Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.032
A. Carré , L. Drouot , J.L. Charuel , S. Tayb-Boulahfa , P. Daniel , V. Pillot , O. Boyer , P. Ghillani-Dalbin , K. Khoy , M. Miyara , M. Limare , N. Abisror , Z. Amoura , F. Cohen-Aubart , B. Fautrel , A. Froissart , J. Haroche , M. Hie , R. Lhote , O. Lidove , Y. Allenbach
<div><h3>Introduction</h3><div>L’anticorps anti-SMN est décrit au cours des myopathies inflammatoires, des scléromyosites et des connectivites mixtes. Il n’est pas dosé en routine et le nombre de cas publiés est limité. Ce travail vise à décrire le phénotype et l’évolution clinique associés à cet auto-anticorps pour en évaluer la valeur pronostique et clarifier le cadre nosologique.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Cette étude de cohorte rétrospective a inclus des sujets anti-SMN positifs, qui ont été décrits et comparés à des contrôles négatifs, et a été complétée d’une revue systématique de la littérature. Un aspect caractéristique d’immunofluorescence indirecte (IFI) lors de la recherche d’anticorps anti-nucléaires (AC-7) a permis d’identifier, parmi les sujets suspects de maladies auto-immunes musculosquelettiques, ceux chez qui la présence d’anti-SMN était probable. Les patients anti-SMN positifs étaient secondairement définis par un test immunodiagnostique spécifique (ALBIA, Adressable Laser Bead ImmunoAssay). La présentation clinique et l’évolution des patients ont été analysées puis comparées aux données d’une revue systématique de la littérature, et à celles de cohortes contrôles de patients atteints de sclérodermie systémique (avec ou sans myosite) et de myopathie inflammatoire. Les sujets inclus ont été classés selon les critères des consensus internationaux en vigueur.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les 56 sujets ayant un aspect d’IFI évocateur ont été confirmés positifs pour les anti-SMN (100 %) et ont été inclus. Ils étaient âgés de 41 <span>ans</span> [35-53], et majoritairement des femmes (87 %). L’atteinte musculosquelettique était prédominante avec une atteinte articulaire (74 %) et myositique (82 %), caractérisée sur le plan myopathologique par des infiltrats inflammatoires endo- et périmysiaux et de la nécrose des fibres musculaires. Les signes de vasculopathie cutanée étaient très répandus (phénomène de Raynaud : 92 % ; ulcérations/cicatrices pulpaires : 30 % ; et nécroses digitales : 11 %), tandis qu’une sclérose cutanée était notée dans 42 % des cas. Les atteintes digestives étaient très fréquentes à la fois hautes (dysfonction œsophagienne : 90 % ; et gastroparésie : 18 %) et basses (obstruction intestinale chronique : 9 %). Une pneumopathie interstitielle était majoritairement associée (54 %) bien que de gravité généralement modérée. Les classifications nosologiques usuelles ne permettaient pas de rattacher ces patients anti-SMN positifs à un diagnostic unique. Ils pouvaient être classés soit myopathie inflammatoire (63 %) et/ou sclérodermie systémique (46 %) et/ou lupus systémique (41 %) et/ou syndrome de Sjögren (21 %). Plus de la moitié (54 %) d’entre eux étaient classés simultanément dans au moins 2 cadres nosologiques. Le spectre clinique observé était concordant avec les 114 cas déjà rapportés, en dehors d’une incidence plus faible d’hypertension pulmonaire dans notre population. La comparai
{"title":"Phénotype et pronostic associé aux autoanticorps anti-SMN : étude de cohorte rétrospective et revue systématique de la littérature","authors":"A. Carré , L. Drouot , J.L. Charuel , S. Tayb-Boulahfa , P. Daniel , V. Pillot , O. Boyer , P. Ghillani-Dalbin , K. Khoy , M. Miyara , M. Limare , N. Abisror , Z. Amoura , F. Cohen-Aubart , B. Fautrel , A. Froissart , J. Haroche , M. Hie , R. Lhote , O. Lidove , Y. Allenbach","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.032","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.032","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>L’anticorps anti-SMN est décrit au cours des myopathies inflammatoires, des scléromyosites et des connectivites mixtes. Il n’est pas dosé en routine et le nombre de cas publiés est limité. Ce travail vise à décrire le phénotype et l’évolution clinique associés à cet auto-anticorps pour en évaluer la valeur pronostique et clarifier le cadre nosologique.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Cette étude de cohorte rétrospective a inclus des sujets anti-SMN positifs, qui ont été décrits et comparés à des contrôles négatifs, et a été complétée d’une revue systématique de la littérature. Un aspect caractéristique d’immunofluorescence indirecte (IFI) lors de la recherche d’anticorps anti-nucléaires (AC-7) a permis d’identifier, parmi les sujets suspects de maladies auto-immunes musculosquelettiques, ceux chez qui la présence d’anti-SMN était probable. Les patients anti-SMN positifs étaient secondairement définis par un test immunodiagnostique spécifique (ALBIA, Adressable Laser Bead ImmunoAssay). La présentation clinique et l’évolution des patients ont été analysées puis comparées aux données d’une revue systématique de la littérature, et à celles de cohortes contrôles de patients atteints de sclérodermie systémique (avec ou sans myosite) et de myopathie inflammatoire. Les sujets inclus ont été classés selon les critères des consensus internationaux en vigueur.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les 56 sujets ayant un aspect d’IFI évocateur ont été confirmés positifs pour les anti-SMN (100 %) et ont été inclus. Ils étaient âgés de 41 <span>ans</span> [35-53], et majoritairement des femmes (87 %). L’atteinte musculosquelettique était prédominante avec une atteinte articulaire (74 %) et myositique (82 %), caractérisée sur le plan myopathologique par des infiltrats inflammatoires endo- et périmysiaux et de la nécrose des fibres musculaires. Les signes de vasculopathie cutanée étaient très répandus (phénomène de Raynaud : 92 % ; ulcérations/cicatrices pulpaires : 30 % ; et nécroses digitales : 11 %), tandis qu’une sclérose cutanée était notée dans 42 % des cas. Les atteintes digestives étaient très fréquentes à la fois hautes (dysfonction œsophagienne : 90 % ; et gastroparésie : 18 %) et basses (obstruction intestinale chronique : 9 %). Une pneumopathie interstitielle était majoritairement associée (54 %) bien que de gravité généralement modérée. Les classifications nosologiques usuelles ne permettaient pas de rattacher ces patients anti-SMN positifs à un diagnostic unique. Ils pouvaient être classés soit myopathie inflammatoire (63 %) et/ou sclérodermie systémique (46 %) et/ou lupus systémique (41 %) et/ou syndrome de Sjögren (21 %). Plus de la moitié (54 %) d’entre eux étaient classés simultanément dans au moins 2 cadres nosologiques. Le spectre clinique observé était concordant avec les 114 cas déjà rapportés, en dehors d’une incidence plus faible d’hypertension pulmonaire dans notre population. La comparai","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A355-A356"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595002","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.033
E. Bazin , L. Morand , M. Levraut , S. Lechtman , P.Y. Jeandel , M. Trabucchi , N. Martis
