Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.021
D. Bouzid , D. Rouzaud , J. Rio , R. Borie , C. Choquet , G. Ducrocq , J.F. Alexandra , A. Dossier , T. Papo , A. Mageau , K. Sacre
<div><h3>Introduction</h3><div>La plupart des patients atteints de syndrome des antiphospholipides (SAPL) sont diagnostiqués avant 50 ans. La thrombose veineuse, souvent inaugurale, est la plus fréquente manifestation du SAPL. De nouveaux critères de classification ACR/EULAR du SAPL ont été publiés en 2023. Bien que les critères de classification ne soient pas des critères diagnostiques, nous avons cherché à tester la performance des nouveaux critères ACR/EULAR 2023 pour le diagnostic de SAPL chez des patients de moins de 50 ans hospitalisés pour une embolie pulmonaire (EP).</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Pendant 5 ans (2017, 2018, 2019, 2022, 2023), tous les dossiers médicaux électroniques des patients de moins de 50 <span>ans</span> admis dans 4 services médicaux (médecine interne, cardiologie, pneumologie et urgences de court séjour) de notre hôpital avec un diagnostic de EP ont été analysés rétrospectivement. Les admissions en 2020 et 2021 n’ont pas été considérées afin d’éviter un biais dû à la pandémie de COVID-19. Les codes de la 10e révision de la classification internationale des maladies ont été utilisés pour identifier les patients à partir des bases de données du PMSI. Les données démographiques, les antécédents médicaux, les données cliniques et biologiques ont été extraites à l’aide d’un formulaire standardisé. Le diagnostic de SAPL était basé sur le jugement des cliniciens en contexte des soins.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur une période de 5 ans, 166 patients de moins de 50 ans (43 % de femmes, âge médian 38 [33 ;45] ans) ont été admis pour une EP. L’EP était le premier événement thrombotique chez 122 patients (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->122/166, 75 %). Au moins un test aPL (à savoir l’anticoagulant lupique - ACC, l’anticardiolipine IgG/IgM – aCL et/ou les anticorps IgG/IgM anti-β2glycoprotéine-1–aβ2gp-1) a été réalisé au moment du diagnostic d’EP chez 135 patients (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->135/166, 81 %) et s’est avéré positif chez 39 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->39/135, 29 %). Au total, le diagnostic de SAPL était retenu chez 11 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11/135, 8 %) patients en raison de la positivité persistante (au moins 12 semaines d’intervalle) de ACC (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->10) et/ou aCL IgG à titre élevé (><!--> <!-->80U sur ELISa) (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1) et/ou aCL IgG à titre modéré (49–79U) (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->6) et/ou aβ2gp-1 IgG à titre élevé (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->3) et/ou aβ2gp-1 IgG/IgM à titre modéré (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2). Huit patients SAPL sur 11 étaient doublement (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5) ou triplement (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->3) positifs pour les aPL. Les critères ACR/EULAR 2023 ont été appliqués aux 11 patients SAPL. Alors que les critères biologiques étaient satisfaits dans tous les cas (score médian de 9 [5 ;11]), les critères cliniques ne l’étaient que chez 5 patients (score médian de 1 [1 ;3]). Dans tous les cas, la
{"title":"Performance des nouveaux critères de classification 2023 ACR/EULAR du syndrome des antiphospholipides chez les patients de moins de 50 ans admis pour une embolie pulmonaire","authors":"D. Bouzid , D. Rouzaud , J. Rio , R. Borie , C. Choquet , G. Ducrocq , J.F. Alexandra , A. Dossier , T. Papo , A. Mageau , K. Sacre","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.021","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.021","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La plupart des patients atteints de syndrome des antiphospholipides (SAPL) sont diagnostiqués avant 50 ans. La thrombose veineuse, souvent inaugurale, est la plus fréquente manifestation du SAPL. De nouveaux critères de classification ACR/EULAR du SAPL ont été publiés en 2023. Bien que les critères de classification ne soient pas des critères diagnostiques, nous avons cherché à tester la performance des nouveaux critères ACR/EULAR 2023 pour le diagnostic de SAPL chez des patients de moins de 50 ans hospitalisés pour une embolie pulmonaire (EP).</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Pendant 5 ans (2017, 2018, 2019, 2022, 2023), tous les dossiers médicaux électroniques des patients de moins de 50 <span>ans</span> admis dans 4 services médicaux (médecine interne, cardiologie, pneumologie et urgences de court séjour) de notre hôpital avec un diagnostic de EP ont été analysés rétrospectivement. Les admissions en 2020 et 2021 n’ont pas été considérées afin d’éviter un biais dû à la pandémie de COVID-19. Les codes de la 10e révision de la classification internationale des maladies ont été utilisés pour identifier les patients à partir des bases de données du PMSI. Les données démographiques, les antécédents médicaux, les données cliniques et biologiques ont été extraites à l’aide d’un formulaire standardisé. Le diagnostic de SAPL était basé sur le jugement des cliniciens en contexte des soins.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur une période de 5 ans, 166 patients de moins de 50 ans (43 % de femmes, âge médian 38 [33 ;45] ans) ont été admis pour une EP. L’EP était le premier événement thrombotique chez 122 patients (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->122/166, 75 %). Au moins un test aPL (à savoir l’anticoagulant lupique - ACC, l’anticardiolipine IgG/IgM – aCL et/ou les anticorps IgG/IgM anti-β2glycoprotéine-1–aβ2gp-1) a été réalisé au moment du diagnostic d’EP chez 135 patients (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->135/166, 81 %) et s’est avéré positif chez 39 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->39/135, 29 %). Au total, le diagnostic de SAPL était retenu chez 11 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11/135, 8 %) patients en raison de la positivité persistante (au moins 12 semaines d’intervalle) de ACC (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->10) et/ou aCL IgG à titre élevé (><!--> <!-->80U sur ELISa) (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1) et/ou aCL IgG à titre modéré (49–79U) (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->6) et/ou aβ2gp-1 IgG à titre élevé (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->3) et/ou aβ2gp-1 IgG/IgM à titre modéré (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2). Huit patients SAPL sur 11 étaient doublement (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5) ou triplement (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->3) positifs pour les aPL. Les critères ACR/EULAR 2023 ont été appliqués aux 11 patients SAPL. Alors que les critères biologiques étaient satisfaits dans tous les cas (score médian de 9 [5 ;11]), les critères cliniques ne l’étaient que chez 5 patients (score médian de 1 [1 ;3]). Dans tous les cas, la ","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A349"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594764","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.023
J. Galland , M. Antheaume , T. Rogier , A. Bour , F. Dhelft , E. Forestier , A. Gbessemehlan
<div><h3>Introduction</h3><div>Les hôpitaux français représentent 8 % des émissions de carbone, dont une part importante est liée au transport des patients. La médecine interne, par la diversité de ses prises en charge, génère une activité logistique dense, souvent peu mesurée sur le plan environnemental. La téléconsultation (TLC) pourrait constituer une alternative décarbonée pour certains parcours de soins, mais son bénéfice environnemental en contexte réel reste mal quantifié. Aucune recommandation n’existe dans notre spécialité quant à son utilisation optimale en pratique clinique. De plus, aucune étude n’a évalué l’impact carbone des consultations en médecine interne en France. Cette étude vise à quantifier les émissions de CO<sub>2</sub> liées aux déplacements des patients vus en consultation hospitalière, et à estimer le gain théorique lié à l’intégration de TLC dans des parcours de soins pertinents.