Pub Date : 2025-10-01Epub Date: 2025-08-27DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.011
Jean-Marie Philippeau
<div><div>Le couple de frottement céramique/céramique (CoC) peut être privilégié dans les PTH chez le sujet jeune en raison d’une quasi-absence d’usure et d’ostéolyse péri-prothétique <span><span>[1]</span></span>, <span><span>[2]</span></span>, <span><span>[3]</span></span>, <span><span>[4]</span></span>, <span><span>[5]</span></span>, <span><span>[6]</span></span>, <span><span>[7]</span></span>. Néanmoins, il expose à un risque rare mais grave de fracture de tête ou d’insert. Ces ruptures sont d’origine plurifactorielle et impliquent des paramètres liés au matériau, à la géométrie des implants, aux caractéristiques des interfaces (angle et longueur de l’emmanchement conique), à la technique chirurgicale (impaction, positionnement), à la cinématique articulaire et, dans une moindre mesure, au patient. Selon les registres et les fabricants, le taux de fracture de tête a considérablement diminué entre les 3<sup>e</sup> (2 pour 1000) et 4<sup>e</sup> (2 pour 100 000) générations de céramique. En revanche le taux de fracture d’insert est resté stable autour de 2 à 3 pour 10 000. Ces fractures surviennent brutalement par propagation d’une fissure intragranulaire à grande vitesse. Le diagnostic peut être évident sur des radiographies standards ou plus difficile avec nécessité d’une tomodensitométrie, voire d’une ponction articulaire. La réintervention n’est pas urgente mais doit être rapidement préparée et rigoureusement réalisée. Après récupération des données opératoires de la prothèse, il faut effectuer une synovectomie-lavage avec ablation des fragments de céramique qui pourraient être à l’origine d’une usure à 3<sup>e</sup> corps de l’arthroplastie suivante. Les modalités de la révision dépendent de la pièce rompue (tête fémorale et/ou insert) et de l’état et la position des implants. Le nouveau couple de frottement à privilégier est le couple CoC avec une tête de révision de diamètre 36 si possible, pour réduire le risque d’instabilité. À défaut, le couple céramique/polyéthylène (CoPE) peut être utilisé. Cette révision comporte des risques d’instabilité et de ré-révision non négligeables. Une stratégie chirurgicale clarifiée a toutefois contribué à améliorer le pronostic de cette complication rare mais redoutable.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>The ceramic-on-ceramic (CoC) bearing couple may be preferred in total hip arthroplasty (THA) in young patients due to virtually no wear and peri-prosthetic osteolysis <span><span>[1]</span></span>, <span><span>[2]</span></span>, <span><span>[3]</span></span>, <span><span>[4]</span></span>, <span><span>[5]</span></span>, <span><span>[6]</span></span>, <span><span>[7]</span></span>. However, it exposes patients to a rare but serious risk of head or liner fracture. These fractures are multifactorial in origin and involve parameters related to the material, implant geometry, interface characteristics (angle and length of the taper junction), surgical tech
{"title":"Fractures de tête et insert acétabulaire en céramique dans les prothèses totales de hanche (PTH)","authors":"Jean-Marie Philippeau","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.011","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.011","url":null,"abstract":"<div><div>Le couple de frottement céramique/céramique (CoC) peut être privilégié dans les PTH chez le sujet jeune en raison d’une quasi-absence d’usure et d’ostéolyse péri-prothétique <span><span>[1]</span></span>, <span><span>[2]</span></span>, <span><span>[3]</span></span>, <span><span>[4]</span></span>, <span><span>[5]</span></span>, <span><span>[6]</span></span>, <span><span>[7]</span></span>. Néanmoins, il expose à un risque rare mais grave de fracture de tête ou d’insert. Ces ruptures sont d’origine plurifactorielle et impliquent des paramètres liés au matériau, à la géométrie des implants, aux caractéristiques des interfaces (angle et longueur de l’emmanchement conique), à la technique chirurgicale (impaction, positionnement), à la cinématique articulaire et, dans une moindre mesure, au patient. Selon les registres et les fabricants, le taux de fracture de tête a considérablement diminué entre les 3<sup>e</sup> (2 pour 1000) et 4<sup>e</sup> (2 pour 100 000) générations de céramique. En revanche le taux de fracture d’insert est resté stable autour de 2 à 3 pour 10 000. Ces fractures surviennent brutalement par propagation d’une fissure intragranulaire à grande vitesse. Le diagnostic peut être évident sur des radiographies standards ou plus difficile avec nécessité d’une tomodensitométrie, voire d’une ponction articulaire. La réintervention n’est pas urgente mais doit être rapidement préparée et rigoureusement réalisée. Après récupération des données opératoires de la prothèse, il faut effectuer une synovectomie-lavage avec ablation des fragments de céramique qui pourraient être à l’origine d’une usure à 3<sup>e</sup> corps de l’arthroplastie suivante. Les modalités de la révision dépendent de la pièce rompue (tête fémorale et/ou insert) et de l’état et la position des implants. Le nouveau couple de frottement à privilégier est le couple CoC avec une tête de révision de diamètre 36 si possible, pour réduire le risque d’instabilité. À défaut, le couple céramique/polyéthylène (CoPE) peut être utilisé. Cette révision comporte des risques d’instabilité et de ré-révision non négligeables. Une stratégie chirurgicale clarifiée a toutefois contribué à améliorer le pronostic de cette complication rare mais redoutable.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>The ceramic-on-ceramic (CoC) bearing couple may be preferred in total hip arthroplasty (THA) in young patients due to virtually no wear and peri-prosthetic osteolysis <span><span>[1]</span></span>, <span><span>[2]</span></span>, <span><span>[3]</span></span>, <span><span>[4]</span></span>, <span><span>[5]</span></span>, <span><span>[6]</span></span>, <span><span>[7]</span></span>. However, it exposes patients to a rare but serious risk of head or liner fracture. These fractures are multifactorial in origin and involve parameters related to the material, implant geometry, interface characteristics (angle and length of the taper junction), surgical tech","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 556-570"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-10-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160131","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
