Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.007
A. Van den Broeck, J. Moens, J. Van Baelen, J. Willekens, B. Claes, P. De Cock, C. Smet
<div><h3>Objectif</h3><div>Le centre antipoisons belge est une organisation indépendante avec le statut de fondation royale d’utilité publique. L’équipe de la permanence, composée de médecins et pharmaciens, répond aux appels téléphoniques 24/7 pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg (GDL). D’autres activités sont : la délivrance rapide des antidotes, la gestion de la documentation scientifique, la pharmaco-toxicovigilance. En plus, le Centre est désigné par l’ECHA pour les notifications de produits dangereux en Belgique et au GDL. L’objectif de cette présentation est de décrire l’activité du Centre antipoisons Belge en 2024 et l’évolution depuis 2019.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les données du centre antipoisons ont été étudiées depuis 2019.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les chiffres clefs de 2024 montrent un total de 63 925 appels dont 6531 appels non classiques (demandes d’information) dont 400 courriels, et 57 394 appels classiques (exposition) représentant 58 856 victimes (7836 animaux [6283 chiens, 1302 chats]). Parmi les 51 020 exposés humains, 20 503 étaient des enfants de moins de 14 ans et 28 687 des adultes de plus de 14 ans. Les agents en cause pour ces patients humains étaient des médicaments et autres dispositifs médicaux pour 23 410, des produits chimiques pour 10 977, des produits cosmétiques, denrées alimentaires, tabac et autres produits à usage courant pour 9044, des organismes vivants pour 3296 et des biocides et phytosanitaires pour 2750. Les faits marquants en 2024 étaient les suivants : les expositions réelles ont atteint un record, tandis que les demandes d’information ont diminué. Les appels pour animaux ont progressé (+8,8 % vs 2023, +82,5 % vs 2019). Les médicaments restent la première cause d’appels (+3,7 % vs 2023, +9 % vs 2019), avec le paracétamol en tête (2602 appels – 2609 victimes, +13,9 % vs 2023, +29,7 % vs 2019). Particulièrement préoccupant est que la moitié des victimes de surdosage en paracétamol sont des enfants de <<!--> <!-->15 ans. Aussi les antidépresseurs sont en forte progression (2046 appels – 2061 victimes, +3,3 % vs 2023, +17,9 % vs 2019). Les produits chimiques occupent la deuxième place, bien que leur nombre ait légèrement diminué (−0,5 % vs 2023, +3,9 % vs 2019). Les produits de nettoyage et d’entretien sont les plus souvent impliqués (4330 appels). L’eau de Javel est le produit le plus signalé (1032 appels). La catégorie de l’alimentation a également connu une hausse notable (4990 appels – 5245 victimes, +2,8 % vs 2023, +37,5 % vs 2019). Particulièrement, les compléments alimentaires ont retenu l’attention, (1284 appels – 1339 victimes, +14,4 % vs 2023, +49,9 % vs 2019). Cette tendance s’explique en partie par la croissance du marché des compléments alimentaires depuis la crise sanitaire de 2020, une perception erronée de leur innocuité et les emballages et formes attractives aux enfants. Une autre tendance inquiétante est l’augmentation des appels liés à des tent
比利时毒物中心是一个独立的组织,具有皇家慈善基金会的地位。由医生和药剂师组成的常驻团队24小时接听比利时和卢森堡大公国(GDL)的电话。其他活动包括:快速分发解毒剂、管理科学文件和药物毒性监测。此外,ECHA指定该中心负责比利时和GDL的危险产品通知。本报告的目的是描述比利时反毒中心在2024年的活动以及自2019年以来的发展。自2019年以来,对毒物中心的数据进行了分析。2024年的关键数据显示,共有63925个电话,其中6531个是非典型电话(信息要求),包括400个电子邮件,57394个典型电话(展览),代表58856名受害者(7836只动物[6283只狗,1302只猫])。51 - 020当中展出503人,20人14岁以下儿童和28 687名14岁以上的成年人。有关官员对于这些人类病人的药物和其他医疗器械为23 - 410、化学品10 977、化妆品、食品、烟草及其他产品则使用电流为3296 9044,机体为2750和杀菌剂和植物。2024年的关键事件是:实际曝光量创历史新高,而对信息的需求下降。宠物电话增加(+ 8.8%比2023年,+ 82.5%比2019年)。药物仍然是电话的主要原因(与2023年相比+ 3.7%,与2019年相比+ 9%),其中扑热息痛是最主要的原因(2602个电话- 2609名受害者,与2023年相比+ 13.9%,与2019年相比+ 29.7%)。尤其令人担忧的是,过量服用扑热息痛的受害者中有一半是15岁以下的儿童,抗抑郁药物的使用也在急剧增加(2046个电话——2061个受害者,比2023年增加3.3%,比2019年增加17.9%)。化学品排名第二,尽管其数量略有下降(与2023年相比- 0.5%,与2019年相比+ 3.9%)。其中最常见的是清洁和维护产品(4330个电话)。漂白剂是报告最多的产品(1032个电话)。该类食物亦大幅上涨(4990通话—5245受害者vs + 2.8%, 2023年、2019)+ vs 37.5%。尤其引起了膳食补充剂、通话(1284—1339受害者+ vs 2023年的14.4%、2019)+ vs 49.9%。这一趋势的部分原因是自2020年健康危机以来食品补充剂市场的增长,对其安全性的错误看法,以及对儿童有吸引力的包装和形状。另一个令人担忧的趋势是与自杀企图有关的电话增加(5016个电话- 5021名受害者,比2023年增加10%,比2019年增加5.3%),主要是与药物有关的电话(4489个)。2024年,该中心向比利时医院运送了39批用于治疗急性中毒的解毒剂(比2019年增加62%)。72.4%的电话来自公众(受害者家属和受害者本人),21.0%来自卫生专业人员。结论:2024年的数据确认了该中心在管理毒理学和药理学问题方面的基本作用,从而有助于减轻卫生保健系统的压力。观察到的趋势强调了不断调整组织以有效应对未来挑战的重要性,同时尊重预算限制。
{"title":"Les intoxications au centre antipoisons belge en 2024 : chiffres et tendances","authors":"A. Van den Broeck, J. Moens, J. Van Baelen, J. Willekens, B. Claes, P. De Cock, C. Smet","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.007","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.007","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Le centre antipoisons belge est une organisation indépendante avec le statut de fondation royale d’utilité publique. L’équipe de la permanence, composée de médecins et pharmaciens, répond aux appels téléphoniques 24/7 pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg (GDL). D’autres activités sont : la délivrance rapide des antidotes, la gestion de la documentation scientifique, la pharmaco-toxicovigilance. En plus, le Centre est désigné par l’ECHA pour les notifications de produits dangereux en Belgique et au GDL. L’objectif de cette présentation est de décrire l’activité du Centre antipoisons Belge en 2024 et l’évolution depuis 2019.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les données du centre antipoisons ont été étudiées depuis 2019.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les chiffres clefs de 2024 montrent un total de 63 925 appels dont 6531 appels non classiques (demandes d’information) dont 400 courriels, et 57 394 appels classiques (exposition) représentant 58 856 victimes (7836 animaux [6283 chiens, 1302 chats]). Parmi les 51 020 exposés humains, 20 503 étaient des enfants de moins de 14 ans et 28 687 des adultes de plus de 14 ans. Les agents en cause pour ces patients humains étaient des médicaments et autres dispositifs médicaux pour 23 410, des produits chimiques pour 10 977, des produits cosmétiques, denrées alimentaires, tabac et autres produits à usage courant pour 9044, des organismes vivants pour 3296 et des biocides et phytosanitaires pour 2750. Les faits marquants en 2024 étaient les suivants : les expositions réelles ont atteint un record, tandis que les demandes d’information ont diminué. Les appels pour animaux ont progressé (+8,8 % vs 2023, +82,5 % vs 2019). Les médicaments restent la première cause d’appels (+3,7 % vs 2023, +9 % vs 2019), avec le paracétamol en tête (2602 appels – 2609 victimes, +13,9 % vs 2023, +29,7 % vs 2019). Particulièrement préoccupant est que la moitié des victimes de surdosage en paracétamol sont des enfants de <<!--> <!-->15 ans. Aussi les antidépresseurs sont en forte progression (2046 appels – 2061 victimes, +3,3 % vs 2023, +17,9 % vs 2019). Les produits chimiques occupent la deuxième place, bien que leur nombre ait légèrement diminué (−0,5 % vs 2023, +3,9 % vs 2019). Les produits de nettoyage et d’entretien sont les plus souvent impliqués (4330 appels). L’eau de Javel est le produit le plus signalé (1032 appels). La catégorie de l’alimentation a également connu une hausse notable (4990 appels – 5245 victimes, +2,8 % vs 2023, +37,5 % vs 2019). Particulièrement, les compléments alimentaires ont retenu l’attention, (1284 appels – 1339 victimes, +14,4 % vs 2023, +49,9 % vs 2019). Cette tendance s’explique en partie par la croissance du marché des compléments alimentaires depuis la crise sanitaire de 2020, une perception erronée de leur innocuité et les emballages et formes attractives aux enfants. Une autre tendance inquiétante est l’augmentation des appels liés à des tent","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S84-S85"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366154","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.019