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Nous avons mené une étude descriptive monocentrique, conduite entre mars et mai 2025 au sein du service de consultations de médecine interne du CH de Bourg-en-Bresse. Tous les patients vus en consultation sur cette période étaient inclus après information et non-opposition. Un cahier d’observation papier était renseigné en deux temps : par le patient (mode de transport utilisé pour venir en consultation, nombre d’accompagnateurs, acceptabilité de la téléconsultation, possibilité technique d’avoir recours à la TLC à domicile), puis par le médecin dans un second temps (motif de consultation, durée de la consultation, délivrance ou non d’ordonnance, éligibilité à une téléconsultation selon des critères cliniques d’éligibilité inhérent au service). La distance aller-retour était calculée via Mappy® en recueillant l’adresse sur le dossier patient informatisé, et l’émission de CO<sub>2</sub> estimée selon les caractéristiques du véhicule (case V7 de la carte grise ou estimateur d’émission de CO2 en ligne Carbon Footprint®). Pour les consultations jugées éligibles à une TLC, l’empreinte carbone théorique de la visioconférence était calculée selon les données de Sillcox et al. <span><span>[1]</span></span> (64,5<!--> <!-->gCO<sub>2</sub>/min<!--> <!-->+<!--> <!-->50<!--> <!-->gCO<sub>2</sub> pour l’envoi d’ordonnance par mail). L’objectif principal était de quantifier les émissions totales de CO<sub>2</sub> liées au transport. Les objectifs secondaires incluaient : la proportion de consultations éligibles à la téléconsultation, les motifs de consultation les plus compatibles, et l’économie théorique de CO<sub>2</sub> réalisée avec un programme de TLC. Les analyses statistiques ont été réalisées sous R (tests bilatéraux, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur une période de deux mois, 238 patients ont répondu au questionnaire, soit un taux de participation de 79,1 % sur 301 consultations réalisées. L’âge moyen des patients était de 58,5<!--> <!-->±<!--> <!-->18
{"title":"Réduire l’impact carbone de la médecine interne : la téléconsultation est-elle la clé ?","authors":"J. Galland , M. Antheaume , T. Rogier , A. Bour , F. Dhelft , E. Forestier , A. Gbessemehlan","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.023","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.023","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les hôpitaux français représentent 8 % des émissions de carbone, dont une part importante est liée au transport des patients. La médecine interne, par la diversité de ses prises en charge, génère une activité logistique dense, souvent peu mesurée sur le plan environnemental. La téléconsultation (TLC) pourrait constituer une alternative décarbonée pour certains parcours de soins, mais son bénéfice environnemental en contexte réel reste mal quantifié. Aucune recommandation n’existe dans notre spécialité quant à son utilisation optimale en pratique clinique. De plus, aucune étude n’a évalué l’impact carbone des consultations en médecine interne en France. Cette étude vise à quantifier les émissions de CO<sub>2</sub> liées aux déplacements des patients vus en consultation hospitalière, et à estimer le gain théorique lié à l’intégration de TLC dans des parcours de soins pertinents.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Nous avons mené une étude descriptive monocentrique, conduite entre mars et mai 2025 au sein du service de consultations de médecine interne du CH de Bourg-en-Bresse. Tous les patients vus en consultation sur cette période étaient inclus après information et non-opposition. Un cahier d’observation papier était renseigné en deux temps : par le patient (mode de transport utilisé pour venir en consultation, nombre d’accompagnateurs, acceptabilité de la téléconsultation, possibilité technique d’avoir recours à la TLC à domicile), puis par le médecin dans un second temps (motif de consultation, durée de la consultation, délivrance ou non d’ordonnance, éligibilité à une téléconsultation selon des critères cliniques d’éligibilité inhérent au service). La distance aller-retour était calculée via Mappy® en recueillant l’adresse sur le dossier patient informatisé, et l’émission de CO<sub>2</sub> estimée selon les caractéristiques du véhicule (case V7 de la carte grise ou estimateur d’émission de CO2 en ligne Carbon Footprint®). Pour les consultations jugées éligibles à une TLC, l’empreinte carbone théorique de la visioconférence était calculée selon les données de Sillcox et al. <span><span>[1]</span></span> (64,5<!--> <!-->gCO<sub>2</sub>/min<!--> <!-->+<!--> <!-->50<!--> <!-->gCO<sub>2</sub> pour l’envoi d’ordonnance par mail). L’objectif principal était de quantifier les émissions totales de CO<sub>2</sub> liées au transport. Les objectifs secondaires incluaient : la proportion de consultations éligibles à la téléconsultation, les motifs de consultation les plus compatibles, et l’économie théorique de CO<sub>2</sub> réalisée avec un programme de TLC. Les analyses statistiques ont été réalisées sous R (tests bilatéraux, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur une période de deux mois, 238 patients ont répondu au questionnaire, soit un taux de participation de 79,1 % sur 301 consultations réalisées. L’âge moyen des patients était de 58,5<!--> <!-->±<!--> <!-->18","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A350"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594766","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.093
E. Riviere , O. Mansier , A. Guy , J.B. Corcuff , P. Rivière , A. Contis , P. Duffau , C. Le Moal , C. Médiavilla , I. Sibon , E. Lazaro , C. James , J.F. Viallard
Introduction
La polyglobulie est une situation fréquente en médecine interne et la polyglobulie de Vaquez (PV), une néoplasie myéloproliférative associée aux mutations de JAK2, doit être systématiquement recherchée. Les contraintes financières et le coût environnemental des examens complémentaires nous ont incités à développer un score prédictif de PV pour guider la décision de dépister les mutations JAK2.
Patients et méthodes
Nous avons rétrospectivement collecté les données cliniques et biologiques de patients atteints de PV et d’érythrocytose non-PV qui avaient de faibles taux d’érythropoïétine en 2024 dans notre hôpital (cohorte de dérivation). Les données ont été analysées à l’aide de méthodes de régression univariable et multivariable pour développer le score TRAKJAK, qui a ensuite été validé dans une cohorte distincte de patients référés à notre centre en 2025 pour explorer une polyglobulie.
Résultats
Nous avons inclus 134 patients dans la cohorte de dérivation (96 [72 %] atteints de PV et 38 [28 %] non atteints) et 65 dans la cohorte de validation (33 [51 %] atteints de PV et 32 [49 %] non atteints). Le score TRAKJAK exigeait au moins un paramètre positif parmi un nombre de globules rouges ≥ 6,57 T/L, un nombre de basophiles ≥ 0,1 G/L et un nombre de plaquettes ≥ 300 G/L. Dans la cohorte de validation, la valeur prédictive négative (VPN) était de 96 %, la sensibilité de 97 %, la valeur prédictive positive (VPP) de 82 % et la spécificité de 78 %. Dans la cohorte globale, la sensibilité était de 98 %, la spécificité de 89 %, la VPP de 94 % et la VPN de 95 %, avec un taux de faux négatifs de 1,5 % et un taux de faux positifs de 4,0 %.
Conclusion
L’utilisation du score TRAKJAK aurait pu éviter un dépistage inutile de la mutation JAK2 chez 62 patients sur 70 (88 %) qui n’avaient finalement pas de PV. Ceci est particulièrement pertinent dans le contexte de ressources financières limitées et de réchauffement climatique, étant donné le coût environnemental des tests biologiques répétés. Cependant, comme tous les outils de prédiction, TRAKJAK doit être considéré comme une aide pour réduire la sur-prescription d’examens complémentaires et ne doit pas remplacer le jugement clinique.
{"title":"TRAKJAK : un score simple pour prédire la présence d’une polyglobulie de Vaquez à partir de l’hémogramme lors du bilan diagnostique initial pour optimiser les coûts financiers et écologiques de la recherche de mutations des néoplasies myéloprolifératives","authors":"E. Riviere , O. Mansier , A. Guy , J.B. Corcuff , P. Rivière , A. Contis , P. Duffau , C. Le Moal , C. Médiavilla , I. Sibon , E. Lazaro , C. James , J.F. Viallard","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.093","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.093","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La polyglobulie est une situation fréquente en médecine interne et la polyglobulie de Vaquez (PV), une néoplasie myéloproliférative associée aux mutations de JAK2, doit être systématiquement recherchée. Les contraintes financières et le coût environnemental des examens complémentaires nous ont incités à développer un score prédictif de PV pour guider la décision de dépister les mutations JAK2.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Nous avons rétrospectivement collecté les données cliniques et biologiques de patients atteints de PV et d’érythrocytose non-PV qui avaient de faibles taux d’érythropoïétine en 2024 dans notre hôpital (cohorte de dérivation). Les données ont été analysées à l’aide de méthodes de régression univariable et multivariable pour développer le score TRAKJAK, qui a ensuite été validé dans une cohorte distincte de patients référés à notre centre en 2025 pour explorer une polyglobulie.