Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.068
B. Baroudjian , L. Da Meda , E. Ezine , I. Nakouri , J. Delyon , P. El Zeinaty , S. Idoudi , W. Lefevre , C. Lebbé
<div><h3>Introduction</h3><div>La première ligne de traitement des patients atteints de mélanome métastatique muté BRAF v600 est l’immunothérapie (IT). Toutefois, dans certaines situations d’urgence thérapeutique, il est proposé de débuter une thérapie ciblée (TC). Les principales limites de cette stratégie sont d’une part les réponses limitées dans le temps à la TC et d’autre part une moindre efficacité de l’IT en 2<sup>e</sup> ligne. Ainsi, trois essais ont évalué la bithérapie (IT<!--> <!-->+<!--> <!-->TC) introduite de manière synchrone : COMBI-I, Keynote et IMspire 150. Dans ces 3 essais négatifs, la combinaison était plus toxique sans bénéfice supplémentaire en survie (PFS et OS).</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Les patients traités par une combinaison IT<!--> <!-->+<!--> <!-->TC ont été recrutés via Melbase et divisés en 2 groupes : TC avec introduction d’une IT <3 mois après le début de la TC et TC avec introduction d’une IT >3 mois après le début de la TC. Les données d’efficacité (RECIST, PFS, OS) et de tolérance (CTCAE 4) sont recueillis de manière prospective dans MelBase.</div></div><div><h3>Objectifs</h3><div>Évaluation de la toxicité (objectif principal) et de l’efficacité (secondaire) de la combinaison IT<!--> <!-->+<!--> <!-->TC introduite de manière séquentielle.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total 55 patients étaient inclus et répartis en deux groupes : ajout de l’IT avant M3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->24) ou après M3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->31). Les 2 groupes étaient comparables avec notamment : 100 % de stade M1c, métastases cérébrales pour 67,3 %. L’IT était toujours une monothérapie anti-PD1. Aucune toxicité de grade 5 n’était observée et seules 3 toxicités de grade 4 étaient recensées. Une toxicité de grade 3 était observée dans le groupe 1 contre 9 dans le groupe 2. Les toxicités de grades 1 et 2 étaient plus fréquentes avec respectivement 11 et 24 patients dans les groupes 1 et 2. Une réponse objective était observée chez 65,5 % des patients (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->10, groupe 1 et <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->26, groupe 2) avec un taux de contrôle de la maladie de près de 100 % dans le groupe 2.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>La meilleure stratégie de traitement chez les patients atteints de mélanome métastatique symptomatique avec urgence thérapeutique n’est pas claire. Un traitement séquentiel par thérapie ciblée 2 à 3 mois avec un relais précoce avant progression pour une IT par ipilimumab et nivolumab semble être une bonne option. Cette stratégie peut toutefois se compliquer de phénomènes de rebond avec aggravation brutale de la maladie ne permettant pas la réalisation de la double IT. Dans ce contexte, l’introduction d’une IT sans arrêt de la TC se discute. Il semblerait dans notre cohorte que le délai d’introduction de l’IT ne modifie pas la tolérance avec toutefois une impression de majoration de la toxicité et de l’efficacité dans le groupe 2 >3 mois. Cet
{"title":"Tolérance et efficacité d’une introduction séquentielle de thérapie ciblée et immunothérapie chez des patients atteints de mélanome métastatique muté BRAF V600","authors":"B. Baroudjian , L. Da Meda , E. Ezine , I. Nakouri , J. Delyon , P. El Zeinaty , S. Idoudi , W. Lefevre , C. Lebbé","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.068","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.068","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La première ligne de traitement des patients atteints de mélanome métastatique muté BRAF v600 est l’immunothérapie (IT). Toutefois, dans certaines situations d’urgence thérapeutique, il est proposé de débuter une thérapie ciblée (TC). Les principales limites de cette stratégie sont d’une part les réponses limitées dans le temps à la TC et d’autre part une moindre efficacité de l’IT en 2<sup>e</sup> ligne. Ainsi, trois essais ont évalué la bithérapie (IT<!--> <!-->+<!--> <!-->TC) introduite de manière synchrone : COMBI-I, Keynote et IMspire 150. Dans ces 3 essais négatifs, la combinaison était plus toxique sans bénéfice supplémentaire en survie (PFS et OS).</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Les patients traités par une combinaison IT<!--> <!-->+<!--> <!-->TC ont été recrutés via Melbase et divisés en 2 groupes : TC avec introduction d’une IT <3 mois après le début de la TC et TC avec introduction d’une IT >3 mois après le début de la TC. Les données d’efficacité (RECIST, PFS, OS) et de tolérance (CTCAE 4) sont recueillis de manière prospective dans MelBase.</div></div><div><h3>Objectifs</h3><div>Évaluation de la toxicité (objectif principal) et de l’efficacité (secondaire) de la combinaison IT<!--> <!-->+<!--> <!-->TC introduite de manière séquentielle.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total 55 patients étaient inclus et répartis en deux groupes : ajout de l’IT avant M3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->24) ou après M3 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->31). Les 2 groupes étaient comparables avec notamment : 100 % de stade M1c, métastases cérébrales pour 67,3 %. L’IT était toujours une monothérapie anti-PD1. Aucune toxicité de grade 5 n’était observée et seules 3 toxicités de grade 4 étaient recensées. Une toxicité de grade 3 était observée dans le groupe 1 contre 9 dans le groupe 2. Les toxicités de grades 1 et 2 étaient plus fréquentes avec respectivement 11 et 24 patients dans les groupes 1 et 2. Une réponse objective était observée chez 65,5 % des patients (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->10, groupe 1 et <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->26, groupe 2) avec un taux de contrôle de la maladie de près de 100 % dans le groupe 2.