Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.060
A. Hankard , V. Maisons , A. Hocevar , E. Pillebout , H. Jean-Michel , B. Sautenet , C. Barbet , N. Jourde-Chiche , A. Karras , A. Jean-François , X. Puéchal , S. Faguer , C. Lavigne , K. Baud , A. Archambeaud , H. De Boysson , A. Aouba , F. Maillot , B. Terrier , Y. Nguyen , A. Audemard-Verger
<div><h3>Introduction</h3><div>La vascularite à IgA (IgAV) est une vascularite des petits vaisseaux qui touche la peau, les articulations, le tractus gastro-intestinal et les reins. La diversité des présentations cliniques et des résultats nécessite l’identification de groupes présentant un phénotype distinct pour une prise en charge et un suivi efficaces.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>La base de données rétrospective française IGAVAS (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->260) comprend des données cliniques, pathologiques, de laboratoire, de traitement et de suivi de vascularite à IgA de l’adulte. Une clusterisation hiérarchique agglomérative a été réalisée, en utilisant la méthode de Ward et le carré de la distance euclidienne, sur la base de 7 paramètres (sexe, âge, symptômes généraux, nécrose cutanée, atteinte articulaire et digestive, anomalie de la fonction rénale). Ces résultats ont été validés sur une cohorte indépendante de patients slovènes. Les risques de rechute et d’insuffisance rénale chronique ont été comparés entre les clusters.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur les 260 patients atteints d’IgAV, 3 clusters ont été identifiés. Le cluster 1 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->114, 44) comprenait une majorité d’hommes (68 %), d’âge jeune (médiane 42 ans), avec une atteinte gastro-intestinale (100 %) et articulaire (77 %) et un faible taux d’insuffisance rénale (7 %). Le cluster 2 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->96, 37 %) comprenait 56 % d’hommes, avec un âge moyen de 49 ans, avec une atteinte articulaire (59 %) mais sans atteinte gastro-intestinale, et 4 % d’insuffisance rénale. Le cluster 3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->50, 19 %, 66 % d’hommes) comprenait des patients plus âgés (âge moyen 70 ans), avec une nécrose cutanée (52 %), et une fonction rénale anormale (90 %). Le cluster 2 présentait un niveau d’inflammation systémique moins imoortant que les deux autres clusters avec une CRP médiane à 27<!--> <!-->mg/L. En revanche le cluster 3 présentait des taux d’IgA plus élevé avec un taux médian à 4,7<!--> <!-->g/L. Des clusters similaires ont été trouvés chez les patients slovènes. Sur les 143 biopsies rénales disponibles, le cluster 3 présentait plus de lésions tubulo-interstitielles alors qu’il n’y avait pas de différence significative de prolifération extracapillaire. En ce qui concerne l’évolution, les clusters 1 et 2 avaient tendance à avoir plus de rechutes (20 et 25 %) et le cluster 3 avait plus d’insuffisance rénale chronique résiduelle (79 %).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cette étude de clustering, validée dans une cohorte indépendante, a permis de dégager trois groupes très distincts dans l’IgAV de l’adulte, avec des présentations et des résultats très clairs. Ces groupes comprennent de jeunes patients avec des atteintes gastro-intestinales et articulaires récurrentes mais une atteinte rénale minime, des patients d’âge moyen avec une atteinte cutanée et et articulaire et sans atteinte digestive et peu d’
IntroductionLa vascularite IgA (IgAV)是一种小血管的vascularite触及皮肤、关节、胃肠道和肾脏。临床表现和结果的多样性要求识别具有独特表型的群体,以便进行有效的管理和随访。硬件和méthodesLa法兰西回顾展IGAVAS数据库(n = 260),包括病理、临床数据、实验室、治疗和随访vascularite IgA的成年人。使用Ward方法和欧几里得距离平方,根据7个参数(性别、年龄、一般症状、皮肤坏死、关节和消化损伤、肾功能异常)进行了分层聚类。这些结果在斯洛文尼亚的一组独立患者中得到了验证。复发风险和慢性肾衰竭的集群之间进行了比较。d’IgAV 260名患者能够得到解决,已发现3集群。第1组(n = 114,44)以男性为主(68%),年龄较年轻(中位42岁),有胃肠道(100%)和关节(77%)病变,肾衰竭发生率较低(7%)。. 96 cluster n = 2(37%),其中56%的男性,平均年龄49岁,与对关节(59%),但不影响肠胃、4%和肾衰竭。第三组(n = 50,男子占19%、66)的人包括老年患者(平均年龄70岁),与一个皮肤坏死(52%),和肾功能异常(90%)。2集群有一个全身炎症水平不如另外两个集群的中间有CRP值为27毫克/升。相比之下该集群3 iga率中位数最高税率至4.7 g / L。集群都发现了类似的患者中,斯洛文尼亚人。关于现有143肾活检,第三组有病变多tubulo-interstitielles虽然extracapillaire扩散方面没有显著差异。进化而言,1和2个集群往往有复发多(20%和25%)和第三组剩余多了慢性肾功能不全(79%)。ConclusionCette集群队列中的一个独立验证,研究确定了三组不同成人票、演示文稿和l’IgAV中非常明确的结果。。这些群体包括年轻患者与患者的关节和肠胃复发,而是一种中老年患者的肾功能损害极小,对皮肤和关节和有无影响消化和肾脏受累,不久与皮肤损害了老年患者的抗癌活性和肾衰竭。起初这种方法可以提出个性化的评价和监测中。
{"title":"Identification de phénotypes cliniques et de pronostics distincts dans la vascularite à IgA de l’adulte à l’aide d’une analyse en clusters non supervisée","authors":"A. Hankard , V. Maisons , A. Hocevar , E. Pillebout , H. Jean-Michel , B. Sautenet , C. Barbet , N. Jourde-Chiche , A. Karras , A. Jean-François , X. Puéchal , S. Faguer , C. Lavigne , K. Baud , A. Archambeaud , H. De Boysson , A. Aouba , F. Maillot , B. Terrier , Y. Nguyen , A. Audemard-Verger","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.060","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.060","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La vascularite à IgA (IgAV) est une vascularite des petits vaisseaux qui touche la peau, les articulations, le tractus gastro-intestinal et les reins. La diversité des présentations cliniques et des résultats nécessite l’identification de groupes présentant un phénotype distinct pour une prise en charge et un suivi efficaces.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>La base de données rétrospective française IGAVAS (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->260) comprend des données cliniques, pathologiques, de laboratoire, de traitement et de suivi de vascularite à IgA de l’adulte. Une clusterisation hiérarchique agglomérative a été réalisée, en utilisant la méthode de Ward et le carré de la distance euclidienne, sur la base de 7 paramètres (sexe, âge, symptômes généraux, nécrose cutanée, atteinte articulaire et digestive, anomalie de la fonction rénale). Ces résultats ont été validés sur une cohorte indépendante de patients slovènes. Les risques de rechute et d’insuffisance rénale chronique ont été comparés entre les clusters.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur les 260 patients atteints d’IgAV, 3 clusters ont été identifiés. Le cluster 1 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->114, 44) comprenait une majorité d’hommes (68 %), d’âge jeune (médiane 42 ans), avec une atteinte gastro-intestinale (100 %) et articulaire (77 %) et un faible taux d’insuffisance rénale (7 %). Le cluster 2 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->96, 37 %) comprenait 56 % d’hommes, avec un âge moyen de 49 ans, avec une atteinte articulaire (59 %) mais sans atteinte gastro-intestinale, et 4 % d’insuffisance rénale. Le cluster 3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->50, 19 %, 66 % d’hommes) comprenait des patients plus âgés (âge moyen 70 ans), avec une nécrose cutanée (52 %), et une fonction rénale anormale (90 %). Le cluster 2 présentait un niveau d’inflammation systémique moins imoortant que les deux autres clusters avec une CRP médiane à 27<!--> <!-->mg/L. En revanche le cluster 3 présentait des taux d’IgA plus élevé avec un taux médian à 4,7<!--> <!-->g/L. Des clusters similaires ont été trouvés chez les patients slovènes. Sur les 143 biopsies rénales disponibles, le cluster 3 présentait plus de lésions tubulo-interstitielles alors qu’il n’y avait pas de différence significative de prolifération extracapillaire. En ce qui concerne l’évolution, les clusters 1 et 2 avaient tendance à avoir plus de rechutes (20 et 25 %) et le cluster 3 avait plus d’insuffisance rénale chronique résiduelle (79 %).</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cette étude de clustering, validée dans une cohorte indépendante, a permis de dégager trois groupes très distincts dans l’IgAV de l’adulte, avec des présentations et des résultats très clairs. Ces groupes comprennent de jeunes patients avec des atteintes gastro-intestinales et articulaires récurrentes mais une atteinte rénale minime, des patients d’âge moyen avec une atteinte cutanée et et articulaire et sans atteinte digestive et peu d’","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A378-A379"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145595024","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.081
J. Boussier , A. Karras , P. Getten , E. Flamarion , A. Hummel , L. Dionet , P. Breillat , K. Chevalier , F. Delestre , A. Dupré , B. Sorin , D. Eshagh , J. Tennenbaum , C. Lheure , N. Dupin , A. Moores , M. Saint-Blancat , H. Kardaoui , A. Régent , X. Puéchal , B. Terrier