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Nous avons inclus 134 patients dans la cohorte de dérivation (96 [72 %] atteints de PV et 38 [28 %] non atteints) et 65 dans la cohorte de validation (33 [51 %] atteints de PV et 32 [49 %] non atteints). Le score TRAKJAK exigeait au moins un paramètre positif parmi un nombre de globules rouges ≥<!--> <!-->6,57<!--> <!-->T/L, un nombre de basophiles ≥<!--> <!-->0,1<!--> <!-->G/L et un nombre de plaquettes ≥<!--> <!-->300<!--> <!-->G/L. Dans la cohorte de validation, la valeur prédictive négative (VPN) était de 96 %, la sensibilité de 97 %, la valeur prédictive positive (VPP) de 82 % et la spécificité de 78 %. Dans la cohorte globale, la sensibilité était de 98 %, la spécificité de 89 %, la VPP de 94 % et la VPN de 95 %, avec un taux de faux négatifs de 1,5 % et un taux de faux positifs de 4,0 %.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’utilisation du score TRAKJAK aurait pu éviter un dépistage inutile de la mutation JAK2 chez 62 patients sur 70 (88 %) qui n’avaient finalement pas de PV. Ceci est particulièrement pertinent dans le contexte de ressources financières limitées et de réchauffement climatique, étant donné le coût environnemental des tests biologiques répétés. Cependant, comme tous les outils de prédiction, TRAKJAK doit être considéré comme une aide pour réduire la sur-prescription d’examens complémentaires et ne doit pas remplacer le jugement clinique.</div></div>","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A403"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595013","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.092
S. Villard , C.A. Hobson , L. Khider , A. Mageau , J. Mesnier , B. Oules , Y. Nguyen , M. Sanchez , S. Voicu , N. Burnichon , A. Faye , T. Mirault , A. Pellat , D. Bouzid , M. Thy , N. Peiffer-Smadja
<div><h3>Introduction</h3><div>L’Examen Clinique Objectif et Structuré (ECOS) permet l’évaluation des aptitudes cliniques et relationnelles des étudiants en santé. Sa place dans le cursus médical s’est développée lors de la réforme du deuxième cycle des études de médecine en 2021 mobilisant de nombreux enseignants et du temps dans la rédaction de stations. En parallèle, l’utilisation de l’intelligence artificielle en pédagogie se démocratise et permet de communiquer avec des patients standardisés virtuels ou de rédiger des scénarios de simulations authentiques afin d’entraîner les soignants à l’annonce de mauvaises nouvelles. La rédaction de stations d’ECOS pourrait donc être facilitée grâce à ces outils permettant aux enseignants un gain de temps.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>À l’aide de la version 4o de chatGPT (<span><span>https://chat.openai.com/</span><svg><path></path></svg></span>) et des recommandations du vademecum national ECOS, nous avons réalisé un outil d’aide à la rédaction de stations d’ECOS comportant 3 modules dit “prompts” :</div><div>– Génération de la vignette clinique de l’étudiant,</div><div>– Génération de grille d’évaluation standardisée,</div><div>– Génération du script du patient ou du professionnel de santé standardisé.</div><div>L’enseignant reste maître du contenu des stations en renseignant la situation de départ, le domaine d’apprentissage, les recommandations médicales en vigueur et les caractéristiques du participant standardisé. Dix des « stations GPT » rédigées via cet outil ont été évaluées de façon standardisée. Le temps nécessaire pour réaliser chaque station a été mesuré. Les 10 stations conçues à l’aide de ChatGPT ont été soumises à un panel d’enseignants universitaires experts des ECOS en même temps que 10 stations écrites par des enseignants. Chaque station a été évaluée concernant sa qualité, son originalité, son caractère formateur et sa nécessité d’être remaniée. Une fois corrigées et validées, les stations ont été utilisées pour la formation et l’évaluation des étudiants de 2ème cycle lors d’ECOS hospitaliers entre septembre 2024 et juin 2025. La satisfaction des étudiants ainsi que le retour des participants standardisés et des examinateurs ont été recueillis et comparés entre « stations GPT » et « stations standards ». Toutes les évaluations sont en aveugle du mode d’écriture des stations.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les résultats de 7 « stations GPT » et « stations standards » ont été comparés. L’outil d’aide à la rédaction d’ECOS permet de diviser par deux le temps de préparation d’une station (rédaction et relecture) : médiane de 38<!--> <!-->min pour les « stations GPT » et de 74<!--> <!-->min pour les « stations standards » (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,005). Le panel d’enseignants n’arrive pas à détecter dans un cas sur deux les stations rédigées à l’aide de l’intelligence artificielle. Les critères de qualité ne semblent pas dégradés par l’utilisation de l
{"title":"ChatGPT4o peut-il assister les enseignants dans la rédaction de stations d’Examens Cliniques Objectifs et Structurés (ECOS) ?","authors":"S. Villard , C.A. Hobson , L. Khider , A. Mageau , J. Mesnier , B. Oules , Y. Nguyen , M. Sanchez , S. Voicu , N. Burnichon , A. Faye , T. Mirault , A. Pellat , D. Bouzid , M. Thy , N. Peiffer-Smadja","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.092","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.092","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>L’Examen Clinique Objectif et Structuré (ECOS) permet l’évaluation des aptitudes cliniques et relationnelles des étudiants en santé. Sa place dans le cursus médical s’est développée lors de la réforme du deuxième cycle des études de médecine en 2021 mobilisant de nombreux enseignants et du temps dans la rédaction de stations. En parallèle, l’utilisation de l’intelligence artificielle en pédagogie se démocratise et permet de communiquer avec des patients standardisés virtuels ou de rédiger des scénarios de simulations authentiques afin d’entraîner les soignants à l’annonce de mauvaises nouvelles. La rédaction de stations d’ECOS pourrait donc être facilitée grâce à ces outils permettant aux enseignants un gain de temps.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>À l’aide de la version 4o de chatGPT (<span><span>https://chat.openai.com/</span><svg><path></path></svg></span>) et des recommandations du vademecum national ECOS, nous avons réalisé un outil d’aide à la rédaction de stations d’ECOS comportant 3 modules dit “prompts” :</div><div>– Génération de la vignette clinique de l’étudiant,</div><div>– Génération de grille d’évaluation standardisée,</div><div>– Génération du script du patient ou du professionnel de santé standardisé.</div><div>L’enseignant reste maître du contenu des stations en renseignant la situation de départ, le domaine d’apprentissage, les recommandations médicales en vigueur et les caractéristiques du participant standardisé. Dix des « stations GPT » rédigées via cet outil ont été évaluées de façon standardisée. Le temps nécessaire pour réaliser chaque station a été mesuré. Les 10 stations conçues à l’aide de ChatGPT ont été soumises à un panel d’enseignants universitaires experts des ECOS en même temps que 10 stations écrites par des enseignants. Chaque station a été évaluée concernant sa qualité, son originalité, son caractère formateur et sa nécessité d’être remaniée. Une fois corrigées et validées, les stations ont été utilisées pour la formation et l’évaluation des étudiants de 2ème cycle lors d’ECOS hospitaliers entre septembre 2024 et juin 2025. La satisfaction des étudiants ainsi que le retour des participants standardisés et des examinateurs ont été recueillis et comparés entre « stations GPT » et « stations standards ». Toutes les évaluations sont en aveugle du mode d’écriture des stations.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les résultats de 7 « stations GPT » et « stations standards » ont été comparés. L’outil d’aide à la rédaction d’ECOS permet de diviser par deux le temps de préparation d’une station (rédaction et relecture) : médiane de 38<!--> <!-->min pour les « stations GPT » et de 74<!--> <!-->min pour les « stations standards » (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,005). Le panel d’enseignants n’arrive pas à détecter dans un cas sur deux les stations rédigées à l’aide de l’intelligence artificielle. Les critères de qualité ne semblent pas dégradés par l’utilisation de l","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A402-A403"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595014","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.078
A. Hankard , P.A. Castan , E. Barsac , L. Gonzalez , R. Lemoine , C. Paget , A. Audemard-Verger
