Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.068
B. Baroudjian , L. Da Meda , E. Ezine , I. Nakouri , J. Delyon , P. El Zeinaty , S. Idoudi , W. Lefevre , C. Lebbé
<div><h3>Introduction</h3><div>La première ligne de traitement des patients atteints de mélanome métastatique muté BRAF v600 est l’immunothérapie (IT). Toutefois, dans certaines situations d’urgence thérapeutique, il est proposé de débuter une thérapie ciblée (TC). Les principales limites de cette stratégie sont d’une part les réponses limitées dans le temps à la TC et d’autre part une moindre efficacité de l’IT en 2<sup>e</sup> ligne. Ainsi, trois essais ont évalué la bithérapie (IT<!--> <!-->+<!--> <!-->TC) introduite de manière synchrone : COMBI-I, Keynote et IMspire 150. Dans ces 3 essais négatifs, la combinaison était plus toxique sans bénéfice supplémentaire en survie (PFS et OS).</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Les patients traités par une combinaison IT<!--> <!-->+<!--> <!-->TC ont été recrutés via Melbase et divisés en 2 groupes : TC avec introduction d’une IT <3 mois après le début de la TC et TC avec introduction d’une IT >3 mois après le début de la TC. Les données d’efficacité (RECIST, PFS, OS) et de tolérance (CTCAE 4) sont recueillis de manière prospective dans MelBase.</div></div><div><h3>Objectifs</h3><div>Évaluation de la toxicité (objectif principal) et de l’efficacité (secondaire) de la combinaison IT<!--> <!-->+<!--> <!-->TC introduite de manière séquentielle.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total 55 patients étaient inclus et répartis en deux groupes : ajout de l’IT avant M3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->24) ou après M3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->31). Les 2 groupes étaient comparables avec notamment : 100 % de stade M1c, métastases cérébrales pour 67,3 %. L’IT était toujours une monothérapie anti-PD1. Aucune toxicité de grade 5 n’était observée et seules 3 toxicités de grade 4 étaient recensées. Une toxicité de grade 3 était observée dans le groupe 1 contre 9 dans le groupe 2. Les toxicités de grades 1 et 2 étaient plus fréquentes avec respectivement 11 et 24 patients dans les groupes 1 et 2. Une réponse objective était observée chez 65,5 % des patients (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->10, groupe 1 et <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->26, groupe 2) avec un taux de contrôle de la maladie de près de 100 % dans le groupe 2.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>La meilleure stratégie de traitement chez les patients atteints de mélanome métastatique symptomatique avec urgence thérapeutique n’est pas claire. Un traitement séquentiel par thérapie ciblée 2 à 3 mois avec un relais précoce avant progression pour une IT par ipilimumab et nivolumab semble être une bonne option. Cette stratégie peut toutefois se compliquer de phénomènes de rebond avec aggravation brutale de la maladie ne permettant pas la réalisation de la double IT. Dans ce contexte, l’introduction d’une IT sans arrêt de la TC se discute. Il semblerait dans notre cohorte que le délai d’introduction de l’IT ne modifie pas la tolérance avec toutefois une impression de majoration de la toxicité et de l’efficacité dans le groupe 2 >3 mois. Cet
{"title":"Tolérance et efficacité d’une introduction séquentielle de thérapie ciblée et immunothérapie chez des patients atteints de mélanome métastatique muté BRAF V600","authors":"B. Baroudjian , L. Da Meda , E. Ezine , I. Nakouri , J. Delyon , P. El Zeinaty , S. Idoudi , W. Lefevre , C. Lebbé","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.068","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.068","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La première ligne de traitement des patients atteints de mélanome métastatique muté BRAF v600 est l’immunothérapie (IT). Toutefois, dans certaines situations d’urgence thérapeutique, il est proposé de débuter une thérapie ciblée (TC). Les principales limites de cette stratégie sont d’une part les réponses limitées dans le temps à la TC et d’autre part une moindre efficacité de l’IT en 2<sup>e</sup> ligne. Ainsi, trois essais ont évalué la bithérapie (IT<!--> <!-->+<!--> <!-->TC) introduite de manière synchrone : COMBI-I, Keynote et IMspire 150. Dans ces 3 essais négatifs, la combinaison était plus toxique sans bénéfice supplémentaire en survie (PFS et OS).</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Les patients traités par une combinaison IT<!--> <!-->+<!--> <!-->TC ont été recrutés via Melbase et divisés en 2 groupes : TC avec introduction d’une IT <3 mois après le début de la TC et TC avec introduction d’une IT >3 mois après le début de la TC. Les données d’efficacité (RECIST, PFS, OS) et de tolérance (CTCAE 4) sont recueillis de manière prospective dans MelBase.</div></div><div><h3>Objectifs</h3><div>Évaluation de la toxicité (objectif principal) et de l’efficacité (secondaire) de la combinaison IT<!--> <!-->+<!--> <!-->TC introduite de manière séquentielle.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total 55 patients étaient inclus et répartis en deux groupes : ajout de l’IT avant M3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->24) ou après M3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->31). Les 2 groupes étaient comparables avec notamment : 100 % de stade M1c, métastases cérébrales pour 67,3 %. L’IT était toujours une monothérapie anti-PD1. Aucune toxicité de grade 5 n’était observée et seules 3 toxicités de grade 4 étaient recensées. Une toxicité de grade 3 était observée dans le groupe 1 contre 9 dans le groupe 2. Les toxicités de grades 1 et 2 étaient plus fréquentes avec respectivement 11 et 24 patients dans les groupes 1 et 2. Une réponse objective était observée chez 65,5 % des patients (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->10, groupe 1 et <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->26, groupe 2) avec un taux de contrôle de la maladie de près de 100 % dans le groupe 2.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>La meilleure stratégie de traitement chez les patients atteints de mélanome métastatique symptomatique avec urgence thérapeutique n’est pas claire. Un traitement séquentiel par thérapie ciblée 2 à 3 mois avec un relais précoce avant progression pour une IT par ipilimumab et nivolumab semble être une bonne option. Cette stratégie peut toutefois se compliquer de phénomènes de rebond avec aggravation brutale de la maladie ne permettant pas la réalisation de la double IT. Dans ce contexte, l’introduction d’une IT sans arrêt de la TC se discute. Il semblerait dans notre cohorte que le délai d’introduction de l’IT ne modifie pas la tolérance avec toutefois une impression de majoration de la toxicité et de l’efficacité dans le groupe 2 >3 mois. Cet","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A72-A73"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486171","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.642
J. Rouanet , M. Chanchou , P. Auzeloux , S. Levesque , T. Billoux , N. Sas , L. Maigne , M. D’incan , S. Mansard , X. Durando , F. Cachin
<div><h3>Introduction</h3><div>La radiothérapie interne vectorisée est une stratégie de médecine nucléaire en plein essor consistant à cibler des cellules tumorales au moyen d’un vecteur spécifique couplé à un radionucléide. L’ICF01012 est une petite molécule dérivée de benzamides, radiomarquée à l’iode 131, qui cible la mélanine intra- et extra-cellulaire. Cette molécule a démontré un effet antitumoral (survie, croissance tumorale) dans des modèles murins de mélanome, conduisant à un essai clinique de phase I. L’objectif principal était de déterminer la dose recommandée de l’131I-ICF01012 pour le traitement de patients atteints de mélanomes stade IV. La tolérance et de la dosimétrie étaient également évaluées.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>L’131I-ICF01012 a été évalué au cours d’un essai de phase I de première injection chez l’être humain, ouvert, bicentrique, avec escalade de dose selon un modèle de réévaluation continue, avec 3 paliers d’activité (0,8 ; 1,6 ; 2,7 GBq/m<sup>2</sup>). Un examen diagnostique (185 MBq) était réalisé pour confirmer la présence de lésions fixant le radiotraceur et l’absence de doses limitantes pour le foie, la rétine et les poumons, suivie à J10 de l’injection thérapeutique. Des imageries (corps entiers et tomographie par émission monophotonique/tomodensitométrie) étaient réalisées de 30<!--> <!-->min à J4 post-injection diagnostique et de J4 à J21 post-injection thérapeutique. Les doses absorbées par les organes à risque et les métastases étaient calculées par le formalisme du MIRD. La tolérance a été cotée selon la méthode NCI-CTC.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Neuf patients présentant un mélanome métastatique en échec des traitements recommandés ont été inclus. Six ont pu recevoir l’injection thérapeutique (palier 1 : <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1, palier 2 : <em>n</em> =4, palier 3 : <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1). Trois n’ont pas pu être traités en raison de l’absence de fixation suffisante de l’131I-ICF01012. La tolérance a été marquée par une toxicité neurologique grade I au palier 2, par une toxicité hématologique (neutropénie, thrombopénie) grade III ainsi qu’une alopécie non-cicatricielle grade II au palier 3. La dosimétrie personnalisée a permis d’évaluer les doses reçues aux organes à risques, sans atteinte des doses limitantes.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Le nombre de patients ne fixant pas le radiotraceur a été moins important que prévu (30 versus 50 %). Les toxicités survenues au palier 3 ont conduit à rétrograder au palier inférieur et à le maintenir pour les 3 inclusions suivantes. Les études précliniques réalisées en parallèle sur les effets immunitaires de l’131I-ICF01012 (effet abscopal, synergie avec les inhibiteurs de checkpoints immunitaires) nous conduisent à privilégier un schéma d’injections répétées de l’131I-ICF01012 avec un palier d’activité modéré.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cet essai clinique de phase 1 a permis de déterminer d’éval