M. Labadie, C. Bragança, C. Paradis
<div><h3>Objectif</h3><div>En France, l’exposition chronique d’une population à une pollution environnementale telle que des sols pollués est une occurrence qui est fréquente <span><span>[1]</span></span>. Il existe de nombreux exemples dans la presse, et de nombreux dossiers de patients dans les différents services de santé qui s’occupent de cette problématique, notamment l’Agence régionale de santé (ARS), le centre de consultation de pathologie professionnelle et environnementale (CPPE) et les centres antipoison (CAP). Ces expositions concernent le plus souvent une population de plusieurs centaines de personnes, voire plusieurs milliers. Lorsque ces personnes apprennent leur exposition à un sol pollué, elles ressentent un stress très important, parfois pourvoyeur de symptômes et s’interrogent sur les risques pour leur santé, déjà pris et à venir si l’exposition est maintenue. Elles s’interrogent aussi sur l’imputabilité des maladies dont elles sont atteintes avec l’exposition dont elles ont eu connaissance. De plus, lorsqu’il survient des symptômes nouveaux, ou des maladies nouvelles, les personnes exposées ont recours au système de soin pour une prise en charge, parfois même en urgence, parce que les symptômes sont importants et/ou graves, ou parce qu’elles ont l’impression que personne ne prend en compte leur situation, et elles font le lien, à tort ou à raison, avec leur exposition à ce sol pollué. Dans ces cas où il existe une urgence ressentie ou réelle, les patients ont souvent recours aux services d’urgence que sont les centres 15, les services d’urgence, et les CAP. L’objectif de cette présentation est de montrer la nécessaire collaboration entre le centre antipoison et les services d’urgences ou de régulation lorsqu’un patient sollicite l’un deux pour une exposition chronique à un sol pollué.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Une revue de la littérature dans les moteurs de recherche PubMed et Google Scholar avec les mots clefs « Pollued soils/contaminated soils » et « Human effects et/ou Emergency » et/ou « Emergency treatment » a été effectuée.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La revue de la littérature ne retrouve aucun article qui traite spécifiquement de la prise en charge globale des patients au moment de la révélation des faits, et des actions à mettre en œuvre lorsque ces patients consultent dans les services d’urgence et/ou font appel au 15 (en dehors des accidents aigus bien-sûr). Un seul article, ancien, traite de la réponse des institutions françaises mais seuls sont cités les centres antipoison, les centres 15 et les services d’urgence ne sont pas mentionnés <span><span>[2]</span></span>. Généralement, les centres antipoison sont informés par leur ARS, Santé publique France (SpF) et/ou par les communes concernées qui sont demandeuses d’explications, et/ou par les patients qui appellent spontanément et peuvent obtenir le détail de la nature de la pollution, les résultats des différents prélèvements environnementaux
{"title":"Sols pollués : quelle articulation entre l’urgentiste et le centre antipoison ?","authors":"M. Labadie, C. Bragança, C. Paradis","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.019","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.019","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>En France, l’exposition chronique d’une population à une pollution environnementale telle que des sols pollués est une occurrence qui est fréquente <span><span>[1]</span></span>. Il existe de nombreux exemples dans la presse, et de nombreux dossiers de patients dans les différents services de santé qui s’occupent de cette problématique, notamment l’Agence régionale de santé (ARS), le centre de consultation de pathologie professionnelle et environnementale (CPPE) et les centres antipoison (CAP). Ces expositions concernent le plus souvent une population de plusieurs centaines de personnes, voire plusieurs milliers. Lorsque ces personnes apprennent leur exposition à un sol pollué, elles ressentent un stress très important, parfois pourvoyeur de symptômes et s’interrogent sur les risques pour leur santé, déjà pris et à venir si l’exposition est maintenue. Elles s’interrogent aussi sur l’imputabilité des maladies dont elles sont atteintes avec l’exposition dont elles ont eu connaissance. De plus, lorsqu’il survient des symptômes nouveaux, ou des maladies nouvelles, les personnes exposées ont recours au système de soin pour une prise en charge, parfois même en urgence, parce que les symptômes sont importants et/ou graves, ou parce qu’elles ont l’impression que personne ne prend en compte leur situation, et elles font le lien, à tort ou à raison, avec leur exposition à ce sol pollué. Dans ces cas où il existe une urgence ressentie ou réelle, les patients ont souvent recours aux services d’urgence que sont les centres 15, les services d’urgence, et les CAP. L’objectif de cette présentation est de montrer la nécessaire collaboration entre le centre antipoison et les services d’urgences ou de régulation lorsqu’un patient sollicite l’un deux pour une exposition chronique à un sol pollué.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Une revue de la littérature dans les moteurs de recherche PubMed et Google Scholar avec les mots clefs « Pollued soils/contaminated soils » et « Human effects et/ou Emergency » et/ou « Emergency treatment » a été effectuée.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La revue de la littérature ne retrouve aucun article qui traite spécifiquement de la prise en charge globale des patients au moment de la révélation des faits, et des actions à mettre en œuvre lorsque ces patients consultent dans les services d’urgence et/ou font appel au 15 (en dehors des accidents aigus bien-sûr). Un seul article, ancien, traite de la réponse des institutions françaises mais seuls sont cités les centres antipoison, les centres 15 et les services d’urgence ne sont pas mentionnés <span><span>[2]</span></span>. Généralement, les centres antipoison sont informés par leur ARS, Santé publique France (SpF) et/ou par les communes concernées qui sont demandeuses d’explications, et/ou par les patients qui appellent spontanément et peuvent obtenir le détail de la nature de la pollution, les résultats des différents prélèvements environnementaux ","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S92"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366158","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.061
J. Langrand , W. Caré , E. Puskarczyk
<div><h3>Objectif</h3><div>Les sachets de nicotine (<em>nicotine pouches</em>) contiennent des fibres de polymères imprégnées de nicotine. Sur le marché européen depuis 2018 et sans réglementation dédiée, le nombre d’unités vendues ne cesse d’augmenter. Cette présence s’est traduite par une augmentation du nombre de cas d’expositions rapportés en France aux centres antipoison (CAP) entre 2017 et 2022, en particulier chez les adolescents ayant présenté parfois un syndrome nicotinique sévère <span><span>[1]</span></span>. L’objectif était de décrire l’évolution de ces occurrences entre 2023 et 2024.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude rétrospective des cas rapportés aux CAP entre le 1<sup>er</sup> janvier 2023 et le 31 décembre 2024, de toute personne ayant consommé volontairement ou accidentellement un sachet de nicotine ou du <em>snus</em> (sachet contenant du tabac broyé, consommé de la même manière qu’un sachet de nicotine avec lequel il peut être confondu).