<div><h3>Introduction</h3><div>La vascularite à IgA (IgAV) touche les petits vaisseaux et survient souvent après une infection muqueuse. Les patients atteints d’IgAV présentent un purpura associé à une atteinte articulaire, gastro-intestinale et rénale. Le diagnostic repose sur des procédures invasives telles que des biopsies des tissus lésés. Les lymphocytes T non conventionnelles (LTNC) représentent une famille hétérogène de cellules T caractérisées par des propriétés hybrides d’immunité innée et adaptative. Elles comprennent trois lignées principales, à savoir les lymphocytes T invariantes associées aux muqueuses (MAIT), les lymphocytes T naturelles invariante (iNKT) et certains sous-ensembles de lymphocytes T γδ (γδT). Le rôle des LTNC dans le domaine des maladies auto-immunes a déjà été confirmé par de nombreuses études expérimentales et cliniques. Cependant, leur implication dans la physiopathologie des vascularites, et plus particulièrement dans la vascularite à IgA, a été peu étudiée.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Afin d’étudier l’implication potentielle de ces cellules, nous avons examiné les cellules mononuclées du sang périphérique (PBMC) de patients adultes de l’hôpital universitaire de Tours (France) présentant une vascularite à IgA confirmée par examen histologique avant tout traitement par corticostéroïdes. Des patients témoins atteints de vascularite associée aux ANCA (AAV) et d’artérite à cellules géantes (ACG), ainsi que des donneurs sains (HC), ont également été inclus dans l’étude.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Vingt et un patients atteints d’IgAV ont été inclus, dont la moitié étaient des femmes (57 %) avec un âge médian de 62 ans. En ce qui concerne les fréquences des LTNC circulantes, aucune différence n’a été observée dans les cellules iNKT, tandis que la fréquence des cellules γδT et MAIT était significativement réduite chez les patients atteints d’IgAV. Il est intéressant de noter que les cellules MAIT des patients atteints d’IgAV présentaient un phénotype clair de cellules activées, avec une franche augmentation de l’expression de CD69 et PD-1. Une tendance à la baisse de la fréquence des cellules MAIT au cours de deux autres vascularites, l’ACG et la vascularite associée aux ANCA, a également été observée. Parmi un large panel d’intégrines et/ou de récepteurs de chimiokines potentiellement exprimés par les MAIT, une diminution de l’expression de CCR6 sur les MAIT circulantes chez les patients atteints d’IgAV par rapport aux témoins sains a été observée. Les cellules MAIT des patients atteints d’IgAV étaient également plus enclines à produire de l’interféron-γ et de l’IL-17 que celles des témoins sains. En parallèle, aucune différence n’a été observée en ce qui concerne la sécrétion d’IL-4. Enfin, nous avons observé, un mois après le diagnostic de vascularite, une tendance à l’augmentation du pourcentage de cellules MAIT circulantes.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Nous avons décrit
{"title":"Altération phénotypique et fonctionnelle des lymphocytes T non conventionnels dans la vascularite IgA chez l’adulte","authors":"A. Hankard , P.A. Castan , E. Barsac , L. Gonzalez , R. Lemoine , C. Paget , A. Audemard-Verger","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.078","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.078","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La vascularite à IgA (IgAV) touche les petits vaisseaux et survient souvent après une infection muqueuse. Les patients atteints d’IgAV présentent un purpura associé à une atteinte articulaire, gastro-intestinale et rénale. Le diagnostic repose sur des procédures invasives telles que des biopsies des tissus lésés. Les lymphocytes T non conventionnelles (LTNC) représentent une famille hétérogène de cellules T caractérisées par des propriétés hybrides d’immunité innée et adaptative. Elles comprennent trois lignées principales, à savoir les lymphocytes T invariantes associées aux muqueuses (MAIT), les lymphocytes T naturelles invariante (iNKT) et certains sous-ensembles de lymphocytes T γδ (γδT). Le rôle des LTNC dans le domaine des maladies auto-immunes a déjà été confirmé par de nombreuses études expérimentales et cliniques. Cependant, leur implication dans la physiopathologie des vascularites, et plus particulièrement dans la vascularite à IgA, a été peu étudiée.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Afin d’étudier l’implication potentielle de ces cellules, nous avons examiné les cellules mononuclées du sang périphérique (PBMC) de patients adultes de l’hôpital universitaire de Tours (France) présentant une vascularite à IgA confirmée par examen histologique avant tout traitement par corticostéroïdes. Des patients témoins atteints de vascularite associée aux ANCA (AAV) et d’artérite à cellules géantes (ACG), ainsi que des donneurs sains (HC), ont également été inclus dans l’étude.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Vingt et un patients atteints d’IgAV ont été inclus, dont la moitié étaient des femmes (57 %) avec un âge médian de 62 ans. En ce qui concerne les fréquences des LTNC circulantes, aucune différence n’a été observée dans les cellules iNKT, tandis que la fréquence des cellules γδT et MAIT était significativement réduite chez les patients atteints d’IgAV. Il est intéressant de noter que les cellules MAIT des patients atteints d’IgAV présentaient un phénotype clair de cellules activées, avec une franche augmentation de l’expression de CD69 et PD-1. Une tendance à la baisse de la fréquence des cellules MAIT au cours de deux autres vascularites, l’ACG et la vascularite associée aux ANCA, a également été observée. Parmi un large panel d’intégrines et/ou de récepteurs de chimiokines potentiellement exprimés par les MAIT, une diminution de l’expression de CCR6 sur les MAIT circulantes chez les patients atteints d’IgAV par rapport aux témoins sains a été observée. Les cellules MAIT des patients atteints d’IgAV étaient également plus enclines à produire de l’interféron-γ et de l’IL-17 que celles des témoins sains. En parallèle, aucune différence n’a été observée en ce qui concerne la sécrétion d’IL-4. Enfin, nous avons observé, un mois après le diagnostic de vascularite, une tendance à l’augmentation du pourcentage de cellules MAIT circulantes.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Nous avons décrit ","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A392-A393"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595017","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.084
P. Breillat , S. Magaziner , S. Camus , L. Dionet , D.V.D.M. B , P. Sohier , A. Majdi , Q. Delcros , F. Pallotti , N. Rivet , K. Chevalier , M. Poux , P.L. Tharaux , O. Lenoir , A. Zoued , O. Kosmider , D. Beck , B. Terrier
<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome VEXAS (Vacuoles, Enzyme E1, lié à l’X, Auto-inflammatoire, Somatique) est une maladie systémique sévère, secondaire à des mutations somatiques acquises du gène <em>UBA1</em> (<em>Ubiquitin-activating Enzyme 1</em>). Ces mutations entraînent une perte de fonction d’UBA1 dans les cellules souches hématopoïétiques et les cellules myéloïdes circulantes, en particulier les monocytes. Le VEXAS se caractérise par une inflammation chronique, une monocytopénie et un risque élevé d’infections sévères. Néanmoins, les mécanismes reliant les mutations d’UBA1 à ces manifestations demeurent imparfaitement compris. Dans ce contexte, nous avons étudié les conséquences fonctionnelles de l’inactivation d’UBA1 dans les monocytes et macrophages au cours du VEXAS.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>En utilisant le système CRISPR-Cas9, nous avons généré une lignée monocytaire humaines THP-1 présentant une des mutations canoniques associée au syndrome VEXAS (UBA1 M41V). Nous avons étudié la mort cellulaire spontanée et induite par le TNF-α par cytométrie en flux, Western blot et imagerie cellulaire en temps réel. Les voies de mort cellulaire régulées ont également été étudiées dans des biopsies cutanées et sur des monocytes triés de patients VEXAS. Nous avons étudié la capacité de réponse contre les agents pathogènes en mesurant la production de cytokines après stimulation par des agonistes des Toll-like récepteurs (TLR), à la fois dans le sang total des patients et dans les lignées cellulaires monocytaires THP-1 sauvages (WT, Wild-type) UBA1WT ou mutées pour UBA1M41V. Les macrophages dérivés de cellules THP-1 ont été caractérisés en termes de différenciation, polarisation, production de cytokines (Luminex), transcriptome et capacité d’efférocytose (cytométrie en flux, Western blot et immunofluorescence).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les cellules THP-1 UBA1M41V présentaient un défaut de poly-ubiquitination, des vacuoles et un profil transcriptionnel inflammatoire reproduisant les grandes caractéristiques du syndrome VEXAS. Ces cellules étaient particulièrement sensibles à la mort cellulaire induite par le TNF-α via l’activation de RIPK1. Cette mort cellulaire était réversible après l’utilisation d’inhibiteurs spécifique de RIPK1 ou des voies de mort sous sa dépendance. L’activation des voies de mort dépendante de RIPK1 était confirmée dans les monocytes CD14<sup>+</sup> issues du sang périphérique de patients, ainsi que dans les macrophages CD68<sup>+</sup> au sein de biopsies cutanées de patients atteints de VEXAS. Après stimulation par des agonistes des TLR, la production de cytokines pro-inflammatoires était déficiente à la fois dans le sang total des patients VEXAS et dans les cellules THP-1 mutées UBA1M41V. Ce défaut de réponse était lié à une altération de la signalisation NF-κB en aval des TLR et non à un défaut d’expression de ces molécules. Enfin, l’étude des macrophages dérivés de cellules TH
