Pub Date : 2025-08-07DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.006
Eric Mascard , Gualter Vaz , Valentine Martin
L’os peut être irradié en tant que volume cible dans le cadre du traitement de métastases ou de tumeurs osseuses, ou comme organe à risque dans les sarcomes des tissus mous (STM) et dans d’autres cancers. Ce travail s’efforcera de répondre à 5 questions : 1. Quelles sont les causes, mécanismes de survenue et localisations des fractures sur os irradié ? La radiothérapie agit sur le métabolisme osseux et les parties molles, favorisant la survenue de fractures et les rendant difficiles à traiter. Dans les STM, le stripping du périoste et les doses d’irradiation supérieures à 50 Gy favorisent les fractures en os irradié (FOI), notamment au fémur où elles sont les plus fréquentes. Les fractures du tibia, de la fibula, des métatarsiens et du membre supérieur sont plus rares. Des FOI peuvent survenir au niveau de la mandibule (cancers ORL), au niveau des côtes ou du rachis (cancers du poumon et du sein), de l’humérus supérieur ou du bassin. L’ostéoradionécrose (ORN) est surtout le fait des localisations ORL et maxillo-faciales mais peut intéresser le reste du squelette et entraîner d’importantes difficultés thérapeutiques. 2. Comment peut-on prévenir l’apparition d’une fracture après irradiation ? La prévention des FOI nécessite surtout de moins irradier le squelette et de corriger une éventuelle ostéopénie préexistante. Les antioxydants et l’oxygénothérapie hyperbare sont efficaces pour prévenir l’ORN. L’enclouage fémoral préventif est préconisé en cas d’association de facteurs de risque généraux et surtout locaux lors de la résection de sarcomes des tissus mous de la cuisse. La couverture du squelette par lambeau peut prévenir les complications dues au sacrifice des parties molles lors de la résection de la tumeur primitive. 3. Comment faire le diagnostic d’une fracture sur os irradié ? Certaines FOI sont de diagnostic évident, mais parfois leur découverte est fortuite. Il faut distinguer les FOI d’autres lésions (métastase, évolutivité tumorale, sarcome radio-induit, ostéonécrose) ce qui peut nécessiter une biopsie. 4. Comment traiter les FOI ? Les taux de pseudarthrose et d’infection après traitement de FOI sont élevés. L’utilisation de greffes osseuses autologues et surtout de greffes vascularisées est recommandée. L’enclouage centromédullaire est la technique d’ostéosynthèse recommandée. Dans certains cas, un remplacement prothétique voire l’amputation peuvent être nécessaires. 5. Quelles sont les spécificités de la radiothérapie chez l’enfant et l’adolescent ? La prévention et le traitement des FOI nécessitent une approche multidisciplinaire s’articulant avec le traitement de la pathologie tumorale sous-jacente qui est prioritaire.
Niveau de preuve
V : avis d’expert.
Bone may be irradiated either as a target volume in the treatment of metastases or primary bone tumors, or as an organ at risk in soft tissue sarcomas (STS) and other cancers. This review aims to answer 5 key quest
{"title":"Prévention et traitement des fractures sur os irradié","authors":"Eric Mascard , Gualter Vaz , Valentine Martin","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.006","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.006","url":null,"abstract":"<div><div>L’os peut être irradié en tant que volume cible dans le cadre du traitement de métastases ou de tumeurs osseuses, ou comme organe à risque dans les sarcomes des tissus mous (STM) et dans d’autres cancers. Ce travail s’efforcera de répondre à 5 questions : 1. Quelles sont les causes, mécanismes de survenue et localisations des fractures sur os irradié ? La radiothérapie agit sur le métabolisme osseux et les parties molles, favorisant la survenue de fractures et les rendant difficiles à traiter. Dans les STM, le stripping du périoste et les doses d’irradiation supérieures à 50<!--> <!-->Gy favorisent les fractures en os irradié (FOI), notamment au fémur où elles sont les plus fréquentes. Les fractures du tibia, de la fibula, des métatarsiens et du membre supérieur sont plus rares. Des FOI peuvent survenir au niveau de la mandibule (cancers ORL), au niveau des côtes ou du rachis (cancers du poumon et du sein), de l’humérus supérieur ou du bassin. L’ostéoradionécrose (ORN) est surtout le fait des localisations ORL et maxillo-faciales mais peut intéresser le reste du squelette et entraîner d’importantes difficultés thérapeutiques. 2. Comment peut-on prévenir l’apparition d’une fracture après irradiation ? La prévention des FOI nécessite surtout de moins irradier le squelette et de corriger une éventuelle ostéopénie préexistante. Les antioxydants et l’oxygénothérapie hyperbare sont efficaces pour prévenir l’ORN. L’enclouage fémoral préventif est préconisé en cas d’association de facteurs de risque généraux et surtout locaux lors de la résection de sarcomes des tissus mous de la cuisse. La couverture du squelette par lambeau peut prévenir les complications dues au sacrifice des parties molles lors de la résection de la tumeur primitive. 3. Comment faire le diagnostic d’une fracture sur os irradié ? Certaines FOI sont de diagnostic évident, mais parfois leur découverte est fortuite. Il faut distinguer les FOI d’autres lésions (métastase, évolutivité tumorale, sarcome radio-induit, ostéonécrose) ce qui peut nécessiter une biopsie. 4. Comment traiter les FOI ? Les taux de pseudarthrose et d’infection après traitement de FOI sont élevés. L’utilisation de greffes osseuses autologues et surtout de greffes vascularisées est recommandée. L’enclouage centromédullaire est la technique d’ostéosynthèse recommandée. Dans certains cas, un remplacement prothétique voire l’amputation peuvent être nécessaires. 5. Quelles sont les spécificités de la radiothérapie chez l’enfant et l’adolescent ? La prévention et le traitement des FOI nécessitent une approche multidisciplinaire s’articulant avec le traitement de la pathologie tumorale sous-jacente qui est prioritaire.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>Bone may be irradiated either as a target volume in the treatment of metastases or primary bone tumors, or as an organ at risk in soft tissue sarcomas (STS) and other cancers. This review aims to answer 5 key quest","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 751-764"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-08-07","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160134","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-07-31DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.008
Clémence Pfirrmann , Pierre Journeau , Franck Chotel , Roland Chapurlat
<div><div>La dysplasie fibreuse (DF) est une pathologie osseuse rare, non maligne, dont le diagnostic peut être aisé (formes polyostotiques) ou plus difficile (formes monostotiques). Les examens complémentaires radiologiques (radiographie standard, tomodensitométrie, scintigraphie) permettent de préciser la ou les localisations de l’atteinte osseuse et sont indispensables au diagnostic. En cas de doute diagnostique, une biopsie osseuse avec recherche de la mutation du gène <em>GNAS</em> est réalisée. La DF peut être isolée ou constituer l’un des éléments du syndrome de McCune-Albright (SMA). En cas d’atteinte extra-osseuse, l’exploration de la physiologie des différents tissus atteints est essentielle (recherche de diabète phosphoré). Des recommandations internationales ont été édictées en 2019, tant pour le diagnostic de la DF/SMA que pour la prise en charge des patients. Il n’existe pas de traitement médical spécifique de la lésion de DF, mais l’utilisation d’antalgiques adaptés et de bisphosphonates permet d’améliorer la qualité de vie des patients. Les lésions osseuses de DF peuvent présenter un caractère fragilisant (en particulier en cas de localisation au col fémoral), et être à l’origine d’une boiterie, de déformations osseuses ou de fractures pathologiques. La prise en charge orthopédique va de la simple surveillance (pour les lésions monostotiques de petite taille en zone non portante) à une prise en charge chirurgicale invasive (correction d’axe, ostéosynthèse préventive). Chez l’enfant, les lésions de DF sont présentes histologiquement à la naissance mais apparaissent progressivement sur la radiographie jusqu’à la puberté. Les contraintes liées à la croissance du squelette de l’enfant (croissance asymétrique due aux lésions de DF, inégalité de longueur des membres inférieurs – ILMI, épiphysiodèse) rendent la prise en charge chirurgicale complexe. L’ostéosynthèse centromédullaire est la technique chirurgicale de référence.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>Fibrous dysplasia is a rare, non-malignant bone disorder in which diagnosis may be easy (polyostotic forms) or more difficult (monostotic forms). Complementary radiological examinations (standard X-ray, CT, scintigraphy) are essential to pinpoint the location or locations of bone involvement. In case of diagnostic doubt, bone biopsy screens for GNAS gene mutation. Fibrous dysplasia may be isolated or part of McCune-Albright syndrome. In case of extraosseous involvement, it is essential to investigate the physiology of the various affected tissues (e.g., for phosphate diabetes). International guidelines were issued in 2019, for diagnosis of fibrous dysplasia and McCune-Albright syndrome and for patient management. There is no specific medical treatment for fibrous dysplasia, but appropriate analgesics and biphosphonates can improve quality of life. In fibrous dysplasia, the bone may be fragile, particularly in the femoral neck, leadi