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les CAP ont reçu 90 appels en lien avec la consommation de sachets de nicotine et deux appels pour une consommation de <em>snus</em> : 29 cas en 2023 et 63 cas en 2024. Plus d’une personne sur deux était âgée de 12 à 17 ans (53,9 %, médiane 16 ans), avec une consommation majoritairement en milieu scolaire (64,6 %). Le sex-ratio (H/F) était de 3,4. Des signes cliniques étaient rapportés dans 70,7 % des cas. En se focalisant sur les mineurs, cette proportion passait à 86,2 %. Douze cas étaient de gravité moyenne (PSS2), concernaient des personnes âgées de moins de 20 ans, avec un syndrome nicotinique sévère nécessitant une prise en charge hospitalière. Pour huit d’entre eux, la consommation avait eu lieu dans un établissement scolaire. La méconnaissance du produit consommé était parfois rapportée : incitation par l’entourage amical ou par les réseaux sociaux dans le but de maintenir l’éveil ou d’améliorer les performances sportives.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les chiffres de 2023 et 2024 confirment les tendances précédemment observées : l’augmentation du nombre de cas rapportés (3 cas en 2020, 15 cas en 2021 et 27 cas en 2022), et le fait que les adolescents constituent la population la plus à risque d’intoxications sévères après consommation de sachets de nicotine <span><span>[2]</span></span>. Alors que l’encadrement législatif de la vente de ces produits est à l’étude, les risques d’intoxication à court terme et de dépendance à la nicotine à plus long terme chez les adolescents persistent. Une campagne d’information de type <em>« Pas touche aux pouches »</em> devrait être mise en œuvre. Par ailleurs, une attention devrait être portée à l’émergence sur le marché de sachets sans nicotine contenant des analogues nicotiniques (par exemple la 6-méthylnicotine – ou métatine), dont les données toxicologiques sont encore insuffisantes, alors que ces produits sont déjà bien implantés sur le marché européen. À titre d’exemple, la Base nation
{"title":"Évolution des intoxications aiguës par sachets de nicotine en France : données des centres antipoison entre 2023 et 2024","authors":"J. Langrand , W. Caré , E. Puskarczyk","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.061","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.061","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Les sachets de nicotine (<em>nicotine pouches</em>) contiennent des fibres de polymères imprégnées de nicotine. Sur le marché européen depuis 2018 et sans réglementation dédiée, le nombre d’unités vendues ne cesse d’augmenter. Cette présence s’est traduite par une augmentation du nombre de cas d’expositions rapportés en France aux centres antipoison (CAP) entre 2017 et 2022, en particulier chez les adolescents ayant présenté parfois un syndrome nicotinique sévère <span><span>[1]</span></span>. L’objectif était de décrire l’évolution de ces occurrences entre 2023 et 2024.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Étude rétrospective des cas rapportés aux CAP entre le 1<sup>er</sup> janvier 2023 et le 31 décembre 2024, de toute personne ayant consommé volontairement ou accidentellement un sachet de nicotine ou du <em>snus</em> (sachet contenant du tabac broyé, consommé de la même manière qu’un sachet de nicotine avec lequel il peut être confondu).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les CAP ont reçu 90 appels en lien avec la consommation de sachets de nicotine et deux appels pour une consommation de <em>snus</em> : 29 cas en 2023 et 63 cas en 2024. Plus d’une personne sur deux était âgée de 12 à 17 ans (53,9 %, médiane 16 ans), avec une consommation majoritairement en milieu scolaire (64,6 %). Le sex-ratio (H/F) était de 3,4. Des signes cliniques étaient rapportés dans 70,7 % des cas. En se focalisant sur les mineurs, cette proportion passait à 86,2 %. Douze cas étaient de gravité moyenne (PSS2), concernaient des personnes âgées de moins de 20 ans, avec un syndrome nicotinique sévère nécessitant une prise en charge hospitalière. Pour huit d’entre eux, la consommation avait eu lieu dans un établissement scolaire. La méconnaissance du produit consommé était parfois rapportée : incitation par l’entourage amical ou par les réseaux sociaux dans le but de maintenir l’éveil ou d’améliorer les performances sportives.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Les chiffres de 2023 et 2024 confirment les tendances précédemment observées : l’augmentation du nombre de cas rapportés (3 cas en 2020, 15 cas en 2021 et 27 cas en 2022), et le fait que les adolescents constituent la population la plus à risque d’intoxications sévères après consommation de sachets de nicotine <span><span>[2]</span></span>. Alors que l’encadrement législatif de la vente de ces produits est à l’étude, les risques d’intoxication à court terme et de dépendance à la nicotine à plus long terme chez les adolescents persistent. Une campagne d’information de type <em>« Pas touche aux pouches »</em> devrait être mise en œuvre. Par ailleurs, une attention devrait être portée à l’émergence sur le marché de sachets sans nicotine contenant des analogues nicotiniques (par exemple la 6-méthylnicotine – ou métatine), dont les données toxicologiques sont encore insuffisantes, alors que ces produits sont déjà bien implantés sur le marché européen. À titre d’exemple, la Base nation","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S118-S119"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366161","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.013
N. Paret , D. Boels , N. Delcourt , M. Labadie , J. Langrand , G. Le Roux , A. Maillot , S. Michel , C. Tournoud , S. Sinno-Tellier
<div><h3>Objectif</h3><div>Environ 260 cas de confusion alimentaire entre plantes comestibles et toxiques sont enregistrés par les centres antipoison (CAP) chaque année <span><span>[1]</span></span>. Les confusions les plus fréquentes ne sont pas nécessairement les plus graves (plantes à bulbe, marrons d’inde, coloquintes…) mais certaines plantes sont à risque d’effets toxiques très graves voire mortels. Un récent rapport émis par l’ANSES et les CAP <span><span>[2]</span></span> souligne à nouveau que les cas de gravité forte (PSS3 et PSS4 selon le <em>Poisoning Severity Score</em> (PSS) <span><span>[3]</span></span>), pouvant menacer le pronostic vital ou conduire au décès, sont en majorité (58 %) liés à des confusions alimentaires. Notre objectif était de décrire les confusions alimentaires entre plantes toxiques et comestibles à l’origine d’intoxications de gravité forte, dont les décès.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les cas d’intoxication par des plantes ont été extraits du système d’information des CAP (SICAP) entre le 01/01/2012 et 31/12/2024. Après relecture des dossiers, les cas de gravité forte dont les décès, validés par un toxicologue, dus à une confusion alimentaire, ont été analysés. Un repas pouvait avoir été pris par une seule personne ou partagé par plusieurs.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Trente-et-une personnes, dont 6 sont décédées, ont présenté une intoxication de gravité forte à la suite de confusions alimentaires entre plantes toxiques et comestibles sur une période de 13 ans. Ces intoxications sont survenues au cours de 24 repas, soit 19, 4 et 1 repas impliquant respectivement 1, 2 et 4 personnes. Elles ont été identifiées régulièrement au cours de la période d’étude (9 années sur 13) et concernaient chaque année de 1 à 7 personnes au cours de 1 à 4 repas.</div><div>Le sex-ratio était de 1,4, l’âge médian de 62 ans [21–78]. Les plantes à l’origine de l’intoxication étaient le datura (8 cas), le colchique (8 cas), la digitale (6 cas), l’œnanthe safranée (3 cas), le vératre (2 cas), l’aconit (2 cas), la belladone et le laurier rose (1 cas chacun). Six patients sont décédés après consommation, d’œnanthe safranée ou de colchique pour 4 cas, et de digitale ou d’aconit pour les 2 cas restants. Les confusions ont eu lieu pour le datura avec la tétragone cornue, le raisin d’Amérique et une plante indéterminée, pour le colchique avec le poireau sauvage ou l’ail des ours, pour la digitale avec la consoude, la bardane ou la bourrache, pour l’œnanthe safranée avec des carottes sauvages ou du persil tubéreux, pour le vératre blanc avec la gentiane ou le ginseng, pour l’aconit avec le « couscouil », pour la belladone avec des raisins sauvages. Les parties consommées étaient principalement les feuilles (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->24) puis les racines/tubercules/rhizomes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5), les baies une seule fois, non précisées dans 1 cas. Elles ont été ramassées dans la nature avec certitude (17 repas), pro
