Pub Date : 2025-09-01DOI: 10.1016/j.praneu.2025.07.002
S. Léonard , M. Hézode-Arzel
L’électroneuromyogramme (ENMG) est essentiel pour le diagnostic de myopathie. Il permet le plus souvent de confirmer la suspicion clinique lors d’un examen de détection à l’aiguille soigneux qui, dès lors qu’on en connaît les pièges, montre les anomalies myogènes de recrutement et de modification morphologique des potentiels d’unité motrice. Il oriente en outre le diagnostic en recherchant une éventuelle neuropathie associée mais aussi en utilisant des tests fonctionnels qui s’avèrent très souvent indispensables en termes de diagnostic différentiel.
EMG is essential for the diagnosis of myopathy. In most cases, it confirms clinical suspicion by means of a careful detection examination which, once its pitfalls are known, takes care to show myogenic abnormalities in the recruitment and morphological modification of motor unit potentials. It also orients the diagnosis by looking for associated neuropathy, as well as using functional tests, which are essential in differential diagnosis.
{"title":"Suspicion de myopathie : stratégie ENMG, diagnostics différentiels","authors":"S. Léonard , M. Hézode-Arzel","doi":"10.1016/j.praneu.2025.07.002","DOIUrl":"10.1016/j.praneu.2025.07.002","url":null,"abstract":"<div><div>L’électroneuromyogramme (ENMG) est essentiel pour le diagnostic de myopathie. Il permet le plus souvent de confirmer la suspicion clinique lors d’un examen de détection à l’aiguille soigneux qui, dès lors qu’on en connaît les pièges, montre les anomalies myogènes de recrutement et de modification morphologique des potentiels d’unité motrice. Il oriente en outre le diagnostic en recherchant une éventuelle neuropathie associée mais aussi en utilisant des tests fonctionnels qui s’avèrent très souvent indispensables en termes de diagnostic différentiel.</div></div><div><div>EMG is essential for the diagnosis of myopathy. In most cases, it confirms clinical suspicion by means of a careful detection examination which, once its pitfalls are known, takes care to show myogenic abnormalities in the recruitment and morphological modification of motor unit potentials. It also orients the diagnosis by looking for associated neuropathy, as well as using functional tests, which are essential in differential diagnosis.</div></div>","PeriodicalId":53613,"journal":{"name":"Pratique Neurologique - FMC","volume":"16 3","pages":"Pages 194-199"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-09-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"144933747","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-09-01DOI: 10.1016/j.praneu.2025.07.005
R. Lebeau , J-C. Lafontaine , H. Zéphir
L’encéphalite auto-immune (EAI) est une entité désormais bien connue, évoquée devant un tableau subaigu associant des troubles cognitivo-comportementaux à des crises d’épilepsie. Il faut cependant être vigilant concernant certains pièges diagnostiques, notamment en cas de négativité des dosages d’anticorps. Nous présentons ici le cas d’une femme de 56 ans admise sur un tableau subaigu de troubles cognitifs et de crises d’épilepsie, faisant évoquer en première intention une EAI séronégative. L’évolution a cependant été atypique sous traitement immuno-modulateur, motivant un suivi rapproché et la réalisation d’examens complémentaires. Ces derniers ont révélé des résultats inhabituels pour une EAI, tels que des prises de contraste gadolinium et hyperperfusion en IRM, un ratio Cho/NAA élevé en spectroscopie et un hypométabolisme en TEP cérébrale. La biopsie cérébrale a finalement permis de rectifier le diagnostic vers un glioblastome moléculaire de grade 4 de localisation bi-temporale. Une topographie peu fréquente pour une tumeur primitive du système nerveux centrale qui peut mimer à tort une EAI.