<div><h3>Introduction</h3><div>Les anticorps anti-Ro60 sont des biomarqueurs-clés associés notamment à la maladie de Sjögren (MSj), au lupus érythémateux systémique (LES) et leurs formes de chevauchement. Ces connectivites sont aussi caractérisées par leur hétérogénéité clinico-biologique avec des complications et évolutions très variables. Les objectifs étaient i) d’identifier des profils phénotypiques distincts, en appliquant une méthode de classification, reposant sur un partitionnement de données (« analyse en cluster ») cliniques et biologiques de patients séropositifs pour les anti-Ro60 et ii) de mieux décrire leur évolution sur 10 ans.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Nous avons conduit une étude rétrospective monocentrique incluant 156 patients anti-Ro60 positifs ayant eu un suivi de ≥<!--> <!-->12 mois entre 2005 et 2024. Une analyse non-supervisée par clustering hiérarchique a été effectué en comparant et catégorisant les sujets selon 18 variables cliniques et biologiques sélectionnés : âge ≥<!--> <!-->50 ans, sexe, présence de facteurs de risques cardiovasculaires, syndrome sec, adénopathie, polyarthrite, troubles neuromusculaires, pneumopathie interstitielle diffuse, cytopénie, positivité anit-Ro52, positivité anti-Sm, présence de facteur rhumatoïde, composante C3 ou C4 ou activité CH50 du complément basse, hypergammaglobulinémie ≥<!--> <!-->16<!--> <!-->g/L, positivité d’un anticorps anti-phospholipide et enfin, les atteintes rénale, glandulaire et cutanées (définies selon les domaines de l’EULAR Sjögren's Syndrome Disease Activity Index [ESSDAI]). Les modifications de l’ESSDAI pour les MSj et le Systemic Lupus Erythematosus Disease Activity Index (SLEDAI) pour les LES ont été étudiées sur 10 ans de suivi.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>L’analyse des 156 patients inclus a identifié 3 sous-groupes. Le cluster 1 (Cl.1, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->63) regroupait une majorité de patients avec une MSj (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->43) avec une atteinte glandulaire prédominante associée à une forte symptomatologie subjective mais avec la plus faible activité systémique (ESSDAI médian de 1,0 (IQR, 0,0–2,75 ; <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->42)) (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,043)) et des sujets SLE (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->19). Le cluster 2 (Cl.2, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->34) était représenté par la sous-population la plus âgée avec des sujets d’âge moyen de 65,7<!--> <!-->±<!--> <!-->9,4 ans (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01), des connectivites quasi-exclusivement des MSj (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->17 vs. 1 LES) et à haut risque cardiovasculaire (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001). Le cluster 3 (Cl.3, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->59) réunissait des sujets répondants aux critères de classification de MSj (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->41) comme des LES (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->22) avec des complications systémiques et des ESSDAI et SLEDAI médians, respectivement, de 2 points (IQR, 1-6,25 ; <em>n</em> <!-
抗Ro60抗体是与Sjogren病(MSJ)、系统性红斑狼疮(SLE)及其重叠形式相关的关键生物标志物。这些连接性的另一个特点是其临床生物学异质性,并发症和进化变化很大。剖面的目标是:(一)确定不同的表型,采用的分类方法,基于一个数据库分区(«»集群分析对于anti-Ro60)患者的临床和实验室和(二)更好地描述其演变ans.Matériels méthodesNous已经开上10单中心回顾性研究,包括156 anti-Ro60阳性患者有后续≥12个月2005年至2024年。通过对18个选定的临床和生物学变量进行比较和分类,进行了一项无监督的分层聚类分析:年龄≥50岁,性别、心血管危险因素的存在,病、关节炎、干燥综合征、神经肌肉失调、间质肺炎漫射cytopénie anit-Ro52阳性,阳性anti-Sm类风湿因子的存在,部分低补体CH50或C3、C4或活动、hypergammaglobulinémie≥16 g / L,一个抗体阳性anti-phospholipide及肾功能损害,腺体和皮肤(根据EULAR Sjogren的综合征疾病活动指数[ESSDAI]的范围定义)。对MSJ的ESSDAI和SLE的系统性红斑狼疮疾病活动指数(SLEDAI)的变化进行了10年的随访。对156名患者的分析确定了3个亚组。cluster Cl.1, n = 1(63)是大多数患者有全局性MSj腺(n = 43)与对人为主,加上强大的主观症状与全身活性较低(但ESSDAI 1.0的中位数(IQR 42); n = 0.0—2.75%)(p = 0.043))和SLE的话题(n = 19)。34 cluster (c.l., n = 2),由最年长的人群与中年受试者的65.7%;<±9.4年(p 0.01)、几乎完全connectivites MSj vs 17 (n = 1)和心血管高危< (p 0.001);在cluster (c.l., n = 3)汇集了59 MSj回应主体的分类标准(n = 41)像(n = 22)与全身并发症和ESSDAI和SLEDAI中间(IQR分别为2分,1-6,25;n = 24(5)和(IQR、3 - 6;n = 22点)。当时还对B细胞活动中最重要的3个集群与代表性最强vs 14 (Cl.1类风湿因子(31日)vs (c.l.) 7) (p = 0.001),而消费补体C3或C4(30日vs (c.l. 12 (10) vs c.l. < (p 0.001),和一个hypergammaglobulinémie polyclonale 18 20 (Cl.1 vs (52) vs (c.l. <)) (p 0.001);在Cl.1和Cl.3的随访中,在10年的时间里,表型相对稳定,ESSDAI (p = NS)和SLEDAI (p = NS),淋巴瘤的发生(n = 2)仅发生在Cl.2。ConclusionCes得以进行分类分析,对于感染anti-Ro60据㈠过多症状MSj,㈡其sur-risque心血管疾病和异常表达抗议的系统性和㈢connectivites全身并发症的活性和重叠MSj /的形式。
{"title":"Profils clinico-biologiques associés à une positivité anti-Ro60 et évolution sur 10 ans : analyse en cluster de données de 156 patients","authors":"E. Bazin , L. Morand , M. Levraut , S. Lechtman , P.Y. Jeandel , M. Trabucchi , N. Martis","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.033","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.033","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les anticorps anti-Ro60 sont des biomarqueurs-clés associés notamment à la maladie de Sjögren (MSj), au lupus érythémateux systémique (LES) et leurs formes de chevauchement. Ces connectivites sont aussi caractérisées par leur hétérogénéité clinico-biologique avec des complications et évolutions très variables. Les objectifs étaient i) d’identifier des profils phénotypiques distincts, en appliquant une méthode de classification, reposant sur un partitionnement de données (« analyse en cluster ») cliniques et biologiques de patients séropositifs pour les anti-Ro60 et ii) de mieux décrire leur évolution sur 10 ans.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Nous avons conduit une étude rétrospective monocentrique incluant 156 patients anti-Ro60 positifs ayant eu un suivi de ≥<!--> <!-->12 mois entre 2005 et 2024. Une analyse non-supervisée par clustering hiérarchique a été effectué en comparant et catégorisant les sujets selon 18 variables cliniques et biologiques sélectionnés : âge ≥<!--> <!-->50 ans, sexe, présence de facteurs de risques cardiovasculaires, syndrome sec, adénopathie, polyarthrite, troubles neuromusculaires, pneumopathie interstitielle diffuse, cytopénie, positivité anit-Ro52, positivité anti-Sm, présence de facteur rhumatoïde, composante C3 ou C4 ou activité CH50 du complément basse, hypergammaglobulinémie ≥<!--> <!-->16<!--> <!-->g/L, positivité d’un anticorps anti-phospholipide et enfin, les atteintes rénale, glandulaire et cutanées (définies selon les domaines de l’EULAR Sjögren's Syndrome Disease Activity Index [ESSDAI]). Les modifications de l’ESSDAI pour les MSj et le Systemic Lupus Erythematosus Disease Activity Index (SLEDAI) pour les LES ont été étudiées sur 10 ans de suivi.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>L’analyse des 156 patients inclus a identifié 3 sous-groupes. Le cluster 1 (Cl.1, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->63) regroupait une majorité de patients avec une MSj (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->43) avec une atteinte glandulaire prédominante associée à une forte symptomatologie subjective mais avec la plus faible activité systémique (ESSDAI médian de 1,0 (IQR, 0,0–2,75 ; <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->42)) (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,043)) et des sujets SLE (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->19). Le cluster 2 (Cl.2, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->34) était représenté par la sous-population la plus âgée avec des sujets d’âge moyen de 65,7<!--> <!-->±<!--> <!-->9,4 ans (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01), des connectivites quasi-exclusivement des MSj (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->17 vs. 1 LES) et à haut risque cardiovasculaire (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001). Le cluster 3 (Cl.3, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->59) réunissait des sujets répondants aux critères de classification de MSj (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->41) comme des LES (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->22) avec des complications systémiques et des ESSDAI et SLEDAI médians, respectivement, de 2 points (IQR, 1-6,25 ; <em>n</em> <!-","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A356-A357"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595009","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.040
X. Mariette , T. Grader-Beck , S. Finzel , E. Schiopu , A. Papas , V. Devauchelle-Pinsec , T. Dörner , M. Sopala , X. Zeng , G. Noaiseh , T. Takeuchi , U. Kumar , J. Hermann , H. Ozawa , R. Fox , S. Zong , D. Narayanswamy , X. Li , W.L. Luo , J. Woznicki , W. Hueber