{"title":"Rôle de la mort cellulaire médiée par RIPK1 et défaut de réponse aux signaux de danger au cours du syndrome VEXAS","authors":"P. Breillat , S. Magaziner , S. Camus , L. Dionet , D.V.D.M. B , P. Sohier , A. Majdi , Q. Delcros , F. Pallotti , N. Rivet , K. Chevalier , M. Poux , P.L. Tharaux , O. Lenoir , A. Zoued , O. Kosmider , D. Beck , B. Terrier","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.084","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.084","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome VEXAS (Vacuoles, Enzyme E1, lié à l’X, Auto-inflammatoire, Somatique) est une maladie systémique sévère, secondaire à des mutations somatiques acquises du gène <em>UBA1</em> (<em>Ubiquitin-activating Enzyme 1</em>). Ces mutations entraînent une perte de fonction d’UBA1 dans les cellules souches hématopoïétiques et les cellules myéloïdes circulantes, en particulier les monocytes. Le VEXAS se caractérise par une inflammation chronique, une monocytopénie et un risque élevé d’infections sévères. Néanmoins, les mécanismes reliant les mutations d’UBA1 à ces manifestations demeurent imparfaitement compris. Dans ce contexte, nous avons étudié les conséquences fonctionnelles de l’inactivation d’UBA1 dans les monocytes et macrophages au cours du VEXAS.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>En utilisant le système CRISPR-Cas9, nous avons généré une lignée monocytaire humaines THP-1 présentant une des mutations canoniques associée au syndrome VEXAS (UBA1 M41V). Nous avons étudié la mort cellulaire spontanée et induite par le TNF-α par cytométrie en flux, Western blot et imagerie cellulaire en temps réel. Les voies de mort cellulaire régulées ont également été étudiées dans des biopsies cutanées et sur des monocytes triés de patients VEXAS. Nous avons étudié la capacité de réponse contre les agents pathogènes en mesurant la production de cytokines après stimulation par des agonistes des Toll-like récepteurs (TLR), à la fois dans le sang total des patients et dans les lignées cellulaires monocytaires THP-1 sauvages (WT, Wild-type) UBA1WT ou mutées pour UBA1M41V. Les macrophages dérivés de cellules THP-1 ont été caractérisés en termes de différenciation, polarisation, production de cytokines (Luminex), transcriptome et capacité d’efférocytose (cytométrie en flux, Western blot et immunofluorescence).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les cellules THP-1 UBA1M41V présentaient un défaut de poly-ubiquitination, des vacuoles et un profil transcriptionnel inflammatoire reproduisant les grandes caractéristiques du syndrome VEXAS. Ces cellules étaient particulièrement sensibles à la mort cellulaire induite par le TNF-α via l’activation de RIPK1. Cette mort cellulaire était réversible après l’utilisation d’inhibiteurs spécifique de RIPK1 ou des voies de mort sous sa dépendance. L’activation des voies de mort dépendante de RIPK1 était confirmée dans les monocytes CD14<sup>+</sup> issues du sang périphérique de patients, ainsi que dans les macrophages CD68<sup>+</sup> au sein de biopsies cutanées de patients atteints de VEXAS. Après stimulation par des agonistes des TLR, la production de cytokines pro-inflammatoires était déficiente à la fois dans le sang total des patients VEXAS et dans les cellules THP-1 mutées UBA1M41V. Ce défaut de réponse était lié à une altération de la signalisation NF-κB en aval des TLR et non à un défaut d’expression de ces molécules. Enfin, l’étude des macrophages dérivés de cellules TH","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A396-A397"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595019","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.071
C. David , A. De Becdelièvre , C. Louvrier , M. Tusseau , C. Masson , L. Seabra , C. Kannengiesser , I. Ba , M. Brennan , A. Belot , N. Nathan , H. Maillard , H. Reumaux , J. Sellam , J. Cadranel , Y. Hatchuel , L. Weiss , S. De Almeida Chaves , M. Wislez , C. Vigier , M.L. Frémond
<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome COPA est une interféronopathie de type I causée par des mutations hétérozygotes du gène COPA, perturbant le transport rétrograde de STING, une protéine clé de la voie de signalisation des interférons de type 1. Dans certaines familles, des cas de pénétrance incomplète ont été décrits. Du fait du rôle prépondérant de STING dans la physiopathologie du syndrome COPA, Simchoni et al. ont étudié le rôle de l’haplotype HAQ de STING et ont suggéré que cet haplotype conférait une protection complète contre le développement de manifestations cliniques chez des individus porteurs de mutations pathogènes de COPA. Compte tenu de l’impact potentiel de cette observation sur la prise en charge des patients, nous avons étudié l’haplotype de STING dans une cohorte indépendante.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Nous avons étudié 21 individus issus de 12 familles européennes porteurs de mutations de COPA et pour lesquels nous avions accès données d’haplotype de STING. Les individus ont tous bénéficié d’une évaluation clinique associée à un TDM thoracique, des EFR et une recherche de protéinurie. La signature interféron était disponible chez certains individus. Les individus étaient classés comme symptomatiques, asymptomatiques ou au statut incertain.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur les 21 individus, 14 (66 %) étaient cliniquement symptomatiques dont 13 avaient des atteintes pulmonaires (92 %), articulaires (69 %) et rénales (15 %), ayant débuté à un âge médian de 4 (0–14) ans. Le dernier patient symptomatique a présenté à l’âge de 50 ans une glomérulonéphrite extra-membraneuse. Six individus (29 %) étaient asymptomatiques avec un âge médian de dernière évaluation de 40,5 (30–50) ans. Contrairement à Simchoni et al., parmi ces 6 individus asymptomatiques, nous avons identifié quatre individus asymptomatiques ne portant pas l’haplotype HAQ de STING, remettant en question l’hypothèse suggérée par les auteurs. De plus, le patient qui a présenté à l’âge de 50 ans une glomérulonéphrite extra-membraneuse avec immunofluorescence lupique probablement liée à la mutation COPA R233H était lui porteur de l’haplotype HAQ de STING. Un individu porteur de l’haplotype HAQ et présentant uniquement un vitiligo n’a pas été considéré dans l’analyse du fait du statut clinique incertain. Aucune différence de fréquence de l’allèle 232R de STING, le second haplotype de STING, n’a été observée entre les groupes symptomatiques et asymptomatiques.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Nos résultats contredisent l’hypothèse d’un lien binaire entre le statut HAQ de STING et la pénétrance clinique dans le syndrome COPA. D’autres facteurs génétiques, épigénétiques ou environnementaux pourraient moduler l’expression clinique. L’analyse d’environ 500 autres gènes impliqués dans la voie des interférons de type 1 n’a pas révélé d’autres variants explicatifs. Aucun facteur environnemental ou infectieux n’a été identifié de manièr
IntroductionLe COPA综合症是一种interféronopathie I型基因的杂合子突变所致COPA STING逆行,扰乱交通,一键蛋白1型干扰素信号的通道。在有些家庭,pénétrance完整描述了案件。由于STING的主导作用在COPA、Simchoni综合征的病理作用等人研究了STING l’haplotype HAQ和表示,该单倍型的临床表现进行全面保护发展赋予的个体中COPA致病突变的携带者。鉴于潜在影响这一点上照顾病人,我们研究了l’haplotype STING在一个独立的队列。已经研究了病人和méthodesNous 21个人,来自12个欧洲家庭COPA突变携带者和STING d’haplotype对于我们获取数据。人们都得益于加上胸腔ct的临床评估,oru)和一个研究的蛋白尿。签署某些个体干扰素是可用的。人们被列为地位不确定,无症状或症状。解决21人、14人(66%)是临床上肺部感染的症状,其中13人(92%)、关节(69%)和一开始的(15%)、肾(0—14),平均年龄4岁。最后一个病人症状,时年50岁,提交了一份肾炎extra-membraneuse。六个人(29%),是无症状带,平均年龄40.5(30—50岁的估值。Simchoni等人不同的是,这6个人当中确定无症状,我们四个人症状不记载l’haplotype HAQ STING,质疑者提出的假说。的病人多,时年50岁,提交了一份肾炎extra-membraneuse与ifa lupique COPA R233H突变可能与他持单人l’haplotype HAQ的毒刺。某人l’haplotype HAQ和载波仅具有vitiligo没有临床地位的分析中被认为是不确定。任何232R等位基因的频率差的毒刺,第二个单倍型的毒刺,未发现症状群之间并无症状。DiscussionNos假说相矛盾,结果一个二元关系地位和STING HAQ pénétrance在COPA综合征临床。其他基因、遗传或环境因素可以改变临床表现。约500名分析基因1型干扰素的道路没有透露其他解释变异。没有环境或感染性因素被证明的方式确定,并表达基因的monoallélique COPA尚未得到证明。因此,我们的研究对HAQ单倍型在COPA综合征不完全渗透中的独特作用提出了质疑。无症状的个体存在的没有一个人的单倍型HAQ和阳性症状HAQ建议对该病的病因因素临床pénétrance少见。这些数据表明必须设立机制,以更好地理解国际财团在COPA综合征的临床表现与其他决定性auto-inflammatoires罕见疾病。
