伤可迅速发展为慢性不稳定,不同程度的残疾是由于踝关节稳定剂的缺陷引起的。我们研究的目的是评估慢性踝关节不稳定的非手术治疗后的反斜率和本体感觉缺陷的功能评分和物理测试。我们的假设是,这些功能评分和物理测试足以评估不稳定的脚踝的功能方面。这是一项前瞻性的单中心研究,用于2020年11月至2021年11月期间管理慢性踝关节不稳定的患者。使用两种功能评分进行了踝关节评估,足踝关节能力测量(FAAM)和踝关节韧带重建-受伤后恢复运动(ALR-RSI),以及两种有效的身体测试(y平衡测试和侧希望测试)。使用连接设备(Myolux™Medik E- Evolution)对稳定器肌肉力量和本体感觉进行了客观(量化)评估。结果在最后一轮中,包括了28个不稳定的脚踝。只有ALR-RSI评分与Myolux™对反斜率强度(Rho [ρ] = 0.7; P < 0.001)和本体感觉(Rho [ρ] = 0.8; P < 0.001)的评估有很强的相关性。FAAM和物理测试与Myolux™评估没有或仅适度相关。在没有Myolux™测试的情况下,ALR-RSI评分似乎是对不稳定脚踝的最合适的功能评估,与FAAM评分和物理检查Y-Balance测试和Side Hope测试相比。证据等级IV;前瞻性研究。
{"title":"Évaluation de l’instabilité chronique de la cheville : les scores fonctionnels sont-ils assez pertinents ?","authors":"Alexandre Caubère , Chloé Viricel , Fabien Garcia-Jaldon , Sergio Afonso , Emilie Bilichtin , Camille Choufani , Olivier Barbier","doi":"10.1016/j.rcot.2025.01.008","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.01.008","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Une entorse aiguë de cheville mal traitée peut rapidement évoluer vers une instabilité chronique dont le handicap secondaire à la faiblesse des stabilisateurs de la cheville peut être plus ou moins important. L’objectif de notre étude était d’évaluer les scores fonctionnels et les tests physiques dans l’évaluation du déficit des éverseurs et de la proprioception après traitement non chirurgical d’une instabilité chronique de cheville. Notre hypothèse était que ces scores fonctionnels et tests physiques sont adaptés et suffisent pour évaluer l’aspect fonctionnel d’une cheville instable.</div></div><div><h3>Matériel et méthode</h3><div>Il s’agissait d’une étude prospective, monocentrique, de patients pris en charge pour une instabilité chronique de cheville entre novembre 2020 et novembre 2021. Un bilan de la cheville était réalisé en utilisant deux scores fonctionnels, le Foot Ankle Ability Measurement (FAAM) et l’Ankle Ligament Reconstruction – Return to Sport Injury (ALR-RSI), ainsi que deux tests physiques (Y-Balance Test et Side Hope Test) validés. Une évaluation objective (chiffrée) de la force musculaire des stabilisateurs ainsi que de la proprioception était réalisée en utilisant un dispositif connecté (Myolux™ Medik E-volution).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au dernier recul, vingt-huit chevilles instables ont été incluses. Seul le score ALR-RSI était corrélé de manière forte à l’évaluation par Myolux™ de la force des éverseurs (Rho [<em>ρ</em>]<!--> <!-->=<!--> <!-->0,7 ; <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001), et de la proprioception (Rho [<em>ρ</em>]<!--> <!-->=<!--> <!-->0,8 ; <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001). Le FAAM et les tests physiques n’étaient pas ou très modérément corrélés aux évaluations Myolux™.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>En l’absence de test Myolux™, le score ALR-RSI semblait le plus adapté pour l’évaluation fonctionnelle d’une cheville instable à l’inverse du score FAAM et des examens physiques Y-Balance Test et Side Hope Test.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>IV ; étude prospective.</div></div><div><h3>Introduction</h3><div>A poorly treated acute ankle sprain can rapidly progress to chronic instability, with varying degrees of disability secondary to weakness of the ankle stabilizers. The aim of our study was to evaluate functional scores and physical tests in the assessment of eversion and proprioception deficits after non-surgical treatment of chronic ankle instability. Our hypothesis was that these functional scores and physical tests are suitable and sufficient for assessing the functional aspect of an unstable ankle.</div></div><div><h3>Material and method</h3><div>This was a prospective, single-center study of patients managed for chronic ankle instability between November 2020 and November 2021. An ankle assessment was performed using two functional scores, the Foot Ankle Ability Measurement (FAAM) and the Ankle Ligament Reconstruction - Return t","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 7","pages":"Pages 809-816"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-03-13","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145371294","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-03-10DOI: 10.1016/j.rcot.2025.01.018
Christophe Piat , Nicolas Cellier
<div><div>La polyarthrite rhumatoïde est une affection fréquente qui affecte très souvent l’avant-pied, entraînant des lésions articulaires : ligamentaires, cartilagineuses et osseuses responsables de destruction, déformation avec altération de la qualité de vie. Le traitement chirurgical traditionnel implique l’arthrodèse métatarsophalangienne de l’hallux et la résection-alignement des métatarsiens latéraux. Cependant, les avancées médicales, notamment l’utilisation de traitements biologiques, ont modifié l’évolution de la maladie, rendant licite la chirurgie conservatrice dont on connaît l’efficacité. La polyarthrite rhumatoïde provoque une inflammation chronique des composants du pied, Cliniquement, cela se manifeste par un hallux valgus, des luxations des MTP latérales et des griffes d’orteils avec métatarso-digitalgies La chirurgie est largement indiquée lorsque le patient souffre de douleurs persistantes ou de déformations aggravées malgré un traitement médical. La synovectomie chirurgicale est réalisée en complément d’autres interventions. L’arthrodèse de l’hallux reste une intervention de référence, offrant une correction stable des déformations. La chirurgie conservatrice par ostéotomie double ou Lapidus préserve la mobilité articulaire peut être proposée chez les patients en rémission qui conservent une mobilité articulaire et dont le cartilage est préservé. Les rayons latéraux, classiquement traités par condylectomie est efficace temporairement mais peu stabilisatrice avec récidive de métatarsalgies. Les ostéotomies de Weil et autres, peuvent être préférées pour éviter ces inconvénients. Les résultats sont généralement satisfaisants, bien que des complications comme la récidive de déformations puissent survenir auquel cas une condylectomie est alors possible. En conclusion, les progrès médicaux permettent de traiter l’avant-pied rhumatoïde de manière plus conservatrice, en préservant la fonction articulaire lorsque cela est possible dès lors que la mobilité et le cartilage articulaire sont conservés ce qui est souvent le cas dans la polyarthrite. Une reprise par chirurgie non conservative est toujours possible en cas d’insuffisance de résultat.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Rheumatoid arthritis is a frequent condition that very often affects the forefoot, leading to joint lesions: ligamentous, cartilaginous and bony, responsible for destruction, deformity and impaired quality of life. Traditional surgical treatment involves metatarsophalangeal arthrodesis of the hallux and resection-alignment of the lateral metatarsals. However, medical advances, notably the use of biologic therapies, have changed the course of the disease, making conservative surgery, whose efficacy is well known, permissible. Rheumatoid arthritis causes chronic inflammation of the foot joints. Clinically, this manifests itself as hallux valgus, lateral MTP dislocations and toe claws with metatarso-digitalgia. Su