<div><h3>Introduction</h3><div>La maladie de Sjögren (SjD) est une maladie auto-immune systémique, hétérogène, caractérisée par des symptômes invalidants, d’importants besoins médicaux non satisfaits et l’absence de traitements systémiques approuvés. L’hyperactivité des cellules B et le dérèglement de la voie de signalisation du facteur d’activation des cellules B (BAFF) et de son récepteur (BAFF-R) sont des éléments clés de la pathogenèse du SjD. Le ianalumab est un AcM IgG1 entièrement humain dirigé contre le BAFF-R, doté d’un nouveau double mécanisme d’action : déplétion des cellules B via une cytotoxicité cellulaire dépendante des anticorps (ADCC) accrue et inhibition de leur activation et survie par blocage du BAFF-R. Les études de phase 3 NEPTUNUS-1 (<span><span>NCT05350072</span><svg><path></path></svg></span>) et NEPTUNUS-2 (<span><span>NCT05349214</span><svg><path></path></svg></span>) évaluent l’efficacité et la sécurité du ianalumab chez des patients atteints de maladie de SjD.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>NEPTUNUS-1 (N-1) et NEPTUNUS-2 (N-2) sont des études complémentaires, internationales, multicentriques, randomisées, en double aveugle, contrôlées versus placebo (PBO) de 52 semaines qui ont inclus des patients adultes atteints de SjD, répondant aux critères de classification ACR/EULAR 2016, avec un score ESSDAI (EULAR Sjögren's Disease Activity Index) ≥<!--> <!-->5 dans huit domaines présélectionnés et un débit salivaire stimulé ≥<!--> <!-->0,05<!--> <!-->ml/min. L’utilisation concomitante d’immunomodulateurs ou d’immunosuppresseurs était autorisée : MTX (≤<!--> <!-->25<!--> <!-->mg/s), HCQ (≤<!--> <!-->400<!--> <!-->mg/j), AZA (≤<!--> <!-->150<!--> <!-->mg/j) et prednisone ≤<!--> <!-->10<!--> <!-->mg/j, seuls ou en association. Dans N-1, les patients ont été randomisés (1 :1) pour recevoir par voie sous-cutanée soit 300<!--> <!-->mg de ianalumab une fois par mois (QM), soit un PBO ; dans N-2, la randomisation (1 :1 :1) a permis de comparer trois bras : ianalumab 300<!--> <!-->mg QM, ianalumab 300<!--> <!-->mg tous les 3 mois (Q3<!--> <!-->M) et PBO. L’objectif principal des deux études était de démontrer la supériorité du ianalumab par rapport au PBO, en mesurant la variation du score ESSDAI à S48 par rapport à la valeur à l’inclusion. Les principaux critères secondaires incluaient des mesures de l’activité du SjD ainsi que des évaluations rapportées par les médecins et les patients à S48. La tolérance a été évaluée jusqu’à la S52.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dans N-1, 275 patients et dans N-2, 504 patients ont été randomisés ; les caractéristiques des patients à l’inclusion étaient globalement équilibrées entre les bras. Les deux études ont atteint leur objectif principal. Le ianalumab (QM) a démontré une amélioration statistiquement significative de la variation du score ESSDAI à la S48 par rapport au PBO (<span><span>Fig. 1</span></span>). L’évaluation globale du patient (PaGA ; différence des moy
{"title":"Le ianalumab démontre une réduction significative de l’activité de la maladie chez les patients atteints de la maladie de Sjögren : résultats d’efficacité et de tolérance issus de deux études internationales de phase 3 (NEPTUNUS-1 et NEPTUNUS-2)","authors":"X. Mariette , T. Grader-Beck , S. Finzel , E. Schiopu , A. Papas , V. Devauchelle-Pinsec , T. Dörner , M. Sopala , X. Zeng , G. Noaiseh , T. Takeuchi , U. Kumar , J. Hermann , H. Ozawa , R. Fox , S. Zong , D. Narayanswamy , X. Li , W.L. Luo , J. Woznicki , W. Hueber","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.040","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.040","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La maladie de Sjögren (SjD) est une maladie auto-immune systémique, hétérogène, caractérisée par des symptômes invalidants, d’importants besoins médicaux non satisfaits et l’absence de traitements systémiques approuvés. L’hyperactivité des cellules B et le dérèglement de la voie de signalisation du facteur d’activation des cellules B (BAFF) et de son récepteur (BAFF-R) sont des éléments clés de la pathogenèse du SjD. Le ianalumab est un AcM IgG1 entièrement humain dirigé contre le BAFF-R, doté d’un nouveau double mécanisme d’action : déplétion des cellules B via une cytotoxicité cellulaire dépendante des anticorps (ADCC) accrue et inhibition de leur activation et survie par blocage du BAFF-R. Les études de phase 3 NEPTUNUS-1 (<span><span>NCT05350072</span><svg><path></path></svg></span>) et NEPTUNUS-2 (<span><span>NCT05349214</span><svg><path></path></svg></span>) évaluent l’efficacité et la sécurité du ianalumab chez des patients atteints de maladie de SjD.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>NEPTUNUS-1 (N-1) et NEPTUNUS-2 (N-2) sont des études complémentaires, internationales, multicentriques, randomisées, en double aveugle, contrôlées versus placebo (PBO) de 52 semaines qui ont inclus des patients adultes atteints de SjD, répondant aux critères de classification ACR/EULAR 2016, avec un score ESSDAI (EULAR Sjögren's Disease Activity Index) ≥<!--> <!-->5 dans huit domaines présélectionnés et un débit salivaire stimulé ≥<!--> <!-->0,05<!--> <!-->ml/min. L’utilisation concomitante d’immunomodulateurs ou d’immunosuppresseurs était autorisée : MTX (≤<!--> <!-->25<!--> <!-->mg/s), HCQ (≤<!--> <!-->400<!--> <!-->mg/j), AZA (≤<!--> <!-->150<!--> <!-->mg/j) et prednisone ≤<!--> <!-->10<!--> <!-->mg/j, seuls ou en association. Dans N-1, les patients ont été randomisés (1 :1) pour recevoir par voie sous-cutanée soit 300<!--> <!-->mg de ianalumab une fois par mois (QM), soit un PBO ; dans N-2, la randomisation (1 :1 :1) a permis de comparer trois bras : ianalumab 300<!--> <!-->mg QM, ianalumab 300<!--> <!-->mg tous les 3 mois (Q3<!--> <!-->M) et PBO. L’objectif principal des deux études était de démontrer la supériorité du ianalumab par rapport au PBO, en mesurant la variation du score ESSDAI à S48 par rapport à la valeur à l’inclusion. Les principaux critères secondaires incluaient des mesures de l’activité du SjD ainsi que des évaluations rapportées par les médecins et les patients à S48. La tolérance a été évaluée jusqu’à la S52.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dans N-1, 275 patients et dans N-2, 504 patients ont été randomisés ; les caractéristiques des patients à l’inclusion étaient globalement équilibrées entre les bras. Les deux études ont atteint leur objectif principal. Le ianalumab (QM) a démontré une amélioration statistiquement significative de la variation du score ESSDAI à la S48 par rapport au PBO (<span><span>Fig. 1</span></span>). L’évaluation globale du patient (PaGA ; différence des moy","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A362-A363"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595085","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.072
I. Elhani , C. Laure , P. Laurence , I. Kone-Paut , L. Rossi-Semerano , I. Melki , B. Bader-Meunier , B. Neven , P. Quartier , B. Guilaine , I. Giurgea , L. Cuisset , G. Grateau , H. Véronique , P. Mertz , M. Delplanque , L. Savey , S. Georgin-Lavialle
Introduction
La fièvre méditerranéenne familiale (FMF) est une maladie auto-inflammatoire monogénique associée à une activation excessive de l’inflammasome pyrine, responsable d’une production accrue de cytokines pro-inflammatoires, dont l’interleukine-18 (IL-18). Le suivi biologique de la FMF repose sur le dosage des biomarqueurs protéine C réactive (CRP) et protéine sérum amyloïde A (SAA). Cependant ces marqueurs ne permettent que d’évaluer l’état inflammatoire immédiat du patient. L’IL-18, impliquée précocement dans la cascade inflammatoire, pourrait représenter un biomarqueur pertinent pour le contrôle de la maladie. L’objectif de ce travail était d’évaluer les performances du dosage de l’IL-18 totale sérique pour déterminer l’activité de la fièvre méditerranéenne familiale.
Patients et méthodes
Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique menée au centre national de référence adulte de la FMF entre Janvier 2022 et Janvier 2024. Les patients atteints de FMF (≥ 1 variant de MEFV de pathogénéicité ≥ 4) avec au moins une mesure sérique d’IL-18 (ELISA) ont été inclus. L’activité globale de la maladie (active ou inactive) avait été déterminée par le clinicien en charge du patient selon les recommandations nationales [1]. Les performances de l’IL-18 totale sérique pour évaluer l’activité de la maladie ont été analysées par courbes de ROC (receiver operating characteristic).
