Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.058
M. Schwarz , C. Douillard , H. Bakis , D. Chauveau , A. Karras , A. Duval , P. Laforet , D. Guerrot , G. Choukroun , E. Cornec-Legall , B. Knebelmann , I. Boudhabhay
Introduction
Le syndrome MELAS (Mitochondrial Myopathy, Encephalopathy, Lactic Acidosis, and Stroke-like episodes) est une maladie systémique, rare, de transmission maternelle. L’atteinte rénale dans le syndrome MELAS constitue une complication fréquente, potentiellement associée à une augmentation du risque de mortalité. Toutefois, le phénotype précis de la maladie rénale ainsi que son évolution restent largement méconnus.
Patients et méthodes
Nous avons mené une étude rétrospective multicentrique, portant sur des patients présentant une atteinte rénale documentée et porteurs d’une mutation impliquée dans le syndrome MELAS.
Résultats
104 patients ont été inclus. L’âge médian d’apparition du premier symptôme était de 25 ans [IQR : 17,5–36,5], avec un délai médian de 12 ans [IQR : 3,0–22,0] entre le début des symptômes et le diagnostic génétique. La mutation classique m.3243A > G a été retrouvée chez 93 patients (89 %), et 11 patients présentaient une autre mutation. Les premières manifestations rénales ont été diagnostiquées à un âge médian de 41 ans [IQR : 32,0–53,0]. Une protéinurie supérieure à 1 g/24 h a été observée chez 41/87 patients (47,1 %), tandis que des signes de tubulopathie étaient présents chez 15/39 patients (38,5 %). Une biopsie rénale a été réalisée chez 41 patients, révélant une hyalinose segmentaire et focale comme lésion prédominante chez 16 patients (39 %), suivie de lésions vasculaires chez 11 patients (26,8 %) et de lésions tubulo-interstitielles chez 9 patients (22 %). Une insuffisance rénale terminale est survenue chez 47 patients (45,2 %) à un âge médian de 40 ans [IQR : 32–49]. De plus, 23 patients (22,1 %) sont décédés au cours du suivi, à un âge médian de 61,0 ans [IQR : 46,0–65,0]. Les patients présentaient en médiane des symptômes dans 4 organes [IQR : 3–5] en plus du rein. Une mauvaise évolution rénale était significativement associée à l’apparition du premier symptôme mitochondrial avant l’âge de 20 ans, à la présence d’une mutation autre que m.3243A > G ou à une protéinurie supérieure à 1 g/24 h.
Conclusion
Cette étude, la plus large cohorte jamais décrite sur le sujet, met en évidence l’hétérogénéité des atteintes rénales, évoluant fréquemment vers l’insuffisance rénale terminale, et souligne l’importance d’un diagnostic précoce pour optimiser la prise en charge de cette maladie rare.
{"title":"Atteintes rénales dans les syndromes MELAS et apparentés : une étude de cohorte rétrospective multicentrique sur 104 patients","authors":"M. Schwarz , C. Douillard , H. Bakis , D. Chauveau , A. Karras , A. Duval , P. Laforet , D. Guerrot , G. Choukroun , E. Cornec-Legall , B. Knebelmann , I. Boudhabhay","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.058","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.058","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome MELAS (Mitochondrial Myopathy, Encephalopathy, Lactic Acidosis, and Stroke-like episodes) est une maladie systémique, rare, de transmission maternelle. L’atteinte rénale dans le syndrome MELAS constitue une complication fréquente, potentiellement associée à une augmentation du risque de mortalité. Toutefois, le phénotype précis de la maladie rénale ainsi que son évolution restent largement méconnus.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Nous avons mené une étude rétrospective multicentrique, portant sur des patients présentant une atteinte rénale documentée et porteurs d’une mutation impliquée dans le syndrome MELAS.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>104 patients ont été inclus. L’âge médian d’apparition du premier symptôme était de 25 ans [IQR : 17,5–36,5], avec un délai médian de 12 ans [IQR : 3,0–22,0] entre le début des symptômes et le diagnostic génétique. La mutation classique m.3243A<!--> <!-->><!--> <!-->G a été retrouvée chez 93 patients (89 %), et 11 patients présentaient une autre mutation. Les premières manifestations rénales ont été diagnostiquées à un âge médian de 41 ans [IQR : 32,0–53,0]. Une protéinurie supérieure à 1<!--> <!-->g/24<!--> <!-->h a été observée chez 41/87 patients (47,1 %), tandis que des signes de tubulopathie étaient présents chez 15/39 patients (38,5 %). Une biopsie rénale a été réalisée chez 41 patients, révélant une hyalinose segmentaire et focale comme lésion prédominante chez 16 patients (39 %), suivie de lésions vasculaires chez 11 patients (26,8 %) et de lésions tubulo-interstitielles chez 9 patients (22 %). Une insuffisance rénale terminale est survenue chez 47 patients (45,2 %) à un âge médian de 40 ans [IQR : 32–49]. De plus, 23 patients (22,1 %) sont décédés au cours du suivi, à un âge médian de 61,0 ans [IQR : 46,0–65,0]. Les patients présentaient en médiane des symptômes dans 4 organes [IQR : 3–5] en plus du rein. Une mauvaise évolution rénale était significativement associée à l’apparition du premier symptôme mitochondrial avant l’âge de 20 ans, à la présence d’une mutation autre que m.3243A<!--> <!-->><!--> <!-->G ou à une protéinurie supérieure à 1<!--> <!-->g/24<!--> <!-->h.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cette étude, la plus large cohorte jamais décrite sur le sujet, met en évidence l’hétérogénéité des atteintes rénales, évoluant fréquemment vers l’insuffisance rénale terminale, et souligne l’importance d’un diagnostic précoce pour optimiser la prise en charge de cette maladie rare.</div></div>","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A377-A378"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595022","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.076
I. de Malliard , B. De Valence , M. Delaune , V. Jachiet , V. Lacombe , T. Comont , N. Schleinitz , R. Outh , H. Bezanahary , P. Decker , L. Terriou , M. Heiblig , S. Ardois , G. Denis , E. Corre , A. Aouba , B. Faucher , A. Néel , A. Konaté , C. Bescond , J. Hadjadj
<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome VEXAS (Vacuoles, E1-enzyme, X-linked, Autoinflammatory, Somatic) est une maladie auto-inflammatoire de l’adulte secondaire à l’acquisition de mutations somatiques dans le gène UBA1 porté par le chromosome X et restreintes au compartiment hématopoïétique. Il est responsable d’une inflammation systémique sévère et réfractaire, associée à une insuffisance médullaire progressive. La maladie est souvent fatale, avec une survie à 5 ans estimée à 63 %, principalement liée à un excès d’infections sévères, évoquant un déficit immunitaire acquis, en particulier vis-à-vis de certains pathogènes, notamment des infections fongiques invasives (IFI). L’objectif de cette étude est de décrire les caractéristiques, le pronostic et les facteurs associés aux IFI chez les patients VEXAS.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Étude rétrospective, multicentrique et internationale incluant des patients adultes présentant un diagnostic génétiquement confirmé de syndrome VEXAS, et ayant présenté une IFI selon les critères EORTC/MSGERC, soit dans les 10 ans précédant le diagnostic, soit durant le suivi. Les cas ont été recensés à la suite d’un appel coordonné par le French VEXAS Group avec la participation d’experts internationaux. Les données cliniques, biologiques et thérapeutiques ont été collectées de manière standardisée via un <em>Case Report Form</em> (CRF). La cohorte de patients VEXAS ayant présenté une IFI a été comparée à une cohorte de patients VEXAS dépourvus de complications infectieuses, afin d’identifier d’éventuels facteurs de risque d’IFI.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 41 épisodes d’IFI ont été rapportés chez 40 patients (28 cas français et 12 internationaux) atteints de VEXAS, tous de sexe masculin (âge médian 69 ans [60,5–75,0]) : 13 cas étaient confirmés microbiologiquement (32 %), 23 cas probables (56 %) et 5 cas possibles (12 %). Vingt-six patients (63 %) avaient au moins un antécédent de complication infectieuse, 15 patients (38 %) présentaient au moins une comorbidité à risque infectieux (diabète 24 %, cancer 2 %) et 9 (22 %) avaient une prophylaxie anti-infectieuse (dont 6 patients (15 %) par Bactrim). Cinq patients (12 %) présentaient une neutropénie au moment de la survenue de l’IFI. Les IFI incluaient 22 pneumocystoses (54 %), 7 aspergilloses invasives toutes de localisation pulmonaire (17 %), 5 cryptococcoses (15 %, dont 1 forme neuroméningée, 3 formes pulmonaires et 2 formes disséminées), et 6 autres IFI (14 %). Trente-trois patients (80 %) étaient en poussée inflammatoire du VEXAS au moment de l’IFI. Deux patients (5 %) ont développé une IFI (1 cas de cryptococcose et 1 cas de pneumocystose) malgré l’absence d’immunosuppression ou sous une corticothérapie<!--> <!--><<!--> <!-->10<!--> <!-->mg/j. Deux cas de pneumocystoses (sur les 22 cas au total) sont survenus malgré une prophylaxie par Bactrim ou équivalent. Comparés aux patients VEXAS sans infection (<em>n</em> <