Autoimmune encephalitis (AE) is now a well-recognized entity, often considered in cases of subacute cognitive and behavioral impairment associated with epileptic seizures. However, caution is necessary regarding certain diagnostic pitfalls, especially in cases where antibody testing yields negative results. Here, we present the case of a 56-year-old woman admitted with a subacute presentation of cognitive disturbances and epileptic seizures, initially suggesting seronegative AE. The course was atypical despite immunomodulatory treatment, prompting closer follow-up and additional examinations. These revealed unusual findings for AE, such as gadolinium contrast enhancement and hyperperfusion on MRI, an elevated Cho/NAA ratio on spectroscopy, and hypometabolism on brain PET scan. Ultimately, brain biopsy clarified the diagnosis as a molecular Grade IV glioblastoma with bilateral temporal lobe localization. This is an uncommon location for a primary central nervous system tumor and can mimic AE erroneously.
{"title":"Épilepsie de novo chez une patiente de 56 ans","authors":"R. Lebeau , J-C. Lafontaine , H. Zéphir","doi":"10.1016/j.praneu.2025.07.005","DOIUrl":"10.1016/j.praneu.2025.07.005","url":null,"abstract":"<div><div>L’encéphalite auto-immune (EAI) est une entité désormais bien connue, évoquée devant un tableau subaigu associant des troubles cognitivo-comportementaux à des crises d’épilepsie. Il faut cependant être vigilant concernant certains pièges diagnostiques, notamment en cas de négativité des dosages d’anticorps. Nous présentons ici le cas d’une femme de 56 <span>ans</span> admise sur un tableau subaigu de troubles cognitifs et de crises d’épilepsie, faisant évoquer en première intention une EAI séronégative. L’évolution a cependant été atypique sous traitement immuno-modulateur, motivant un suivi rapproché et la réalisation d’examens complémentaires. Ces derniers ont révélé des résultats inhabituels pour une EAI, tels que des prises de contraste gadolinium et hyperperfusion en IRM, un ratio Cho/NAA élevé en spectroscopie et un hypométabolisme en TEP cérébrale. La biopsie cérébrale a finalement permis de rectifier le diagnostic vers un glioblastome moléculaire de grade 4 de localisation bi-temporale. Une topographie peu fréquente pour une tumeur primitive du système nerveux centrale qui peut mimer à tort une EAI.</div></div><div><div>Autoimmune encephalitis (AE) is now a well-recognized entity, often considered in cases of subacute cognitive and behavioral impairment associated with epileptic seizures. However, caution is necessary regarding certain diagnostic pitfalls, especially in cases where antibody testing yields negative results. Here, we present the case of a 56-year-old woman admitted with a subacute presentation of cognitive disturbances and epileptic seizures, initially suggesting seronegative AE. The course was atypical despite immunomodulatory treatment, prompting closer follow-up and additional examinations. These revealed unusual findings for AE, such as gadolinium contrast enhancement and hyperperfusion on MRI, an elevated Cho/NAA ratio on spectroscopy, and hypometabolism on brain PET scan. Ultimately, brain biopsy clarified the diagnosis as a molecular Grade IV glioblastoma with bilateral temporal lobe localization. This is an uncommon location for a primary central nervous system tumor and can mimic AE erroneously.</div></div>","PeriodicalId":53613,"journal":{"name":"Pratique Neurologique - FMC","volume":"16 3","pages":"Pages 211-214"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-09-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"144932487","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-09-01DOI: 10.1016/j.praneu.2025.07.003
F. Grailet, F.C. Wang
Ce document se présente comme un catalogue des techniques d’électroneuromyographie (ENMG) utilisées pour diagnostiquer les neuropathies tronculaires du pied. L’exploration de cette région représente un défi pour le spécialiste de l’ENMG en raison de la finesse des structures nerveuses et de la diversité des variantes anatomiques. Ainsi, l’accent est mis sur les techniques garantissant des réponses systématiques dans une population contrôle saine, indépendamment de ses caractéristiques (âge, taille, poids). Ce répertoire technique est structuré autour de deux éléments essentiels : un rappel des connaissances anatomiques indispensables et une énumération des valeurs normatives associées à chaque méthode.
This document serves as a catalog of electroneuromyography (ENMG) techniques used to diagnose truncal neuropathies of the foot. Exploring this region presents a challenge for the ENMG specialist due to the delicate nature of the nerve structures and the diversity of anatomical variations. Therefore, emphasis is placed on techniques that ensure consistent responses in a healthy control population, regardless of its characteristics (age, height, weight). This technical repertoire is structured around two key elements: a review of essential anatomical knowledge and a listing of normative values associated with each method.