矢量内部放射治疗是一种快速发展的核医学策略,使用特定的矢量结合放射性核素靶向肿瘤细胞。ICF01012是一种用131碘进行放射性标记的小苯并酰胺衍生分子,靶向细胞内和细胞外黑色素。这个分子产生antitumoral显示肿瘤(生存、成长的白鼠模型)中,导致黑色素瘤的临床试验阶段一的主要目的是确定l’131I-ICF01012推荐剂量的治疗黑色素瘤患者的四阶段。宽容和剂量也进行了评估。L - 131I-ICF01012在一项开放、双中心、剂量递增的人类首次注射I期试验中进行了评估,其活性等级为3级(0.8、1.6、2.7 GBq/m2)。进行诊断检查(185MBq),确认有固定放射性痕迹的病变,肝脏、视网膜和肺没有限值剂量,然后在J10进行治疗注射。在诊断后的J4和治疗后的J4到J21之间进行了30分钟的成像(全身和单光子发射断层扫描)。风险器官和转移的剂量是通过MIRD形式计算的。耐受性采用NCI-CTC方法进行评估。结果包括9名推荐治疗失败的转移性黑色素瘤患者。六都能够接受注射治疗(第1步:1、2步:n = n = 4,第三步:n = 1)。其中3例因131I-ICF01012缺失而无法治疗。耐受性为2级的I级神经毒性、3级的血液学毒性(中性粒细胞减少、血栓减少)和3级的II级无瘢痕性脱发。个性化剂量测量允许在不达到限值的情况下评估危险器官的剂量。不安装放射追踪器的患者数量低于预期(30% vs . 50%)。在第3级发生的毒性导致较低的水平下降,并在接下来的3个纳入中保持这一水平。对131I-ICF01012免疫效应的平行临床前研究(深奥效应,与免疫检查点抑制剂的协同作用)使我们倾向于重复注射具有中等水平活性的131I-ICF01012方案。本一期临床试验评估了131I-ICF01012的耐受性,以及在未来的I/II期临床试验中联合免疫检查点抑制剂可用于重复注射的最佳剂量。
{"title":"Radiothérapie interne vectorisée du mélanome métastatique : détermination de l’activité injectée optimale, dosimétrie personnalisée et tolérance de l’131I-ICF01012 (essai clinique de phase I)","authors":"J. Rouanet , M. Chanchou , P. Auzeloux , S. Levesque , T. Billoux , N. Sas , L. Maigne , M. D’incan , S. Mansard , X. Durando , F. Cachin","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.642","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.642","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La radiothérapie interne vectorisée est une stratégie de médecine nucléaire en plein essor consistant à cibler des cellules tumorales au moyen d’un vecteur spécifique couplé à un radionucléide. L’ICF01012 est une petite molécule dérivée de benzamides, radiomarquée à l’iode 131, qui cible la mélanine intra- et extra-cellulaire. Cette molécule a démontré un effet antitumoral (survie, croissance tumorale) dans des modèles murins de mélanome, conduisant à un essai clinique de phase I. L’objectif principal était de déterminer la dose recommandée de l’131I-ICF01012 pour le traitement de patients atteints de mélanomes stade IV. La tolérance et de la dosimétrie étaient également évaluées.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>L’131I-ICF01012 a été évalué au cours d’un essai de phase I de première injection chez l’être humain, ouvert, bicentrique, avec escalade de dose selon un modèle de réévaluation continue, avec 3 paliers d’activité (0,8 ; 1,6 ; 2,7 GBq/m<sup>2</sup>). Un examen diagnostique (185 MBq) était réalisé pour confirmer la présence de lésions fixant le radiotraceur et l’absence de doses limitantes pour le foie, la rétine et les poumons, suivie à J10 de l’injection thérapeutique. Des imageries (corps entiers et tomographie par émission monophotonique/tomodensitométrie) étaient réalisées de 30<!--> <!-->min à J4 post-injection diagnostique et de J4 à J21 post-injection thérapeutique. Les doses absorbées par les organes à risque et les métastases étaient calculées par le formalisme du MIRD. La tolérance a été cotée selon la méthode NCI-CTC.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Neuf patients présentant un mélanome métastatique en échec des traitements recommandés ont été inclus. Six ont pu recevoir l’injection thérapeutique (palier 1 : <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1, palier 2 : <em>n</em> =4, palier 3 : <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1). Trois n’ont pas pu être traités en raison de l’absence de fixation suffisante de l’131I-ICF01012. La tolérance a été marquée par une toxicité neurologique grade I au palier 2, par une toxicité hématologique (neutropénie, thrombopénie) grade III ainsi qu’une alopécie non-cicatricielle grade II au palier 3. La dosimétrie personnalisée a permis d’évaluer les doses reçues aux organes à risques, sans atteinte des doses limitantes.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Le nombre de patients ne fixant pas le radiotraceur a été moins important que prévu (30 versus 50 %). Les toxicités survenues au palier 3 ont conduit à rétrograder au palier inférieur et à le maintenir pour les 3 inclusions suivantes. Les études précliniques réalisées en parallèle sur les effets immunitaires de l’131I-ICF01012 (effet abscopal, synergie avec les inhibiteurs de checkpoints immunitaires) nous conduisent à privilégier un schéma d’injections répétées de l’131I-ICF01012 avec un palier d’activité modéré.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cet essai clinique de phase 1 a permis de déterminer d’éval","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A74-A75"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486195","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.643
J. Monnier , C. Belkacem , M.-A. Richard , C. Gaudy-Marqueste
<div><h3>Introduction</h3><div>L’intelligence artificielle (IA) a montré de très bonnes performances concernant la détection du mélanome à partir d’images dermoscopiques. Cependant, les résultats ont été obtenus dans un contexte expérimental et non en vie réelle, et sans être associés à un système de cartographie corps entier. Le système de cartographie corporelle VECTRA 3D permet la construction d’un avatar numérique du tégument cutané entier d’un patient et est associé à une vidéodermoscopie couplée à un système d’IA. L’objectif de notre étude rétrospective était d’évaluer l’apport de l’IA associée à la vidéodermoscopie intégrée au système de cartographie corporelle VECTRA 3D pour le dépistage automatisé du mélanome.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Nous avons inclus 30 patients ayant bénéficié d’une cartographie corporelle VECTRA 3D et d’une vidéodermoscopie pour chaque lésion mélanocytaire jugée atypique par le clinicien. Au total, 40 lésions mélanocytaires ont été incluses, opérées puis analysées histologiquement. Le logiciel d’IA étudié était le logiciel DEXI, intégré au système VECTRA 3D pour l’analyse d’images de vidéodermoscopie. L’algorithme de type multiclasse est fondé sur l’apprentissage profond et a été entrainé à partir d’images dermoscopiques issues de la base de données publiques International Skin Imaging Collaboration (ISIC). Il attribue un score de malignité à chaque lésion acquise avec le système de vidéodermoscopie et analyse automatiquement certaines caractéristiques comme l’asymétrie, le contour, la couleur et le diamètre. Nous avons réalisé des tests statistiques de Mann Whitney sur l’ensemble des lésions incluses ainsi que des tests de corrélation de Pearson.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 40 lésions avec analyse histologique, issues de 30 patients, 25 étaient des mélanomes (10 infiltrants, 15 in situ) et 15 étaient des naevus. Nous avons obtenu une différence significative (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05) entre les scores d’IA du logiciel DEXI à partir d’images vidéodermoscopiques et les résultats de l’analyse histologique. Les scores élevés étaient associés aux mélanomes et les scores faibles aux naevus (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,012). Parmi les paramètres analysés par l’IA, seuls le diamètre (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,52) et les contours (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,54) ont obtenu des résultats significatifs (<em>p</em> <!-->><!--> <!-->0,5) et étaient corrélés au diagnostic de mélanome selon le score de Pearson. Les paramètres asymétrie et couleur n’étaient pas corrélés au diagnostic de mélanome (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,5).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Notre étude a démontré que l’IA du logiciel DEXI intégré au système VECTRA de Canfield est pertinente pour le dépistage de mélanome en vie réelle. Le système d’IA est également interprétable (Explainable AI) car il présente des cartographies de chaleur (Heatmap) des zones d’intérêt utilisées pour