Résultats
Au total, 308 mesures ont été analysées chez 208 patients (110 femmes, 135 hommes). La médiane des taux d’IL-18 totale sérique était de 922 pg/mL [153–22712]. Les taux étaient significativement plus élevés chez les patients homozygotes que chez les hétérozygotes (p < 0,001). En revanche, les performances de l’IL-18 totale étaient médiocres pour discriminer les patients actifs des patients inactifs (AUC 0,552). Chez les patients traités par biothérapie anti-IL-1, L’instauration du traitement n’était pas associée à une diminution significative de l’IL-18 totale sérique. Des taux très élevés d’IL-18 totale (> 7000 pg/mL) étaient associés à une mauvaise observance ou à une posologie insuffisante de colchicine.
Conclusion
L’IL-18 totale sérique ne semble pas être un biomarqueur fiable de l’activité de la FMF, ou d’une réponse sous traitement anti-IL-1. Elle pourrait toutefois servir d’indicateur indirect de mauvaise observance thérapeutique.
{"title":"Performance du dosage de l’IL-18 totale sérique dans le suivi de la fièvre Méditerranéenne familiale","authors":"I. Elhani , C. Laure , P. Laurence , I. Kone-Paut , L. Rossi-Semerano , I. Melki , B. Bader-Meunier , B. Neven , P. Quartier , B. Guilaine , I. Giurgea , L. Cuisset , G. Grateau , H. Véronique , P. Mertz , M. Delplanque , L. Savey , S. Georgin-Lavialle","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.072","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.072","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La fièvre méditerranéenne familiale (FMF) est une maladie auto-inflammatoire monogénique associée à une activation excessive de l’inflammasome pyrine, responsable d’une production accrue de cytokines pro-inflammatoires, dont l’interleukine-18 (IL-18). Le suivi biologique de la FMF repose sur le dosage des biomarqueurs protéine C réactive (CRP) et protéine sérum amyloïde A (SAA). Cependant ces marqueurs ne permettent que d’évaluer l’état inflammatoire immédiat du patient. L’IL-18, impliquée précocement dans la cascade inflammatoire, pourrait représenter un biomarqueur pertinent pour le contrôle de la maladie. L’objectif de ce travail était d’évaluer les performances du dosage de l’IL-18 totale sérique pour déterminer l’activité de la fièvre méditerranéenne familiale.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique menée au centre national de référence adulte de la FMF entre Janvier 2022 et Janvier 2024. Les patients atteints de FMF (≥<!--> <!-->1 variant de MEFV de pathogénéicité ≥<!--> <!-->4) avec au moins une mesure sérique d’IL-18 (ELISA) ont été inclus. L’activité globale de la maladie (active ou inactive) avait été déterminée par le clinicien en charge du patient selon les recommandations nationales <span><span>[1]</span></span>. Les performances de l’IL-18 totale sérique pour évaluer l’activité de la maladie ont été analysées par courbes de ROC (receiver operating characteristic).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 308 mesures ont été analysées chez 208 patients (110 femmes, 135 hommes). La médiane des taux d’IL-18 totale sérique était de 922<!--> <!-->pg/mL [153–22712]. Les taux étaient significativement plus élevés chez les patients homozygotes que chez les hétérozygotes (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001). En revanche, les performances de l’IL-18 totale étaient médiocres pour discriminer les patients actifs des patients inactifs (AUC 0,552). Chez les patients traités par biothérapie anti-IL-1, L’instauration du traitement n’était pas associée à une diminution significative de l’IL-18 totale sérique. Des taux très élevés d’IL-18 totale (><!--> <!-->7000<!--> <!-->pg/mL) étaient associés à une mauvaise observance ou à une posologie insuffisante de colchicine.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’IL-18 totale sérique ne semble pas être un biomarqueur fiable de l’activité de la FMF, ou d’une réponse sous traitement anti-IL-1. Elle pourrait toutefois servir d’indicateur indirect de mauvaise observance thérapeutique.</div></div>","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A388"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595020","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.026
J. Cabié , J. Pasco , L. Mroueh , Y. Le Flohic , C. Verier , P.A. Noailly Charny , J. Magnier , M. Goisbault , J. Planchette , A.S. Resseguier , C. Lacout , A. Mirguet , V. Hess , T. Pires , L. Martin , E. Riviere , H. De Boysson , J. Galland
<div><h3>Introduction</h3><div>Les maladies rares représentent un enjeu majeur de santé publique puisqu’elles concernent plus de 3 millions de personnes en France. Le délai diagnostique moyen est de 1,5 an, mais dépasse 5 ans pour 25 % des patients. Ces pathologies complexes, souvent graves et chroniques, sont responsables de handicaps dans 50 % des cas. Malgré la création de filières et de centres experts en maladies rares, l’errance diagnostique persiste, notamment en soins primaires ou même en médecine hospitalière comme en médecine interne. Les patients en errance diagnostique ont souvent des tableaux cliniques complexes et peu spécifiques. Face à ce constat, AccelRare, une intelligence artificielle (IA) basée sur une technologie de type Symptom Checker (SC) a été développée et mis en ligne gratuitement pour les professionnels de santé. AccelRare a pour objectif de réduire l’errance diagnostique en aidant les médecins à formuler des hypothèses diagnostiques de maladies rares et à orienter les patients vers un centre expert. Une étude pilote conduite en 2023 avait montré une amélioration du taux de bon diagnostic de 35,1 % à 63,8 % grâce à l’utilisation d’AccelRare (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05) sur une cohorte de médecins généralistes (MG) et de pédiatres <span><span>[1]</span></span>. Cette phase pilote avait mis en évidence la complémentarité entre le médecin et l’IA lors de l’utilisation d’AccelRare. Nous présentons ici une étude de phase 2 visant à évaluer la version 1,1 d’AccelRare afin de confirmer les résultats de la phase pilote mais avec une méthodologie plus robuste et une cohorte élargie avec l’inclusion d’un bras de médecins internistes (MI).</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude comparative randomisée multicentrique sur vignettes cliniques. Une vignette était une feuille synthétisant l’anamnèse, la sémiologie et les données paracliniques de patients réels présentant des formes typiques de maladies rares. Chaque vignette a été élaborée par un spécialiste hospitalier en maladies rares (interniste ou pédiatre). Pour chaque vignette, le rédacteur proposait un diagnostic principal et au moins 2 diagnostics différentiels. Le nombre total de vignettes, déterminé en fonction de l’hypothèse de puissance statistique, était de 108, réparties équitablement entre cas adultes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->54) et cas pédiatriques (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->54). Douze médecins (4 MI, 4 MG, 4 pédiatres) ont participé à l’investigation. Pour chaque spécialité, 36 vignettes ont été réparties aléatoirement entre deux médecins utilisant AccelRare (groupe expérimental) et deux sans AccelRare (groupe contrôle). Les vignettes proposées aux investigateurs étaient des cas adultes pour les MI, pédiatriques pour les pédiatres et mixtes pour les MG. Le critère de jugement principal était la concordance entre l’hypothèse diagnostique de l’investigateur avec ou sans AccelRare (H1) et le diagnostic principal proposé pa
{"title":"Réduire l’errance diagnostique des maladies rares grâce à l’intelligence artificielle : résultats d’une étude de performance","authors":"J. Cabié , J. Pasco , L. Mroueh , Y. Le Flohic , C. Verier , P.A. Noailly Charny , J. Magnier , M. Goisbault , J. Planchette , A.S. Resseguier , C. Lacout , A. Mirguet , V. Hess , T. Pires , L. Martin , E. Riviere , H. De Boysson , J. Galland","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.026","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.026","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les maladies rares représentent un enjeu majeur de santé publique puisqu’elles concernent plus de 3 millions de personnes en France. Le délai diagnostique moyen est de 1,5 an, mais dépasse 5 ans pour 25 % des patients. Ces pathologies complexes, souvent graves et chroniques, sont responsables de handicaps dans 50 % des cas. Malgré la création de filières et de centres experts en maladies rares, l’errance diagnostique persiste, notamment en soins primaires ou même en médecine hospitalière comme en médecine interne. Les patients en errance diagnostique ont souvent des tableaux cliniques complexes et peu spécifiques. Face à ce constat, AccelRare, une intelligence artificielle (IA) basée sur une technologie de type Symptom Checker (SC) a été développée et mis en ligne gratuitement pour les professionnels de santé. AccelRare a pour objectif de réduire l’errance diagnostique en aidant les médecins à formuler des hypothèses diagnostiques de maladies rares et à orienter les patients vers un centre expert. Une étude pilote conduite en 2023 avait montré une amélioration du taux de bon diagnostic de 35,1 % à 63,8 % grâce à l’utilisation d’AccelRare (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05) sur une cohorte de médecins généralistes (MG) et de pédiatres <span><span>[1]</span></span>. Cette phase pilote avait mis en évidence la complémentarité entre le médecin et l’IA lors de l’utilisation d’AccelRare. Nous présentons ici une étude de phase 2 visant à évaluer la version 1,1 d’AccelRare afin de confirmer les résultats de la phase pilote mais avec une méthodologie plus robuste et une cohorte élargie avec l’inclusion d’un bras de médecins internistes (MI).