<div><div>La correction des déformations frontales du genou par ostéotomie tibiale proximale (OTP), est une intervention courante permettant de corriger certaines déformations des membres inférieurs. À travers six questions principales, cette étude vise à préciser les indications, l’analyse des déformations, la planification chirurgicale, la réalisation technique, la prévention des complications et la gestion des suites opératoires. (1) Les OTP sont indiquées dans les déformations extra-articulaires importantes, mais sont contre-indiquées (sauf indication de sauvetage) en cas d’arthrose évoluée. (2) L’analyse de la déformation passe par la mesure de plusieurs angles, entre les axes mécaniques et anatomiques. Il est essentiel de déterminer si elle provient du fémur et/ou du tibia (et/ou de l’articulation), c’est-à-dire de comprendre la déformation globale afin de valider l’indication et décider du site de la correction. La mesure du <em>joint line convergence angle</em> (JLCA), angle entre les tangentes aux condyles fémoraux et tibiaux peut être utilisée pour évaluer l’état des surfaces articulaires, et l’analyse des axes mécaniques permet de déterminer le degré de correction nécessaire. (3) La planification chirurgicale repose sur une télémétrie complète permettant de mesurer les angles et de localiser la déformation. L’utilisation d’une planification sur radiographie numérique (magnifiée) selon la technique de Miniaci permet de définir la correction idéale à réaliser et de préparer le geste opératoire. (4) Les techniques varient selon qu’il s’agit d’une correction par ouverture médiale ou par fermeture latérale, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients. L’installation du patient et les techniques de coupe biplanaire sont essentielles pour assurer une bonne stabilité et éviter les modifications involontaires de la pente tibiale. La protection du paquet vasculonerveux postérieur est une priorité, tout comme la prévention des fractures de charnière. (5) Les complications possibles sont essentiellement les fractures de charnière et les infections. (6) Les suites opératoires comportent une reprise progressive de l’appui, un contrôle radiographique régulier. La reprise du sport est possible dès consolidation. L’ostéotomie tibiale proximale est une intervention efficace pour corriger les déformations frontales du genou, soulager les patients et ralentir la progression de l’arthrose. Une planification soigneuse couplée à une réalisation technique précise sont indispensables pour réduire les risques de complications et optimiser les résultats à long terme.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>Correction of frontal knee deformities by high tibial osteotomy (HTO) is a common surgical procedure aimed at correcting certain lower limb deformities. Through six key questions, this study aims to clarify the indications, deformity analysis, surgical planning, technical execution, complication prevention, an
{"title":"Technique de correction des déformations frontales par ostéotomie tibiale proximale","authors":"Matthieu Ollivier , Sébastien Parratte , Matthieu Ehlinger , Kristian Kley","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.002","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.002","url":null,"abstract":"<div><div>La correction des déformations frontales du genou par ostéotomie tibiale proximale (OTP), est une intervention courante permettant de corriger certaines déformations des membres inférieurs. À travers six questions principales, cette étude vise à préciser les indications, l’analyse des déformations, la planification chirurgicale, la réalisation technique, la prévention des complications et la gestion des suites opératoires. (1) Les OTP sont indiquées dans les déformations extra-articulaires importantes, mais sont contre-indiquées (sauf indication de sauvetage) en cas d’arthrose évoluée. (2) L’analyse de la déformation passe par la mesure de plusieurs angles, entre les axes mécaniques et anatomiques. Il est essentiel de déterminer si elle provient du fémur et/ou du tibia (et/ou de l’articulation), c’est-à-dire de comprendre la déformation globale afin de valider l’indication et décider du site de la correction. La mesure du <em>joint line convergence angle</em> (JLCA), angle entre les tangentes aux condyles fémoraux et tibiaux peut être utilisée pour évaluer l’état des surfaces articulaires, et l’analyse des axes mécaniques permet de déterminer le degré de correction nécessaire. (3) La planification chirurgicale repose sur une télémétrie complète permettant de mesurer les angles et de localiser la déformation. L’utilisation d’une planification sur radiographie numérique (magnifiée) selon la technique de Miniaci permet de définir la correction idéale à réaliser et de préparer le geste opératoire. (4) Les techniques varient selon qu’il s’agit d’une correction par ouverture médiale ou par fermeture latérale, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients. L’installation du patient et les techniques de coupe biplanaire sont essentielles pour assurer une bonne stabilité et éviter les modifications involontaires de la pente tibiale. La protection du paquet vasculonerveux postérieur est une priorité, tout comme la prévention des fractures de charnière. (5) Les complications possibles sont essentiellement les fractures de charnière et les infections. (6) Les suites opératoires comportent une reprise progressive de l’appui, un contrôle radiographique régulier. La reprise du sport est possible dès consolidation. L’ostéotomie tibiale proximale est une intervention efficace pour corriger les déformations frontales du genou, soulager les patients et ralentir la progression de l’arthrose. Une planification soigneuse couplée à une réalisation technique précise sont indispensables pour réduire les risques de complications et optimiser les résultats à long terme.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>Correction of frontal knee deformities by high tibial osteotomy (HTO) is a common surgical procedure aimed at correcting certain lower limb deformities. Through six key questions, this study aims to clarify the indications, deformity analysis, surgical planning, technical execution, complication prevention, an","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 685-707"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-10-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145154643","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-01Epub Date: 2025-07-30DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.009
Mehdi Boudissa, Gael Kerschbaumer, Jérôme Tonetti