{"title":"Quelle est la place du traitement chirurgical conservateur dans l’avant-pied rhumatoïde ?","authors":"Christophe Piat , Nicolas Cellier","doi":"10.1016/j.rcot.2025.01.018","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.01.018","url":null,"abstract":"<div><div>La polyarthrite rhumatoïde est une affection fréquente qui affecte très souvent l’avant-pied, entraînant des lésions articulaires : ligamentaires, cartilagineuses et osseuses responsables de destruction, déformation avec altération de la qualité de vie. Le traitement chirurgical traditionnel implique l’arthrodèse métatarsophalangienne de l’hallux et la résection-alignement des métatarsiens latéraux. Cependant, les avancées médicales, notamment l’utilisation de traitements biologiques, ont modifié l’évolution de la maladie, rendant licite la chirurgie conservatrice dont on connaît l’efficacité. La polyarthrite rhumatoïde provoque une inflammation chronique des composants du pied, Cliniquement, cela se manifeste par un hallux valgus, des luxations des MTP latérales et des griffes d’orteils avec métatarso-digitalgies La chirurgie est largement indiquée lorsque le patient souffre de douleurs persistantes ou de déformations aggravées malgré un traitement médical. La synovectomie chirurgicale est réalisée en complément d’autres interventions. L’arthrodèse de l’hallux reste une intervention de référence, offrant une correction stable des déformations. La chirurgie conservatrice par ostéotomie double ou Lapidus préserve la mobilité articulaire peut être proposée chez les patients en rémission qui conservent une mobilité articulaire et dont le cartilage est préservé. Les rayons latéraux, classiquement traités par condylectomie est efficace temporairement mais peu stabilisatrice avec récidive de métatarsalgies. Les ostéotomies de Weil et autres, peuvent être préférées pour éviter ces inconvénients. Les résultats sont généralement satisfaisants, bien que des complications comme la récidive de déformations puissent survenir auquel cas une condylectomie est alors possible. En conclusion, les progrès médicaux permettent de traiter l’avant-pied rhumatoïde de manière plus conservatrice, en préservant la fonction articulaire lorsque cela est possible dès lors que la mobilité et le cartilage articulaire sont conservés ce qui est souvent le cas dans la polyarthrite. Une reprise par chirurgie non conservative est toujours possible en cas d’insuffisance de résultat.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Rheumatoid arthritis is a frequent condition that very often affects the forefoot, leading to joint lesions: ligamentous, cartilaginous and bony, responsible for destruction, deformity and impaired quality of life. Traditional surgical treatment involves metatarsophalangeal arthrodesis of the hallux and resection-alignment of the lateral metatarsals. However, medical advances, notably the use of biologic therapies, have changed the course of the disease, making conservative surgery, whose efficacy is well known, permissible. Rheumatoid arthritis causes chronic inflammation of the foot joints. Clinically, this manifests itself as hallux valgus, lateral MTP dislocations and toe claws with metatarso-digitalgia. Su","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 2","pages":"Pages 135-145"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-03-10","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"143679930","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-02-28DOI: 10.1016/j.rcot.2025.01.017
Thibaut Leemrijse , Bernhard Devos Bevernage
L’hallux varus est une déformation du premier rayon avec désaxation médiale de la première phalange par rapport à l’axe du métatarsien. L’incidence de cette complication est relativement fréquente, rapporté dans la littérature de 2 à 15,4 %. La déformation est considérée comme souple s’il est possible de réduire passivement la désaxation tout en conservant une mobilité articulaire. La forme enraidie est souvent le résultat d’une contracture ancienne et devient dès lors non-réductible et sans mobilité en position axée. La déviation interphalangienne est également composée d’une supination de l’hallux et d’une flexion dorsale de la phalange proximale, la mobilité interphalangienne est évaluée, principalement sa capacité de flexion dorsale (extension) ou sa raideur en flexion. La déformation terminale et enraidie représente la griffe fixée ou cock-up deformity. La présence de craquements douloureux intra-articulaires lors de la manipulation de l’articulation métatarso-phalangienne peut indiquer une arthrose sous-jacente et doit être recherchée en position de réduction neutre de l’hallux. L’évaluation radiologique est indispensable afin d’identifier les différents éléments de la déformation. Le premier élément décisionnel est la réductibilité et la souplesse en position de réduction de la première articulation métatarso-phalangienne. Toute situation de raideur articulaire doit toujours faire évoquer la réalisation d’une arthrodèse. La réalisation des techniques qui conservent la mobilité impose un orteil parfaitement souple et réductible. Sur une articulation souple, les transferts peuvent être proposés mais la reconstruction ligamentaire statique est plus facile à régler. La correction de l’angle intermétatarsien doit être réalisé s’il est inférieur à 6°. L’arthrodèse est la solution la plus fiable pour les déformations enraidis et fixés. Elle présente très certainement le moins de risque d’échec.
Niveau de preuve
V ; avis d’expert.
Hallux varus is a deformity of the first ray with medial misalignment of the first phalanx in relation to the axis of the metatarsal. The incidence of this complication is relatively frequent, reported in the literature from 2 to 15.4%. The deformity is considered flexible if it is possible to passively reduce the misalignment while maintaining joint mobility. The stiffened form is often the result of a long-standing contracture, and therefore becomes non-reducible and immobile in the centred position. Interphalangeal deviation is also composed of supination of the hallux and dorsal flexion of the proximal phalanx. Interphalangeal mobility is assessed, mainly its capacity for dorsal flexion (extension) or its stiffness in flexion. The terminal, stiffened deformity represents the cock-up deformity. Painful intra-articular cracking when manipulating the metatarsophalangeal joint may indicate underlying osteoarthritis, and should be investigated in the neu
{"title":"Quel algorithme décisionnel pour l’hallux varus ?","authors":"Thibaut Leemrijse , Bernhard Devos Bevernage","doi":"10.1016/j.rcot.2025.01.017","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.01.017","url":null,"abstract":"<div><div>L’hallux varus est une déformation du premier rayon avec désaxation médiale de la première phalange par rapport à l’axe du métatarsien. L’incidence de cette complication est relativement fréquente, rapporté dans la littérature de 2 à 15,4 %. La déformation est considérée comme souple s’il est possible de réduire passivement la désaxation tout en conservant une mobilité articulaire. La forme enraidie est souvent le résultat d’une contracture ancienne et devient dès lors non-réductible et sans mobilité en position axée. La déviation interphalangienne est également composée d’une supination de l’hallux et d’une flexion dorsale de la phalange proximale, la mobilité interphalangienne est évaluée, principalement sa capacité de flexion dorsale (extension) ou sa raideur en flexion. La déformation terminale et enraidie représente la griffe fixée ou <em>cock-up deformity</em>. La présence de craquements douloureux intra-articulaires lors de la manipulation de l’articulation métatarso-phalangienne peut indiquer une arthrose sous-jacente et doit être recherchée en position de réduction neutre de l’hallux. L’évaluation radiologique est indispensable afin d’identifier les différents éléments de la déformation. Le premier élément décisionnel est la réductibilité et la souplesse en position de réduction de la première articulation métatarso-phalangienne. Toute situation de raideur articulaire doit toujours faire évoquer la réalisation d’une arthrodèse. La réalisation des techniques qui conservent la mobilité impose un orteil parfaitement souple et réductible. Sur une articulation souple, les transferts peuvent être proposés mais la reconstruction ligamentaire statique est plus facile à régler. La correction de l’angle intermétatarsien doit être réalisé s’il est inférieur à 6°. L’arthrodèse est la solution la plus fiable pour les déformations enraidis et fixés. Elle présente très certainement le moins de risque d’échec.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Hallux varus is a deformity of the first ray with medial misalignment of the first phalanx in relation to the axis of the metatarsal. The incidence of this complication is relatively frequent, reported in the literature from 2 to 15.4%. The deformity is considered flexible if it is possible to passively reduce the misalignment while maintaining joint mobility. The stiffened form is often the result of a long-standing contracture, and therefore becomes non-reducible and immobile in the centred position. Interphalangeal deviation is also composed of supination of the hallux and dorsal flexion of the proximal phalanx. Interphalangeal mobility is assessed, mainly its capacity for dorsal flexion (extension) or its stiffness in flexion. The terminal, stiffened deformity represents the cock-up deformity. Painful intra-articular cracking when manipulating the metatarsophalangeal joint may indicate underlying osteoarthritis, and should be investigated in the neu","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 2","pages":"Pages 101-125"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-02-28","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"143679929","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-02-27DOI: 10.1016/j.rcot.2025.01.012
