Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.072
P. Boitez , D. Farges , F. Bastard , P. Rousseau , L. Martin
Introduction
Les neurofibromes plexiformes (NFP) sont des tumeurs bénignes des nerfs périphériques, présentes chez 20 à 50 % des patients atteints de neurofibromatose de type 1 (NF1). Ces NFP peuvent devenir volumineux et affichants, douloureux, infiltrants et entraîner des déficits fonctionnels majeurs. Leur croissance est très rapide dans l’enfance, entraînant ainsi une morbidité importante. Le traitement chirurgical est actuellement le traitement de référence, mais la résection complète n’est pas toujours possible en raison de l’infiltration diffuse et de l’hypervascularisation. Le risque de récidive est important.
Le sélumétinib (S) est un inhibiteur sélectif des protéines kinases MEK ayant montré une réduction du volume tumoral de 20 à 30 % chez 70 % des patients traités dans la littérature.
Nous rapportons le cas de deux patients chez lesquels le traitement par S a permis une prise en charge chirurgicale.
Observations
Le premier patient, âgé de 16 ans, souffrait d’un NFP douloureux du creux poplité. Une résection tumorale partielle avait été faite à l’âge de 3 ans. Le S était introduit à l’âge de 14 ans. Après une augmentation initiale du volume tumoral à an de traitement, une biopsie était réalisée pour ne pas méconnaître une transformation maligne. Elle ne montrait pas de transformation sarcomateuse. Une exérèse complète était finalement proposée. Le second patient avait deux NFP douloureux du membre supérieur. Il n’avait jamais été opéré. Le S était débuté à l’âge de 11 ans. Il permettait une réduction de volume après 6 mois de traitement et une exérèse chirurgicale à 18 mois de l’introduction.
Dans les deux cas, les exérèses étaient complètes. Par rapport à son expérience antérieure de la chirurgie des NFP, le chirurgien notait un changement de texture tumorale et une nette diminution des saignements peropératoires.
Observations
Nous rapportons les deux premiers cas de traitement néoadjuvant des NFP par sélumetinib. En diminuant la taille et la vascularisation de la tumeur, ce traitement a facilité une chirurgie jusqu’alors impossible. Il a permis de diminuer les risques opératoires, et d’augmenter les chances de résection complète.
Dans la littérature, un cas allemand décrit une chirurgie rendue possible grâce au tramétinib pour un NFP cervical comprimant la moelle épinière. Un autre cas rapporte une utilisation adjuvante du sélumetinib après chirurgie d’un NFP spinal.
Discussion
Ces observations soulignent le potentiel d’une stratégie thérapeutique combinée associant sélumetinib et chirurgie dans les NFP, en particulier lorsque l’exérèse initiale est impossible. Elles soulignent la nécessité de comprendre quels sont les changements induits sur le plan tissulaire et moléculaire.
{"title":"Utilisation néoadjuvante du sélumetinib dans les neurofibromes plexiformes","authors":"P. Boitez , D. Farges , F. Bastard , P. Rousseau , L. Martin","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.072","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.072","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les neurofibromes plexiformes (NFP) sont des tumeurs bénignes des nerfs périphériques, présentes chez 20 à 50 % des patients atteints de neurofibromatose de type 1 (NF1). Ces NFP peuvent devenir volumineux et affichants, douloureux, infiltrants et entraîner des déficits fonctionnels majeurs. Leur croissance est très rapide dans l’enfance, entraînant ainsi une morbidité importante. Le traitement chirurgical est actuellement le traitement de référence, mais la résection complète n’est pas toujours possible en raison de l’infiltration diffuse et de l’hypervascularisation. Le risque de récidive est important.</div><div>Le sélumétinib (S) est un inhibiteur sélectif des protéines kinases MEK ayant montré une réduction du volume tumoral de 20 à 30 % chez 70 % des patients traités dans la littérature.</div><div>Nous rapportons le cas de deux patients chez lesquels le traitement par S a permis une prise en charge chirurgicale.</div></div><div><h3>Observations</h3><div>Le premier patient, âgé de 16 ans, souffrait d’un NFP douloureux du creux poplité. Une résection tumorale partielle avait été faite à l’âge de 3 ans. Le S était introduit à l’âge de 14 ans. Après une augmentation initiale du volume tumoral à an de traitement, une biopsie était réalisée pour ne pas méconnaître une transformation maligne. Elle ne montrait pas de transformation sarcomateuse. Une exérèse complète était finalement proposée. Le second patient avait deux NFP douloureux du membre supérieur. Il n’avait jamais été opéré. Le S était débuté à l’âge de 11 ans. Il permettait une réduction de volume après 6 mois de traitement et une exérèse chirurgicale à 18 mois de l’introduction.</div><div>Dans les deux cas, les exérèses étaient complètes. Par rapport à son expérience antérieure de la chirurgie des NFP, le chirurgien notait un changement de texture tumorale et une nette diminution des saignements peropératoires.</div></div><div><h3>Observations</h3><div>Nous rapportons les deux premiers cas de traitement néoadjuvant des NFP par sélumetinib. En diminuant la taille et la vascularisation de la tumeur, ce traitement a facilité une chirurgie jusqu’alors impossible. Il a permis de diminuer les risques opératoires, et d’augmenter les chances de résection complète.</div><div>Dans la littérature, un cas allemand décrit une chirurgie rendue possible grâce au tramétinib pour un NFP cervical comprimant la moelle épinière. Un autre cas rapporte une utilisation adjuvante du sélumetinib après chirurgie d’un NFP spinal.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Ces observations soulignent le potentiel d’une stratégie thérapeutique combinée associant sélumetinib et chirurgie dans les NFP, en particulier lorsque l’exérèse initiale est impossible. Elles soulignent la nécessité de comprendre quels sont les changements induits sur le plan tissulaire et moléculaire.</div></div><div><h3>Respect de l’obligation d’images</h3><div>OBLIG_IMAGES_FIELD.</div></div>","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A79"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486363","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.015
S. Tzoumpa , H. Montaudié , F. Grange , M.T. Leccia , C. Lesage , G. Jeudy , C. Bejar , M. Amini-Adle , R. Vernet , A. Dupuy , O. Zehou , F. Brunet Possenti , P. Célérier , C. Gaudy-Marqueste , D. Legoupil , L. Mortier , Z. Julia , N. Beneton , C. Nardin , Y. Le Corre , E. Maubec
<div><h3>Introduction</h3><div>Le mélanome est une entité hétérogène avec différents sous-types histologiques de pronostic variable. Les mélanomes muqueux (MLM) sont des tumeurs rares, de pronostic plus défavorable que les mélanomes cutanés (MC). Cette étude nationale rétrospective visait à comparer la survie sans progression (PFS) et globale (OS) chez des patients atteints de MLM et de MC, selon les sous-types histologiques: superficiel (SSM), nodulaire (MN), Dubreuilh (LMM), acro-lentigineux (ALM), tous traités en première ligne par inhibiteurs de checkpoint immunitaire (ICI).</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Au total, 93 cas de MLM, 325 de SSM, 281 de MN, 104 d’ALM et 85 de LMM sous ICI en première ligne entre 2015 et 2025, issus de 29 centres français, ont été inclus. Les comparaisons ont été ajustées par 2 méthodes: l’appariement vs la pondération par l’inverse de la probabilité (IPTW) sur le score de propension. Le score de propension intégrant le sexe, l’âge, le stade AJCC et le type d’ICI (anti-PD1<!--> <!-->±<!--> <!-->anti-CTLA4), assurait un bon équilibre des covariables. L’IPTW a été privilégiée afin d’inclure l’ensemble des cas de MLM, l’appariement réduisant l’échantillon et la puissance statistique. Les analyses de Cox pondérées et appariées ont été menées après vérification de l’hypothèse de proportionnalité des risques.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les patients avec MLM présentaient une PFS significativement plus courte (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) que celle des différents types de MC. En revanche, le croisement des courbes de Kaplan-Meier pour l’OS, impose une interprétation prudente des résultats du test de log-rank. L’hypothèse de proportionnalité des risques n’était respectée que pour la PFS. Le modèle de Cox pondéré a mis en évidence un risque de progression ou de décès significativement plus élevé (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) chez les patients atteints de MLM par rapport à ceux atteints de SSM (HR 4,86 ; IC95 % 3,63–6,51), MN (HR 5,84 ; IC95 % 4,32–7,90), LMM (HR 6,47 ; IC95 % 3,62–11,55) et ALM (HR 4,59 ; IC95 % 3,18–6,64). Les analyses pondérées et appariées avec différents calipers, ont montré des résultats convergents, confirmant la robustesse des résultats, quelle que soit la méthode utilisée.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Nos résultats confirment que les MLM ont un pronostic plus défavorable que les MC traités par ICI en 1<sup>ère</sup> ligne, avec une PFS plus courte quel que soit le sous-type des MC. Cela pourrait s’expliquer par un diagnostic tardif, un profil moléculaire distinct, une immunogénicité plus faible, limitant l’efficacité des ICI. Malgré la double immunothérapie, les résistances primaires sont fréquentes. De nouvelles approches, telles que les combinaisons anti-PD1<!--> <!-->+<!--> <!-->lenvatinib ou +anti-angiogéniques, sont en cours d’évaluation.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’inclusion systématique des patients atteints de MLM dans