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>La meilleure stratégie de traitement chez les patients atteints de mélanome métastatique symptomatique avec urgence thérapeutique n’est pas claire. Un traitement séquentiel par thérapie ciblée 2 à 3 mois avec un relais précoce avant progression pour une IT par ipilimumab et nivolumab semble être une bonne option. Cette stratégie peut toutefois se compliquer de phénomènes de rebond avec aggravation brutale de la maladie ne permettant pas la réalisation de la double IT. Dans ce contexte, l’introduction d’une IT sans arrêt de la TC se discute. Il semblerait dans notre cohorte que le délai d’introduction de l’IT ne modifie pas la tolérance avec toutefois une impression de majoration de la toxicité et de l’efficacité dans le groupe 2 >3 mois. Cet","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A72-A73"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486171","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.059
E. Burle , J. Mazereeuw-Hautier , M. Severino Freire
Introduction
La maladie de Darier (MD) est une génodermatose rare de transmission autosomique dominante due à des mutations du gène ATP2A2. Les traitements disponibles sont symptomatiques et non ciblés. Ils reposent sur des traitements locaux (dont corticoïdes, tacrolimus), systémiques (dont rétinoïdes) ou interventionnels. Toutefois, ils n’offrent en général qu’un contrôle partiel des symptômes. Il existe donc un besoin fort de nouveaux traitements. Récemment, a été mis en évidence un profil Th17 dans les lésions cutanées de MD suggérant un repositionnement des anticorps monoclonaux anti-IL-17 et 23. Nous rapportons notre expérience sur une cohorte de patients atteints de MD.
Matériel et méthodes
Dans cette étude descriptive, rétrospective et monocentrique, réalisée entre mai 2017 et février 2025, nous avons inclus tous les patients atteints de MD confirmée histologiquement, avec atteinte sévère (surface cutanée atteinte (SCA) >20 %) et traités par anti-IL-17 ou 23 (posologie recommandée dans le psoriasis) pendant une durée minimale de 6 mois. L’évaluation clinique était basée sur le score Investigator Global Assessment-Change (IGA-C) à 6 mois (+1 : aggravation, 0 : stabilité, −1 : légère amélioration, −2 : nette amélioration, −3 : rémission complète).
Résultats
Ont été inclus 6 patients âgés de 32 à 67 ans (moyenne 51,5 ± 14). À l’inclusion, ils présentaient une SCA moyenne de 44 % (±16,2). À 6 mois, 5 patients présentaient un score IGA à 0 et un patient un score IGA à −1. L’un des patients a reçu successivement un anti-IL-17 et deux anti-IL-23. Aucun effet secondaire n’était rapporté à 6 mois.
Discussion
Malgré la mise en évidence d’un profil TH17 dans la littérature, nous n’avons pas observé d’amélioration clinique significative chez nos patients. La petite taille de l’échantillon (maladie rare) et le caractère rétrospectif sont des limites importantes. Nos résultats contrastent avec ceux rapportés dans la littérature, faisant état d’une efficacité de ces anticorps chez six patients, nous faisant évoquer un biais de publication.
Le traitement de cette maladie reste donc un défi. Récemment, un cas de MD associé à une dermatite atopique a été efficacement traité par abrocitinib avec une réponse quasi complète en 2 mois, maintenue à 4 mois. Des résultats similaires ont été obtenus sous baricitinib chez un autre patient.
Conclusion
Notre série n’a pas montré d’efficacité des anticorps monoclonaux anti-IL-17 et 23 dans la MD. Des études complémentaires sont nécessaires ainsi qu’une meilleure compréhension de la physiopathologie, et ce afin d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.
{"title":"Efficacité des anticorps monoclonaux anti-IL-17 et anti-IL-23 dans la maladie de Darier","authors":"E. Burle , J. Mazereeuw-Hautier , M. Severino Freire","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.059","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.059","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La maladie de Darier (MD) est une génodermatose rare de transmission autosomique dominante due à des mutations du gène <em>ATP2A2</em>. Les traitements disponibles sont symptomatiques et non ciblés. Ils reposent sur des traitements locaux (dont corticoïdes, tacrolimus), systémiques (dont rétinoïdes) ou interventionnels. Toutefois, ils n’offrent en général qu’un contrôle partiel des symptômes. Il existe donc un besoin fort de nouveaux traitements. Récemment, a été mis en évidence un profil Th17 dans les lésions cutanées de MD suggérant un repositionnement des anticorps monoclonaux anti-IL-17 et 23. Nous rapportons notre expérience sur une cohorte de patients atteints de MD.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Dans cette étude descriptive, rétrospective et monocentrique, réalisée entre mai 2017 et février 2025, nous avons inclus tous les patients atteints de MD confirmée histologiquement, avec atteinte sévère (surface cutanée atteinte (SCA) >20 %) et traités par anti-IL-17 ou 23 (posologie recommandée dans le psoriasis) pendant une durée minimale de 6 mois. L’évaluation clinique était basée sur le score Investigator Global Assessment-Change (IGA-C) à 6 mois (+1 : aggravation, 0 : stabilité, −1 : légère amélioration, −2 : nette amélioration, −3 : rémission complète).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Ont été inclus 6 patients âgés de 32 à 67 ans (moyenne 51,5<!--> <!-->±<!--> <!-->14). À l’inclusion, ils présentaient une SCA moyenne de 44 % (±16,2). À 6 mois, 5 patients présentaient un score IGA à 0 et un patient un score IGA à −1. L’un des patients a reçu successivement un anti-IL-17 et deux anti-IL-23. Aucun effet secondaire n’était rapporté à 6 mois.