{"title":"L’haplotype HAQ de STING n’explique pas à lui seul la pénétrance incomplète du syndrome COPA","authors":"C. David , A. De Becdelièvre , C. Louvrier , M. Tusseau , C. Masson , L. Seabra , C. Kannengiesser , I. Ba , M. Brennan , A. Belot , N. Nathan , H. Maillard , H. Reumaux , J. Sellam , J. Cadranel , Y. Hatchuel , L. Weiss , S. De Almeida Chaves , M. Wislez , C. Vigier , M.L. Frémond","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.071","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.071","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome COPA est une interféronopathie de type I causée par des mutations hétérozygotes du gène COPA, perturbant le transport rétrograde de STING, une protéine clé de la voie de signalisation des interférons de type 1. Dans certaines familles, des cas de pénétrance incomplète ont été décrits. Du fait du rôle prépondérant de STING dans la physiopathologie du syndrome COPA, Simchoni et al. ont étudié le rôle de l’haplotype HAQ de STING et ont suggéré que cet haplotype conférait une protection complète contre le développement de manifestations cliniques chez des individus porteurs de mutations pathogènes de COPA. Compte tenu de l’impact potentiel de cette observation sur la prise en charge des patients, nous avons étudié l’haplotype de STING dans une cohorte indépendante.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Nous avons étudié 21 individus issus de 12 familles européennes porteurs de mutations de COPA et pour lesquels nous avions accès données d’haplotype de STING. Les individus ont tous bénéficié d’une évaluation clinique associée à un TDM thoracique, des EFR et une recherche de protéinurie. La signature interféron était disponible chez certains individus. Les individus étaient classés comme symptomatiques, asymptomatiques ou au statut incertain.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur les 21 individus, 14 (66 %) étaient cliniquement symptomatiques dont 13 avaient des atteintes pulmonaires (92 %), articulaires (69 %) et rénales (15 %), ayant débuté à un âge médian de 4 (0–14) ans. Le dernier patient symptomatique a présenté à l’âge de 50 ans une glomérulonéphrite extra-membraneuse. Six individus (29 %) étaient asymptomatiques avec un âge médian de dernière évaluation de 40,5 (30–50) ans. Contrairement à Simchoni et al., parmi ces 6 individus asymptomatiques, nous avons identifié quatre individus asymptomatiques ne portant pas l’haplotype HAQ de STING, remettant en question l’hypothèse suggérée par les auteurs. De plus, le patient qui a présenté à l’âge de 50 ans une glomérulonéphrite extra-membraneuse avec immunofluorescence lupique probablement liée à la mutation COPA R233H était lui porteur de l’haplotype HAQ de STING. Un individu porteur de l’haplotype HAQ et présentant uniquement un vitiligo n’a pas été considéré dans l’analyse du fait du statut clinique incertain. Aucune différence de fréquence de l’allèle 232R de STING, le second haplotype de STING, n’a été observée entre les groupes symptomatiques et asymptomatiques.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Nos résultats contredisent l’hypothèse d’un lien binaire entre le statut HAQ de STING et la pénétrance clinique dans le syndrome COPA. D’autres facteurs génétiques, épigénétiques ou environnementaux pourraient moduler l’expression clinique. L’analyse d’environ 500 autres gènes impliqués dans la voie des interférons de type 1 n’a pas révélé d’autres variants explicatifs. Aucun facteur environnemental ou infectieux n’a été identifié de manièr","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A387-A388"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595021","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.050
M.Y. Khitri , P. Gougis , K. Bihan , B. Lebrun-Vignes , Y. Allenbach
<div><h3>Introduction</h3><div>La myotoxicité médicamenteuse est un spectre de complications pouvant aller d’une simple élévation de la créatine kinase (CK) à une rhabdomyolyse sévère, engageant le pronostic vital. Trés largement étudiée en cardiologie, cette complication reste peu ou pas étudiée dans les autres disciplines. Quelles molécules sont à risque et quelle est la nature de ce risque ? Le développement des nouvelles thérapies en oncologie a rappelé l’importance de ces enjeux avec la myotoxicité induite par l’immunothérapie. L’objectif de cette étude est de (i) décrire les principales classes médicamenteuses associées à myotoxicité classée selon leur gravité clinique et (ii) décrire les caractéristiques, la sévérité et les facteurs associés à la myotoxicité induite par les agents anticancéreux et immunomodulateurs.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Étude observationnelle et rétrospective de pharmacovigilance, menée à partir des rapports individuels de pharmacovigilance (Individual Case Safety Reports, ICSRs) collectés dans VigiBase, la base mondiale de pharmacovigilance de l’OMS, sur la période 1971–2024. Ont été inclus tous les rapports de myotoxicité suspectée, puis un focus a été fait sur les rapports liés à un traitement anticancéreux ou immunomodulateur, classés selon la nomenclature Anatomical Therapeutic Chemical (ATC). La myotoxicité a été définie selon trois phenotypes : biologique (élévation isolée et asymptomatique des CK), clinique (présence de symptômes musculaires) et menacante (complication engageant le pronostic vital). Des analyses de disproportionnalité utilisant l’Information Component (IC) ont permis d’identifier les associations spécifiques à un médicament ou à une classe thérapeutique. Une régression logistique multivariée a été utilisée pour déterminer les facteurs de risque indépendants de mortalité.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 40 593 689 ICRS contenus dans Vigibase au moment de l’étude, 87 331 rapports de myotoxicité ont été identifies répartis en 44 093, 22 664 et 20 574 rapports de myotoxicité biologique, clinique et menacante respectivement. Ces rapports concernaient 4 475 molécules distinctes. Les trois classes medicamenteuses les plus rapportés étaient les agents hypolipémiants, les neuroleptiques et les anti-infectieux. Les anticancéreux et immunomodulateurs arrivaient en quatrième position. Parmi l’ensemble des mécaments identifiés, 366 avaient une association significative avec la myotoxicité. Les signaux les plus forts ont été observés pour les hypolipémiants avec cerivastatine (IC 7,4), gemfibrozil (IC 6,4), bezafibrate (IC 5,8), fluvastatine (IC 5,6). Les anti-infectieux étaient surtout représentés par la daptomycine (IC 6,1) et l’acide fusidique (IC 3,8). Les principaux neuroleptiques étaient la loxapine (IC 4,4), la cyamémazine (IC 4) et le zuclopenthixol (IC 3,5). Parmi les anticancéreux, les inhibiteurs de MEK (selumetinib IC 5,3, cobimetinib IC 4,1), ALK (brigat
IntroductionLa myotoxicité并发症的药物是一个幽灵,可简单的肌酸激酶(CK)升高导致横纹肌溶解、严厉敦促预后至关重要。心脏科很广泛研究,这种并发症仍然很少或没有在其他学科进行研究。哪些分子,这个风险和高风险的性质是什么?开发新疗法在肿瘤学中回顾了这些挑战的重要性与myotoxicité诱导的免疫治疗。这项研究的目的是(i)描述类药物与临床myotoxicité分类根据罪行的严重性和(二)描述、严重程度和特点myotoxicité相关因子诱导的抗癌药物和免疫调节剂。患者进行回顾性观察性和méthodesÉtude和警戒,个别报告起警戒(Safety Reports ICSRs包厢)在收集个人警戒VigiBase基地、世界卫生组织、2024年—1971年期间。还包括了所有报告的疑似myotoxicité,然后做了一个焦点或immunomodulateur抗癌治疗有关的报告,按解剖治疗Chemical (ATC)命名。根据三个phenotypes myotoxicité被定义为:生物(CK)的孤立和无症状的升高,临床症状(肌肉)和menacante受累,承诺预后至关重要)。分析不相称,利用信息元件(IC)帮助确定了协会特有的一种药物或治疗类别。一个多变量逻辑回归了用于确定死亡的独立危险因素。RésultatsParmi中的40 593 689 ICRS Vigibase研究时,识别了8700 331份myotoxicité分成44、093 664 574份20和22、临床和生物myotoxicitémenacante分别。这些报告涉及4 475个分子分开。三类medicamenteuses最为报道是hypolipémiants剂、抗精神病药物和抗感染。癌症和免疫调节剂位居第四位。确定的所有mécaments当中,与myotoxicité366个很大的联系。最强的信号对于观测到了hypolipémiants cerivastatin与IC(7.4%)、gemfibrozil IC(6.4%)、bezafibrate IC(5.8%)、fluvastatine IC(5,6)。抗感染的主要派daptomycine(6.1%)和IC fusidique酸(IC / 380)。主要的抗精神病药物被IC loxapine(4.4%)、氰胺(IC)和4 . zuclopenthixol IC(3.5%)。当中,MEK抑制剂抗癌(selumetinib IC 530 cobimetinib IC 410)、军(brigatinib IC 4.8%, alectinib IC(3,4)和BRAF dabrafenib IC、encorafenib IC 3.1 3.3%)已发出了最强壮。还有见面的免疫检查点抑制剂,和常规化疗(nelarabine)。当中的免疫调节剂,准是最重的秋水仙碱(IC / 390)抑制剂、calcineurine ciclosporine IC (2), (JAK baricitinib IC(1.9)和mTOR sirolimus IC 1.5)。具有癌症患者(n = 10 - 287),大多数病例发生在建立后的第一个月治疗。myotoxicité严重是最常见的老年患者和相关的死亡率为31%。查明死亡的独立危险因素是:暴露于anti-PD1(黄金调整2,18;95% ci 1.70—2.79%)临床并发症的发生,严厉(黄金调整3.62;2.82—4.62%),以及是否存在代谢异常(2.72%;调整黄金2.20—2.36)。相反,MEK抑制剂,靶向治疗(BRAF, ALK)轻度至中度结合的主要形式。ConclusionLa myotoxicité是异质的不良反应可能涉及许多班级其他药物。肿瘤科在靶向治疗,而最常参与的异常温和的生物免疫治疗、早期暴露在风险中、重度myotoxicité和具体。这些结果突出表明,需要加强监测、早期诊断和护理战略调整,特别是对于诱导肌病的免疫治疗。