Carlos Maynou , Didier Mainard
La neuropathie inter-capito-métatarsienne, nommée improprement névrome de Morton, est une cause fréquente des douleurs de l’avant-pied, s’accompagnant d’un retentissement fonctionnel variable. Le diagnostic en est relativement facile, lorsque la symptomatologie est caractéristique, intéressant en particulier le troisième espace inter-capito-métatarsienne, faite de sensations de brûlures, de picotements, de décharges électriques avec ou sans dysesthésie digitale et irradiation proximale ou distale. La sémiologie est assez riche, visant à déclencher les douleurs par différents manœuvres d’irritation du névrome. Enfin, l’échographie et l’IRM sont très performantes dans la mise en évidence du névrome. Le traitement chirurgical ne sera proposé qu’après l’échec d’un traitement conservateur de quelques mois. L’adaptation du chaussage, privilégiant un chaussage large, souple, à talons modérés avec une semelle épaisse est la première étape. Un étirement des chaînes postérieures doit être proposé. Des semelles réduisant les contraintes mécaniques sur l’avant-pied, soulageant l’espace incriminé, sont également à envisager. Le traitement infiltratif parfois échoguidé par dérivés corticoïdes, l’utilisation de l’éthanol, du phénol connaissent un succès variable. Il en est de même pour les ondes de choc, la radiofréquence. Le traitement chirurgical comporte deux options : la neurolyse ou la neurectomie. La neurolyse de proposition récente, libère le nerf en sectionnant le ligament inter-métatarsien et en supprimant les facteurs compressifs. Cette technique peut se faire à ciel ouvert, ou par endoscopie. La neurectomie reste la technique la plus répandue et peut être réalisée par voie dorsale ou plantaire mais la voie interdigitale est la moins agressive pour la peau et n’a pas d’inconvénient secondaire. La neurolyse comme la neurectomie donnent globalement de bons résultats dans 70 à 90 % des cas, stables à long terme. La persistance de douleurs est quelques fois liée à la voie d’abord, en particulier dorsale. Les douleurs dites d’amputation après neurectomie restent très limitées. La neurolyse a l’inconvénient d’une reprise par neurectomie dans 5 à 10 % des cas. Les suites de ces interventions, relevant le plus souvent de l’ambulatoire, sont simples. L’appui complet sur le talon est immédiat. L’appui sur l’avant-pied est variable selon la voie d’abord. Le diagnostic différentiel avec des métatarsalgies statiques est parfois difficile conduisant certains auteurs à réaliser des ostéotomies de recul des métatarsiens selon Weil en association avec le traitement du névrome.
Niveau de preuve
V ; avis d’expert.
Inter-capito-metatarsal neuropathy, improperly called Morton's neuroma, is a frequent cause of forefoot pain, with variable functional impact. It is relatively easy to diagnose when the symptomatology is characteristic, particularly in the third inter-capito-metatarsal space, with burning, tingling or
{"title":"Faut-il opérer les névromes de Morton ?","authors":"Carlos Maynou , Didier Mainard","doi":"10.1016/j.rcot.2025.01.012","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.01.012","url":null,"abstract":"<div><div>La neuropathie inter-capito-métatarsienne, nommée improprement névrome de Morton, est une cause fréquente des douleurs de l’avant-pied, s’accompagnant d’un retentissement fonctionnel variable. Le diagnostic en est relativement facile, lorsque la symptomatologie est caractéristique, intéressant en particulier le troisième espace inter-capito-métatarsienne, faite de sensations de brûlures, de picotements, de décharges électriques avec ou sans dysesthésie digitale et irradiation proximale ou distale. La sémiologie est assez riche, visant à déclencher les douleurs par différents manœuvres d’irritation du névrome. Enfin, l’échographie et l’IRM sont très performantes dans la mise en évidence du névrome. Le traitement chirurgical ne sera proposé qu’après l’échec d’un traitement conservateur de quelques mois. L’adaptation du chaussage, privilégiant un chaussage large, souple, à talons modérés avec une semelle épaisse est la première étape. Un étirement des chaînes postérieures doit être proposé. Des semelles réduisant les contraintes mécaniques sur l’avant-pied, soulageant l’espace incriminé, sont également à envisager. Le traitement infiltratif parfois échoguidé par dérivés corticoïdes, l’utilisation de l’éthanol, du phénol connaissent un succès variable. Il en est de même pour les ondes de choc, la radiofréquence. Le traitement chirurgical comporte deux options : la neurolyse ou la neurectomie. La neurolyse de proposition récente, libère le nerf en sectionnant le ligament inter-métatarsien et en supprimant les facteurs compressifs. Cette technique peut se faire à ciel ouvert, ou par endoscopie. La neurectomie reste la technique la plus répandue et peut être réalisée par voie dorsale ou plantaire mais la voie interdigitale est la moins agressive pour la peau et n’a pas d’inconvénient secondaire. La neurolyse comme la neurectomie donnent globalement de bons résultats dans 70 à 90 % des cas, stables à long terme. La persistance de douleurs est quelques fois liée à la voie d’abord, en particulier dorsale. Les douleurs dites d’amputation après neurectomie restent très limitées. La neurolyse a l’inconvénient d’une reprise par neurectomie dans 5 à 10 % des cas. Les suites de ces interventions, relevant le plus souvent de l’ambulatoire, sont simples. L’appui complet sur le talon est immédiat. L’appui sur l’avant-pied est variable selon la voie d’abord. Le diagnostic différentiel avec des métatarsalgies statiques est parfois difficile conduisant certains auteurs à réaliser des ostéotomies de recul des métatarsiens selon Weil en association avec le traitement du névrome.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Inter-capito-metatarsal neuropathy, improperly called Morton's neuroma, is a frequent cause of forefoot pain, with variable functional impact. It is relatively easy to diagnose when the symptomatology is characteristic, particularly in the third inter-capito-metatarsal space, with burning, tingling or","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 2","pages":"Pages 163-175"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-02-27","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"143679932","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Cet article explore les pathologies et les déformations des ongles, un sujet souvent méconnu mais essentiel dans une prise en charge globale du pied. Loin d’être de simples structures esthétiques, les ongles jouent un rôle protecteur et fonctionnel, tout en pouvant être révélateurs de maladies systémiques. Concernant les pathologies systémiques avec un retentissement unguéal tel que les carences, les maladies chroniques ou les troubles dermatologiques, la résolution résidera dans le traitement de la pathologie initiale. Pour les pathologies mycotiques, le prélèvement et l’identification de l’agent pathogène sera l’élément déterminant de la réussite du traitement. La rétronychie, pathologie méconnue mais fréquente nécessitera parfois une approche chirurgicale tout comme l’ongle incarné et l’hypercoubure transversale. La prise en charge adaptée et multidisciplinaire permet de soulager les patients, d’améliorer les résultats, et de prévenir les récidives. Ce panorama complet des enjeux liés aux pathologies unguéales vous permettra de mieux les comprendre et les traiter.