<div><div>Le vissage percutané du bassin (VPB) permet la fixation d’une fracture (traumatique ou non) peu ou pas déplacée, d’une fracture déplacée qui a été réduite, ainsi que la fixation préventive d’une lésion tumorale primitive ou secondaire. Cette technique est relativement récente et ses indications évoluent avec les progrès de l’imagerie pré- et peropératoire. Sa morbidité est réduite par rapport à la chirurgie à foyer ouvert. Réalisé classiquement sous contrôle fluoroscopique, le VPB est un domaine d’intérêt de la chirurgie assistée par ordinateur (CAO) car il nécessite l’analyse des corridors osseux de sécurité. La planification des VPB repose sur l’utilisation des outils de traitement d’image fournis par les logiciels de lecture des données DICOM scanographiques. L’objectif de cette étude est de faire le point sur les VPB : quelles sont les indications des VPB ? Toutes les fractures de l’anneau pelvien sont théoriquement éligibles si la réduction obtenue est suffisante pour permettre le passage d’une broche puis d’une vis. On distingue des sujets jeunes, capables de supporter une période de décharge plus ou moins longue pour lesquels le VPB va stabiliser une fracture instable, soulager la douleur lors des mobilisations et éviter la pseudarthrose ; et des sujets âgés pour lesquels le VPB va permettre une remise en charge la plus précoce possible. Comment planifier les vissages percutanés de l’anneau pelvien postérieur ? Les principaux sont le vissage ilio-sacré (VIS), le vissage trans-sacré (VTS) et le vissage supra-acétabulaire (SA). Comment planifier les vissages percutanés de l’anneau pelvien antérieur ? Les principaux sont le vissage de la colonne antérieure et de la branche ilio-pubienne (VCA/BIP), le vissage de l’aile iliaque (VAI) et le vissage du pilier glutéal ou « pillar screw ». Comment planifier les vissages percutanés d’acetabulum (VPA) ? Les principaux VPA sont le vissage transverse de l’acetabulum (VTA) et le vissage rétrograde de la colonne postérieure (VRCP) ou « butt screw ». Leur technique de fixation est exigeante. Le VPB nécessite une planification préopératoire rigoureuse reposant sur l’utilisation des logiciels de lecture des données DICOM scanographiques. Le principe est de réaliser les reconstructions multiplanaires des corridors osseux (faisabilité du VPB, analyse du diamètre des implants), d’y tracer des lignes permettant de faire des mesures (trajectoire et longueur des implants) et enfin de reconstruire un volume 3D avec les mesures réalisées (point d’entrée, de sortie, représentation des vues fluoroscopiques peropératoires). Quels résultats, quelles complications, quelles innovations ? Les résultats des VPB sont comparables à ceux des patients opérés à foyer ouvert avec significativement moins de morbidité. Les principales complications sont la malposition des implants et les échecs de fixation (déplacement secondaire de la fracture et/ou des implants). L’impression 3D, la navigation et récemment la robotique
{"title":"Chirurgie assistée par ordinateur et planification des vissages percutanés du bassin","authors":"Mehdi Boudissa, Gael Kerschbaumer, Jérôme Tonetti","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.009","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.009","url":null,"abstract":"<div><div>Le vissage percutané du bassin (VPB) permet la fixation d’une fracture (traumatique ou non) peu ou pas déplacée, d’une fracture déplacée qui a été réduite, ainsi que la fixation préventive d’une lésion tumorale primitive ou secondaire. Cette technique est relativement récente et ses indications évoluent avec les progrès de l’imagerie pré- et peropératoire. Sa morbidité est réduite par rapport à la chirurgie à foyer ouvert. Réalisé classiquement sous contrôle fluoroscopique, le VPB est un domaine d’intérêt de la chirurgie assistée par ordinateur (CAO) car il nécessite l’analyse des corridors osseux de sécurité. La planification des VPB repose sur l’utilisation des outils de traitement d’image fournis par les logiciels de lecture des données DICOM scanographiques. L’objectif de cette étude est de faire le point sur les VPB : quelles sont les indications des VPB ? Toutes les fractures de l’anneau pelvien sont théoriquement éligibles si la réduction obtenue est suffisante pour permettre le passage d’une broche puis d’une vis. On distingue des sujets jeunes, capables de supporter une période de décharge plus ou moins longue pour lesquels le VPB va stabiliser une fracture instable, soulager la douleur lors des mobilisations et éviter la pseudarthrose ; et des sujets âgés pour lesquels le VPB va permettre une remise en charge la plus précoce possible. Comment planifier les vissages percutanés de l’anneau pelvien postérieur ? Les principaux sont le vissage ilio-sacré (VIS), le vissage trans-sacré (VTS) et le vissage supra-acétabulaire (SA). Comment planifier les vissages percutanés de l’anneau pelvien antérieur ? Les principaux sont le vissage de la colonne antérieure et de la branche ilio-pubienne (VCA/BIP), le vissage de l’aile iliaque (VAI) et le vissage du pilier glutéal ou « pillar screw ». Comment planifier les vissages percutanés d’acetabulum (VPA) ? Les principaux VPA sont le vissage transverse de l’acetabulum (VTA) et le vissage rétrograde de la colonne postérieure (VRCP) ou « butt screw ». Leur technique de fixation est exigeante. Le VPB nécessite une planification préopératoire rigoureuse reposant sur l’utilisation des logiciels de lecture des données DICOM scanographiques. Le principe est de réaliser les reconstructions multiplanaires des corridors osseux (faisabilité du VPB, analyse du diamètre des implants), d’y tracer des lignes permettant de faire des mesures (trajectoire et longueur des implants) et enfin de reconstruire un volume 3D avec les mesures réalisées (point d’entrée, de sortie, représentation des vues fluoroscopiques peropératoires). Quels résultats, quelles complications, quelles innovations ? Les résultats des VPB sont comparables à ceux des patients opérés à foyer ouvert avec significativement moins de morbidité. Les principales complications sont la malposition des implants et les échecs de fixation (déplacement secondaire de la fracture et/ou des implants). L’impression 3D, la navigation et récemment la robotique","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 600-613"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-10-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160308","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-01Epub Date: 2025-05-30DOI: 10.1016/j.rcot.2025.05.001
Sylvain Rigal , Alexia Milaire , Laurent Mathieu , Nicolas de l’Escalopier