{"title":"Dysplasie fibreuse chez l’enfant","authors":"Clémence Pfirrmann , Pierre Journeau , Franck Chotel , Roland Chapurlat","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.008","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.008","url":null,"abstract":"<div><div>La dysplasie fibreuse (DF) est une pathologie osseuse rare, non maligne, dont le diagnostic peut être aisé (formes polyostotiques) ou plus difficile (formes monostotiques). Les examens complémentaires radiologiques (radiographie standard, tomodensitométrie, scintigraphie) permettent de préciser la ou les localisations de l’atteinte osseuse et sont indispensables au diagnostic. En cas de doute diagnostique, une biopsie osseuse avec recherche de la mutation du gène <em>GNAS</em> est réalisée. La DF peut être isolée ou constituer l’un des éléments du syndrome de McCune-Albright (SMA). En cas d’atteinte extra-osseuse, l’exploration de la physiologie des différents tissus atteints est essentielle (recherche de diabète phosphoré). Des recommandations internationales ont été édictées en 2019, tant pour le diagnostic de la DF/SMA que pour la prise en charge des patients. Il n’existe pas de traitement médical spécifique de la lésion de DF, mais l’utilisation d’antalgiques adaptés et de bisphosphonates permet d’améliorer la qualité de vie des patients. Les lésions osseuses de DF peuvent présenter un caractère fragilisant (en particulier en cas de localisation au col fémoral), et être à l’origine d’une boiterie, de déformations osseuses ou de fractures pathologiques. La prise en charge orthopédique va de la simple surveillance (pour les lésions monostotiques de petite taille en zone non portante) à une prise en charge chirurgicale invasive (correction d’axe, ostéosynthèse préventive). Chez l’enfant, les lésions de DF sont présentes histologiquement à la naissance mais apparaissent progressivement sur la radiographie jusqu’à la puberté. Les contraintes liées à la croissance du squelette de l’enfant (croissance asymétrique due aux lésions de DF, inégalité de longueur des membres inférieurs – ILMI, épiphysiodèse) rendent la prise en charge chirurgicale complexe. L’ostéosynthèse centromédullaire est la technique chirurgicale de référence.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>Fibrous dysplasia is a rare, non-malignant bone disorder in which diagnosis may be easy (polyostotic forms) or more difficult (monostotic forms). Complementary radiological examinations (standard X-ray, CT, scintigraphy) are essential to pinpoint the location or locations of bone involvement. In case of diagnostic doubt, bone biopsy screens for GNAS gene mutation. Fibrous dysplasia may be isolated or part of McCune-Albright syndrome. In case of extraosseous involvement, it is essential to investigate the physiology of the various affected tissues (e.g., for phosphate diabetes). International guidelines were issued in 2019, for diagnosis of fibrous dysplasia and McCune-Albright syndrome and for patient management. There is no specific medical treatment for fibrous dysplasia, but appropriate analgesics and biphosphonates can improve quality of life. In fibrous dysplasia, the bone may be fragile, particularly in the femoral neck, leadi","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 514-524"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-07-31","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160135","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-07-30DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.009
Mehdi Boudissa, Gael Kerschbaumer, Jérôme Tonetti
<div><div>Le vissage percutané du bassin (VPB) permet la fixation d’une fracture (traumatique ou non) peu ou pas déplacée, d’une fracture déplacée qui a été réduite, ainsi que la fixation préventive d’une lésion tumorale primitive ou secondaire. Cette technique est relativement récente et ses indications évoluent avec les progrès de l’imagerie pré- et peropératoire. Sa morbidité est réduite par rapport à la chirurgie à foyer ouvert. Réalisé classiquement sous contrôle fluoroscopique, le VPB est un domaine d’intérêt de la chirurgie assistée par ordinateur (CAO) car il nécessite l’analyse des corridors osseux de sécurité. La planification des VPB repose sur l’utilisation des outils de traitement d’image fournis par les logiciels de lecture des données DICOM scanographiques. L’objectif de cette étude est de faire le point sur les VPB : quelles sont les indications des VPB ? Toutes les fractures de l’anneau pelvien sont théoriquement éligibles si la réduction obtenue est suffisante pour permettre le passage d’une broche puis d’une vis. On distingue des sujets jeunes, capables de supporter une période de décharge plus ou moins longue pour lesquels le VPB va stabiliser une fracture instable, soulager la douleur lors des mobilisations et éviter la pseudarthrose ; et des sujets âgés pour lesquels le VPB va permettre une remise en charge la plus précoce possible. Comment planifier les vissages percutanés de l’anneau pelvien postérieur ? Les principaux sont le vissage ilio-sacré (VIS), le vissage trans-sacré (VTS) et le vissage supra-acétabulaire (SA). Comment planifier les vissages percutanés de l’anneau pelvien antérieur ? Les principaux sont le vissage de la colonne antérieure et de la branche ilio-pubienne (VCA/BIP), le vissage de l’aile iliaque (VAI) et le vissage du pilier glutéal ou « pillar screw ». Comment planifier les vissages percutanés d’acetabulum (VPA) ? Les principaux VPA sont le vissage transverse de l’acetabulum (VTA) et le vissage rétrograde de la colonne postérieure (VRCP) ou « butt screw ». Leur technique de fixation est exigeante. Le VPB nécessite une planification préopératoire rigoureuse reposant sur l’utilisation des logiciels de lecture des données DICOM scanographiques. Le principe est de réaliser les reconstructions multiplanaires des corridors osseux (faisabilité du VPB, analyse du diamètre des implants), d’y tracer des lignes permettant de faire des mesures (trajectoire et longueur des implants) et enfin de reconstruire un volume 3D avec les mesures réalisées (point d’entrée, de sortie, représentation des vues fluoroscopiques peropératoires). Quels résultats, quelles complications, quelles innovations ? Les résultats des VPB sont comparables à ceux des patients opérés à foyer ouvert avec significativement moins de morbidité. Les principales complications sont la malposition des implants et les échecs de fixation (déplacement secondaire de la fracture et/ou des implants). L’impression 3D, la navigation et récemment la robotique
{"title":"Chirurgie assistée par ordinateur et planification des vissages percutanés du bassin","authors":"Mehdi Boudissa, Gael Kerschbaumer, Jérôme Tonetti","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.009","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.009","url":null,"abstract":"<div><div>Le vissage percutané du bassin (VPB) permet la fixation d’une fracture (traumatique ou non) peu ou pas déplacée, d’une fracture déplacée qui a été réduite, ainsi que la fixation préventive d’une lésion tumorale primitive ou secondaire. Cette technique est relativement récente et ses indications évoluent avec les progrès de l’imagerie pré- et peropératoire. Sa morbidité est réduite par rapport à la chirurgie à foyer ouvert. Réalisé classiquement sous contrôle fluoroscopique, le VPB est un domaine d’intérêt de la chirurgie assistée par ordinateur (CAO) car il nécessite l’analyse des corridors osseux de sécurité. La planification des VPB repose sur l’utilisation des outils de traitement d’image fournis par les logiciels de lecture des données DICOM scanographiques. L’objectif de cette étude est de faire le point sur les VPB : quelles sont les indications des VPB ? Toutes les fractures de l’anneau pelvien sont théoriquement éligibles si la réduction obtenue est suffisante pour permettre le passage d’une broche puis d’une vis. On distingue des sujets jeunes, capables de supporter une période de décharge