</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude comparative randomisée multicentrique sur vignettes cliniques. Une vignette était une feuille synthétisant l’anamnèse, la sémiologie et les données paracliniques de patients réels présentant des formes typiques de maladies rares. Chaque vignette a été élaborée par un spécialiste hospitalier en maladies rares (interniste ou pédiatre). Pour chaque vignette, le rédacteur proposait un diagnostic principal et au moins 2 diagnostics différentiels. Le nombre total de vignettes, déterminé en fonction de l’hypothèse de puissance statistique, était de 108, réparties équitablement entre cas adultes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->54) et cas pédiatriques (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->54). Douze médecins (4 MI, 4 MG, 4 pédiatres) ont participé à l’investigation. Pour chaque spécialité, 36 vignettes ont été réparties aléatoirement entre deux médecins utilisant AccelRare (groupe expérimental) et deux sans AccelRare (groupe contrôle). Les vignettes proposées aux investigateurs étaient des cas adultes pour les MI, pédiatriques pour les pédiatres et mixtes pour les MG. Le critère de jugement principal était la concordance entre l’hypothèse diagnostique de l’investigateur avec ou sans AccelRare (H1) et le diagnostic principal proposé pa","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A351-A352"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595027","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.036
V. Pillot , S. Tocquet , J.L. Charuel , S. Tansley , S. Boussouar , P.Y. Brillet , D. Vellas , S. Léonard-Louis , Y. Uzunhan , A. Belle , P. Cohen , P. Ghilani , M. Miyara , M. Hie , G. Foulon , N. Gambier , J.F. Boitiaux , P. Fuzibet , B. Crestani , L. Baudelet , Y. Allenbach
Introduction
Le syndrome des antisynthétases (ASyS) est une maladie auto-immune systémique qui touche principalement les poumons, les articulations et les muscles, et qui est associé dans plus de 90 % des cas aux anticorps anti-Jo-1, anti-PL7 ou anti-PL12. Le syndrome des antisynthétases n’est pas associé à un risque accru de cancer. Le sous-groupe des patients ASyS porteurs d’anticorps anti-OJ est mal caractérisé, car il s’agit d’un anticorps rare et les tests commerciaux manquent de fiabilité.
Patients et méthodes
Nous avons mené une étude rétrospective de cohorte comparative de patients anti-OJ positifs. La présence d’anti-OJ a été identifiée par immunoprécipitation. Les données cliniques, biologiques, radiologiques et anatomopathologiques ont été recueillies. Les patients ASyS OJ-négatifs porteurs d’anticorps anti-Jo-1, anti-PL7 ou anti-PL12 ont servi de groupe contrôle. L’incidence des cancers a été comparée à celle de la population générale appariée sur l’âge et le sexe à l’aide de ratios d’incidence standardisés. Une revue systématique de la littérature concernant les patients anti-OJ positifs a également été réalisée à des fins de comparaison descriptive.
Résultats
Les patients anti-OJ (n = 22) étaient plus âgés au moment du diagnostic (69 ans [51,5–75], p < 0,01) et présentaient moins fréquemment d’atteintes musculaires (54,5 %, p < 0,01) et articulaires (26,7 %, p < 0,01) que les patients ASyS OJ-négatifs (n = 158), tandis que la pneumopathie interstitielle demeurait une manifestation prédominante dans les deux groupes. L’incidence des cancers était nettement augmentée chez les patients anti-OJ (SIR = 3,23 [IC 95 % : 1,21–8,62]) par rapport à la population générale, contrairement aux patients anti-Jo-1 et anti-PL7/12, chez qui aucune différence significative n’a été observée. La revue de la littérature portant sur les patients OJ positifs (n = 106) a montré des résultats concordants avec ceux de notre cohorte.
Conclusion
Le syndrome des antisynthétases anti-OJ définit un sous-groupe clinique distinct au sein du spectre des ASyS, caractérisé par un risque accru et unique de cancer. Ces résultats plaident en faveur d’un renforcement du dépistage oncologique et du recours à des tests sérologiques dédiés dans ce sous-groupe rare.
{"title":"Caractéristiques cliniques et risque de cancer du syndrome des antisynthétases anti-OJ : étude de cohorte comparative rétrospective et revue systématique de la littérature","authors":"V. Pillot , S. Tocquet , J.L. Charuel , S. Tansley , S. Boussouar , P.Y. Brillet , D. Vellas , S. Léonard-Louis , Y. Uzunhan , A. Belle , P. Cohen , P. Ghilani , M. Miyara , M. Hie , G. Foulon , N. Gambier , J.F. Boitiaux , P. Fuzibet , B. Crestani , L. Baudelet , Y. Allenbach","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.036","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.036","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome des antisynthétases (ASyS) est une maladie auto-immune systémique qui touche principalement les poumons, les articulations et les muscles, et qui est associé dans plus de 90 % des cas aux anticorps anti-Jo-1, anti-PL7 ou anti-PL12. Le syndrome des antisynthétases n’est pas associé à un risque accru de cancer. Le sous-groupe des patients ASyS porteurs d’anticorps anti-OJ est mal caractérisé, car il s’agit d’un anticorps rare et les tests commerciaux manquent de fiabilité.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Nous avons mené une étude rétrospective de cohorte comparative de patients anti-OJ positifs. La présence d’anti-OJ a été identifiée par immunoprécipitation. Les données cliniques, biologiques, radiologiques et anatomopathologiques ont été recueillies. Les patients ASyS OJ-négatifs porteurs d’anticorps anti-Jo-1, anti-PL7 ou anti-PL12 ont servi de groupe contrôle. L’incidence des cancers a été comparée à celle de la population générale appariée sur l’âge et le sexe à l’aide de ratios d’incidence standardisés. Une revue systématique de la littérature concernant les patients anti-OJ positifs a également été réalisée à des fins de comparaison descriptive.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les patients anti-OJ (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->22) étaient plus âgés au moment du diagnostic (69 ans [51,5–75], <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01) et présentaient moins fréquemment d’atteintes musculaires (54,5 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01) et articulaires (26,7 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01) que les patients ASyS OJ-négatifs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->158), tandis que la pneumopathie interstitielle demeurait une manifestation prédominante dans les deux groupes. L’incidence des cancers était nettement augmentée chez les patients anti-OJ (SIR<!--> <!-->=<!--> <!-->3,23 [IC 95 % : 1,21–8,62]) par rapport à la population générale, contrairement aux patients anti-Jo-1 et anti-PL7/12, chez qui aucune différence significative n’a été observée. La revue de la littérature portant sur les patients OJ positifs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->106) a montré des résultats concordants avec ceux de notre cohorte.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Le syndrome des antisynthétases anti-OJ définit un sous-groupe clinique distinct au sein du spectre des ASyS, caractérisé par un risque accru et unique de cancer. Ces résultats plaident en faveur d’un renforcement du dépistage oncologique et du recours à des tests sérologiques dédiés dans ce sous-groupe rare.</div></div>","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A358-A359"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595036","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.079
C.A. Dallevet, J. Dal Cin, B. Tendrel, O. Benveniste, Y. Allenbach
