Pub Date : 2025-11-07DOI: 10.1016/j.douler.2025.09.013
Anthony Demont , Loïc Vest , Elizabeth Vitte , Alexandra Cervantes , Leila Benaissa
<div><div>Les céphalées secondaires, définies par la 3<sup>e</sup> édition de <em>l’International Classification Headache Disorders</em> (ICHD-3) comme symptomatiques d’une cause identifiable, regroupent des affections bénignes (céphalée cervicogénique, céphalée liée aux troubles temporomandibulaires [CADTM]) et des situations graves. La céphalée cervicogénique (prévalence ≈<!--> <!-->3–4 %) résulte d’une convergence trigémino-cervicale et se manifeste par des céphalées unilatérales déclenchées par mouvements cervicaux. Le test de flexion-rotation cervicale est l’outil diagnostique le plus discriminant. La prise en soins repose sur la rééducation : thérapie manuelle à court terme et exercices spécifiques pour des effets durables. L’ajout d’une prise d’anti-inflammatoires a un effet limité. La CADTM, définie comme une douleur temporale liée à un désordre temporomandibulaire douloureux, implique un chevauchement physiopathologique avec la migraine et la céphalée de tension via une sensibilisation centrale. Le diagnostic repose sur la modulation par la fonction mandibulaire et la reproduction douloureuse à la palpation. La rééducation oro-maxillo-faciale et cervicale, associée à des techniques myofasciales et exercices contrôlés, constitue le traitement de référence. Enfin, la céphalée post-traumatique s’inscrit dans le syndrome post-commotionnel (10–20 % des cas persistants). L’évaluation doit explorer les troubles vestibulaires, cervicaux et cognitifs. La rééducation multimodale (vestibulaire, cervicale et neurologique) et l’éducation en santé du patient précoce sont essentielles pour prévenir la chronicisation.</div></div><div><div>Secondary headaches, defined by the 3rd edition of International Classification Headache Disorders as symptomatic of an identifiable cause, include benign disorders (cervicogenic headache, headache attributed to temporomandibular disorders [TMD]) and severe conditions. Cervicogenic headache (prevalence ≈ 3–4%) results from trigeminocervical convergence and presents as unilateral headache triggered by cervical movements. The flexion-rotation test is the most discriminant clinical tool. Management relies on rehabilitation: manual therapy for short-term relief and targeted exercises for long-term benefits. Adding anti-inflammatory drugs has a limited effect. Headache attributed to temporomandibular disorders, defined as temporal pain associated with a painful TMD, shares pathophysiological mechanisms with migraine and tension-type headache through central sensitization. Diagnosis is supported by headache modulation during jaw function and pain reproduction upon palpation. Oro-maxillo-facial and cervical rehabilitation, including myofascial release and controlled exercises, is the recommended approach. Post-traumatic headache occurs within post-concussion syndrome (10–20% persistent cases). Assessment must explore vestibular, cervical, and cognitive dysfunctions. Early multimodal rehabilitation (vestibular, cervical, and n
{"title":"Du diagnostic à la prise en soins des principales céphalées secondaires indiquées à la rééducation : céphalée cervicogénique, céphalée attribuée à un trouble temporomandibulaire et syndrome post-commotionnel","authors":"Anthony Demont , Loïc Vest , Elizabeth Vitte , Alexandra Cervantes , Leila Benaissa","doi":"10.1016/j.douler.2025.09.013","DOIUrl":"10.1016/j.douler.2025.09.013","url":null,"abstract":"<div><div>Les céphalées secondaires, définies par la 3<sup>e</sup> édition de <em>l’International Classification Headache Disorders</em> (ICHD-3) comme symptomatiques d’une cause identifiable, regroupent des affections bénignes (céphalée cervicogénique, céphalée liée aux troubles temporomandibulaires [CADTM]) et des situations graves. La céphalée cervicogénique (prévalence ≈<!--> <!