{"title":"Intelligence artificielle appliquée à la vidéodermoscopie intégrée au système de cartographie corporelle VECTRA 3D pour le dépistage automatisé du mélanome : étude en vie réelle","authors":"J. Monnier , C. Belkacem , M.-A. Richard , C. Gaudy-Marqueste","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.643","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.643","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>L’intelligence artificielle (IA) a montré de très bonnes performances concernant la détection du mélanome à partir d’images dermoscopiques. Cependant, les résultats ont été obtenus dans un contexte expérimental et non en vie réelle, et sans être associés à un système de cartographie corps entier. Le système de cartographie corporelle VECTRA 3D permet la construction d’un avatar numérique du tégument cutané entier d’un patient et est associé à une vidéodermoscopie couplée à un système d’IA. L’objectif de notre étude rétrospective était d’évaluer l’apport de l’IA associée à la vidéodermoscopie intégrée au système de cartographie corporelle VECTRA 3D pour le dépistage automatisé du mélanome.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Nous avons inclus 30 patients ayant bénéficié d’une cartographie corporelle VECTRA 3D et d’une vidéodermoscopie pour chaque lésion mélanocytaire jugée atypique par le clinicien. Au total, 40 lésions mélanocytaires ont été incluses, opérées puis analysées histologiquement. Le logiciel d’IA étudié était le logiciel DEXI, intégré au système VECTRA 3D pour l’analyse d’images de vidéodermoscopie. L’algorithme de type multiclasse est fondé sur l’apprentissage profond et a été entrainé à partir d’images dermoscopiques issues de la base de données publiques International Skin Imaging Collaboration (ISIC). Il attribue un score de malignité à chaque lésion acquise avec le système de vidéodermoscopie et analyse automatiquement certaines caractéristiques comme l’asymétrie, le contour, la couleur et le diamètre. Nous avons réalisé des tests statistiques de Mann Whitney sur l’ensemble des lésions incluses ainsi que des tests de corrélation de Pearson.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 40 lésions avec analyse histologique, issues de 30 patients, 25 étaient des mélanomes (10 infiltrants, 15 in situ) et 15 étaient des naevus. Nous avons obtenu une différence significative (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05) entre les scores d’IA du logiciel DEXI à partir d’images vidéodermoscopiques et les résultats de l’analyse histologique. Les scores élevés étaient associés aux mélanomes et les scores faibles aux naevus (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,012). Parmi les paramètres analysés par l’IA, seuls le diamètre (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,52) et les contours (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,54) ont obtenu des résultats significatifs (<em>p</em> <!-->><!--> <!-->0,5) et étaient corrélés au diagnostic de mélanome selon le score de Pearson. Les paramètres asymétrie et couleur n’étaient pas corrélés au diagnostic de mélanome (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,5).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Notre étude a démontré que l’IA du logiciel DEXI intégré au système VECTRA de Canfield est pertinente pour le dépistage de mélanome en vie réelle. Le système d’IA est également interprétable (Explainable AI) car il présente des cartographies de chaleur (Heatmap) des zones d’intérêt utilisées pour ","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A75"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486196","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.078
D. Gravier , A. Welfringer-Morin , S. Fraitag , S. Hadj-Rabia , O. Boccara , L. Bekel , P. Delanoe , N. Bodak , J.F. Emile , S. Héritier , J. Donadieu , C. Bodemer , Groupe Histiobase
<div><h3>Introduction</h3><div>Les histiocytoses langerhansiennes cutanées isolées (HLC) involuent spontanément ou évoluent vers des formes multisystémiques (FMS). Aucun critère ne permet de prédire cette évolution. Les experts français recommandent un suivi clinico-biologique pendant les 5 ans qui suivent le diagnostic. Notre objectif était de mesurer le pourcentage de patients atteints de HLC avant l’âge de 1 an évoluant vers une MS et d’éventuellement identifier des éléments clinico-biologiques prédictifs.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Étude rétrospective multicentrique (Registre national des histiocytoses) ; ont été inclus les enfants de moins d’un an ayant une HLC prouvée histologiquement sans atteinte extra-cutanée au moment du diagnostic, c’est-à-dire, NFS, bilan hépatique, radiographies (thoracique et osseuse) et échographie abdominale normaux.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Ont été inclus 107 patients d’un âge moyen de 2 mois au diagnostic, avec un sex-ratio de 1,7 et une durée médiane de suivi de 62 mois (2–324 mois).</div><div>Parmi eux, 20 patients ont évolué vers une FMS [délai moyen de 13 mois après le diagnostic initial (1–66 mois)].</div><div>Le sex-ratio était de 3 chez les FMS et de 1,5 chez les patients HLC (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,204). Les premières lésions cutanées apparaissaient à 3,4 mois chez les FMS contre 1,8 mois chez les HCL (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0199). Les FMS présentaient significativement plus de lésions purpuriques (56 % vs 17 %, p<!--> <!-->=<!--> <!-->0,000). Bien que non significatif, il y avait plus de lésions du cuir chevelu (78 % vs 48 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,064) et des plis (81 % vs 51 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,075), et moins de lésions du visage (6 % vs 26 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,072) chez les patients avec FMS. La surface cutanée (SC) atteinte était plus souvent<!--> <!-->><!--> <!-->25 % chez les FMS (54 % vs 19 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,01) et la disparition des lésions plus rare (44 % vs 100 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,000) et plus tardive (17,5 mois vs 3 mois, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0272). Il y avait de manière non significative plus de mutation BRAF V600E chez les FMS (88 % vs 52 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,064). Deux patients FMS sont décédés, 1 seul en lien avec l’histiocytose langerhansienne.</div><div>Tous les patients FMS ont présenté des signes cliniques annonciateurs : fièvre, hépatosplénomégalie, cassure pondérale, syndrome polyuro-polydipsique. Aucun n’a été identifié au travers des explorations systématiques.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Ainsi sont distingués deux phénotypes d’HLC chez les enfants : une forme auto-involutive simple (ex. : Hashimoto-Pritzker) et une FMS. Les critères prédictifs d’une évolution vers la forme MS sont l’apparition plus tardive des lésions et leur persistance, des lésions purpuriques, et une atteinte diffuse (><!--> <!-->25 % SC). Tous les patients MS ét
孤立的朗格汉斯皮肤组织细胞病(LCs)可自发发生或发展为多系统形式(MFs)。没有任何标准可以预测这种演变。法国专家建议在诊断后5年内进行临床-生物随访。我们的目标是测量1岁前HLC患者发展为多发性硬化症的百分比,并最终确定预测临床生物学因素。多中心回顾性研究(国家组织细胞病登记处);包括1岁以下的儿童,组织学上证实HLC在诊断时没有皮外病变,即正常的NFS、肝脏检查、x光(胸部和骨骼)和腹部超声。107例患者中位年龄为2个月,性别比例为1.7,中位随访时间为62个月(2 - 324个月)。其中,20例患者发展为FMS[初始诊断后平均13个月(1 - 66个月)]。MSF患者的性别比例为3,HLC患者的性别比例为1.5 (p = 0.204)。MS患者在3.4个月时首次出现皮肤病变,而HCL患者在1.8个月时出现皮肤病变(p = 0.0199)。MSF患者有明显更多的紫色病变(56% vs 17%, p = 0.000)。虽然不重要,有头皮的损伤(78%以上vs 48%, p = 0,064 vs褶皱(81%)和51 %,p = 0.075)面部损伤,不到6% (vs 26%, p = 0.072)的患者中,与FMS。受影响的皮肤表面(SC)在MS患者中更常见25% (54% vs . 19%, p = 0.01),病变消失更罕见(44% vs . 100%, p = 0.000)和更晚(17.5个月vs . 3个月,p = 0.0272)。FMS中BRAF V600E突变无显著增加(88% vs 52%, p = 0.064)。2例FMS患者死亡,1例与朗格汉斯组织细胞增多症有关。所有FMS患者均表现出预兆性临床症状:发热、肝脾肿大、体重骨折、多尿多双性综合征。没有一个是通过系统的探索发现的。因此,在儿童中发现了两种HLC表型:一种是简单的自旋型(如Hashimoto-Pritzker),另一种是FMS。多发性硬化症发展的预测标准是病变的较晚出现及其持续时间、紫色病变和弥漫性病变(25% SC)。所有多发性硬化症患者都有症状。这表明,对于患有LHC的患者,1年的临床随访可能就足够了,但不能预测多发性硬化症的发展,只有在出现临床症状时才需要进行临床放射检查。ConclusionLes HLC <一岁;没有达到毫秒的诊断需要临床监测风险演化走向毫秒的形式,但也有可能是最初的临床症状(紫癜,晚期出现和持续的损伤,皮肤表面广泛)生物监测,这种风险评估和调整。