<div><h3>Introduction</h3><div>Les vascularites systémiques regroupent des maladies hétérogènes impliquant des voies inflammatoires distinctes mais partiellement chevauchantes. Elles incluent les vascularites de gros vaisseaux (artérite à cellules géantes, ACG), de moyen calibre (périartérite noueuse, PAN) et de petit calibre (vascularites associées aux ANCA : granulomatose avec polyangéite, GPA, et polyangéite microscopique, PAM ; ou à dépôts immuns : cryoglobulinémique, IgA). Ces entités reposent sur des interactions complexes entre immunité innée, immunité adaptative, remodelage vasculaire et réponses stromales. Les signatures circulantes permettant de différencier ces mécanismes restent mal définies. Nous avons cherché à caractériser les réseaux protéiques sériques propres à chaque vascularite par une approche protéomique multiplexe ultra-sensible, afin d’identifier des clusters mécanistiques et de potentiels biomarqueurs.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Des échantillons sériques de 205 patients atteints de vascularites (ACG, PAN, GPA, MPA, vascularite cryoglobulinémique, vascularite à IgA) et de 20 témoins sains ont été analysés par la technique NULISA, permettant le dosage simultané et ultrasensible de 245 protéines. L’analyse différentielle de l’expression protéique par rapport aux témoins a permis un clustering non supervisé des analytes.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Huit modules fonctionnels ont été identifiés : 1) réponse de phase aiguë (IL-6, CRP, CCL28), 2) chimiokines Th1/Tfh induites par l’IFN-γ (CXCL9, CXCL11, MICB), 3) remodelage/angiogenèse (VEGFA, MMP/TIMP) et recrutement neutrophilique (CCL7, CXCL2), 4) alarmines épithéliales/immunité de type 2 (TSLP, IL-33), 5) interactions myéloïdes–cellules stromales et résolution de l’inflammation (TREM1, TREM2, PDFGB, TGFB3, OSM), 6) co-stimulation cellules endothéliales–lymphocytes T (CD40, CD83, ANGPT2, FURIN), 7) checkpoints immunitaires et régulation des lymphocytes T (IL-10, CTLA-4, PD-1, TNFRSF9, TNFRSF13<!--> <!-->C), et 8) présentation antigénique et priming des lymphocytes B et T (CD70, CD80, GZMA, LAG3). Bien que le module 1 révélait une “signature protéique” commune (inflammation systémique), chaque vascularite présentait un profil distinct. L’ACG surexprimait les modules 1, 2 et 3 (inflammation systémique, axe Th1, remodelage vasculaire). La PAN se limitait aux modules 1 et 2, traduisant une inflammation nécrosante sans remodelage marqué. La GPA combinait les modules 1, 2, 3 et le module 4, enrichi en alarmines épithéliales. La PAM présentait la signature la plus large (modules 1 à 7), incluant inflammation, co-stimulation T et remodelage fibrotique. La vascularite cryoglobulinémique surexprimait surtout les modules 2, 7 et 8, centrés sur l’axe Th1/Tfh, les checkpoints immunitaires et la présentation antigénique et priming des lymphocytes B et T. La vascularite à IgA ne montrait pas de signature spécifique.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’a
{"title":"Cartographie protéomique sérique des vascularites systémiques : identification de clusters mécanistiques spécifiques à chaque type de vascularite","authors":"J. Boussier , A. Karras , P. Getten , E. Flamarion , A. Hummel , L. Dionet , P. Breillat , K. Chevalier , F. Delestre , A. Dupré , B. Sorin , D. Eshagh , J. Tennenbaum , C. Lheure , N. Dupin , A. Moores , M. Saint-Blancat , H. Kardaoui , A. Régent , X. Puéchal , B. Terrier","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.081","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.081","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les vascularites systémiques regroupent des maladies hétérogènes impliquant des voies inflammatoires distinctes mais partiellement chevauchantes. Elles incluent les vascularites de gros vaisseaux (artérite à cellules géantes, ACG), de moyen calibre (périartérite noueuse, PAN) et de petit calibre (vascularites associées aux ANCA : granulomatose avec polyangéite, GPA, et polyangéite microscopique, PAM ; ou à dépôts immuns : cryoglobulinémique, IgA). Ces entités reposent sur des interactions complexes entre immunité innée, immunité adaptative, remodelage vasculaire et réponses stromales. Les signatures circulantes permettant de différencier ces mécanismes restent mal définies. Nous avons cherché à caractériser les réseaux protéiques sériques propres à chaque vascularite par une approche protéomique multiplexe ultra-sensible, afin d’identifier des clusters mécanistiques et de potentiels biomarqueurs.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Des échantillons sériques de 205 patients atteints de vascularites (ACG, PAN, GPA, MPA, vascularite cryoglobulinémique, vascularite à IgA) et de 20 témoins sains ont été analysés par la technique NULISA, permettant le dosage simultané et ultrasensible de 245 protéines. L’analyse différentielle de l’expression protéique par rapport aux témoins a permis un clustering non supervisé des analytes.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Huit modules fonctionnels ont été identifiés : 1) réponse de phase aiguë (IL-6, CRP, CCL28), 2) chimiokines Th1/Tfh induites par l’IFN-γ (CXCL9, CXCL11, MICB), 3) remodelage/angiogenèse (VEGFA, MMP/TIMP) et recrutement neutrophilique (CCL7, CXCL2), 4) alarmines épithéliales/immunité de type 2 (TSLP, IL-33), 5) interactions myéloïdes–cellules stromales et résolution de l’inflammation (TREM1, TREM2, PDFGB, TGFB3, OSM), 6) co-stimulation cellules endothéliales–lymphocytes T (CD40, CD83, ANGPT2, FURIN), 7) checkpoints immunitaires et régulation des lymphocytes T (IL-10, CTLA-4, PD-1, TNFRSF9, TNFRSF13<!--> <!-->C), et 8) présentation antigénique et priming des lymphocytes B et T (CD70, CD80, GZMA, LAG3). Bien que le module 1 révélait une “signature protéique” commune (inflammation systémique), chaque vascularite présentait un profil distinct. L’ACG surexprimait les modules 1, 2 et 3 (inflammation systémique, axe Th1, remodelage vasculaire). La PAN se limitait aux modules 1 et 2, traduisant une inflammation nécrosante sans remodelage marqué. La GPA combinait les modules 1, 2, 3 et le module 4, enrichi en alarmines épithéliales. La PAM présentait la signature la plus large (modules 1 à 7), incluant inflammation, co-stimulation T et remodelage fibrotique. La vascularite cryoglobulinémique surexprimait surtout les modules 2, 7 et 8, centrés sur l’axe Th1/Tfh, les checkpoints immunitaires et la présentation antigénique et priming des lymphocytes B et T. La vascularite à IgA ne montrait pas de signature spécifique.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’a","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A394-A395"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594446","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.056
D. Sène , N. Belfeki , S. Humbert , G. Fayet , K. Champion , A. Depond , B. Amador Borrero , V. Pagis , F. Truffinet , R. Bollart , A. Lopes , R. Burlacu , V. Bourdin , C. Comarmond , J.P. Lefaucheur , S. Mouly
<div><h3>Introduction</h3><div>La neuropathie des petites fibres (NPF) se caractérise par des douleurs neuropathiques et/ou des manifestations dysautonomiques, entraînant une altération majeure de la qualité de vie. Les maladies dysimmunes représentent 20 à 30 % des étiologies de NPF, incluant le syndrome de Sjögren primitif (SSp), la sarcoïdose et, plus récemment, des formes associées aux anticorps anti-FGFR3, anti-TS-HDS ou anti-plexine D1. Les patients réfractaires aux traitements antalgiques conventionnels disposent de peu d’alternatives thérapeutiques. Le traitement par immunoglobulines intraveineuses (IGIV) a démontré son efficacité dans d’autres neuropathies immuno-médiées, telles que les polyradiculonévrites chroniques inflammatoires, et des données préliminaires suggèrent un intérêt potentiel dans les NPF dysimmunes. L’objectif de cette étude était d’évaluer rétrospectivement l’efficacité et la tolérance d’un traitement de six mois par IGIV sur la douleur et la qualité de vie de patients atteints de NPF associée à une maladie dysimmune.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Trente-trois patients consécutifs présentant une NPF confirmée et une pathologie dysimmune sous-jacente, réfractaires à un traitement analgésique optimisé (NRS ≥<!--> <!-->5/10 depuis ≥<!--> <!-->6 mois), ont reçu des perfusions mensuelles d’IGIV (2<!--> <!-->g/kg répartis sur 4 à 5<!--> <!-->jours consécutifs) pendant six mois. L’intensité de la douleur a été évaluée à l’aide de l’échelle numérique (NRS) à l’inclusion (M0), à 3 mois (M3) et à 6 mois (M6). La qualité de vie a été mesurée par le questionnaire SF-36, incluant le Score Combiné Physique (SCP) et le Score Combiné Mental (SCM), enregistrés à M0 et M6. Le critère principal de jugement était une réduction cliniquement significative de la douleur à M6, définie par une diminution ≥<!--> <!-->30 % du score NRS. Les critères secondaires comprenaient la réponse analgésique à M3, l’évolution des sous-scores du SF-36 et la tolérance du traitement.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La cohorte comprenait 24 femmes (73 %). Les pathologies sous-jacentes étaient : SSp (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->24 ; 73 %), anticorps anti-FGFR3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5 ; 15 %), spondylarthrite ankylosante (SpA, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2 ; 6 %), sarcoïdose (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1 ; 3 %) et syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1 ; 3 %). L’âge médian au diagnostic de NPF était de 49 ans (IC 95 % : 46–51), le délai médian de diagnostic de 5 ans (IC 95 % : 3–7), et le délai médian entre le début des symptômes et l’instauration des IGIV de 5,8 ans (IC 95 % : 4,5–9). Le score NRS médian a diminué de 8 (7,5–8) à M0 à 3,5 (3–5) à M3 et 3 (2–4) à M6 (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,00001). Le critère principal (réduction ≥<!--> <!-->30 % du NRS à M6) a été atteint par 26 patients (79 %) : SSp 19/24 (79 %), anti-FGFR3 3/5 (60 %), SpA 2/2, sarcoïdose 1/1, POTS 1/1. Une