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Malgré la mise en évidence d’un profil TH17 dans la littérature, nous n’avons pas observé d’amélioration clinique significative chez nos patients. La petite taille de l’échantillon (maladie rare) et le caractère rétrospectif sont des limites importantes. Nos résultats contrastent avec ceux rapportés dans la littérature, faisant état d’une efficacité de ces anticorps chez six patients, nous faisant évoquer un biais de publication.</div><div>Le traitement de cette maladie reste donc un défi. Récemment, un cas de MD associé à une dermatite atopique a été efficacement traité par abrocitinib avec une réponse quasi complète en 2 mois, maintenue à 4 mois. Des résultats similaires ont été obtenus sous baricitinib chez un autre patient.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Notre série n’a pas montré d’efficacité des anticorps monoclonaux anti-IL-17 et 23 dans la MD. Des études complémentaires sont nécessaires ainsi qu’une meilleure compréhension de la physiopathologie, et ce afin d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.</div></div>","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A67"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486142","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.063
C. Dorado Cortez , F. Maccari , N. Quiles-Tsimaratos , K. Vélia , A. Badaoui , D. Pourchot , E. Esteve , A.-C. Fougerousse , D. Simonian , Z. Reguiai , J.-L. Perrot
<div><h3>Introduction</h3><div>Les études sur l’hidrosadénite suppurée (HS) s’attachent principalement à évaluer l’efficacité, la tolérance et la persistance des traitements. En revanche, peu de données existent sur les patients chez lesquels un traitement systémique est débuté mais qui ne poursuivent pas le suivi. Cette étude vise à identifier le profil des patients perdus de vue très précocement (PPHP) après la visite d’initiation, à partir des données issues du registre national OMCCI.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Les caractéristiques démographiques, sociales, cliniques et subjectives des patients PPHP (non revus aux visites de M6 et M12) ont été comparées à celles des patients observants (OP) toujours suivis à M24. Les données utilisées proviennent du contexte habituel de consultation dermatologique.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 55 patients PPHP sur 440, soit 12,5 % de la cohorte HS.</div><div>Aucune différence significative sur l’âge, le sexe, la situation familiale, le type de profession ou d’assurance, la durée de la maladie ou les hospitalisations récentes.</div><div>Classification de Hurley :</div><div>– Hurley I : 15,4 % chez les PPHP vs 2,5 % chez les OP ;</div><div>– Hurley III : 44,4 vs 49,2 % ;</div><div>– Hurley IV : 11,5 vs 20,3 % (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) ;</div><div>– satisfaction thérapeutique : 45,5 % chez les PPHP vs 14 % chez les OP ayant eu une chirurgie (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) ;</div><div>– ressenti du retentissement de la maladie : similaire entre les deux groupes.</div><div>Aucun écart significatif sur la topographie des lésions, les scores de qualité de vie (DLQI, SF-12), l’absentéisme professionnel ou l’adhérence auto-déclarée au traitement antérieur.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Cette étude révèle qu’un sous-groupe non négligeable de patients (12,5 %) interrompt précocement le suivi après traitement systémique, sans présenter de caractéristiques démographiques distinctives. Ces patients se distinguent toutefois par une forme moins sévère d’HS (Hurley I) et une meilleure satisfaction vis-à-vis des traitements antérieurs. Il est possible qu’une partie d’entre eux ait développé une résilience psychologique face à leur maladie, malgré des lésions inflammatoires visibles. Ce constat interroge la tendance du clinicien à intensifier les traitements en se basant uniquement sur l’aspect lésionnel, sans toujours prendre en compte le ressenti réel du patient. Une approche plus individualisée et psychologiquement adaptée pourrait permettre de limiter ces ruptures précoces du parcours de soins.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Dans l’hidrosadénite suppurée, l’adhésion thérapeutique ne repose pas uniquement sur la sévérité clinique. L’écoute du ressenti subjectif du patient est cruciale pour éviter les échecs précoces de prise en charge. Ces données plaident pour une approche centrée sur le vécu et l’accompagnement psychosocial des patients.</div
{"title":"Les patients atteints d’hidrosadénite suppurée et ayant une non-observance précoce ont-ils un profil démographique et clinique particulier ? Données en vie réelle de l’étude OMCCI","authors":"C. Dorado Cortez , F. Maccari , N. Quiles-Tsimaratos , K. Vélia , A. Badaoui , D. Pourchot , E. Esteve , A.-C. Fougerousse , D. Simonian , Z. Reguiai , J.-L. Perrot","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.063","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.063","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les études sur l’hidrosadénite suppurée (HS) s’attachent principalement à évaluer l’efficacité, la tolérance et la persistance des traitements. En revanche, peu de données existent sur les patients chez lesquels un traitement systémique est débuté mais qui ne poursuivent pas le suivi. Cette étude vise à identifier le profil des patients perdus de vue très précocement (PPHP) après la visite d’initiation, à partir des données issues du registre national OMCCI.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Les caractéristiques démographiques, sociales, cliniques et subjectives des patients PPHP (non revus aux visites de M6 et M12) ont été comparées à celles des patients observants (OP) toujours suivis à M24. Les données utilisées proviennent du contexte habituel de consultation dermatologique.