-->3–4 %) résulte d’une convergence trigémino-cervicale et se manifeste par des céphalées unilatérales déclenchées par mouvements cervicaux. Le test de flexion-rotation cervicale est l’outil diagnostique le plus discriminant. La prise en soins repose sur la rééducation : thérapie manuelle à court terme et exercices spécifiques pour des effets durables. L’ajout d’une prise d’anti-inflammatoires a un effet limité. La CADTM, définie comme une douleur temporale liée à un désordre temporomandibulaire douloureux, implique un chevauchement physiopathologique avec la migraine et la céphalée de tension via une sensibilisation centrale. Le diagnostic repose sur la modulation par la fonction mandibulaire et la reproduction douloureuse à la palpation. La rééducation oro-maxillo-faciale et cervicale, associée à des techniques myofasciales et exercices contrôlés, constitue le traitement de référence. Enfin, la céphalée post-traumatique s’inscrit dans le syndrome post-commotionnel (10–20 % des cas persistants). L’évaluation doit explorer les troubles vestibulaires, cervicaux et cognitifs. La rééducation multimodale (vestibulaire, cervicale et neurologique) et l’éducation en santé du patient précoce sont essentielles pour prévenir la chronicisation.</div></div><div><div>Secondary headaches, defined by the 3rd edition of International Classification Headache Disorders as symptomatic of an identifiable cause, include benign disorders (cervicogenic headache, headache attributed to temporomandibular disorders [TMD]) and severe conditions. Cervicogenic headache (prevalence ≈ 3–4%) results from trigeminocervical convergence and presents as unilateral headache triggered by cervical movements. The flexion-rotation test is the most discriminant clinical tool. Management relies on rehabilitation: manual therapy for short-term relief and targeted exercises for long-term benefits. Adding anti-inflammatory drugs has a limited effect. Headache attributed to temporomandibular disorders, defined as temporal pain associated with a painful TMD, shares pathophysiological mechanisms with migraine and tension-type headache through central sensitization. Diagnosis is supported by headache modulation during jaw function and pain reproduction upon palpation. Oro-maxillo-facial and cervical rehabilitation, including myofascial release and controlled exercises, is the recommended approach. Post-traumatic headache occurs within post-concussion syndrome (10–20% persistent cases). Assessment must explore vestibular, cervical, and cognitive dysfunctions. Early multimodal rehabilitation (vestibular, cervical, and n","PeriodicalId":53699,"journal":{"name":"Douleurs","volume":"26 6","pages":"Pages 349-363"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-07","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145584607","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-07DOI: 10.1016/j.douler.2025.09.008
Sabine Debremaeker
La migraine est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé comme la troisième pathologie la plus invalidante au monde et la seconde maladie neurologique invalidante après l’accident vasculaire cérébral. Afin de comprendre et d’accompagner les patients, il est essentiel d’en connaître tous les aspects, exprimés à travers les plaintes des patients et de plus en plus confirmés par la recherche. La migraine se déroule en plusieurs étapes qui, toutes confondues, peuvent s’étaler sur une semaine pour une seule crise. Elle est associée à de multiples symptômes dont les principaux sont : l’hypersensibilité sensorielle, les troubles cognitifs et les troubles de l’humeur. La stigmatisation retentit aussi fortement sur le bien-être mental des personnes qui en sont atteintes. L’impact sur la qualité de vie est majeur. Dans les deux domaines les plus essentiels, la famille et l’emploi, l’imprévisibilité des crises et la gestion au quotidien du seuil migraineux perturbent considérablement les activités familiales et professionnelles ainsi que les relations. Un vrai partenariat structuré patient/soignant peut contribuer à améliorer la vie des patients et leur santé.
Migraine is recognized by World Health Organization as the third most incapacitating pathology in the world, and the second most incapacitating neurological disease after stroke. To understand and support patients, it is essential to know all its aspects, as expressed in patients’ complaints and increasingly confirmed by research. Migraines occur in several stages, all of which together can last up to a week for a single attack. It is associated with multiple symptoms, the main ones being sensory hypersensitivity, cognitive impairment and mood disorders. Stigmatization also has a strong impact on mental well-being. The impact on quality of life is major. In the two most essential areas, family and employment, the unpredictability of attacks and the day-to-day management of the migraine threshold considerably disrupt family and professional activities, as well as relationships. A truly structured patient/caregiver partnership can help improve patients’ lives and their health.