{"title":"Évaluation de l’impact du traitement par immunoglobulines intraveineuses sur la douleur et la qualité de vie des patients ayant une neuropathie des petites fibres dysimmune à partir d’une série multicentrique de 33 patients","authors":"D. Sène , N. Belfeki , S. Humbert , G. Fayet , K. Champion , A. Depond , B. Amador Borrero , V. Pagis , F. Truffinet , R. Bollart , A. Lopes , R. Burlacu , V. Bourdin , C. Comarmond , J.P. Lefaucheur , S. Mouly","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.056","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.056","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La neuropathie des petites fibres (NPF) se caractérise par des douleurs neuropathiques et/ou des manifestations dysautonomiques, entraînant une altération majeure de la qualité de vie. Les maladies dysimmunes représentent 20 à 30 % des étiologies de NPF, incluant le syndrome de Sjögren primitif (SSp), la sarcoïdose et, plus récemment, des formes associées aux anticorps anti-FGFR3, anti-TS-HDS ou anti-plexine D1. Les patients réfractaires aux traitements antalgiques conventionnels disposent de peu d’alternatives thérapeutiques. Le traitement par immunoglobulines intraveineuses (IGIV) a démontré son efficacité dans d’autres neuropathies immuno-médiées, telles que les polyradiculonévrites chroniques inflammatoires, et des données préliminaires suggèrent un intérêt potentiel dans les NPF dysimmunes. L’objectif de cette étude était d’évaluer rétrospectivement l’efficacité et la tolérance d’un traitement de six mois par IGIV sur la douleur et la qualité de vie de patients atteints de NPF associée à une maladie dysimmune.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Trente-trois patients consécutifs présentant une NPF confirmée et une pathologie dysimmune sous-jacente, réfractaires à un traitement analgésique optimisé (NRS ≥<!--> <!-->5/10 depuis ≥<!--> <!-->6 mois), ont reçu des perfusions mensuelles d’IGIV (2<!--> <!-->g/kg répartis sur 4 à 5<!--> <!-->jours consécutifs) pendant six mois. L’intensité de la douleur a été évaluée à l’aide de l’échelle numérique (NRS) à l’inclusion (M0), à 3 mois (M3) et à 6 mois (M6). La qualité de vie a été mesurée par le questionnaire SF-36, incluant le Score Combiné Physique (SCP) et le Score Combiné Mental (SCM), enregistrés à M0 et M6. Le critère principal de jugement était une réduction cliniquement significative de la douleur à M6, définie par une diminution ≥<!--> <!-->30 % du score NRS. Les critères secondaires comprenaient la réponse analgésique à M3, l’évolution des sous-scores du SF-36 et la tolérance du traitement.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La cohorte comprenait 24 femmes (73 %). Les pathologies sous-jacentes étaient : SSp (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->24 ; 73 %), anticorps anti-FGFR3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5 ; 15 %), spondylarthrite ankylosante (SpA, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2 ; 6 %), sarcoïdose (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1 ; 3 %) et syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1 ; 3 %). L’âge médian au diagnostic de NPF était de 49 ans (IC 95 % : 46–51), le délai médian de diagnostic de 5 ans (IC 95 % : 3–7), et le délai médian entre le début des symptômes et l’instauration des IGIV de 5,8 ans (IC 95 % : 4,5–9). Le score NRS médian a diminué de 8 (7,5–8) à M0 à 3,5 (3–5) à M3 et 3 (2–4) à M6 (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,00001). Le critère principal (réduction ≥<!--> <!-->30 % du NRS à M6) a été atteint par 26 patients (79 %) : SSp 19/24 (79 %), anti-FGFR3 3/5 (60 %), SpA 2/2, sarcoïdose 1/1, POTS 1/1. Une","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A376"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594722","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.065
M. Guerini , P. Novikov , R. Padoan , G. Espigol-Frigolé , V. Grobost , L. Guilleminault , J.W. Schroder , B. Hellmich , J. Martins Martinho , C. Ribi , M. Groh , V. Cottin , J.W. Cohen Tervaert , P. Smets , B. Terrier , French Vasculitis Study Group, European EGPA Study Group
<div><h3>Introduction</h3><div>La granulomatose éosinophilique avec polyangéite (GEPA) est une vascularite des petits vaisseaux caractérisée par de l’asthme, des manifestations ORL, une éosinophilie sanguine et tissulaire, et une atteinte systémique. Malgré l’utilisation de thérapies ciblant l’interleukine (IL)-5 ou son récepteur (IL-5R), l’asthme ou les symptômes ORL peuvent persister. Le dupilumab (anticorps monoclonal anti-IL-4Rα) est approuvé pour le traitement de l’asthme sévère et la rhinosinusite chronique, mais son utilisation a été associée à une éosinophilie induite et des rechutes de GEPA. Étant donné leurs mécanismes complémentaires, l’association d’un anti-IL-5/IL-5R et du dupilumab pourrait améliorer le contrôle de la GEPA sans risque d’éosinophilie induite ou de rechute. Nous rapportons ici les données d’efficacité et de tolérance de cette association dans les formes réfractaires ou en rechute de GEPA.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective, multicentrique et européenne, a inclus des patients atteints de GEPA répondant aux critères de classification ACR/EULAR 2022, traités par anti-IL-5/IL-5R en association avec du dupilumab pour une maladie réfractaire ou en rechute. La réponse complète (RC) était définie par un BVAS<!--> <!-->=<!--> <!-->0 et une dose de prednisone (PDN) ≤<!--> <!-->4<!--> <!-->mg/jour. La réponse partielle (RP) était définie par un BVAS<!--> <!-->=<!--> <!-->0 et une dose de PDN >4<!--> <!-->mg/jour. L’échec thérapeutique était défini par l’impossibilité de réduire la PDN <<!--> <!-->7,5<!--> <!-->mg/jour en raison d’une activité persistante de la maladie, la survenue d’une rechute de vascularite ou la recrudescence d’un asthme ou de symptômes ORL, nécessitant une intensification thérapeutique.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dix-neuf patients ont bénéficié d’un traitement combiné, associant le mépolizumab dans 10 cas et le benralizumab dans 9. Quatorze patients (74 %) ont reçu l’ajout du dupilumab à un traitement anti-IL-5/IL-5R en cours, 7 pour des symptômes ORL non contrôlés, 6 pour des symptômes ORL et asthmatiques non contrôlés, et 1 pour un asthme non contrôlé. Les cinq autres patients (26 %) ont eu l’ajout d’un anti-IL-5/IL-5R au dupilumab en raison d’une éosinophilie induite par le traitement, dont 3 ayant une rechute de vascularite et 4 ayant des symptômes ORL/asthmatiques non contrôlés. Seize patients ayant un suivi ><!--> <!-->3 mois ont été analysés pour l’efficacité (suivi médian 6 mois). Parmi les 10 patients sous PDN au début de l’association thérapeutique, la dose médiane de PDN était de 10<!--> <!-->mg/jour (6–14) à l’inclusion, 5<!--> <!-->mg/jour (5–10) à 3 mois et à 4,4<!--> <!-->mg/jour (3,75–5) à 6 mois. Chez les patients présentant une éosinophilie induite par le dupilumab, l’ajout d’un anti-IL-5/IL-5R a permis de réduire le nombre d’éosinophiles de 1600/μL (1082–4000) à 170/μL (90–465) à 3 mois, valeur qui est restée stable à 6 mois (1