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 55 patients PPHP sur 440, soit 12,5 % de la cohorte HS.</div><div>Aucune différence significative sur l’âge, le sexe, la situation familiale, le type de profession ou d’assurance, la durée de la maladie ou les hospitalisations récentes.</div><div>Classification de Hurley :</div><div>– Hurley I : 15,4 % chez les PPHP vs 2,5 % chez les OP ;</div><div>– Hurley III : 44,4 vs 49,2 % ;</div><div>– Hurley IV : 11,5 vs 20,3 % (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) ;</div><div>– satisfaction thérapeutique : 45,5 % chez les PPHP vs 14 % chez les OP ayant eu une chirurgie (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,001) ;</div><div>– ressenti du retentissement de la maladie : similaire entre les deux groupes.</div><div>Aucun écart significatif sur la topographie des lésions, les scores de qualité de vie (DLQI, SF-12), l’absentéisme professionnel ou l’adhérence auto-déclarée au traitement antérieur.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Cette étude révèle qu’un sous-groupe non négligeable de patients (12,5 %) interrompt précocement le suivi après traitement systémique, sans présenter de caractéristiques démographiques distinctives. Ces patients se distinguent toutefois par une forme moins sévère d’HS (Hurley I) et une meilleure satisfaction vis-à-vis des traitements antérieurs. Il est possible qu’une partie d’entre eux ait développé une résilience psychologique face à leur maladie, malgré des lésions inflammatoires visibles. Ce constat interroge la tendance du clinicien à intensifier les traitements en se basant uniquement sur l’aspect lésionnel, sans toujours prendre en compte le ressenti réel du patient. Une approche plus individualisée et psychologiquement adaptée pourrait permettre de limiter ces ruptures précoces du parcours de soins.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Dans l’hidrosadénite suppurée, l’adhésion thérapeutique ne repose pas uniquement sur la sévérité clinique. L’écoute du ressenti subjectif du patient est cruciale pour éviter les échecs précoces de prise en charge. Ces données plaident pour une approche centrée sur le vécu et l’accompagnement psychosocial des patients.</div","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A69-A70"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486146","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.007
A. Beyrouti , O. Courbette , I. Dreyfus , C. Droitcourt , S. Mallet , F. Assan , C. Jung , A. Bouazza , C. Abasq-Thomas , S. Barbarot , T. Hubiche , C. Chiaverini , Groupe Francophone d’Hépatologie-Gastroentérologie et Nutrition Pédiatriques, Groupe de Recherche de la Société Française de Dermatologie Pédiatrique
<div><h3>Introduction</h3><div>Les anti-TNFα sont un des traitements de référence de la maladie de Crohn (MC) et de la rectocolite hémorragique (RCH) en pédiatrie. Environ 5 % des patients vont développer un psoriasis paradoxal (PP) sous traitement et 7,5 % d’entre eux devront arrêter les anti-TNFα. L’ustékinumab a l’AMM chez l’adulte dans la MC, la RCH et dans le psoriasis dès 6 ans. Lorsqu’un relai thérapeutique est nécessaire, l’ustékinumab peut être envisagé afin d’agir sur la MICI mais également sur le PP de l’enfant. Notre objectif était d’évaluer l’évolution de la MICI et du PP après introduction de l’ustékinumab en relais des anti-TNFα chez l’enfant.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective multicentrique a inclus des patients âgés de ≤18 ans, atteints de MICI et ayant reçu de l’ustékinumab en relais des anti-TNFα en raison d’un PP. Le critère principal de jugement évaluait la proportion de stabilité ou d’amélioration des MICI à M6 en se basant sur le Indice pédiatrique d’activité de la maladie de Crohn (PCDAI) pour la MC et le Indice pédiatrique d’activité de la rectocolite hémorragique (PUCAI) pour la RCH. Les critères secondaires étaient le pourcentage de patients atteignant une Évaluation globale de l’investigateur (IGA) à 0/1 à M3–6 concernant le psoriasis et les effets indésirables (EI) rapportés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dix-sept patients ont été inclus dans 8 centres, ayant un âge moyen de 14,4 ans. Nous avons inclus 9 filles et 8 garçons. Seize patients avaient une MC et 1 patient avait une RCH. Treize patients ont reçu de l’infliximab et 4 de l’adalimumab. La durée moyenne du traitement par anti-TNFα était de 28,4 mois. Parmi les différents types de psoriasis développés, 94,1 % (16/17) ont développé un psoriasis en plaque, 88,2 % (15/17) un psoriasis du cuir chevelu, 23,5 % (4/17) un psoriasis palmo-plantaire et 17,6 % (3/17) un psoriasis pustuleux. Les patients ont développé un PP après une moyenne de 18 mois. Treize patients (13/17) avaient une MICI légère ou en rémission à l’arrêt des anti-TNFα. À M6, la proportion de patients avec une stabilité/amélioration de la MICI était de 93,7 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->15/16) dans le groupe MC et de 100 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1/1) dans le groupe RCH. On note un cas d’aggravation de la MC sous ustékinumab. La proportion de patients avec un IGA 3/4 à l’arrêt des anti-TNFα était de 94,1 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->16/17) alors que la proportion de patients avec un IGA 0/1 à M6 était de 94,1 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->16/17). Aucun effet indésirable n’a été rapporté.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’arrêt des anti-TNFα pour PP semble nécessaire chez 7,5 % des patients qui développent un PP. Des séries de cas pédiatriques rapportent l’efficacité de l’ustékinumab hors AMM dans les MICIs pédiatriques. Il n’existe que peu de données sur l’évolution de la MICI et du PP des patients pédiatriques chez qui le traitement p