{"title":"Histiocytoses langerhansiennes cutanées isolées chez le nourrisson de moins d’un an : évolution","authors":"D. Gravier , A. Welfringer-Morin , S. Fraitag , S. Hadj-Rabia , O. Boccara , L. Bekel , P. Delanoe , N. Bodak , J.F. Emile , S. Héritier , J. Donadieu , C. Bodemer , Groupe Histiobase","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.078","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.078","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les histiocytoses langerhansiennes cutanées isolées (HLC) involuent spontanément ou évoluent vers des formes multisystémiques (FMS). Aucun critère ne permet de prédire cette évolution. Les experts français recommandent un suivi clinico-biologique pendant les 5 ans qui suivent le diagnostic. Notre objectif était de mesurer le pourcentage de patients atteints de HLC avant l’âge de 1 an évoluant vers une MS et d’éventuellement identifier des éléments clinico-biologiques prédictifs.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Étude rétrospective multicentrique (Registre national des histiocytoses) ; ont été inclus les enfants de moins d’un an ayant une HLC prouvée histologiquement sans atteinte extra-cutanée au moment du diagnostic, c’est-à-dire, NFS, bilan hépatique, radiographies (thoracique et osseuse) et échographie abdominale normaux.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Ont été inclus 107 patients d’un âge moyen de 2 mois au diagnostic, avec un sex-ratio de 1,7 et une durée médiane de suivi de 62 mois (2–324 mois).</div><div>Parmi eux, 20 patients ont évolué vers une FMS [délai moyen de 13 mois après le diagnostic initial (1–66 mois)].</div><div>Le sex-ratio était de 3 chez les FMS et de 1,5 chez les patients HLC (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,204). Les premières lésions cutanées apparaissaient à 3,4 mois chez les FMS contre 1,8 mois chez les HCL (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0199). Les FMS présentaient significativement plus de lésions purpuriques (56 % vs 17 %, p<!--> <!-->=<!--> <!-->0,000). Bien que non significatif, il y avait plus de lésions du cuir chevelu (78 % vs 48 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,064) et des plis (81 % vs 51 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,075), et moins de lésions du visage (6 % vs 26 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,072) chez les patients avec FMS. La surface cutanée (SC) atteinte était plus souvent<!--> <!-->><!--> <!-->25 % chez les FMS (54 % vs 19 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,01) et la disparition des lésions plus rare (44 % vs 100 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,000) et plus tardive (17,5 mois vs 3 mois, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0272). Il y avait de manière non significative plus de mutation BRAF V600E chez les FMS (88 % vs 52 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,064). Deux patients FMS sont décédés, 1 seul en lien avec l’histiocytose langerhansienne.</div><div>Tous les patients FMS ont présenté des signes cliniques annonciateurs : fièvre, hépatosplénomégalie, cassure pondérale, syndrome polyuro-polydipsique. Aucun n’a été identifié au travers des explorations systématiques.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Ainsi sont distingués deux phénotypes d’HLC chez les enfants : une forme auto-involutive simple (ex. : Hashimoto-Pritzker) et une FMS. Les critères prédictifs d’une évolution vers la forme MS sont l’apparition plus tardive des lésions et leur persistance, des lésions purpuriques, et une atteinte diffuse (><!--> <!-->25 % SC). Tous les patients MS ét","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A82-A83"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486245","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.031
Y. Chen , Y. El Mahi , P. Saas , F. Aubin , L.-N. Xu , I. Gallais Sérézal
<div><h3>Introduction</h3><div>La prédiction des rechutes cliniques dans le psoriasis est limitée. Des études antérieures ont identifié des facteurs prédictifs cliniques du délai de rechute, notamment les antécédents thérapeutiques, les caractéristiques initiales des patients et le mécanisme d’action des traitements en cours. Cependant, ces modèles ne sont pas appliqués en pratique clinique et manquent de perspective tissulaire, essentielle à une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents des rechutes, dans l’espoir à l’avenir de réduire la survenue de rechutes chez les patients.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Nous avons prélevé des biopsies cutanées chez 13 patients en rémission clinique (PASI ≤2) depuis au moins un an sous biothérapie. Le traitement était interrompu après accord entre les patients et leur dermatologue, et l’expression de 97 gènes sur la peau en rémission et non lésionnelle (Nanostring) à été analysée à l’aide d’un panel cutané. Ces patients ont ensuite été suivis pendant un an et stratifiés en rechuteurs précoces (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8, rechutes dans les 6 mois) ou tardifs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5, après 6 mois).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Nous avons utilisé des analyses de survie et des corrélations pour identifier les marqueurs les plus associés aux rechutes. L’analyse des échantillons non lésionnels a identifié des gènes significativement associés au moment de la rechute : <em>FLG</em> et FABP5 étaient positivement corrélés, tandis que <em>S100A7</em>, <em>TNF</em> et <em>FABP7</em> étaient négativement corrélés. Dans la peau en rémission, <em>CTLA4</em> et <em>FOXP3</em> étaient plus présents chez les patients en rechute tardive. Une expression élevée de <em>XAF1</em>, <em>CD103</em>, <em>STAT6</em>, <em>FOXP3</em>, <em>DGAT</em> et <em>IL23A</em> épidermiques était associée à une rechute retardée. Une méthode similaire a été utilisée après activation des lymphocytes T dans la peau, afin de sensibiliser la détection de leurs signaux, car ils sont considérés comme des agents majeurs des rechutes dans le psoriasis. Afin de déterminer les sources cellulaires de ces marqueurs clés et de valider leur profil d’expression « protecteur » ou « à risque », nous avons réanalysé trois bases de données de single-cell RNAseq accessibles au public, portant sur des échantillons de peau en rémission ou en récidive, en utilisant les annotations cellulaires de gènes marqueurs connus. Nous avons identifié, parmi nos transcrits d’intérêt, certains fortement exprimés dans la peau en rémission et faiblement exprimés dans les lésions actives, présentant ainsi un profil d’expression « protecteur ». À l’inverse, un profil d’expression élevé dans les lésions actives et faible dans la peau en rémission a été considéré comme un profil d’expression « à risque ». Ces scores étaient principalement exprimés dans les lymphocytes T et les kératinocytes des lésions récidivantes, ainsi que dans les lymphocy
{"title":"Prédicteurs moléculaires de rechute du psoriasis à l’arrêt des biothérapies : identification de marqueurs pertinents","authors":"Y. Chen , Y. El Mahi , P. Saas , F. Aubin , L.-N. Xu , I. Gallais Sérézal","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.031","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.031","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La prédiction des rechutes cliniques dans le psoriasis est limitée. Des études antérieures ont identifié des facteurs prédictifs cliniques du délai de rechute, notamment les antécédents thérapeutiques, les caractéristiques initiales des patients et le mécanisme d’action des traitements en cours. Cependant, ces modèles ne sont pas appliqués en pratique clinique et manquent de perspective tissulaire, essentielle à une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents des rechutes, dans l’espoir à l’avenir de réduire la survenue de rechutes chez les patients.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Nous avons prélevé des biopsies cutanées chez 13 patients en rémission clinique (PASI ≤2) depuis au moins un an sous biothérapie. Le traitement était interrompu après accord entre les patients et leur dermatologue, et l’expression de 97 gènes sur la peau en rémission et non lésionnelle (Nanostring) à été analysée à l’aide d’un panel cutané. Ces patients ont ensuite été suivis pendant un an et stratifiés en rechuteurs précoces (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8, rechutes dans les 6 mois) ou tardifs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5, après 6 mois).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Nous avons utilisé des analyses de survie et des corrélations pour identifier les marqueurs les plus associés aux rechutes. L’analyse des échantillons non lésionnels a identifié des gènes significativement associés au moment de la rechute : <em>FLG</em> et FABP5 étaient positivement corrélés, tandis que <em>S100A7</em>, <em>TNF</em> et <em>FABP7</em> étaient négativement corrélés. Dans la peau en rémission, <em>CTLA4</em> et <em>FOXP3</em> étaient plus présents chez les patients en rechute tardive. Une expression élevée de <em>XAF1</em>, <em>CD103</em>, <em>STAT6</em>, <em>FOXP3</em>, <em>DGAT</em> et <em>IL23A</em> épidermiques était associée à une rechute retardée. Une méthode similaire a été utilisée après activation des lymphocytes T dans la peau, afin de sensibiliser la détection de leurs signaux, car ils sont considérés comme des agents majeurs des rechutes dans le psoriasis. Afin de déterminer les sources cellulaires de ces marqueurs clés et de valider leur profil d’expression « protecteur » ou « à risque », nous avons réanalysé trois bases de données de single-cell RNAseq accessibles au public, portant sur des échantillons de peau en rémission ou en récidive, en utilisant les annotations cellulaires de gènes marqueurs connus. Nous avons identifié, parmi nos transcrits d’intérêt, certains fortement exprimés dans la peau en rémission et faiblement exprimés dans les lésions actives, présentant ainsi un profil d’expression « protecteur ». À l’inverse, un profil d’expression élevé dans les lésions actives et faible dans la peau en rémission a été considéré comme un profil d’expression « à risque ». Ces scores étaient principalement exprimés dans les lymphocytes T et les kératinocytes des lésions récidivantes, ainsi que dans les lymphocy","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A51"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486292","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.034