{"title":"Analyse comparative de la survie des mélanomes muqueux et cutanés traités par inhibiteurs de checkpoint immunitaires en première ligne thérapeutique","authors":"S. Tzoumpa , H. Montaudié , F. Grange , M.T. Leccia , C. Lesage , G. Jeudy , C. Bejar , M. Amini-Adle , R. Vernet , A. Dupuy , O. Zehou , F. Brunet Possenti , P. Célérier , C. Gaudy-Marqueste , D. Legoupil , L. Mortier , Z. Julia , N. Beneton , C. Nardin , Y. Le Corre , E. Maubec","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.015","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.015","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le mélanome est une entité hétérogène avec différents sous-types histologiques de pronostic variable. Les mélanomes muqueux (MLM) sont des tumeurs rares, de pronostic plus défavorable que les mélanomes cutanés (MC). Cette étude nationale rétrospective visait à comparer la survie sans progression (PFS) et globale (OS) chez des patients atteints de MLM et de MC, selon les sous-types histologiques: superficiel (SSM), nodulaire (MN), Dubreuilh (LMM), acro-lentigineux (ALM), tous traités en première ligne par inhibiteurs de checkpoint immunitaire (ICI).</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Au total, 93 cas de MLM, 325 de SSM, 281 de MN, 104 d’ALM et 85 de LMM sous ICI en première ligne entre 2015 et 2025, issus de 29 centres français, ont été inclus. Les comparaisons ont été ajustées par 2 méthodes: l’appariement vs la pondération par l’inverse de la probabilité (IPTW) sur le score de propension. Le score de propension intégrant le sexe, l’âge, le stade AJCC et le type d’ICI (anti-PD1<!--> <!-->±<!--> <!-->anti-CTLA4), assurait un bon équilibre des covariables. L’IPTW a été privilégiée afin d’inclure l’ensemble des cas de MLM, l’appariement réduisant l’échantillon et la puissance statistique. Les analyses de Cox pondérées et appariées ont été menées après vérification de l’hypothèse de proportionnalité des risques.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Les patients avec MLM présentaient une PFS significativement plus courte (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) que celle des différents types de MC. En revanche, le croisement des courbes de Kaplan-Meier pour l’OS, impose une interprétation prudente des résultats du test de log-rank. L’hypothèse de proportionnalité des risques n’était respectée que pour la PFS. Le modèle de Cox pondéré a mis en évidence un risque de progression ou de décès significativement plus élevé (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) chez les patients atteints de MLM par rapport à ceux atteints de SSM (HR 4,86 ; IC95 % 3,63–6,51), MN (HR 5,84 ; IC95 % 4,32–7,90), LMM (HR 6,47 ; IC95 % 3,62–11,55) et ALM (HR 4,59 ; IC95 % 3,18–6,64). Les analyses pondérées et appariées avec différents calipers, ont montré des résultats convergents, confirmant la robustesse des résultats, quelle que soit la méthode utilisée.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Nos résultats confirment que les MLM ont un pronostic plus défavorable que les MC traités par ICI en 1<sup>ère</sup> ligne, avec une PFS plus courte quel que soit le sous-type des MC. Cela pourrait s’expliquer par un diagnostic tardif, un profil moléculaire distinct, une immunogénicité plus faible, limitant l’efficacité des ICI. Malgré la double immunothérapie, les résistances primaires sont fréquentes. De nouvelles approches, telles que les combinaisons anti-PD1<!--> <!-->+<!--> <!-->lenvatinib ou +anti-angiogéniques, sont en cours d’évaluation.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’inclusion systématique des patients atteints de MLM dans ","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A41-A42"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486419","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.016
S. Tzoumpa , C. Bejar , S. Le Naour , A. Khammari , V. Heidelberger , B. Villette , G. Quéreux , E. Maubec , Réseau RIC-Mel
<div><h3>Introduction</h3><div>Le mélanome muqueux (MM), forme rare représentant moins de 1 % des mélanomes, est associé à un pronostic défavorable (survie globale à 5 ans de 15–30 %). Les options thérapeutiques restent limitées en cas de résistance à l’immunothérapie. Des données préliminaires suggèrent une activité de l’association anti-PD1<!--> <!-->+<!--> <!-->lenvatinib, un inhibiteur multikinase ciblant les récepteurs VEGF, dans le MM métastatique résistant, mais peu d’études se sont intéressées spécifiquement au MM. Cette série rétrospective vise à évaluer l’efficacité en vie réelle de cette association dans cette population.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Au total, 6 cas de MM traités par anti-PD1<!--> <!-->+<!--> <!-->lenvatinib entre 2022 et 2024, identifiés à partir d’une base nationale, ont été inclus. Les données cliniques, histologiques, moléculaires, thérapeutiques et de survie ont été analysées.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 6 cas analysés, dont 4 (66,7 %) femmes, l’âge médian au diagnostic était de 71,7 ans. La localisation prédominante était digestive (66,7 %), suivie des localisations vulvo-vaginale et ORL (16,7 % chacune). L’indice de Breslow médian était élevé (10,25 mm), avec un index mitotique ≥1/mm<sup>2</sup> chez 4 patients (66,7 %), une ulcération présente chez tous (100 %). Des mutations tumorales ont été identifiées dans 4 cas, incluant NRAS, CKIT, TP53 et NF1 (chacune chez 16,7 % des cas). Aucun patient n’a bénéficié d’une procédure de ganglion sentinelle. Au début, 2 patients (33,3 %) étaient en stade III et 4 (66,7 %) en stade IV. Le traitement a été donné en 3<sup>e</sup> ligne (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4), 4<sup>e</sup> ligne (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1) et 5<sup>e</sup> ligne (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1), avec des doses de 20<!--> <!-->mg (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4) et 10<!--> <!-->mg (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2). Trois patients (50 %) présentaient une résistance primaire et 3 (50 %) une résistance secondaire à l’immunothérapie. Le délai médian entre le diagnostic et l’instauration du traitement était de 12,9 mois. Le taux de réponse objective (ORR) était de 16,7 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1/6) et le taux de contrôle de la maladie (DCR) de 33,3 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2/6, incluant 1 réponse partielle et 1 maladie stable). La durée médiane de réponse était de 7,5 mois. Quatre patients (66,7 %) ont présenté des effets indésirables, dont un a eu deux effets concomitants (3 digestifs, 1 myocardite, 1 diabète; 3 de grade 4, 2 de grade 3). Aux dernières nouvelles, 4 patients (66,7 %) étaient décédés (médiane : 16 mois après le début des anti-PD1<!--> <!-->+<!--> <!-->lenvatinib), et 2 (33,3 %) étaient vivants avec maladie.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Des études antérieures ont rapporté un ORR variant de 25 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1/4) à 71,4 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5/7) chez des patients atteints de MM traités par l’association
{"title":"Efficacité de l’association anti-PD1 + lenvatinib dans le mélanome muqueux","authors":"S. Tzoumpa , C. Bejar , S. Le Naour , A. Khammari , V. Heidelberger , B. Villette , G. Quéreux , E. Maubec , Réseau RIC-Mel","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.016","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.016","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le mélanome muqueux (MM), forme rare représentant moins de 1 % des mélanomes, est associé à un pronostic défavorable (survie globale à 5 ans de 15–30 %). Les options thérapeutiques restent limitées en cas de résistance à l’immunothérapie. Des données préliminaires suggèrent une activité de l’association anti-PD1<!--> <!-->+<!--> <!-->lenvatinib, un inhibiteur multikinase ciblant les récepteurs VEGF, dans le MM métastatique résistant, mais peu d’études se sont intéressées spécifiquement au MM. Cette série rétrospective vise à évaluer l’efficacité en vie réelle de cette association dans cette population.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Au total, 6 cas de MM traités par anti-PD1<!--> <!-->+<!--> <!-->lenvatinib entre 2022 et 2024, identifiés à partir d’une base nationale, ont été inclus. Les données cliniques, histologiques, moléculaires, thérapeutiques et de survie ont été analysées.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 6 cas analysés, dont 4 (66,7 %) femmes, l’âge médian au diagnostic était de 71,7 ans. La localisation prédominante était digestive (66,7 %), suivie des localisations vulvo-vaginale et ORL (16,7 % chacune). L’indice de Breslow médian était élevé (10,25 mm), avec un index mitotique ≥1/mm<sup>2</sup> chez 4 patients (66,7 %), une ulcération présente chez tous (100 %). Des mutations tumorales ont été identifiées dans 4 cas, incluant NRAS, CKIT, TP53 et NF1 (chacune chez 16,7 % des cas). Aucun patient n’a bénéficié d’une procédure de ganglion sentinelle. Au début, 2 patients (33,3 %) étaient en stade III et 4 (66,7 %) en stade IV. Le traitement a été donné en 3<sup>e</sup> ligne (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4), 4<sup>e</sup> ligne (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1) et 5<sup>e</sup> ligne (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1), avec des doses de 20<!--> <!-->mg (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4) et 10<!--> <!-->mg (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2). Trois patients (50 %) présentaient une résistance primaire et 3 (50 %) une résistance secondaire à l’immunothérapie. Le délai médian entre le diagnostic et l’instauration du traitement était de 12,9 mois. Le taux de réponse objective (ORR) était de 16,7 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1/6) et le taux de contrôle de la maladie (DCR) de 33,3 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2/6, incluant 1 réponse partielle et 1 maladie stable). La durée médiane de réponse était de 7,5 mois. Quatre patients (66,7 %) ont présenté des effets indésirables, dont un a eu deux effets concomitants (3 digestifs, 1 myocardite, 1 diabète; 3 de grade 4, 2 de grade 3). Aux dernières nouvelles, 4 patients (66,7 %) étaient décédés (médiane : 16 mois après le début des anti-PD1<!--> <!-->+<!--> <!-->lenvatinib), et 2 (33,3 %) étaient vivants avec maladie.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Des études antérieures ont rapporté un ORR variant de 25 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1/4) à 71,4 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5/7) chez des patients atteints de MM traités par l’association","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A42"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486420","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.041