VEXAS综合征(Vacuoles, E1酶,X-linked,自体炎症,躯体炎症)是一种继发的成人自体炎症疾病,由X染色体携带的UBA1基因突变引起,局限于造血室。他负责系统性炎症的严厉和耐火逐渐加上骨髓衰竭。常常是致命的病,估计有存活到5岁至63%,主要与过度积累严重感染、免疫谈到亏空,特别是对一些,包括侵袭性真菌感染的病原体(IFI)。这项研究的目的是描述特征,IFI的预后相关因素的患者中,VEXAS。病人和méthodesÉtude回顾展和成人患者在内的国际多中心,具有VEXAS综合症的基因诊断确诊,并介绍了国际金融机构的划分标准EORTC / MSGERC,在10岁前的诊断,或是在跟进。的病例后,号召French VEXAS Group)负责协调,与国际专家参与。已收集数据、临床治疗和生物通过标准化的方式一个Case Report Form (CRF)。患者队列VEXAS已提交了IFI比作一群病人VEXAS无感染性并发症,以识别潜在风险因素d’IFI。增长,共有41集d’IFI报告了40家国际法语和12例(28)患者(VEXAS,所有男性,平均年龄69岁[60.5%—75.0]):13名确诊病例是微生物可能病例23人(32%)、(56%)和可能5例(12%)。二十六(63%)的患者至少有感染性并发症的疾病史,至少15名患者(38%)有一个感染风险的合并症(糖尿病、癌症24%(2%)和9 anti-infectieuse(22%),有预防由Bactrim),其中6例患者(15%)。五个症患者(12%),具有中性l’IFI时发生的。IFI pneumocystoses 22人(54%),包括7 aspergilloses侵袭性肺定位所有cryptococcoses(17%)、5(15%),其中1种neuroméningée肺形式埋设的形式)和2、3、6和其他国际金融机构(14%)。三十三名患者(80%),待炎症性推力VEXAS l’IFI时。两名患者(5%)开发了一种ifis囊虫cryptococcose和1例(1)尽管没有传染性或下一个corticothérapie <每天10毫克。两例pneumocystoses共对22例()由Bactrim虽有预防发生或同等水平。相比VEXAS无感染的患者(n = 50)介绍,那些更常ifis曾对肺(60%的28%,p vs < 0.005)。没有发现任何明显的差异对于其他临床表现、存在cytopénies症(包括中性突变型)、UBA1 myélodysplasique综合征或协会。治疗,治疗的患者提供了更多的线路(4 2、p vs < 0.001(100%),最常见的一个口头corticothérapie vs 80%, p = 0.002),但没有区别就暴露时间、一个bDMARD 65% (vs - 34%, p = 0.007)或一个JAKi (20% - 50% vs, p = 0.006)。相比之下,接受治疗的患者比例由azacitidine两组之间的差别不显著(vs 45%、20%,p = 0.02)。五位病人(12%)是l’IFI诊断后30天内死亡。囊虫ConclusionLa IFI的频率增加,特别是,患者VEXAS可比人群相比,(vascularites myélodysplasiques综合征),表明该综合征是真菌感染的内在危险因素,尤其是肺部受累情况和重要的免疫。这些要求建立数据系统预防anti-pneumocystose VEXAS患者中。正在进行进一步的研究来比较囊虫介绍患者VEXAS于其他队列,并直面放射方面突发肺囊虫病的典型的图像。
{"title":"Infections fongiques invasives chez les patients suivis pour un syndrome VEXAS : caractéristiques, pronostic et facteurs de risques","authors":"I. de Malliard , B. De Valence , M. Delaune , V. Jachiet , V. Lacombe , T. Comont , N. Schleinitz , R. Outh , H. Bezanahary , P. Decker , L. Terriou , M. Heiblig , S. Ardois , G. Denis , E. Corre , A. Aouba , B. Faucher , A. Néel , A. Konaté , C. Bescond , J. Hadjadj","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.076","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.076","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome VEXAS (Vacuoles, E1-enzyme, X-linked, Autoinflammatory, Somatic) est une maladie auto-inflammatoire de l’adulte secondaire à l’acquisition de mutations somatiques dans le gène UBA1 porté par le chromosome X et restreintes au compartiment hématopoïétique. Il est responsable d’une inflammation systémique sévère et réfractaire, associée à une insuffisance médullaire progressive. La maladie est souvent fatale, avec une survie à 5 ans estimée à 63 %, principalement liée à un excès d’infections sévères, évoquant un déficit immunitaire acquis, en particulier vis-à-vis de certains pathogènes, notamment des infections fongiques invasives (IFI). L’objectif de cette étude est de décrire les caractéristiques, le pronostic et les facteurs associés aux IFI chez les patients VEXAS.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Étude rétrospective, multicentrique et internationale incluant des patients adultes présentant un diagnostic génétiquement confirmé de syndrome VEXAS, et ayant présenté une IFI selon les critères EORTC/MSGERC, soit dans les 10 ans précédant le diagnostic, soit durant le suivi. Les cas ont été recensés à la suite d’un appel coordonné par le French VEXAS Group avec la participation d’experts internationaux. Les données cliniques, biologiques et thérapeutiques ont été collectées de manière standardisée via un <em>Case Report Form</em> (CRF). La cohorte de patients VEXAS ayant présenté une IFI a été comparée à une cohorte de patients VEXAS dépourvus de complications infectieuses, afin d’identifier d’éventuels facteurs de risque d’IFI.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 41 épisodes d’IFI ont été rapportés chez 40 patients (28 cas français et 12 internationaux) atteints de VEXAS, tous de sexe masculin (âge médian 69 ans [60,5–75,0]) : 13 cas étaient confirmés microbiologiquement (32 %), 23 cas probables (56 %) et 5 cas possibles (12 %). Vingt-six patients (63 %) avaient au moins un antécédent de complication infectieuse, 15 patients (38 %) présentaient au moins une comorbidité à risque infectieux (diabète 24 %, cancer 2 %) et 9 (22 %) avaient une prophylaxie anti-infectieuse (dont 6 patients (15 %) par Bactrim). Cinq patients (12 %) présentaient une neutropénie au moment de la survenue de l’IFI. Les IFI incluaient 22 pneumocystoses (54 %), 7 aspergilloses invasives toutes de localisation pulmonaire (17 %), 5 cryptococcoses (15 %, dont 1 forme neuroméningée, 3 formes pulmonaires et 2 formes disséminées), et 6 autres IFI (14 %). Trente-trois patients (80 %) étaient en poussée inflammatoire du VEXAS au moment de l’IFI. Deux patients (5 %) ont développé une IFI (1 cas de cryptococcose et 1 cas de pneumocystose) malgré l’absence d’immunosuppression ou sous une corticothérapie<!--> <!--><<!--> <!-->10<!--> <!-->mg/j. Deux cas de pneumocystoses (sur les 22 cas au total) sont survenus malgré une prophylaxie par Bactrim ou équivalent. Comparés aux patients VEXAS sans infection (<em>n</em> <","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A391"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594604","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.051
S. Tayb-Boulahfa , M.C. Bretagne , A. Rigolet , N. Champtiaux , H. Chassepot , F. Fer , S. Malartre , B. Rostom , B. Tendrel , D. Amelin , J. Dal Cin , S. Léonard-Louis , E. Ballot , M.A. Alyanakian , R. Alkouri , O. Benveniste , J.E. Salem , L. Pacoureau , Y. Allenbach
<div><h3>Introduction</h3><div>La myotoxicité est la complication la plus létale des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICI). Cependant, le spectre de ses manifestations est hétérogène et son pronostic reste imprévisible. Afin de proposer le plus rapidement possible des traitements adaptés aux pronostics individuels, il est nécessaire : (i) de reconnaître précocement cette complication, (ii) d’identifier des phénotypes et profils évolutifs homogènes pour (iii) définir des facteurs de risques d’évolution péjorative.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Nous avons mené une étude rétrospective monocentrique incluant des patients ayant déclaré une myosite secondaire aux ICI entre janvier 2016 et juillet 2024. Le diagnostic était posé devant l’association de (i) un déficit musculaire et/ou de myalgies et/ou une élévation de la créatine kinase (CK) et (ii) d’inflammation musculaire attestée par la biopsie ou l’IRM musculaire. Les données cliniques et paracliniques ont été recueillies. L’évolution péjorative de l’atteinte musculaire a été définie par un critère composite comprenant une perte de l’autonomie motrice (mRS<!--> <!-->≥<!--> <!-->4) associée ou non au recours à un support nutritionnel ou ventilatoire. Une analyse non supervisée (analyse des correspondances multiples et classification hiérarchique) a été réalisée pour identifier des groupes homogènes de patients. Les facteurs associés à la gravité ont été identifiés par des analyses multivariées supervisées.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La cohorte comprenait 107 patients, d’âge médian 74 ans. Les patients (56 % de sexe masculin) étaient principalement exposés à une monothérapie ciblant l’axe PD1-PDL1 (83 %). La présentation clinique était hétérogène. La myotoxicité était révélée par des signes cliniques dans 77 % des cas. Parmi eux, la faiblesse musculaire et la dyspnée étaient les signes plus fréquents (64 % et 51 % respectivement), tandis que 27 % des patients présentait uniquement une élévation biologique des biomarqueurs musculaires et cardiaques. La majorité des patients (54 %) présentait un déficit musculaire proximal, 10 % en distal et 33 % en axial. 43 % des patients présentait une ophtalmoplégie et 47 % une dysphagie et/ou une dysphonie. Les CK étaient élevés dans 95 % des cas (médiane 1495 UI/L). 90 % des patients présentait une biopsie musculaire attestant de nécrose et 98 % d’inflammation. Au cours du suivi, la moitié des patients présentait une aggravation musculaire (critère composite). Les CK se normalisaient rapidement (médiane 18,5<!--> <!-->jours). À distance, les survivants restaient autonomes et ne présentaient ni handicap moteur ni rechute. L’analyse non supervisée permettait d’identifier trois phénotypes distincts. Le premier regroupait les patients les plus âgés et les plus sévèrement atteints, majoritairement des hommes, souvent myalgiques, avec atteinte axiale et retentissement fonctionnel majeur. L’atteinte bulbo-respiratoire y était
肌毒性是免疫检查点抑制剂(ICIs)最致命的并发症。然而,其表现的光谱是异质的,其预测仍然不可预测。为了尽快提供适合个人预后的治疗,有必要:(i)早期识别这种并发症,(ii)识别同质的表型和进化图谱,(iii)定义贬损的进化风险因素。患者与方法我们进行了一项单中心回顾性研究,包括2016年1月至2024年7月在ICI报告继发性肌炎的患者。诊断依据:(i)肌肉缺乏和/或肌痛和/或肌酸激酶(CK)升高,以及(ii)肌肉活检或肌肉MRI检测到的肌肉炎症。收集临床和副临床数据。肌肉损伤的贬损发展是根据综合标准定义的,包括运动自主能力的丧失(mRS≥4),是否与使用营养或通风支持有关。进行了无监督的分析(多重匹配分析和层次分类),以确定同质的患者群体。通过监测的多元分析确定了与重力相关的因素。该队列包括107例患者,中位年龄为74岁,患者(56%为男性)主要接受针对PD1-PDL1轴的单一治疗(83%)。临床表现参差不齐。在77%的病例中,临床体征显示出肌毒性。在这些患者中,肌肉无力和呼吸困难是最常见的症状(分别为64%和51%),而27%的患者只有肌肉和心脏生物标志物的生物升高。大多数患者(54%)有近端肌肉缺陷,10%有远端肌肉缺陷,33%有轴向肌肉缺陷。43%的患者患有眼瘫,47%的患者患有吞咽困难和/或语言障碍。95%的病例CK水平较高(中位1495 IU /L)。90%的患者肌肉活检显示坏死,98%的患者有炎症。在随访期间,一半的患者表现出肌肉恶化(综合标准)。CK恢复迅速(中位18.5天)。远程幸存者保持独立,没有运动障碍或复发。在无监督的分析中,确定了三种不同的表型。第一组患者年龄较大,病情最严重,主要为男性,通常有肌痛,轴突病变和主要功能障碍。鳞状细胞病很常见,生物标志物很高,抗rach和抗条纹肌肉抗体经常出现。经常使用营养和呼吸支持,经常需要进行心肺复苏。第二种表型,中度严重,也主要影响男性,功能影响较小,鳞状细胞病变较少,生物标志物中等,艾滋病毒阳性程度较低。相比之下,第三种表型由更多的女性组成,她们通常在诊断时没有症状,自主性保持,罕见的鳞状细胞病变,生物标志物低,血清学大多为阴性。严重性的相关变量(复合)标准是:男,高龄、对症外观与周边myalgies亏空,发动机、一个ophtalmoplégie、呼吸或破坏球活检的坏死、纤维存在,以及较高的山峰和CK troponine和anti-RACh anti-muscles条纹或者抗体阳性。在50%的病例中,肌毒性与骨骼肌损伤的生命预后有关。这种并发症的范围可以概括为3个与预后密切相关的集群。在诊断中,肌肉骨骼体征的临床生物学严重程度、眼泡和/或呼吸体征的存在以及自身抗体与严重程度密切相关。这些因素有助于评估有效治疗这种主要是短暂的、无后遗症的并发症的效益/风险比(皮质激素治疗对肿瘤学的影响)。