{"title":"Étude mondiale de pharmacovigilance sur la toxicité musculaire : le rôle des anti-cancéreux et immunomodulateurs","authors":"M.Y. Khitri , P. Gougis , K. Bihan , B. Lebrun-Vignes , Y. Allenbach","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.050","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.050","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La myotoxicité médicamenteuse est un spectre de complications pouvant aller d’une simple élévation de la créatine kinase (CK) à une rhabdomyolyse sévère, engageant le pronostic vital. Trés largement étudiée en cardiologie, cette complication reste peu ou pas étudiée dans les autres disciplines. Quelles molécules sont à risque et quelle est la nature de ce risque ? Le développement des nouvelles thérapies en oncologie a rappelé l’importance de ces enjeux avec la myotoxicité induite par l’immunothérapie. L’objectif de cette étude est de (i) décrire les principales classes médicamenteuses associées à myotoxicité classée selon leur gravité clinique et (ii) décrire les caractéristiques, la sévérité et les facteurs associés à la myotoxicité induite par les agents anticancéreux et immunomodulateurs.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Étude observationnelle et rétrospective de pharmacovigilance, menée à partir des rapports individuels de pharmacovigilance (Individual Case Safety Reports, ICSRs) collectés dans VigiBase, la base mondiale de pharmacovigilance de l’OMS, sur la période 1971–2024. Ont été inclus tous les rapports de myotoxicité suspectée, puis un focus a été fait sur les rapports liés à un traitement anticancéreux ou immunomodulateur, classés selon la nomenclature Anatomical Therapeutic Chemical (ATC). La myotoxicité a été définie selon trois phenotypes : biologique (élévation isolée et asymptomatique des CK), clinique (présence de symptômes musculaires) et menacante (complication engageant le pronostic vital). Des analyses de disproportionnalité utilisant l’Information Component (IC) ont permis d’identifier les associations spécifiques à un médicament ou à une classe thérapeutique. Une régression logistique multivariée a été utilisée pour déterminer les facteurs de risque indépendants de mortalité.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 40 593 689 ICRS contenus dans Vigibase au moment de l’étude, 87 331 rapports de myotoxicité ont été identifies répartis en 44 093, 22 664 et 20 574 rapports de myotoxicité biologique, clinique et menacante respectivement. Ces rapports concernaient 4 475 molécules distinctes. Les trois classes medicamenteuses les plus rapportés étaient les agents hypolipémiants, les neuroleptiques et les anti-infectieux. Les anticancéreux et immunomodulateurs arrivaient en quatrième position. Parmi l’ensemble des mécaments identifiés, 366 avaient une association significative avec la myotoxicité. Les signaux les plus forts ont été observés pour les hypolipémiants avec cerivastatine (IC 7,4), gemfibrozil (IC 6,4), bezafibrate (IC 5,8), fluvastatine (IC 5,6). Les anti-infectieux étaient surtout représentés par la daptomycine (IC 6,1) et l’acide fusidique (IC 3,8). Les principaux neuroleptiques étaient la loxapine (IC 4,4), la cyamémazine (IC 4) et le zuclopenthixol (IC 3,5). Parmi les anticancéreux, les inhibiteurs de MEK (selumetinib IC 5,3, cobimetinib IC 4,1), ALK (brigat","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A371"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594479","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.052
M. Ruyer-Thompson , M. Beydon , E. Zakine , L.P. Zhao , R. Stammler , A. Le Pogam , C. Etienne , T. Comont , V. Grobost , M. Devaux , H. Monjanel , J. Woessner , A. Maria , J. Campagne , D. Lariviere , P. Lebreton , B. Clément , T. Louis , J.S. Allain , K. Guerin Soulier , V. Jachiet
<div><h3>Introduction</h3><div>Les manifestations dysimmunitaires (MAI) concernent 10 à 30 % des patients atteints de syndrome myélodysplasiques (SMD) ou de leucémie myélomonocytaire chronique (LMMC). Leur prise en charge reste mal codifiée, marquée par une corticodépendance fréquente et une faible efficacité des immunosuppresseurs et biothérapies. L’azacitidine (AZA), agent hypométhylant, a montré un intérêt dans un essai prospectif de faible effectif incluant des patients VEXAS (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->12) et non-VEXAS (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->18). L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la tolérance à long terme de l’AZA dans une cohorte plus large de patients SMD/LMMC avec MAI non-VEXAS et avec données moléculaires disponibles.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Étude rétrospective multicentrique au sein du réseau MINHEMON, ayant inclus des patients SMD/LMMC avec MAI non-VEXAS (sans mutation UBA1) et NGS myéloïde disponible, ayant reçu ≥<!--> <!-->1 cycle complet d’AZA entre 12/2014 et 12/2024. La réponse inflammatoire était définie comme : complète (RC : rémission clinique, CRP <<!--> <!-->10<!--> <!-->mg/L et corticothérapie<!--> <!--><<!--> <!-->10<!--> <!-->mg/j), partielle (RP : rémission clinique, réduction ≥50 % de la CRP et de la corticothérapie) ou absente (NR).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Cinquante-cinq patients (âge médian 70 ans [33–87], 41 % de femmes) ont été inclus : 32 SMD (58 %) et 23 LMMC (42 %), avec une majorité (59 %) d’hémopathies de faible risque évolutif (IPSS-R<!--> <!-->≤<!--> <!-->3,5). Une mutation somatique a été identifiée par NGS myéloïde chez 88 % des patients (médiane 3 par patient), le plus souvent dans les gènes TET2 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->25), SRSF2 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->19), ASXL1 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->18), DNMT3A (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8) et ZRSR2 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8). Les principales atteintes des MAI étaient des signes généraux (67 %), cutanés (59 %), rhumatologiques (59 %), digestifs (14 %) et pulmonaires (17 %) avec un taux médian de CRP en poussée de 70 (0–450) mg/L. Avant l’AZA, 86 % des patients recevaient une corticothérapie (dose médiane 30<!--> <!-->mg/j, plus faible chez les LMMC que chez les SMD) et 49 % avaient reçu un immunosuppresseur ou une biothérapie. La réponse inflammatoire globale (RP<!--> <!-->+<!--> <!-->RC) était de 45 % à 6 mois (RC 29 % et RP 16 %) et de 38 % à 12 mois (RC 21 % et RP 14 %). Après un suivi médian de 17,4 mois (1-68), 30 patients (52 %) ont obtenu une réponse globale, dont 76 % dès M6. En analyse univariée, la réponse inflammatoire était moins bonne en cas de SMD que de LMMC (OR<!--> <!-->=<!--> <!-->0,27 ; IC95 % : 0,08–0,082 ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,024), de signes généraux (OR<!--> <!-->=<!--> <!-->0,18 ; IC95 % : 0,05–0,58 ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,006) ou d’une atteinte rhumatologique (OR<!--> <!-->=<!--> <!-->0,14 ; IC95 % : 0,04–0,44 ; <em>p</em> <!-->
{"title":"Efficacité et tolérance de l’azacitidine au cours des manifestations dysimmunitaires associées aux SMD et LMMC non-VEXAS : une étude rétrospective multicentrique","authors":"M. Ruyer-Thompson , M. Beydon , E. Zakine , L.P. Zhao , R. Stammler , A. Le Pogam , C. Etienne , T. Comont , V. Grobost , M. Devaux , H. Monjanel , J. Woessner , A. Maria , J. Campagne , D. Lariviere , P. Lebreton , B. Clément , T. Louis , J.S. Allain , K. Guerin Soulier , V. Jachiet","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.052","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.052","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les manifestations dysimmunitaires (MAI) concernent 10 à 30 % des patients atteints de syndrome myélodysplasiques (SMD) ou de leucémie myélomonocytaire chronique (LMMC). Leur prise en charge reste mal codifiée, marquée par une corticodépendance fréquente et une faible efficacité des immunosuppresseurs et biothérapies. L’azacitidine (AZA), agent hypométhylant, a montré un intérêt dans un essai prospectif de faible effectif incluant des patients VEXAS (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->12) et non-VEXAS (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->18). L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la tolérance à long terme de l’AZA dans une cohorte plus large de patients SMD/LMMC avec MAI non-VEXAS et avec données moléculaires disponibles.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Étude rétrospective multicentrique au sein du réseau MINHEMON, ayant inclus des patients SMD/LMMC avec MAI non-VEXAS (sans mutation UBA1) et NGS myéloïde disponible, ayant reçu ≥<!--> <!-->1 cycle complet d’AZA entre 12/2014 et 12/2024. La réponse inflammatoire était définie comme : complète (RC : rémission clinique, CRP <<!--> <!-->10<!--> <!-->mg/L et corticothérapie<!--> <!--><<!--> <!-->10<!--> <!-->mg/j), partielle (RP : rémission clinique, réduction ≥50 % de la CRP et de la corticothérapie) ou absente (NR).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Cinquante-cinq patients (âge médian 70 ans [33–87], 41 % de femmes) ont été inclus : 32 SMD (58 %) et 23 LMMC (42 %), avec une majorité (59 %) d’hémopathies de faible risque évolutif (IPSS-R<!--> <!-->≤<!--> <!-->3,5). Une mutation somatique a été identifiée par NGS myéloïde chez 88 % des patients (médiane 3 par patient), le plus souvent dans les gènes TET2 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->25), SRSF2 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->19), ASXL1 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->18), DNMT3A (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8) et ZRSR2 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8). Les principales atteintes des MAI étaient des signes généraux (67 %), cutanés (59 %), rhumatologiques (59 %), digestifs (14 %) et pulmonaires (17 %) avec un taux médian de CRP en poussée de 70 (0–450) mg/L. Avant l’AZA, 86 % des patients recevaient une corticothérapie (dose médiane 30<!--> <!-->mg/j, plus faible chez les LMMC que chez les SMD) et 49 % avaient reçu un immunosuppresseur ou une biothérapie. La réponse inflammatoire globale (RP<!--> <!-->+<!--> <!-->RC) était de 45 % à 6 mois (RC 29 % et RP 16 %) et de 38 % à 12 mois (RC 21 % et RP 14 %). Après un suivi médian de 17,4 mois (1-68), 30 patients (52 %) ont obtenu une réponse globale, dont 76 % dès M6. En analyse univariée, la réponse inflammatoire était moins bonne en cas de SMD que de LMMC (OR<!--> <!-->=<!--> <!-->0,27 ; IC95 % : 0,08–0,082 ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,024), de signes généraux (OR<!--> <!-->=<!--> <!-->0,18 ; IC95 % : 0,05–0,58 ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,006) ou d’une atteinte rhumatologique (OR<!--> <!-->=<!--> <!-->0,14 ; IC95 % : 0,04–0,44 ; <em>p</em> <!-->","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A372-A373"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594610","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.070