{"title":"Intoxications graves dues à des confusions alimentaires de plantes toxiques et comestibles : étude des données des centres antipoison de 2012 à 2021","authors":"N. Paret , D. Boels , N. Delcourt , M. Labadie , J. Langrand , G. Le Roux , A. Maillot , S. Michel , C. Tournoud , S. Sinno-Tellier","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.013","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.013","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Environ 260 cas de confusion alimentaire entre plantes comestibles et toxiques sont enregistrés par les centres antipoison (CAP) chaque année <span><span>[1]</span></span>. Les confusions les plus fréquentes ne sont pas nécessairement les plus graves (plantes à bulbe, marrons d’inde, coloquintes…) mais certaines plantes sont à risque d’effets toxiques très graves voire mortels. Un récent rapport émis par l’ANSES et les CAP <span><span>[2]</span></span> souligne à nouveau que les cas de gravité forte (PSS3 et PSS4 selon le <em>Poisoning Severity Score</em> (PSS) <span><span>[3]</span></span>), pouvant menacer le pronostic vital ou conduire au décès, sont en majorité (58 %) liés à des confusions alimentaires. Notre objectif était de décrire les confusions alimentaires entre plantes toxiques et comestibles à l’origine d’intoxications de gravité forte, dont les décès.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les cas d’intoxication par des plantes ont été extraits du système d’information des CAP (SICAP) entre le 01/01/2012 et 31/12/2024. Après relecture des dossiers, les cas de gravité forte dont les décès, validés par un toxicologue, dus à une confusion alimentaire, ont été analysés. Un repas pouvait avoir été pris par une seule personne ou partagé par plusieurs.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Trente-et-une personnes, dont 6 sont décédées, ont présenté une intoxication de gravité forte à la suite de confusions alimentaires entre plantes toxiques et comestibles sur une période de 13 ans. Ces intoxications sont survenues au cours de 24 repas, soit 19, 4 et 1 repas impliquant respectivement 1, 2 et 4 personnes. Elles ont été identifiées régulièrement au cours de la période d’étude (9 années sur 13) et concernaient chaque année de 1 à 7 personnes au cours de 1 à 4 repas.</div><div>Le sex-ratio était de 1,4, l’âge médian de 62 ans [21–78]. Les plantes à l’origine de l’intoxication étaient le datura (8 cas), le colchique (8 cas), la digitale (6 cas), l’œnanthe safranée (3 cas), le vératre (2 cas), l’aconit (2 cas), la belladone et le laurier rose (1 cas chacun). Six patients sont décédés après consommation, d’œnanthe safranée ou de colchique pour 4 cas, et de digitale ou d’aconit pour les 2 cas restants. Les confusions ont eu lieu pour le datura avec la tétragone cornue, le raisin d’Amérique et une plante indéterminée, pour le colchique avec le poireau sauvage ou l’ail des ours, pour la digitale avec la consoude, la bardane ou la bourrache, pour l’œnanthe safranée avec des carottes sauvages ou du persil tubéreux, pour le vératre blanc avec la gentiane ou le ginseng, pour l’aconit avec le « couscouil », pour la belladone avec des raisins sauvages. Les parties consommées étaient principalement les feuilles (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->24) puis les racines/tubercules/rhizomes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5), les baies une seule fois, non précisées dans 1 cas. Elles ont été ramassées dans la nature avec certitude (17 repas), pro","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S89"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145358122","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.080
V. Dumestre-Toulet , A. Daveluy
<div><h3>Contexte</h3><div>Au cours des vingt dernières années, le panorama des substances psychoactives consommées en France et en Europe s’est considérablement modifié avec l’apparition des nouveaux produits de synthèse (NPS).</div><div>Ces dernières années ont particulièrement été marquées par (i) l’apparition des cannabinoïdes de synthèse, dans différentes populations, selon différentes modalités (chimique à La Réunion ; PTC en Normandie/Grand Est ; adultération de cannabis), (ii) l’émergence de nouveaux agonistes des récepteurs opioïdes ayant entraîné des décès (Océan Indien et Occitanie), (iii) la répercussion des modifications de la législation internationale sur le marché des cathinones avec l’apparition notamment des 3-CMC et 2-MMC et (iv) la circulation des « designer benzodiazépines », situations préoccupantes qui ont donné lieu à des alertes sanitaires de la part des CEIP-addictovigilance auprès des autorités sanitaires, des professionnels de santé et des consommateurs, nécessitant une communication adaptée à chaque situation, afin d’aider à une meilleure identification des populations à risque, une adaptation des outils de réduction des risques et de prévention et une meilleure prise en charge médicale du patient <span><span>[1]</span></span>. Leur implication dans les cas de décès (enquête DRAMES) est régulièrement signalée par les toxicologues analystes (50 décès dans l’étude 2023) <span><span>[2]</span></span>, <span><span>[3]</span></span>.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’identification des NPS dans les matrices biologiques (sang, urine) est essentielle pour documenter la consommation réelle et la responsabilité des substances dans des contextes hospitaliers et médico-judiciaires. L’analyse des cheveux apporte également des éléments sur une exposition en cas de prélèvements tardifs des fluides biologiques ou sur la consommation chronique d’un NPS. Si cette identification est le seul moyen fiable permettant d’associer un usage à une toxicité (en particulier dans le cas où la substance consommée n’a pu être récupérée pour être analysée), elle reste complexe et difficile car ne peut être effectuée que dans des laboratoires spécialisés en toxicologie disposant de techniques spécifiques (chromatographie avec détection par spectrométrie de masse en tandem et/ou haute résolution). Plusieurs problèmes majeurs se posent comme : (i) la nécessité de techniques très sensibles (quantités consommées souvent faibles en raison de la puissance des produits) ; (ii) la courte fenêtre de détection dans le sang nécessitant parfois la recherche des métabolites ; (iii) la nécessité de disposer d’étalons pour effectuer une quantification et permettre une interprétation des concentrations au regard des données de la littérature <span><span>[4]</span></span>.</div><div>Un suivi rigoureux des usages et de la législation de ces produits est donc essentiel pour informer et orienter les cliniciens dans la prise en charge de ces patients. Dans ce con