E. Ribereau-Gayon , M. Ottavi , A. Carbonnelle-Puscian , X. Puechal , A. Audemard-Verger , J. Rohmer , M. Donzel , J. Tantot , C.-A. Durel , B. Terrier
<div><h3>Introduction</h3><div>La vascularite à IgA (VIgA) est une vascularite des petits vaisseaux caractérisée par des dépôts prédominants d’IgA. De rares formes associant un tableau de VIgA à une vascularite des vaisseaux de moyen calibre compatibles avec une périartérite noueuse (PAN) ont été rapportées, questionnant l’existence d’un chevauchement entre VIgA et PAN. L’objectif de cette étude était de décrire les caractéristiques des patients atteints de VIgA associée à une atteinte des vaisseaux de moyen calibre.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective multicentrique a été menée sous l’égide du Groupe français d’étude des vascularites via un appel à observations. Les patients avec VIgA confirmée histologiquement et une preuve d’atteinte des vaisseaux de moyen calibre (nécrose fibrinoïde des vaisseaux de moyen calibre, et/ou microanévrysmes, et/ou infarctus viscéraux) ont été inclus. Les patients ayant des ANCA-MPO ou PR3 positifs ont été exclus. Une revue systématique de la littérature a été menée en parallèle. Les patients ont été comparés aux cohortes françaises de VIgA et PAN.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 12 patients adressés, seuls 3 ont été inclus (absence de dépôts d’IgA ou pas de preuve de VMV pour les autres). Dans la base du GFEV, aucune atteinte prouvée des moyens vaisseaux n’a été observée chez 79 VIgA et aucun dépôt d’IgA chez 471 PAN. Dans la littérature, 20 études (1992–2025) ont identifié 20 patients supplémentaires. Au total, 23 patients ont été inclus, dont 5 patients pédiatriques. L’âge médian de la cohorte était de 55 [33–62] ans avec un sex-ratio F/H de 7/16. Tous les patients sauf un (cas 15) remplissaient les critères EULAR/PRINTO/PRES de VIgA ; pour le cas 15, la VIgA était confirmée au niveau rénal et digestif. Tous les patients avaient une atteinte documentée des vaisseaux de moyen calibre et présentaient des manifestations cliniques plus sévères que les tableaux habituels de VIgA : mononeuropathie multiple (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4), infarctus intestinal (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4), infarctus rénal (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->3)<strong>,</strong> infarctus splénique (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), infarctus myocardique (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), infarctus cérébral (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), hémorragie alvéolaire (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), pancréatite (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), infarctus testiculaire (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1), livedo (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1). L’atteinte des petits et moyens vaisseaux était simultanée chez tous les patients. Tous les patients ont reçu des corticoïdes, dont 18 en bolus, et 9 ont reçu en association du cyclophosphamide en traitement d’attaque. Comparativement aux patients issus de la cohorte française de VIgA, les adultes atteints de VIgA associée à une atteinte des vaisseaux de moyen calibre avaient des manifestations cutanées, articulaires et rénales non significativement différentes
{"title":"Atteinte des vaisseaux de moyen calibre au cours des vascularites à IgA : étude multicentrique et une revue de la littérature","authors":"E. Ribereau-Gayon , M. Ottavi , A. Carbonnelle-Puscian , X. Puechal , A. Audemard-Verger , J. Rohmer , M. Donzel , J. Tantot , C.-A. Durel , B. Terrier","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.041","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.041","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La vascularite à IgA (VIgA) est une vascularite des petits vaisseaux caractérisée par des dépôts prédominants d’IgA. De rares formes associant un tableau de VIgA à une vascularite des vaisseaux de moyen calibre compatibles avec une périartérite noueuse (PAN) ont été rapportées, questionnant l’existence d’un chevauchement entre VIgA et PAN. L’objectif de cette étude était de décrire les caractéristiques des patients atteints de VIgA associée à une atteinte des vaisseaux de moyen calibre.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective multicentrique a été menée sous l’égide du Groupe français d’étude des vascularites via un appel à observations. Les patients avec VIgA confirmée histologiquement et une preuve d’atteinte des vaisseaux de moyen calibre (nécrose fibrinoïde des vaisseaux de moyen calibre, et/ou microanévrysmes, et/ou infarctus viscéraux) ont été inclus. Les patients ayant des ANCA-MPO ou PR3 positifs ont été exclus. Une revue systématique de la littérature a été menée en parallèle. Les patients ont été comparés aux cohortes françaises de VIgA et PAN.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 12 patients adressés, seuls 3 ont été inclus (absence de dépôts d’IgA ou pas de preuve de VMV pour les autres). Dans la base du GFEV, aucune atteinte prouvée des moyens vaisseaux n’a été observée chez 79 VIgA et aucun dépôt d’IgA chez 471 PAN. Dans la littérature, 20 études (1992–2025) ont identifié 20 patients supplémentaires. Au total, 23 patients ont été inclus, dont 5 patients pédiatriques. L’âge médian de la cohorte était de 55 [33–62] ans avec un sex-ratio F/H de 7/16. Tous les patients sauf un (cas 15) remplissaient les critères EULAR/PRINTO/PRES de VIgA ; pour le cas 15, la VIgA était confirmée au niveau rénal et digestif. Tous les patients avaient une atteinte documentée des vaisseaux de moyen calibre et présentaient des manifestations cliniques plus sévères que les tableaux habituels de VIgA : mononeuropathie multiple (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4), infarctus intestinal (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4), infarctus rénal (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->3)<strong>,</strong> infarctus splénique (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), infarctus myocardique (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), infarctus cérébral (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), hémorragie alvéolaire (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), pancréatite (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->2), infarctus testiculaire (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1), livedo (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1). L’atteinte des petits et moyens vaisseaux était simultanée chez tous les patients. Tous les patients ont reçu des corticoïdes, dont 18 en bolus, et 9 ont reçu en association du cyclophosphamide en traitement d’attaque. Comparativement aux patients issus de la cohorte française de VIgA, les adultes atteints de VIgA associée à une atteinte des vaisseaux de moyen calibre avaient des manifestations cutanées, articulaires et rénales non significativement différentes","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A56-A57"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486459","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.020
L. Soumoy , V. Quidville , C. Pradon , L. Lacroix , E. Routier , D. Belkadi-Sadou , C. Boutros , V. de Savigny , P. Jamme , H. Herrmann , S. Roy , N. Benannoune , S. Agoussi , S. Vagner , F. Chehade , N. Hammoudi , V. Le Chevalier , P.H. Cournède , B. Archambaud , I. Malleval , C. Robert
Introduction
Chez les patients atteints d’un mélanome, une activité élevée de la lactate déshydrogénase (LDH) constitue l’indicateur le plus fort d’un mauvais pronostic, même avec les immunothérapies anticancéreuses ou les thérapies ciblées les plus efficaces. Bien que l’activité sanguine élevée de la LDH soit souvent corrélée à une charge tumorale élevée, ce n’est pas toujours le cas, et il n’a pas été démontré de manière définitive que l’activité LDH sanguine provient directement des cellules tumorales. Notre objectif principal est d’explorer les valeurs pronostiques respectives des 5 isoformes de la LDH chez des patients métastatiques.