{"title":"Myotoxicité induite par inhibiteurs de points de contrôle immunitaire : phénotypes cliniques et implications pronostiques","authors":"S. Tayb-Boulahfa , M.C. Bretagne , A. Rigolet , N. Champtiaux , H. Chassepot , F. Fer , S. Malartre , B. Rostom , B. Tendrel , D. Amelin , J. Dal Cin , S. Léonard-Louis , E. Ballot , M.A. Alyanakian , R. Alkouri , O. Benveniste , J.E. Salem , L. Pacoureau , Y. Allenbach","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.051","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.051","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La myotoxicité est la complication la plus létale des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICI). Cependant, le spectre de ses manifestations est hétérogène et son pronostic reste imprévisible. Afin de proposer le plus rapidement possible des traitements adaptés aux pronostics individuels, il est nécessaire : (i) de reconnaître précocement cette complication, (ii) d’identifier des phénotypes et profils évolutifs homogènes pour (iii) définir des facteurs de risques d’évolution péjorative.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Nous avons mené une étude rétrospective monocentrique incluant des patients ayant déclaré une myosite secondaire aux ICI entre janvier 2016 et juillet 2024. Le diagnostic était posé devant l’association de (i) un déficit musculaire et/ou de myalgies et/ou une élévation de la créatine kinase (CK) et (ii) d’inflammation musculaire attestée par la biopsie ou l’IRM musculaire. Les données cliniques et paracliniques ont été recueillies. L’évolution péjorative de l’atteinte musculaire a été définie par un critère composite comprenant une perte de l’autonomie motrice (mRS<!--> <!-->≥<!--> <!-->4) associée ou non au recours à un support nutritionnel ou ventilatoire. Une analyse non supervisée (analyse des correspondances multiples et classification hiérarchique) a été réalisée pour identifier des groupes homogènes de patients. Les facteurs associés à la gravité ont été identifiés par des analyses multivariées supervisées.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La cohorte comprenait 107 patients, d’âge médian 74 ans. Les patients (56 % de sexe masculin) étaient principalement exposés à une monothérapie ciblant l’axe PD1-PDL1 (83 %). La présentation clinique était hétérogène. La myotoxicité était révélée par des signes cliniques dans 77 % des cas. Parmi eux, la faiblesse musculaire et la dyspnée étaient les signes plus fréquents (64 % et 51 % respectivement), tandis que 27 % des patients présentait uniquement une élévation biologique des biomarqueurs musculaires et cardiaques. La majorité des patients (54 %) présentait un déficit musculaire proximal, 10 % en distal et 33 % en axial. 43 % des patients présentait une ophtalmoplégie et 47 % une dysphagie et/ou une dysphonie. Les CK étaient élevés dans 95 % des cas (médiane 1495 UI/L). 90 % des patients présentait une biopsie musculaire attestant de nécrose et 98 % d’inflammation. Au cours du suivi, la moitié des patients présentait une aggravation musculaire (critère composite). Les CK se normalisaient rapidement (médiane 18,5<!--> <!-->jours). À distance, les survivants restaient autonomes et ne présentaient ni handicap moteur ni rechute. L’analyse non supervisée permettait d’identifier trois phénotypes distincts. Le premier regroupait les patients les plus âgés et les plus sévèrement atteints, majoritairement des hommes, souvent myalgiques, avec atteinte axiale et retentissement fonctionnel majeur. L’atteinte bulbo-respiratoire y était","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A372"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594609","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.043
G. Moulis , M. Mahevas , J.F. Viallard , S. Chèze , L. Terriou , S. Audia , T. Moulinet , M. Ebbo , D. Gobert , A. Robbins , C. Gouguechon , J. Graveleau , T. Comont , A. Saunier , J. Faldlallah , M. Carreiro , P. Guilpain , H. Gil , M. Ruivard , N. Magy-Bertrand , B. Godeau
<div><h3>Introduction</h3><div>Le fostamatinib, est commercialisé en France en octobre 2021 dans l’indication du purpura thrombopénique immunologique (PTI) chronique en échec d’un autre traitement. La haute autorité de santé a recommandé son utilisation en cas de résistance ou contre-indication à d’autres traitements disponibles (agonistes du récepteur de la thrombopoïétine–ARTPO : eltrombopag, romiplostim ; le rituximab ; la splénectomie). Il a également été demandé la réalisation d’une étude prospective durant trois ans pour évaluer l’utilisation, l’efficacité et la sécurité de ce médicament. C’était les objectifs de cette étude.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>La source de la population était le registre français des patients atteints de PTI traités par fostamatinib, extension du registre CARMEN-France mise en place lors de la mise sur le marché du fostamatinib. Le registre CARMEN-France est le registre prospectif multicentrique du réseau du centre de référence français des cytopénies auto-immunes (CeReCAI), et suit prospectivement depuis 2013 des patients adultes ayant un diagnostic incident de PTI (50 centres ouverts en 2025). Les patients sont inclus dans le registre fostamatinib si : 1) ils sont déjà inclus dans le registre CARMEN-France et initient un traitement par fostamatinib ; ou 2) s’ils ne sont pas déjà inclus dans le registre en raison de PTI ancien, mais qu’ils initient un traitement par fostamatinib. Dans ce dernier cas, un recueil rétrospectif de l’histoire de la maladie est réalisé. Les patients ayant initié du fostamatinib entre octobre 2021 et octobre 2024 ont été sélectionnés pour la présente analyse. Nous décrivons les caractéristiques des patients, la durée d’exposition, l’obtention de réponse (numération plaquettaire–NP–<!--> <!-->≥<!--> <!-->30<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L à distance–au moins 4 semaines–d’un traitement de secours) à M3, M6, M12 et M24 avec et sans traitement concomitant, l’arrêt du fostamatinib, les effets indésirables ainsi que les thromboses, infections survenues.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Durant les 3 années de la cohorte, 148 patients ont été inclus (44,3 % des patients traités en France). L’âge médian au diagnostic de PTI était de 59 ans ; 55,5 % étaient des femmes ; 84,1 % avaient eu un saignement lié au PTI ; 30 avaient un PTI secondaire ; 89,1 % avaient un PTI chronique. La durée médiane du PTI à l’initiation du fostamatinib était de 7,2 ans et le nombre médian de traitements antérieurs était de 6. Les pourcentages de patients répondeurs étaient de 44,0 % (70/159) à M3, 41,9 % (62/148) à M6, 32,4 % (44/136) à M12 et 20,0 % (21/105) à M24. Une association thérapeutique était présente chez<!--> <!-->><!--> <!-->60,0 % des patients répondeurs à chaque moment d’évaluation. Le pourcentage cumulé de patients ayant arrêté le fostamatinib était de 27,0 % à M3, 44,6 % à M6, 55,9 % à M12 et 76,2 % à M24. Cent effets indésirables ont été rapportés, dont 8 graves, chez 61 (36
{"title":"Utilisation en vie réelle du fostamatinib dans le purpura thrombopénique immunologique. Résultats finaux à trois ans du registre français","authors":"G. Moulis , M. Mahevas , J.F. Viallard , S. Chèze , L. Terriou , S. Audia , T. Moulinet , M. Ebbo , D. Gobert , A. Robbins , C. Gouguechon , J. Graveleau , T. Comont , A. Saunier , J. Faldlallah , M. Carreiro , P. Guilpain , H. Gil , M. Ruivard , N. Magy-Bertrand , B. Godeau","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.043","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.043","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le fostamatinib, est commercialisé en France en octobre 2021 dans l’indication du purpura thrombopénique immunologique (PTI) chronique en échec d’un autre traitement. La haute autorité de santé a recommandé son utilisation en cas de résistance ou contre-indication à d’autres traitements disponibles (agonistes du récepteur de la thrombopoïétine–ARTPO : eltrombopag, romiplostim ; le rituximab ; la splénectomie). Il a également été demandé la réalisation d’une étude prospective durant trois ans pour évaluer l’utilisation, l’efficacité et la sécurité de ce médicament. C’était les objectifs de cette étude.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>La source de la population était le registre français des patients atteints de PTI traités par fostamatinib, extension du registre CARMEN-France mise en place lors de la mise sur le marché du fostamatinib. Le registre CARMEN-France est le registre prospectif multicentrique du réseau du centre de référence français des cytopénies auto-immunes (CeReCAI), et suit prospectivement depuis 2013 des patients adultes ayant un diagnostic incident de PTI (50 centres ouverts en 2025). Les patients sont inclus dans le registre fostamatinib si : 1) ils sont déjà inclus dans le registre CARMEN-France et initient un traitement par fostamatinib ; ou 2) s’ils ne sont pas déjà inclus dans le registre en raison de PTI ancien, mais qu’ils initient un traitement par fostamatinib. Dans ce dernier cas, un recueil rétrospectif de l’histoire de la maladie est réalisé. Les patients ayant initié du fostamatinib entre octobre 2021 et octobre 2024 ont été sélectionnés pour la présente analyse. Nous décrivons les caractéristiques des patients, la durée d’exposition, l’obtention de réponse (numération plaquettaire–NP–<!