{"title":"Les nouveaux produits de synthèse : pourquoi et comment doser ?","authors":"V. Dumestre-Toulet , A. Daveluy","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.080","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.080","url":null,"abstract":"<div><h3>Contexte</h3><div>Au cours des vingt dernières années, le panorama des substances psychoactives consommées en France et en Europe s’est considérablement modifié avec l’apparition des nouveaux produits de synthèse (NPS).</div><div>Ces dernières années ont particulièrement été marquées par (i) l’apparition des cannabinoïdes de synthèse, dans différentes populations, selon différentes modalités (chimique à La Réunion ; PTC en Normandie/Grand Est ; adultération de cannabis), (ii) l’émergence de nouveaux agonistes des récepteurs opioïdes ayant entraîné des décès (Océan Indien et Occitanie), (iii) la répercussion des modifications de la législation internationale sur le marché des cathinones avec l’apparition notamment des 3-CMC et 2-MMC et (iv) la circulation des « designer benzodiazépines », situations préoccupantes qui ont donné lieu à des alertes sanitaires de la part des CEIP-addictovigilance auprès des autorités sanitaires, des professionnels de santé et des consommateurs, nécessitant une communication adaptée à chaque situation, afin d’aider à une meilleure identification des populations à risque, une adaptation des outils de réduction des risques et de prévention et une meilleure prise en charge médicale du patient <span><span>[1]</span></span>. Leur implication dans les cas de décès (enquête DRAMES) est régulièrement signalée par les toxicologues analystes (50 décès dans l’étude 2023) <span><span>[2]</span></span>, <span><span>[3]</span></span>.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’identification des NPS dans les matrices biologiques (sang, urine) est essentielle pour documenter la consommation réelle et la responsabilité des substances dans des contextes hospitaliers et médico-judiciaires. L’analyse des cheveux apporte également des éléments sur une exposition en cas de prélèvements tardifs des fluides biologiques ou sur la consommation chronique d’un NPS. Si cette identification est le seul moyen fiable permettant d’associer un usage à une toxicité (en particulier dans le cas où la substance consommée n’a pu être récupérée pour être analysée), elle reste complexe et difficile car ne peut être effectuée que dans des laboratoires spécialisés en toxicologie disposant de techniques spécifiques (chromatographie avec détection par spectrométrie de masse en tandem et/ou haute résolution). Plusieurs problèmes majeurs se posent comme : (i) la nécessité de techniques très sensibles (quantités consommées souvent faibles en raison de la puissance des produits) ; (ii) la courte fenêtre de détection dans le sang nécessitant parfois la recherche des métabolites ; (iii) la nécessité de disposer d’étalons pour effectuer une quantification et permettre une interprétation des concentrations au regard des données de la littérature <span><span>[4]</span></span>.</div><div>Un suivi rigoureux des usages et de la législation de ces produits est donc essentiel pour informer et orienter les cliniciens dans la prise en charge de ces patients. Dans ce con","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S107-S108"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365924","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.041
H. Lerogeron , J. Schipper , L. Guegen , V. Lacotte , J. Schauben , K.A. Nguyen
<div><h3>Objectif</h3><div>Divers modèles d’aide à la décision sont proposés pour assister les toxicologues dans leur diagnostic de l’agent responsable de l’intoxication après exposition. Néanmoins, à notre connaissance, aucun ne profite d’une validation externe, ce qui diminue leur utilité clinique. Notre objectif est de réaliser une validation externe du modèle de diagnostic du centre antipoison de Floride <span><span>[1]</span></span> pour les mono-expositions en utilisant les données du centre antipoison de Lyon (CAP).</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Sélection de cas d’intoxication classés grave <span><span>[1]</span></span> (PSS<!--> <!-->≥<!--> <!-->2) dans la base de données du CAP de Lyon entre 2020 et 2022. Extraction et traduction des symptômes et agents uniques pour former un dictionnaire français–anglais. Puis traduction des cas extraits et prédiction des agents d’intoxication par le code fourni par <span><span>[2]</span></span>. Évaluation par accuracy top-k.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Un total de 671 cas d’intoxication grave a été extrait. Cependant, 69 cas ont été exclus en raison de l’impossibilité de faire correspondre avec précision les symptômes ou les agents au système <span><span>[2]</span></span>. Le nombre médian de symptômes par cas était de 3 (intervalle interquartile : 2–5), et l’âge médian des cas était de 45 (IQR : 23–64). Un total de 303 cas étaient des femmes et 299 des hommes. Un total de 385 agents toxiques uniques ont été identifiés, le plus fréquent étant la vipère française (21 cas). 11 % des intoxications étaient fatales, le bromazépam apparaissant comme l’agent le plus fréquemment impliqué (3 cas). L’accuracy top 10 % globale était de 0,75. La précision la plus élevée a été obtenue dans les cas de sévérité majeure (0,87), tandis que la performance la plus faible a été observée dans les cas mortels (0,58). Les résultats de la validation externe ont été comparés à ceux de la validation interne avec des paramètres identiques. Pour les cas de sévérité mineure, la validation interne a donné une accuracy top 10 de 0,43 et top 10 % de 0,67, alors que l’approche de validation externe a obtenu respectivement 0,57 et 0,76. Dans les cas d’issue fatale, la validation interne a obtenu une accuracy top 10 de 0,45 et top 10 % de 0,69, contre 0,39 et 0,58 dans la validation externe. Une validation externe manuelle, portant sur un sous-ensemble de 186 cas, a aussi été effectuée. La précision globale du top 10 % obtenue par la validation manuelle était de 0,72.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La similarité des résultats valide notre méthodologie, ainsi que l’intérêt clinique du système d’aide à la décision proposé par l’équipe <span><span>[2]</span></span>. Cependant, l’absence de systèmes de codage internationaux communs entre les deux bases de données pour les symptômes et agents rend difficile la validation externe. Cette absence empêche la mise en correspondance automatisée et nécessite une traducti
{"title":"Validation externe d’un système expert en toxicologie clinique pour le diagnostic des mono-expositions","authors":"H. Lerogeron , J. Schipper , L. Guegen , V. Lacotte , J. Schauben , K.A. Nguyen","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.041","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.041","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Divers modèles d’aide à la décision sont proposés pour assister les toxicologues dans leur diagnostic de l’agent responsable de l’intoxication après exposition. Néanmoins, à notre connaissance, aucun ne profite d’une validation externe, ce qui diminue leur utilité clinique. Notre objectif est de réaliser une validation externe du modèle de diagnostic du centre antipoison de Floride <span><span>[1]</span></span> pour les mono-expositions en utilisant les données du centre antipoison de Lyon (CAP).</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Sélection de cas d’intoxication classés grave <span><span>[1]</span></span> (PSS<!--> <!-->≥<!--> <!-->2) dans la base de données du CAP de Lyon entre 2020 et 2022. Extraction et traduction des symptômes et agents uniques pour former un dictionnaire français–anglais. Puis traduction des cas extraits et prédiction des agents d’intoxication par le code fourni par <span><span>[2]</span></span>. Évaluation par accuracy top-k.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Un total de 671 cas d’intoxication grave a été extrait. Cependant, 69 cas ont été exclus en raison de l’impossibilité de faire correspondre avec précision les symptômes ou les agents au système <span><span>[2]</span></span>. Le nombre médian de symptômes par cas était de 3 (intervalle interquartile : 2–5), et l’âge médian des cas était de 45 (IQR : 23–64). Un total de 303 cas étaient des femmes et 299 des hommes. Un total de 385 agents toxiques uniques ont été identifiés, le plus fréquent étant la vipère française (21 cas). 