Matériel et méthodes
Les activités enzymatiques de la LDH totale et des différentes isoformes de la LDH ont été mesurées dans des échantillons sanguins de 327 patients atteints de mélanome métastatique (224 patients avec une activité totale normale de la LDH et 103 avec une activité élevée), avant le début de l’immunothérapie. Les valeurs pronostiques de chaque isoforme de la LDH ont été analysées statistiquement.
Résultats
Tout d’abord, chez les patients atteints de mélanome métastatique, nous avons observé que de faibles pourcentages de LDH1 et de forts pourcentages de LDH4 étaient associés à une diminution de la survie globale (SG) (LDH1 : log-rank 0,044 ; LDH4 : log-rank 0,001) et de la survie sans progression (SSP) (LDH1 : log-rank 0,300 ; LDH4 : log-rank 0,020). De plus, le ratio LDH4/LDH1 s’est révélé être un marqueur pronostique plus robuste que les isoformes individuelles (SG : log-rank <0,001 ; SSP : log-rank 0,004). Fait intéressant, ce ratio LDH4/LDH1 permet de stratifier les patients à mauvais pronostic même parmi ceux ayant une activité sanguine totale normale de la LDH (SG : log-rank 0,026 ; SSP : log-rank 0,115).
Discussion
Le ratio LDH4/LDH1 est inversement associé à la survie globale et à la survie sans progression, même chez les patients métastatiques ayant un taux normal de LDH totale. Selon ces résultats, le ratio LDH4/LDH1 semble être un biomarqueur pronostique plus robuste que le taux total de LDH sanguine utilisé en pratique courante.
Conclusion
L’activité de la LDH ne reflète pas uniquement la charge tumorale, et l’origine, la signification et les rôles des isoformes de la LDH sanguine doivent être réévalués.
{"title":"Isoenzymes de la LDH et pronostic du mélanome : nouvelle approche pour les stades IV","authors":"L. Soumoy , V. Quidville , C. Pradon , L. Lacroix , E. Routier , D. Belkadi-Sadou , C. Boutros , V. de Savigny , P. Jamme , H. Herrmann , S. Roy , N. Benannoune , S. Agoussi , S. Vagner , F. Chehade , N. Hammoudi , V. Le Chevalier , P.H. Cournède , B. Archambaud , I. Malleval , C. Robert","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.020","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.020","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Chez les patients atteints d’un mélanome, une activité élevée de la lactate déshydrogénase (LDH) constitue l’indicateur le plus fort d’un mauvais pronostic, même avec les immunothérapies anticancéreuses ou les thérapies ciblées les plus efficaces. Bien que l’activité sanguine élevée de la LDH soit souvent corrélée à une charge tumorale élevée, ce n’est pas toujours le cas, et il n’a pas été démontré de manière définitive que l’activité LDH sanguine provient directement des cellules tumorales. Notre objectif principal est d’explorer les valeurs pronostiques respectives des 5 isoformes de la LDH chez des patients métastatiques.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Les activités enzymatiques de la LDH totale et des différentes isoformes de la LDH ont été mesurées dans des échantillons sanguins de 327 patients atteints de mélanome métastatique (224 patients avec une activité totale normale de la LDH et 103 avec une activité élevée), avant le début de l’immunothérapie. Les valeurs pronostiques de chaque isoforme de la LDH ont été analysées statistiquement.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Tout d’abord, chez les patients atteints de mélanome métastatique, nous avons observé que de faibles pourcentages de LDH1 et de forts pourcentages de LDH4 étaient associés à une diminution de la survie globale (SG) (LDH1 : log-rank 0,044 ; LDH4 : log-rank 0,001) et de la survie sans progression (SSP) (LDH1 : log-rank 0,300 ; LDH4 : log-rank 0,020). De plus, le ratio LDH4/LDH1 s’est révélé être un marqueur pronostique plus robuste que les isoformes individuelles (SG : log-rank <0,001 ; SSP : log-rank 0,004). Fait intéressant, ce ratio LDH4/LDH1 permet de stratifier les patients à mauvais pronostic même parmi ceux ayant une activité sanguine totale normale de la LDH (SG : log-rank 0,026 ; SSP : log-rank 0,115).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Le ratio LDH4/LDH1 est inversement associé à la survie globale et à la survie sans progression, même chez les patients métastatiques ayant un taux normal de LDH totale. Selon ces résultats, le ratio LDH4/LDH1 semble être un biomarqueur pronostique plus robuste que le taux total de LDH sanguine utilisé en pratique courante.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’activité de la LDH ne reflète pas uniquement la charge tumorale, et l’origine, la signification et les rôles des isoformes de la LDH sanguine doivent être réévalués.</div></div>","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A44-A45"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486466","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.010
B. Mouton , S. Oro , L. Jaume , M.L. Lovgren , L. Passby , S. Zigure , A. Tewari , B. Milpied , C. Toussaint , C. Salavastru , F. Dezoteux , L. Dehame , T. Adam , C. Bernier , C. Cariou , F. Tétard , S. Hadj-Rabia , C. Bodemer , A. Welfringer-Morin
<div><h3>Introduction</h3><div>La nécrolyse épidermique (NE) regroupe le syndrome de Stevens-Johnson et le syndrome de Lyell. Du fait de sa rareté chez l’enfant, ses caractéristiques et son évolution cliniques sont mal connues. Notre objectif était de les décrire au travers d’une analyse rétrospective multicentrique d’enfants atteints.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Étude rétrospective multicentrique (réseau d’expertise des toxidermies graves européen). Ont été inclus les patients de moins de 18 ans hospitalisés plus de 7<!--> <!-->jours pour NE entre le 01/01/2017 et le 31/10/2024. Les patients atteints d’érythème polymorphe étaient exclus (analyse photographique dans chaque centre). Les données cliniques, biologiques, thérapeutiques et évolutives ont été recueillies.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Cinquante et un patients (10 centres, 4 pays), dont 29 de France (56 %) ont été inclus. L’âge médian était de 10 ans (1–17 ans, sex-ratio<!--> <!-->=<!--> <!-->1). L’atopie (19 %) et les troubles neuropsychologiques (27 %) étaient les principaux antécédents.</div><div>Une cause médicamenteuse (41 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->21 dont antiépileptiques <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->15), infectieuse (31 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->16 dont mycoplasme <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11) ou aucune cause (27%, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->14) étaient mentionnées.</div><div>La surface cutanée décollable au diagnostic [15 %, (1–77)] était significativement plus étendue chez les enfants de moins de 6 ans (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,03); le décollement maximal était de 55 % (1–100). Des atteintes buccale (94 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->48), oculaire [92 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->47 dont 36 % de grade 3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->15/41)], génitale (88 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->45), respiratoire (13 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->7) et digestive (11 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->6) étaient rapportées. L’exploration sanguine montrait une lymphopénie (74 %) et une cytolyse hépatique (45 %).</div><div>La durée médiane d’hospitalisation était de 19<!--> <!-->jours (7–123); 86 % des patients (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->44) étaient admis en réanimation ou en centre de brûlés et presque la moitié (47 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->24/51) étaient ventilés. La durée d’hospitalisation était plus longue et la ventilation mécanique plus fréquente chez les enfants de moins de 6 ans (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,04 et <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,01, respectivement). Outre les soins de support, 41 % des patients ont reçu un traitement systémique (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->21): corticoïdes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->14), IgIV (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->7), sans impact sur la survie (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,16). Deux garçons de moins de 6 ans sont décédés (NE idiopathique).</div><div>À 6 mois, les séquelles étaient cutanées (63 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->29/46), oculaires [52 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->30/44 dont 6