{"title":"Chroniques de vie avec une migraine : comprendre et accompagner le quotidien de la personne","authors":"Sabine Debremaeker","doi":"10.1016/j.douler.2025.09.008","DOIUrl":"10.1016/j.douler.2025.09.008","url":null,"abstract":"<div><div>La migraine est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé comme la troisième pathologie la plus invalidante au monde et la seconde maladie neurologique invalidante après l’accident vasculaire cérébral. Afin de comprendre et d’accompagner les patients, il est essentiel d’en connaître tous les aspects, exprimés à travers les plaintes des patients et de plus en plus confirmés par la recherche. La migraine se déroule en plusieurs étapes qui, toutes confondues, peuvent s’étaler sur une semaine pour une seule crise. Elle est associée à de multiples symptômes dont les principaux sont : l’hypersensibilité sensorielle, les troubles cognitifs et les troubles de l’humeur. La stigmatisation retentit aussi fortement sur le bien-être mental des personnes qui en sont atteintes. L’impact sur la qualité de vie est majeur. Dans les deux domaines les plus essentiels, la famille et l’emploi, l’imprévisibilité des crises et la gestion au quotidien du seuil migraineux perturbent considérablement les activités familiales et professionnelles ainsi que les relations. Un vrai partenariat structuré patient/soignant peut contribuer à améliorer la vie des patients et leur santé.</div></div><div><div>Migraine is recognized by World Health Organization as the third most incapacitating pathology in the world, and the second most incapacitating neurological disease after stroke. To understand and support patients, it is essential to know all its aspects, as expressed in patients’ complaints and increasingly confirmed by research. Migraines occur in several stages, all of which together can last up to a week for a single attack. It is associated with multiple symptoms, the main ones being sensory hypersensitivity, cognitive impairment and mood disorders. Stigmatization also has a strong impact on mental well-being. The impact on quality of life is major. In the two most essential areas, family and employment, the unpredictability of attacks and the day-to-day management of the migraine threshold considerably disrupt family and professional activities, as well as relationships. A truly structured patient/caregiver partnership can help improve patients’ lives and their health.</div></div>","PeriodicalId":53699,"journal":{"name":"Douleurs","volume":"26 6","pages":"Pages 368-375"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-07","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145584609","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-07DOI: 10.1016/j.douler.2025.09.012
Diana Doukhi , Anthony Demont , Jérôme Mawet
La migraine et les céphalées de tension sont des affections très fréquentes. Elles touchent près de trois milliards de personnes dans le monde. La migraine affecte 12 % des Français, avec un pic entre 30 et 40 ans, et constitue l’une des principales causes de handicap à l’échelle mondiale. Sa physiopathologie complexe implique le système trigémino-vasculaire et le CGRP, un médiateur central de la douleur. Les céphalées de tension, encore plus répandues, sont généralement moins invalidantes, même si la forme chronique peut fortement impacter la qualité de vie. Le diagnostic repose sur les critères de l’International Headache Society. Le traitement de la migraine et des céphalées de tension associe des interventions médicamenteuses, de crise et parfois de fond, ajustées à la fréquence et à la sévérité des crises ainsi que des interventions non médicamenteuses. Ces pathologies représentent un enjeu thérapeutique majeur pour les professionnels de santé, et notamment les kinésithérapeutes, appelés à reconnaître ces tableaux cliniques fréquents et contribuer à leur prise en soins pluridisciplinaire.
Migraine and tension-type headaches are highly prevalent conditions, affecting nearly 3 billion people worldwide. Migraine affects 12% of the French population, with a peak between the ages of 30 and 40 and is among the leading causes of disability globally. Its complex pathophysiology involves the trigeminovascular system and CGRP, a key pain mediator. Tension-type headaches, which are even more common, are generally less debilitating, although the chronic form can have a significant impact on quality of life. Diagnosis is based on the criteria of the International Headache Society. Management of both migraine and tension-type headache combines acute and sometimes preventive pharmacological interventions tailored to the frequency and severity of attacks, along with non-pharmacological interventions. These disorders represent a major therapeutic challenge for healthcare providers, particularly physiotherapists, who are increasingly involved in recognizing these common clinical presentations and contributing to their multidisciplinary management.