<div><h3>Introduction</h3><div>Les myosites auto-immunes sont un groupe hétérogène de myopathies acquises engageant le pronostic fonctionnel. Elles sont divisées en 5 sous-groupes de pathologies différentes : les dermatomyosites (DM), le syndrome des anti-synthétases (ASYS), les myosites à inclusions (IBM), les myosites nécrosantes auto-immunes (IMNM) et les myosites secondaires aux inhibiteurs de checkpoint (ICI), ayant chacune leurs caractéristiques phénotypiques mais aussi transcriptomiques. Ces signatures transcriptomiques semblent cependant être principalement portées par les cellules immunitaires ce qui ne rend pas compte de l’ensemble de leur physiopathologie. En effet, il existe une importante discordance entre la sévérité du déficit musculaire et la rareté des lésions des fibres musculaires. Ainsi, il existe probablement des modifications fonctionnelles des fibres d’aspect “normal” médiées par le micro-environnement inflammatoire. Notre objectif est donc de décrire les modifications de l’état des fibres musculaires au sein du micro-environnement inflammatoire au cours des myosites auto-immunes.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Nous avons réalisé des analyses de transcriptomique spatiale sur des biopsies musculaires afin de corréler les informations spatiales et celles de RNAseq. Celles-ci sont obtenues à partir de l’information transcriptomique contenue au sein de puits/spots de 50<!--> <!-->μm (pouvant contenir entre 1 et 10 cellules), répartis sur l’ensemble du tissu.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Pour cette étude, 30 patients ont été inclus afin de représenter les différents sous-groupes de myosites, ainsi que 7 sujets sains. Les données de transcriptomique spatiale ont retrouvé les signatures des principaux types cellulaires présents physiologiquement dans le tissu musculaire dont les fibres musculaires rapides (MYH1+ ou MYH2+) et lentes (MYH7+) mais aussi les types cellulaires non musculaires constituant le micro-environnement inflammatoire (fibroblastes, macrophages, lymphocytes) dont la composition variait selon le sous-groupe. L’analyse spatiale des marqueurs physiologiques musculaires (MYH1, MYH2, MYH7) a révélé une modification de l’expression de ces marqueurs en fonction de leur localisation au sein ou à proximité des clusters inflammatoires. D’autre part, l’analyse a également retrouvé la présence de fibres musculaires “stressées” ou “non homéostatiques” caractérisées par l’expression de marqueurs de stress cellulaire (ex : ANKRD1, ANKRD2, XIRP1, XIRP2, FOS/JUN), dont la répartition dépendait du type de myosites. De plus, il existait une organisation spatiale de ces fibres “non homéostatiques” qui dépendait de celle du micro-environnement inflammatoire. Par exemple, au cours des myosites secondaires aux ICI, on pouvait décrire la présence d’infiltrats de macrophages pathologiques SPP1+ au contact de fibres en régénération (MYH3<!--> <!-->+<!--> <!-->), elles-mêmes au contact de manière excentrique a
{"title":"Étude transcriptomique des modifications de la fibre musculaire au cours des myosites auto-immunes","authors":"C.A. Dallevet, J. Dal Cin, B. Tendrel, O. Benveniste, Y. Allenbach","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.079","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.079","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les myosites auto-immunes sont un groupe hétérogène de myopathies acquises engageant le pronostic fonctionnel. Elles sont divisées en 5 sous-groupes de pathologies différentes : les dermatomyosites (DM), le syndrome des anti-synthétases (ASYS), les myosites à inclusions (IBM), les myosites nécrosantes auto-immunes (IMNM) et les myosites secondaires aux inhibiteurs de checkpoint (ICI), ayant chacune leurs caractéristiques phénotypiques mais aussi transcriptomiques. Ces signatures transcriptomiques semblent cependant être principalement portées par les cellules immunitaires ce qui ne rend pas compte de l’ensemble de leur physiopathologie. En effet, il existe une importante discordance entre la sévérité du déficit musculaire et la rareté des lésions des fibres musculaires. Ainsi, il existe probablement des modifications fonctionnelles des fibres d’aspect “normal” médiées par le micro-environnement inflammatoire. Notre objectif est donc de décrire les modifications de l’état des fibres musculaires au sein du micro-environnement inflammatoire au cours des myosites auto-immunes.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Nous avons réalisé des analyses de transcriptomique spatiale sur des biopsies musculaires afin de corréler les informations spatiales et celles de RNAseq. Celles-ci sont obtenues à partir de l’information transcriptomique contenue au sein de puits/spots de 50<!--> <!-->μm (pouvant contenir entre 1 et 10 cellules), répartis sur l’ensemble du tissu.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Pour cette étude, 30 patients ont été inclus afin de représenter les différents sous-groupes de myosites, ainsi que 7 sujets sains. Les données de transcriptomique spatiale ont retrouvé les signatures des principaux types cellulaires présents physiologiquement dans le tissu musculaire dont les fibres musculaires rapides (MYH1+ ou MYH2+) et lentes (MYH7+) mais aussi les types cellulaires non musculaires constituant le micro-environnement inflammatoire (fibroblastes, macrophages, lymphocytes) dont la composition variait selon le sous-groupe. L’analyse spatiale des marqueurs physiologiques musculaires (MYH1, MYH2, MYH7) a révélé une modification de l’expression de ces marqueurs en fonction de leur localisation au sein ou à proximité des clusters inflammatoires. D’autre part, l’analyse a également retrouvé la présence de fibres musculaires “stressées” ou “non homéostatiques” caractérisées par l’expression de marqueurs de stress cellulaire (ex : ANKRD1, ANKRD2, XIRP1, XIRP2, FOS/JUN), dont la répartition dépendait du type de myosites. De plus, il existait une organisation spatiale de ces fibres “non homéostatiques” qui dépendait de celle du micro-environnement inflammatoire. Par exemple, au cours des myosites secondaires aux ICI, on pouvait décrire la présence d’infiltrats de macrophages pathologiques SPP1+ au contact de fibres en régénération (MYH3<!--> <!-->+<!--> <!-->), elles-mêmes au contact de manière excentrique a","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A393"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594465","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.034
A. Rooy , C. Saint-Pastou , A. Bertolotti
<div><h3>Introduction</h3><div>La dermatomyosite (DM) est une maladie auto-immune rare des muscles et de la peau, appartenant aux myopathies inflammatoires idiopathiques. Sa prévalence varie selon les régions et peut suivre un gradient Nord-Sud. Plusieurs facteurs de risque de mortalité ont été identifiés : anticorps anti-MDA5, atteinte pulmonaire interstitielle, âge avancé, cancer, sexe masculin, ferritine ou LDH élevées, dysphagie et atteinte cardiaque. Des différences ethniques influencent la prévalence, la présentation clinique et le pronostic. La Réunion, territoire à forte diversité ethnique, n’a encore fait l’objet d’aucune étude épidémiologique sur la DM. Cette étude vise à établir une cohorte réunionnaise afin d’évaluer l’incidence et la prévalence de la DM, de décrire ses caractéristiques cliniques et évolutives, et d’identifier les facteurs de mortalité propres à cette population pour améliorer la prise en charge.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective, multicentrique, a inclus des patients atteints de dermatomyosite dans les cinq hôpitaux de La Réunion entre 2010 et 2022. Les patients de plus de 15 ans répondant aux critères ENMC 2019 et EULAR 2017 ont été inclus. La dermatomyosite juvénile, les autres myopathies inflammatoires et les dossiers trop incomplets ont été exclus. Les patients ont été identifiés via le codage CIM-10 ou par sérologie positive aux anticorps myositaires. Les données cliniques et biologiques ont été extraites des dossiers médicaux. L’incidence et la prévalence ont été calculées selon les données de l’INSEE. Les analyses statistiques incluaient des tests univariés et multivariés, avec régressions logistiques et analyses ROC. Les paramètres significatifs sans données manquantes ont été inclus dans les modèles finaux. L’étude suivait les recommandations éthiques françaises et la méthodologie MR-004 de la CNIL. Aucun avis de comité d’éthique n’était requis.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur 243 dossiers analysés à La Réunion entre 2010 et 2022, 61 patients atteints de DM ont été inclus. La prévalence moyenne était de 2,75/100 000 habitants et l’incidence annuelle de 4,71/million. L’âge moyen de début des symptômes était de 51 ans, avec un délai diagnostique moyen de 5,5 mois. Une atteinte musculaire était présente chez 85 %, et 36 % avaient une atteinte pulmonaire, dont 18 % une PID rapidement progressive. Le profil anti-MDA5 prédominait (21 %), associé à une peau foncée (phototype médian 5), plus de PID-RP, d’atteinte articulaire et une mortalité élevée. Le taux de rémission complète était de 29 %, alors que 29 % des patients sont décédés, surtout d’infections ou de complications pulmonaires. Le taux de survie à 5 ans était de 60,5 % (64,7 % hors cancer). En multivarié, l’âge élevé, les ulcères, la PID et un taux de lymphocytes <<!--> <!-->1000/mm<sup>3</sup> étaient associés à la mortalité. Ce seuil lymphocytaire avait une sensibilité de 88 % et spécificité de 78