{"title":"Nécrolyse épidermique de l’enfant caractéristiques cliniques, complications et pronostic","authors":"B. Mouton , S. Oro , L. Jaume , M.L. Lovgren , L. Passby , S. Zigure , A. Tewari , B. Milpied , C. Toussaint , C. Salavastru , F. Dezoteux , L. Dehame , T. Adam , C. Bernier , C. Cariou , F. Tétard , S. Hadj-Rabia , C. Bodemer , A. Welfringer-Morin","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.010","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.010","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La nécrolyse épidermique (NE) regroupe le syndrome de Stevens-Johnson et le syndrome de Lyell. Du fait de sa rareté chez l’enfant, ses caractéristiques et son évolution cliniques sont mal connues. Notre objectif était de les décrire au travers d’une analyse rétrospective multicentrique d’enfants atteints.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Étude rétrospective multicentrique (réseau d’expertise des toxidermies graves européen). Ont été inclus les patients de moins de 18 ans hospitalisés plus de 7<!--> <!-->jours pour NE entre le 01/01/2017 et le 31/10/2024. Les patients atteints d’érythème polymorphe étaient exclus (analyse photographique dans chaque centre). Les données cliniques, biologiques, thérapeutiques et évolutives ont été recueillies.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Cinquante et un patients (10 centres, 4 pays), dont 29 de France (56 %) ont été inclus. L’âge médian était de 10 ans (1–17 ans, sex-ratio<!--> <!-->=<!--> <!-->1). L’atopie (19 %) et les troubles neuropsychologiques (27 %) étaient les principaux antécédents.</div><div>Une cause médicamenteuse (41 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->21 dont antiépileptiques <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->15), infectieuse (31 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->16 dont mycoplasme <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->11) ou aucune cause (27%, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->14) étaient mentionnées.</div><div>La surface cutanée décollable au diagnostic [15 %, (1–77)] était significativement plus étendue chez les enfants de moins de 6 ans (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,03); le décollement maximal était de 55 % (1–100). Des atteintes buccale (94 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->48), oculaire [92 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->47 dont 36 % de grade 3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->15/41)], génitale (88 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->45), respiratoire (13 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->7) et digestive (11 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->6) étaient rapportées. L’exploration sanguine montrait une lymphopénie (74 %) et une cytolyse hépatique (45 %).</div><div>La durée médiane d’hospitalisation était de 19<!--> <!-->jours (7–123); 86 % des patients (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->44) étaient admis en réanimation ou en centre de brûlés et presque la moitié (47 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->24/51) étaient ventilés. La durée d’hospitalisation était plus longue et la ventilation mécanique plus fréquente chez les enfants de moins de 6 ans (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,04 et <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,01, respectivement). Outre les soins de support, 41 % des patients ont reçu un traitement systémique (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->21): corticoïdes (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->14), IgIV (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->7), sans impact sur la survie (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,16). Deux garçons de moins de 6 ans sont décédés (NE idiopathique).</div><div>À 6 mois, les séquelles étaient cutanées (63 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->29/46), oculaires [52 %, <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->30/44 dont 6","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A38"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486489","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.050
C. Laudat , Y. Le Corre , H. Maillard , L. Martin , N. Beneton , D. Lechevalier
<div><h3>Introduction</h3><div>Les immunothérapies anti-PD1 sont recommandées en première ligne thérapeutique pour les carcinomes épidermoïdes cutanés (CEC) à un stade avancé ou métastatique. Il n’existe pas de recommandations quant aux modalités d’arrêt, de durée minimale de traitement ou encore sur le suivi ultérieur à l’arrêt de l’immunothérapie.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective a inclus et analysé les données de 100 patients atteints d’un CEC localement avancé, inopérable, récusé de la radiothérapie ou métastatique, traités avec au moins une dose d’anti-PD1 et dont le traitement a été arrêté quelle qu’en soit la raison. La période d’étude était comprise entre janvier 2017 et juin 2024 dans 2 services hospitaliers français de dermatologie. Les objectifs principaux étaient de recueillir les raisons d’arrêt de l’immunothérapie, les modalités de surveillance instaurées à l’issue, le taux de récidive à l’arrêt.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>L’âge médian était de 84 ans, avec 68 % d’hommes. L’immunothérapie a été arrêtée pour réponse complète (RC) ou partielle (RP) dans 33 %, pour progression de la maladie (PD) dans 27 %, pour effets secondaires (EI) dans 9 % et pour décès dans 20 % des cas. Le taux de réponse (RC<!--> <!-->+<!--> <!-->RP) était de 54,6 %, la maladie était stable chez 9,3 % et évolutive chez 36,1 % des patients. La durée de traitement était <6 mois pour 48 % et >6 mois chez 52 % des patients. La meilleure réponse obtenue était significativement moins bonne en cas d’antécédent d’immunosuppression (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,028) et significativement meilleure chez les patients traités >6 mois (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001). Le <em>performance status</em> (PS) des patients répondeurs était meilleur (0–1) que chez les non répondeurs à la fin du traitement (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01). Cependant, le traitement n’améliorait pas l’état général des patients ayant un PS élevé au départ. Le suivi à l’arrêt était organisé selon une fréquence trimestrielle chez 73,9 % des patients, semestrielle chez 19,6 % des patients. La majorité des patients étaient réévalués régulièrement par TEP scanner (45,7 %), ou par tomodensitométrie (19,6 %). Enfin chez 17,4 % des patients la surveillance était assurée par un examen clinique seul. Des effets secondaires liés au traitement ont été rapportés chez 53 % des patients. Lors du suivi, 4 patients ont présenté une récidive, dans un délai entre 4 et 7 mois après la dernière perfusion d’immunothérapie.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Malgré des effets secondaires décrits chez la moitié des patients, le PS ne s’est pas dégradé chez les patients au cours du traitement, ce qui confirme une bonne tolérance de l’immunothérapie dans cette population âgée. L’âge civil ne constitue donc pas une limite à l’introduction d’un anti-PD1. Le faible taux de récidive pose la question de la nécessité d’une surveillance par des examens d’im