R. Gabriel , P. Moghadam , E. Tancrede-Bohin , E. Charvet , S. Oro , T. Bettuzzi , J.-D. Bouaziz , C. Lepelletier
<div><h3>Introduction</h3><div>La pemphigoïde bulleuse (PB) est la dermatose bulleuse auto-immune la plus fréquente. Le dupilumab a montré son efficacité dans la PB au sein d’un essai contrôlé randomisé, dont le suivi sous traitement était limité à 12 mois, sans stratégie d’arrêt. En France, il fait l’objet d’une demande d’Accès précoce (AP) et d’Autorisation de mise sur le marché (AMM) dans cette indication.</div><div>Nous rapportons la première série de patients atteints de PB ayant reçu plus de 12 mois de traitement par dupilumab.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective multicentrique, a inclus les patients atteints de PB, ayant reçu du dupilumab à visée d’épargne cortisonique pendant une durée supérieure à 12 mois.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Vingt et un patients ont été inclus. Le dupilumab était prescrit à la posologie de 600<!--> <!-->mg puis 300<!--> <!-->mg/14<!--> <!-->jours (1<sup>ère</sup> ligne <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8, ≥2<sup>e</sup> ligne <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->13). La durée moyenne de suivi était de 40 mois, et celle du traitement par dupilumab était de 22 mois.</div><div>Sous dupilumab, on observait une rémission complète chez 86 % des patients et partielle chez 14 %. Le traitement local par dermocorticoïdes a pu être arrêté définitivement chez 14/20 patients (70 %).</div><div>Trois patients préalablement en rémission ont rechuté en cours de traitement, alors qu’il n’y avait eu ni interruption ni espacement des injections (délai médian de 5 mois après introduction du dupilumab). Chez 2 de ces patients, le rapprochement à une injection hebdomadaire associée à une courte corticothérapie locale initiale permettait de nouveau la rémission.</div><div>L’arrêt du traitement sans espacement préalable des injections (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4) a entraîné une rechute chez 3/4 des patients (délai médian de 8 mois).</div><div>L’espacement des injections à 3 semaines (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9) a permis de maintenir la rémission chez 7 patients (78 %).</div><div>Les effets indésirables rapportés étaient : aggravation de psoriasis (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1), pseudo-lymphome cutané (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1) et conjonctivite (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Dans la PB, les traitements d’épargne cortisonique, tel que le méthotrexate, sont souvent mal tolérés ou contre-indiqués. Le dupilumab, efficace et très bien toléré, devrait prochainement obtenir une AMM dans cette indication. Les rechutes semblent toutefois fréquentes en cas d’arrêt du traitement au cours de la 1<sup>ère</sup> année. Très peu de données sont disponibles quant au devenir des patients au-delà de 12 mois de traitement, et en particulier en cas d’arrêt ou d’espacement des injections. Il n’y a pas de données d’efficacité en cas d’espacement des injections dans la littérature. Notre étude suggère l’intérêt d’un espacement des injections mais ne permet pas d’évaluer l
{"title":"Efficacité et tolérance à long terme du dupilumab dans la pemphigoïde bulleuse : étude rétrospective française","authors":"R. Gabriel , P. Moghadam , E. Tancrede-Bohin , E. Charvet , S. Oro , T. Bettuzzi , J.-D. Bouaziz , C. Lepelletier","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.034","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.034","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La pemphigoïde bulleuse (PB) est la dermatose bulleuse auto-immune la plus fréquente. Le dupilumab a montré son efficacité dans la PB au sein d’un essai contrôlé randomisé, dont le suivi sous traitement était limité à 12 mois, sans stratégie d’arrêt. En France, il fait l’objet d’une demande d’Accès précoce (AP) et d’Autorisation de mise sur le marché (AMM) dans cette indication.</div><div>Nous rapportons la première série de patients atteints de PB ayant reçu plus de 12 mois de traitement par dupilumab.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective multicentrique, a inclus les patients atteints de PB, ayant reçu du dupilumab à visée d’épargne cortisonique pendant une durée supérieure à 12 mois.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Vingt et un patients ont été inclus. Le dupilumab était prescrit à la posologie de 600<!--> <!-->mg puis 300<!--> <!-->mg/14<!--> <!-->jours (1<sup>ère</sup> ligne <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8, ≥2<sup>e</sup> ligne <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->13). La durée moyenne de suivi était de 40 mois, et celle du traitement par dupilumab était de 22 mois.</div><div>Sous dupilumab, on observait une rémission complète chez 86 % des patients et partielle chez 14 %. Le traitement local par dermocorticoïdes a pu être arrêté définitivement chez 14/20 patients (70 %).</div><div>Trois patients préalablement en rémission ont rechuté en cours de traitement, alors qu’il n’y avait eu ni interruption ni espacement des injections (délai médian de 5 mois après introduction du dupilumab). Chez 2 de ces patients, le rapprochement à une injection hebdomadaire associée à une courte corticothérapie locale initiale permettait de nouveau la rémission.</div><div>L’arrêt du traitement sans espacement préalable des injections (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4) a entraîné une rechute chez 3/4 des patients (délai médian de 8 mois).</div><div>L’espacement des injections à 3 semaines (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9) a permis de maintenir la rémission chez 7 patients (78 %).</div><div>Les effets indésirables rapportés étaient : aggravation de psoriasis (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1), pseudo-lymphome cutané (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1) et conjonctivite (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Dans la PB, les traitements d’épargne cortisonique, tel que le méthotrexate, sont souvent mal tolérés ou contre-indiqués. Le dupilumab, efficace et très bien toléré, devrait prochainement obtenir une AMM dans cette indication. Les rechutes semblent toutefois fréquentes en cas d’arrêt du traitement au cours de la 1<sup>ère</sup> année. Très peu de données sont disponibles quant au devenir des patients au-delà de 12 mois de traitement, et en particulier en cas d’arrêt ou d’espacement des injections. Il n’y a pas de données d’efficacité en cas d’espacement des injections dans la littérature. Notre étude suggère l’intérêt d’un espacement des injections mais ne permet pas d’évaluer l","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A52-A53"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486356","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.037
M. El Moustaoui, N. Ammar, H. El Hassani Taib, S. Hamada, N. Ismaili, L. Benzekri, M. Meziane
<div><h3>Introduction</h3><div>Le pemphigus est une dermatose bulleuse auto-immune chronique, principalement observée chez les adultes jeunes entre 40 et 60 ans. Toutefois, une augmentation de son incidence a été récemment observée chez les sujets âgés.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Une étude rétro-prospective a été menée au sein du service de dermatologie de janvier 2001 à janvier 2025, incluant tous les patients âgés de 65 ans et plus ayant un diagnostic confirmé de pemphigus.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Quatre-vingts patients ont été inclus, représentant 42 % de l’ensemble des cas de pemphigus durant la période d’étude. Le sex-ratio était de 1,3, avec un âge moyen de début de 73,5 ans. Le niveau socio-économique était moyen dans 70 % des cas et faible dans 26,7 %. Le pemphigus séborrhéique était la forme la plus fréquente (63,3 %), suivi du pemphigus vulgaire (20 %), foliacé (13,3 %), et un seul cas (3,3 %) de pemphigus végétant. Les comorbidités étaient fréquentes, touchant 66,7 % des patients, principalement le diabète (40 %), l’hypertension artérielle (40 %), les pathologies neurologiques (23,3 %) et les cardiopathies (6,7 %).</div><div>Le diagnostic a été posé en moins de trois mois dans 62,5 % des cas. La sévérité initiale de la maladie (PDAI) était modérée dans 43,3 % des cas et sévère dans 36,7 %. L’impact sur la qualité de vie était important : 37,5 % des patients avaient un score DLQI entre 11 et 20 (impact significatif) et 20,8 % un score supérieur à 21 (impact extrêmement significatif). Le score PDAI moyen initial était plus bas chez les sujets âgés (34) que chez les patients plus jeunes (41), mais le score DLQI était plus élevé (18 contre 4), suggérant un retentissement psychologique plus marqué malgré une atteinte clinique moins sévère.</div><div>Tous les patients ont bénéficié d’une immunofluorescence indirecte ou immunoblot, sans corrélation significative entre le taux d’IFI et la sévérité de la maladie. Une corticothérapie orale a été prescrite dans 93,3 % des cas, principalement à la dose de 1<!--> <!-->mg/kg/j (60,9 %). Un traitement de seconde ligne a été nécessaire chez 63,3 % des patients, principalement par rituximab (63,3 %), avec quelques cas traités par dapsone (6,7 %) ou azathioprine (16,7 %).</div><div>Une évolution favorable a été obtenue chez 66,7 % des patients, avec durée moyenne de cicatrisation d’un mois. Des complications ont été observées chez 33,3 % des patients, notamment des embolies pulmonaires(13,3 %) et des chocs septiques(10 %). La mortalité chez les sujets âgés atteints de pemphigus était de 30 %, contre 3,3 % chez les plus jeunes.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Le pemphigus du sujet âgé présente des formes cliniques souvent modérées, mais un impact psychologique plus marqué et une mortalité nettement plus élevée que chez les patients plus jeunes. Les comorbidités fréquentes, les complications iatrogènes et le retard diagnostique aggravent le pronostic. Ces résu