{"title":"Évolution digestive des enfants avec MICI traités par ustékinumab en relai des anti-TNFα arrêtés pour psoriasis paradoxal : données de vraie vie","authors":"A. Beyrouti , O. Courbette , I. Dreyfus , C. Droitcourt , S. Mallet , F. Assan , C. Jung , A. Bouazza , C. Abasq-Thomas , S. Barbarot , T. Hubiche , C. Chiaverini , Groupe Francophone d’Hépatologie-Gastroentérologie et Nutrition Pédiatriques, Groupe de Recherche de la Société Française de Dermatologie Pédiatrique","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.007","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.007","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les anti-TNFα sont un des traitements de référence de la maladie de Crohn (MC) et de la rectocolite hémorragique (RCH) en pédiatrie. Environ 5 % des patients vont développer un psoriasis paradoxal (PP) sous traitement et 7,5 % d’entre eux devront arrêter les anti-TNFα. L’ustékinumab a l’AMM chez l’adulte dans la MC, la RCH et dans le psoriasis dès 6 ans. Lorsqu’un relai thérapeutique est nécessaire, l’ustékinumab peut être envisagé afin d’agir sur la MICI mais également sur le PP de l’enfant. Notre objectif était d’évaluer l’évolution de la MICI et du PP après introduction de l’ustékinumab en relais des anti-TNFα chez l’enfant.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective multicentrique a inclus des patients âgés de ≤18 ans, atteints de MICI et ayant reçu de l’ustékinumab en relais des anti-TNFα en raison d’un PP. Le critère principal de jugement évaluait la proportion de stabilité ou d’amélioration des MICI à M6 en se basant sur le Indice pédiatrique d’activité de la maladie de Crohn (PCDAI) pour la MC et le Indice pédiatrique d’activité de la rectocolite hémorragique (PUCAI) pour la RCH. Les critères secondaires étaient le pourcentage de patients atteignant une Évaluation globale de l’investigateur (IGA) à 0/1 à M3–6 concernant le psoriasis et les effets indésirables (EI) rapportés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Dix-sept patients ont été inclus dans 8 centres, ayant un âge moyen de 14,4 ans. Nous avons inclus 9 filles et 8 garçons. Seize patients avaient une MC et 1 patient avait une RCH. Treize patients ont reçu de l’infliximab et 4 de l’adalimumab. La durée moyenne du traitement par anti-TNFα était de 28,4 mois. Parmi les différents types de psoriasis développés, 94,1 % (16/17) ont développé un psoriasis en plaque, 88,2 % (15/17) un psoriasis du cuir chevelu, 23,5 % (4/17) un psoriasis palmo-plantaire et 17,6 % (3/17) un psoriasis pustuleux. Les patients ont développé un PP après une moyenne de 18 mois. Treize patients (13/17) avaient une MICI légère ou en rémission à l’arrêt des anti-TNFα. À M6, la proportion de patients avec une stabilité/amélioration de la MICI était de 93,7 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->15/16) dans le groupe MC et de 100 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1/1) dans le groupe RCH. On note un cas d’aggravation de la MC sous ustékinumab. La proportion de patients avec un IGA 3/4 à l’arrêt des anti-TNFα était de 94,1 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->16/17) alors que la proportion de patients avec un IGA 0/1 à M6 était de 94,1 % (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->16/17). Aucun effet indésirable n’a été rapporté.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’arrêt des anti-TNFα pour PP semble nécessaire chez 7,5 % des patients qui développent un PP. Des séries de cas pédiatriques rapportent l’efficacité de l’ustékinumab hors AMM dans les MICIs pédiatriques. Il n’existe que peu de données sur l’évolution de la MICI et du PP des patients pédiatriques chez qui le traitement p","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A36-A37"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486137","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.642
J. Rouanet , M. Chanchou , P. Auzeloux , S. Levesque , T. Billoux , N. Sas , L. Maigne , M. D’incan , S. Mansard , X. Durando , F. Cachin
<div><h3>Introduction</h3><div>La radiothérapie interne vectorisée est une stratégie de médecine nucléaire en plein essor consistant à cibler des cellules tumorales au moyen d’un vecteur spécifique couplé à un radionucléide. L’ICF01012 est une petite molécule dérivée de benzamides, radiomarquée à l’iode 131, qui cible la mélanine intra- et extra-cellulaire. Cette molécule a démontré un effet antitumoral (survie, croissance tumorale) dans des modèles murins de mélanome, conduisant à un essai clinique de phase I. L’objectif principal était de déterminer la dose recommandée de l’131I-ICF01012 pour le traitement de patients atteints de mélanomes stade IV. La tolérance et de la dosimétrie étaient également évaluées.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>L’131I-ICF01012 a été évalué au cours d’un essai de phase I de première injection chez l’être humain, ouvert, bicentrique, avec escalade de dose selon un modèle de réévaluation continue, avec 3 paliers d’activité (0,8 ; 1,6 ; 2,7 GBq/m<sup>2</sup>). Un examen diagnostique (185 MBq) était réalisé pour confirmer la présence de lésions fixant le radiotraceur et l’absence de doses limitantes pour le foie, la rétine et les poumons, suivie à J10 de l’injection thérapeutique. Des imageries (corps entiers et tomographie par émission monophotonique/tomodensitométrie) étaient réalisées de 30<!--> <!-->min à J4 post-injection diagnostique et de J4 à J21 post-injection thérapeutique. Les doses absorbées par les organes à risque et les métastases étaient calculées par le formalisme du MIRD. La tolérance a été cotée selon la méthode NCI-CTC.