{"title":"Carcinome épidermoïde cutané avancé ou métastatique traité par anti-PD1 en vie réelle : modalités d’arrêt et surveillance","authors":"C. Laudat , Y. Le Corre , H. Maillard , L. Martin , N. Beneton , D. Lechevalier","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.050","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.050","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les immunothérapies anti-PD1 sont recommandées en première ligne thérapeutique pour les carcinomes épidermoïdes cutanés (CEC) à un stade avancé ou métastatique. Il n’existe pas de recommandations quant aux modalités d’arrêt, de durée minimale de traitement ou encore sur le suivi ultérieur à l’arrêt de l’immunothérapie.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective a inclus et analysé les données de 100 patients atteints d’un CEC localement avancé, inopérable, récusé de la radiothérapie ou métastatique, traités avec au moins une dose d’anti-PD1 et dont le traitement a été arrêté quelle qu’en soit la raison. La période d’étude était comprise entre janvier 2017 et juin 2024 dans 2 services hospitaliers français de dermatologie. Les objectifs principaux étaient de recueillir les raisons d’arrêt de l’immunothérapie, les modalités de surveillance instaurées à l’issue, le taux de récidive à l’arrêt.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>L’âge médian était de 84 ans, avec 68 % d’hommes. L’immunothérapie a été arrêtée pour réponse complète (RC) ou partielle (RP) dans 33 %, pour progression de la maladie (PD) dans 27 %, pour effets secondaires (EI) dans 9 % et pour décès dans 20 % des cas. Le taux de réponse (RC<!--> <!-->+<!--> <!-->RP) était de 54,6 %, la maladie était stable chez 9,3 % et évolutive chez 36,1 % des patients. La durée de traitement était <6 mois pour 48 % et >6 mois chez 52 % des patients. La meilleure réponse obtenue était significativement moins bonne en cas d’antécédent d’immunosuppression (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,028) et significativement meilleure chez les patients traités >6 mois (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001). Le <em>performance status</em> (PS) des patients répondeurs était meilleur (0–1) que chez les non répondeurs à la fin du traitement (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01). Cependant, le traitement n’améliorait pas l’état général des patients ayant un PS élevé au départ. Le suivi à l’arrêt était organisé selon une fréquence trimestrielle chez 73,9 % des patients, semestrielle chez 19,6 % des patients. La majorité des patients étaient réévalués régulièrement par TEP scanner (45,7 %), ou par tomodensitométrie (19,6 %). Enfin chez 17,4 % des patients la surveillance était assurée par un examen clinique seul. Des effets secondaires liés au traitement ont été rapportés chez 53 % des patients. Lors du suivi, 4 patients ont présenté une récidive, dans un délai entre 4 et 7 mois après la dernière perfusion d’immunothérapie.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Malgré des effets secondaires décrits chez la moitié des patients, le PS ne s’est pas dégradé chez les patients au cours du traitement, ce qui confirme une bonne tolérance de l’immunothérapie dans cette population âgée. L’âge civil ne constitue donc pas une limite à l’introduction d’un anti-PD1. Le faible taux de récidive pose la question de la nécessité d’une surveillance par des examens d’im","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A61-A62"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486078","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.057
J.-G. Letarouilly , P. Wils , D. Staumont-Sallé , D. Jullien , L. Mortier , L. Peyrin-Biroulet , C. Richez , M. Boileau , R.-M. Flipo , Société française de rhumatologie, Club Rhumatismes et Inflammations, Société française de dermatologie, Groupe d’Étude Thérapeutique des Affections Inflammatoires du Tube Digestif, Groupe de recherche sur le psoriasis, Groupe de Cancérologie cutanée
<div><h3>Introduction</h3><div>Certaines recommandations proposent un dépistage systématique pour les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques (MIC). Cependant, il n’existe pas de preuve d’une réduction de la mortalité par ce dépistage qui peut être associé à un surdiagnostic entraînant morbidité et surcoût. L’objectif de ce groupe de travail (GT) était de proposer un algorithme pour aider le clinicien à adresser aux dermatologues les patients atteints de MIC non dermatologiques (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin [MICI] et rhumatismes inflammatoires chroniques [RIC]) prioritaires pour ce dépistage cutané.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Trois bibliographistes (JGL, PW et MB) ont effectué une revue systématique de la littérature (RSL), en recherchant dans les bases de données PubMed, Scopus et Cochrane les articles publiés jusqu’en janvier 2024 sur le risque de cancers cutanés sous traitements de fond des MIC non dermatologiques. Un GT a été constitué comprenant des représentants de la Société française de rhumatologie (RMF), du Club rhumatismes et inflammations (CR), de la Société française de dermatologie (DSS), du Groupe d’étude thérapeutique des affections inflammatoires du tube digestif (LBP), du Groupe de recherche sur le psoriasis (DJ) et du Groupe de cancérologie cutanée (LM). Un algorithme d’adressage au dermatologue a été conçu à partir des données de la RSL et d’un score d’évaluation du cancer cutané dans la population générale déjà publié (score CAP). Il a été ensuite validé de l’ensemble du GT.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La RSL trouvait un surrisque de cancers non mélanocytaires (CNM) liée à la MIC chez les patients atteints de MICI (standardised incidence ratios [SIR] entre1,68 et 2,35). Le surrisque de mélanomes lié aux MICI est moins évident (SIR<!--> <!-->=<!--> <!-->1,82 [IC 95 % 0,59–4,24] et SIR<!--> <!-->=<!--> <!-->1,4 [IC 95 % 1,0–1,9] seulement pour les patients atteints de maladie de Crohn). Il existe moins de données sur le risque de cancers cutanés liés à la MIC chez les patients atteints de RIC. Un surrisque de CNM était trouvé pour le méthotrexate, les thiopurines et les anti-TNFα pour les patients de MICI et RIC et les inhibiteurs de JAK pour les patients atteints de RIC. Le surrisque de mélanome n’était pas clairement démontré pour le méthotrexate et les anti-TNFα. Il n’était pas identifié de surrisque de CNM ou de mélanome pour le 5-ASA, les anti-IL6, l’abatacept, le rituximab, le védozilumab, les anti-IL17 et les anti-IL 23.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Concernant l’évaluation du risque de cancers cutanés chez les patients atteints de MIC, le GT rappelle que tous les patients doivent être sensibilisés à la photoprotection et à un auto-examen régulier de la peau. Les patients à adresser le plus rapidement à un dermatologue sont ceux présentant des lésions suspectes ou en cas de changement d’une lésion préexistante. Le GT propose un algorithme bas