{"title":"Le pemphigus du sujet âgé : particularités cliniques et pronostiques","authors":"M. El Moustaoui, N. Ammar, H. El Hassani Taib, S. Hamada, N. Ismaili, L. Benzekri, M. Meziane","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.037","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.037","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le pemphigus est une dermatose bulleuse auto-immune chronique, principalement observée chez les adultes jeunes entre 40 et 60 ans. Toutefois, une augmentation de son incidence a été récemment observée chez les sujets âgés.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Une étude rétro-prospective a été menée au sein du service de dermatologie de janvier 2001 à janvier 2025, incluant tous les patients âgés de 65 ans et plus ayant un diagnostic confirmé de pemphigus.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Quatre-vingts patients ont été inclus, représentant 42 % de l’ensemble des cas de pemphigus durant la période d’étude. Le sex-ratio était de 1,3, avec un âge moyen de début de 73,5 ans. Le niveau socio-économique était moyen dans 70 % des cas et faible dans 26,7 %. Le pemphigus séborrhéique était la forme la plus fréquente (63,3 %), suivi du pemphigus vulgaire (20 %), foliacé (13,3 %), et un seul cas (3,3 %) de pemphigus végétant. Les comorbidités étaient fréquentes, touchant 66,7 % des patients, principalement le diabète (40 %), l’hypertension artérielle (40 %), les pathologies neurologiques (23,3 %) et les cardiopathies (6,7 %).</div><div>Le diagnostic a été posé en moins de trois mois dans 62,5 % des cas. La sévérité initiale de la maladie (PDAI) était modérée dans 43,3 % des cas et sévère dans 36,7 %. L’impact sur la qualité de vie était important : 37,5 % des patients avaient un score DLQI entre 11 et 20 (impact significatif) et 20,8 % un score supérieur à 21 (impact extrêmement significatif). Le score PDAI moyen initial était plus bas chez les sujets âgés (34) que chez les patients plus jeunes (41), mais le score DLQI était plus élevé (18 contre 4), suggérant un retentissement psychologique plus marqué malgré une atteinte clinique moins sévère.</div><div>Tous les patients ont bénéficié d’une immunofluorescence indirecte ou immunoblot, sans corrélation significative entre le taux d’IFI et la sévérité de la maladie. Une corticothérapie orale a été prescrite dans 93,3 % des cas, principalement à la dose de 1<!--> <!-->mg/kg/j (60,9 %). Un traitement de seconde ligne a été nécessaire chez 63,3 % des patients, principalement par rituximab (63,3 %), avec quelques cas traités par dapsone (6,7 %) ou azathioprine (16,7 %).</div><div>Une évolution favorable a été obtenue chez 66,7 % des patients, avec durée moyenne de cicatrisation d’un mois. Des complications ont été observées chez 33,3 % des patients, notamment des embolies pulmonaires(13,3 %) et des chocs septiques(10 %). La mortalité chez les sujets âgés atteints de pemphigus était de 30 %, contre 3,3 % chez les plus jeunes.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Le pemphigus du sujet âgé présente des formes cliniques souvent modérées, mais un impact psychologique plus marqué et une mortalité nettement plus élevée que chez les patients plus jeunes. Les comorbidités fréquentes, les complications iatrogènes et le retard diagnostique aggravent le pronostic. Ces résu","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A54"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486359","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.071
A. Gelmetti , A. Lunati-Rozie , H. Ayache , S. Moryousef , B. Hébrard , L. Pacot , E. Pasmant , D. Vidaud , B. Funalot , P. Lecorvoisier , P. Wolkenstein , L. Fertitta
<div><h3>Introduction</h3><div>La neurofibromatose type 1 (NF1) mosaïque, résultat d’une mutation post-zygotique de <em>NF1</em>, est un variant de NF1 dont les lésions n’intéressent habituellement qu’un segment corporel. Des critères diagnostiques existent mais cette entité reste peu explorée, sa prise en charge non codifiée et son risque de transmission incertain.</div><div>L’objectif de l’étude est de décrire le spectre phénotypique de la NF1 mosaïque, ses complications et son risque de transmission.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective observationnelle. Une analyse par mots clés dans l’entrepôt de donnée de santé a permis l’extraction des cas suspects de NF1 mosaïque, suivis entre 10/2014 et 04/2025. Leurs données démographiques, cliniques, radiologiques et moléculaires ont été recueillies.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur 1522 dossiers étudiés, 216 ont été inclus : dont 145 femmes (67 %), âge médian à la consultation 43 ans (intervalle 13–80) et au diagnostic 34 ans (intervalle 0–69). Parmi eux, 155 avaient une distribution localisée/segmentaire des lésions cutanées, 51 plurisegmentaire. La NF1 mosaïque se présentait en 4 principaux tableaux : 45 lésions pigmentaires seules (taches café-au-lait et/ou lentigines), 75 neurofibromes seuls, 50 lésions pigmentaires et neurofibromes, et 44 neurofibromes plexiformes (NFp) isolés. Des comorbidités étaient trouvées chez 147 patients incluant 21 cancers (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->18 patients), dont 4 tumeurs malignes des gaines nerveuses (TMGN), 2/4 développées à partir d’un NFp isolé, et 4 cancers du sein, 2/4 développés de manière homolatérale aux lésions. Seuls 101 patients répondaient aux critères diagnostiques en vigueur et 84 à ceux de la NF1. Parmi les 87 patients ayant eu un enfant, 1 a transmis une NF1. Une mutation dans NF1 était trouvée dans 19/77 cas dans le sang, dans 15/26 dans une lésion (tache café-au-lait ou tumeur), dans 2/4 dans le sperme et dans 4/4 dans le frottis jugal et les cellules urinaires. Parmi les 31 patients ayant eu une TEP-IRM des lésions internes ont été trouvées chez 7.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Cette étude reprend la plus grande cohorte de patients atteints de NF1 mosaïque. La confrontation aux critères diagnostiques en vigueur souligne la nécessité de leur révision et l’ajout du critère suivant : présence de lésions à distribution segmentaire et d’un variant pathogène en tissu lésé dont NFp isolé. Le risque des complications oncologiques dont TGMN doit être évalué chez chaque patient, en particulier ceux présentant un NFp. Une imagerie complémentaire pourrait se discuter. Il existe un risque de transmission peu prédictible par rapport au 50 % de la maladie autosomique dominante que ne doit pas être négligé et peut, dans certains cas, justifier un conseil génétique.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Nos résultats soulignent l’importance de poursuivre l’exploration des formes mosaïques d
{"title":"Neurofibromatose de type 1 en mosaïque : large spectre phénotypique et implications pour la prise en charge","authors":"A. Gelmetti , A. Lunati-Rozie , H. Ayache , S. Moryousef , B. Hébrard , L. Pacot , E. Pasmant , D. Vidaud , B. Funalot , P. Lecorvoisier , P. Wolkenstein , L. Fertitta","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.071","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.071","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La neurofibromatose type 1 (NF1) mosaïque, résultat d’une mutation post-zygotique de <em>NF1</em>, est un variant de NF1 dont les lésions n’intéressent habituellement qu’un segment corporel. Des critères diagnostiques existent mais cette entité reste peu explorée, sa prise en charge non codifiée et son risque de transmission incertain.</div><div>L’objectif de l’étude est de décrire le spectre phénotypique de la NF1 mosaïque, ses complications et son risque de transmission.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective observationnelle. Une analyse par mots clés dans l’entrepôt de donnée de santé a permis l’extraction des cas suspects de NF1 mosaïque, suivis entre 10/2014 et 04/2025. Leurs données démographiques, cliniques, radiologiques et moléculaires ont été recueillies.