{"title":"Traitement combiné par anticorps anti-IL-5/IL-5R et dupilumab dans la granulomatose éosinophilique avec polyangéite","authors":"M. Guerini , P. Novikov , R. Padoan , G. Espigol-Frigolé , V. Grobost , L. Guilleminault , J.W. Schroder , B. Hellmich , J. Martins Martinho , C. Ribi , M. Groh , V. Cottin , J.W. Cohen Tervaert , P. Smets , B. Terrier , French Vasculitis Study Group, European EGPA Study Group","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.065","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.065","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La granulomatose éosinophilique avec polyangéite (GEPA) est une vascularite des petits vaisseaux caractérisée par de l’asthme, des manifestations ORL, une éosinophilie sanguine et tissulaire, et une atteinte systémique. Malgré l’utilisation de thérapies ciblant l’interleukine (IL)-5 ou son récepteur (IL-5R), l’asthme ou les symptômes ORL peuvent persister. Le dupilumab (anticorps monoclonal anti-IL-4Rα) est approuvé pour le traitement de l’asthme sévère et la rhinosinusite chronique, mais son utilisation a été associée à une éosinophilie induite et des rechutes de GEPA. Étant donné leurs mécanismes complémentaires, l’association d’un anti-IL-5/IL-5R et du dupilumab pourrait améliorer le contrôle de la GEPA sans risque d’éosinophilie induite ou de rechute. Nous rapportons ici les données d’efficacité et de tolérance de cette association dans les formes réfractaires ou en rechute de GEPA.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective, multicentrique et européenne, a inclus des patients atteints de GEPA répondant aux critères de classification ACR/EULAR 2022, traités par anti-IL-5/IL-5R en association avec du dupilumab pour une maladie réfractaire ou en rechute. La réponse complète (RC) était définie par un BVAS<!--> <!-->=<!--> <!-->0 et une dose de prednisone (PDN) ≤<!--> <!-->4<!--> <!-->mg/jour. La réponse partielle (RP) était définie par un BVAS<!--> <!-->=<!--> <!-->0 et une dose de PDN >4<!--> <!-->mg/jour. L’échec thérapeutique était défini par l’impossibilité de réduire la PDN <<!--> <!-->7,5<!--> <!-->mg/jour en raison d’une activité persistante de la maladie, la survenue d’une rechute de vascularite ou la recrudescence d’un asthme ou de symptômes ORL, nécessitant une intensification thérapeutique.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dix-neuf patients ont bénéficié d’un traitement combiné, associant le mépolizumab dans 10 cas et le benralizumab dans 9. Quatorze patients (74 %) ont reçu l’ajout du dupilumab à un traitement anti-IL-5/IL-5R en cours, 7 pour des symptômes ORL non contrôlés, 6 pour des symptômes ORL et asthmatiques non contrôlés, et 1 pour un asthme non contrôlé. Les cinq autres patients (26 %) ont eu l’ajout d’un anti-IL-5/IL-5R au dupilumab en raison d’une éosinophilie induite par le traitement, dont 3 ayant une rechute de vascularite et 4 ayant des symptômes ORL/asthmatiques non contrôlés. Seize patients ayant un suivi ><!--> <!-->3 mois ont été analysés pour l’efficacité (suivi médian 6 mois). Parmi les 10 patients sous PDN au début de l’association thérapeutique, la dose médiane de PDN était de 10<!--> <!-->mg/jour (6–14) à l’inclusion, 5<!--> <!-->mg/jour (5–10) à 3 mois et à 4,4<!--> <!-->mg/jour (3,75–5) à 6 mois. Chez les patients présentant une éosinophilie induite par le dupilumab, l’ajout d’un anti-IL-5/IL-5R a permis de réduire le nombre d’éosinophiles de 1600/μL (1082–4000) à 170/μL (90–465) à 3 mois, valeur qui est restée stable à 6 mois (1","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A382-A383"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594752","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.062
M. Vignac , S. Nagle , Y. Nguyen , M.J. Guerry , T. Quéméneur , D. Titeca-Beauport , T. Crépin , R. Mesbah , I. Boudhabhay , G. Pugnet , C. Lebas , A. Néel , A. Karras , E. Hachulla , J. Woessner , V. Pestre , R. Borie , S. Vinzio , J.B. Gouin , S. Melboucy Belhkir , B. Terrier
<div><h3>Introduction</h3><div>L’administration de bolus intraveineux de méthylprednisolone est fréquemment utilisée dans le traitement d’induction des vascularites associées aux ANCA (VAA). Si ce schéma thérapeutique vise à potentialiser l’effet anti-inflammatoire initial, son bénéfice clinique demeure mal établi, tandis que ses effets indésirables dose-dépendants sont bien documentés <span><span>[1]</span></span>. À ce jour et à notre connaissance, aucun essai contrôlé randomisé n’a évalué directement l’efficacité des bolus de méthylprednisolone dans les VAA. De même que dans d’autres vascularites comme celles de l’artérite à cellules géantes, les recommandations reposent sur des données rétrospectives sans preuve concluante de supériorité par rapport à la corticothérapie orale exclusive <span><span>[2]</span></span>, <span><span>[3]</span></span>. Dans ce contexte, cette étude visait à évaluer l’efficacité et le profil de tolérance des bolus de méthylprednisolone dans le traitement d’induction des granulomatoses avec polyangéite (GPA) et polyangéites microscopiques (PAM).</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Nous avons réalisé une étude rétrospective observationnelle multicentrique sur 20 sites, à partir d’appel à observation, chez les patients atteints de GPA et de PAM en poussée considérée sévère entre janvier 2018 et avril 2022. Les patients recevaient ou non des bolus de méthylprednisolone suivis d’une corticothérapie orale, en association à un traitement immunosuppresseur. Le critère de jugement principal, composite et censuré à un an, associait décès, insuffisance rénale terminale, progression avant rémission et rechute mineure ou majeure. Des critères secondaires d’efficacité et de tolérance étaient également analysés. Les rares données manquantes ont été imputées par appariement prédictif des moyennes. Un score de propension a été construit par apprentissage supervisé et ses performances ont été évaluées. L’évaluation des critères de jugement a été réalisée par modèle de Cox après deux méthodes de prise en compte de la propension à recevoir les bolus : par appariement des patients, et par pondération par l’inverse de la probabilité de traitement avec approche dite doublement robuste.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 234 patients ont été inclus, dont 169 (72,2 %) ont reçu des bolus de méthylprednisolone. L’âge moyen était de 60,5<!--> <!-->±<!--> <!-->17,5 ans, avec 48,7 % de femmes, sans différence significative selon l’exposition aux bolus. Les patients ayant reçu des bolus tendaient à présenter plus souvent des ANCA de spécificité anti-MPO et à être moins souvent en rechute. Les scores BVAS et <em>Five Factor Score</em> moyens étaient significativement supérieurs (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) chez les patients recevant des bolus, sans différence de fréquence de signes généraux. Les patients avec bolus présentaient moins souvent une atteinte ORL (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001), mais plus so
{"title":"Évaluation de l’effet des bolus de méthylprednisolone au cours du traitement d’induction des vascularites associées aux ANCA : émulation d’un essai cible","authors":"M. Vignac , S. Nagle , Y. Nguyen , M.J. Guerry , T. Quéméneur , D. Titeca-Beauport , T. Crépin , R. Mesbah , I. Boudhabhay , G. Pugnet , C. Lebas , A. Néel , A. Karras , E. Hachulla , J. Woessner , V. Pestre , R. Borie , S. Vinzio , J.B. Gouin , S. Melboucy Belhkir , B. Terrier","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.062","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.062","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>L’administration de bolus intraveineux de méthylprednisolone est fréquemment utilisée dans le traitement d’induction des vascularites associées aux ANCA (VAA). Si ce schéma thérapeutique vise à potentialiser l’effet anti-inflammatoire initial, son bénéfice clinique demeure mal établi, tandis que ses effets indésirables dose-dépendants sont bien documentés <span><span>[1]</span></span>. À ce jour et à notre connaissance, aucun essai contrôlé randomisé n’a évalué directement l’efficacité des bolus de méthylprednisolone dans les VAA. De même que dans d’autres vascularites comme celles de l’artérite à cellules géantes, les recommandations reposent sur des données rétrospectives sans preuve concluante de supériorité par rapport à la corticothérapie orale exclusive <span><span>[2]</span></span>, <span><span>[3]</span></span>. Dans ce contexte, cette étude visait à évaluer l’efficacité et le profil de tolérance des bolus de méthylprednisolone dans le traitement d’induction des granulomatoses avec polyangéite (GPA) et polyangéites microscopiques (PAM).</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Nous avons réalisé une étude rétrospective observationnelle multicentrique sur 20 sites, à partir d’appel à observation, chez les patients atteints de GPA et de PAM en poussée considérée sévère entre janvier 2018 et avril 2022. Les patients recevaient ou non des bolus de méthylprednisolone suivis d’une corticothérapie orale, en association à un traitement immunosuppresseur. Le critère de jugement principal, composite et censuré à un an, associait décès, insuffisance rénale terminale, progression avant rémission et rechute mineure ou majeure. Des critères secondaires d’efficacité et de tolérance étaient également analysés. Les rares données manquantes ont été imputées par appariement prédictif des moyennes. Un score de propension a été construit par apprentissage supervisé et ses performances ont été évaluées. L’évaluation des critères de jugement a été réalisée par modèle de Cox après deux méthodes de prise en compte de la propension à recevoir les bolus : par appariement des patients, et par pondération par l’inverse de la probabilité de traitement avec approche dite doublement robuste.