plus ou moins longue pour lesquels le VPB va stabiliser une fracture instable, soulager la douleur lors des mobilisations et éviter la pseudarthrose ; et des sujets âgés pour lesquels le VPB va permettre une remise en charge la plus précoce possible. Comment planifier les vissages percutanés de l’anneau pelvien postérieur ? Les principaux sont le vissage ilio-sacré (VIS), le vissage trans-sacré (VTS) et le vissage supra-acétabulaire (SA). Comment planifier les vissages percutanés de l’anneau pelvien antérieur ? Les principaux sont le vissage de la colonne antérieure et de la branche ilio-pubienne (VCA/BIP), le vissage de l’aile iliaque (VAI) et le vissage du pilier glutéal ou « pillar screw ». Comment planifier les vissages percutanés d’acetabulum (VPA) ? Les principaux VPA sont le vissage transverse de l’acetabulum (VTA) et le vissage rétrograde de la colonne postérieure (VRCP) ou « butt screw ». Leur technique de fixation est exigeante. Le VPB nécessite une planification préopératoire rigoureuse reposant sur l’utilisation des logiciels de lecture des données DICOM scanographiques. Le principe est de réaliser les reconstructions multiplanaires des corridors osseux (faisabilité du VPB, analyse du diamètre des implants), d’y tracer des lignes permettant de faire des mesures (trajectoire et longueur des implants) et enfin de reconstruire un volume 3D avec les mesures réalisées (point d’entrée, de sortie, représentation des vues fluoroscopiques peropératoires). Quels résultats, quelles complications, quelles innovations ? Les résultats des VPB sont comparables à ceux des patients opérés à foyer ouvert avec significativement moins de morbidité. Les principales complications sont la malposition des implants et les échecs de fixation (déplacement secondaire de la fracture et/ou des implants). L’impression 3D, la navigation et récemment la robotique","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 600-613"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-07-30","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160308","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-07-19DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.015
Arnaud Clavé , Guillaume Dardenne
Les principes de base les plus importants de la conception des prothèses totales de genou (PTG) actuelles proviennent d’une époque où deux approches distinctes ont émergé et étaient utilisées : l’approche fonctionnelle et l’approche anatomique. Bien que le taux de survie des PTG atteigne 95 % à 20 ans, 8 à 27 % des patients signalent des douleurs résiduelles, souvent inexpliquées. Introduites en 2011, les PTG personnalisées visent à résoudre ces limitations grâce à l’IA et à l’impression 3D. Ce travail se propose de répondre aux questions suivantes : quels sont les types d’implants disponibles pour les PTG et leurs principales caractéristiques ? Les dessins actuels, tels que les implants postéro-stabilisés ou à conservation de croisé(s) tentent de reproduire la cinématique du genou natif. Cependant, aucun n’est pleinement satisfaisant en termes de biomécanique et d’adaptation à la morphologie des patients. Les implants Médial Pivot, introduits dans les années 2000, se rapprochent le plus d’une cinématique normale. Aucun type d’implant n’a réellement prouvé sa supériorité. Existe-t-il un rationnel anatomique et/ou fonctionnel aux implants personnalisés ? Les études montrent d’importantes variations anatomiques selon le sexe, l’origine ethnique et la morphologie. Les implants standard, conçus pour un morphotype moyen, ne répondent pas toujours à ces variations, augmentant les risques de conflit implant/tissus mous, de cinématique imparfaite d’anomalies biomécaniques et de douleur. Les PTG personnalisées pourraient combler ces lacunes en s’adaptant précisément à la morphologie des patients. PTG personnalisées : où en est-on ? Les études sont peu nombreuses mais les résultats cliniques sont globalement bons. Toutefois, les comparaisons avec les implants standard restent controversées. Certains travaux rapportent des préférences pour les implants personnalisés, tandis que d’autres soulignent des complications, comme plus de raideur ou des révisions plus fréquentes. Des recherches récentes montrent de meilleurs résultats grâce à l’intégration d’un concept d’alignement personnalisé. Implants personnalisés et prise en charge à grande échelle des patients : quelles sont les perspectives ? Le projet FollowKnee illustre comment l’intelligence artificielle (IA) peut démocratiser les PTG personnalisées. En utilisant des algorithmes de segmentation et des modèles statistiques, les implants sont conçus en moins de 30 s, avec une grande précision. Les PTG standard ne répondent pas à la diversité anatomique des patients. Les implants personnalisés, bien que complexes, offrent une solution prometteuse. L’optimisation des concepts biomécaniques et l’intégration de technologies comme l’IA pourraient révolutionner la chirurgie prothétique, permettant une chirurgie « sur-mesure ».
Niveau de preuve
V ; avis d’expert.
The most important foundational principles underlying the design of current total kn
{"title":"Intérêt des prothèses totales de genou personnalisées","authors":"Arnaud Clavé , Guillaume Dardenne","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.015","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.015","url":null,"abstract":"<div><div>Les principes de base les plus importants de la conception des prothèses totales de genou (PTG) actuelles proviennent d’une époque où deux approches distinctes ont émergé et étaient utilisées : l’approche fonctionnelle et l’approche anatomique. Bien que le taux de survie des PTG atteigne 95 % à 20 ans, 8 à 27 % des patients signalent des douleurs résiduelles, souvent inexpliquées. Introduites en 2011, les PTG personnalisées visent à résoudre ces limitations grâce à l’IA et à l’impression 3D. Ce travail se propose de répondre aux questions suivantes : quels sont les types d’implants disponibles pour les PTG et leurs principales caractéristiques ? Les dessins actuels, tels que les implants postéro-stabilisés ou à conservation de croisé(s) tentent de reproduire la cinématique du genou natif. Cependant, aucun n’est pleinement satisfaisant en termes de biomécanique et d’adaptation à la morphologie des patients. Les implants Médial Pivot, introduits dans les années 2000, se rapprochent le plus d’une cinématique normale. Aucun type d’implant n’a réellement prouvé sa supériorité. Existe-t-il un rationnel anatomique et/ou fonctionnel aux implants personnalisés ? Les études montrent d’importantes variations anatomiques selon le sexe, l’origine ethnique et la morphologie. Les implants standard, conçus pour un morphotype moyen, ne répondent pas toujours à ces variations, augmentant les risques de conflit implant/tissus mous, de cinématique imparfaite d’anomalies biomécaniques et de douleur. Les PTG personnalisées pourraient combler ces lacunes en s’adaptant précisément à la morphologie des patients. PTG personnalisées : où en est-on ? Les études sont peu nombreuses mais les résultats cliniques sont globalement bons. Toutefois, les comparaisons avec les implants standard restent controversées. Certains travaux rapportent des préférences pour les implants personnalisés, tandis que d’autres soulignent des complications, comme plus de raideur ou des révisions plus fréquentes. Des recherches récentes montrent de meilleurs résultats grâce à l’intégration d’un concept d’alignement personnalisé. Implants personnalisés et prise en charge à grande échelle des patients : quelles sont les perspectives ? Le projet FollowKnee illustre comment l’intelligence artificielle (IA) peut démocratiser les PTG personnalisées. En utilisant des algorithmes de segmentation et des modèles statistiques, les implants sont conçus en moins de 30<!--> <!-->s, avec une grande précision. Les PTG standard ne répondent pas à la diversité anatomique des patients. Les implants personnalisés, bien que complexes, offrent une solution prometteuse. L’optimisation des concepts biomécaniques et l’intégration de technologies comme l’IA pourraient révolutionner la chirurgie prothétique, permettant une chirurgie « sur-mesure ».</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V ; avis d’expert.</div></div><div><div>The most important foundational principles underlying the design of current total kn","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 589-599"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-07-19","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160307","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