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur 1522 dossiers étudiés, 216 ont été inclus : dont 145 femmes (67 %), âge médian à la consultation 43 ans (intervalle 13–80) et au diagnostic 34 ans (intervalle 0–69). Parmi eux, 155 avaient une distribution localisée/segmentaire des lésions cutanées, 51 plurisegmentaire. La NF1 mosaïque se présentait en 4 principaux tableaux : 45 lésions pigmentaires seules (taches café-au-lait et/ou lentigines), 75 neurofibromes seuls, 50 lésions pigmentaires et neurofibromes, et 44 neurofibromes plexiformes (NFp) isolés. Des comorbidités étaient trouvées chez 147 patients incluant 21 cancers (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->18 patients), dont 4 tumeurs malignes des gaines nerveuses (TMGN), 2/4 développées à partir d’un NFp isolé, et 4 cancers du sein, 2/4 développés de manière homolatérale aux lésions. Seuls 101 patients répondaient aux critères diagnostiques en vigueur et 84 à ceux de la NF1. Parmi les 87 patients ayant eu un enfant, 1 a transmis une NF1. Une mutation dans NF1 était trouvée dans 19/77 cas dans le sang, dans 15/26 dans une lésion (tache café-au-lait ou tumeur), dans 2/4 dans le sperme et dans 4/4 dans le frottis jugal et les cellules urinaires. Parmi les 31 patients ayant eu une TEP-IRM des lésions internes ont été trouvées chez 7.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Cette étude reprend la plus grande cohorte de patients atteints de NF1 mosaïque. La confrontation aux critères diagnostiques en vigueur souligne la nécessité de leur révision et l’ajout du critère suivant : présence de lésions à distribution segmentaire et d’un variant pathogène en tissu lésé dont NFp isolé. Le risque des complications oncologiques dont TGMN doit être évalué chez chaque patient, en particulier ceux présentant un NFp. Une imagerie complémentaire pourrait se discuter. Il existe un risque de transmission peu prédictible par rapport au 50 % de la maladie autosomique dominante que ne doit pas être négligé et peut, dans certains cas, justifier un conseil génétique.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Nos résultats soulignent l’importance de poursuivre l’exploration des formes mosaïques d","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A79"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486362","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.075
M.A. Fouad, N. Ben Salah, H. Belhadjali, M. Mohamed, Y. Soua, M. Korbi, I. Lahouel, M. Youssef, J. Zili
Introduction
L’hamartome sébacé de Jadassohn (HSJ) est une lésion congénitale affectant principalement le cuir chevelu et le visage, évoluant en plusieurs phases et comportant un risque de transformation tumorale à l’âge adulte. Cette étude a pour objectif de rapporter une série de cas d’HSJ et d’en analyser les caractéristiques clinicopathologiques et évolutives.
Matériel et méthodes
Une étude rétrospective a été menée, incluant 42 cas d’HSJ recensés sur une période de 15 ans (de janvier 2009 à janvier 2024).
Résultats
Quarante-deux patients ont été inclus (18 hommes et 24 femmes), avec un sex-ratio de 0,75. L’âge moyen était de 16,9 ans (extrêmes : 1,5 à 75 ans). Les trois principales présentations cliniques étaient des plaques (33,3 % des cas), des papules (23,8 % des cas) et des lésions brunâtres (19 % des cas). Toutes les lésions présentaient un aspect verruqueux. Leur taille variait de 0,5 à 4 cm, avec une taille moyenne de 1,53 cm. La localisation prédominante était le cuir chevelu (61,9 % des cas). La majorité des lésions était présente dès la naissance (54,8 % des cas). Une biopsie a été réalisée dans 61,9 % des cas. L’examen histopathologique a confirmé le diagnostic d’HSJ dans tous les cas. Un syringocystadénome était associé dans deux cas, un acanthome à cellules claires et un trichoblastome dans un cas chacun. Une transformation maligne en carcinome épidermoïde a été observée chez une fillette de 11 ans. Celle-ci a eu une exérèse carcinologique, avec une évolution favorable.
Discussion
L’HSJ est un hamartome congénital, dont l’incidence est estimée à 0,3 % des nouveau-nés. Il peut s’associer à différents types de tumeurs, le plus souvent bénignes, notamment le trichoblastome et le syringocystadénome papillifère. Le risque de transformation maligne constitue une préoccupation importante, en particulier à l’âge adulte. Notre série rapporte un cas de dégénérescence d’HSJ chez une enfant, remettant en question les protocoles de surveillance et l’abstention thérapeutique habituellement recommandés chez l’enfant. À notre connaissance, seuls deux cas de transformation de HSJ en carcinome épidermoïde ont été rapportés dans la littérature (une fille de 15 ans et un garçon de 10 ans). Sur la base de ces cas et de nos résultats, un suivi rapproché des patients, quel que soit leur âge, apparaît essentiel. En présence d’une lésion cliniquement évocatrice d’une transformation maligne, une exérèse chirurgicale rapide doit être pratiquée. Si une surveillance étroite ne peut être assurée, une exérèse prophylactique précoce doit être envisagée.
Conclusion
Notre étude rapporte un cas de transformation maligne précoce d’un HSJ chez un enfant, remettant en cause les recommandations actuelles d’observation et d’abstention thérapeutique dans cette population.
{"title":"Hamartome sébacé de Jadassohn : série hospitalière avec un cas pédiatrique exceptionnel de transformation en carcinome épidermoïde","authors":"M.A. Fouad, N. Ben Salah, H. Belhadjali, M. Mohamed, Y. Soua, M. Korbi, I. Lahouel, M. Youssef, J. Zili","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.075","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.075","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>L’hamartome sébacé de Jadassohn (HSJ) est une lésion congénitale affectant principalement le cuir chevelu et le visage, évoluant en plusieurs phases et comportant un risque de transformation tumorale à l’âge adulte. Cette étude a pour objectif de rapporter une série de cas d’HSJ et d’en analyser les caractéristiques clinicopathologiques et évolutives.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Une étude rétrospective a été menée, incluant 42 cas d’HSJ recensés sur une période de 15 ans (de janvier 2009 à janvier 2024).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Quarante-deux patients ont été inclus (18 hommes et 24 femmes), avec un sex-ratio de 0,75. L’âge moyen était de 16,9 ans (extrêmes : 1,5 à 75 ans). Les trois principales présentations cliniques étaient des plaques (33,3 % des cas), des papules (23,8 % des cas) et des lésions brunâtres (19 % des cas). Toutes les lésions présentaient un aspect verruqueux. Leur taille variait de 0,5 à 4<!--> <!-->cm, avec une taille moyenne de 1,53<!--> <!-->cm. La localisation prédominante était le cuir chevelu (61,9 % des cas). La majorité des lésions était présente dès la naissance (54,8 % des cas). Une biopsie a été réalisée dans 61,9 % des cas. L’examen histopathologique a confirmé le diagnostic d’HSJ dans tous les cas. Un syringocystadénome était associé dans deux cas, un acanthome à cellules claires et un trichoblastome dans un cas chacun. Une transformation maligne en carcinome épidermoïde a été observée chez une fillette de 11 ans. Celle-ci a eu une exérèse carcinologique, avec une évolution favorable.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’HSJ est un hamartome congénital, dont l’incidence est estimée à 0,3 % des nouveau-nés. Il peut s’associer à différents types de tumeurs, le plus souvent bénignes, notamment le trichoblastome et le syringocystadénome papillifère. Le risque de transformation maligne constitue une préoccupation importante, en particulier à l’âge adulte. Notre série rapporte un cas de dégénérescence d’HSJ chez une enfant, remettant en question les protocoles de surveillance et l’abstention thérapeutique habituellement recommandés chez l’enfant. À notre connaissance, seuls deux cas de transformation de HSJ en carcinome épidermoïde ont été rapportés dans la littérature (une fille de 15 ans et un garçon de 10 ans). Sur la base de ces cas et de nos résultats, un suivi rapproché des patients, quel que soit leur âge, apparaît essentiel. En présence d’une lésion cliniquement évocatrice d’une transformation maligne, une exérèse chirurgicale rapide doit être pratiquée. Si une surveillance étroite ne peut être assurée, une exérèse prophylactique précoce doit être envisagée.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Notre étude rapporte un cas de transformation maligne précoce d’un HSJ chez un enfant, remettant en cause les recommandations actuelles d’observation et d’abstention thérapeutique dans cette population.</div></div>","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A81"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486366","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.005
P. Bataille , G. Hickman , A. Hovnanian , F. Assan , H. Bachelez , E. Bourrat
Introduction
Les génodermatoses en lien avec des mutations de CARD14 peuvent se manifester par des psoriasis monogéniques, des pityriasis rubra pilaires (PRP) ou des tableaux sévères d’érythrodermies ichtyosiformes. Ces éruptions sont très souvent récalcitrantes aux traitements systémiques conventionnels, comme l’acitrétine, le méthotrexate ou la ciclosporine. Nous rapportons 3 patients traités avec succès par anti interleukine 23 (anti-IL23).