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 234 patients ont été inclus, dont 169 (72,2 %) ont reçu des bolus de méthylprednisolone. L’âge moyen était de 60,5<!--> <!-->±<!--> <!-->17,5 ans, avec 48,7 % de femmes, sans différence significative selon l’exposition aux bolus. Les patients ayant reçu des bolus tendaient à présenter plus souvent des ANCA de spécificité anti-MPO et à être moins souvent en rechute. Les scores BVAS et <em>Five Factor Score</em> moyens étaient significativement supérieurs (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) chez les patients recevant des bolus, sans différence de fréquence de signes généraux. Les patients avec bolus présentaient moins souvent une atteinte ORL (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001), mais plus so","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A379-A380"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594759","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.014
A. Mageau , V. Shala , C. David , T. Goulenok , T. Papo , P. Roland Nicaise , K. Sacre
<div><h3>Introduction</h3><div>Les patients immunodéprimés sont à risque élevé de zona causé par la réactivation d’une infection latente au virus VZV (varicella-zoster virus). Nous avons cherché à déterminer les facteurs de risque du zona chez les patients pris en charge pour un lupus systémique.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Les dossiers médicaux électroniques des patients pris en charge pour un lupus systémique (LS) dans notre centre de référence et ayant eu au moins une consultation dans le cadre des soins entre juillet et décembre 2024 ont été analysés rétrospectivement. Le critère de jugement principal était la survenue d’un zona au cours du suivi. Les données démographiques, les antécédents médicaux, les données de laboratoire et les traitements reçus ont été extraits des dossiers médicaux à l’aide d’un formulaire standardisé. Les facteurs associés à la survenue d’un zona ont été identifiés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 224 patients atteints de LS (femmes 93,8 %, âge médian 48 [38 ;56] ans) ont été analysés. La survenue d’un zona était documentée chez 30 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->30/224, 13,4 %) patients. Aucun des patients n’avait été vacciné contre le VZV. Le délai médian entre le diagnostic de LS et la survenue du zona était de 4 [1 ;17] ans, 33,3 % des patients ayant développé un zona dans les 2 ans suivant le diagnostic de LS. Des complications du zona sont survenues dans 13 cas (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->13/30, 43,3 %), incluant des atteintes oculaires (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2) ou neurologiques (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), une dissémination cutanée (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->6) et des névralgies post-zostériennes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->3). Le zona a nécessité la prescription d’antiviraux par voie orale ou intraveineuse chez 21 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->21/30, 70 %) patients et a été un motif d’hospitalisation dans 11 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11/30, 36,7 %) cas. L’analyse univariée a montré que le taux de gammaglobulines (OR 0,81, 95 % CI 0,70–0,92), la durée de la corticothérapie (OR 1,07, 95 % CI 1,03–1,11), les traitements immunosuppresseurs (IS) (OR 2,41, 95 % CI 1,06–6,05), la durée du traitement IS (OR 1,05, 95 % CI 1,00–1,09) et les biothérapies (OR 3,50, 95 % CI 1,53–7,93) étaient associés au risque de zona. En analyse multivariée incluant ces 5 covariables, seul le taux de gammaglobulines (OR 0,86, 95 % CI 0,74–0,98) était associé de manière indépendante au risque de zona. La courbe ROC pour les taux de gammaglobulines montrait une association significative avec la survenue d’un zona (AUC<!--> <!-->=<!--> <!-->0,71 [0,59–0,82]), avec un seuil de gammaglobulines de 10,3<!--> <!-->g/L fournissant la meilleure discrimination entre les patients LS ayant ou n’ayant pas présenté un zona.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Dans notre cohorte, près de 15 % des patients ayant un lupus systémique ont présenté un zona. Un taux réduit de gammaglobulines sériques –
{"title":"Facteurs de risque de zona chez les patients atteints de lupus systémique","authors":"A. Mageau , V. Shala , C. David , T. Goulenok , T. Papo , P. Roland Nicaise , K. Sacre","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.014","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.014","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les patients immunodéprimés sont à risque élevé de zona causé par la réactivation d’une infection latente au virus VZV (varicella-zoster virus). Nous avons cherché à déterminer les facteurs de risque du zona chez les patients pris en charge pour un lupus systémique.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Les dossiers médicaux électroniques des patients pris en charge pour un lupus systémique (LS) dans notre centre de référence et ayant eu au moins une consultation dans le cadre des soins entre juillet et décembre 2024 ont été analysés rétrospectivement. Le critère de jugement principal était la survenue d’un zona au cours du suivi. Les données démographiques, les antécédents médicaux, les données de laboratoire et les traitements reçus ont été extraits des dossiers médicaux à l’aide d’un formulaire standardisé. Les facteurs associés à la survenue d’un zona ont été identifiés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 224 patients atteints de LS (femmes 93,8 %, âge médian 48 [38 ;56] ans) ont été analysés. La survenue d’un zona était documentée chez 30 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->30/224, 13,4 %) patients. Aucun des patients n’avait été vacciné contre le VZV. Le délai médian entre le diagnostic de LS et la survenue du zona était de 4 [1 ;17] ans, 33,3 % des patients ayant développé un zona dans les 2 ans suivant le diagnostic de LS. Des complications du zona sont survenues dans 13 cas (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->13/30, 43,3 %), incluant des atteintes oculaires (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2) ou neurologiques (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), une dissémination cutanée (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->6) et des névralgies post-zostériennes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->3). Le zona a nécessité la prescription d’antiviraux par voie orale ou intraveineuse chez 21 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->21/30, 70 %) patients et a été un motif d’hospitalisation dans 11 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11/30, 36,7 %) cas. L’analyse univariée a montré que le taux de gammaglobulines (OR 0,81, 95 % CI 0,70–0,92), la durée de la corticothérapie (OR 1,07, 95 % CI 1,03–1,11), les traitements immunosuppresseurs (IS) (OR 2,41, 95 % CI 1,06–6,05), la durée du traitement IS (OR 1,05, 95 % CI 1,00–1,09) et les biothérapies (OR 3,50, 95 % CI 1,53–7,93) étaient associés au risque de zona. En analyse multivariée incluant ces 5 covariables, seul le taux de gammaglobulines (OR 0,86, 95 % CI 0,74–0,98) était associé de manière indépendante au risque de zona. La courbe ROC pour les taux de gammaglobulines montrait une association significative avec la survenue d’un zona (AUC<!--> <!-->=<!--> <!-->0,71 [0,59–0,82]), avec un seuil de gammaglobulines de 10,3<!--> <!-->g/L fournissant la meilleure discrimination entre les patients LS ayant ou n’ayant pas présenté un zona.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Dans notre cohorte, près de 15 % des patients ayant un lupus systémique ont présenté un zona. Un taux réduit de gammaglobulines sériques – ","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A343"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594762","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.020
A. Albaladejo , E. Dumontet , M. Souffez , A. Ballerie , A. Lescoat
Introduction
Le syndrome des antiphospholipides (SAPL) reste difficile à caractériser biologiquement, notamment en présence d’anticoagulants qui limitent l’interprétation de l’anticoagulant circulant lupique (ACC). Les anticorps anti-phosphatidylsérine/prothrombine (aPS/PT) sont proposés comme marqueurs complémentaires, mais leur utilité clinique n’est pas clairement définie.