Ce travail se propose de faire le point sur les amputations traumatiques du membre inférieur en répondant à six questions. Dans quelles situations une amputation s’impose-t-elle en traumatologie ? Les systèmes de score et l’analyse des résultats sont-ils une aide à la décision en urgence ? L’amputation peut être primaire lorsqu’elle est directement causée par le traumatisme, de sauvetage si la conservation du membre met en péril la vie du patient, de nécessité lorsque le pronostic fonctionnel est défavorable ou d’indication collective lorsque le contexte l’impose. Les systèmes de score et l’analyse des résultats peuvent aider à identifier les patients pouvant bénéficier d’une amputation ou d’un sauvetage, mais leur utilisation reste controversée. L’expertise du chirurgien demeure un élément déterminant dans le choix thérapeutique en urgence. Quels sont les principes techniques d’une amputation en traumatologie ? En traumatologie, les principes techniques de l’amputation doivent prendre en compte les contraintes de l’urgence, qui ne permettent pas toujours d’obtenir un moignon optimal. À la phase aiguë, la non-fermeture est la règle et une confection différée du moignon définitif est préférable afin de limiter les complications. Quelle est la qualité de vie d’un patient amputé en post-traumatique ? La qualité de vie des patients amputés en post-traumatique est un enjeu majeur. L’appareillage permet de restaurer la marche et de favoriser l’autonomie, tant sur le plan social que professionnel et familial. Comment prévenir et traiter les complications des amputations post-traumatiques ? Les complications fréquentes incluent les infections, les défauts de couverture, les ossifications hétérotopiques et les douleurs chroniques. Ces situations nécessitent souvent des adaptations prothétiques ou des interventions chirurgicales réalisées par des équipes spécialisées. Au-delà de la chirurgie, quels éléments guident la prise en charge ? D’autres dimensions doivent être intégrées dans le parcours de soins du patient amputé, notamment les aspects réglementaires, l’importance d’une décision partagée, la coopération multidisciplinaire et la prise en compte des facteurs psychologiques et sociaux.
In traumatology, amputation is sometimes unavoidable in emergencies, but it can also be secondary or late after failure of a reconstructive strategy. Technical advances in orthopedic devices can enable an acceptable functional outcome, facilitating rapid occupational and social reintegration. To achieve this, the initial decision must be well thought-out, the creation of the stump must adhere to precise rules, and patient care must be comprehensive and multidisciplinary. The present study aims to clarify the indications and technical principles associated with amputation in traumatology, while examining functional outcomes, potential complications, and non-surgical aspects to be considered.
{"title":"Amputations post-traumatiques du membre inférieur : indications, techniques et résultats","authors":"Sylvain Rigal , Alexia Milaire , Laurent Mathieu , Nicolas de l’Escalopier","doi":"10.1016/j.rcot.2025.05.001","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.05.001","url":null,"abstract":"<div><div>Ce travail se propose de faire le point sur les amputations traumatiques du membre inférieur en répondant à six questions. Dans quelles situations une amputation s’impose-t-elle en traumatologie ? Les systèmes de score et l’analyse des résultats sont-ils une aide à la décision en urgence ? L’amputation peut être primaire lorsqu’elle est directement causée par le traumatisme, de sauvetage si la conservation du membre met en péril la vie du patient, de nécessité lorsque le pronostic fonctionnel est défavorable ou d’indication collective lorsque le contexte l’impose. Les systèmes de score et l’analyse des résultats peuvent aider à identifier les patients pouvant bénéficier d’une amputation ou d’un sauvetage, mais leur utilisation reste controversée. L’expertise du chirurgien demeure un élément déterminant dans le choix thérapeutique en urgence. Quels sont les principes techniques d’une amputation en traumatologie ? En traumatologie, les principes techniques de l’amputation doivent prendre en compte les contraintes de l’urgence, qui ne permettent pas toujours d’obtenir un moignon optimal. À la phase aiguë, la non-fermeture est la règle et une confection différée du moignon définitif est préférable afin de limiter les complications. Quelle est la qualité de vie d’un patient amputé en post-traumatique ? La qualité de vie des patients amputés en post-traumatique est un enjeu majeur. L’appareillage permet de restaurer la marche et de favoriser l’autonomie, tant sur le plan social que professionnel et familial. Comment prévenir et traiter les complications des amputations post-traumatiques ? Les complications fréquentes incluent les infections, les défauts de couverture, les ossifications hétérotopiques et les douleurs chroniques. Ces situations nécessitent souvent des adaptations prothétiques ou des interventions chirurgicales réalisées par des équipes spécialisées. Au-delà de la chirurgie, quels éléments guident la prise en charge ? D’autres dimensions doivent être intégrées dans le parcours de soins du patient amputé, notamment les aspects réglementaires, l’importance d’une décision partagée, la coopération multidisciplinaire et la prise en compte des facteurs psychologiques et sociaux.</div></div><div><div>In traumatology, amputation is sometimes unavoidable in emergencies, but it can also be secondary or late after failure of a reconstructive strategy. Technical advances in orthopedic devices can enable an acceptable functional outcome, facilitating rapid occupational and social reintegration. To achieve this, the initial decision must be well thought-out, the creation of the stump must adhere to precise rules, and patient care must be comprehensive and multidisciplinary. The present study aims to clarify the indications and technical principles associated with amputation in traumatology, while examining functional outcomes, potential complications, and non-surgical aspects to be considered.</div></div>","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 626-637"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-10-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160399","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-01Epub Date: 2025-08-29DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.014
Benjamin Bouyer , Henri d’Astorg