<div><div>La correction des déformations frontales du genou par ostéotomie tibiale proximale (OTP), est une intervention courante permettant de corriger certaines déformations des membres inférieurs. À travers six questions principales, cette étude vise à préciser les indications, l’analyse des déformations, la planification chirurgicale, la réalisation technique, la prévention des complications et la gestion des suites opératoires. (1) Les OTP sont indiquées dans les déformations extra-articulaires importantes, mais sont contre-indiquées (sauf indication de sauvetage) en cas d’arthrose évoluée. (2) L’analyse de la déformation passe par la mesure de plusieurs angles, entre les axes mécaniques et anatomiques. Il est essentiel de déterminer si elle provient du fémur et/ou du tibia (et/ou de l’articulation), c’est-à-dire de comprendre la déformation globale afin de valider l’indication et décider du site de la correction. La mesure du <em>joint line convergence angle</em> (JLCA), angle entre les tangentes aux condyles fémoraux et tibiaux peut être utilisée pour évaluer l’état des surfaces articulaires, et l’analyse des axes mécaniques permet de déterminer le degré de correction nécessaire. (3) La planification chirurgicale repose sur une télémétrie complète permettant de mesurer les angles et de localiser la déformation. L’utilisation d’une planification sur radiographie numérique (magnifiée) selon la technique de Miniaci permet de définir la correction idéale à réaliser et de préparer le geste opératoire. (4) Les techniques varient selon qu’il s’agit d’une correction par ouverture médiale ou par fermeture latérale, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients. L’installation du patient et les techniques de coupe biplanaire sont essentielles pour assurer une bonne stabilité et éviter les modifications involontaires de la pente tibiale. La protection du paquet vasculonerveux postérieur est une priorité, tout comme la prévention des fractures de charnière. (5) Les complications possibles sont essentiellement les fractures de charnière et les infections. (6) Les suites opératoires comportent une reprise progressive de l’appui, un contrôle radiographique régulier. La reprise du sport est possible dès consolidation. L’ostéotomie tibiale proximale est une intervention efficace pour corriger les déformations frontales du genou, soulager les patients et ralentir la progression de l’arthrose. Une planification soigneuse couplée à une réalisation technique précise sont indispensables pour réduire les risques de complications et optimiser les résultats à long terme.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>Correction of frontal knee deformities by high tibial osteotomy (HTO) is a common surgical procedure aimed at correcting certain lower limb deformities. Through six key questions, this study aims to clarify the indications, deformity analysis, surgical planning, technical execution, complication prevention, an
{"title":"Technique de correction des déformations frontales par ostéotomie tibiale proximale","authors":"Matthieu Ollivier , Sébastien Parratte , Matthieu Ehlinger , Kristian Kley","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.002","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.002","url":null,"abstract":"<div><div>La correction des déformations frontales du genou par ostéotomie tibiale proximale (OTP), est une intervention courante permettant de corriger certaines déformations des membres inférieurs. À travers six questions principales, cette étude vise à préciser les indications, l’analyse des déformations, la planification chirurgicale, la réalisation technique, la prévention des complications et la gestion des suites opératoires. (1) Les OTP sont indiquées dans les déformations extra-articulaires importantes, mais sont contre-indiquées (sauf indication de sauvetage) en cas d’arthrose évoluée. (2) L’analyse de la déformation passe par la mesure de plusieurs angles, entre les axes mécaniques et anatomiques. Il est essentiel de déterminer si elle provient du fémur et/ou du tibia (et/ou de l’articulation), c’est-à-dire de comprendre la déformation globale afin de valider l’indication et décider du site de la correction. La mesure du <em>joint line convergence angle</em> (JLCA), angle entre les tangentes aux condyles fémoraux et tibiaux peut être utilisée pour évaluer l’état des surfaces articulaires, et l’analyse des axes mécaniques permet de déterminer le degré de correction nécessaire. (3) La planification chirurgicale repose sur une télémétrie complète permettant de mesurer les angles et de localiser la déformation. L’utilisation d’une planification sur radiographie numérique (magnifiée) selon la technique de Miniaci permet de définir la correction idéale à réaliser et de préparer le geste opératoire. (4) Les techniques varient selon qu’il s’agit d’une correction par ouverture médiale ou par fermeture latérale, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients. L’installation du patient et les techniques de coupe biplanaire sont essentielles pour assurer une bonne stabilité et éviter les modifications involontaires de la pente tibiale. La protection du paquet vasculonerveux postérieur est une priorité, tout comme la prévention des fractures de charnière. (5) Les complications possibles sont essentiellement les fractures de charnière et les infections. (6) Les suites opératoires comportent une reprise progressive de l’appui, un contrôle radiographique régulier. La reprise du sport est possible dès consolidation. L’ostéotomie tibiale proximale est une intervention efficace pour corriger les déformations frontales du genou, soulager les patients et ralentir la progression de l’arthrose. Une planification soigneuse couplée à une réalisation technique précise sont indispensables pour réduire les risques de complications et optimiser les résultats à long terme.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’expert.</div></div><div><div>Correction of frontal knee deformities by high tibial osteotomy (HTO) is a common surgical procedure aimed at correcting certain lower limb deformities. Through six key questions, this study aims to clarify the indications, deformity analysis, surgical planning, technical execution, complication prevention, an","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 685-707"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-07-16","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145154643","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-07-15DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.003
Aimery Sabelle , Julien Berhouet , Adrien Lemaignen , Louis-Romée Le Nail , Ramy Samargandi
Introduction
L’infection sur prothèse de hanche réfractaire aux traitements de première ligne reste un problème majeur en chirurgie orthopédique. L’intervention de Girdlestone, dite de mise en « résection tête-col », initialement décrite sur hanche native, a vu ses indications s’élargir aux cas d’infections complexes et récidivantes sur prothèses. L’objectif principal de cette étude est d’évaluer l’efficacité de cette intervention appliquée aux prothèses de hanche pour le traitement de l’infection dans ces situations.
Matériel et méthodes
Quatre-vingt-huit patients (91 hanches), opérés dans notre centre d’une résection tête-col pour infection réfractaire de prothèse de hanche entre mars 2004 et août 2019, ont été inclus rétrospectivement et analysés à un recul minimum de 2 ans. Le critère de jugement principal a porté sur le taux de guérison de l’infection. Les critères secondaires étaient constitués de l’incidence des échecs et la nature des complications postopératoires. Les facteurs de risque associés à l’échec ont été recherchés par un modèle de Cox, les données bactériologiques et les répercussions fonctionnelles ont été décrites.
Résultats
Sur 91 hanches, la mise en résection tête et col a permis la guérison de l’infection dans 65 cas (71 %). Six décès postopératoires liés à l’infection ont été observés (6/88, 7 %). Dans 20 cas/91 (22 %), une ou plusieurs reprises chirurgicales ont été nécessaires après la dépose prothétique pour persistance de l’infection. Cela a permis la guérison dans 50 % des reprises (10/20). Les facteurs de risque prédictifs d’échec persistants en analyse multivariée étaient l’usage de corticoïdes (HR = 6 ; p < 0,01), la présence d’une fièvre préopératoire (HR = 4,12 ; p < 0,01) et une infection polybactérienne (HR = 2,5 ; p < 0,05). Avec un raccourcissement de 5,7 cm, le périmètre de marche moyen était de 175 mètres. Le score de Merle d’Aubigné et Postel au dernier suivi atteignait en moyenne 9,3 sur 18 points.
Conclusion
La dépose définitive de prothèse de hanche s’avère être une option thérapeutique valable dans les cas d’infections réfractaires malgré un taux de complication notable. Elle reste l’indication à privilégier notamment lorsque la prothèse est devenue « non fonctionnelle ».
Niveau de preuve
IV ; série rétrospective.