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Neuf patients présentant un mélanome métastatique en échec des traitements recommandés ont été inclus. Six ont pu recevoir l’injection thérapeutique (palier 1 : <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1, palier 2 : <em>n</em> =4, palier 3 : <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1). Trois n’ont pas pu être traités en raison de l’absence de fixation suffisante de l’131I-ICF01012. La tolérance a été marquée par une toxicité neurologique grade I au palier 2, par une toxicité hématologique (neutropénie, thrombopénie) grade III ainsi qu’une alopécie non-cicatricielle grade II au palier 3. La dosimétrie personnalisée a permis d’évaluer les doses reçues aux organes à risques, sans atteinte des doses limitantes.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Le nombre de patients ne fixant pas le radiotraceur a été moins important que prévu (30 versus 50 %). Les toxicités survenues au palier 3 ont conduit à rétrograder au palier inférieur et à le maintenir pour les 3 inclusions suivantes. Les études précliniques réalisées en parallèle sur les effets immunitaires de l’131I-ICF01012 (effet abscopal, synergie avec les inhibiteurs de checkpoints immunitaires) nous conduisent à privilégier un schéma d’injections répétées de l’131I-ICF01012 avec un palier d’activité modéré.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cet essai clinique de phase 1 a permis de déterminer d’éval
矢量内部放射治疗是一种快速发展的核医学策略,使用特定的矢量结合放射性核素靶向肿瘤细胞。ICF01012是一种用131碘进行放射性标记的小苯并酰胺衍生分子,靶向细胞内和细胞外黑色素。这个分子产生antitumoral显示肿瘤(生存、成长的白鼠模型)中,导致黑色素瘤的临床试验阶段一的主要目的是确定l’131I-ICF01012推荐剂量的治疗黑色素瘤患者的四阶段。宽容和剂量也进行了评估。L - 131I-ICF01012在一项开放、双中心、剂量递增的人类首次注射I期试验中进行了评估,其活性等级为3级(0.8、1.6、2.7 GBq/m2)。进行诊断检查(185MBq),确认有固定放射性痕迹的病变,肝脏、视网膜和肺没有限值剂量,然后在J10进行治疗注射。在诊断后的J4和治疗后的J4到J21之间进行了30分钟的成像(全身和单光子发射断层扫描)。风险器官和转移的剂量是通过MIRD形式计算的。耐受性采用NCI-CTC方法进行评估。结果包括9名推荐治疗失败的转移性黑色素瘤患者。六都能够接受注射治疗(第1步:1、2步:n = n = 4,第三步:n = 1)。其中3例因131I-ICF01012缺失而无法治疗。耐受性为2级的I级神经毒性、3级的血液学毒性(中性粒细胞减少、血栓减少)和3级的II级无瘢痕性脱发。个性化剂量测量允许在不达到限值的情况下评估危险器官的剂量。不安装放射追踪器的患者数量低于预期(30% vs . 50%)。在第3级发生的毒性导致较低的水平下降,并在接下来的3个纳入中保持这一水平。对131I-ICF01012免疫效应的平行临床前研究(深奥效应,与免疫检查点抑制剂的协同作用)使我们倾向于重复注射具有中等水平活性的131I-ICF01012方案。本一期临床试验评估了131I-ICF01012的耐受性,以及在未来的I/II期临床试验中联合免疫检查点抑制剂可用于重复注射的最佳剂量。
{"title":"Radiothérapie interne vectorisée du mélanome métastatique : détermination de l’activité injectée optimale, dosimétrie personnalisée et tolérance de l’131I-ICF01012 (essai clinique de phase I)","authors":"J. Rouanet , M. Chanchou , P. Auzeloux , S. Levesque , T. Billoux , N. Sas , L. Maigne , M. D’incan , S. Mansard , X. Durando , F. Cachin","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.642","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.642","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La radiothérapie interne vectorisée est une stratégie de médecine nucléaire en plein essor consistant à cibler des cellules tumorales au moyen d’un vecteur spécifique couplé à un radionucléide. L’ICF01012 est une petite molécule dérivée de benzamides, radiomarquée à l’iode 131, qui cible la mélanine intra- et extra-cellulaire. Cette molécule a démontré un effet antitumoral (survie, croissance tumorale) dans des modèles murins de mélanome, conduisant à un essai clinique de phase I. L’objectif principal était de déterminer la dose recommandée de l’131I-ICF01012 pour le traitement de patients atteints de mélanomes stade IV. La tolérance et de la dosimétrie étaient également évaluées.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>L’131I-ICF01012 a été évalué au cours d’un essai de phase I de première injection chez l’être humain, ouvert, bicentrique, avec escalade de dose selon un modèle de réévaluation continue, avec 3 paliers d’activité (0,8 ; 1,6 ; 2,7 GBq/m<sup>2</sup>). Un examen diagnostique (185 MBq) était réalisé pour confirmer la présence de lésions fixant le radiotraceur et l’absence de doses limitantes pour le foie, la rétine et les poumons, suivie à J10 de l’injection thérapeutique. Des imageries (corps entiers et tomographie par émission monophotonique/tomodensitométrie) étaient réalisées de 30<!--> <!-->min à J4 post-injection diagnostique et de J4 à J21 post-injection thérapeutique. Les doses absorbées par les organes à risque et les métastases étaient calculées par le formalisme du MIRD. La tolérance a été cotée selon la méthode NCI-CTC.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Neuf patients présentant un mélanome métastatique en échec des traitements recommandés ont été inclus. Six ont pu recevoir l’injection thérapeutique (palier 1 : <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1, palier 2 : <em>n</em> =4, palier 3 : <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1). Trois n’ont pas pu être traités en raison de l’absence de fixation suffisante de l’131I-ICF01012. La tolérance a été marquée par une toxicité neurologique grade I au palier 2, par une toxicité hématologique (neutropénie, thrombopénie) grade III ainsi qu’une alopécie non-cicatricielle grade II au palier 3. La dosimétrie personnalisée a permis d’évaluer les doses reçues aux organes à risques, sans atteinte des doses limitantes.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Le nombre de patients ne fixant pas le radiotraceur a été moins important que prévu (30 versus 50 %). Les toxicités survenues au palier 3 ont conduit à rétrograder au palier inférieur et à le maintenir pour les 3 inclusions suivantes. Les études précliniques réalisées en parallèle sur les effets immunitaires de l’131I-ICF01012 (effet abscopal, synergie avec les inhibiteurs de checkpoints immunitaires) nous conduisent à privilégier un schéma d’injections répétées de l’131I-ICF01012 avec un palier d’activité modéré.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Cet essai clinique de phase 1 a permis de déterminer d’éval","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A74-A75"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486195","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.643