{"title":"Du diagnostic à la prise en soins des principales céphalées primaires indiquées à la rééducation : migraine et céphalée de tension","authors":"Diana Doukhi , Anthony Demont , Jérôme Mawet","doi":"10.1016/j.douler.2025.09.012","DOIUrl":"10.1016/j.douler.2025.09.012","url":null,"abstract":"<div><div>La migraine et les céphalées de tension sont des affections très fréquentes. Elles touchent près de trois milliards de personnes dans le monde. La migraine affecte 12 % des Français, avec un pic entre 30 et 40 ans, et constitue l’une des principales causes de handicap à l’échelle mondiale. Sa physiopathologie complexe implique le système trigémino-vasculaire et le CGRP, un médiateur central de la douleur. Les céphalées de tension, encore plus répandues, sont généralement moins invalidantes, même si la forme chronique peut fortement impacter la qualité de vie. Le diagnostic repose sur les critères de l’International Headache Society. Le traitement de la migraine et des céphalées de tension associe des interventions médicamenteuses, de crise et parfois de fond, ajustées à la fréquence et à la sévérité des crises ainsi que des interventions non médicamenteuses. Ces pathologies représentent un enjeu thérapeutique majeur pour les professionnels de santé, et notamment les kinésithérapeutes, appelés à reconnaître ces tableaux cliniques fréquents et contribuer à leur prise en soins pluridisciplinaire.</div></div><div><div>Migraine and tension-type headaches are highly prevalent conditions, affecting nearly 3 billion people worldwide. Migraine affects 12% of the French population, with a peak between the ages of 30 and 40 and is among the leading causes of disability globally. Its complex pathophysiology involves the trigeminovascular system and CGRP, a key pain mediator. Tension-type headaches, which are even more common, are generally less debilitating, although the chronic form can have a significant impact on quality of life. Diagnosis is based on the criteria of the International Headache Society. Management of both migraine and tension-type headache combines acute and sometimes preventive pharmacological interventions tailored to the frequency and severity of attacks, along with non-pharmacological interventions. These disorders represent a major therapeutic challenge for healthcare providers, particularly physiotherapists, who are increasingly involved in recognizing these common clinical presentations and contributing to their multidisciplinary management.</div></div>","PeriodicalId":53699,"journal":{"name":"Douleurs","volume":"26 6","pages":"Pages 342-348"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-07","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145584606","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-07DOI: 10.1016/j.douler.2025.09.011
Anthony Demont
Les personnes atteintes de céphalées chroniques et plus particulièrement de migraine subissent une stigmatisation liée à des stéréotypes socioculturels persistants. Longtemps perçue comme une maladie féminine, psychologique ou simulée, la migraine reste aujourd’hui banalisée, ce qui nuit à sa reconnaissance médicale et sociale. Cette stigmatisation, souvent intériorisée, freine le recours aux soins, génère isolement, culpabilité et rejet. Les personnes atteintes de migraine vivent régulièrement l’impact de préjugés par leur entourage dans leur environnement familial, amical et professionnel. Pour y remédier, il est essentiel d’agir sur tous les fronts : information du public, formation des professionnels, valorisation de la parole des personnes atteintes et reconnaissance du retentissement de la maladie. Lutter contre ces idées reçues passe par une meilleure compréhension de la migraine comme maladie neurologique chronique et invalidante.
People living with chronic headaches, especially migraine, often face stigma rooted in persistent sociocultural stereotypes. Long perceived as a feminine, psychological, or even feigned illness, migraine continues to be trivialized, hindering its medical and social recognition. This stigma, often internalized, reduces access to care and fosters isolation, guilt, and rejection. Individuals with migraine frequently experience prejudice from those around them in family, social, and professional settings. Addressing this requires action on multiple levels: public awareness, professional training, valuing the voices of those affected, and acknowledging the impact of the disease. Combating these misconceptions begins with a better understanding of migraine as a chronic and disabling neurological condition.