<div><div>L’endoscopie rachidienne représente une avancée majeure en chirurgie rachidienne, offrant une alternative minimale invasive aux techniques traditionnelles. Depuis les premières tentatives de visualisation indirecte du canal rachidien au 20<sup>e</sup> siècle, de nombreux progrès technologiques ont permis d’étendre les applications de l’endoscopie, de la cure des hernies discales à l’arthrodèse lombaire. Deux principales techniques sont utilisées : la méthode monoportale, qui requiert une seule incision pour l’insertion des instruments et de l’endoscope, et la méthode biportale, inspirée de l’arthroscopie orthopédique, utilisant deux incisions distinctes. Les techniques monoportales sont précises et permettent des abords minimalistes, idéales pour les interventions simples, tandis que les techniques biportales procurent une plus grande maniabilité, nécessaire pour les procédures plus complexes. L’endoscopie rachidienne est efficace pour traiter les pathologies compressives lombaires : hernies discales, sténose canalaire ou foraminale, mais également les compressions médullaires des pathologies cervicales et thoraciques. Elle permet une réduction majeure de morbidité postopératoire et assure récupération rapide, diminution des douleurs, et réduction des complications infectieuses. Cependant, la courbe d’apprentissage de ces techniques est un véritable défi, nécessitant de l’expérience et des formations spécialisées. Parmi les autres limites, il faut souligner un risque accru d’hématomes, de dysesthésies transitoires, et de durotomies accidentelles. Le coût élevé des équipements spécialisés est aussi un frein à leur large adoption, même si des économies sont réalisées grâce à des séjours hospitaliers de plus courte durée. Malgré ces défis, l’endoscopie rachidienne s’impose de plus en plus, avec des perspectives de développement liées à l’amélioration des technologies et à la formation des chirurgiens.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>4.</div></div><div><div>Spinal endoscopy represents a major advancement in spinal surgery, offering a minimally invasive alternative to traditional techniques. Since the first attempts of indirect visualization of the spinal canal in the 20th century, numerous technological advancements have extended the applications of endoscopy from treating herniated discs to lumbar fusion. Two main techniques are used: the monoportal method, which requires a single incision for the insertion of instruments and the endoscope, and the biportal method, inspired by arthroscopy, using two separate incisions. Monoportal techniques are precise and allow for minimalistic approaches, ideal for simple interventions, while biportal techniques offer better maneuverability for more complex procedures. Spinal endoscopy has proven effective in treating compressive lumbar pathologies: herniated discs, canal or foraminal stenosis, as well as medullary sector compressions of cervical and thoracic pathologies. It allows a major
{"title":"Endoscopie rachidienne : techniques, indications et limites","authors":"Benjamin Bouyer , Henri d’Astorg","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.014","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.014","url":null,"abstract":"<div><div>L’endoscopie rachidienne représente une avancée majeure en chirurgie rachidienne, offrant une alternative minimale invasive aux techniques traditionnelles. Depuis les premières tentatives de visualisation indirecte du canal rachidien au 20<sup>e</sup> siècle, de nombreux progrès technologiques ont permis d’étendre les applications de l’endoscopie, de la cure des hernies discales à l’arthrodèse lombaire. Deux principales techniques sont utilisées : la méthode monoportale, qui requiert une seule incision pour l’insertion des instruments et de l’endoscope, et la méthode biportale, inspirée de l’arthroscopie orthopédique, utilisant deux incisions distinctes. Les techniques monoportales sont précises et permettent des abords minimalistes, idéales pour les interventions simples, tandis que les techniques biportales procurent une plus grande maniabilité, nécessaire pour les procédures plus complexes. L’endoscopie rachidienne est efficace pour traiter les pathologies compressives lombaires : hernies discales, sténose canalaire ou foraminale, mais également les compressions médullaires des pathologies cervicales et thoraciques. Elle permet une réduction majeure de morbidité postopératoire et assure récupération rapide, diminution des douleurs, et réduction des complications infectieuses. Cependant, la courbe d’apprentissage de ces techniques est un véritable défi, nécessitant de l’expérience et des formations spécialisées. Parmi les autres limites, il faut souligner un risque accru d’hématomes, de dysesthésies transitoires, et de durotomies accidentelles. Le coût élevé des équipements spécialisés est aussi un frein à leur large adoption, même si des économies sont réalisées grâce à des séjours hospitaliers de plus courte durée. Malgré ces défis, l’endoscopie rachidienne s’impose de plus en plus, avec des perspectives de développement liées à l’amélioration des technologies et à la formation des chirurgiens.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>4.</div></div><div><div>Spinal endoscopy represents a major advancement in spinal surgery, offering a minimally invasive alternative to traditional techniques. Since the first attempts of indirect visualization of the spinal canal in the 20th century, numerous technological advancements have extended the applications of endoscopy from treating herniated discs to lumbar fusion. Two main techniques are used: the monoportal method, which requires a single incision for the insertion of instruments and the endoscope, and the biportal method, inspired by arthroscopy, using two separate incisions. Monoportal techniques are precise and allow for minimalistic approaches, ideal for simple interventions, while biportal techniques offer better maneuverability for more complex procedures. Spinal endoscopy has proven effective in treating compressive lumbar pathologies: herniated discs, canal or foraminal stenosis, as well as medullary sector compressions of cervical and thoracic pathologies. It allows a major ","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 663-673"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-10-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160398","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-01Epub Date: 2025-08-18DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.016
Jean Grimberg , Emmanuel Dahan