{"title":"Dermatomyosite à La Réunion : étude épidémiologique, analyse descriptive et évaluation des facteurs pronostiques","authors":"A. Rooy , C. Saint-Pastou , A. Bertolotti","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.034","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.034","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La dermatomyosite (DM) est une maladie auto-immune rare des muscles et de la peau, appartenant aux myopathies inflammatoires idiopathiques. Sa prévalence varie selon les régions et peut suivre un gradient Nord-Sud. Plusieurs facteurs de risque de mortalité ont été identifiés : anticorps anti-MDA5, atteinte pulmonaire interstitielle, âge avancé, cancer, sexe masculin, ferritine ou LDH élevées, dysphagie et atteinte cardiaque. Des différences ethniques influencent la prévalence, la présentation clinique et le pronostic. La Réunion, territoire à forte diversité ethnique, n’a encore fait l’objet d’aucune étude épidémiologique sur la DM. Cette étude vise à établir une cohorte réunionnaise afin d’évaluer l’incidence et la prévalence de la DM, de décrire ses caractéristiques cliniques et évolutives, et d’identifier les facteurs de mortalité propres à cette population pour améliorer la prise en charge.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective, multicentrique, a inclus des patients atteints de dermatomyosite dans les cinq hôpitaux de La Réunion entre 2010 et 2022. Les patients de plus de 15 ans répondant aux critères ENMC 2019 et EULAR 2017 ont été inclus. La dermatomyosite juvénile, les autres myopathies inflammatoires et les dossiers trop incomplets ont été exclus. Les patients ont été identifiés via le codage CIM-10 ou par sérologie positive aux anticorps myositaires. Les données cliniques et biologiques ont été extraites des dossiers médicaux. L’incidence et la prévalence ont été calculées selon les données de l’INSEE. Les analyses statistiques incluaient des tests univariés et multivariés, avec régressions logistiques et analyses ROC. Les paramètres significatifs sans données manquantes ont été inclus dans les modèles finaux. L’étude suivait les recommandations éthiques françaises et la méthodologie MR-004 de la CNIL. Aucun avis de comité d’éthique n’était requis.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur 243 dossiers analysés à La Réunion entre 2010 et 2022, 61 patients atteints de DM ont été inclus. La prévalence moyenne était de 2,75/100 000 habitants et l’incidence annuelle de 4,71/million. L’âge moyen de début des symptômes était de 51 ans, avec un délai diagnostique moyen de 5,5 mois. Une atteinte musculaire était présente chez 85 %, et 36 % avaient une atteinte pulmonaire, dont 18 % une PID rapidement progressive. Le profil anti-MDA5 prédominait (21 %), associé à une peau foncée (phototype médian 5), plus de PID-RP, d’atteinte articulaire et une mortalité élevée. Le taux de rémission complète était de 29 %, alors que 29 % des patients sont décédés, surtout d’infections ou de complications pulmonaires. Le taux de survie à 5 ans était de 60,5 % (64,7 % hors cancer). En multivarié, l’âge élevé, les ulcères, la PID et un taux de lymphocytes <<!--> <!-->1000/mm<sup>3</sup> étaient associés à la mortalité. Ce seuil lymphocytaire avait une sensibilité de 88 % et spécificité de 78 ","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A357"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594474","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.046
S. Audia , D.J. Kuter , L. Zhang , Y. Miyakawa , H.A. Liebman , Y. Hu , D. Gömez-Almaguer , W. Homenda , C.W. Tan , M. Cordoba , M. Wardecki , H. Krenz , A. Daak , W. Ghanima
<div><h3>Introduction</h3><div>Le rilzabrutinib, un inhibiteur oral de la tyrosine kinase de Bruton (BTKi) qui agit par modulation multi-immune, a montré des réponses plaquettaires rapides et durables, une amélioration des scores de fatigue physique et de saignement, et un profil de sécurité favorable dans l’étude de phase 2, ainsi que dans les périodes en double aveugle (vs placebo) et en ouvert de l’étude de phase 3 LUNA3 chez des patients adultes atteints de PTI persistant/chronique (<span><span>NCT04562766</span><svg><path></path></svg></span>, 2020-002063-60). Nous rapportons ici les résultats d’efficacité et de tolérance du rilzabrutinib pendant la période d’extension à long terme (LTE) de LUNA3.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Les patients étaient éligibles pour entrer dans la LTE si, au cours des 8 dernières semaines de la période en ouvert de 28 semaines, les plaquettes étaient ≥<!--> <!-->50<!--> <!-->×<!--> <!-->10<sup>9</sup>/L ou ≥<!--> <!-->30<!--> <!-->×<!--> <!-->10<sup>9</sup>/L avec doublement de la valeur initiale lors de ≥<!--> <!-->50 % des visites, sans recours à une thérapie de sauvetage. Le rilzabrutinib oral (400<!--> <!-->mg, deux fois/jour) était administré jusqu’à une perte de réponse lors de 2 visites consécutives ou intolérance. L’utilisation concomitante de corticoïdes (CS) et/ou d’agonistes du récepteur de la thrombopoïétine (AR-TPO) à doses stables était autorisée, ainsi que les réductions de dose et l’arrêt du traitement.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au 15 octobre 2024, 69 patients éligibles sont entrés dans la LTE. Ces patients représentaient 34 % des 202 patients initialement randomisés durant la période en double aveugle (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->48 rilzabrutinib, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->21 placebo) et 38 % des 180 patients ayant reçu le rilzabrutinib durant la période en ouvert. Actuellement, 61 patients poursuivent la LTE. A l’inclusion, ces 69 patients présentaient un âge médian de 52 ans (18–80 ans), 72 % étaient des femmes. La durée médiane du PTI était de 9,6 ans (0,3–42,7 ans). La médiane des traitements antérieurs était de 4 (1–9), 26 % des patients étaient splénéctomisés. La numération plaquettaire initiale médiane était de 18<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L (2–54<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L). La numération plaquettaire médiane à l’entrée dans la LTE était de 113<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L (intervalle : 20–877<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L), et comprise entre 84–136<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L au cours des 12 premiers mois de la LTE. Les numérations plaquettaires ≥<!--> <!-->50<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L, ou entre 30 et 50<!--> <!-->×<!--> <!-->109/l avec un doublement par rapport à la référence ont été maintenues pendant une moyenne de 76 % (ET :38 %) des semaines sur la base des évaluations disponibles sur 12 mois. Une réponse complète (plaquettes ≥<!--> <!-->100<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L) a été obtenue chez 37 (54 %) patients. Parmi les 19 patients recevant un AR-TP
{"title":"Essai de phase 3 LUNA3 : premier rapport d’efficacité/sécurité d’emploi de la période d’extension à long terme avec le rilzabrutinib chez des adultes atteints de thrombopenie immunologique persistante/chronique (PTI)","authors":"S. Audia , D.J. Kuter , L. Zhang , Y. Miyakawa , H.A. Liebman , Y. Hu , D. Gömez-Almaguer , W. Homenda , C.W. Tan , M. Cordoba , M. Wardecki , H. Krenz , A. Daak , W. Ghanima","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.046","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.046","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le rilzabrutinib, un inhibiteur oral de la tyrosine kinase de Bruton (BTKi) qui agit par modulation multi-immune, a montré des réponses plaquettaires rapides et durables, une amélioration des scores de fatigue physique et de saignement, et un profil de sécurité favorable dans l’étude de phase 2, ainsi que dans les périodes en double aveugle (vs placebo) et en ouvert de l’étude de phase 3 LUNA3 chez des patients adultes atteints de PTI persistant/chronique (<span><span>NCT04562766</span><svg><path></path></svg></span>, 2020-002063-60). Nous rapportons ici les résultats d’efficacité et de tolérance du rilzabrutinib pendant la période d’extension à long terme (LTE) de LUNA3.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Les patients étaient éligibles pour entrer dans la LTE si, au cours des 8 dernières semaines de la période en ouvert de 28 semaines, les plaquettes étaient ≥<!--> <!-->50<!--> <!-->×<!--> <!-->10<sup>9</sup>/L ou ≥<!--> <!-->30<!--> <!-->×<!--> <!-->10<sup>9</sup>/L avec doublement de la valeur initiale lors de ≥<!--> <!-->50 % des visites, sans recours à une thérapie de sauvetage. Le rilzabrutinib oral (400<!--> <!-->mg, deux fois/jour) était administré jusqu’à une perte de réponse lors de 2 visites consécutives ou intolérance. L’utilisation concomitante de corticoïdes (CS) et/ou d’agonistes du récepteur de la thrombopoïétine (AR-TPO) à doses stables était autorisée, ainsi que les réductions de dose et l’arrêt du traitement.