{"title":"« Ce n’est qu’un mal de tête ; va te coucher, ça ira mieux demain » : et si nous changions de grille de lecture concernant les personnes atteintes de migraine ?","authors":"Anthony Demont","doi":"10.1016/j.douler.2025.09.011","DOIUrl":"10.1016/j.douler.2025.09.011","url":null,"abstract":"<div><div>Les personnes atteintes de céphalées chroniques et plus particulièrement de migraine subissent une stigmatisation liée à des stéréotypes socioculturels persistants. Longtemps perçue comme une maladie féminine, psychologique ou simulée, la migraine reste aujourd’hui banalisée, ce qui nuit à sa reconnaissance médicale et sociale. Cette stigmatisation, souvent intériorisée, freine le recours aux soins, génère isolement, culpabilité et rejet. Les personnes atteintes de migraine vivent régulièrement l’impact de préjugés par leur entourage dans leur environnement familial, amical et professionnel. Pour y remédier, il est essentiel d’agir sur tous les fronts : information du public, formation des professionnels, valorisation de la parole des personnes atteintes et reconnaissance du retentissement de la maladie. Lutter contre ces idées reçues passe par une meilleure compréhension de la migraine comme maladie neurologique chronique et invalidante.</div></div><div><div>People living with chronic headaches, especially migraine, often face stigma rooted in persistent sociocultural stereotypes. Long perceived as a feminine, psychological, or even feigned illness, migraine continues to be trivialized, hindering its medical and social recognition. This stigma, often internalized, reduces access to care and fosters isolation, guilt, and rejection. Individuals with migraine frequently experience prejudice from those around them in family, social, and professional settings. Addressing this requires action on multiple levels: public awareness, professional training, valuing the voices of those affected, and acknowledging the impact of the disease. Combating these misconceptions begins with a better understanding of migraine as a chronic and disabling neurological condition.</div></div>","PeriodicalId":53699,"journal":{"name":"Douleurs","volume":"26 6","pages":"Pages 364-367"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-07","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145584608","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-07DOI: 10.1016/j.douler.2025.09.010
Anthony Demont , Jérôme Mawet
Les différents types de céphalées, dont la migraine et la céphalée de tension, présentent une prévalence élevée mais restent souvent sous-diagnostiquées ou inadéquatement prises en soins. Les retards diagnostiques – liés aux représentations inappropriées à ce sujet au sein de la population, aux difficultés d’accès et au défaut de formation de certains médecins généralistes et neurologues – participent au risque d’errance thérapeutique. L’approche biomédicale centrée sur la pharmacothérapie montre ses limites, notamment pour les formes de céphalées chroniques. Les kinésithérapeutes, par leur expertise des facteurs musculosquelettiques et leur capacité à effectuer des interventions non médicamenteuses basées sur les données probantes, constituent un levier pertinent de la prise en soins pour une approche intégrative de certaines conditions. Une coordination structurée entre médecins généralistes, neurologues et kinésithérapeutes est essentielle pour optimiser le parcours de soins de ces patients, renforcer la pertinence des interventions et améliorer les résultats cliniques.
Headaches, including migraine and tension-type headache, are highly prevalent yet often underdiagnosed or inadequately managed. Diagnostic delays—stemming from misconceptions within the general population, limited access to care, and insufficient training among some family physicians and neurologists—contribute to the risk of therapeutic wandering. The biomedical approach, primarily focused on pharmacotherapy, shows its limitations, particularly in chronic forms. Physiotherapists, through their expertise in musculoskeletal factors and their ability to implement evidence-based non-pharmacological interventions, represent a valuable asset for an integrative approach. Structured coordination between family physicians, neurologists, and physiotherapists is essential to optimize care pathways, enhance the relevance of interventions, and improve clinical outcomes.