J. Monnier , C. Belkacem , M.-A. Richard , C. Gaudy-Marqueste
<div><h3>Introduction</h3><div>L’intelligence artificielle (IA) a montré de très bonnes performances concernant la détection du mélanome à partir d’images dermoscopiques. Cependant, les résultats ont été obtenus dans un contexte expérimental et non en vie réelle, et sans être associés à un système de cartographie corps entier. Le système de cartographie corporelle VECTRA 3D permet la construction d’un avatar numérique du tégument cutané entier d’un patient et est associé à une vidéodermoscopie couplée à un système d’IA. L’objectif de notre étude rétrospective était d’évaluer l’apport de l’IA associée à la vidéodermoscopie intégrée au système de cartographie corporelle VECTRA 3D pour le dépistage automatisé du mélanome.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Nous avons inclus 30 patients ayant bénéficié d’une cartographie corporelle VECTRA 3D et d’une vidéodermoscopie pour chaque lésion mélanocytaire jugée atypique par le clinicien. Au total, 40 lésions mélanocytaires ont été incluses, opérées puis analysées histologiquement. Le logiciel d’IA étudié était le logiciel DEXI, intégré au système VECTRA 3D pour l’analyse d’images de vidéodermoscopie. L’algorithme de type multiclasse est fondé sur l’apprentissage profond et a été entrainé à partir d’images dermoscopiques issues de la base de données publiques International Skin Imaging Collaboration (ISIC). Il attribue un score de malignité à chaque lésion acquise avec le système de vidéodermoscopie et analyse automatiquement certaines caractéristiques comme l’asymétrie, le contour, la couleur et le diamètre. Nous avons réalisé des tests statistiques de Mann Whitney sur l’ensemble des lésions incluses ainsi que des tests de corrélation de Pearson.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 40 lésions avec analyse histologique, issues de 30 patients, 25 étaient des mélanomes (10 infiltrants, 15 in situ) et 15 étaient des naevus. Nous avons obtenu une différence significative (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05) entre les scores d’IA du logiciel DEXI à partir d’images vidéodermoscopiques et les résultats de l’analyse histologique. Les scores élevés étaient associés aux mélanomes et les scores faibles aux naevus (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,012). Parmi les paramètres analysés par l’IA, seuls le diamètre (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,52) et les contours (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,54) ont obtenu des résultats significatifs (<em>p</em> <!-->><!--> <!-->0,5) et étaient corrélés au diagnostic de mélanome selon le score de Pearson. Les paramètres asymétrie et couleur n’étaient pas corrélés au diagnostic de mélanome (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,5).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Notre étude a démontré que l’IA du logiciel DEXI intégré au système VECTRA de Canfield est pertinente pour le dépistage de mélanome en vie réelle. Le système d’IA est également interprétable (Explainable AI) car il présente des cartographies de chaleur (Heatmap) des zones d’intérêt utilisées pour
{"title":"Intelligence artificielle appliquée à la vidéodermoscopie intégrée au système de cartographie corporelle VECTRA 3D pour le dépistage automatisé du mélanome : étude en vie réelle","authors":"J. Monnier , C. Belkacem , M.-A. Richard , C. Gaudy-Marqueste","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.643","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.643","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>L’intelligence artificielle (IA) a montré de très bonnes performances concernant la détection du mélanome à partir d’images dermoscopiques. Cependant, les résultats ont été obtenus dans un contexte expérimental et non en vie réelle, et sans être associés à un système de cartographie corps entier. Le système de cartographie corporelle VECTRA 3D permet la construction d’un avatar numérique du tégument cutané entier d’un patient et est associé à une vidéodermoscopie couplée à un système d’IA. L’objectif de notre étude rétrospective était d’évaluer l’apport de l’IA associée à la vidéodermoscopie intégrée au système de cartographie corporelle VECTRA 3D pour le dépistage automatisé du mélanome.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Nous avons inclus 30 patients ayant bénéficié d’une cartographie corporelle VECTRA 3D et d’une vidéodermoscopie pour chaque lésion mélanocytaire jugée atypique par le clinicien. Au total, 40 lésions mélanocytaires ont été incluses, opérées puis analysées histologiquement. Le logiciel d’IA étudié était le logiciel DEXI, intégré au système VECTRA 3D pour l’analyse d’images de vidéodermoscopie. L’algorithme de type multiclasse est fondé sur l’apprentissage profond et a été entrainé à partir d’images dermoscopiques issues de la base de données publiques International Skin Imaging Collaboration (ISIC). Il attribue un score de malignité à chaque lésion acquise avec le système de vidéodermoscopie et analyse automatiquement certaines caractéristiques comme l’asymétrie, le contour, la couleur et le diamètre. Nous avons réalisé des tests statistiques de Mann Whitney sur l’ensemble des lésions incluses ainsi que des tests de corrélation de Pearson.