{"title":"Explorations ENMG du pied","authors":"F. Grailet, F.C. Wang","doi":"10.1016/j.praneu.2025.07.003","DOIUrl":"10.1016/j.praneu.2025.07.003","url":null,"abstract":"<div><div>Ce document se présente comme un catalogue des techniques d’électroneuromyographie (ENMG) utilisées pour diagnostiquer les neuropathies tronculaires du pied. L’exploration de cette région représente un défi pour le spécialiste de l’ENMG en raison de la finesse des structures nerveuses et de la diversité des variantes anatomiques. Ainsi, l’accent est mis sur les techniques garantissant des réponses systématiques dans une population contrôle saine, indépendamment de ses caractéristiques (âge, taille, poids). Ce répertoire technique est structuré autour de deux éléments essentiels : un rappel des connaissances anatomiques indispensables et une énumération des valeurs normatives associées à chaque méthode.</div></div><div><div>This document serves as a catalog of electroneuromyography (ENMG) techniques used to diagnose truncal neuropathies of the foot. Exploring this region presents a challenge for the ENMG specialist due to the delicate nature of the nerve structures and the diversity of anatomical variations. Therefore, emphasis is placed on techniques that ensure consistent responses in a healthy control population, regardless of its characteristics (age, height, weight). This technical repertoire is structured around two key elements: a review of essential anatomical knowledge and a listing of normative values associated with each method.</div></div>","PeriodicalId":53613,"journal":{"name":"Pratique Neurologique - FMC","volume":"16 3","pages":"Pages 185-193"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-09-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"144932483","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-09-01DOI: 10.1016/j.praneu.2025.05.001
B. Laurens , C. Bonnet , M. Bonnet , G. Dupont , M. Fabbri , P. Prin , J. Ruggeri , P. Damier
La maladie de Parkinson est, tout au long de son évolution, à l’origine de multiples incapacités et déficiences (motrices, cognitives, psychiatriques, dysautonomie…) qui peuvent avoir un impact direct sur l’aptitude à la conduite automobile. Cette aptitude doit être régulièrement évaluée. Depuis l’arrêté ministériel du 28 mars 2022, les troubles neurologiques de la maladie de Parkinson sont susceptibles d’entraîner une incompatibilité à la conduite automobile et de nécessiter une validation du permis par un médecin agréé. À partir d’une revue de la littérature et d’avis d’experts, nous avons proposé une méthode simple d’évaluation pour les médecins spécialistes en neurologie ou gériatrie. Le risque à la conduite a été catégorisé selon 3 niveaux : « feu vert » (risque minime), « feu orange » (risque modéré qui nécessite une évaluation plus détaillée, idéalement avec un test de conduite en conditions réelles), et « feu rouge » (risque majeur devant faire cesser la conduite). La restriction ou l’interdiction de la conduite a souvent un impact majeur pour les malades et leurs aidants sur le plan psychologique et celui de l’autonomie. Toute restriction de la conduite automobile doit être accompagnée de conseils et d’accompagnement vers d’autres formes de mobilité.
All along its progression, Parkinson's disease (PD) causes many disabilities (e.g. motor, cognitive, psychiatric or dysautonomia), which could impact driving ability. Thus, driving ability must be regularly assessed. In France, since the 28 March 2022 ministerial decree, parkinsonian symptoms must be considered as having a potential impact on driving capacity and might need the renewal of the driving license to be validated. Based on the review of published articles on the subject and on experts’ opinion, we have proposed a simple method of assessment to be used by neurologists or geriatricians. We have defined a 3-level risk gradation: “green light” (mild risk of car accident), “orange light” (moderate risk, thus requiring a more detailed evaluation – ideally with a real-world driving test), and “red light” (high risk that leads to recommend driving cessation). Restriction or cessation of driving has for patients and caregivers a major impact on autonomy and psychological well-being. Any imposed driving restriction should be accompanied by advice and support towards other forms of mobility.