--> <!-->≥<!--> <!-->30<!--> <!-->×<!--> <!-->109/L à distance–au moins 4 semaines–d’un traitement de secours) à M3, M6, M12 et M24 avec et sans traitement concomitant, l’arrêt du fostamatinib, les effets indésirables ainsi que les thromboses, infections survenues.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Durant les 3 années de la cohorte, 148 patients ont été inclus (44,3 % des patients traités en France). L’âge médian au diagnostic de PTI était de 59 ans ; 55,5 % étaient des femmes ; 84,1 % avaient eu un saignement lié au PTI ; 30 avaient un PTI secondaire ; 89,1 % avaient un PTI chronique. La durée médiane du PTI à l’initiation du fostamatinib était de 7,2 ans et le nombre médian de traitements antérieurs était de 6. Les pourcentages de patients répondeurs étaient de 44,0 % (70/159) à M3, 41,9 % (62/148) à M6, 32,4 % (44/136) à M12 et 20,0 % (21/105) à M24. Une association thérapeutique était présente chez<!--> <!-->><!--> <!-->60,0 % des patients répondeurs à chaque moment d’évaluation. Le pourcentage cumulé de patients ayant arrêté le fostamatinib était de 27,0 % à M3, 44,6 % à M6, 55,9 % à M12 et 76,2 % à M24. Cent effets indésirables ont été rapportés, dont 8 graves, chez 61 (36","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A364-A365"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594854","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.077
L.P. Zhao , O. Kosmider , M. Heiblig , T. Moulinet , T. Comont , H. Lobbes , J.D. Karam , T. Louis , S. Ardois , G. Le Guenno , V. Jachiet , L. Wolff , J. Hadjadj , J.D. Bouaziz , O. Fain , B. Terrier , S. Georgin-Lavialle , L. Larcher , E. Clappier , M. Sebert , P. Fenaux
<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome VEXAS (Vacuoles, E1 enzyme, X-linked, Autoinflammatory, Somatic) est une maladie auto-inflammatoire acquise de l’adulte, liée à des mutations somatiques du gène UBA1, associant manifestations inflammatoires systémiques et cytopénies. Les syndromes myélodysplasiques (SMD) sont fréquemment associés, mais la valeur diagnostique et pronostique des anomalies morphologiques et génétiques liées au SMD, ainsi que l’impact pronostique d’un SMD associé dans ce contexte, restent incertains. De même, la pertinence des scores pronostiques SMD (IPSS-R et IPSS-M) n’a pas été établie dans VEXAS.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Étude rétrospective multicentrique nationale incluant des patients adultes porteurs d’une mutation UBA1 confirmée et ayant bénéficié d’au moins un myélogramme et d’un NGS (panel de 31 gènes), entre 2009 et 2024. Les patients ont été classés en VEXAS avec SMD (VEXAS-SMD) ou sans SMD selon la classification OMS 2022. Un groupe contrôle de SMD sans mutation UBA1 a été constitué et apparié aux cas VEXAS-SMD selon l’âge, le sexe et la catégorie de risque IPSS-M (ratio 1 :3). Deux comparaisons ont été réalisées : VEXAS-SMD vs VEXAS sans SMD, et VEXAS-SMD vs SMD témoins.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 175 patients VEXAS ont été inclus (173 hommes, âge médian 74 ans), dont 79 (45 %) classés VEXAS-SMD et 96 sans SMD. Les deux groupes présentaient des profils hématologiques et médullaires globalement similaires, à l’exception d’une thrombopénie plus marquée dans les VEXAS-SMD (122 vs 174 G/L, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01). Le diagnostic de SMD était associé à une dysplasie multiligné, une augmentation des blastes médullaires et à des scores IPSS-R/M plus élevés (tous <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01). La fréquence des co-mutations était similaire entre les groupes, dominée par les mutations DNMT3A ou TET2 (31 % des VEXAS-SMD vs 35 % sans SMD, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->NS). Après un suivi médian de 4,5 ans, la survie globale (OS) était comparable (5,3 vs 3,8 ans, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,96), sans impact des paramètres cliniques, morphologiques ou génétiques, y compris du génotype UBA1 ou du nombre de co-mutations somatiques.</div><div>Comparés aux SMD témoins appariés, les VEXAS-SMD présentaient une anémie plus sévère (Hb 9,3 vs 10,6<!--> <!-->g/dL, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001), une macrocytose accrue (VGM 102 vs 95 fL, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) et une monocytopénie plus profonde(0,27 vs 0,37 G/L, p<!--> <!--><<!--> <!-->0,01). L’érythroblastopénie (17 % vs 7 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,02), l’hypercellularité médullaire (46 % vs 23 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05) et l’hyperplasie mégacaryocytaire (27 % vs 13 %, p<!--> <!--><<!--> <!-->0,05) étaient également plus fréquentes. Sur le plan moléculaire, les VEXAS-SMD étaient enrichis en mutations DNMT3A (23 % vs 12 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05), tandis que le
VEXAS综合征(Vacuoles, E1酶,X-linked,自体炎症,躯体炎症)是一种获得性成人自身炎症性疾病,与UBA1基因的躯体突变有关,结合全身炎症和细胞减少。骨髓发育不良综合征(MDS)经常有关联,但与MDS相关的形态学和遗传异常的诊断和预后价值,以及相关MDS在这一背景下的预后影响仍不确定。同样,预测SMD分数(IPSS-R和IPSS-M)的相关性也没有在VEXAS中确定。患者与方法一项全国性的、多中心的回顾性研究,包括2009年至2024年期间接受至少一次骨髓造影术和31个基因组(NGS)的确认UBA1突变成年患者。根据世卫组织2022分类,患者被分为带SMD的VEXAS (VEXAS-SM)或不带SMD的VEXAS。根据年龄、性别和风险等级IPSS-M(比例1:3),建立了不含UBA1突变的SMD对照组,并与VEXAS-SMD病例进行了匹配。进行了两项比较:VEXAS-SM与没有SMD的VEXAS,以及VEXAS-SM与SMD对照组。结果共纳入175例VEXAS患者(173名男性,中位年龄74岁),其中79例(45%)为VEXAS- md, 96例为非md。两组血液学和髓系图谱大体相似,但VEXAS- MS - MD血小板减少更明显(122 vs 174 G/L, p . 0.01)。DSM的诊断与多系发育不良、脊髓水疱增加和IPSS-R/M评分较高(均为0.01)相关。两组之间的共突变频率相似,主要是DNMT3A或TET2突变(VEXAS-SM为31%,无SMD为35%,p = NS)。中位随访4.5年后,总生存率(OS)可比性(5.3 vs 3.8年,p = 0.96),不受临床、形态或遗传参数(包括UBA1基因型或体细胞共突变数)的影响。与匹配的DMS对照相比,VEXAS- MS表现出更严重的贫血(Hb 9.3 vs 10.6 g/dL, pp 0.001),增加的巨细胞增多(GV102 vs 95 fL, pp 0.001)和更深的单细胞减少(0.27 vs . 0.37 g/ L, pp 0.01)。红细胞减少症(17% vs . 7%, p = 0.02)、髓细胞增生(46% vs . 23%, p = 0.05)和巨核细胞增生(27% vs . 13%, p = 0.05)也更常见。分子水平上,VEXAS- MS - MD被DNMT3A突变丰富(23% vs . 12%, p . 0.05),而SMD对症组被TET2、SF3B1、ASXL1和SRSF2丰富(均为p . 0.01)。没有VEXAS-SM患者发展为白血病。然而,他们的总体生存率明显低于对照组(5.3年vs 8.7年;p &l; 0.0001)。IPSS-R和IPSS-M在DMS对照组中表现良好(c指数0.69和0.64),但在VEXAS- DMS对照组中判别能力较低(0.59和0.50)。在VEXAS患者中,SMD和非SMD之间的区别似乎是有限的,具有相似的血液学和分子图谱以及相似的生存率。相比之下,VEXAS- MS - MD与配对的DMS有明显的区别,因为它们的生物学特征和较差的预后,可能与炎症和感染并发症有关,而不是克隆进展。结论我们的数据表明,VEXAS是一个独特的临床生物学实体,在传统的DMS评分中没有得到充分的考虑。他们强调了整合血液学和炎症参数的特定预后工具的必要性,并支持在抗炎药耐药患者中靶向UBA1克隆(azacitidine,严重形式的同种异体)治疗的价值,而不管是否存在DMS。
{"title":"Signification clinique et pronostique des anomalies liées aux syndromes myélodysplasiques dans le syndrome VEXAS","authors":"L.P. Zhao , O. Kosmider , M. Heiblig , T. Moulinet , T. Comont , H. Lobbes , J.D. Karam , T. Louis , S. Ardois , G. Le Guenno , V. Jachiet , L. Wolff , J. Hadjadj , J.D. Bouaziz , O. Fain , B. Terrier , S. Georgin-Lavialle , L. Larcher , E. Clappier , M. Sebert , P. Fenaux","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.077","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.077","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome VEXAS (Vacuoles, E1 enzyme, X-linked, Autoinflammatory, Somatic) est une maladie auto-inflammatoire acquise de l’adulte, liée à des mutations somatiques du gène UBA1, associant manifestations inflammatoires systémiques et cytopénies. Les syndromes myélodysplasiques (SMD) sont fréquemment associés, mais la valeur diagnostique et pronostique des anomalies morphologiques et génétiques liées au SMD, ainsi que l’impact pronostique d’un SMD associé dans ce contexte, restent incertains. De même, la pertinence des scores pronostiques SMD (IPSS-R et IPSS-M) n’a pas été établie dans VEXAS.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Étude rétrospective multicentrique nationale incluant des patients adultes porteurs d’une mutation UBA1 confirmée et ayant bénéficié d’au moins un myélogramme et d’un NGS (panel de 31 gènes), entre 2009 et 2024. Les patients ont été classés en VEXAS avec SMD (VEXAS-SMD) ou sans SMD selon la classification OMS 2022. Un groupe contrôle de SMD sans mutation UBA1 a été constitué et apparié aux cas VEXAS-SMD selon l’âge, le sexe et la catégorie de risque IPSS-M (ratio 1 :3). Deux comparaisons ont été réalisées : VEXAS-SMD vs VEXAS sans SMD, et VEXAS-SMD vs SMD témoins.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 175 patients VEXAS ont été inclus (173 hommes, âge médian 74 ans), dont 79 (45 %) classés VEXAS-SMD et 96 sans SMD. Les deux groupes présentaient des profils hématologiques et médullaires globalement similaires, à l’exception d’une thrombopénie plus marquée dans les VEXAS-SMD (122 vs 174 G/L, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01). Le diagnostic de SMD était associé à une dysplasie multiligné, une augmentation des blastes médullaires et à des scores IPSS-R/M plus élevés (tous <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01). La fréquence des co-mutations était similaire entre les groupes, dominée par les mutations DNMT3A ou TET2 (31 % des VEXAS-SMD vs 35 % sans SMD, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->NS). Après un suivi médian de 4,5 ans, la survie globale (OS) était comparable (5,3 vs 3,8 ans, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,96), sans impact des paramètres cliniques, morphologiques ou génétiques, y compris du génotype UBA1 ou du nombre de co-mutations somatiques.