Niveau de preuve
V ; avis d’expert.
This article explores nail pathologies and deformities, an often overlooked but essential part of comprehensive foot care. Far from being merely aesthetic structures, nails play a protective and functional role, and can also be indicative of systemic diseases. In the case of systemic pathologies with nail repercussions, such as deficiencies, chronic diseases or dermatological disorders, the solution lies in treating the initial pathology. In the case of mycotic pathologies, sampling and identification of the pathogen is the key to successful treatment. Retronychia, a little-known but frequent pathology, sometimes require a surgical approach, as will ingrown toenails and transverse hypercubosis. Appropriate, multi-disciplinary management can relieve the patient's symptoms, improve results and prevent recurrence. This comprehensive overview of the issues surrounding nail pathologies will help you to better understand and treat them.
{"title":"Comment traiter une dystrophie unguéale ?","authors":"Marie-Aude Munoz , Julien Beldame , Geneviève Cremer","doi":"10.1016/j.rcot.2025.01.014","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.01.014","url":null,"abstract":"<div><div>Cet article explore les pathologies et les déformations des ongles, un sujet souvent méconnu mais essentiel dans une prise en charge globale du pied. Loin d’être de simples structures esthétiques, les ongles jouent un rôle protecteur et fonctionnel, tout en pouvant être révélateurs de maladies systémiques. Concernant les pathologies systémiques avec un retentissement unguéal tel que les carences, les maladies chroniques ou les troubles dermatologiques, la résolution résidera dans le traitement de la pathologie initiale. Pour les pathologies mycotiques, le prélèvement et l’identification de l’agent pathogène sera l’élément déterminant de la réussite du traitement. La rétronychie, pathologie méconnue mais fréquente nécessitera parfois une approche chirurgicale tout comme l’ongle incarné et l’hypercoubure transversale. La prise en charge adaptée et multidisciplinaire permet de soulager les patients, d’améliorer les résultats, et de prévenir les récidives. Ce panorama complet des enjeux liés aux pathologies unguéales vous permettra de mieux les comprendre et les traiter.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>This article explores nail pathologies and deformities, an often overlooked but essential part of comprehensive foot care. Far from being merely aesthetic structures, nails play a protective and functional role, and can also be indicative of systemic diseases. In the case of systemic pathologies with nail repercussions, such as deficiencies, chronic diseases or dermatological disorders, the solution lies in treating the initial pathology. In the case of mycotic pathologies, sampling and identification of the pathogen is the key to successful treatment. Retronychia, a little-known but frequent pathology, sometimes require a surgical approach, as will ingrown toenails and transverse hypercubosis. Appropriate, multi-disciplinary management can relieve the patient's symptoms, improve results and prevent recurrence. This comprehensive overview of the issues surrounding nail pathologies will help you to better understand and treat them.</div></div><div><h3>Level of evidence</h3><div>V; expert opinion.</div></div>","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 2","pages":"Pages 194-204"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-02-19","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"143679818","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-02-18DOI: 10.1016/j.rcot.2025.01.013
Pierre Barouk
Certaines pathologies de l’avant-pied sont la conséquence d’une rétraction du triceps dans son ensemble ou plus fréquemment des gastrocnémiens en particulier. Les patients qui présentent une pathologie mécanique de l’avant-pied ont 3 fois plus souvent une rétraction des gastrocnémiens. Cette rétraction fait que le talon se décolle du sol plus rapidement et avec plus de force, et est donc responsable d’une augmentation des contraintes sur l’avant-pied à la phase propulsive du pas. Les pathologies mécaniques de l’avant-pied sont représentées par l’hallux valgus, l’hallux rigidus, les métatarsalgies, le névrome de Morton, les déformations d’orteils. Le traitement isolé de la rétraction par l’allongement chirurgical peut être bénéfique dans certains cas, évitant de faire une chirurgie osseuse sur les pieds, notamment pour certaines métatarsalgies, ou des ulcères diabétiques. Cet allongement peut aussi être réalisé en complément de la chirurgie de l’avant-pied pour sécuriser celle-ci (traitement de la cause) et pour améliorer certains autres signes liés à la rétraction comme les crampes, les douleurs lombaires, les talalgies postérieures ou plantaires, l’instabilité, etc. Différentes techniques d’allongement existent et sont détaillées dans l’article, de l’allongement proximal, à l’allongement distal en passant par le niveau intermédiaire.
Niveau de preuve
V ; avis d’expert.
Certain pathologies of the forefoot are the consequence of a retraction of the triceps as a whole or, more frequently, of the gastrocnemius in particular. Patients with mechanical pathology of the forefoot are 3 times more likely to have retraction of the gastrocnemius. This retraction causes the heel to lift off the ground more quickly and with greater force, and is therefore responsible for an increase in stress on the forefoot during the propulsive phase of the step. Mechanical pathologies of the forefoot are represented by hallux valgus, hallux rigidus, metatarsalgia, Morton's neuroma and toe deformities. Isolated treatment of retraction by surgical lengthening may be beneficial in certain cases, avoiding the need for bone surgery on the feet, notably for certain metatarsalgia metatarsalgia or diabetic ulcers. This lengthening can also be performed as a complement to forefoot surgery in order to secure the latter (treatment of the cause) and to improve certain other symptoms linked to retraction, such as cramps, lumbar pain, posterior or plantar talalgia, instability, etc. Various lengthening techniques exist and are detailed in the article, from proximal lengthening to distal lengthening by way of intermediate lengthening.