C. David , N. Nathan , E. Al-Abadi , P. Arkwright , B. Bader-Meunier , A. Belot , M. Brennan , V. Bondet , J. Cadranel , S. De Almeida Chaves , D. Duffy , A. De Becdelièvre , S. El Khalifi-Boulisfane , M. Gattorno , Y. Hatchuel , D. Herdliczko , G. Labouret , R. Manna , H. Maillard , A. Mensa-Vilaro , M.L. Frémond
<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome COPA est une maladie auto-inflammatoire monogénique rare, décrite en 2015, causée par des mutations hétérozygotes du gène COPA. Ces mutations entraînent une activation aberrante de STING, une protéine centrale de la réponse interféron, menant à une activation constitutive des gènes stimulés par l’interféron de type I (ISGs), conférant au syndrome COPA le statut d’interféronopathie de type I. Malgré une trentaine de cas publiés, les données cliniques restent à ce jour limitées. L’objectif de ce travail est de décrire les caractéristiques cliniques, génétiques, immunologiques et thérapeutiques d’une large cohorte européenne de patients atteints de syndrome COPA, afin d’améliorer la description de cette nouvelle maladie auto-inflammatoire monogénique.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique incluant 38 patients symptomatiques provenant de 29 familles originaires de 8 pays européens différents. Les données cliniques, radiologiques, biologiques et histologiques ont été collectées à partir des dossiers médicaux. L’activation de la voie des interférons de type I a été évaluée par signature interféron et dosage de l’IFN-α dans le sérum. La réponse aux traitements, en particulier aux inhibiteurs de JAK, a été évaluée.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>L’âge médian de début des symptômes était de 3 (0–50) ans, avec un diagnostic moléculaire posé à l’âge de 13 ans (0,3–57) ans. Toutes les mutations étaient localisées dans le domaine WD40 de la protéine. Nous n’avons pas noté de corrélation génotype-phénotype. Parmi les apparentés testés, 8 patients étaient porteurs d’une mutation du gène COPA sans manifestation clinique (pénétrance clinique à 83 %). Les atteintes d’organes les plus fréquemment retrouvées étaient l’atteinte pulmonaire (89 %), musculo-articulaire (68 %), cutanée (32 %) et rénale (18 %). L’imagerie pulmonaire retrouvait principalement des opacités en verre dépoli, des lésions kystiques et des signes de fibrose pulmonaire. La biopsie pulmonaire retrouvait des signes d’hyperplasie folliculaire chez tous les patients évalués. Sur le plan cutané, les patients présentaient des atteintes principalement d’allure vasculaire (acrosyndrome, lupus-engelures, ulcères digitaux). L’atteinte articulaire était très polymorphe, allant d’arthralgies non spécifiques à des tableaux de polyarthrites destructrices. L’atteinte rénale retrouvée était celle d’une glomérulonéphrite soit pauci-immune soit avec immunofluorescence lupique. D’autres atteintes notamment hépatique, cardiaque et gastro-intestinales ont été mise en évidence. Sur le plan immunologique, tous les patients avaient une signature interféron positive et tous les patients, sauf un, présentaient des auto-anticorps, en particulier AAN et/ou ANCA. Vingt-deux patients ont reçu un inhibiteur de JAK, avec une stabilisation ou une amélioration clinique dans les deux tiers des cas. Malheureusement, la
COPA综合征(英语:COPA syndrome)是一种罕见的单源性自身炎症性疾病,由COPA基因的异合子突变引起。这些突变会导致异常活化的毒刺,一个中央蛋白干扰素反应,导致担保由I型干扰素刺激基因活化(ISGs COPA d’interféronopathie地位赋予综合症),由I型虽有30例临床数据公布,至今仍然有限。这项工作的目的是描述欧洲一大群COPA患者的临床、遗传、免疫学和治疗特征,以改进对这种新的单源性自身炎症疾病的描述。患者与方法这是一项多中心回顾性研究,包括来自8个不同欧洲国家29个家庭的38名有症状患者。从医疗记录中收集临床、放射、生物学和组织学数据。I型干扰素通路的激活是通过干扰素签名和血清中IFN-α的剂量来评估的。对治疗,特别是对JAK抑制剂的反应进行了评估。结果中位发病年龄为3(0 - 50)岁,分子诊断为13岁(0.3 - 57),所有突变均位于蛋白质的WD40区。我们没有注意到基因型和表型之间的相关性。在被检测的亲属中,有8名患者携带COPA基因突变,但没有临床表现(83%的临床渗透率)。最常见的器官损伤是肺(89%)、肌肉关节(68%)、皮肤(32%)和肾脏(18%)。肺影像学主要显示磨砂玻璃不透明、囊性病变和肺纤维化的迹象。肺活检在所有评估患者中发现毛囊增生的迹象。在皮肤方面,患者主要表现为血管样病变(肢端综合征、狼疮-冻疮、指溃疡)。关节病变是高度多态性的,从非特异性关节炎到破坏性的多关节关节炎。肾病是一种低免疫或狼疮免疫荧光肾小球肾炎。其他疾病包括肝脏、心脏和胃肠道。在免疫学上,所有患者均具有干扰素阳性特征,除一人外,所有患者均表现出自身抗体,特别是AAN和/或ANCA。22例患者接受了JAK抑制剂治疗,其中三分之二的病例得到了稳定或临床改善。不幸的是,尽管进行了免疫抑制治疗,一些患者的病情仍在恶化,2例患者需要肺移植,2例患者需要肾脏移植。这项工作汇集了世界上有史以来最大的COPA患者群体。我们确认肺、关节和肾脏疾病是最重要的,但我们已经确定了新的临床表现,进一步扩大了该疾病的临床范围。JAK抑制剂是最常用的治疗方法,但其效果只是部分的。治疗使用新科技专门针对1型干扰素、道路等l’anifrolumab、被评估。但physiopathologique疾病机制的更好理解,尤其是肺损害,仍需改善病人的治疗。
{"title":"Étude d’une cohorte européenne multicentrique de 38 patients atteints d’une maladie auto-inflammatoire rare, le syndrome COPA","authors":"C. David , N. Nathan , E. Al-Abadi , P. Arkwright , B. Bader-Meunier , A. Belot , M. Brennan , V. Bondet , J. Cadranel , S. De Almeida Chaves , D. Duffy , A. De Becdelièvre , S. El Khalifi-Boulisfane , M. Gattorno , Y. Hatchuel , D. Herdliczko , G. Labouret , R. Manna , H. Maillard , A. Mensa-Vilaro , M.L. Frémond","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.070","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.070","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome COPA est une maladie auto-inflammatoire monogénique rare, décrite en 2015, causée par des mutations hétérozygotes du gène COPA. Ces mutations entraînent une activation aberrante de STING, une protéine centrale de la réponse interféron, menant à une activation constitutive des gènes stimulés par l’interféron de type I (ISGs), conférant au syndrome COPA le statut d’interféronopathie de type I. Malgré une trentaine de cas publiés, les données cliniques restent à ce jour limitées. L’objectif de ce travail est de décrire les caractéristiques cliniques, génétiques, immunologiques et thérapeutiques d’une large cohorte européenne de patients atteints de syndrome COPA, afin d’améliorer la description de cette nouvelle maladie auto-inflammatoire monogénique.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique incluant 38 patients symptomatiques provenant de 29 familles originaires de 8 pays européens différents. Les données cliniques, radiologiques, biologiques et histologiques ont été collectées à partir des dossiers médicaux. L’activation de la voie des interférons de type I a été évaluée par signature interféron et dosage de l’IFN-α dans le sérum. La réponse aux traitements, en particulier aux inhibiteurs de JAK, a été évaluée.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>L’âge médian de début des symptômes était de 3 (0–50) ans, avec un diagnostic moléculaire posé à l’âge de 13 ans (0,3–57) ans. Toutes les mutations étaient localisées dans le domaine WD40 de la protéine. Nous n’avons pas noté de corrélation génotype-phénotype. Parmi les apparentés testés, 8 patients étaient porteurs d’une mutation du gène COPA sans manifestation clinique (pénétrance clinique à 83 %). Les atteintes d’organes les plus fréquemment retrouvées étaient l’atteinte pulmonaire (89 %), musculo-articulaire (68 %), cutanée (32 %) et rénale (18 %). L’imagerie pulmonaire retrouvait principalement des opacités en verre dépoli, des lésions kystiques et des signes de fibrose pulmonaire. La biopsie pulmonaire retrouvait des signes d’hyperplasie folliculaire chez tous les patients évalués. Sur le plan cutané, les patients présentaient des atteintes principalement d’allure vasculaire (acrosyndrome, lupus-engelures, ulcères digitaux). L’atteinte articulaire était très polymorphe, allant d’arthralgies non spécifiques à des tableaux de polyarthrites destructrices. L’atteinte rénale retrouvée était celle d’une glomérulonéphrite soit pauci-immune soit avec immunofluorescence lupique. D’autres atteintes notamment hépatique, cardiaque et gastro-intestinales ont été mise en évidence. Sur le plan immunologique, tous les patients avaient une signature interféron positive et tous les patients, sauf un, présentaient des auto-anticorps, en particulier AAN et/ou ANCA. Vingt-deux patients ont reçu un inhibiteur de JAK, avec une stabilisation ou une amélioration clinique dans les deux tiers des cas. Malheureusement, la ","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A386-A387"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594685","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}