Matériels et méthodes
Nous avons inclus 150 patients porteurs d’un critère biologique du SAPL, 81 patients thrombotiques sans critère biologique et 82 donneurs sains. Les aPS/PT IgG/IgM ont été dosés par ELISA; les seuils de positivité ont été déterminés sur la population témoin (99e percentile) et comparés aux seuils fabricants. Les associations cliniques ont été étudiées selon les critères ACR–EULAR 2023 et la persistance de l’ACC.
Résultats
Dans la cohorte aPL+, la positivité aPS/PT était associée à la survenue d’événements cliniques (IgG : 37,5 % vs 13,9 %, OR 3,7 ; IgM : 41,7 % vs 20,8 %, OR 2,7). L’association était particulièrement forte avec la thrombose artérielle (IgG OR 4,4, p < 0,01). Il n’y avait pas d’association significative avec les thromboses veineuses. Les patients présentant un ACC persistant avaient des taux significativement plus élevés d’aPS/PT, avec une forte association (IgG OR 6,9 ; IgM OR 10,3). Trois cas de SAPL catastrophique ont été inclus: ils étaient associés à des titres élevés d’aPS/PT alors que les anticorps conventionnels n’étaient pas augmentés.
Discussion
Les aPS/PT pourraient représenter un outil simple et reproductible pour affiner la stratification du risque dans le SAPL, en particulier lorsque l’ACC est difficile à interpréter sous anticoagulants. Leur intégration potentielle dans l’évaluation biologique du SAPL soulève la question d’une révision future des critères, aux côtés des anticorps conventionnels. Des études multicentriques, prospectives et longitudinales sont indispensables pour préciser leur valeur pronostique et guider leur utilisation clinique.
Conclusion
Cette étude souligne l’association robuste entre aPS/PT, thrombose artérielle et ACC persistant. Les aPS/PT apparaissent comme un marqueur spécifique du SAPL, utile dans les contextes où les tests conventionnels sont limités et pouvant contribuer à identifier les profils à haut risque.
IntroductionLe antiphospholipides综合征(SAPL)在生物学上仍然难以描述,尤其是当着d’anticoagulants那些限制流通的主要解释lupique (ACC)。anti-phosphatidylsérine凝(pan / PT)抗体标记被提议的补充,但没有明确的临床实用性。硬件和méthodesNous包含了150名患者SAPL thrombotiques 81个病人,第一个有机的标准不标准的生物健康和82名捐献者。用ELISA测定PS/PT IgG/IgM;在对照人群(第99百分位)中确定阳性阈值,并与制造商阈值进行比较。标准协会临床研究了rca—2023 EULAR jsb和持久性。结果在aPL+队列中,aPS/PT阳性与临床事件发生相关(IgG: 37.5% vs 13.9%, OR 3.7; IgM: 41.7% vs 20.8%, OR 2.7)。协会与动脉血栓形成是尤其严重(黄金440页、IgG < 0.01)。与静脉血栓形成无显著关联。持续性CCA患者的PSL /PT水平显著较高,且关联较强(IgG OR 6.9; IgM OR 10.3)。SAPL三个案例还包括了灾难性的:他们是准高职称的psa / PT条约而抗体并未增加。DiscussionLes aPS / PT可能成为一个简单的工具和SAPL中复制来完善风险分层的,尤其是当jsb抗凝血剂下难以解释。SAPL有机融入在评估潜在的问题是未来的审查标准的一道传统抗体。纵向和前瞻性多中心研究,对于澄清其临床预后价值,并指导其使用。结论:本研究强调了APS /PT、动脉血栓形成和持续性冠心病之间的强大联系。PS/PT作为一种特定的SAPL标记出现,在常规检测有限的情况下很有用,并可能有助于识别高风险概况。
{"title":"Valeurs pronostiques des anti-phosphatidyl Sérine/Prothrombine sur la cohorte des malades porteurs d’un critère biologique de SAPL","authors":"A. Albaladejo , E. Dumontet , M. Souffez , A. Ballerie , A. Lescoat","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.020","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.020","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome des antiphospholipides (SAPL) reste difficile à caractériser biologiquement, notamment en présence d’anticoagulants qui limitent l’interprétation de l’anticoagulant circulant lupique (ACC). Les anticorps anti-phosphatidylsérine/prothrombine (aPS/PT) sont proposés comme marqueurs complémentaires, mais leur utilité clinique n’est pas clairement définie.</div></div><div><h3>Matériels et méthodes</h3><div>Nous avons inclus 150 patients porteurs d’un critère biologique du SAPL, 81 patients thrombotiques sans critère biologique et 82 donneurs sains. Les aPS/PT IgG/IgM ont été dosés par ELISA; les seuils de positivité ont été déterminés sur la population témoin (99<sup>e</sup> percentile) et comparés aux seuils fabricants. Les associations cliniques ont été étudiées selon les critères ACR–EULAR 2023 et la persistance de l’ACC.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dans la cohorte aPL+, la positivité aPS/PT était associée à la survenue d’événements cliniques (IgG : 37,5 % vs 13,9 %, OR 3,7 ; IgM : 41,7 % vs 20,8 %, OR 2,7). L’association était particulièrement forte avec la thrombose artérielle (IgG OR 4,4, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01). Il n’y avait pas d’association significative avec les thromboses veineuses. Les patients présentant un ACC persistant avaient des taux significativement plus élevés d’aPS/PT, avec une forte association (IgG OR 6,9 ; IgM OR 10,3). Trois cas de SAPL catastrophique ont été inclus: ils étaient associés à des titres élevés d’aPS/PT alors que les anticorps conventionnels n’étaient pas augmentés.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Les aPS/PT pourraient représenter un outil simple et reproductible pour affiner la stratification du risque dans le SAPL, en particulier lorsque l’ACC est difficile à interpréter sous anticoagulants. Leur intégration potentielle dans l’évaluation biologique du SAPL soulève la question d’une révision future des critères, aux côtés des anticorps conventionnels. Des études multicentriques, prospectives et longitudinales sont indispensables pour préciser leur valeur pronostique et guider leur utilisation clinique.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cette étude souligne l’association robuste entre aPS/PT, thrombose artérielle et ACC persistant. Les aPS/PT apparaissent comme un marqueur spécifique du SAPL, utile dans les contextes où les tests conventionnels sont limités et pouvant contribuer à identifier les profils à haut risque.</div></div>","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A348"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594763","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.017
C. Doutriaux , A. Chambost , M. Rabeyrin , Q. Reynaud , M. Robert , F. Guebre-Egziabher , P. Sève , L. Koppe , L. Pérard , L. Trefond , A. Hot , T. Barba
<div><h3>Introduction</h3><div>Les glomérulonéphrites proliférantes constituent les complications les plus sévères du lupus érythémateux systémique, affectant 40 % des patients lupiques et représentant la principale cause de morbi-mortalité de cette pathologie. Ces formes prolifératives nécessitent des traitements immunosuppresseurs agressifs (mycophénolate mofétil, cyclophosphamide, rituximab…) dont les taux de succès varient entre 50 et 70 % selon les études. Il demeure à ce jour impossible de prédire le succès thérapeutique du traitement d’induction standard, exposant certains patients aux complications des immunosuppresseurs sans réel bénéfice thérapeutique. L’objectif de ce travail était d’identifier les paramètres cliniques et biologiques initiaux associés à la réponse thérapeutique complète au moment du diagnostic de glomérulonéphrite proliférante.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Une étude rétrospective monocentrique a été conduite sur une cohorte de patients adultes ayant présenté une glomérulonéphrite lupique classe III ou IV selon la classification ISN/RPS, pris en charge dans notre CHU entre 2006 et 2023. Les paramètres cliniques, biologiques et thérapeutiques au moment de la biopsie rénale ont été recueillis. Le critère de jugement principal était la réponse thérapeutique complète à 12 mois définie selon les critères EULAR (protéinurie <<!--> <!-->0,5<!--> <!-->g/24<!--> <!-->h, fonction rénale stabilisée, sédiment urinaire négatif). Des analyses de régression logistique univariée et multivariée ont été réalisées. Un modèle de machine learning de type random forest a été développé pour prédire la réponse thérapeutique complète à partir des données (70 % entraînement, 30 % validation).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>186 patients ont été inclus (âge médian 34 ans, 84 % de femmes [<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->156], répartition égale classes III [<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->93] et IV [<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->93]). Les traitements d’induction étaient le mycophénolate mofétil (45 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->83), le cyclophosphamide (38 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->71), le rituximab (9 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->16) et autres immunosuppresseurs (8 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->16). Le taux global de réponse thérapeutique complète était de 61 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->114). L’analyse de régression logistique multivariée conventionnelle n’a identifié aucune variable indépendamment associée à la réponse thérapeutique. Le modèle de machine learning a démontré des performances satisfaisantes pour prédire la réponse complète (AUROC<!--> <!-->=<!--> <!-->0,76 en validation interne). L’analyse de l’importance des variables a identifié la créatininémie initiale, les taux de complément C3 et C4, la protéinurie standardisée et l’âge comme paramètres prédictifs principaux. Un score clinique simplifié (“LUPRED”) à 5 paramètres a été développé, attribuant 1 point pour chaque facteur de mauvais pronostic : âge