一些建议建议对慢性炎症性疾病(ICD)患者进行常规筛查。然而,没有证据表明这种筛查能降低死亡率,这可能与过度诊断导致疾病和额外费用有关。这个工作组(GT)的目的是提出一个算法,帮助临床医生向皮肤科医生非皮肤病患者MIC的慢性炎性疾病(慢性肠道炎症[MICI]和风湿病crp[]),这个皮肤检测为优先。装备和méthodesTrois bibliographistes (JGL PW及MB),总共进行了系统性文献综述(RSL)、PubMed数据库中寻找Scopus和科克伦的文章到2024年1月关于皮肤癌的风险下的实质薪资myc皮肤吧。GT成立了一个公司的代表组成的俱乐部的RMF风湿病学》(法国)、风湿病和炎症(CR)、法国社会的皮肤科治疗研究组(DSS)、消化道炎症疾病的研究集团(LBP)、银屑病(DJ)和工作组的皮肤癌症(LM)。一种转诊皮肤科医生的算法是利用LSB数据和先前公布的一般人群皮肤癌评分(CAP评分)设计的。RSL发现,在ICD患者中,与ICD相关的非黑素细胞癌(NCD)的风险增加(标准化发病率比[CRS]在1.68到2.35之间)。与ICD相关的黑色素瘤的风险不太明显(CRS = 1.82 [95% CI 0.59 - 4.24]和CRS = 1.4 [95% CI 1.0 - 1.9]仅在克罗恩病患者中)。关于ICD患者患ICD相关皮肤癌风险的数据较少。甲氨蝶呤、硫嘌呤和抗TNFα在MICI和RIC患者中被发现存在CNM风险,JAK抑制剂在RIC患者中被发现存在CNM风险。甲氨蝶呤和抗TNFα的黑色素瘤风险没有明确的证据。5-ASA、抗il6、abatacept、rituximab、vedozilumab、抗il17和抗il23未发现CNMs或黑色素瘤的风险。关于评估缺血性中风患者患皮肤癌的风险,GT提醒所有患者注意防晒和定期皮肤自我检查。最快去看皮肤科医生的是那些有疑似病变或已有病变发生变化的患者。GT提出了一种基于CAP评分和治疗相关因素的算法。频率将由皮肤科医生决定。ConclusionLes非皮肤病患者的gif展示多个危险因素,开发出皮肤癌。这种风险可以由风湿病和评估gastro-entérologues借助一个简单的分数(pac)予以修正,以便引导患者得分最高的风险。
{"title":"Évaluation du risque de cancers cutanés chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques : proposition d’un groupe de travail pluridisciplinaire","authors":"J.-G. Letarouilly , P. Wils , D. Staumont-Sallé , D. Jullien , L. Mortier , L. Peyrin-Biroulet , C. Richez , M. Boileau , R.-M. Flipo , Société française de rhumatologie, Club Rhumatismes et Inflammations, Société française de dermatologie, Groupe d’Étude Thérapeutique des Affections Inflammatoires du Tube Digestif, Groupe de recherche sur le psoriasis, Groupe de Cancérologie cutanée","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.057","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.057","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Certaines recommandations proposent un dépistage systématique pour les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques (MIC). Cependant, il n’existe pas de preuve d’une réduction de la mortalité par ce dépistage qui peut être associé à un surdiagnostic entraînant morbidité et surcoût. L’objectif de ce groupe de travail (GT) était de proposer un algorithme pour aider le clinicien à adresser aux dermatologues les patients atteints de MIC non dermatologiques (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin [MICI] et rhumatismes inflammatoires chroniques [RIC]) prioritaires pour ce dépistage cutané.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Trois bibliographistes (JGL, PW et MB) ont effectué une revue systématique de la littérature (RSL), en recherchant dans les bases de données PubMed, Scopus et Cochrane les articles publiés jusqu’en janvier 2024 sur le risque de cancers cutanés sous traitements de fond des MIC non dermatologiques. Un GT a été constitué comprenant des représentants de la Société française de rhumatologie (RMF), du Club rhumatismes et inflammations (CR), de la Société française de dermatologie (DSS), du Groupe d’étude thérapeutique des affections inflammatoires du tube digestif (LBP), du Groupe de recherche sur le psoriasis (DJ) et du Groupe de cancérologie cutanée (LM). Un algorithme d’adressage au dermatologue a été conçu à partir des données de la RSL et d’un score d’évaluation du cancer cutané dans la population générale déjà publié (score CAP). Il a été ensuite validé de l’ensemble du GT.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>La RSL trouvait un surrisque de cancers non mélanocytaires (CNM) liée à la MIC chez les patients atteints de MICI (standardised incidence ratios [SIR] entre1,68 et 2,35). Le surrisque de mélanomes lié aux MICI est moins évident (SIR<!--> <!-->=<!--> <!-->1,82 [IC 95 % 0,59–4,24] et SIR<!--> <!-->=<!--> <!-->1,4 [IC 95 % 1,0–1,9] seulement pour les patients atteints de maladie de Crohn). Il existe moins de données sur le risque de cancers cutanés liés à la MIC chez les patients atteints de RIC. Un surrisque de CNM était trouvé pour le méthotrexate, les thiopurines et les anti-TNFα pour les patients de MICI et RIC et les inhibiteurs de JAK pour les patients atteints de RIC. Le surrisque de mélanome n’était pas clairement démontré pour le méthotrexate et les anti-TNFα. Il n’était pas identifié de surrisque de CNM ou de mélanome pour le 5-ASA, les anti-IL6, l’abatacept, le rituximab, le védozilumab, les anti-IL17 et les anti-IL 23.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Concernant l’évaluation du risque de cancers cutanés chez les patients atteints de MIC, le GT rappelle que tous les patients doivent être sensibilisés à la photoprotection et à un auto-examen régulier de la peau. Les patients à adresser le plus rapidement à un dermatologue sont ceux présentant des lésions suspectes ou en cas de changement d’une lésion préexistante. Le GT propose un algorithme bas","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A66"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486123","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.055
R. Malissard , F. Arnold , P. Gaboriaud , L. Toumelin , A. Blom , Y. Le Corre , C. Nardin , J.-M. L’Orphelin , F. Brunet Possenti , C. Bejar , N. Beneton , L. Handala , G. Quéreux , E. Wierzbicka-Hainaut , T. Kervarrec , A. Marchand , A. Touzé , M. Samimi
Introduction
Le carcinome de Merkel (CCM) est induit par le MCPyV dans 80 % des cas. Environ 50 % des patients ont des anticorps circulants anti-antigène T du MCPyV, dont le monitoring sérologique est recommandé aux États-Unis dans les stades loco-régionaux I-III. L’interprétation sérologique en contexte métastatique, notamment sous immunothérapie, reste incertaine. Nos objectifs étaient d’évaluer si le statut sérologique des patients métastatiques traités par immunothérapie était corrélé à la survie et la réponse tumorale, et si le monitoring longitudinal en situation métastatique était corrélé au devenir sous immunothérapie.
Matériel et méthodes
Parmi une cohorte de 669 patients CCM (1998–2025), nous avons inclus les patients stade III inopérable et stade IV traités par immunothérapie et ayant un suivi sérologique au cours de leur maladie métastatique. La sérologie était réalisée par technique ELISA (positif, titre >100 ; borderline, titre entre 75 et 100 ; négatif titre <75). Les critères de jugement étaient la survie globale en fonction du statut sérologique, la réponse à l’immunothérapie en fonction du statut sérologique, l’association entre le profil évolutif des titres d’anticorps sous immunothérapie (3 profils : A (diminution), B (augmentation) et C (stabilisation)) et l’évolution métastatique.
Résultats
Au total, 81 patients étaient inclus (positifs et borderline 75,3 % ; négatifs 24,7 %). La médiane de survie globale était de 27,7 mois (IC 95 % [20,9–59,0]) parmi les séropositifs versus 14,5 mois (IC 95 % [12,1–39,2]) parmi les séronégatifs. La proportion de patients répondeurs à l’immunothérapie était de 51,6 % parmi les séropositifs et 50 % parmi les séronégatifs. Le monitoring sérologique au cours de la maladie métastatique a été réalisé chez 48 patients : la proportion de répondeurs à l’immunothérapie était de 79,2 % en cas de profil « A » (Se = 0,79 IC 95 % [0,59–0,91] ; Sp = 0,67 IC 95 % [0,46–0,82]) et de 0 % en cas de profil B (Se = 1,00 IC 95 % [0,65–1,00] ; Sp = 0,69 IC 95 % [0,53–0,81]).
Discussion
Le statut sérologique, marqueur pronostique dans les stades loco-régionaux, ne semble pas associé à la survie parmi les patients aux stades avancés Le statut sérologique n’est pas corrélé à la réponse à l’immunothérapie, en accord avec les données antérieures sur l’absence de caractère prédictif du statut viral en intra-tumoral. La cinétique de suivi lors de la maladie métastatique est corrélée à la réponse à l’immunothérapie.
Conclusion
Chez les patients ayant un CCM, le statut sérologique au moment de la maladie métastatique n’est pas corrélé à la survie globale, ni à la réponse à l’immunothérapie. Le monitoring sérologique au cours de la maladie est corrélé à l’évolution de la masse tumorale.