{"title":"Recommandations pour l’accompagnement et l’orientation vis-à-vis de la conduite automobile des personnes atteintes de maladie de Parkinson ou d’un syndrome parkinsonien : un consensus de la Société francophone des mouvements anormaux (SOFMA)","authors":"B. Laurens , C. Bonnet , M. Bonnet , G. Dupont , M. Fabbri , P. Prin , J. Ruggeri , P. Damier","doi":"10.1016/j.praneu.2025.05.001","DOIUrl":"10.1016/j.praneu.2025.05.001","url":null,"abstract":"<div><div>La maladie de Parkinson est, tout au long de son évolution, à l’origine de multiples incapacités et déficiences (motrices, cognitives, psychiatriques, dysautonomie…) qui peuvent avoir un impact direct sur l’aptitude à la conduite automobile. Cette aptitude doit être régulièrement évaluée. Depuis l’arrêté ministériel du 28 mars 2022, les troubles neurologiques de la maladie de Parkinson sont susceptibles d’entraîner une incompatibilité à la conduite automobile et de nécessiter une validation du permis par un médecin agréé. À partir d’une revue de la littérature et d’avis d’experts, nous avons proposé une méthode simple d’évaluation pour les médecins spécialistes en neurologie ou gériatrie. Le risque à la conduite a été catégorisé selon 3 niveaux : « feu vert » (risque minime), « feu orange » (risque modéré qui nécessite une évaluation plus détaillée, idéalement avec un test de conduite en conditions réelles), et « feu rouge » (risque majeur devant faire cesser la conduite). La restriction ou l’interdiction de la conduite a souvent un impact majeur pour les malades et leurs aidants sur le plan psychologique et celui de l’autonomie. Toute restriction de la conduite automobile doit être accompagnée de conseils et d’accompagnement vers d’autres formes de mobilité.</div></div><div><div>All along its progression, Parkinson's disease (PD) causes many disabilities (e.g. motor, cognitive, psychiatric or dysautonomia), which could impact driving ability. Thus, driving ability must be regularly assessed. In France, since the 28 March 2022 ministerial decree, parkinsonian symptoms must be considered as having a potential impact on driving capacity and might need the renewal of the driving license to be validated. Based on the review of published articles on the subject and on experts’ opinion, we have proposed a simple method of assessment to be used by neurologists or geriatricians. We have defined a 3-level risk gradation: “green light” (mild risk of car accident), “orange light” (moderate risk, thus requiring a more detailed evaluation – ideally with a real-world driving test), and “red light” (high risk that leads to recommend driving cessation). Restriction or cessation of driving has for patients and caregivers a major impact on autonomy and psychological well-being. Any imposed driving restriction should be accompanied by advice and support towards other forms of mobility.</div></div>","PeriodicalId":53613,"journal":{"name":"Pratique Neurologique - FMC","volume":"16 3","pages":"Pages 163-177"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-09-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"144932481","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-09-01DOI: 10.1016/j.praneu.2025.07.009
A. Demas
<div><div>La neuroculture est un concept qui explore les liens réciproques entre le cerveau humain et les productions culturelles. Il s’agit de comprendre comment notre activité cérébrale façonne la culture, les récits, les images, les gestes, et comment, en retour, la culture transforme notre façon de percevoir, de penser et de ressentir. La culture n’est donc pas seulement un produit social ou artistique, elle est aussi une expression du fonctionnement du cerveau. Ce champ d’étude croise les neurosciences et les sciences humaines. Il permet d’analyser les phénomènes culturels comme des prolongements naturels de l’activité cérébrale, mais aussi comme des éléments capables de modifier le cerveau. Les artistes, les rituels, les symboles sont autant de formes qui, consciemment ou non, agissent sur notre mémoire, notre attention ou nos émotions. La neuroculture donne ainsi au neurologue un regard nouveau sur le monde : celui d’un observateur des comportements, des symboles et des récits qui influencent la santé mentale et cognitive. Elle permet aussi de mieux comprendre certaines évolutions récentes de notre société, comme la dépendance aux écrans ou les nouvelles formes de fatigue mentale liées aux