<div><div>L’épaule est le siège de nombreuses pathologies liées à la vitesse et aux contraintes intra-articulaires, particulièrement importantes lors du mouvement de lancer. Les plus fréquentes sont les SLAP lésions et le conflit postéro-supérieur. Le traitement est d’abord préventif et médical, dès le plus jeune âge et tout au long de la carrière sportive. Il comprend l’assouplissement capsulaire postérieur, le renforcement des muscles rotateurs externes et des stabilisateurs de la scapula, la correction d’une dyskinésie scapulo-thoracique, et le maintien de l’équilibre statique, dynamique et musculaire du thorax, du bassin et des membres inférieurs. Le recours au traitement chirurgical est envisagé en cas d’échec du traitement médical bien conduit. Pour les SLAP lésions : la réparation peut être proposée chez le sportif de haut niveau de moins de 35 ans ; la ténodèse du long biceps est proposée dans tous les autres cas ; pour le conflit postéro-supérieur : la glénoïdoplastie postérieure avec débridement du bourrelet postéro-supérieur, parfois associée à une capsulotomie postéro-supérieure, est efficace, bien qu’une lésion de coiffe associée nécessitant une réparation puisse compromettre la qualité du résultat. D’autres lésions, plus rares, incluent des atteintes capsuloligamentaires, musculotendineuses, neurologiques et osseuses qui doivent être connues. L’objectif du traitement est de permettre un retour au niveau sportif antérieur, évalué à l’aide de scores spécifiques au lanceur (KJOC).</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>The shoulder is confronted to numerous pathologic conditions related to important speed and intra-articular constraints during the throwing movement. The most frequent pathologic conditions are SLAP lesions and internal impingement. The treatment is preventive and medical on a first basis, as soon as start of practice at young age and during all the sport career. It includes posterior capsule stretching, reinforcement of external rotators and scapular stabilizers, correction of scapular dyskinesia and static and dynamic balance of thorax, pelvis and lower limbs. Surgical treatment is considered after failure of medical treatment. For SLAP lesions: repair may be proposed to high level competitors younger than 35; biceps tenodesis is advised in other cases; for internal impingment: posterior glenoidoplasty with postero-superior labral debridement, sometimes associated with postero-superior capsulotomy is usually successful. However, an associated rotator cuff tear which needs repair will compromise the results. In the throwing shoulder, one must keep in mind other rare lesions, including capsular, musculo-tendinous, neurologic, and bone lesions. The final objective of any treatment is to allow return to sport at previous level which may be evaluated by subjective specific scores for the throwing sports (KJOC score).</div></div><div><h3>Level of evidence</h3><div>V; expert's op
{"title":"L’épaule du lanceur","authors":"Jean Grimberg , Emmanuel Dahan","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.016","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.016","url":null,"abstract":"<div><div>L’épaule est le siège de nombreuses pathologies liées à la vitesse et aux contraintes intra-articulaires, particulièrement importantes lors du mouvement de lancer. Les plus fréquentes sont les SLAP lésions et le conflit postéro-supérieur. Le traitement est d’abord préventif et médical, dès le plus jeune âge et tout au long de la carrière sportive. Il comprend l’assouplissement capsulaire postérieur, le renforcement des muscles rotateurs externes et des stabilisateurs de la scapula, la correction d’une dyskinésie scapulo-thoracique, et le maintien de l’équilibre statique, dynamique et musculaire du thorax, du bassin et des membres inférieurs. Le recours au traitement chirurgical est envisagé en cas d’échec du traitement médical bien conduit. Pour les SLAP lésions : la réparation peut être proposée chez le sportif de haut niveau de moins de 35 ans ; la ténodèse du long biceps est proposée dans tous les autres cas ; pour le conflit postéro-supérieur : la glénoïdoplastie postérieure avec débridement du bourrelet postéro-supérieur, parfois associée à une capsulotomie postéro-supérieure, est efficace, bien qu’une lésion de coiffe associée nécessitant une réparation puisse compromettre la qualité du résultat. D’autres lésions, plus rares, incluent des atteintes capsuloligamentaires, musculotendineuses, neurologiques et osseuses qui doivent être connues. L’objectif du traitement est de permettre un retour au niveau sportif antérieur, évalué à l’aide de scores spécifiques au lanceur (KJOC).</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>The shoulder is confronted to numerous pathologic conditions related to important speed and intra-articular constraints during the throwing movement. The most frequent pathologic conditions are SLAP lesions and internal impingement. The treatment is preventive and medical on a first basis, as soon as start of practice at young age and during all the sport career. It includes posterior capsule stretching, reinforcement of external rotators and scapular stabilizers, correction of scapular dyskinesia and static and dynamic balance of thorax, pelvis and lower limbs. Surgical treatment is considered after failure of medical treatment. For SLAP lesions: repair may be proposed to high level competitors younger than 35; biceps tenodesis is advised in other cases; for internal impingment: posterior glenoidoplasty with postero-superior labral debridement, sometimes associated with postero-superior capsulotomy is usually successful. However, an associated rotator cuff tear which needs repair will compromise the results. In the throwing shoulder, one must keep in mind other rare lesions, including capsular, musculo-tendinous, neurologic, and bone lesions. The final objective of any treatment is to allow return to sport at previous level which may be evaluated by subjective specific scores for the throwing sports (KJOC score).</div></div><div><h3>Level of evidence</h3><div>V; expert's op","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 571-588"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-10-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160129","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-01Epub Date: 2025-07-07DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.005
Marion Di Schino , Linda Ferraz , Hachem Mahjoub