{"title":"Quelles pathologies de l’avant-pied peuvent bénéficier d’un allongement du triceps jambier ?","authors":"Pierre Barouk","doi":"10.1016/j.rcot.2025.01.013","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.01.013","url":null,"abstract":"<div><div>Certaines pathologies de l’avant-pied sont la conséquence d’une rétraction du triceps dans son ensemble ou plus fréquemment des gastrocnémiens en particulier. Les patients qui présentent une pathologie mécanique de l’avant-pied ont 3 fois plus souvent une rétraction des gastrocnémiens. Cette rétraction fait que le talon se décolle du sol plus rapidement et avec plus de force, et est donc responsable d’une augmentation des contraintes sur l’avant-pied à la phase propulsive du pas. Les pathologies mécaniques de l’avant-pied sont représentées par l’hallux valgus, l’hallux rigidus, les métatarsalgies, le névrome de Morton, les déformations d’orteils. Le traitement isolé de la rétraction par l’allongement chirurgical peut être bénéfique dans certains cas, évitant de faire une chirurgie osseuse sur les pieds, notamment pour certaines métatarsalgies, ou des ulcères diabétiques. Cet allongement peut aussi être réalisé en complément de la chirurgie de l’avant-pied pour sécuriser celle-ci (traitement de la cause) et pour améliorer certains autres signes liés à la rétraction comme les crampes, les douleurs lombaires, les talalgies postérieures ou plantaires, l’instabilité, etc. Différentes techniques d’allongement existent et sont détaillées dans l’article, de l’allongement proximal, à l’allongement distal en passant par le niveau intermédiaire.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Certain pathologies of the forefoot are the consequence of a retraction of the triceps as a whole or, more frequently, of the gastrocnemius in particular. Patients with mechanical pathology of the forefoot are 3 times more likely to have retraction of the gastrocnemius. This retraction causes the heel to lift off the ground more quickly and with greater force, and is therefore responsible for an increase in stress on the forefoot during the propulsive phase of the step. Mechanical pathologies of the forefoot are represented by hallux valgus, hallux rigidus, metatarsalgia, Morton's neuroma and toe deformities. Isolated treatment of retraction by surgical lengthening may be beneficial in certain cases, avoiding the need for bone surgery on the feet, notably for certain metatarsalgia metatarsalgia or diabetic ulcers. This lengthening can also be performed as a complement to forefoot surgery in order to secure the latter (treatment of the cause) and to improve certain other symptoms linked to retraction, such as cramps, lumbar pain, posterior or plantar talalgia, instability, etc. Various lengthening techniques exist and are detailed in the article, from proximal lengthening to distal lengthening by way of intermediate lengthening.</div></div><div><h3>Level of evidence</h3><div>V; expert opinion.</div></div>","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 2","pages":"Pages 126-134"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-02-18","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"143679931","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-02-17DOI: 10.1016/j.rcot.2025.01.020
Frédéric Leiber-Wackenheim
<div><div>Le quintus varus est défini comme une déformation du cinquième rayon dans laquelle le cinquième orteil (O5) est dévié en dedans et dont la conséquence est une proéminence de la tête du cinquième métatarsien (M5). Cliniquement, il s’exprime par une douleur, un érythème voire une plaie en regard de la tête de M5. La déformation d’O5 dans le plan sagittal et horizontal peut également entraîner un conflit avec le chaussage ou avec le quatrième orteil pouvant alors être à l’origine d’un cor commissural (oeil de perdrix). La classification proposée est celle de Coughlin qui décrit bien la déformation de M5 que l’on complètera par une description de la déformation d’O5 dans le plan horizontal et sagittal. Le traitement chirurgical est préférentiellement réalisé en percutané, le geste principal consistant en une ostéotomie de M5. Cependant le niveau de cette ostéotomie, son caractère complet ou incomplet et bi- ou unifocal sont encore discutés. Le consensus actuel semble être la réalisation d’une ostéotomie unifocale complète au sommet de la déformation. Ce geste principal sur M5 peut être complété si nécessaire par des gestes associés qui peuvent être : une libération du plan ligamentaire médial, une condylectomie partielle, des ténotomies des extenseurs et des fléchisseurs et des gestes osseux percutanés sur O5. Cette intervention est habituellement réalisée en ambulatoire, sous contrôle radioscopique en suivant les règles générales de la chirurgie percutanée. Un soin particulier est apporté à la confection du pansement qui fait partie intégrante de l’intervention en maintenant la réduction des ostéotomies. La marche, protégée par une chaussure de décharge est possible immédiatement.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Quintus varus is defined as a deformity of the fifth ray in which the fifth toe (O5) is deviated medially, resulting in a protrusion of the head of the fifth metatarsal (M5). Clinically, it is expressed by pain, erythema or even a sore opposite the head of M5. Deformation of O5 in the sagittal and horizontal planes can also lead to conflict with the shoe or the fourth toe, resulting in commissural corns. The proposed classification is that of Coughlin, which provides a good description of the deformity of M5, complemented by a description of the deformity of O5 in the horizontal and sagittal planes. Surgical treatment is preferably percutaneous, with the main procedure consisting of an osteotomy of M5. However, the site of this osteotomy, its completeness or incompleteness, and whether it is bi- or unifocal, are still debated. The current consensus seems to be to perform a complete unifocal osteotomy at the apex of the deformity. This main procedure on M5 can be supplemented, if necessary, by associated procedures such as: release of the medial ligament structures, partial condylectomy, extensor and flexor tenotomies and percutaneous bone procedures on O5. This procedure is usua
{"title":"Comment opérer un quintus varus ?","authors":"Frédéric Leiber-Wackenheim","doi":"10.1016/j.rcot.2025.01.020","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.01.020","url":null,"abstract":"<div><div>Le quintus varus est défini comme une déformation du cinquième rayon dans laquelle le cinquième orteil (O5) est dévié en dedans et dont la conséquence est une proéminence de la tête du cinquième métatarsien (M5). Cliniquement, il s’exprime par une douleur, un érythème voire une plaie en regard de la tête de M5. La déformation d’O5 dans le plan sagittal et horizontal peut également entraîner un conflit avec le chaussage ou avec le quatrième orteil pouvant alors être à l’origine d’un cor commissural (oeil de perdrix). La classification proposée est celle de Coughlin qui décrit bien la déformation de M5 que l’on complètera par une description de la déformation d’O5 dans le plan horizontal et sagittal. Le traitement chirurgical est préférentiellement réalisé en percutané, le geste principal consistant en une ostéotomie de M5. Cependant le niveau de cette ostéotomie, son caractère complet ou incomplet et bi- ou unifocal sont encore discutés. Le consensus actuel semble être la réalisation d’une ostéotomie unifocale complète au sommet de la déformation. Ce geste principal sur M5 peut être complété si nécessaire par des gestes associés qui peuvent être : une libération du plan ligamentaire médial, une condylectomie partielle, des ténotomies des extenseurs et des fléchisseurs et des gestes osseux percutanés sur O5. Cette intervention est habituellement réalisée en ambulatoire, sous contrôle radioscopique en suivant les règles générales de la chirurgie percutanée. Un soin particulier est apporté à la confection du pansement qui fait partie intégrante de l’intervention en maintenant la réduction des ostéotomies. La marche, protégée par une chaussure de décharge est possible immédiatement.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Quintus varus is defined as a deformity of the fifth ray in which the fifth toe (O5) is deviated medially, resulting in a protrusion of the head of the fifth metatarsal (M5). Clinically, it is expressed by pain, erythema or even a sore opposite the head of M5. Deformation of O5 in the sagittal and horizontal planes can also lead to conflict with the shoe or the fourth toe, resulting in commissural corns. The proposed classification is that of Coughlin, which provides a good description of the deformity of M5, complemented by a description of the deformity of O5 in the horizontal and sagittal planes. Surgical treatment is preferably percutaneous, with the main procedure consisting of an osteotomy of M5. However, the site of this osteotomy, its completeness or incompleteness, and whether it is bi- or unifocal, are still debated. The current consensus seems to be to perform a complete unifocal osteotomy at the apex of the deformity. This main procedure on M5 can be supplemented, if necessary, by associated procedures such as: release of the medial ligament structures, partial condylectomy, extensor and flexor tenotomies and percutaneous bone procedures on O5. This procedure is usua","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 2","pages":"Pages 176-185"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-02-17","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"143679816","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-02-15DOI: 10.1016/j.rcot.2025.01.015
Richard Alexandre Rochwerger, Jean-Camille Mattei
Le syndrome du 2e rayon définit une instabilité douloureuse de la 2e articulation métatarso-phalangienne évoluant en 3 phases : du stade 1 au stade 3, on assiste à une désorganisation de l’avant-avant pied allant au-delà de l’atteinte de la seule 2e méta-tarsophalangienne perturbant le fonctionnement des orteils latéraux qui perdent leur appui pulpaire physiologique en se déformant. Sa cause principale est l’insuffisance fonctionnelle du 1er rayon, à l’origine d’un transfert de charge où l’hallux valgus prend la première place. D’autres étiologies plus rares intéressent des anomalies morphologiques sur le 2e métatarsien. Le traitement médical fait appel à l’infiltration de la MTP, actuellement controversée car masquant l’évolution naturelle du syndrome du 2e rayon sans en traiter l’origine. En effet, le traitement s’adresse à 3 registres différents, anatomique, étiologique et symptomatique. Le principal écueil du traitement anatomique de réparation chirurgicale de la plaque plantaire est qu’il confronte le patient à un risque non négligeable d’enraidissement de la MTP. Le traitement étiologique plus indirect a pour objectif, de diminuer les contraintes sur la métatarso-phalangienne par ostéotomie métatarsienne à ciel ouvert ou percutanées d’accourcissement ou de relèvement, en agissant également sur le premier rayon à l’origine des troubles. Sur le plan symptomatique on traitera les déformations des orteils latéraux en tentant de restituer un appui pulpaire au 2e ou 3e orteil, perdu du fait de la désorganisation de la balance des muscles intrinsèques et extrinsèques. Ce syndrome du deuxième rayon reste de traitement difficile avec des résultats inégaux notamment dans les stades les plus évolués. Il est exceptionnel que l’on obtienne une fonction strictement normale et stable dans le temps.