</div><div>Comparés aux SMD témoins appariés, les VEXAS-SMD présentaient une anémie plus sévère (Hb 9,3 vs 10,6<!--> <!-->g/dL, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001), une macrocytose accrue (VGM 102 vs 95 fL, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) et une monocytopénie plus profonde(0,27 vs 0,37 G/L, p<!--> <!--><<!--> <!-->0,01). L’érythroblastopénie (17 % vs 7 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,02), l’hypercellularité médullaire (46 % vs 23 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05) et l’hyperplasie mégacaryocytaire (27 % vs 13 %, p<!--> <!--><<!--> <!-->0,05) étaient également plus fréquentes. Sur le plan moléculaire, les VEXAS-SMD étaient enrichis en mutations DNMT3A (23 % vs 12 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05), tandis que le","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A392"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594997","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.087
C. Cadiou, B. Andre, B. Faucher, L. Swiader, C. Dol, C. Fontenaille, F. Mariette, S. Bellaiche, E. Jean, M. Saïr, E. Lafon, M. Ebbo, V. Veit, N. Schleinitz, B. De Sainte-Marie
<div><h3>Introduction</h3><div>Le juste soin fait l’objet de définitions scientifiques internationales : il renvoie à la balance bénéfice/risque, à ce qui est approprié, adapté aux besoins et préférences des patients, conforme aux recommandations de bonnes pratiques et aux meilleurs standards cliniques. Les actes redondants, le surdiagnostic et le surtraitement sont des problématiques écologiques et de santé publique. Ils entraînent de la iatrogénie évitable, des dépenses sans valeur ajoutée pour la santé et une pollution inutile ayant elle-même un impact sur la santé des individus. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’impact d’un protocole de sensibilisation sur la juste prescription d’examens biologiques dans un service de médecine interne en CHU. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer les impacts économiques, écologiques et médicaux.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Il s’agissait d’une étude unicentrique historico-prospective dans un département de médecine interne comprenant 3 unités d’hospitalisation. Elle comparait une période sans intervention (janvier à juin 2024) et une période avec (janvier à juin 2025). L’intervention consistait en une sensibilisation aux médecins (seniors et internes) à la juste prescription d’examens biologiques de manière multimodale avec 1. des recommandations de bonne pratique (principes généraux et focus sur des examens de biologie) affichées dans les bureaux médicaux et près des postes informatiques 2. une formation des internes avec 2 cours de 30<!--> <!-->min 3. des feedbacks bi-mensuels alternant mails (rappelant les principes et l’évolution des prescriptions) et textos portant sur des examens spécifiques : urée, albumine, NTproBNP. Le critère de jugement principal était l’évolution du nombre d’actes biologiques par séjour d’hospitalisation (actes/séjour) de façon globale et pour les actes ciblés. Les critères de jugements secondaires étaient : l’impact financier en €, une estimation de l’impact carbone pour les examens avec données disponibles dans la littérature et l’impact sur la durée moyenne de séjour (DMS), la mortalité et le nombre de transferts en réanimation/soins continus.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Le nombre d’actes/séjour est passé de 49,1 à 41,0 entre les 2 périodes (−16,4 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,03). Cette baisse était variable en fonction des unités : 1. 39,5 à 37,6 (−4,9 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,6) 2. 52,5 à 52,4 (−0,02 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,9) 3. 57 à 34,2 (−40 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,03). Pour les examens ciblés : urée 2,1 à 1,3 actes/séjour (–38,5 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,03), NTproBNP 0,25 à 0,19 (–25 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,1), albumine 0,70 à 0,83 (+18,7 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,07). Concernant l’impact financier, le coût/séjour est passé de 394 €/séjour à 375 €/séjour (–4,8 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,4) pour un coût total de 745 000 € en 2024 vs 700 000 € en 20
{"title":"Impacts médicaux, économiques et écologiques d’un protocole de sensibilisation sur la juste prescription d’examens de biologie dans un service de médecine interne en CHU","authors":"C. Cadiou, B. Andre, B. Faucher, L. Swiader, C. Dol, C. Fontenaille, F. Mariette, S. Bellaiche, E. Jean, M. Saïr, E. Lafon, M. Ebbo, V. Veit, N. Schleinitz, B. De Sainte-Marie","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.087","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.087","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le juste soin fait l’objet de définitions scientifiques internationales : il renvoie à la balance bénéfice/risque, à ce qui est approprié, adapté aux besoins et préférences des patients, conforme aux recommandations de bonnes pratiques et aux meilleurs standards cliniques. Les actes redondants, le surdiagnostic et le surtraitement sont des problématiques écologiques et de santé publique. Ils entraînent de la iatrogénie évitable, des dépenses sans valeur ajoutée pour la santé et une pollution inutile ayant elle-même un impact sur la santé des individus. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’impact d’un protocole de sensibilisation sur la juste prescription d’examens biologiques dans un service de médecine interne en CHU. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer les impacts économiques, écologiques et médicaux.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Il s’agissait d’une étude unicentrique historico-prospective dans un département de médecine interne comprenant 3 unités d’hospitalisation. Elle comparait une période sans intervention (janvier à juin 2024) et une période avec (janvier à juin 2025). L’intervention consistait en une sensibilisation aux médecins (seniors et internes) à la juste prescription d’examens biologiques de manière multimodale avec 1. des recommandations de bonne pratique (principes généraux et focus sur des examens de biologie) affichées dans les bureaux médicaux et près des postes informatiques 2. une formation des internes avec 2 cours de 30<!--> <!-->min 3. des feedbacks bi-mensuels alternant mails (rappelant les principes et l’évolution des prescriptions) et textos portant sur des examens spécifiques : urée, albumine, NTproBNP. Le critère de jugement principal était l’évolution du nombre d’actes biologiques par séjour d’hospitalisation (actes/séjour) de façon globale et pour les actes ciblés. Les critères de jugements secondaires étaient : l’impact financier en €, une estimation de l’impact carbone pour les examens avec données disponibles dans la littérature et l’impact sur la durée moyenne de séjour (DMS), la mortalité et le nombre de transferts en réanimation/soins continus.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Le nombre d’actes/séjour est passé de 49,1 à 41,0 entre les 2 périodes (−16,4 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,03). Cette baisse était variable en fonction des unités : 1. 39,5 à 37,6 (−4,9 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,6) 2. 52,5 à 52,4 (−0,02 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,9) 3. 57 à 34,2 (−40 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,03). Pour les examens ciblés : urée 2,1 à 1,3 actes/séjour (–38,5 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,03), NTproBNP 0,25 à 0,19 (–25 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,1), albumine 0,70 à 0,83 (+18,7 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,07). Concernant l’impact financier, le coût/séjour est passé de 394 €/séjour à 375 €/séjour (–4,8 % ; <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,4) pour un coût total de 745 000 € en 2024 vs 700 000 € en 20","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A399"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594950","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.030
T. Goulenok , M. Carvalho , A. Mageau , B. Terrier , E. Hachulla , T. Papo , K. Sacre