réseaux sociaux et aux technologies numériques. Cette pratique ouvre aussi des perspectives en art et en médecine. Des œuvres anciennes peuvent révéler des signes médicaux passés inaperçus, à travers l’iconodiagnostic et la sémiophorie. Elle invite aussi à repenser la façon dont certaines pratiques culturelles, comme les rituels ou les chants, influencent les états de conscience et la régulation émotionnelle. En somme, la neuroculture propose de mieux comprendre le dialogue permanent entre notre cerveau et le monde que nous créons. Elle offre aux neurologues, mais aussi aux chercheurs et aux cliniciens, une nouvelle manière d’aborder les comportements humains et les enjeux de société à travers le prisme des neurosciences.</div></div><div><div>Neuroculture is a concept that explores the reciprocal links between the human brain and cultural productions. It aims to understand how our brain activity shapes culture, stories, images, and gestures, and how, in turn, culture transforms our way of perceiving, thinking, and feeling. Therefore, culture is not only a social or artistic product; it is also an expression of how the brain functions. This field of study intersects neuroscience and the human sciences. It allows for the analysis of cultural phenomena as natural extensions of brain activity, but also as elements capable of modifying the brain. Artists, rituals, and symbols are all forms that, consciously or unconsciously, influence our memory, attention, and emotions. Neuroculture thus provides neurologists with a new perspective on the world: that of an observer of behaviors, symbols, and narratives that influence mental and cognitive health. It also helps to better understand certain recent developments in our society, such as screen addiction or new for
{"title":"Neuroculture : quand la neurologie pense le monde","authors":"A. Demas","doi":"10.1016/j.praneu.2025.07.009","DOIUrl":"10.1016/j.praneu.2025.07.009","url":null,"abstract":"<div><div>La neuroculture est un concept qui explore les liens réciproques entre le cerveau humain et les productions culturelles. Il s’agit de comprendre comment notre activité cérébrale façonne la culture, les récits, les images, les gestes, et comment, en retour, la culture transforme notre façon de percevoir, de penser et de ressentir. La culture n’est donc pas seulement un produit social ou artistique, elle est aussi une expression du fonctionnement du cerveau. Ce champ d’étude croise les neurosciences et les sciences humaines. Il permet d’analyser les phénomènes culturels comme des prolongements naturels de l’activité cérébrale, mais aussi comme des éléments capables de modifier le cerveau. Les artistes, les rituels, les symboles sont autant de formes qui, consciemment ou non, agissent sur notre mémoire, notre attention ou nos émotions. La neuroculture donne ainsi au neurologue un regard nouveau sur le monde : celui d’un observateur des comportements, des symboles et des récits qui influencent la santé mentale et cognitive. Elle permet aussi de mieux comprendre certaines évolutions récentes de notre société, comme la dépendance aux écrans ou les nouvelles formes de fatigue mentale liées aux réseaux sociaux et aux technologies numériques. Cette pratique ouvre aussi des perspectives en art et en médecine. Des œuvres anciennes peuvent révéler des signes médicaux passés inaperçus, à travers l’iconodiagnostic et la sémiophorie. Elle invite aussi à repenser la façon dont certaines pratiques culturelles, comme les rituels ou les chants, influencent les états de conscience et la régulation émotionnelle. En somme, la neuroculture propose de mieux comprendre le dialogue permanent entre notre cerveau et le monde que nous créons. Elle offre aux neurologues, mais aussi aux chercheurs et aux cliniciens, une nouvelle manière d’aborder les comportements humains et les enjeux de société à travers le prisme des neurosciences.