Niveau de preuve
V ; avis d’expert.
The 2nd ray syndrome depicts painful instability of the 2nd meta-tarsophalangeal joint, evolving in 3 phases. From stage 1 to stage 3, there is disorganization of the forefoot, going beyond involvement of the 2nd meta-tarsophalangeal joint alone, disrupting the function of the lateral toes, which lose their physiological pulpal support and become deformed. Its main cause is functional insufficiency of the 1st ray, resulting in a load transfer in which the hallux valgus takes precedence. Other, rarer etiologies involve morphological anomalies of the 2nd metatarsal. Medical treatment involves infiltration of the MTP, currently controversial because it masks the natural evolution of 2nd ray syndrome without treating its origin. Indeed, the treatment is aimed at 3 different levels, anatomical, etiological and symptomatic. The main drawback of anatomical treatment involving surgical repair of the plantar plate is a non-negligible risk of stiffening of the MTP for the patient. The more
{"title":"Comment prendre en charge un syndrome du 2e rayon ?","authors":"Richard Alexandre Rochwerger, Jean-Camille Mattei","doi":"10.1016/j.rcot.2025.01.015","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.01.015","url":null,"abstract":"<div><div>Le syndrome du 2<sup>e</sup> rayon définit une instabilité douloureuse de la 2<sup>e</sup> articulation métatarso-phalangienne évoluant en 3 phases : du stade 1 au stade 3, on assiste à une désorganisation de l’avant-avant pied allant au-delà de l’atteinte de la seule 2<sup>e</sup> méta-tarsophalangienne perturbant le fonctionnement des orteils latéraux qui perdent leur appui pulpaire physiologique en se déformant. Sa cause principale est l’insuffisance fonctionnelle du 1<sup>er</sup> rayon, à l’origine d’un transfert de charge où l’hallux valgus prend la première place. D’autres étiologies plus rares intéressent des anomalies morphologiques sur le 2<sup>e</sup> métatarsien. Le traitement médical fait appel à l’infiltration de la MTP, actuellement controversée car masquant l’évolution naturelle du syndrome du 2<sup>e</sup> rayon sans en traiter l’origine. En effet, le traitement s’adresse à 3 registres différents, anatomique, étiologique et symptomatique. Le principal écueil du traitement anatomique de réparation chirurgicale de la plaque plantaire est qu’il confronte le patient à un risque non négligeable d’enraidissement de la MTP. Le traitement étiologique plus indirect a pour objectif, de diminuer les contraintes sur la métatarso-phalangienne par ostéotomie métatarsienne à ciel ouvert ou percutanées d’accourcissement ou de relèvement, en agissant également sur le premier rayon à l’origine des troubles. Sur le plan symptomatique on traitera les déformations des orteils latéraux en tentant de restituer un appui pulpaire au 2<sup>e</sup> ou 3<sup>e</sup> orteil, perdu du fait de la désorganisation de la balance des muscles intrinsèques et extrinsèques. Ce syndrome du deuxième rayon reste de traitement difficile avec des résultats inégaux notamment dans les stades les plus évolués. Il est exceptionnel que l’on obtienne une fonction strictement normale et stable dans le temps.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>The 2nd ray syndrome depicts painful instability of the 2nd meta-tarsophalangeal joint, evolving in 3 phases. From stage 1 to stage 3, there is disorganization of the forefoot, going beyond involvement of the 2nd meta-tarsophalangeal joint alone, disrupting the function of the lateral toes, which lose their physiological pulpal support and become deformed. Its main cause is functional insufficiency of the 1st ray, resulting in a load transfer in which the hallux valgus takes precedence. Other, rarer etiologies involve morphological anomalies of the 2nd metatarsal. Medical treatment involves infiltration of the MTP, currently controversial because it masks the natural evolution of 2nd ray syndrome without treating its origin. Indeed, the treatment is aimed at 3 different levels, anatomical, etiological and symptomatic. The main drawback of anatomical treatment involving surgical repair of the plantar plate is a non-negligible risk of stiffening of the MTP for the patient. The more ","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 2","pages":"Pages 186-193"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-02-15","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"143679817","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-02-15DOI: 10.1016/j.rcot.2025.01.016
Yves Tourné , Jean-Luc Besse
Le traitement chirurgical des métatarsalgies reste controversé, et repose sur la compréhension des causes biomécaniques et anatomiques. La cause fondamentale des métatarsalgies est la répétition des forces et des pressions plantaires localisées sur l’avant-pied pendant le cycle de la marche. Il est fondamental de différencier les métatarsalgies statiques (liées aux pentes métatarsiennes et à la rétraction du système suro-achilléo-plantaire), des métatarsalgies propulsives, les plus fréquentes (liés aux anomalies de longueurs). Trois catégories étiologiques sont retrouvées : primaires (d’origine anatomique), secondaires (causes variables de surcharge de l’avant-pied) et iatrogènes post-chirurgicales. Examiner l’avant-pied, mais également l’arrière-pied, rechercher la rétraction des gastrocnémiens et analyser radiologiquement, en charge, les déformations dans les plans horizontal (courbe et morphotypes de Maestro) et sagittal, seront décisifs pour le diagnostic, aidé selon les situations, par l’échographie et/ou l’IRM, mais aussi le Conebeam en charge. Le traitement sera d’abord conservateur (modifications du chaussage, orthèse plantaire, étirements), avec un taux de succès important. En marge des ostéotomies métatarsiennes, le traitement chirurgical participera à restaurer une distribution normale de la pression sur l’avant-pied : allongement des jumeaux, transfert tendineux, réparation de la plaque plantaire. Si certaines techniques doivent être abandonnées, les ostéotomies métatarsiennes, indiquées uniquement pour corriger les anomalies des métatarsiens, peuvent être classées selon leur site anatomique (proximale basale – diaphysaire – distale) ou leur but biomécanique (élévatrice et/ou raccourcissante). L’approche percutanée, mini-invasive est en plein essor. Les prothèses en silicone permettent de faire face à des situations complexes. Trois situations peuvent être distinguées pour proposer un algorithme thérapeutique : les métatarsalgies avec ou sans pathologie du 1er rayon et les métatarsalgies associées aux pathologies inflammatoires. La stabilisation du 1er rayon est fondamentale. Les métatarsalgies « propulsives » nécessiteront un raccourcissement métatarsien, certaines métatarsalgies « statiques », plutôt une élévation. Celles liées à des pathologies de l’arrière-pied seront généralement traitées de façon conservatrice ou selon l’étiologie. Le traitement des métatarsalgies sera médico-chirurgical adapté aux données biomécaniques, cliniques et paracliniques, préalablement évaluées. Quatre-vingt-dix pour cent des métatarsalgies ont une origine biomécanique.