Observations
Un homme (33 ans) et sa soeur (30 ans) étaient issus de 2 parents sains, cousins germains, d’origine tunisienne. Ils étaient suivis pour une dermatose érythémato-squameuse non congénitale très précoce associant une kératodermie palmoplantaire (KPP) jaunâtre, un érythème du visage, des plaques érythémato-squameuses bien limitées et des intervalles de peau saine évocatrice de PRP. L’étude génétique familiale montrait que les 2 patients étaient homozygotes pour la mutation c.349G > A (p.Gly117Ser) de CARD14. Après échec de plusieurs lignes de traitement (acitrétine, méthotrexate, ciclosporine, anti-TNFα, anti-IL17), un traitement par ustékinumab était initié avec une très bonne efficacité initiale puis un échappement secondaire. Un traitement par anti-IL23 (risankizumab) était alors débuté avec une réponse complète des lésions cutanées.
Un troisième patient de 22 ans était suivi pour une érythrodermie ichtyosiforme sévère avec KPP évoluant depuis l’âge de 6 mois. L’étude génétique montrait que le patient était hétérozygote pour la mutation c.371 T > G (p.Leu124Pro) de CARD14. Après une efficacité partielle de l’acitrétine et de l’ustékinumab, un traitement par anti-IL23 (guselkumab) était initié avec un blanchiment quasi complet des lésions cutanées.
Observations
CARD14 est une protéine jouant un rôle dans le recrutement des caspases liées à l’inflammation. In vitro elle entraîne une augmentation de l’activation de la voie de signalisation NFκB. L’activité NFκB élevée entraîne une augmentation des chimiokines telles que l’IL-8 et le CCL20, qui conduisent au recrutement et à la différenciation de cellules inflammatoires : IL-23 par les cellules dendritiques et IL-17 et IL-22 par les lymphocytes T. L’efficacité de l’ustékinumab, anticorps humanisé monoclonal dirigé contre la sous-unité p40 commune aux IL12/23, a été suggéré dans plusieurs cases reports. Notre expérience retrouve une efficacité importante des anti-IL23, que ce soit le guselkumab ou le risankizumab, anticorps monoclonaux de type IgG1 ciblant la sous unité p19 de l’IL23, dans les génodermatoses en lien avec des mutations CARD14.
Discussion
Les anti-IL23 peuvent représenter une option thérapeutique intéressante pour le traitement des génodermatoses avec mutation CARD14.
与CARD14突变相关的基因皮肤病可表现为单源性银屑病、红斑糠疹(PRP)或严重的鱼鳞状红皮病。这些皮疹通常对传统的全身治疗方法有耐药性,如氨甲酯、甲氨蝶呤或环孢霉素。我们报告了3例成功接受抗白细胞介素23 (anti-IL23)治疗的患者。一名男子(33岁)和他的妹妹(30岁)来自两个健康的德国表亲,有突尼斯血统。早期非先天性红斑鳞状皮肤病,伴有黄斑手足角化病(KPP)、面部红斑、有限的红斑鳞状斑块和类似于PID的健康皮肤间隔。家族遗传研究显示,两名患者均为CARD14 c.349G > A (p.Gly117Ser)突变的同合子。在几种治疗方法(氨曲丁、甲氨蝶呤、环孢霉素、抗TNFα、抗IL17)失败后,开始使用ustekinumab治疗,最初效果非常好,但随后出现了继发性排泄。抗il23治疗(利桑基单抗)开始对皮肤损伤有完全的反应。第三名患者(22岁)在6个月大时接受了严重的鱼鳞状红皮病KPP的随访。基因研究表明,c.371突变的患者是异合子。CARD14的T & G (p.Leu124Pro)。在氨itretin和ustekinumab部分有效后,开始了抗il23治疗(guselkumab),皮肤病变几乎完全漂白。ObservationsCARD14是一种蛋白质,在炎症相关的caspase的招募中发挥作用。在体外,它会增加NFκB通路的激活。趋化因子NFκB的活性较高导致的诸如l’IL-8 CCL20,导致招募和炎症细胞的分化:IL-23的t淋巴细胞和树突状细胞和IL-17 IL-22 l’ustékinumab实效,针对曼谷。亚基单克隆抗体具有人性的共同向IL12/23多个方格中,与会者建议延期。我们的经验表明,抗IL23 guselkumab或risankizumab(针对IL23 p19亚基的IgG1单克隆抗体)在与CARD14突变相关的基因皮肤病中具有显著的有效性。抗IL23可能是治疗CARD14基因皮肤病的一种有趣的治疗选择。
{"title":"Efficacité des anti-interleukines 23 dans les génodermatoses CARD14","authors":"P. Bataille , G. Hickman , A. Hovnanian , F. Assan , H. Bachelez , E. Bourrat","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.005","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.005","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les génodermatoses en lien avec des mutations de CARD14 peuvent se manifester par des psoriasis monogéniques, des pityriasis rubra pilaires (PRP) ou des tableaux sévères d’érythrodermies ichtyosiformes. Ces éruptions sont très souvent récalcitrantes aux traitements systémiques conventionnels, comme l’acitrétine, le méthotrexate ou la ciclosporine. Nous rapportons 3 patients traités avec succès par anti interleukine 23 (anti-IL23).</div></div><div><h3>Observations</h3><div>Un homme (33 ans) et sa soeur (30 ans) étaient issus de 2 parents sains, cousins germains, d’origine tunisienne. Ils étaient suivis pour une dermatose érythémato-squameuse non congénitale très précoce associant une kératodermie palmoplantaire (KPP) jaunâtre, un érythème du visage, des plaques érythémato-squameuses bien limitées et des intervalles de peau saine évocatrice de PRP. L’étude génétique familiale montrait que les 2 patients étaient homozygotes pour la mutation c.349G <!--> <!-->><!--> <!--> A (p.Gly117Ser) de CARD14. Après échec de plusieurs lignes de traitement (acitrétine, méthotrexate, ciclosporine, anti-TNFα, anti-IL17), un traitement par ustékinumab était initié avec une très bonne efficacité initiale puis un échappement secondaire. Un traitement par anti-IL23 (risankizumab) était alors débuté avec une réponse complète des lésions cutanées.</div><div>Un troisième patient de 22 ans était suivi pour une érythrodermie ichtyosiforme sévère avec KPP évoluant depuis l’âge de 6 mois. L’étude génétique montrait que le patient était hétérozygote pour la mutation c.371<!--> <!-->T <!--> <!-->><!--> <!--> G (p.Leu124Pro) de CARD14. Après une efficacité partielle de l’acitrétine et de l’ustékinumab, un traitement par anti-IL23 (guselkumab) était initié avec un blanchiment quasi complet des lésions cutanées.</div></div><div><h3>Observations</h3><div>CARD14 est une protéine jouant un rôle dans le recrutement des caspases liées à l’inflammation. In vitro elle entraîne une augmentation de l’activation de la voie de signalisation NFκB. L’activité NFκB élevée entraîne une augmentation des chimiokines telles que l’IL-8 et le CCL20, qui conduisent au recrutement et à la différenciation de cellules inflammatoires : IL-23 par les cellules dendritiques et IL-17 et IL-22 par les lymphocytes T. L’efficacité de l’ustékinumab, anticorps humanisé monoclonal dirigé contre la sous-unité p40 commune aux IL12/23, a été suggéré dans plusieurs cases reports. Notre expérience retrouve une efficacité importante des anti-IL23, que ce soit le guselkumab ou le risankizumab, anticorps monoclonaux de type IgG1 ciblant la sous unité p19 de l’IL23, dans les génodermatoses en lien avec des mutations CARD14.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Les anti-IL23 peuvent représenter une option thérapeutique intéressante pour le traitement des génodermatoses avec mutation CARD14.</div></div>","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A35"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486428","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}