{"title":"L’organisation des soins autour de la personne qui consulte pour des céphalées et la coopération kinésithérapeute-neurologue","authors":"Anthony Demont , Jérôme Mawet","doi":"10.1016/j.douler.2025.09.010","DOIUrl":"10.1016/j.douler.2025.09.010","url":null,"abstract":"<div><div>Les différents types de céphalées, dont la migraine et la céphalée de tension, présentent une prévalence élevée mais restent souvent sous-diagnostiquées ou inadéquatement prises en soins. Les retards diagnostiques – liés aux représentations inappropriées à ce sujet au sein de la population, aux difficultés d’accès et au défaut de formation de certains médecins généralistes et neurologues – participent au risque d’errance thérapeutique. L’approche biomédicale centrée sur la pharmacothérapie montre ses limites, notamment pour les formes de céphalées chroniques. Les kinésithérapeutes, par leur expertise des facteurs musculosquelettiques et leur capacité à effectuer des interventions non médicamenteuses basées sur les données probantes, constituent un levier pertinent de la prise en soins pour une approche intégrative de certaines conditions. Une coordination structurée entre médecins généralistes, neurologues et kinésithérapeutes est essentielle pour optimiser le parcours de soins de ces patients, renforcer la pertinence des interventions et améliorer les résultats cliniques.</div></div><div><div>Headaches, including migraine and tension-type headache, are highly prevalent yet often underdiagnosed or inadequately managed. Diagnostic delays—stemming from misconceptions within the general population, limited access to care, and insufficient training among some family physicians and neurologists—contribute to the risk of therapeutic wandering. The biomedical approach, primarily focused on pharmacotherapy, shows its limitations, particularly in chronic forms. Physiotherapists, through their expertise in musculoskeletal factors and their ability to implement evidence-based non-pharmacological interventions, represent a valuable asset for an integrative approach. Structured coordination between family physicians, neurologists, and physiotherapists is essential to optimize care pathways, enhance the relevance of interventions, and improve clinical outcomes.</div></div>","PeriodicalId":53699,"journal":{"name":"Douleurs","volume":"26 6","pages":"Pages 336-341"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-07","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145584554","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-10-29DOI: 10.1016/j.douler.2025.09.007
Bernard Calvino
De très nombreux canaux ioniques interviennent dans la physiologie et la physiopathologie de la douleur aiguë et chronique, mais les canaux ioniques sodiques Nav (dont l’activité dépend du potentiel électrique membranaire, canaux dits « voltage-dépendants ») jouent un rôle primordial dans le déclenchement et le décours du potentiel d’action, et donc de l’excitabilité neuronale et de la transmission du message nerveux. Parmi les neuf isoformes de Navs, deux d’entre elles ont un rôle important dans la douleur, Nav-1.7 et Nav-1.8, deux isoformes de Nav présentes spécifiquement dans les neurones sensoriels périphériques avec une expression préférentielle dans les corps cellulaires des neurones des ganglions de la racine dorsale et des ganglions trigéminaux. Les propriétés de ces canaux ioniques les caractérisent comme cibles périphériques potentiellement spécifiques de la douleur. Des inhibiteurs sélectifs de canaux ioniques sodiques Nav-1.7 et Nav-1.8 ont été proposés pour le soulagement de la douleur chronique. Une nouvelle formulation de molécules, dont la première de cette catégorie, la suzétrigine, a été mise au point par la compagnie pharmaceutique Vertex Pharmaceuticals aux États-Unis, et pourrait rapidement conduire au développement d’une nouvelle classe d’analgésiques. Le 30 janvier 2025, la FDA a approuvé aux États-Unis la suzétrigine pour le traitement de la douleur aiguë modérée à sévère, présentant l’énorme avantage de ne pas être de la famille des opioïdes. La mise au point de la suzétrigine constitue une étape importante pour combler ce besoin de nouvelles options pour soulager pharmacologiquement la douleur aiguë ou sévère. La suzétrigine est une petite molécule qui exerce un puissant effet inhibiteur très sélectif sur le canal ionique voltage-dépendant Nav-1.8, parce qu’elle stabilise l’état « fermé inactif » de Nav-1.8 et de ce fait exerce une inhibition tonique du canal ionique. Elle inhibe donc les messages associés à la douleur dans les neurones sensoriels des ganglions de la racine dorsale. La suzétrigine propose donc une nouvelle option thérapeutique pour la prise en charge de la douleur aiguë sévère ainsi que la possibilité de l’associer à des combinaisons pour des analgésies multimodales.