Introduction
Refractory prosthetic joint infections (PJI) of the hip remain a major challenge in orthopedic surgery. The Girdlestone procedure, also known as resection arthroplasty, was originally described for native hips but has since been adopted as a salvage option for complex and recurrent prosthetic infections. The main objective of this study was to evaluate the effe
髋关节假体感染对一线治疗的抵抗仍然是骨科外科的一个主要问题。吉德尔斯通的手术,所谓的“头颈切除术”,最初描述的是在髋关节,现在已经扩展到复杂的和复发的假体感染。本研究的主要目的是评估在这些情况下应用髋关节假体治疗感染的有效性。méthodesQuatre-vingt-huit装备和患者臀部(91%),一个关节镜手术在我们中心tête-col耐火材料对人体臀部的假肢,2004年3月至2019年8月,已列入追溯和分析倒退至少2岁。2 .判断标准主要集中在感染的治愈率。次要标准是失败的发生率和术后并发症的性质。通过考克斯模型寻找与失败相关的风险因素,并描述了细菌学数据和功能影响。结果:在91个髋关节中,65个(71%)通过头颈部切除术治愈了感染。观察到6例与感染有关的术后死亡(6/ 88.7%)。在20例/91例(22%)中,植入假体后需要进行一次或多次手术,以确保感染的持久性。这导致了50%的愈合(10/20)。多变量分析持续失败的预测风险因素包括皮质激素使用(HR = 6, 0.01)、术前发热(HR = 4.12, 0.01)和多细菌感染(HR = 2.5, 0.05)。通过缩短5.7厘米,平均行走周长为175米。Merle d ' Aubigne和Postel在最后一轮的平均得分为9.3 / 18。结论永久放置髋关节假体已被证明是一种有效的治疗选择的情况下,抵抗感染,尽管有显著的并发症率。它仍然是首选的指示,特别是当假肢变得“不工作”。证据等级IV;系列。髋关节屈曲假体关节感染(PJI)仍然是骨科手术的主要挑战。The Girdlestone程序,also known as resection arthroplasty,别人的歌“原生hips has since been目的收养for complex and as a rescue选项recurrent prosthetic感染。本研究的主要目的是评估该程序在这种情况下治疗假体髋关节感染的有效性。2004年3月至2019年8月期间,作为一项单中心研究的一部分,回顾性纳入和分析了88名接受股骨切除关节成形术治疗屈曲髋关节假体感染的患者(91名患者),随访时间最少为两年。主要结果是根除了感染。次要结果包括治疗失败的发生率和术后并发症的性质。使用考克斯比例危害模型确定了失败的风险因素。此外,还报告了细菌学数据和功能结果。结果在91例Hips中,65例(71%)遵循Girdlestone程序实现了感染根除。6例与感染有关的术后死亡(6/ 88,7%)。在91例患者中,有20例(22%)在移除种植体后进行了一项或多项修复手术以治疗持续性感染。其中,感染控制在10/20(50%)。多变量分析确定皮质类固醇使用(HR = 6; P < 0.01)、术前发热(HR = 4.12; P < 0.01)和多微生物感染(HR = 2.5; P < 0.05)为失败的独立风险因素。平均肢体缩短5.7(±1.7)cm,平均步行距离175(±350)m。在最后的后续调查中,Merle d ' Aubigne和Postel的平均得分为9.3(±2.2),满分为18分。结论:尽管并发症发生率很高,但髋关节假体的永久移除仍然是一种可行的治疗屈曲感染的选择。应该考虑到这一点,特别是当假体不再发挥作用时。证据等级IV;回顾展系列。
{"title":"Résultats de l’intervention de Girdlestone pour le traitement de l’infection réfractaire sur prothèse de hanche","authors":"Aimery Sabelle , Julien Berhouet , Adrien Lemaignen , Louis-Romée Le Nail , Ramy Samargandi","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.003","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.003","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>L’infection sur prothèse de hanche réfractaire aux traitements de première ligne reste un problème majeur en chirurgie orthopédique. L’intervention de Girdlestone, dite de mise en « résection tête-col », initialement décrite sur hanche native, a vu ses indications s’élargir aux cas d’infections complexes et récidivantes sur prothèses. L’objectif principal de cette étude est d’évaluer l’efficacité de cette intervention appliquée aux prothèses de hanche pour le traitement de l’infection dans ces situations.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Quatre-vingt-huit patients (91 hanches), opérés dans notre centre d’une résection tête-col pour infection réfractaire de prothèse de hanche entre mars 2004 et août 2019, ont été inclus rétrospectivement et analysés à un recul minimum de 2 ans. Le critère de jugement principal a porté sur le taux de guérison de l’infection. Les critères secondaires étaient constitués de l’incidence des échecs et la nature des complications postopératoires. Les facteurs de risque associés à l’échec ont été recherchés par un modèle de Cox, les données bactériologiques et les répercussions fonctionnelles ont été décrites.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur 91 hanches, la mise en résection tête et col a permis la guérison de l’infection dans 65 cas (71 %). Six décès postopératoires liés à l’infection ont été observés (6/88, 7 %). Dans 20 cas/91 (22 %), une ou plusieurs reprises chirurgicales ont été nécessaires après la dépose prothétique pour persistance de l’infection. Cela a permis la guérison dans 50 % des reprises (10/20). Les facteurs de risque prédictifs d’échec persistants en analyse multivariée étaient l’usage de corticoïdes (HR<!--> <!-->=<!--> <!-->6 ; <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01), la présence d’une fièvre préopératoire (HR<!--> <!-->=<!--> <!-->4,12 ; <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01) et une infection polybactérienne (HR<!--> <!-->=<!--> <!-->2,5 ; <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05). Avec un raccourcissement de 5,7<!--> <!-->cm, le périmètre de marche moyen était de 175<!--> <!-->mètres. Le score de Merle d’Aubigné et Postel au dernier suivi atteignait en moyenne 9,3 sur 18 points.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La dépose définitive de prothèse de hanche s’avère être une option thérapeutique valable dans les cas d’infections réfractaires malgré un taux de complication notable. Elle reste l’indication à privilégier notamment lorsque la prothèse est devenue « non fonctionnelle ».</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>IV ; série rétrospective.</div></div><div><h3>Introduction</h3><div>Refractory prosthetic joint infections (PJI) of the hip remain a major challenge in orthopedic surgery. The Girdlestone procedure, also known as resection arthroplasty, was originally described for native hips but has since been adopted as a salvage option for complex and recurrent prosthetic infections. The main objective of this study was to evaluate the effe","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 5","pages":"Pages 420-429"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-07-15","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"144878456","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-07-10DOI: 10.1016/j.rcot.2025.04.007
Céline Klein
<div><div>Dans sa pratique quotidienne, le chirurgien orthopédiste est fréquemment confronté à la prise en charge des fractures des 2 os de l’avant-bras. L’objectif de cette mise au point est de répondre à plusieurs questions : (1) L’épidémiologie et les mécanismes traumatiques des fractures diaphysaires de l’avant-bras se sont-ils modifiés au cours des deux dernières décennies ? (2) Quels sont les déplacements acceptables et à quel âge ? (3) Fracture diaphysaire des 2 os de l’avant-bras, y a-t-il réellement débat sur le traitement ? (4) Quels autres types de fractures peuvent exister à l'avant-bras chez l'enfant ? (5) Quelles stratégies thérapeutiques proposer en cas de complications et séquelles d’une fracture des deux os de l’avant-bras ? Comment les limiter ?</div><div>Les fractures de l’avant-bras ont une incidence croissante au cours des 2 dernières décennies. Le trampoline est extrêmement pourvoyeur de ces lésions. Le déplacement est considéré comme acceptable lorsque le remodelage est suffisant pour permettre la restauration du cadre anatomique et fonctionnel de l’avant-bras, raison pour laquelle le traitement orthopédique pourra être proposé jusque 10 ans pour un déplacement sagittal inférieur à 15° et frontal à 10° et une translation inférieure à 50 %. Le traitement chirurgical de choix est l’enclouage centromédullaire élastique stable et pourra être discuté chez l’enfant en âge scolaire. Le syndrome des loges est rare mais non exceptionnel lors de fractures des 2 os de l’avant-bras chez l’enfant et notamment en cas d’écrasement, choc direct ou nombreuses manœuvres de réduction. Afin de prévenir le risque de déplacement secondaire ou re-fracture, l’immobilisation pourra être longue pouvant aller jusque 3 mois et l’ablation du matériel ne sera proposée qu’à reperméabilisation complète du canal médullaire. Les fractures de l’avant-bras de l’enfant sont des fractures de très bon pronostic.