<div><h3>Introduction</h3><div>Les patients atteints de maladies inflammatoires à médiation immunitaire (MIMI) recevant un traitement immunosuppresseur ont un risque accru de zona. Conformément aux recommandations internationales, les autorités sanitaires françaises ont actualisé la stratégie de vaccination contre le virus varicelle-zona (VZV) en mars 2024 et recommandent désormais que les personnes immunodéprimées âgées de 18 ans et plus soient vaccinées avec le vaccin recombinant contre le VZV. Nous avons cherché à évaluer l’acceptabilité de la vaccination contre le VZV chez les patients atteints d’une MIMI.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Un questionnaire en ligne conçu à l’aide d’un processus anonyme pour la collecte et le traitement des données a été proposé aux patients adultes ayant un diagnostic auto déclaré de MIMI. L’enquête a été menée entre le 1er juillet et le 31 octobre 2024 et a été distribuée aux patients lors des visites médicales ou via les listes de diffusion de 3 centres universitaires tertiaires en France. L’adressage a été optimisé par le Réseau français des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires (FAI2R) et les principales associations françaises de patient MIMI. Les caractéristiques épidémiologiques, l’acceptation du vaccin contre le VZV, ainsi que les préoccupations concernant la vaccination contre le VZV ont été évaluées. Les questionnaires partiellement remplis (<<!--> <!-->60 %) et les questionnaires de patients qui n’ont pas déclaré un diagnostic de MIMI ont été exclus de l’analyse. Les variables jugées a priori cliniquement pertinentes incluant le sexe, l’âge, le type de MIMI, le traitement reçu, les antécédents de zona et le statut vaccinal contre la grippe et le COVID-19, ont été utilisées dans un modèle de régression logistique pour identifier celles indépendamment associées à l’acceptation de la vaccination contre le VZV.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 756 patients adultes ont été inclus. Les questionnaires partiellement remplis (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->10) ou les questionnaires remplis par des patients n’ayant pas déclaré de MIMI (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->23) ont été exclus, et 723 questionnaires ont été analysés. La plupart des patients (70 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->508/723) avaient moins de 65 ans et 80 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->579/723) étaient des femmes. Les vascularites systémiques, le lupus systémique, le syndrome de Sjögren, la sclerodermie systémique, les myosites inflammatoires et la sarcoïdose représentaient 82 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->592/723) des MIMI déclarées. Un antécédent de zona était signalé par 26 % des patients (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->187/723). Deux cent soixante-dix patients (40 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->270/682) ne savaient pas que le zona est plus fréquent chez les patients recevant un traitement immunosuppresseur. Quatre cent trente-deux patients (63 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->432/682) et 218 (32 %, <em>n</e
{"title":"Dispositions et obstacles à la vaccination contre le virus de la varicelle et du zona chez les patients atteints de maladies inflammatoires à médiation immunitaire","authors":"T. Goulenok , M. Carvalho , A. Mageau , B. Terrier , E. Hachulla , T. Papo , K. Sacre","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.030","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.030","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les patients atteints de maladies inflammatoires à médiation immunitaire (MIMI) recevant un traitement immunosuppresseur ont un risque accru de zona. Conformément aux recommandations internationales, les autorités sanitaires françaises ont actualisé la stratégie de vaccination contre le virus varicelle-zona (VZV) en mars 2024 et recommandent désormais que les personnes immunodéprimées âgées de 18 ans et plus soient vaccinées avec le vaccin recombinant contre le VZV. Nous avons cherché à évaluer l’acceptabilité de la vaccination contre le VZV chez les patients atteints d’une MIMI.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Un questionnaire en ligne conçu à l’aide d’un processus anonyme pour la collecte et le traitement des données a été proposé aux patients adultes ayant un diagnostic auto déclaré de MIMI. L’enquête a été menée entre le 1er juillet et le 31 octobre 2024 et a été distribuée aux patients lors des visites médicales ou via les listes de diffusion de 3 centres universitaires tertiaires en France. L’adressage a été optimisé par le Réseau français des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires (FAI2R) et les principales associations françaises de patient MIMI. Les caractéristiques épidémiologiques, l’acceptation du vaccin contre le VZV, ainsi que les préoccupations concernant la vaccination contre le VZV ont été évaluées. Les questionnaires partiellement remplis (<<!--> <!-->60 %) et les questionnaires de patients qui n’ont pas déclaré un diagnostic de MIMI ont été exclus de l’analyse. Les variables jugées a priori cliniquement pertinentes incluant le sexe, l’âge, le type de MIMI, le traitement reçu, les antécédents de zona et le statut vaccinal contre la grippe et le COVID-19, ont été utilisées dans un modèle de régression logistique pour identifier celles indépendamment associées à l’acceptation de la vaccination contre le VZV.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 756 patients adultes ont été inclus. Les questionnaires partiellement remplis (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->10) ou les questionnaires remplis par des patients n’ayant pas déclaré de MIMI (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->23) ont été exclus, et 723 questionnaires ont été analysés. La plupart des patients (70 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->508/723) avaient moins de 65 ans et 80 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->579/723) étaient des femmes. Les vascularites systémiques, le lupus systémique, le syndrome de Sjögren, la sclerodermie systémique, les myosites inflammatoires et la sarcoïdose représentaient 82 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->592/723) des MIMI déclarées. Un antécédent de zona était signalé par 26 % des patients (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->187/723). Deux cent soixante-dix patients (40 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->270/682) ne savaient pas que le zona est plus fréquent chez les patients recevant un traitement immunosuppresseur. Quatre cent trente-deux patients (63 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->432/682) et 218 (32 %, <em>n</e","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A354-A355"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594954","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.091
J. Hadjadj , C. Laurent , B. Emmanuel , L. Basmaciyan , L. Karila , C. Bonneau , J.D. Bouaziz , N. Costedoat-Chalumeau , N. De Prost , J.P. Fournier , F. Jeny , J. Laure , D. Legallois , P.U. Milliez , C. Neuzillet , A. Rouland , P. Vergne-Salle , N. Noël , D. Roux , F. Cohen Aubart
<div><h3>Introduction</h3><div>Le passage des épreuves classantes nationales (ECN) aux épreuves dématérialisées nationales (EDN), secondaire à la réforme du deuxième cycle des études médicales (R2C), a modifié les modalités d’évaluation en diversifiant la docimologie. Les contours du programme ont été également remaniés, en ajoutant notamment une hiérarchisation des connaissances et une liste de situations de départ. Cette étude avait pour objectif d’évaluer les caractéristiques et les performances de la docimologie au cours d’une épreuve type EDN d’entraînement inter-facultaires.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Nous avons inclus les questions des EDN d’entraînement organisées en avril 2024 dans 12 facultés françaises, à l’exception de celles de lecture critique d’article. Les données collectées pour chaque question comprenaient : contexte et type docimologique de questions, thème, spécialité, niveau de taxonomie Bloom (correspondant à une classification des objectifs pédagogiques d’apprentissage en fonction du niveau de complexité et de spécificité), rang de connaissance, taux de réussite, et indice de discrimination. Il s’agissait d’une étude pédagogique sur données, nous avons uniquement utilisé des données agrégées, et non des données individuelles.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur les 324 questions des épreuves mixtes posées aux étudiants, 304 ont été analysées, dont 167 (55 %) appartenant à des dossiers progressifs, 119 (39 %) correspondant à des questions isolées, et 18 (6 %) appartenant à des Key Feature Problems (KFP). Les questions à réponses multiples (QRM) représentaient 48 % des questions, suivies des questions à réponse unique (QRU) (17 %) et des questions à réponses ouvertes courtes QROC (13 %). Les QZONE représentaient seulement 2 % des questions. Les spécialités médicales étaient les plus représentées (82 %), et la majorité des questions concernait des connaissances de rang A (65 %), des questions de diagnostic positif (28 %) et de prise en charge (23 %), et questions du niveau 2 de taxonomie de Bloom (53 %). Le pourcentage de réussite global était de 44 % [IQR 24–65] et la note globale médiane de 11,5/20 [9,5–13,0]. Par comparaison aux QRM (31 % [18–51]), les QRP (55 % [37–67]), les QRU (72 % [51–84]) et les QROC (54 % [37–70]) étaient significativement mieux réussis (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05). Le pourcentage de réussite était plus important pour les questions de taxonomie Bloom de niveaux 3 et 2 par rapport aux questions de niveau 1 (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05). Il n’y avait pas de différence significative de réussite entre les questions de rang A ou rang B. Pour les QRM plus spécifiquement, le nombre de propositions correctes était associé au pourcentage de réussite, avec un pourcentage de réussite plus bas pour les QRM ayant cinq propositions correctes (9 % [5–22 %]) par rapport à ceux ayant une seule proposition correcte (44 % [17–79 %], <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05) Le