Various ionic channels are important actors for physiology and physiopathology of acute and chronic pain. Nav-1.7 and Nav1.8 are voltage-gated sodium channels which are responsible for transmitting pain messages. On January 30, 2025, the U.S. Food and Drug Administration approved suzetrigine, the first Nav1.8 inhibitor, for the treatment of moderate to severe acute pain. Nav-1.8 is selectively expressed in peripheral nociceptive neurons and by highly selectively inhibiting the Nav1.8 channel, suzetrigine can effectively alleviate pain. Suzetrigine offers a novel therapeutic option and a potential combination for multimodal analgesia, with the promise of transforming acute pain management and establishing new tr
{"title":"Canaux ioniques et douleur : la suzétrigine, une nouvelle molécule antalgique inhibitrice du canal sodique voltage-dépendant Nav-1.8","authors":"Bernard Calvino","doi":"10.1016/j.douler.2025.09.007","DOIUrl":"10.1016/j.douler.2025.09.007","url":null,"abstract":"<div><div>De très nombreux canaux ioniques interviennent dans la physiologie et la physiopathologie de la douleur aiguë et chronique, mais les canaux ioniques sodiques Nav (dont l’activité dépend du potentiel électrique membranaire, canaux dits « voltage-dépendants ») jouent un rôle primordial dans le déclenchement et le décours du potentiel d’action, et donc de l’excitabilité neuronale et de la transmission du message nerveux. Parmi les neuf isoformes de Navs, deux d’entre elles ont un rôle important dans la douleur, Nav-1.7 et Nav-1.8, deux isoformes de Nav présentes spécifiquement dans les neurones sensoriels périphériques avec une expression préférentielle dans les corps cellulaires des neurones des ganglions de la racine dorsale et des ganglions trigéminaux. Les propriétés de ces canaux ioniques les caractérisent comme cibles périphériques potentiellement spécifiques de la douleur. Des inhibiteurs sélectifs de canaux ioniques sodiques Nav-1.7 et Nav-1.8 ont été proposés pour le soulagement de la douleur chronique. Une nouvelle formulation de molécules, dont la première de cette catégorie, la suzétrigine, a été mise au point par la compagnie pharmaceutique Vertex Pharmaceuticals aux États-Unis, et pourrait rapidement conduire au développement d’une nouvelle classe d’analgésiques. Le 30 janvier 2025, la FDA a approuvé aux États-Unis la suzétrigine pour le traitement de la douleur aiguë modérée à sévère, présentant l’énorme avantage de ne pas être de la famille des opioïdes. La mise au point de la suzétrigine constitue une étape importante pour combler ce besoin de nouvelles options pour soulager pharmacologiquement la douleur aiguë ou sévère. La suzétrigine est une petite molécule qui exerce un puissant effet inhibiteur très sélectif sur le canal ionique voltage-dépendant Nav-1.8, parce qu’elle stabilise l’état « fermé inactif » de Nav-1.8 et de ce fait exerce une inhibition tonique du canal ionique. Elle inhibe donc les messages associés à la douleur dans les neurones sensoriels des ganglions de la racine dorsale. La suzétrigine propose donc une nouvelle option thérapeutique pour la prise en charge de la douleur aiguë sévère ainsi que la possibilité de l’associer à des combinaisons pour des analgésies multimodales.</div></div><div><div>Various ionic channels are important actors for physiology and physiopathology of acute and chronic pain. Nav-1.7 and Nav1.8 are voltage-gated sodium channels which are responsible for transmitting pain messages. On January 30, 2025, the U.S. Food and Drug Administration approved suzetrigine, the first Nav1.8 inhibitor, for the treatment of moderate to severe acute pain. Nav-1.8 is selectively expressed in peripheral nociceptive neurons and by highly selectively inhibiting the Nav1.8 channel, suzetrigine can effectively alleviate pain. Suzetrigine offers a novel therapeutic option and a potential combination for multimodal analgesia, with the promise of transforming acute pain management and establishing new tr","PeriodicalId":53699,"journal":{"name":"Douleurs","volume":"26 6","pages":"Pages 376-382"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-10-29","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145584610","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}