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V: avis d’expert.</div></div><div><div>Orthopedic surgeons frequently have to deal with diaphyseal fractures of the two forearm bones. The present update aims to answer four questions: 1) Have the epidemiology and trauma mechanisms of forearm fractures changed over the last two decades? 2) What displacements are acceptable, at what age? 3) Is there any real debate about treatment for diaphyseal fracture of the two forearm bones? 4) What other types of forearm fracture are found in children? (5) What therapeutic strategies should be proposed in the event of complications and sequelae of fracture of the two forearm bones? And how can rates be limited?</div><div>Fractures of the forearm have increased in incidence over the last 2 decades. Trampolines are greatly implicated. Displacement is acceptable when remodeling is sufficient to restore the anatomical and functional framework of the forearm; non-operative treatment may therefore be proposed up to the age of 10 for <15 sagittal displacement and <1 front
{"title":"Prise en charge des fractures de l’avant-bras de l’enfant en 2025","authors":"Céline Klein","doi":"10.1016/j.rcot.2025.04.007","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.04.007","url":null,"abstract":"<div><div>Dans sa pratique quotidienne, le chirurgien orthopédiste est fréquemment confronté à la prise en charge des fractures des 2 os de l’avant-bras. L’objectif de cette mise au point est de répondre à plusieurs questions : (1) L’épidémiologie et les mécanismes traumatiques des fractures diaphysaires de l’avant-bras se sont-ils modifiés au cours des deux dernières décennies ? (2) Quels sont les déplacements acceptables et à quel âge ? (3) Fracture diaphysaire des 2 os de l’avant-bras, y a-t-il réellement débat sur le traitement ? (4) Quels autres types de fractures peuvent exister à l'avant-bras chez l'enfant ? (5) Quelles stratégies thérapeutiques proposer en cas de complications et séquelles d’une fracture des deux os de l’avant-bras ? Comment les limiter ?</div><div>Les fractures de l’avant-bras ont une incidence croissante au cours des 2 dernières décennies. Le trampoline est extrêmement pourvoyeur de ces lésions. Le déplacement est considéré comme acceptable lorsque le remodelage est suffisant pour permettre la restauration du cadre anatomique et fonctionnel de l’avant-bras, raison pour laquelle le traitement orthopédique pourra être proposé jusque 10 ans pour un déplacement sagittal inférieur à 15° et frontal à 10° et une translation inférieure à 50 %. Le traitement chirurgical de choix est l’enclouage centromédullaire élastique stable et pourra être discuté chez l’enfant en âge scolaire. Le syndrome des loges est rare mais non exceptionnel lors de fractures des 2 os de l’avant-bras chez l’enfant et notamment en cas d’écrasement, choc direct ou nombreuses manœuvres de réduction. Afin de prévenir le risque de déplacement secondaire ou re-fracture, l’immobilisation pourra être longue pouvant aller jusque 3 mois et l’ablation du matériel ne sera proposée qu’à reperméabilisation complète du canal médullaire. Les fractures de l’avant-bras de l’enfant sont des fractures de très bon pronostic.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V: avis d’expert.</div></div><div><div>Orthopedic surgeons frequently have to deal with diaphyseal fractures of the two forearm bones. The present update aims to answer four questions: 1) Have the epidemiology and trauma mechanisms of forearm fractures changed over the last two decades? 2) What displacements are acceptable, at what age? 3) Is there any real debate about treatment for diaphyseal fracture of the two forearm bones? 4) What other types of forearm fracture are found in children? (5) What therapeutic strategies should be proposed in the event of complications and sequelae of fracture of the two forearm bones? And how can rates be limited?</div><div>Fractures of the forearm have increased in incidence over the last 2 decades. Trampolines are greatly implicated. Displacement is acceptable when remodeling is sufficient to restore the anatomical and functional framework of the forearm; non-operative treatment may therefore be proposed up to the age of 10 for <15 sagittal displacement and <1 front","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 537-545"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-07-10","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160132","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-07-07DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.005
Marion Di Schino , Linda Ferraz , Hachem Mahjoub
La connaissance des techniques de transfert tendineux et de leurs indications est indispensable pour prendre en charge et traiter les tendinopathies, ruptures tendineuses ou déformations statiques du pied et de la cheville. Le type de transfert est choisi selon la pathologie avec l’objectif de reconstruire ou suppléer le muscle déficitaire. Pour garantir la réussite de l’intervention, il est crucial que le tendon transféré soit sain et capable de reproduire la trajectoire du tendon déficient. Une évaluation clinique et paraclinique complète est fondamentale pour déterminer la faisabilité du transfert tendineux et établir une planification préopératoire tenant compte des déformations axiales et des rétractions associées. Le succès du transfert tendineux repose sur plusieurs facteurs : une technique rigoureuse, la méthode de fixation, le réglage de la tension du tendon, l’immobilisation et la rééducation. Une fixation stable est assurée par une fixation trans-osseuse avec vis d’interférence ou ténodèse. La tension du transplant est un point crucial, mais elle ne fait pas l’objet d’un consensus. La règle est de chercher une mise en tension maximale pour l’effet recherché. Une immobilisation postopératoire est généralement recommandée. Le temps d’immobilisation, variable selon les gestes associés, les indications et le type de fixation, est généralement de 4 à 6 semaines. Tous les transferts sont suivis d’une rééducation visant à reprogrammer la marche avec un nouveau schéma moteur. Il est recommandé de ne pas autoriser de travail de renforcement musculaire contre résistance avant la fin du 3e mois postopératoire. L’indication chirurgicale posée, le choix du transfert est fait au cas par cas. Une procédure chirurgicale rigoureuse, une fixation stable, une immobilisation suffisante et une rééducation adaptée sont les points clés de la prise en charge chirurgicale par transfert tendineux.
Niveau de preuve
V.