11 % des intoxications étaient fatales, le bromazépam apparaissant comme l’agent le plus fréquemment impliqué (3 cas). L’accuracy top 10 % globale était de 0,75. La précision la plus élevée a été obtenue dans les cas de sévérité majeure (0,87), tandis que la performance la plus faible a été observée dans les cas mortels (0,58). Les résultats de la validation externe ont été comparés à ceux de la validation interne avec des paramètres identiques. Pour les cas de sévérité mineure, la validation interne a donné une accuracy top 10 de 0,43 et top 10 % de 0,67, alors que l’approche de validation externe a obtenu respectivement 0,57 et 0,76. Dans les cas d’issue fatale, la validation interne a obtenu une accuracy top 10 de 0,45 et top 10 % de 0,69, contre 0,39 et 0,58 dans la validation externe. Une validation externe manuelle, portant sur un sous-ensemble de 186 cas, a aussi été effectuée. La précision globale du top 10 % obtenue par la validation manuelle était de 0,72.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>La similarité des résultats valide notre méthodologie, ainsi que l’intérêt clinique du système d’aide à la décision proposé par l’équipe <span><span>[2]</span></span>. Cependant, l’absence de systèmes de codage internationaux communs entre les deux bases de données pour les symptômes et agents rend difficile la validation externe. Cette absence empêche la mise en correspondance automatisée et nécessite une traducti","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S104"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365849","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.015
B. Mégarbane
<div><h3>Objectif</h3><div>Deux organisations non gouvernementales (ONG), Bloom et Foodwatch, ont publié fin 2024 un rapport alertant sur les dangers pour la santé de la contamination au mercure des boîtes de thon vendues en France et en Europe <span><span>[1]</span></span>. L’intégralité des 148 boîtes de thon testées a révélé la présence de mercure avec des concentrations jusqu’à parfois quatre fois supérieures aux normes européennes. La concentration la plus importante a été détectée dans une boîte de thon Petit Navire, achetée (3,9<!--> <!-->mg/kg), puis un produit Carrefour (2,5<!--> <!-->mg/kg) et un produit de la marque As do Mar (1,5<!--> <!-->mg/kg). Les 2 ONG ont donc appelé à interdire la commercialisation des produits à base de thon dépassant 0,3<!--> <!-->mg/kg de mercure et bannir le thon des crèches, hôpitaux, maternités, maisons de retraite et cantines scolaires. L’objectif de cette présentation est de discuter les limites de ce rapport et de rappeler les normes, les risques encourus et les conséquences.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Revue narrative de la littérature.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Le mercure est un contaminant des poissons de source naturelle (écorce terrestre, feux de forêt et activité volcanique) et liée aux activités industrielles et agricoles humaines. Les poissons (surtout les poissons prédateurs comme le thon) sont contaminés par un processus de bioaccumulation. Le mercure qui pénètre dans les milieux aquatiques est converti en méthylmercure, forme organique, par processus microbiens naturels et s’accumule dans les réseaux trophiques aquatiques. Les seuils de risque définis par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire sont de 0,3<!--> <!-->mg/kg pour tous les poissons à l’exception du thon et les autres prédateurs (requin, espadon, brochet, marlin, esturgeon ; 1<!--> <!-->mg/kg). Cette différence de normes entre poissons aurait été justifiée par des nécessités commerciales, alors que la toxicité est similaire. La dose hebdomadaire tolérable (pouvant être consommée pendant toute une vie sans risque d’effet nocif sur la santé) est de 1,3<!--> <!-->μg/kg/semaine. Ainsi, une personne de 60<!--> <!-->kg peut absorber 78<!--> <!-->μg de méthylmercure par semaine sans risque. La toxicité est neurologique (troubles du comportement, paresthésies, ataxie cérébelleuse, dysarthrie, mouvements cholériformes et athétosiques, cécité, audition, coma) et la contamination in utero des enfants est la plus préoccupante (microcéphalie, retard mental, cécité, strabisme, difformité des membres, syndrome cérébelleux). Deux épisodes historiques ont montré la dangerosité de l’intoxication collective au mercure dans la Baie de Minamata au Japon en 1957 et en Irak en 1971. Néanmoins, la teneur en mercure semble globalement avoir peu évolué depuis le XIX<sup>e</sup> siècle. Les Français consomment 900<!--> <!-->g de thon en conserve par an contre plus de 4<!--> <!-->kg de saumon. Pour la population européenne, la co
两个非政府组织,Bloom和Foodwatch,在2024年底发布了一份报告,警告在法国和欧洲销售的金枪鱼罐头中的汞污染对健康的危害。在所有148箱接受检测的金枪鱼中,汞含量有时高达欧洲标准的四倍。最高的浓度是购买的一盒Petit Navire金枪鱼(3.9毫克/公斤),其次是家乐福产品(2.5毫克/公斤)和As do Mar品牌产品(1.5毫克/公斤)。因此,这两个非政府组织呼吁禁止销售汞含量超过0.3毫克/公斤的金枪鱼产品,并禁止在日托中心、医院、妇产医院、养老院和学校食堂使用金枪鱼。本报告的目的是讨论本报告的局限性,并回顾标准、所涉及的风险和后果。文学的叙事评论。汞是一种自然来源(地皮、森林火灾和火山活动)的鱼类污染物,与人类工农业活动有关。鱼类(特别是像金枪鱼这样的掠食性鱼类)受到生物积累过程的污染。进入水生环境的汞通过自然微生物过程转化为有机形式的甲基汞,并在水生营养网中积累。欧洲食品安全局(European Food Safety Authority)规定,除金枪鱼和其他掠食性鱼类(鲨鱼、剑鱼、梭鱼、马林鱼、鲟鱼;1毫克/公斤)外,所有鱼类的风险阈值为0.3毫克/公斤。尽管毒性是相似的,但出于商业需要,鱼类之间标准的这种差异是合理的。每周可接受剂量(可在一生中食用而不会对健康产生任何有害影响)为1.3 μg/kg/ sweek。因此,一个60公斤的人每周可以安全地吸收78微克甲基汞。毒性是神经方面的(行为障碍、懒惰、小脑共济失调、关节炎、霍乱样和萎缩性运动、失明、听力、昏迷),而子宫内的污染是最令人担忧的(小头症、智力迟钝、失明、畸形、四肢畸形、小脑综合征)。1957年在日本的水俣湾和1971年在伊拉克发生的两件历史事件表明了集体汞中毒的危险。然而,自19世纪以来,汞的总体含量似乎没有太大变化。法国人每年消费900克罐装金枪鱼,而不是4公斤以上的鲑鱼。对欧洲人来说,经常吃鱼没有什么问题。然而,经常食用野生掠食性鱼类(每周超过一份)的人可能会接触到超过每周可容忍剂量的水平。这种毒性很可能主要影响沿海和河流地区以鱼为食的人口,例如圭亚那的孕妇,因为水受到金匠排放的汞的严重污染。这份非政府组织的报告提请人们注意潜在的环境风险,特别是对孕妇和新生儿的风险,但公众的恐慌似乎是没有道理的。
{"title":"Intoxication par le thon en boîte : mythe ou réalité ?","authors":"B. Mégarbane","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.015","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.015","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>Deux organisations non gouvernementales (ONG), Bloom et Foodwatch, ont publié fin 2024 un rapport alertant sur les dangers pour la santé de la contamination au mercure des boîtes de thon vendues en France et en Europe <span><span>[1]</span></span>. L’intégralité des 148 boîtes de thon testées a révélé la présence de mercure avec des concentrations jusqu’à parfois quatre fois supérieures aux normes européennes. La concentration la plus importante a été détectée dans une boîte de thon Petit Navire, achetée (3,9<!--> <!-->mg/kg), puis un produit Carrefour (2,5<!--> <!-->mg/kg) et un produit de la marque As do Mar (1,5<!--> <!-->mg/kg). Les 2 ONG ont donc appelé à interdire la commercialisation des produits à base de thon dépassant 0,3<!--> <!-->mg/kg de mercure et bannir le thon des crèches, hôpitaux, maternités, maisons de retraite et cantines scolaires. L’objectif de cette présentation est de discuter les limites de ce rapport et de rappeler les normes, les risques encourus et les conséquences.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Revue narrative de la littérature.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Le mercure est un contaminant des poissons de source naturelle (écorce terrestre, feux de forêt et activité volcanique) et liée aux activités industrielles et agricoles humaines. Les poissons (surtout les poissons prédateurs comme le thon) sont contaminés par un processus de bioaccumulation. Le mercure qui pénètre dans les milieux aquatiques est converti en méthylmercure, forme organique, par processus microbiens naturels et s’accumule dans les réseaux trophiques aquatiques. Les seuils de risque définis par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire sont de 0,3<!--> <!-->mg/kg pour tous les poissons à l’exception du thon et les autres prédateurs (requin, espadon, brochet, marlin, esturgeon ; 1<!--> <!-->mg/kg). Cette différence de normes entre poissons aurait été justifiée par des nécessités commerciales, alors que la toxicité est similaire. La dose hebdomadaire tolérable (pouvant être consommée pendant toute une vie sans risque d’effet nocif sur la santé) est de 1,3<!--> <!-->μg/kg/semaine. Ainsi, une personne de 60<!--> <!-->kg peut absorber 78<!--> <!-->μg de méthylmercure par semaine sans risque. La toxicité est neurologique (troubles du comportement, paresthésies, ataxie cérébelleuse, dysarthrie, mouvements cholériformes et athétosiques, cécité, audition, coma) et la contamination in utero des enfants est la plus préoccupante (microcéphalie, retard mental, cécité, strabisme, difformité des membres, syndrome cérébelleux). Deux épisodes historiques ont montré la dangerosité de l’intoxication collective au mercure dans la Baie de Minamata au Japon en 1957 et en Irak en 1971. Néanmoins, la teneur en mercure semble globalement avoir peu évolué depuis le XIX<sup>e</sup> siècle. Les Français consomment 900<!--> <!-->g de thon en conserve par an contre plus de 4<!--> <!-->kg de saumon. Pour la population européenne, la co","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S90-S91"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145365852","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-16DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.075