{"title":"Analyse des caractéristiques et de la performance de la nouvelle docimologie au cours des épreuves dématérialisées nationales d’entraînement inter-facultaires du 2e cycle des études médicales","authors":"J. Hadjadj , C. Laurent , B. Emmanuel , L. Basmaciyan , L. Karila , C. Bonneau , J.D. Bouaziz , N. Costedoat-Chalumeau , N. De Prost , J.P. Fournier , F. Jeny , J. Laure , D. Legallois , P.U. Milliez , C. Neuzillet , A. Rouland , P. Vergne-Salle , N. Noël , D. Roux , F. Cohen Aubart","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.091","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.091","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le passage des épreuves classantes nationales (ECN) aux épreuves dématérialisées nationales (EDN), secondaire à la réforme du deuxième cycle des études médicales (R2C), a modifié les modalités d’évaluation en diversifiant la docimologie. Les contours du programme ont été également remaniés, en ajoutant notamment une hiérarchisation des connaissances et une liste de situations de départ. Cette étude avait pour objectif d’évaluer les caractéristiques et les performances de la docimologie au cours d’une épreuve type EDN d’entraînement inter-facultaires.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Nous avons inclus les questions des EDN d’entraînement organisées en avril 2024 dans 12 facultés françaises, à l’exception de celles de lecture critique d’article. Les données collectées pour chaque question comprenaient : contexte et type docimologique de questions, thème, spécialité, niveau de taxonomie Bloom (correspondant à une classification des objectifs pédagogiques d’apprentissage en fonction du niveau de complexité et de spécificité), rang de connaissance, taux de réussite, et indice de discrimination. Il s’agissait d’une étude pédagogique sur données, nous avons uniquement utilisé des données agrégées, et non des données individuelles.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur les 324 questions des épreuves mixtes posées aux étudiants, 304 ont été analysées, dont 167 (55 %) appartenant à des dossiers progressifs, 119 (39 %) correspondant à des questions isolées, et 18 (6 %) appartenant à des Key Feature Problems (KFP). Les questions à réponses multiples (QRM) représentaient 48 % des questions, suivies des questions à réponse unique (QRU) (17 %) et des questions à réponses ouvertes courtes QROC (13 %). Les QZONE représentaient seulement 2 % des questions. Les spécialités médicales étaient les plus représentées (82 %), et la majorité des questions concernait des connaissances de rang A (65 %), des questions de diagnostic positif (28 %) et de prise en charge (23 %), et questions du niveau 2 de taxonomie de Bloom (53 %). Le pourcentage de réussite global était de 44 % [IQR 24–65] et la note globale médiane de 11,5/20 [9,5–13,0]. Par comparaison aux QRM (31 % [18–51]), les QRP (55 % [37–67]), les QRU (72 % [51–84]) et les QROC (54 % [37–70]) étaient significativement mieux réussis (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05). Le pourcentage de réussite était plus important pour les questions de taxonomie Bloom de niveaux 3 et 2 par rapport aux questions de niveau 1 (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05). Il n’y avait pas de différence significative de réussite entre les questions de rang A ou rang B. Pour les QRM plus spécifiquement, le nombre de propositions correctes était associé au pourcentage de réussite, avec un pourcentage de réussite plus bas pour les QRM ayant cinq propositions correctes (9 % [5–22 %]) par rapport à ceux ayant une seule proposition correcte (44 % [17–79 %], <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05) Le","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A401-A402"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595005","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.090
D. Vellas , A. Berges , S. Pl , A. Rozes , Y. De Rycke , T. Mathieu , S. Dubucquoi , C. Contin-Bordes , V. Thierry , J. Alexandre , N. Fabien , F. Coutant , D. Lakomy , B. Nespola , N. Bardin , D. Bertin , F. Jouen , O. Boyer , P. Ghillani-Dalbin , J.L. Charuel , Y. Allenbach
<div><h3>Introduction</h3><div>Les myosites sont des maladies auto-immunes comprenant quatre entités, dont trois d’entre elles sont définies par la présence d’auto-anticorps spécifiques (MSAs) : la dermatomyosite, le syndrome des anti-synthétases, et la myopathie nécrosante auto-immune. La myosite à inclusion est un groupe à part (mode d’installation et physiopathologie). En plus des signes musculaires, elles sont fréquemment associées à une atteinte pulmonaire interstitielle. Les causes restent imprécises et poly-factorielles. Elles associent des déterminants génétiques et des facteurs environnementaux. Les infections, notamment virales respiratoires, pourraient être impliquées. En effet, les dermatomyosites avec atteinte thoracique (anti-MDA5+) sont saisonnières <span><span>[1]</span></span>. De plus, les infections virales induisent une activation de la voie IFN similaire à celle observées dans certains sous-groupes de myosite <span><span>[2]</span></span>. L’apparition brutale de la pandémie de SARS-CoV-2 en 2019 offre un cadre quasi-expérimental pour estimer l’impact des infections virales respiratoires dans le déclenchement des myosites.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Nous avons effectué une étude écologique (01/01/2018–31/12/2022) au sein du Système National des Données de Santé (SNDS) et d’une base de données sérologiques multicentrique en France, modélisant le nombre de cas incidents mensuels de myosite. Au sein du SNDS, les cas incidents de myosite étaient définis par les codes CIM-10 des hospitalisations. La codification CIM-10 ne permettant pas d’identifier les sous-groupes de myosites, nous avons constitué une base sérologique (centres ; <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->14) pour estimer les cas incidents de dermatomyosite, de syndrome des anti-synthétases, et de myopathie nécrosante auto-immune. Dans la base sérologique, les cas incidents de myosite étaient définis par le premier test positif de détection de MSAs. Afin de diminuer le risque d’inclusion de faux positifs, seuls les résultats de dot-myosite positifs forts (+++) ont été considérés comme positifs. Après réduction du bruit par Locally WEighted Scatterplot Smoothing, les ruptures étaient identifiées par étude d’une fonction de coût pénalisée. Leur significativité était confirmée par un test de Chow. De plus, un test de Student comparait le nombre moyen de cas incidents mensuels avant et après la rupture.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dans le SNDS, 5526 cas incidents de myosite ont été identifiés sur la période (92,1/mois en moyenne). Les patients étaient majoritairement des femmes (59 %) et 44 % étaient âgés de 60 à 80 ans au diagnostic. Parmi les quatre ruptures identifiées dans la série temporelle des myosites incidentes, une est survenue après le début de la pandémie de SARS-CoV-2 (11/2020) avec une augmentation de 5 % de cas incident au décours. Cette rupture a été identifiée uniquement chez les hommes. La base sérologique comprenait les résultat
{"title":"Risque de myopathies inflammatoires idiopathiques en lien avec l’infection par le SARS-CoV-2 : analyse de series temporelles issues de données sérologiques et médico-administratives en France","authors":"D. Vellas , A. Berges , S. Pl , A. Rozes , Y. De Rycke , T. Mathieu , S. Dubucquoi , C. Contin-Bordes , V. Thierry , J. Alexandre , N. Fabien , F. Coutant , D. Lakomy , B. Nespola , N. Bardin , D. Bertin , F. Jouen , O. Boyer , P. Ghillani-Dalbin , J.L. Charuel , Y. Allenbach","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.090","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.090","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les myosites sont des maladies auto-immunes comprenant quatre entités, dont trois d’entre elles sont définies par la présence d’auto-anticorps spécifiques (MSAs) : la dermatomyosite, le syndrome des anti-synthétases, et la myopathie nécrosante auto-immune. La myosite à inclusion est un groupe à part (mode d’installation et physiopathologie). En plus des signes musculaires, elles sont fréquemment associées à une atteinte pulmonaire interstitielle. Les causes restent imprécises et poly-factorielles. Elles associent des déterminants génétiques et des facteurs environnementaux. Les infections, notamment virales respiratoires, pourraient être impliquées. En effet, les dermatomyosites avec atteinte thoracique (anti-MDA5+) sont saisonnières <span><span>[1]</span></span>. De plus, les infections virales induisent une activation de la voie IFN similaire à celle observées dans certains sous-groupes de myosite <span><span>[2]</span></span>. L’apparition brutale de la pandémie de SARS-CoV-2 en 2019 offre un cadre quasi-expérimental pour estimer l’impact des infections virales respiratoires dans le déclenchement des myosites.