Tendon transfers are indicated for the treatment of a large number of deformities (cavus foot, flat foot, etc.) and tendon pathologies (Achilles, fibular, etc.) in the foot and ankle. The aim of tendon transfer is to compensate for the inadequacy of a muscle or muscle group, or to supplement a pathological muscle by means of transfer. This procedure is part of a global approach to pathology, in which tendon transfer is a key element in the therapeutic chain. During the same procedure, it will be necessary to discuss the correction of bony axes and deformities on a case-by-case basis, and to manage associated retractions. The success of the tendon transfer depends on the reducibility of the underlying deformities. Fixation of a tendon transfer can be achieved either by transosseous fixation using an interference screw or by tenodesis. As a rule, the transfer should be fixed with maximum tension. The duration of immobilisation and the principles of rehabilitation depend on the ass
肌腱转移技术的知识及其适应症是必不可少的,以照顾和治疗肌腱病,肌腱断裂或静态畸形的脚和脚踝。移植的类型取决于病理,目的是重建或补充缺失的肌肉。为了确保手术的成功,移植的肌腱是健康的,能够复制受损肌腱的轨迹是至关重要的。一个完整的临床和副临床评估是至关重要的,以确定肌腱移植的可行性,并建立术前计划,考虑到轴向变形和相关的收缩。肌腱移植的成功取决于几个因素:严格的技术、固定方法、肌腱张力的调节、固定和康复。通过使用干涉螺钉或腱套进行跨骨固定,确保了稳定的固定。移植的张力是一个关键问题,但没有达成共识。规则是寻找达到预期效果的最大电压。一般建议术后固定。停机时间通常为4 - 6周,取决于所涉及的手势、适应症和固定类型。每次转移之后都要进行康复训练,目的是用新的运动模式重新编程行走。建议术后第3个月结束前不允许进行阻力训练。一旦确定了手术适应症,转移的选择就会根据具体情况进行。严格的手术程序,稳定的固定,足够的固定和适当的康复是肌腱移植手术管理的关键。证据水平。肌腱移植用于治疗足和脚踝的大量畸形(足腔、平足等)和肌腱疾病(阿喀琉斯、腓骨等)。肌腱移植的目的是补偿肌肉或肌肉群的不足,或通过移植来补充病理肌肉。这一过程是一种整体病理学方法的一部分,其中肌腱转移是治疗链的关键元素。在同一过程中,有必要逐案讨论骨轴和变形的矫正,并管理相关的收缩。肌腱移位的成功取决于潜在畸形的可降低性。肌腱转移的固定可以通过使用干扰螺丝刀或肌腱套进行经骨固定来实现。作为一个规则,传输应该以最大的张力固定。The存续期of固定化and The康复会有依赖原则》(The associated with The transfer的诉讼程序。在大多数情况下,在没有支持的情况下,锁定将持续4到6周。动员抵抗抵抗要到第三个月结束才会开始。证据的程度。
{"title":"Les transferts tendineux à la cheville et au pied (hors pied paralytique et déformation des orteils)","authors":"Marion Di Schino , Linda Ferraz , Hachem Mahjoub","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.005","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.005","url":null,"abstract":"<div><div>La connaissance des techniques de transfert tendineux et de leurs indications est indispensable pour prendre en charge et traiter les tendinopathies, ruptures tendineuses ou déformations statiques du pied et de la cheville. Le type de transfert est choisi selon la pathologie avec l’objectif de reconstruire ou suppléer le muscle déficitaire. Pour garantir la réussite de l’intervention, il est crucial que le tendon transféré soit sain et capable de reproduire la trajectoire du tendon déficient. Une évaluation clinique et paraclinique complète est fondamentale pour déterminer la faisabilité du transfert tendineux et établir une planification préopératoire tenant compte des déformations axiales et des rétractions associées. Le succès du transfert tendineux repose sur plusieurs facteurs : une technique rigoureuse, la méthode de fixation, le réglage de la tension du tendon, l’immobilisation et la rééducation. Une fixation stable est assurée par une fixation trans-osseuse avec vis d’interférence ou ténodèse. La tension du transplant est un point crucial, mais elle ne fait pas l’objet d’un consensus. La règle est de chercher une mise en tension maximale pour l’effet recherché. Une immobilisation postopératoire est généralement recommandée. Le temps d’immobilisation, variable selon les gestes associés, les indications et le type de fixation, est généralement de 4 à 6 semaines. Tous les transferts sont suivis d’une rééducation visant à reprogrammer la marche avec un nouveau schéma moteur. Il est recommandé de ne pas autoriser de travail de renforcement musculaire contre résistance avant la fin du 3<sup>e</sup> mois postopératoire. L’indication chirurgicale posée, le choix du transfert est fait au cas par cas. Une procédure chirurgicale rigoureuse, une fixation stable, une immobilisation suffisante et une rééducation adaptée sont les points clés de la prise en charge chirurgicale par transfert tendineux.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V.</div></div><div><div>Tendon transfers are indicated for the treatment of a large number of deformities (cavus foot, flat foot, etc.) and tendon pathologies (Achilles, fibular, etc.) in the foot and ankle. The aim of tendon transfer is to compensate for the inadequacy of a muscle or muscle group, or to supplement a pathological muscle by means of transfer. This procedure is part of a global approach to pathology, in which tendon transfer is a key element in the therapeutic chain. During the same procedure, it will be necessary to discuss the correction of bony axes and deformities on a case-by-case basis, and to manage associated retractions. The success of the tendon transfer depends on the reducibility of the underlying deformities. Fixation of a tendon transfer can be achieved either by transosseous fixation using an interference screw or by tenodesis. As a rule, the transfer should be fixed with maximum tension. The duration of immobilisation and the principles of rehabilitation depend on the ass","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 674-684"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-07-07","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160397","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
La drépanocytose est la maladie génétique grave la plus fréquente dans le monde. Cette maladie, systémique, est caractérisée par des phénomènes vaso-occlusifs, notamment dans le réseau capillaire osseux. De ce fait, les manifestations orthopédiques de la pathologie sont les complications les plus fréquentes avec un fort impact sur la qualité de vie des patients. Chez l’enfant, ces complications se manifestent principalement par les infarctus osseux, les ostéonécroses aseptiques (ONA) épiphysaires et les infections ostéoarticulaires (ostéomyélites aiguës et chroniques, ostéoarthrites et arthrites septiques). Les ONA atteignent principalement les extrémités proximales du fémur et de l’humérus. Celles-ci peuvent être parfaitement asymptomatiques dans l’enfance mais elles se détériorent quasiment systématiques lors de la 3e décennie en l’absence de prise en charge précoce dans l’enfance, période durant laquelle il existe des possibilités de revascularisation et de remodelage. Pour les infections ostéoarticulaires (IOA), leur pronostic est plus sévère que celui des IOA communautaires de l’enfant, car le retard de prise en charge est fréquent en raison des difficultés diagnostiques du fait de l’absence de signes cliniques et paracliniques spécifiques permettant de les différentier d’une crise vaso-occlusive (CVO) aiguë. Les germes les plus fréquemment incriminés sont les salmonelles mineures et le Staphylocoque aureus. En raison de l’incidence élevée des chirurgies itératives et des séquelles, une surveillance radioclinique systématique est nécessaire. Toute chirurgie chez l’enfant drépanocytaire impose des précautions particulières reposant principalement sur des mesures préventives permettant d’éviter la déshydratation, l’hypoxie, l’hypothermie, l’anémie aiguë et les douleurs qui peuvent déclencher un épisode vaso-occlusif mettant en jeu le pronostic vital du patient. Dans tous les cas, la prise en charge des complications orthopédiques se fait dans un centre spécialisé et de référence avec des équipes médicochirurgicales multidisciplinaires expérimentées.
Niveau de preuve
V : avis d’experts.