{"title":"Facteurs prédictifs de réponse thérapeutique dans les glomérulonéphrites proliférantes","authors":"C. Doutriaux , A. Chambost , M. Rabeyrin , Q. Reynaud , M. Robert , F. Guebre-Egziabher , P. Sève , L. Koppe , L. Pérard , L. Trefond , A. Hot , T. Barba","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.017","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.017","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les glomérulonéphrites proliférantes constituent les complications les plus sévères du lupus érythémateux systémique, affectant 40 % des patients lupiques et représentant la principale cause de morbi-mortalité de cette pathologie. Ces formes prolifératives nécessitent des traitements immunosuppresseurs agressifs (mycophénolate mofétil, cyclophosphamide, rituximab…) dont les taux de succès varient entre 50 et 70 % selon les études. Il demeure à ce jour impossible de prédire le succès thérapeutique du traitement d’induction standard, exposant certains patients aux complications des immunosuppresseurs sans réel bénéfice thérapeutique. L’objectif de ce travail était d’identifier les paramètres cliniques et biologiques initiaux associés à la réponse thérapeutique complète au moment du diagnostic de glomérulonéphrite proliférante.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Une étude rétrospective monocentrique a été conduite sur une cohorte de patients adultes ayant présenté une glomérulonéphrite lupique classe III ou IV selon la classification ISN/RPS, pris en charge dans notre CHU entre 2006 et 2023. Les paramètres cliniques, biologiques et thérapeutiques au moment de la biopsie rénale ont été recueillis. Le critère de jugement principal était la réponse thérapeutique complète à 12 mois définie selon les critères EULAR (protéinurie <<!--> <!-->0,5<!--> <!-->g/24<!--> <!-->h, fonction rénale stabilisée, sédiment urinaire négatif). Des analyses de régression logistique univariée et multivariée ont été réalisées. Un modèle de machine learning de type random forest a été développé pour prédire la réponse thérapeutique complète à partir des données (70 % entraînement, 30 % validation).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>186 patients ont été inclus (âge médian 34 ans, 84 % de femmes [<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->156], répartition égale classes III [<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->93] et IV [<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->93]). Les traitements d’induction étaient le mycophénolate mofétil (45 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->83), le cyclophosphamide (38 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->71), le rituximab (9 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->16) et autres immunosuppresseurs (8 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->16). Le taux global de réponse thérapeutique complète était de 61 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->114). L’analyse de régression logistique multivariée conventionnelle n’a identifié aucune variable indépendamment associée à la réponse thérapeutique. Le modèle de machine learning a démontré des performances satisfaisantes pour prédire la réponse complète (AUROC<!--> <!-->=<!--> <!-->0,76 en validation interne). L’analyse de l’importance des variables a identifié la créatininémie initiale, les taux de complément C3 et C4, la protéinurie standardisée et l’âge comme paramètres prédictifs principaux. Un score clinique simplifié (“LUPRED”) à 5 paramètres a été développé, attribuant 1 point pour chaque facteur de mauvais pronostic : âge","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A345-A346"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594768","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.028
T. Bourny , F. Roca , C. Marchand , Y. Benhamou , S. Miranda
<div><h3>Introduction</h3><div>La maladie thromboembolique veineuse (MTEV), regroupant la thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire, constitue une complication nosocomiale fréquente, potentiellement grave et évitable chez les patients hospitalisés pour affection médicale aiguë. En France, les recommandations en vigueur (AFSSAPS 2009) proposaient une thromboprophylaxie quasi-systématique par héparine de bas poids moléculaire (HBPM). Cette stratégie, non individualisée, expose à un risque de surprescription, avec des conséquences médicales, économiques et écologiques. Les risques hémorragique et thrombotique peuvent être estimés par des scores cliniques validés, tels que les scores IMPROVE et IMPROVE Bleeding. Les recommandations américaines sont en faveur de l’utilisation de ces scores pour guider les prescriptions de thromboprophylaxie.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Nous avons conduit une étude rétrospective monocentrique dans le service de médecine interne du CHU de Rouen. Les patients inclus étaient les patients majeurs hospitalisés entre le 1er mars et le 31 mars 2024 pour une affection médicale aiguë. Les patients hospitalisés moins de 72<!--> <!-->heures de façon programmée ou recevant une anticoagulation curative ont été exclus. Les scores IMPROVE et IMPROVE bleeding ont été calculés a posteriori. L’algorithme de prescription était le suivant: les patients avec un score de risque hémorragique élevé (IMPROVE bleeding ><!--> <!-->7 étaient considérés non éligibles à une prévention) puis les patients restants qui avaient un score de risque thrombotique élevé (IMPROVE<!--> <!-->><!--> <!-->4) étaient considérés comme éligible à une prévention par HBPM. Le critère de jugement principal était la différence entre le nombre de patients qui ont reçu une anticoagulation préventive et le nombre de patients qui aurait dû recevoir une anticoagulation selon un l’algorithme. Les impacts économiques (coût des seringues) et environnementaux (émissions de CO<sub>2</sub>) ont également été estimés</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur 167 patients hospitalisés pendant cette période, 99 dossiers ont été retenus pour l’analyse. La durée moyenne de séjour était de 10<!--> <!-->±<!--> <!-->6,3<!--> <!-->jours. Une thromboprophylaxie a été administrée chez 79 patients (79,8 %). L’application du modèle théorique aurait conduit à prescrire une HBPM à 46 patients. Ainsi, 33 prescriptions (33,3 %) étaient potentiellement évitables (test exact de Fisher <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0112). Cela représente une économie possible de 292 injections d’enoxaparine 4000unités, soit une économie estimée de 233,60€ et de 489<!--> <!-->kg d’émission d’équivalent CO<sub>2</sub>.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Le caractère rétrospectif du calcul des scores dans notre étude limite la précision et la généralisaiton de nos résultats Cependant, les résultats de notre étude sont concordants avec ceux des études de la littérature avec un
{"title":"Évaluation de l’impact des scores d’aide à la prescription dethromboprophylaxie en milieu médical: etude rétrospective monocentrique","authors":"T. Bourny , F. Roca , C. Marchand , Y. Benhamou , S. Miranda","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.028","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.028","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La maladie thromboembolique veineuse (MTEV), regroupant la thrombose veineuse profonde et l’embolie pulmonaire, constitue une complication nosocomiale fréquente, potentiellement grave et évitable chez les patients hospitalisés pour affection médicale aiguë. En France, les recommandations en vigueur (AFSSAPS 2009) proposaient une thromboprophylaxie quasi-systématique par héparine de bas poids moléculaire (HBPM). Cette stratégie, non individualisée, expose à un risque de surprescription, avec des conséquences médicales, économiques et écologiques. Les risques hémorragique et thrombotique peuvent être estimés par des scores cliniques validés, tels que les scores IMPROVE et IMPROVE Bleeding. Les recommandations américaines sont en faveur de l’utilisation de ces scores pour guider les prescriptions de thromboprophylaxie.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>Nous avons conduit une étude rétrospective monocentrique dans le service de médecine interne du CHU de Rouen. Les patients inclus étaient les patients majeurs hospitalisés entre le 1er mars et le 31 mars 2024 pour une affection médicale aiguë. Les patients hospitalisés moins de 72<!--> <!-->heures de façon programmée ou recevant une anticoagulation curative ont été exclus. Les scores IMPROVE et IMPROVE bleeding ont été calculés a posteriori. L’algorithme de prescription était le suivant: les patients avec un score de risque hémorragique élevé (IMPROVE bleeding ><!--> <!