</div></div><div><div>Neuroculture is a concept that explores the reciprocal links between the human brain and cultural productions. It aims to understand how our brain activity shapes culture, stories, images, and gestures, and how, in turn, culture transforms our way of perceiving, thinking, and feeling. Therefore, culture is not only a social or artistic product; it is also an expression of how the brain functions. This field of study intersects neuroscience and the human sciences. It allows for the analysis of cultural phenomena as natural extensions of brain activity, but also as elements capable of modifying the brain. Artists, rituals, and symbols are all forms that, consciously or unconsciously, influence our memory, attention, and emotions. Neuroculture thus provides neurologists with a new perspective on the world: that of an observer of behaviors, symbols, and narratives that influence mental and cognitive health. It also helps to better understand certain recent developments in our society, such as screen addiction or new for","PeriodicalId":53613,"journal":{"name":"Pratique Neurologique - FMC","volume":"16 3","pages":"Pages 222-229"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-09-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"144932490","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-09-01DOI: 10.1016/j.praneu.2025.07.010
A. Magot , P. Devic , F. Bouhour
L’exploration ENMG de la face et de la sphère bulbaire permet d’analyser divers troubles neurologiques, incluant paralysies faciales, spasmes hémifaciaux, troubles de la déglutition et de la phonation. La neurographie des nerfs crâniens (VII, XI, XII) évalue le fonctionnement tronculaire, tandis que le réflexe de clignement permet d’explorer les nerfs trijumeau et facial ainsi que le fonctionnement du tronc cérébral. L’exploration électrophysiologique joue un rôle clé dans le diagnostic des neuropathies des nerfs crâniens, de la myasthénie et des pathologies motoneuronales, dont la SLA. L’ENMG aide à différencier les troubles de la jonction neuromusculaire des neuropathies démyélinisantes. Enfin, dans le spasme hémifacial, l’ENMG met en évidence une hyperexcitabilité du nerf facial, facilitant le diagnostic et l’orientation thérapeutique.
Facial and bulbar ENMG exploration is crucial for assessing various neurological disorders, including facial paralysis, hemifacial spasms, swallowing, and speech disorders. Cranial nerve neurography (VII, XI, XII) evaluates nerve conduction, while the blink reflex test assesses the cranial nerves. Electrophysiological testing plays a key role in diagnosing trigeminal or facial neuropathies, myasthenia gravis, and motor neuron diseases such as ALS. ENMG helps distinguish neuromuscular junction disorders from demyelinating neuropathies. Finally, in hemifacial spasm, ENMG reveals facial nerve hyperexcitability, aiding diagnosis and therapeutic guidance.
{"title":"Exploration ENMG de la face et de la sphère bulbaire","authors":"A. Magot , P. Devic , F. Bouhour","doi":"10.1016/j.praneu.2025.07.010","DOIUrl":"10.1016/j.praneu.2025.07.010","url":null,"abstract":"<div><div>L’exploration ENMG de la face et de la sphère bulbaire permet d’analyser divers troubles neurologiques, incluant paralysies faciales, spasmes hémifaciaux, troubles de la déglutition et de la phonation. La neurographie des nerfs crâniens (VII, XI, XII) évalue le fonctionnement tronculaire, tandis que le réflexe de clignement permet d’explorer les nerfs trijumeau et facial ainsi que le fonctionnement du tronc cérébral. L’exploration électrophysiologique joue un rôle clé dans le diagnostic des neuropathies des nerfs crâniens, de la myasthénie et des pathologies motoneuronales, dont la SLA. L’ENMG aide à différencier les troubles de la jonction neuromusculaire des neuropathies démyélinisantes. Enfin, dans le spasme hémifacial, l’ENMG met en évidence une hyperexcitabilité du nerf facial, facilitant le diagnostic et l’orientation thérapeutique.</div></div><div><div>Facial and bulbar ENMG exploration is crucial for assessing various neurological disorders, including facial paralysis, hemifacial spasms, swallowing, and speech disorders. Cranial nerve neurography (VII, XI, XII) evaluates nerve conduction, while the blink reflex test assesses the cranial nerves. Electrophysiological testing plays a key role in diagnosing trigeminal or facial neuropathies, myasthenia gravis, and motor neuron diseases such as ALS. ENMG helps distinguish neuromuscular junction disorders from demyelinating neuropathies. Finally, in hemifacial spasm, ENMG reveals facial nerve hyperexcitability, aiding diagnosis and therapeutic guidance.</div></div>","PeriodicalId":53613,"journal":{"name":"Pratique Neurologique - FMC","volume":"16 3","pages":"Pages 200-210"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-09-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"144932484","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}