Niveau de preuve
V ; avis d’expert.
Surgical treatment of metatarsalgia remains controversial. It depends on an understanding of the biomechanical and anatomical causes. The fundamental cause of metatarsalgia is the repetition of plantar forces and pressures localized on the forefoot during the gait cycle.
证据水平v;专家的意见。
{"title":"Quelles métatarsalgies opérer ?","authors":"Yves Tourné , Jean-Luc Besse","doi":"10.1016/j.rcot.2025.01.016","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.01.016","url":null,"abstract":"<div><div>Le traitement chirurgical des métatarsalgies reste controversé, et repose sur la compréhension des causes biomécaniques et anatomiques. La cause fondamentale des métatarsalgies est la répétition des forces et des pressions plantaires localisées sur l’avant-pied pendant le cycle de la marche. Il est fondamental de différencier les métatarsalgies statiques (liées aux pentes métatarsiennes et à la rétraction du système suro-achilléo-plantaire), des métatarsalgies propulsives, les plus fréquentes (liés aux anomalies de longueurs). Trois catégories étiologiques sont retrouvées : primaires (d’origine anatomique), secondaires (causes variables de surcharge de l’avant-pied) et iatrogènes post-chirurgicales. Examiner l’avant-pied, mais également l’arrière-pied, rechercher la rétraction des gastrocnémiens et analyser radiologiquement, en charge, les déformations dans les plans horizontal (courbe et morphotypes de Maestro) et sagittal, seront décisifs pour le diagnostic, aidé selon les situations, par l’échographie et/ou l’IRM, mais aussi le Conebeam en charge. Le traitement sera d’abord conservateur (modifications du chaussage, orthèse plantaire, étirements), avec un taux de succès important. En marge des ostéotomies métatarsiennes, le traitement chirurgical participera à restaurer une distribution normale de la pression sur l’avant-pied : allongement des jumeaux, transfert tendineux, réparation de la plaque plantaire. Si certaines techniques doivent être abandonnées, les ostéotomies métatarsiennes, indiquées uniquement pour corriger les anomalies des métatarsiens, peuvent être classées selon leur site anatomique (proximale basale – diaphysaire – distale) ou leur but biomécanique (élévatrice et/ou raccourcissante). L’approche percutanée, mini-invasive est en plein essor. Les prothèses en silicone permettent de faire face à des situations complexes. Trois situations peuvent être distinguées pour proposer un algorithme thérapeutique : les métatarsalgies avec ou sans pathologie du 1<sup>er</sup> rayon et les métatarsalgies associées aux pathologies inflammatoires. La stabilisation du 1<sup>er</sup> rayon est fondamentale. Les métatarsalgies « propulsives » nécessiteront un raccourcissement métatarsien, certaines métatarsalgies « statiques », plutôt une élévation. Celles liées à des pathologies de l’arrière-pied seront généralement traitées de façon conservatrice ou selon l’étiologie. Le traitement des métatarsalgies sera médico-chirurgical adapté aux données biomécaniques, cliniques et paracliniques, préalablement évaluées. Quatre-vingt-dix pour cent des métatarsalgies ont une origine biomécanique.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>Surgical treatment of metatarsalgia remains controversial. It depends on an understanding of the biomechanical and anatomical causes. The fundamental cause of metatarsalgia is the repetition of plantar forces and pressures localized on the forefoot during the gait cycle.","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 2","pages":"Pages 146-162"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-02-15","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"143679933","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-02-07DOI: 10.1016/j.rcot.2025.01.010
Thomas Aubert, Aurélien Hallé, Camille Vorimore, Luc Lhotellier
<div><h3>Introduction</h3><div>La cinématique lombopelvienne, traduite par le changement de tilt pelvien (ΔTP) d’une position debout à une position assise fléchie, a été associée au risque de conflit prothétique et de luxation. Certaines études ont suggéré des changements dans la mobilité lombopelvienne après prothèse totale de hanche (PTH) mais aucune n’a exploré les changements de mobilité dans les trois premiers mois suivant une PTH par voie antérieure.</div></div><div><h3>Hypothèse</h3><div>Notre hypothèse était que les changements de mobilité lombopelvienne se produisent dans les 3 premiers mois postopératoires, entraînant une augmentation de la mobilité de la hanche et une augmentation des anomalies de la cinématique lombopelvienne.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Il s’agit d’une analyse rétrospective d’une série consécutive de 109 patients traités par PTH de première intention par voie antérieure par un unique chirurgien sénior. Les radiographies latérales prises en position debout et assise fléchie avant et trois mois après l’intervention ont été examinées pour analyser le ΔTP, l’angle pelvi-fémoral (PFA), la lordose lombaire (LL) et la mobilité lombopelvienne anormale (ΔTP<!--> <!-->≥<!--> <!-->20°). Les objectifs secondaires incluaient l’examen de la relation entre les changements de flexion lombaire et de flexion de hanche puis l’analyse des paramètres préopératoires lombopelviens impliqués dans les changements de mobilité pelvienne postopératoire.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Entre les deux périodes d’analyse, le ΔTP a augmenté en moyenne de 9,53° (−34,4/50,3°), le ΔPFA a augmenté de 7,68° (−74/49°) et la flexion lombaire (ΔLL) a diminué de 4,26° (−20,8/26°). Le taux de ΔTP<!--> <!-->≥<!--> <!-->20° était de 22,9 % avant l’opération et de 47,7 % après l’opération (OR<!--> <!-->=<!--> <!-->8,98 ; IC [2,82 ; 28,56] ; <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001). Une corrélation positive forte a été trouvée entre les changements de ΔTP et ΔPFA (ρ<!--> <!-->=<!--> <!-->0,76 ; r<sup>2</sup> <!-->=<!--> <!-->0,574 ; <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) et pas de corrélation entre les changements de ΔTP et ΔLL (ρ<!--> <!-->=<!--> <!-->−0,019 ; r<sup>2</sup> <!-->=<!--> <!-->0,005 ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,842). Dans l’analyse multivariée, les prédicteurs indépendants du changement de ΔTP étaient l’indice de masse corporelle (IMC, β<!--> <!-->=<!--> <!-->−0,59, [−1,15 ; −0,03], <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0386), ΔPFA (β<!--> <!-->=<!--> <!-->−0,46, [−0,59 ; −0,34], <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) et ΔLL (β<!--> <!-->=<!--> <!-->−0,36, [−0,53 ; −0,19], <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001). Aucune luxation n’a été observée.</div></div><div><h3>Conclusions</h3><div>Les mobilités lombopelviennes changent tôt, dans les 3 mois, après une PTH par voie antérieure. Les patients avec une raideur lombaire préopératoire associée à une hanche raide et un plus faible IMC devraient alerter les chirurgiens sur le risque d’aggravation