{"title":"Congrès STC Bordeaux 2025. Mots de bienvenue","authors":"","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.075","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.075","url":null,"abstract":"","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Pages S73-S74"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366038","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.027
J. Bloch , C. Solal , C. Greillet , J. Hamon , S. Sinno-Tellier , M. Labadie
<div><h3>Objectif</h3><div>L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) est en charge de la toxicovigilance, de la nutrivigilance, de la pharmacovigilance vétérinaire, de la phytopharmacovigilance et depuis 2024, de la cosmétovigilance et de la tatouvigilance à la place de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.</div><div>En pratique, il s’agit de détecter les effets indésirables liés à l’utilisation des produits ou agents ciblés par la vigilance.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les centres antipoison, de par les données enregistrées en réponse téléphonique à l’urgence, enregistrent des données qui peuvent alimenter toutes ces vigilances, notamment sur le volet exposition aiguë. L’Anses et les centres antipoison ont mis en place des requêtes automatiques hebdomadaires prospectives dans le système d’information des centres antipoison (SICAP) pour que les données puissent être prises en compte par la nutrivigilance, la pharmacovigilance vétérinaire et la phytopharmacovigilance notamment. Les données de toxicovigilance sont aussi étudiées de manière rétrospective dans des groupes de travail pilotés par l’Anses, pour répondre à des questions venant le plus souvent des toxicologues et de l’Anses, parfois du ministère de la santé ou celui l’agriculture et de la sécurité alimentaire.</div><div>Un autre type d’interaction entre les centres antipoison et l’Anses est l’alerte en temps réel. Un toxicologue constate un événement qui à lui seul lui paraît suffisant à déclencher des investigations, voire des mesures. Il peut d’agir d’une intoxication particulièrement grave, inhabituelle ou à un agent posant problème. Une exposition peut être suffisante à déclencher l’alerte, voire même la seule présence d’un produit dans un rayon de magasin ou sur un marché ; en effet, mieux vaut prévenir que guérir et ne pas attendre qu’il y ait des intoxications pour faire retirer un produit dangereux. Dans ces situations, le toxicologue qui a constaté les faits envoie un mail à la boîte [email protected] et l’Anses se charge de la suite : transmission aux autorités compétentes, Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour les produits hors aliments, Direction de l’alimentation générale (DGAl) pour les aliments et compléments alimentaires, Direction générale de la protection des risques pour les produits professionnels (DGPR). Les douanes sont parfois mobilisées pour des saisies, aux aéroports par exemple. Des analyses de produits peuvent être effectuées par le service commun des laboratoires de la DGCCRF pour confirmer l’adultération d’un complément alimentaire.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>L’analyse des intoxications par des plantes vendues a permis de dresser la liste de celles les plus à risque et de les faire figurer dans un arrêté obligeant à ce que ce risque soit mentionné sur l’étiquette. L’étude des intoxicat
{"title":"Toxicovigilance : apport de la collaboration avec l’Anses","authors":"J. Bloch , C. Solal , C. Greillet , J. Hamon , S. Sinno-Tellier , M. Labadie","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.027","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.027","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) est en charge de la toxicovigilance, de la nutrivigilance, de la pharmacovigilance vétérinaire, de la phytopharmacovigilance et depuis 2024, de la cosmétovigilance et de la tatouvigilance à la place de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.</div><div>En pratique, il s’agit de détecter les effets indésirables liés à l’utilisation des produits ou agents ciblés par la vigilance.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Les centres antipoison, de par les données enregistrées en réponse téléphonique à l’urgence, enregistrent des données qui peuvent alimenter toutes ces vigilances, notamment sur le volet exposition aiguë. L’Anses et les centres antipoison ont mis en place des requêtes automatiques hebdomadaires prospectives dans le système d’information des centres antipoison (SICAP) pour que les données puissent être prises en compte par la nutrivigilance, la pharmacovigilance vétérinaire et la phytopharmacovigilance notamment. Les données de toxicovigilance sont aussi étudiées de manière rétrospective dans des groupes de travail pilotés par l’Anses, pour répondre à des questions venant le plus souvent des toxicologues et de l’Anses, parfois du ministère de la santé ou celui l’agriculture et de la sécurité alimentaire.</div><div>Un autre type d’interaction entre les centres antipoison et l’Anses est l’alerte en temps réel. Un toxicologue constate un événement qui à lui seul lui paraît suffisant à déclencher des investigations, voire des mesures. Il peut d’agir d’une intoxication particulièrement grave, inhabituelle ou à un agent posant problème. Une exposition peut être suffisante à déclencher l’alerte, voire même la seule présence d’un produit dans un rayon de magasin ou sur un marché ; en effet, mieux vaut prévenir que guérir et ne pas attendre qu’il y ait des intoxications pour faire retirer un produit dangereux. Dans ces situations, le toxicologue qui a constaté les faits envoie un mail à la boîte [email protected] et l’Anses se charge de la suite : transmission aux autorités compétentes, Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour les produits hors aliments, Direction de l’alimentation générale (DGAl) pour les aliments et compléments alimentaires, Direction générale de la protection des risques pour les produits professionnels (DGPR). Les douanes sont parfois mobilisées pour des saisies, aux aéroports par exemple. Des analyses de produits peuvent être effectuées par le service commun des laboratoires de la DGCCRF pour confirmer l’adultération d’un complément alimentaire.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>L’analyse des intoxications par des plantes vendues a permis de dresser la liste de celles les plus à risque et de les faire figurer dans un arrêté obligeant à ce que ce risque soit mentionné sur l’étiquette. L’étude des intoxicat","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S96"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366140","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-01Epub Date: 2025-10-25DOI: 10.1016/j.toxac.2025.09.046