<div><div>La connaissance des techniques de transfert tendineux et de leurs indications est indispensable pour prendre en charge et traiter les tendinopathies, ruptures tendineuses ou déformations statiques du pied et de la cheville. Le type de transfert est choisi selon la pathologie avec l’objectif de reconstruire ou suppléer le muscle déficitaire. Pour garantir la réussite de l’intervention, il est crucial que le tendon transféré soit sain et capable de reproduire la trajectoire du tendon déficient. Une évaluation clinique et paraclinique complète est fondamentale pour déterminer la faisabilité du transfert tendineux et établir une planification préopératoire tenant compte des déformations axiales et des rétractions associées. Le succès du transfert tendineux repose sur plusieurs facteurs : une technique rigoureuse, la méthode de fixation, le réglage de la tension du tendon, l’immobilisation et la rééducation. Une fixation stable est assurée par une fixation trans-osseuse avec vis d’interférence ou ténodèse. La tension du transplant est un point crucial, mais elle ne fait pas l’objet d’un consensus. La règle est de chercher une mise en tension maximale pour l’effet recherché. Une immobilisation postopératoire est généralement recommandée. Le temps d’immobilisation, variable selon les gestes associés, les indications et le type de fixation, est généralement de 4 à 6 semaines. Tous les transferts sont suivis d’une rééducation visant à reprogrammer la marche avec un nouveau schéma moteur. Il est recommandé de ne pas autoriser de travail de renforcement musculaire contre résistance avant la fin du 3<sup>e</sup> mois postopératoire. L’indication chirurgicale posée, le choix du transfert est fait au cas par cas. Une procédure chirurgicale rigoureuse, une fixation stable, une immobilisation suffisante et une rééducation adaptée sont les points clés de la prise en charge chirurgicale par transfert tendineux.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V.</div></div><div><div>Tendon transfers are indicated for the treatment of a large number of deformities (cavus foot, flat foot, etc.) and tendon pathologies (Achilles, fibular, etc.) in the foot and ankle. The aim of tendon transfer is to compensate for the inadequacy of a muscle or muscle group, or to supplement a pathological muscle by means of transfer. This procedure is part of a global approach to pathology, in which tendon transfer is a key element in the therapeutic chain. During the same procedure, it will be necessary to discuss the correction of bony axes and deformities on a case-by-case basis, and to manage associated retractions. The success of the tendon transfer depends on the reducibility of the underlying deformities. Fixation of a tendon transfer can be achieved either by transosseous fixation using an interference screw or by tenodesis. As a rule, the transfer should be fixed with maximum tension. The duration of immobilisation and the principles of rehabilitation depend on the ass
肌腱转移技术的知识及其适应症是必不可少的,以照顾和治疗肌腱病,肌腱断裂或静态畸形的脚和脚踝。移植的类型取决于病理,目的是重建或补充缺失的肌肉。为了确保手术的成功,移植的肌腱是健康的,能够复制受损肌腱的轨迹是至关重要的。一个完整的临床和副临床评估是至关重要的,以确定肌腱移植的可行性,并建立术前计划,考虑到轴向变形和相关的收缩。肌腱移植的成功取决于几个因素:严格的技术、固定方法、肌腱张力的调节、固定和康复。通过使用干涉螺钉或腱套进行跨骨固定,确保了稳定的固定。移植的张力是一个关键问题,但没有达成共识。规则是寻找达到预期效果的最大电压。一般建议术后固定。停机时间通常为4 - 6周,取决于所涉及的手势、适应症和固定类型。每次转移之后都要进行康复训练,目的是用新的运动模式重新编程行走。建议术后第3个月结束前不允许进行阻力训练。一旦确定了手术适应症,转移的选择就会根据具体情况进行。严格的手术程序,稳定的固定,足够的固定和适当的康复是肌腱移植手术管理的关键。证据水平。肌腱移植用于治疗足和脚踝的大量畸形(足腔、平足等)和肌腱疾病(阿喀琉斯、腓骨等)。肌腱移植的目的是补偿肌肉或肌肉群的不足,或通过移植来补充病理肌肉。这一过程是一种整体病理学方法的一部分,其中肌腱转移是治疗链的关键元素。在同一过程中,有必要逐案讨论骨轴和变形的矫正,并管理相关的收缩。肌腱移位的成功取决于潜在畸形的可降低性。肌腱转移的固定可以通过使用干扰螺丝刀或肌腱套进行经骨固定来实现。作为一个规则,传输应该以最大的张力固定。The存续期of固定化and The康复会有依赖原则》(The associated with The transfer的诉讼程序。在大多数情况下,在没有支持的情况下,锁定将持续4到6周。动员抵抗抵抗要到第三个月结束才会开始。证据的程度。
{"title":"Les transferts tendineux à la cheville et au pied (hors pied paralytique et déformation des orteils)","authors":"Marion Di Schino , Linda Ferraz , Hachem Mahjoub","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.005","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.005","url":null,"abstract":"<div><div>La connaissance des techniques de transfert tendineux et de leurs indications est indispensable pour prendre en charge et traiter les tendinopathies, ruptures tendineuses ou déformations statiques du pied et de la cheville. Le type de transfert est choisi selon la pathologie avec l’objectif de reconstruire ou suppléer le muscle déficitaire. Pour garantir la réussite de l’intervention, il est crucial que le tendon transféré soit sain et capable de reproduire la trajectoire du tendon déficient. Une évaluation clinique et paraclinique complète est fondamentale pour déterminer la faisabilité du transfert tendineux et établir une planification préopératoire tenant compte des déformations axiales et des rétractions associées. Le succès du transfert tendineux repose sur plusieurs facteurs : une technique rigoureuse, la méthode de fixation, le réglage de la tension du tendon, l’immobilisation et la rééducation. Une fixation stable est assurée par une fixation trans-osseuse avec vis d’interférence ou ténodèse. La tension du transplant est un point crucial, mais elle ne fait pas l’objet d’un consensus. La règle est de chercher une mise en tension maximale pour l’effet recherché. Une immobilisation postopératoire est généralement recommandée. Le temps d’immobilisation, variable selon les gestes associés, les indications et le type de fixation, est généralement de 4 à 6 semaines. Tous les transferts sont suivis d’une rééducation visant à reprogrammer la marche avec un nouveau schéma moteur. Il est recommandé de ne pas autoriser de travail de renforcement musculaire contre résistance avant la fin du 3<sup>e</sup> mois postopératoire. L’indication chirurgicale posée, le choix du transfert est fait au cas par cas. Une procédure chirurgicale rigoureuse, une fixation stable, une immobilisation suffisante et une rééducation adaptée sont les points clés de la prise en charge chirurgicale par transfert tendineux.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V.</div></div><div><div>Tendon transfers are indicated for the treatment of a large number of deformities (cavus foot, flat foot, etc.) and tendon pathologies (Achilles, fibular, etc.) in the foot and ankle. The aim of tendon transfer is to compensate for the inadequacy of a muscle or muscle group, or to supplement a pathological muscle by means of transfer. This procedure is part of a global approach to pathology, in which tendon transfer is a key element in the therapeutic chain. During the same procedure, it will be necessary to discuss the correction of bony axes and deformities on a case-by-case basis, and to manage associated retractions. The success of the tendon transfer depends on the reducibility of the underlying deformities. Fixation of a tendon transfer can be achieved either by transosseous fixation using an interference screw or by tenodesis. As a rule, the transfer should be fixed with maximum tension. The duration of immobilisation and the principles of rehabilitation depend on the ass","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 674-684"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-10-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160397","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