Sickle cell disease is the most common serious genetic disease in the world. It is a systemic disease, characterized by vaso-occlusive phenomena, especially in the bone capillary network. Orthopedic complications are thus the most common, with a strong impact on quality of life. In children, these complications mainly comprise bone infarction, epiphyseal aseptic osteonecrosis, and bone and joint infection: acute or chronic osteomyelitis, osteoarthritis and septic arthritis. Aseptic osteonecrosis mainly involves the proximal extremities of the femur and humerus. It may be completely asymptomatic in childhood, but almost systematically deteriorates during the 3rd decade without early management, while in childhood there are opportunities for revascularization and remodeling. Prognosis
{"title":"Les complications orthopédiques de la drépanocytose chez l’enfant","authors":"Anne-Laure Simon, Lucrezia Montanari, Cindy Mallet, Brice Ilharreborde","doi":"10.1016/j.rcot.2025.04.005","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.04.005","url":null,"abstract":"<div><div>La drépanocytose est la maladie génétique grave la plus fréquente dans le monde. Cette maladie, systémique, est caractérisée par des phénomènes vaso-occlusifs, notamment dans le réseau capillaire osseux. De ce fait, les manifestations orthopédiques de la pathologie sont les complications les plus fréquentes avec un fort impact sur la qualité de vie des patients. Chez l’enfant, ces complications se manifestent principalement par les infarctus osseux, les ostéonécroses aseptiques (ONA) épiphysaires et les infections ostéoarticulaires (ostéomyélites aiguës et chroniques, ostéoarthrites et arthrites septiques). Les ONA atteignent principalement les extrémités proximales du fémur et de l’humérus. Celles-ci peuvent être parfaitement asymptomatiques dans l’enfance mais elles se détériorent quasiment systématiques lors de la 3<sup>e</sup> décennie en l’absence de prise en charge précoce dans l’enfance, période durant laquelle il existe des possibilités de revascularisation et de remodelage. Pour les infections ostéoarticulaires (IOA), leur pronostic est plus sévère que celui des IOA communautaires de l’enfant, car le retard de prise en charge est fréquent en raison des difficultés diagnostiques du fait de l’absence de signes cliniques et paracliniques spécifiques permettant de les différentier d’une crise vaso-occlusive (CVO) aiguë. Les germes les plus fréquemment incriminés sont les salmonelles mineures et le <em>Staphylocoque aureus</em>. En raison de l’incidence élevée des chirurgies itératives et des séquelles, une surveillance radioclinique systématique est nécessaire. Toute chirurgie chez l’enfant drépanocytaire impose des précautions particulières reposant principalement sur des mesures préventives permettant d’éviter la déshydratation, l’hypoxie, l’hypothermie, l’anémie aiguë et les douleurs qui peuvent déclencher un épisode vaso-occlusif mettant en jeu le pronostic vital du patient. Dans tous les cas, la prise en charge des complications orthopédiques se fait dans un centre spécialisé et de référence avec des équipes médicochirurgicales multidisciplinaires expérimentées.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V : avis d’experts.</div></div><div><div>Sickle cell disease is the most common serious genetic disease in the world. It is a systemic disease, characterized by vaso-occlusive phenomena, especially in the bone capillary network. Orthopedic complications are thus the most common, with a strong impact on quality of life. In children, these complications mainly comprise bone infarction, epiphyseal aseptic osteonecrosis, and bone and joint infection: acute or chronic osteomyelitis, osteoarthritis and septic arthritis. Aseptic osteonecrosis mainly involves the proximal extremities of the femur and humerus. It may be completely asymptomatic in childhood, but almost systematically deteriorates during the 3rd decade without early management, while in childhood there are opportunities for revascularization and remodeling. Prognosis ","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 525-536"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-07-04","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145160113","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-07-02DOI: 10.1016/j.rcot.2025.06.004
Matthieu Lalevée , Louis Dagneaux , François Lintz , Cesar de Cesar Netto
<div><div>Le pied plat acquis de l’adulte, récemment renommé « Progressive Collapsing Foot Deformity » (PCFD) ou « déformation du pied par effondrement progressif », est de diagnostic et traitement difficiles en raison de la nature encore mal comprise de sa pathogénie qui comporte une interaction complexe entre les tissus mous et les structures osseuses. Longtemps considéré comme lié essentiellement à la défaillance du tendon tibial postérieur, le PCFD est aujourd’hui considéré comme une déformation multifactorielle (dysplasie osseuse, malposition articulaire, déséquilibre tendino-musculaire..), dont de nombreuses facettes restent à explorer. Cette étude se propose de faire le point sur cette pathologie en répondant aux 5 questions suivantes : (1) Le pied plat est-il réellement un problème fonctionnel ? Un pied plat constitutionnel stable est généralement asymptomatique. En revanche, un pied plat ou non plat en cours d’affaissement, caractérisé par un effondrement progressif des arches (PCFD), est douloureux. (2) Quel rôle jouent les parties molles dans sa pathogénèse ? Le rôle central attribué au tendon tibial postérieur et à sa rupture, supposée déclencher une cascade chronologique de déformations, est désormais remis en question. (3) Comment classifier un pied plat ? La classification <em>Progressive Collapsing Foot Deformity</em> (PCFD) distingue cinq types de déformations : le valgus de l’arrière-pied, l’abduction du médio-pied, le varus de l’avant-pied, la subluxation péri-talienne, et le valgus tibio-talien. Ces déformations peuvent survenir de manière isolée ou combinée, sans ordre chronologique préétabli, et chacune peut être souple ou rigide. (4) Quelle est la contribution de l’imagerie moderne ? Les outils comme le Cône Beam CT en charge permettent d’identifier précocement les subluxations et conflits articulaires, clarifiant la distinction entre un pied plat stable et un PCFD, tout en révélant les déformations complexes non détectées par des méthodes conventionnelles. (5) Quelles sont les réflexions actuelles et les perspectives ? Les recherches visent à différencier les pieds plats constitutionnels stables des PCFD, pour mieux identifier les facteurs de risque d’évolution symptomatique. L’imagerie dynamique, telle que la fluoroscopie biplane, offre une analyse précise et en temps réel des mouvements osseux, tandis que les simulations numériques, intégrant à la fois les parties molles et les structures osseuses, contribuent à une compréhension approfondie de l’apparition et de la progression des déformations.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V.</div></div><div><div>Adult acquired flatfoot, recently renamed Progressive Collapsing Foot Deformity (PCFD), is challenging to diagnose and treat due to the still poorly understood nature of its pathogenesis, which involves a complex interaction between soft tissues and bony structures. Long regarded as primarily linked to posterior tibial tendon dysfunction, PCFD is now considered
{"title":"Les nouvelles modalités diagnostiques du pied plat","authors":"Matthieu Lalevée , Louis Dagneaux , François Lintz , Cesar de Cesar Netto","doi":"10.1016/j.rcot.2025.06.004","DOIUrl":"10.1016/j.rcot.2025.06.004","url":null,"abstract":"<div><div>Le pied plat acquis de l’adulte, récemment renommé « Progressive Collapsing Foot Deformity » (PCFD) ou « déformation du pied par effondrement progressif », est de diagnostic et traitement difficiles en raison de la nature encore mal comprise de sa pathogénie qui comporte une interaction complexe entre les tissus mous et les structures osseuses. Longtemps considéré comme lié essentiellement à la défaillance du tendon tibial postérieur, le PCFD est aujourd’hui considéré comme une déformation multifactorielle (dysplasie osseuse, malposition articulaire, déséquilibre tendino-musculaire..), dont de nombreuses facettes restent à explorer. Cette étude se propose de faire le point sur cette pathologie en répondant aux 5 questions suivantes : (1) Le pied plat est-il réellement un problème fonctionnel ? Un pied plat constitutionnel stable est généralement asymptomatique. En revanche, un pied plat ou non plat en cours d’affaissement, caractérisé par un effondrement progressif des arches (PCFD), est douloureux. (2) Quel rôle jouent les parties molles dans sa pathogénèse ? Le rôle central attribué au tendon tibial postérieur et à sa rupture, supposée déclencher une cascade chronologique de déformations, est désormais remis en question. (3) Comment classifier un pied plat ? La classification <em>Progressive Collapsing Foot Deformity</em> (PCFD) distingue cinq types de déformations : le valgus de l’arrière-pied, l’abduction du médio-pied, le varus de l’avant-pied, la subluxation péri-talienne, et le valgus tibio-talien. Ces déformations peuvent survenir de manière isolée ou combinée, sans ordre chronologique préétabli, et chacune peut être souple ou rigide. (4) Quelle est la contribution de l’imagerie moderne ? Les outils comme le Cône Beam CT en charge permettent d’identifier précocement les subluxations et conflits articulaires, clarifiant la distinction entre un pied plat stable et un PCFD, tout en révélant les déformations complexes non détectées par des méthodes conventionnelles. (5) Quelles sont les réflexions actuelles et les perspectives ? Les recherches visent à différencier les pieds plats constitutionnels stables des PCFD, pour mieux identifier les facteurs de risque d’évolution symptomatique. L’imagerie dynamique, telle que la fluoroscopie biplane, offre une analyse précise et en temps réel des mouvements osseux, tandis que les simulations numériques, intégrant à la fois les parties molles et les structures osseuses, contribuent à une compréhension approfondie de l’apparition et de la progression des déformations.</div></div><div><h3>Niveau de preuve</h3><div>V.</div></div><div><div>Adult acquired flatfoot, recently renamed Progressive Collapsing Foot Deformity (PCFD), is challenging to diagnose and treat due to the still poorly understood nature of its pathogenesis, which involves a complex interaction between soft tissues and bony structures. Long regarded as primarily linked to posterior tibial tendon dysfunction, PCFD is now considered","PeriodicalId":39565,"journal":{"name":"Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique","volume":"111 6","pages":"Pages 708-719"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-07-02","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145154644","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}