{"title":"Sérologie anti-antigène T dans le suivi des patients ayant un carcinome de Merkel métastatique avancé traités par immunothérapie : étude rétrospective d’une cohorte de 81 patients","authors":"R. Malissard , F. Arnold , P. Gaboriaud , L. Toumelin , A. Blom , Y. Le Corre , C. Nardin , J.-M. L’Orphelin , F. Brunet Possenti , C. Bejar , N. Beneton , L. Handala , G. Quéreux , E. Wierzbicka-Hainaut , T. Kervarrec , A. Marchand , A. Touzé , M. Samimi","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.055","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.055","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le carcinome de Merkel (CCM) est induit par le MCPyV dans 80 % des cas. Environ 50 % des patients ont des anticorps circulants anti-antigène T du MCPyV, dont le monitoring sérologique est recommandé aux États-Unis dans les stades loco-régionaux I-III. L’interprétation sérologique en contexte métastatique, notamment sous immunothérapie, reste incertaine. Nos objectifs étaient d’évaluer si le statut sérologique des patients métastatiques traités par immunothérapie était corrélé à la survie et la réponse tumorale, et si le monitoring longitudinal en situation métastatique était corrélé au devenir sous immunothérapie.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Parmi une cohorte de 669 patients CCM (1998–2025), nous avons inclus les patients stade III inopérable et stade IV traités par immunothérapie et ayant un suivi sérologique au cours de leur maladie métastatique. La sérologie était réalisée par technique ELISA (positif, titre >100 ; borderline, titre entre 75 et 100 ; négatif titre <75). Les critères de jugement étaient la survie globale en fonction du statut sérologique, la réponse à l’immunothérapie en fonction du statut sérologique, l’association entre le profil évolutif des titres d’anticorps sous immunothérapie (3 profils : A (diminution), B (augmentation) et C (stabilisation)) et l’évolution métastatique.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 81 patients étaient inclus (positifs et borderline 75,3 % ; négatifs 24,7 %). La médiane de survie globale était de 27,7 mois (IC 95 % [20,9–59,0]) parmi les séropositifs versus 14,5 mois (IC 95 % [12,1–39,2]) parmi les séronégatifs. La proportion de patients répondeurs à l’immunothérapie était de 51,6 % parmi les séropositifs et 50 % parmi les séronégatifs. Le monitoring sérologique au cours de la maladie métastatique a été réalisé chez 48 patients : la proportion de répondeurs à l’immunothérapie était de 79,2 % en cas de profil « A » (Se<!--> <!-->=<!--> <!-->0,79 IC 95 % [0,59–0,91] ; Sp<!--> <!-->=<!--> <!-->0,67 IC 95 % [0,46–0,82]) et de 0 % en cas de profil B (Se<!--> <!-->=<!--> <!-->1,00 IC 95 % [0,65–1,00] ; Sp<!--> <!-->=<!--> <!-->0,69 IC 95 % [0,53–0,81]).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Le statut sérologique, marqueur pronostique dans les stades loco-régionaux, ne semble pas associé à la survie parmi les patients aux stades avancés Le statut sérologique n’est pas corrélé à la réponse à l’immunothérapie, en accord avec les données antérieures sur l’absence de caractère prédictif du statut viral en intra-tumoral. La cinétique de suivi lors de la maladie métastatique est corrélée à la réponse à l’immunothérapie.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Chez les patients ayant un CCM, le statut sérologique au moment de la maladie métastatique n’est pas corrélé à la survie globale, ni à la réponse à l’immunothérapie. Le monitoring sérologique au cours de la maladie est corrélé à l’évolution de la masse tumorale.</div></div>","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A64-A65"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486140","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.644
A. Huitric , C. Delesalle , P. Cros , L. Misery , E. Brenaut , C. Abasq-Thomas
<div><h3>Introduction</h3><div>Le dupilumab, anticorps monoclonal ciblant le récepteur des IL-4 et-13, est indiqué dans le traitement de la dermatite atopique (DA) sévère non contrôlée par les dermocorticoïdes dès l’âge de 6 mois. L’objectif de l’étude était d’analyser les données sur l’utilisation en vraie vie du dupilumab chez les enfants, notamment la tolérance et l’espacement.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective monocentrique a inclus des patients de moins de 18 ans atteints de DA sévère traités par dupilumab depuis au moins 12 mois. L’analyse des données d’espacement a porté uniquement sur ceux traités depuis au moins 15 mois.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total 53 enfants (57 % de filles, dont 45,3 % entre 6 et 12 ans et 35,8 % >12 ans) ont été inclus. Les comorbidités atopiques personnelles étaient fréquentes dans notre population, avec 56,6 % d’asthme, 58,5 % de rhinite allergique, 39,6 % de conjonctivite allergique et 26,4 % d’allergie alimentaire. Seuls 26,4 % des enfants présentaient une atteinte cutanée sans autre manifestation atopique. Un suivi ophtalmologique systématique était réalisé chez 73,6 % des patients dans le cadre d’une consultation multidisciplinaire pédiatrique atopique. Une conjonctivite a été observée chez 24,5 % des patients, dont 5 ont nécessité un traitement par ciclosporine (collyre), sans aucun arrêt du traitement. Des douleurs liées aux injections étaient rapportées chez 40 patients sur les 47 interrogés par téléphone (85 %), nécessitant un arrêt ou une suspension chez 4 d’entre eux. Une diminution progressive des douleurs avec le temps était notée chez 70 % des patients. La relation de confiance avec le professionnel réalisant l’injection, l’utilisation d’anesthésiques locaux et une administration lente des injections réduisaient la douleur. Le dispositif de pousse-seringue a été efficace en réduisant la douleur chez les trois enfants qui l’ont testé. Parmi les 43 enfants suivis depuis au moins 15 mois (moyenne de suivi de 32 mois), 8 (18,6 %) ont espacé leurs injections et 3 (7 %) ont arrêté le traitement pour bonne efficacité clinique sans rechute après 27 mois de suivi en moyenne. L’absence de comorbidités atopiques semblait plus fréquente dans le groupe espacement (36,4 vs 74,1%), sans différence significative (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,061).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Cette étude rétrospective pédiatrique, malgré ses limites liées à son caractère monocentrique, un effectif réduit et un suivi variable, apporte des données concrètes sur l’utilisation en vraie vie du dupilumab dans la DA sévère de l’enfant. L’espacement des injections a été possible chez près d’un patient sur cinq, traduisant une réponse clinique satisfaisante dans certains cas. L’arrêt du traitement sans rechute à moyen terme pour efficacité durable était possible chez un nombre limité de patients. La fréquence élevée des conjonctivites peut s’expliquer par le dépistage
{"title":"Données de vie réelle sur l’espacement et la tolérance du dupilumab dans une population pédiatrique atteinte de dermatite atopique","authors":"A. Huitric , C. Delesalle , P. Cros , L. Misery , E. Brenaut , C. Abasq-Thomas","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.644","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.644","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le dupilumab, anticorps monoclonal ciblant le récepteur des IL-4 et-13, est indiqué dans le traitement de la dermatite atopique (DA) sévère non contrôlée par les dermocorticoïdes dès l’âge de 6 mois. L’objectif de l’étude était d’analyser les données sur l’utilisation en vraie vie du dupilumab chez les enfants, notamment la tolérance et l’espacement.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective monocentrique a inclus des patients de moins de 18 ans atteints de DA sévère traités par dupilumab depuis au moins 12 mois. L’analyse des données d’espacement a porté uniquement sur ceux traités depuis au moins 15 mois.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total 53 enfants (57 % de filles, dont 45,3 % entre 6 et 12 ans et 35,8 % >12 ans) ont été inclus. Les comorbidités atopiques personnelles étaient fréquentes dans notre population, avec 56,6 % d’asthme, 58,5 % de rhinite allergique, 39,6 % de conjonctivite allergique et 26,4 % d’allergie alimentaire. Seuls 26,4 % des enfants présentaient une atteinte cutanée sans autre manifestation atopique. Un suivi ophtalmologique systématique était réalisé chez 73,6 % des patients dans le cadre d’une consultation multidisciplinaire pédiatrique atopique. Une conjonctivite a été observée chez 24,5 % des patients, dont 5 ont nécessité un traitement par ciclosporine (collyre), sans aucun arrêt du traitement. Des douleurs liées aux injections étaient rapportées chez 40 patients sur les 47 interrogés par téléphone (85 %), nécessitant un arrêt ou une suspension chez 4 d’entre eux. Une diminution progressive des douleurs avec le temps était notée chez 70 % des patients. La relation de confiance avec le professionnel réalisant l’injection, l’utilisation d’anesthésiques locaux et une administration lente des injections réduisaient la douleur. Le dispositif de pousse-seringue a été efficace en réduisant la douleur chez les trois enfants qui l’ont testé. Parmi les 43 enfants suivis depuis au moins 15 mois (moyenne de suivi de 32 mois), 8 (18,6 %) ont espacé leurs injections et 3 (7 %) ont arrêté le traitement pour bonne efficacité clinique sans rechute après 27 mois de suivi en moyenne. L’absence de comorbidités atopiques semblait plus fréquente dans le groupe espacement (36,4 vs 74,1%), sans différence significative (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,061).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Cette étude rétrospective pédiatrique, malgré ses limites liées à son caractère monocentrique, un effectif réduit et un suivi variable, apporte des données concrètes sur l’utilisation en vraie vie du dupilumab dans la DA sévère de l’enfant. L’espacement des injections a été possible chez près d’un patient sur cinq, traduisant une réponse clinique satisfaisante dans certains cas. L’arrêt du traitement sans rechute à moyen terme pour efficacité durable était possible chez un nombre limité de patients. La fréquence élevée des conjonctivites peut s’expliquer par le dépistage ","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A75-A76"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-11-11","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486197","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}