-->7 étaient considérés non éligibles à une prévention) puis les patients restants qui avaient un score de risque thrombotique élevé (IMPROVE<!--> <!-->><!--> <!-->4) étaient considérés comme éligible à une prévention par HBPM. Le critère de jugement principal était la différence entre le nombre de patients qui ont reçu une anticoagulation préventive et le nombre de patients qui aurait dû recevoir une anticoagulation selon un l’algorithme. Les impacts économiques (coût des seringues) et environnementaux (émissions de CO<sub>2</sub>) ont également été estimés</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur 167 patients hospitalisés pendant cette période, 99 dossiers ont été retenus pour l’analyse. La durée moyenne de séjour était de 10<!--> <!-->±<!--> <!-->6,3<!--> <!-->jours. Une thromboprophylaxie a été administrée chez 79 patients (79,8 %). L’application du modèle théorique aurait conduit à prescrire une HBPM à 46 patients. Ainsi, 33 prescriptions (33,3 %) étaient potentiellement évitables (test exact de Fisher <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0112). Cela représente une économie possible de 292 injections d’enoxaparine 4000unités, soit une économie estimée de 233,60€ et de 489<!--> <!-->kg d’émission d’équivalent CO<sub>2</sub>.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Le caractère rétrospectif du calcul des scores dans notre étude limite la précision et la généralisaiton de nos résultats Cependant, les résultats de notre étude sont concordants avec ceux des études de la littérature avec un","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Page A353"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594769","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-25DOI: 10.1016/j.revmed.2025.10.103
P.L. Cariou , T. Ben Salem , V. Poindron , M. Ebbo , M. Mahevas , A. Néel , R. Borie , R. Lhote , A. Mathian , M. Hie , J. Haroche , A. Bissery , S. Lebbah , Z. Amoura , C. Estellat , F. Cohen Aubart
<div><h3>Introduction</h3><div>La sarcoïdose est une maladie granulomateuse systémique touchant les adultes jeunes. Les localisations extra-thoraciques sont présentes chez la moitié des patients. Dans les formes extra-thoraciques sévères, le traitement repose sur l’utilisation de corticoïdes, parfois associés à des immunosuppresseurs. L’infliximab, anticorps monoclonal anti-TNFα, a été étudié dans les atteintes pulmonaires et cutanées. Son intérêt dans les atteintes extrathoraciques est suggéré par des études rétrospectives ou prospectives non randomisées.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>L’essai EFIRTES est un essai multicentrique randomisé contrôlé de phase 3. Durant la première phase, en double aveugle, l’infliximab 5<!--> <!-->mg/kg ou le placebo étaient administrés en intraveineux (1 perfusion répétée 2 semaines plus tard). À 6 semaines, après mesure du critère principal tous les patients recevaient ensuite l’infliximab 5<!--> <!-->mg/kg pour un total de 5 perfusions. Les patients inclus présentaient une sarcoïdose histologiquement documentée avec au moins une atteinte extra-thoracique sévère ou en rechute malgré un traitement immunosuppresseur de première ligne. Le critère de jugement principal était la rémission complète à 6 semaines, définie par un score de sévérité extra-pulmonaire (ePOST) <<!--> <!-->1 dans tous les organes et l’absence d’hypercalcémie, quelle que soit la dose de corticoïdes. Les critères secondaires incluaient la rémission après 5 injections, la sécurité, l’évolution de la qualité de vie (composante mentale et composante physique) et de la fatigue (FAS).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Trente patients ont été randomisés (14 infliximab, 16 placebo). L’âge moyen était de 50 ans [Q1–Q3 : 41–60], avec 70 % d’hommes. Les principales atteintes extra-thoraciques concernaient le système nerveux central (43 %), la peau (40 %), le cœur (33 %), l’œil (30 %) et le foie (20 %). Le score ePOST médian était de 8 [7–12] dans le groupe infliximab et 7 [5–14] dans le groupe placebo. À l’inclusion, 9 patients du bras infliximab (64 %) recevaient des corticoïdes, avec une dose médiane de 20<!--> <!-->mg/jour [10–40], et 8 (57 %) étaient traités par méthotrexate. Dans le bras placebo, 12 patients (75 %) étaient sous corticoïdes à la dose médiane de 12<!--> <!-->mg/jour [6–32], et 5 (31 %) recevaient du méthotrexate. À 6 semaines, aucun patient du groupe infliximab n’était en rémission complète, et 1 patient (6 %) du groupe placebo (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->1). La variation médiane du score ePOST (analyse post-hoc) était significativement plus importante sous infliximab (−5,5 [−7,8 ; −2,5]) que sous placebo (0 [−2,5 ; 0,2]) (p<!--> <!--><<!--> <!-->0,001). Aucune différence significative n’était observée sur l’évolution de la qualité de vie (4,0 [−0,6 ; 5,0] vs 0,6 [−2,0 ; 2,1], <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,08, pour la composante physique et 2,1 [−1,9 ; 3,5] vs 1,0 [−1,9 ; 2,9], <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->
{"title":"Efficacité de l’infliximab dans la sarcoïdose extra-thoracique sévère : un essai contrôlé randomisé de phase 3 (EFIRTES)","authors":"P.L. Cariou , T. Ben Salem , V. Poindron , M. Ebbo , M. Mahevas , A. Néel , R. Borie , R. Lhote , A. Mathian , M. Hie , J. Haroche , A. Bissery , S. Lebbah , Z. Amoura , C. Estellat , F. Cohen Aubart","doi":"10.1016/j.revmed.2025.10.103","DOIUrl":"10.1016/j.revmed.2025.10.103","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La sarcoïdose est une maladie granulomateuse systémique touchant les adultes jeunes. Les localisations extra-thoraciques sont présentes chez la moitié des patients. Dans les formes extra-thoraciques sévères, le traitement repose sur l’utilisation de corticoïdes, parfois associés à des immunosuppresseurs. L’infliximab, anticorps monoclonal anti-TNFα, a été étudié dans les atteintes pulmonaires et cutanées. Son intérêt dans les atteintes extrathoraciques est suggéré par des études rétrospectives ou prospectives non randomisées.</div></div><div><h3>Patients et méthodes</h3><div>L’essai EFIRTES est un essai multicentrique randomisé contrôlé de phase 3. Durant la première phase, en double aveugle, l’infliximab 5<!--> <!-->mg/kg ou le placebo étaient administrés en intraveineux (1 perfusion répétée 2 semaines plus tard). À 6 semaines, après mesure du critère principal tous les patients recevaient ensuite l’infliximab 5<!--> <!-->mg/kg pour un total de 5 perfusions. Les patients inclus présentaient une sarcoïdose histologiquement documentée avec au moins une atteinte extra-thoracique sévère ou en rechute malgré un traitement immunosuppresseur de première ligne. Le critère de jugement principal était la rémission complète à 6 semaines, définie par un score de sévérité extra-pulmonaire (ePOST) <<!--> <!-->1 dans tous les organes et l’absence d’hypercalcémie, quelle que soit la dose de corticoïdes. Les critères secondaires incluaient la rémission après 5 injections, la sécurité, l’évolution de la qualité de vie (composante mentale et composante physique) et de la fatigue (FAS).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Trente patients ont été randomisés (14 infliximab, 16 placebo). L’âge moyen était de 50 ans [Q1–Q3 : 41–60], avec 70 % d’hommes. Les principales atteintes extra-thoraciques concernaient le système nerveux central (43 %), la peau (40 %), le cœur (33 %), l’œil (30 %) et le foie (20 %). Le score ePOST médian était de 8 [7–12] dans le groupe infliximab et 7 [5–14] dans le groupe placebo. À l’inclusion, 9 patients du bras infliximab (64 %) recevaient des corticoïdes, avec une dose médiane de 20<!--> <!-->mg/jour [10–40], et 8 (57 %) étaient traités par méthotrexate. Dans le bras placebo, 12 patients (75 %) étaient sous corticoïdes à la dose médiane de 12<!--> <!-->mg/jour [6–32], et 5 (31 %) recevaient du méthotrexate. À 6 semaines, aucun patient du groupe infliximab n’était en rémission complète, et 1 patient (6 %) du groupe placebo (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->1). La variation médiane du score ePOST (analyse post-hoc) était significativement plus importante sous infliximab (−5,5 [−7,8 ; −2,5]) que sous placebo (0 [−2,5 ; 0,2]) (p<!--> <!--><<!--> <!-->0,001). Aucune différence significative n’était observée sur l’évolution de la qualité de vie (4,0 [−0,6 ; 5,0] vs 0,6 [−2,0 ; 2,1], <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,08, pour la composante physique et 2,1 [−1,9 ; 3,5] vs 1,0 [−1,9 ; 2,9], <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->","PeriodicalId":54458,"journal":{"name":"Revue De Medecine Interne","volume":"46 ","pages":"Pages A409-A410"},"PeriodicalIF":0.9,"publicationDate":"2025-11-25","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145594887","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":4,"RegionCategory":"医学","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}