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Nous avons effectué une étude écologique (01/01/2018–31/12/2022) au sein du Système National des Données de Santé (SNDS) et d’une base de données sérologiques multicentrique en France, modélisant le nombre de cas incidents mensuels de myosite. Au sein du SNDS, les cas incidents de myosite étaient définis par les codes CIM-10 des hospitalisations. La codification CIM-10 ne permettant pas d’identifier les sous-groupes de myosites, nous avons constitué une base sérologique (centres ; <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->14) pour estimer les cas incidents de dermatomyosite, de syndrome des anti-synthétases, et de myopathie nécrosante auto-immune. Dans la base sérologique, les cas incidents de myosite étaient définis par le premier test positif de détection de MSAs. Afin de diminuer le risque d’inclusion de faux positifs, seuls les résultats de dot-myosite positifs forts (+++) ont été considérés comme positifs. Après réduction du bruit par Locally WEighted Scatterplot Smoothing, les ruptures étaient identifiées par étude d’une fonction de coût pénalisée. Leur significativité était confirmée par un test de Chow. De plus, un test de Student comparait le nombre moyen de cas incidents mensuels avant et après la rupture.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dans le SNDS, 5526 cas incidents de myosite ont été identifiés sur la période (92,1/mois en moyenne). Les patients étaient majoritairement des femmes (59 %) et 44 % étaient âgés de 60 à 80 ans au diagnostic. Parmi les quatre ruptures identifiées dans la série temporelle des myosites incidentes, une est survenue après le début de la pandémie de SARS-CoV-2 (11/2020) avec une augmentation de 5 % de cas incident au décours. Cette rupture a été identifiée uniquement chez les hommes. La base sérologique comprenait les résultat","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A400-A401"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595067","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.039
E. Lazaro , T. Dörner , N. Shen , T. Grader-Beck , C. Walter , C. Wioland , P. Schmutz , S. Riek , W. Hueber , C. Sips , S. Oliver , C. Lau , C. Bonal , I. Isnardi
<div><h3>Introduction</h3><div>Le ianalumab, un anticorps monoclonal afucosylé, déplète les lymphocytes B via une cytotoxicité cellulaire dépendante des anticorps accrue avec un blocage simultané des signaux médiés par le facteur d’activation des lymphocytes B (BAFF) et son récepteur (BAFF-R) <span><span>[1]</span></span>. Il est actuellement à l’étude pour le traitement des maladies auto-immunes. Compte tenu de son nouveau mécanisme d’action, il est crucial d’évaluer les effets du ianalumab sur les anticorps préexistants contre les antigènes vaccinaux. Cette étude a évalué l’impact du traitement par ianalumab versus placebo sur les taux d’anticorps préexistants dirigés contre 7 agents pathogènes chez des patients atteints de la maladie de Sjögren (MSj) et de lupus érythémateux systémique (LES).</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Une analyse rétrospective a été réalisée sur des échantillons de sérum issus de 2 études de phase 2 randomisées, en double aveugle et contrôlées versus placebo chez des patients atteints de MSj (<span><span>NCT02962895</span><svg><path></path></svg></span>) ou de LES (<span><span>NCT03656562</span><svg><path></path></svg></span>). Les patients ont reçu soit un placebo, soit du ianalumab 300<!--> <!-->mg par voie sous-cutanée tous les mois pendant 24 semaines (79 patients atteints de MSj) ou pendant 28 semaines (40 patients atteints de LES). Dans l’étude MSj, les patients recevant le ianalumab 300<!--> <!-->mg à la semaine 24 (S24) ont été rerandomisés pour recevoir en double aveugle soit le ianalumab 300<!--> <!-->mg soit le placebo jusqu’à S52. Les patients sous placebo à S24 ont ensuite reçu une dose plus faible de ianalumab et n’ont pas alors fait l’objet d’analyse complémentaire dans cette analyse. Dans l’étude LES, tous les patients ont reçus le ianalumab en ouvert de S28 à S52. Les anticorps (isotypes IgG) dirigés contre les antigènes vaccinaux et les auto-anticorps ont été mesurés à la baseline, à S24 (MSj) ou S28 (LES) et à S52. Les variations des taux d’anticorps par rapport à la baseline et les proportions de patients maintenant des niveaux de protection à S52 ont été évalués. Au total, 3 patients (2 MSj et 1 LES) sous traitement par ianalumab ont reçu des doses de rappel contre la diphtérie et le tétanos.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La proportion de patients atteints de MSj et de LES maintenant des niveaux protecteurs d’anticorps contre le tétanos, la rougeole, les oreillons, la varicelle, la rubéole, la diphtérie et la grippe est restée stable après traitement par ianalumab jusqu’à 52 semaines. Chez les patients atteints de MSj, les variations des taux d’anticorps par rapport à la baseline à S24 étaient <<!--> <!-->6 % pour tous les antigènes chez les patients traités par ianalumab ou placebo. Chez les patients atteints de LES, les variations des taux d’anticorps par rapport à la baseline à S28 étaient <<!--> <!-->10 % chez les patients traités par ianalumab ou placebo pour tou
{"title":"Les anticorps préexistants contre les antigènes vaccinaux sont conservés chez des patients atteints de la maladie de Sjögren et de lupus érythémateux systémique lors du traitement par ianalumab, alors que les auto-anticorps diminuent","authors":"E. Lazaro , T. Dörner , N. Shen , T. Grader-Beck , C. Walter , C. Wioland , P. Schmutz , S. Riek , W. Hueber , C. Sips , S. Oliver , C. Lau , C. Bonal , I. Isnardi","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.039","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.039","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le ianalumab, un anticorps monoclonal afucosylé, déplète les lymphocytes B via une cytotoxicité cellulaire dépendante des anticorps accrue avec un blocage simultané des signaux médiés par le facteur d’activation des lymphocytes B (BAFF) et son récepteur (BAFF-R) <span><span>[1]</span></span>. Il est actuellement à l’étude pour le traitement des maladies auto-immunes. Compte tenu de son nouveau mécanisme d’action, il est crucial d’évaluer les effets du ianalumab sur les anticorps préexistants contre les antigènes vaccinaux. Cette étude a évalué l’impact du traitement par ianalumab versus placebo sur les taux d’anticorps préexistants dirigés contre 7 agents pathogènes chez des patients atteints de la maladie de Sjögren (MSj) et de lupus érythémateux systémique (LES).</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Une analyse rétrospective a été réalisée sur des échantillons de sérum issus de 2 études de phase 2 randomisées, en double aveugle et contrôlées versus placebo chez des patients atteints de MSj (<span><span>NCT02962895</span><svg><path></path></svg></span>) ou de LES (<span><span>NCT03656562</span><svg><path></path></svg></span>). Les patients ont reçu soit un placebo, soit du ianalumab 300<!--> <!-->mg par voie sous-cutanée tous les mois pendant 24 semaines (79 patients atteints de MSj) ou pendant 28 semaines (40 patients atteints de LES). Dans l’étude MSj, les patients recevant le ianalumab 300<!--> <!-->mg à la semaine 24 (S24) ont été rerandomisés pour recevoir en double aveugle soit le ianalumab 300<!--> <!-->mg soit le placebo jusqu’à S52. Les patients sous placebo à S24 ont ensuite reçu une dose plus faible de ianalumab et n’ont pas alors fait l’objet d’analyse complémentaire dans cette analyse. Dans l’étude LES, tous les patients ont reçus le ianalumab en ouvert de S28 à S52. Les anticorps (isotypes IgG) dirigés contre les antigènes vaccinaux et les auto-anticorps ont été mesurés à la baseline, à S24 (MSj) ou S28 (LES) et à S52. Les variations des taux d’anticorps par rapport à la baseline et les proportions de patients maintenant des niveaux de protection à S52 ont été évalués. Au total, 3 patients (2 MSj et 1 LES) sous traitement par ianalumab ont reçu des doses de rappel contre la diphtérie et le tétanos.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La proportion de patients atteints de MSj et de LES maintenant des niveaux protecteurs d’anticorps contre le tétanos, la rougeole, les oreillons, la varicelle, la rubéole, la diphtérie et la grippe est restée stable après traitement par ianalumab jusqu’à 52 semaines. Chez les patients atteints de MSj, les variations des taux d’anticorps par rapport à la baseline à S24 étaient <<!--> <!-->6 % pour tous les antigènes chez les patients traités par ianalumab ou placebo. Chez les patients atteints de LES, les variations des taux d’anticorps par rapport à la baseline à S28 étaient <<!--> <!-->10 % chez les patients traités par ianalumab ou placebo pour tou","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A361"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595072","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}