M. Araoud, M. Aloui, M. Jday, M.A. Nouioui, N. Brahmi, A. Hedhili
<div><h3>Objectif</h3><div>En Tunisie, les intoxications par pesticides anticholinestérasiques représentent un véritable problème de santé publique majeur. À l’échelle mondiale, chaque année le nombre de décès dus à l’ingestion de pesticides extrêmement toxiques dépasse 150 milles <span><span>[1]</span></span>. L’objectif de cette étude a été d’établir les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, et biologiques, des patients intoxiqués par ce type de pesticides.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective qui a concerné 109 cas d’intoxications aiguës (IA) aux pesticides anticholinestérasiques, organophosphorés (OP) et carbamates (CB), accueillis au centre d’assistance médicale urgente de Tunis, étalée sur une période de cinq ans.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La prévalence des intoxications par les anticholinestérasiques a connu une augmentation par rapport à l’ensemble des IA par les pesticides durant la période de l’étude. La population étudiée a un âge moyen de 39<!--> <!-->±<!--> <!-->20 ans, avec des extrêmes allant de 1 à 98 ans. La tranche d’âge la plus touchée est celle des adultes âgés entre 20 et 39 ans. Le sexe-ratio (H/F) est de 0,88 avec une prédominance féminine (55 %). Il est à noter qu’une relation de dépendance significative entre la circonstance d’intoxication et les troubles psychiatriques a été retrouvée (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,031), avec un <em>odds ratio</em> de 1,3 (IC<sub>95 %</sub> <!-->=<!--> <!-->[1,14–1,49]). Dans la majorité des cas l’ingestion a été volontaire (62 %), due à une administration orale d’un pesticide anticholinestérasique uniquement, ou associé à un autre produit (8 %). Les OP ont été les plus incriminés dans les IA (55 %), notamment le chlorpyriphos. Cependant, le méthomyl a été parmi les molécules les plus retrouvées dans les ingestions des carbamates. Les signes cliniques les plus fréquemment observés chez les patients ont été le myosis (75 %), la bradycardie (56 %), les diarrhées (49 %), l’hypersécrétion bronchique (22 %), et les fasciculations (17 %). Parmi les patients, 15 % ont développé un syndrome encéphalique avec coma et confusion. L’hyperleucocytose (63 %), l’hyperglycémie (56 %), l’hypokaliémie (39 %), et l’hyperlactatémie (14 %) ont été parmi les anomalies biologiques les plus fréquentes. Il est à signaler que l’activité de la butyrylcholinestérase (BchE) a été significativement dépendante de la circonstance d’exposition (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,027). À l’admission, l’activité moyenne de la BchE carbamylée a été de 2660<!--> <!-->UI/L, avec des extrêmes allant de 44 à 9646<!--> <!-->UI/L, et une régénération généralement en 24<!--> <!-->h. Cependant, celle phosphorylée a été de 3137<!--> <!-->UI/L [46–12 559<!--> <!-->UI/L]. L’activité moyenne de l’acétylcholinestérase (AchE) a été égale à 4<!--> <!-->UI/mL d’érythrocytes [0–8<!--> <!-->UI/mL d’érythrocytes], dans les cas d’ingestions des OP. Le traitement a consisté en un lavage gastr
在突尼斯,抗胆碱能杀虫剂中毒是一个真正的重大公共卫生问题。在全球范围内,每年因摄入剧毒农药而死亡的人数超过150英里[1]。本研究的目的是确定这类农药中毒患者的流行病学、临床和生物学特征。有关MéthodeIl这项回顾性研究具有了109例anticholinestérasiques (IA)的急性农药中毒、有机磷(OP)和氨基甲酸酯(CB),突尼斯欢迎紧急医疗援助的核心,擀至五ans.RésultatsLa anticholinestérasiques中毒的患病率相比,增加了整体的ai研究期间的农药。研究人口的平均年龄为39±20岁,极端年龄为1 - 98岁,受影响最严重的是20 - 39岁的成年人。值得注意的是,中毒情况与精神障碍之间存在显著的依赖关系(p = 0.031),比值比为1.3 (95% CI =[1.14 - 1.49])。在大多数病例中,摄入是自愿的(62%),仅通过口服抗胆碱酯酶抑制剂,或与其他产品联合使用(8%)。OP了最为IA(55%)中受到指控,特别是毒死。不过,甲被列为最氨基甲酸盐摄入量中发现的分子。最常见的临床症状的患者身上观察到被myosis(75%)、心动过缓(56%)、腹泻(49%),目前(22%)、支气管和fasciculations(17%)。15%患者当中,开发了一个encéphalique综合征与昏迷和混乱。L’hyperleucocytose(63%)、高血糖(56%)、l’hypokaliémie(39%)和l’hyperlactatémie(14%),当中最常见的生物异常了。值得注意的是,丁基胆碱酯酶(BchE)的活性显著依赖于暴露环境(p = 0.027)。接纳,日均业务量BchE carbamylée 2660 iu / L,已与极端的44至9646 iu / L,和再生阶段通常在24 h了。然而,像phosphorylée 3137 iu / L[46—12 559 iu / L)。平均乙酰胆碱酯酶活性(AchE)的红细胞已等于400 iu / mL的红细胞iu / mL][0—8,op .处理者摄入的情况是在洗胃当中36%的案例中,一个辅助通气(30%)、行政和阿托品对病人的72%。进化了致命的6%的情况,其中71%的电视迷OP.ConclusionL’augmentation anticholinestérasiques所流行的中毒所所有的ai相关的农药以及越来越多的刑事定罪,这些产品中的角色逐渐反映IA)主要为自杀。这些结果强调,需要监管更加严格,出售这些农药,加强警戒的流行病的预防和干预措施,包括加强精神卫生预防措施。
{"title":"Intoxications aiguës aux pesticides anticholinestérasiques en Tunisie : analyse épidémiologique sur cinq ans","authors":"M. Araoud, M. Aloui, M. Jday, M.A. Nouioui, N. Brahmi, A. Hedhili","doi":"10.1016/j.toxac.2025.09.046","DOIUrl":"10.1016/j.toxac.2025.09.046","url":null,"abstract":"<div><h3>Objectif</h3><div>En Tunisie, les intoxications par pesticides anticholinestérasiques représentent un véritable problème de santé publique majeur. À l’échelle mondiale, chaque année le nombre de décès dus à l’ingestion de pesticides extrêmement toxiques dépasse 150 milles <span><span>[1]</span></span>. L’objectif de cette étude a été d’établir les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, et biologiques, des patients intoxiqués par ce type de pesticides.</div></div><div><h3>Méthode</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective qui a concerné 109 cas d’intoxications aiguës (IA) aux pesticides anticholinestérasiques, organophosphorés (OP) et carbamates (CB), accueillis au centre d’assistance médicale urgente de Tunis, étalée sur une période de cinq ans.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La prévalence des intoxications par les anticholinestérasiques a connu une augmentation par rapport à l’ensemble des IA par les pesticides durant la période de l’étude. La population étudiée a un âge moyen de 39<!--> <!-->±<!--> <!-->20 ans, avec des extrêmes allant de 1 à 98 ans. La tranche d’âge la plus touchée est celle des adultes âgés entre 20 et 39 ans. Le sexe-ratio (H/F) est de 0,88 avec une prédominance féminine (55 %). Il est à noter qu’une relation de dépendance significative entre la circonstance d’intoxication et les troubles psychiatriques a été retrouvée (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,031), avec un <em>odds ratio</em> de 1,3 (IC<sub>95 %</sub> <!-->=<!--> <!-->[1,14–1,49]). Dans la majorité des cas l’ingestion a été volontaire (62 %), due à une administration orale d’un pesticide anticholinestérasique uniquement, ou associé à un autre produit (8 %). Les OP ont été les plus incriminés dans les IA (55 %), notamment le chlorpyriphos. Cependant, le méthomyl a été parmi les molécules les plus retrouvées dans les ingestions des carbamates. Les signes cliniques les plus fréquemment observés chez les patients ont été le myosis (75 %), la bradycardie (56 %), les diarrhées (49 %), l’hypersécrétion bronchique (22 %), et les fasciculations (17 %). Parmi les patients, 15 % ont développé un syndrome encéphalique avec coma et confusion. L’hyperleucocytose (63 %), l’hyperglycémie (56 %), l’hypokaliémie (39 %), et l’hyperlactatémie (14 %) ont été parmi les anomalies biologiques les plus fréquentes. Il est à signaler que l’activité de la butyrylcholinestérase (BchE) a été significativement dépendante de la circonstance d’exposition (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,027). À l’admission, l’activité moyenne de la BchE carbamylée a été de 2660<!--> <!-->UI/L, avec des extrêmes allant de 44 à 9646<!--> <!-->UI/L, et une régénération généralement en 24<!--> <!-->h. Cependant, celle phosphorylée a été de 3137<!--> <!-->UI/L [46–12 559<!--> <!-->UI/L]. L’activité moyenne de l’acétylcholinestérase (AchE) a été égale à 4<!--> <!-->UI/mL d’érythrocytes [0–8<!--> <!-->UI/mL d’érythrocytes], dans les cas d’ingestions des OP. Le traitement a consisté en un lavage gastr","PeriodicalId":23170,"journal":{"name":"Toxicologie Analytique et Clinique","volume":"37 3","pages":"Page S109"},"PeriodicalIF":1.7,"publicationDate":"2025-11-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145366155","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}