<div><div>La drépanocytose est la maladie génétique grave la plus fréquente dans le monde. Cette maladie, systémique, est caractérisée par des phénomènes vaso-occlusifs, notamment dans le réseau capillaire osseux. De ce fait, les manifestations orthopédiques de la pathologie sont les complications les plus fréquentes avec un fort impact sur la qualité de vie des patients. Chez l’enfant, ces complications se manifestent principalement par les infarctus osseux, les ostéonécroses aseptiques (ONA) épiphysaires et les infections ostéoarticulaires (ostéomyélites aiguës et chroniques, ostéoarthrites et arthrites septiques). Les ONA atteignent principalement les extrémités proximales du fémur et de l’humérus. Celles-ci peuvent être parfaitement asymptomatiques dans l’enfance mais elles se détériorent quasiment systématiques lors de la 3<sup>e</sup> décennie en l’absence de prise en charge précoce dans l’enfance, période durant laquelle il existe des possibilités de revascularisation et de remodelage. Pour les infections ostéoarticulaires (IOA), leur pronostic est plus sévère que celui des IOA communautaires de l’enfant, car le retard de prise en charge est fréquent en raison des difficultés diagnostiques du fait de l’absence de signes cliniques et paracliniques spécifiques permettant de les différentier d’une crise vaso-occlusive (CVO) aiguë. Les germes les plus fréquemment incriminés sont les salmonelles mineures et le <em>Staphylocoque aureus</em>. En raison de l’incidence élevée des chirurgies itératives et des séquelles, une surveillance radioclinique systématique est nécessaire. Toute chirurgie chez l’enfant drépanocytaire impose des précautions particulières reposant principalement sur des mesures préventives permettant d’éviter la déshydratation, l’hypoxie, l’hypothermie, l’anémie aiguë et les douleurs qui peuvent déclencher un épisode vaso-occlusif mettant en jeu le pronostic vital du patient. Dans tous les cas, la prise en charge des complications orthopédiques se fait dans un centre spécialisé et de référence avec des équipes médicochirurgicales multidisciplinaires expérimentées.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’experts.</div></div><div><div>Sickle cell disease is the most common serious genetic disease in the world. It is a systemic disease, characterized by vaso-occlusive phenomena, especially in the bone capillary network. Orthopedic complications are thus the most common, with a strong impact on quality of life. In children, these complications mainly comprise bone infarction, epiphyseal aseptic osteonecrosis, and bone and joint infection: acute or chronic osteomyelitis, osteoarthritis and septic arthritis. Aseptic osteonecrosis mainly involves the proximal extremities of the femur and humerus. It may be completely asymptomatic in childhood, but almost systematically deteriorates during the 3rd decade without early management, while in childhood there are opportunities for revascularization and remodeling. Prognosis
{"title":"Les complications orthopédiques de la drépanocytose chez l’enfant","authors":"Anne-Laure Simon, Lucrezia Montanari, Cindy Mallet, Brice Ilharreborde","doi":"10.1016/j.rcot.2025.04.005","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.04.005","url":null,"abstract":"<div><div>La drépanocytose est la maladie génétique grave la plus fréquente dans le monde. Cette maladie, systémique, est caractérisée par des phénomènes vaso-occlusifs, notamment dans le réseau capillaire osseux. De ce fait, les manifestations orthopédiques de la pathologie sont les complications les plus fréquentes avec un fort impact sur la qualité de vie des patients. Chez l’enfant, ces complications se manifestent principalement par les infarctus osseux, les ostéonécroses aseptiques (ONA) épiphysaires et les infections ostéoarticulaires (ostéomyélites aiguës et chroniques, ostéoarthrites et arthrites septiques). Les ONA atteignent principalement les extrémités proximales du fémur et de l’humérus. Celles-ci peuvent être parfaitement asymptomatiques dans l’enfance mais elles se détériorent quasiment systématiques lors de la 3<sup>e</sup> décennie en l’absence de prise en charge précoce dans l’enfance, période durant laquelle il existe des possibilités de revascularisation et de remodelage. Pour les infections ostéoarticulaires (IOA), leur pronostic est plus sévère que celui des IOA communautaires de l’enfant, car le retard de prise en charge est fréquent en raison des difficultés diagnostiques du fait de l’absence de signes cliniques et paracliniques spécifiques permettant de les différentier d’une crise vaso-occlusive (CVO) aiguë. Les germes les plus fréquemment incriminés sont les salmonelles mineures et le <em>Staphylocoque aureus</em>. En raison de l’incidence élevée des chirurgies itératives et des séquelles, une surveillance radioclinique systématique est nécessaire. Toute chirurgie chez l’enfant drépanocytaire impose des précautions particulières reposant principalement sur des mesures préventives permettant d’éviter la déshydratation, l’hypoxie, l’hypothermie, l’anémie aiguë et les douleurs qui peuvent déclencher un épisode vaso-occlusif mettant en jeu le pronostic vital du patient. Dans tous les cas, la prise en charge des complications orthopédiques se fait dans un centre spécialisé et de référence avec des équipes médicochirurgicales multidisciplinaires expérimentées.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’experts.</div></div><div><div>Sickle cell disease is the most common serious genetic disease in the world. It is a systemic disease, characterized by vaso-occlusive phenomena, especially in the bone capillary network. Orthopedic complications are thus the most common, with a strong impact on quality of life. In children, these complications mainly comprise bone infarction, epiphyseal aseptic osteonecrosis, and bone and joint infection: acute or chronic osteomyelitis, osteoarthritis and septic arthritis. Aseptic osteonecrosis mainly involves the proximal extremities of the femur and humerus. It may be completely asymptomatic in childhood, but almost systematically deteriorates during the 3rd decade without early management, while in childhood there are opportunities for revascularization and remodeling. Prognosis ","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 525-536"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-10-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160113","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}