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au 15 octobre 2024, 69 patients éligibles sont entrés dans la LTE. Ces patients représentaient 34 % des 202 patients initialement randomisés durant la période en double aveugle (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->48 rilzabrutinib, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->21 placebo) et 38 % des 180 patients ayant reçu le rilzabrutinib durant la période en ouvert. Actuellement, 61 patients poursuivent la LTE. A l’inclusion, ces 69 patients présentaient un âge médian de 52 ans (18–80 ans), 72 % étaient des femmes. La durée médiane du PTI était de 9,6 ans (0,3–42,7 ans). La médiane des traitements antérieurs était de 4 (1–9), 26 % des patients étaient splénéctomisés. La numération plaquettaire initiale médiane était de 18<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L (2–54<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L). La numération plaquettaire médiane à l’entrée dans la LTE était de 113<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L (intervalle : 20–877<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L), et comprise entre 84–136<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L au cours des 12 premiers mois de la LTE. Les numérations plaquettaires ≥<!--> <!-->50<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L, ou entre 30 et 50<!--> <!-->×<!--> <!-->109/l avec un doublement par rapport à la référence ont été maintenues pendant une moyenne de 76 % (ET :38 %) des semaines sur la base des évaluations disponibles sur 12 mois. Une réponse complète (plaquettes ≥<!--> <!-->100<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L) a été obtenue chez 37 (54 %) patients. Parmi les 19 patients recevant un AR-TP","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A367-A368"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594475","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.049
Y. Benhamou , P. Coppo , M. Yoshitaka , F. Peyvandi , C. Shruti , K. Paul , M. Gabriela , L. Marine , Y. Jiao , G. Sriya , L. Julie , P. Katerina , S. Cataland , E.M.C. Maria , M. Masanori , A.V. Linus , S. Marie , B. Paul
<div><h3>Introduction</h3><div>Le caplacizumab associé à un traitement par échanges plasmatiques (EP) et par immunosuppresseurs (IS) est indiqué dans la prise en charge du purpura thrombocytopénique thrombotique à médiation immunitaire (PTTi). Bien que l’EP soit depuis longtemps un pilier de la prise en charge du PTTi, il s’agit d’une procédure lourde et invasive avec des morbidités importantes. La présente étude visait à évaluer l’efficacité et la sécurité d’emploi du caplacizumab conjointement à l’IS sans recourir aux EP en première intention chez les adultes atteints de PTTi.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>MAYARI (<span><span>NCT05468320</span><svg><path></path></svg></span>), une étude multicentrique de phase 3, en ouvert, à bras unique, internationale, incluait des adultes ayant reçu un diagnostic clinique de PTTi (initial/récurrent) et un French score de 1 ou 2. L’inclusion était limitée aux centres capables de confirmer le diagnostic de PTTi par le dosage de l’activité ADAMTS13 dans les 48<!--> <!-->heures suivant la présentation. Les patients étaient exclus s’ils présentaient des troubles neurologiques sévères (par ex. coma, crises convulsives, GCS<!--> <!-->≤<!--> <!-->8) ou des atteintes cardiaques (à la discrétion de l’investigateur ou cTnI<!--> <!-->><!--> <!-->5<!--> <!-->×<!--> <!-->LSN), au cas où le taux de créatinine sérique était<!--> <!-->><!--> <!-->2,26<!--> <!-->mg/dL et le taux de plaquettes était<!--> <!-->><!--> <!-->30<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L, ou avaient des causes alternatives connues de thrombocytopénie. La durée maximale du traitement par caplacizumab était de 12 semaines avec une période de suivi de 12 semaines. Le critère d’évaluation principal était la proportion de patients obtenant une rémission ; clinique ou biologique (ADAMTS13), sans recours aux EP. Les critères d’évaluation secondaires étaient le délai jusqu’à la réponse plaquettaire, la proportion de patients nécessitant la mise en place des EP, la rémission indépendamment de la mise en place des EP, la maladie réfractaire, la récidive du PTTi et la sécurité d’emploi. L’efficacité a été évaluée dans la population en intention de traiter modifiée (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->46), comprenant tous les patients inclus ayant reçu au moins une dose de caplacizumab et ayant une activité ADAMTS13<!--> <!--><<!--> <!-->10 % à l’inclusion.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur les 51 patients inclus, neuf (17,6 %) ont été recrutés en France dans quatre centres différents. Au total, 93,5 % des patients (43/46) ont atteint le critère d’évaluation principal de rémission sans recours aux EP. Le délai médian de réponse plaquettaire [IC à 95 %] était de 4 [3 ;5] jours. La réponse clinique (définie comme une numération plaquettaire maintenue à ≥<!--> <!-->150<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L et une lactate déshydrogénase [LDH]<!--> <!--><<!--> <!-->1,5<!--> <!-->×<!--> <!-->limite supérieure de la normale [LSN] et aucun signe clinique de
{"title":"Caplacizumab et immunosuppression sans recours aux échanges plasmatiques dans le Purpura Thrombocytopénique Thrombotique : résultats de l’étude MAYARI","authors":"Y. Benhamou , P. Coppo , M. Yoshitaka , F. Peyvandi , C. Shruti , K. Paul , M. Gabriela , L. Marine , Y. Jiao , G. Sriya , L. Julie , P. Katerina , S. Cataland , E.M.C. Maria , M. Masanori , A.V. Linus , S. Marie , B. Paul","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.049","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.049","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le caplacizumab associé à un traitement par échanges plasmatiques (EP) et par immunosuppresseurs (IS) est indiqué dans la prise en charge du purpura thrombocytopénique thrombotique à médiation immunitaire (PTTi). Bien que l’EP soit depuis longtemps un pilier de la prise en charge du PTTi, il s’agit d’une procédure lourde et invasive avec des morbidités importantes. La présente étude visait à évaluer l’efficacité et la sécurité d’emploi du caplacizumab conjointement à l’IS sans recourir aux EP en première intention chez les adultes atteints de PTTi.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>MAYARI (<span><span>NCT05468320</span><svg><path></path></svg></span>), une étude multicentrique de phase 3, en ouvert, à bras unique, internationale, incluait des adultes ayant reçu un diagnostic clinique de PTTi (initial/récurrent) et un French score de 1 ou 2. L’inclusion était limitée aux centres capables de confirmer le diagnostic de PTTi par le dosage de l’activité ADAMTS13 dans les 48<!--> <!-->heures suivant la présentation. Les patients étaient exclus s’ils présentaient des troubles neurologiques sévères (par ex. coma, crises convulsives, GCS<!--> <!-->≤<!--> <!-->8) ou des atteintes cardiaques (à la discrétion de l’investigateur ou cTnI<!--> <!-->><!--> <!-->5<!--> <!-->×<!--> <!-->LSN), au cas où le taux de créatinine sérique était<!--> <!-->><!--> <!-->2,26<!--> <!-->mg/dL et le taux de plaquettes était<!--> <!-->><!--> <!-->30<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L, ou avaient des causes alternatives connues de thrombocytopénie. La durée maximale du traitement par caplacizumab était de 12 semaines avec une période de suivi de 12 semaines. Le critère d’évaluation principal était la proportion de patients obtenant une rémission ; clinique ou biologique (ADAMTS13), sans recours aux EP. Les critères d’évaluation secondaires étaient le délai jusqu’à la réponse plaquettaire, la proportion de patients nécessitant la mise en place des EP, la rémission indépendamment de la mise en place des EP, la maladie réfractaire, la récidive du PTTi et la sécurité d’emploi. L’efficacité a été évaluée dans la population en intention de traiter modifiée (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->46), comprenant tous les patients inclus ayant reçu au moins une dose de caplacizumab et ayant une activité ADAMTS13<!--> <!--><<!--> <!-->10 % à l’inclusion.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur les 51 patients inclus, neuf (17,6 %) ont été recrutés en France dans quatre centres différents. Au total, 93,5 % des patients (43/46) ont atteint le critère d’évaluation principal de rémission sans recours aux EP. Le délai médian de réponse plaquettaire [IC à 95 %] était de 4 [3 ;5] jours. La réponse clinique (définie comme une numération plaquettaire maintenue à ≥<!--> <!-->150<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L et une lactate déshydrogénase [LDH]<!--> <!--><<!--> <!-->1,5<!--> <!-->×<!--> <!-->limite supérieure de la normale [LSN] et aucun signe clinique de","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A370-A371"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594478","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}