腰盆运动学,通过将骨盆倾斜(ΔTP)从站立姿势转变为弯曲坐姿,与假牙冲突和脱臼的风险有关。一些研究表明,全髋关节置换术(PTH)后腰椎活动能力会发生变化,但没有一项研究调查了前三个月通过前路进行的PTH后的活动能力变化。我们的假设是,腰椎活动的变化发生在术后的前3个月,导致髋关节活动增加和腰椎运动学异常增加。方法是一项回顾性分析,由一名高级外科医生对109名接受过一线PTH治疗的患者进行了连续的回顾性分析。在手术前和手术后三个月,检查站立和弯曲坐姿的侧x光片,分析ΔTP、盆腔-股角度(PFA)、腰椎沉降(LL)和异常腰椎活动(ΔTP≥20°)。次要目标包括检查腰椎弯曲和髋关节弯曲变化之间的关系,然后分析与术后骨盆活动变化有关的术前腰椎参数。结果在两个分析期之间,ΔTP平均升高9.53°(−34.4 / 50.3°),ΔPFA升高7.68°(−74/49°),腰椎屈度(ΔLL)下降4.26°(−20.8 /26°)。术前ΔTP≥20°为22.9%,术后为47.7% (OR = 8.98; IC [2,82; 28.56]; p & ll; 0.001)。在ΔTP和ΔPFA的变化(ρ = 0.76; r2 = 0.574; p < 0.001)之间发现了很强的正相关性,而ΔTP和ΔLL的变化(ρ =−0.019;r2 = 0.005; p = 0.842)之间没有相关性。在多元分析中,ΔTP变化的独立预测器是身体质量指数(BMI, β =−0.59,[−1.15;−0.03],p = 0.0386), ΔPFA (β =−0.46,[−0.59;−0.34],p < 0.001)和ΔLL (β =−0.36,[−0.53;−0.19],p < 0.001)。没有观察到任何偏离。结论腰椎活动在前路PTH后3个月内发生早期变化。术前腰椎僵硬,髋关节僵硬,BMI较低的患者应提醒外科医生,术后腰椎运动学异常恶化的风险。证据等级IV;回顾性研究。介绍脊柱骨盆运动学,反映了脊柱骨盆倾斜(ΔSPT)从站立位置到弯曲坐姿的变化,已与假体撞击和髋关节错位的风险有关。一些研究表明,全髋关节置换术(THA)后脊柱骨盆活动发生了变化,但没有使用直接先前的方法探索THA后头三个月活动的变化。我们的假设是,在术后的前3个月,骨盆活动发生了变化,导致髋关节活动增加,骨盆运动学异常增加。本回顾性分析包括109例由一名高级外科医生治疗的原发性前THA患者的连续系列。手术前和术后3个月进行站立和弯曲坐姿的侧x光检查,分析ΔSPT、盆腔股角(PFA)、腰椎侧凸(LL)和异常脊柱侧凸活动(ΔSPT≥20°)。本课程的主要目的是研究和比较不同类型的临床实践,包括临床实践、临床实践、临床实践和临床实践。结果:在两个分析周期之间,ΔSPT平均增加9.53°(−34.4/50.3°),ΔPFA增加7.68°(−74/49°),腰椎弯曲(ΔLL)减少4.26°(−20.8/26°)。术前ΔSPT≥20°的比率为22.9%,术后为47.7% (OR = 8.98; CI [2.82; 28.56]; P < 0.001)。在ΔSPT和ΔPFA (ρ = 0.76; r2 = 0.574; P < 0.001)的变化之间发现了很强的正相关,而ΔSPT和ΔLL (ρ =−0.019;r2 = 0.005; P = 0.842)的变化之间没有相关性。多元分析证明了ΔSPT变化的独立预测因素是体质量指数(BMI, β =−0.59,[−1.15;−0.03],P = 0.0386)、ΔPFA (β =−0.46,[−0.59;−0.34],P < 0.001)和ΔLL (β =−0.36,[−0.53;−0.19],P < 0.001)。没有观察到任何错位。结论:在早期THA后3个月内发生脊柱侧凸活动变化。术前腰椎僵硬,伴有臀部僵硬和BMI较低的患者,应及时通知外科医生术后脊柱运动异常恶化的风险。证据等级IV;回顾study。
{"title":"Modification des mobilités lombopelviennes à 3 mois après PTH par voie antérieure","authors":"Thomas Aubert, Aurélien Hallé, Camille Vorimore, Luc Lhotellier","doi":"10.1016/j.rcot.2025.01.010","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.01.010","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La cinématique lombopelvienne, traduite par le changement de tilt pelvien (ΔTP) d’une position debout à une position assise fléchie, a été associée au risque de conflit prothétique et de luxation. Certaines études ont suggéré des changements dans la mobilité lombopelvienne après prothèse totale de hanche (PTH) mais aucune n’a exploré les changements de mobilité dans les trois premiers mois suivant une PTH par voie antérieure.</div></div><div><h3>Hypothèse</h3><div>Notre hypothèse était que les changements de mobilité lombopelvienne se produisent dans les 3 premiers mois postopératoires, entraînant une augmentation de la mobilité de la hanche et une augmentation des anomalies de la cinématique lombopelvienne.</div></div><div><h3>Méthodes</h3><div>Il s’agit d’une analyse rétrospective d’une série consécutive de 109 patients traités par PTH de première intention par voie antérieure par un unique chirurgien sénior. Les radiographies latérales prises en position debout et assise fléchie avant et trois mois après l’intervention ont été examinées pour analyser le ΔTP, l’angle pelvi-fémoral (PFA), la lordose lombaire (LL) et la mobilité lombopelvienne anormale (ΔTP<!--> <!-->≥<!--> <!-->20°). Les objectifs secondaires incluaient l’examen de la relation entre les changements de flexion lombaire et de flexion de hanche puis l’analyse des paramètres préopératoires lombopelviens impliqués dans les changements de mobilité pelvienne postopératoire.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Entre les deux périodes d’analyse, le ΔTP a augmenté en moyenne de 9,53° (−34,4/50,3°), le ΔPFA a augmenté de 7,68° (−74/49°) et la flexion lombaire (ΔLL) a diminué de 4,26° (−20,8/26°). Le taux de ΔTP<!--> <!-->≥<!--> <!-->20° était de 22,9 % avant l’opération et de 47,7 % après l’opération (OR<!--> <!-->=<!--> <!-->8,98 ; IC [2,82 ; 28,56] ; <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001). Une corrélation positive forte a été trouvée entre les changements de ΔTP et ΔPFA (ρ<!--> <!-->=<!--> <!-->0,76 ; r<sup>2</sup> <!-->=<!--> <!-->0,574 ; <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) et pas de corrélation entre les changements de ΔTP et ΔLL (ρ<!--> <!-->=<!--> <!-->−0,019 ; r<sup>2</sup> <!-->=<!--> <!-->0,005 ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,842). Dans l’analyse multivariée, les prédicteurs indépendants du changement de ΔTP étaient l’indice de masse corporelle (IMC, β<!--> <!-->=<!--> <!-->−0,59, [−1,15 ; −0,03], <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0386), ΔPFA (β<!--> <!-->=<!--> <!-->−0,46, [−0,59 ; −0,34], <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) et ΔLL (β<!--> <!-->=<!--> <!-->−0,36, [−0,53 ; −0,19], <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001). Aucune luxation n’a été observée.</div></div><div><h3>Conclusions</h3><div>Les mobilités lombopelviennes changent tôt, dans les 3 mois, après une PTH par voie antérieure. Les patients avec une raideur lombaire préopératoire associée à une hanche raide et un plus faible IMC devraient alerter les chirurgiens sur le risque d’aggravation","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 7","pages":"Pages 842-852"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-02-07","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145371211","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}