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Parmi les 40 lésions avec analyse histologique, issues de 30 patients, 25 étaient des mélanomes (10 infiltrants, 15 in situ) et 15 étaient des naevus. Nous avons obtenu une différence significative (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,05) entre les scores d’IA du logiciel DEXI à partir d’images vidéodermoscopiques et les résultats de l’analyse histologique. Les scores élevés étaient associés aux mélanomes et les scores faibles aux naevus (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,012). Parmi les paramètres analysés par l’IA, seuls le diamètre (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,52) et les contours (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,54) ont obtenu des résultats significatifs (<em>p</em> <!-->><!--> <!-->0,5) et étaient corrélés au diagnostic de mélanome selon le score de Pearson. Les paramètres asymétrie et couleur n’étaient pas corrélés au diagnostic de mélanome (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,5).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Notre étude a démontré que l’IA du logiciel DEXI intégré au système VECTRA de Canfield est pertinente pour le dépistage de mélanome en vie réelle. Le système d’IA est également interprétable (Explainable AI) car il présente des cartographies de chaleur (Heatmap) des zones d’intérêt utilisées pour ","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A75"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486196","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.031
Y. Chen , Y. El Mahi , P. Saas , F. Aubin , L.-N. Xu , I. Gallais Sérézal
<div><h3>Introduction</h3><div>La prédiction des rechutes cliniques dans le psoriasis est limitée. Des études antérieures ont identifié des facteurs prédictifs cliniques du délai de rechute, notamment les antécédents thérapeutiques, les caractéristiques initiales des patients et le mécanisme d’action des traitements en cours. Cependant, ces modèles ne sont pas appliqués en pratique clinique et manquent de perspective tissulaire, essentielle à une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents des rechutes, dans l’espoir à l’avenir de réduire la survenue de rechutes chez les patients.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Nous avons prélevé des biopsies cutanées chez 13 patients en rémission clinique (PASI ≤2) depuis au moins un an sous biothérapie. Le traitement était interrompu après accord entre les patients et leur dermatologue, et l’expression de 97 gènes sur la peau en rémission et non lésionnelle (Nanostring) à été analysée à l’aide d’un panel cutané. Ces patients ont ensuite été suivis pendant un an et stratifiés en rechuteurs précoces (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8, rechutes dans les 6 mois) ou tardifs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5, après 6 mois).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Nous avons utilisé des analyses de survie et des corrélations pour identifier les marqueurs les plus associés aux rechutes. L’analyse des échantillons non lésionnels a identifié des gènes significativement associés au moment de la rechute : <em>FLG</em> et FABP5 étaient positivement corrélés, tandis que <em>S100A7</em>, <em>TNF</em> et <em>FABP7</em> étaient négativement corrélés. Dans la peau en rémission, <em>CTLA4</em> et <em>FOXP3</em> étaient plus présents chez les patients en rechute tardive. Une expression élevée de <em>XAF1</em>, <em>CD103</em>, <em>STAT6</em>, <em>FOXP3</em>, <em>DGAT</em> et <em>IL23A</em> épidermiques était associée à une rechute retardée. Une méthode similaire a été utilisée après activation des lymphocytes T dans la peau, afin de sensibiliser la détection de leurs signaux, car ils sont considérés comme des agents majeurs des rechutes dans le psoriasis. Afin de déterminer les sources cellulaires de ces marqueurs clés et de valider leur profil d’expression « protecteur » ou « à risque », nous avons réanalysé trois bases de données de single-cell RNAseq accessibles au public, portant sur des échantillons de peau en rémission ou en récidive, en utilisant les annotations cellulaires de gènes marqueurs connus. Nous avons identifié, parmi nos transcrits d’intérêt, certains fortement exprimés dans la peau en rémission et faiblement exprimés dans les lésions actives, présentant ainsi un profil d’expression « protecteur ». À l’inverse, un profil d’expression élevé dans les lésions actives et faible dans la peau en rémission a été considéré comme un profil d’expression « à risque ». Ces scores étaient principalement exprimés dans les lymphocytes T et les kératinocytes des lésions récidivantes, ainsi que dans les lymphocy
{"title":"Prédicteurs moléculaires de rechute du psoriasis à l’arrêt des biothérapies : identification de marqueurs pertinents","authors":"Y. Chen , Y. El Mahi , P. Saas , F. Aubin , L.-N. Xu , I. Gallais Sérézal","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.031","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.031","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La prédiction des rechutes cliniques dans le psoriasis est limitée. Des études antérieures ont identifié des facteurs prédictifs cliniques du délai de rechute, notamment les antécédents thérapeutiques, les caractéristiques initiales des patients et le mécanisme d’action des traitements en cours. Cependant, ces modèles ne sont pas appliqués en pratique clinique et manquent de perspective tissulaire, essentielle à une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents des rechutes, dans l’espoir à l’avenir de réduire la survenue de rechutes chez les patients.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Nous avons prélevé des biopsies cutanées chez 13 patients en rémission clinique (PASI ≤2) depuis au moins un an sous biothérapie. Le traitement était interrompu après accord entre les patients et leur dermatologue, et l’expression de 97 gènes sur la peau en rémission et non lésionnelle (Nanostring) à été analysée à l’aide d’un panel cutané. Ces patients ont ensuite été suivis pendant un an et stratifiés en rechuteurs précoces (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8, rechutes dans les 6 mois) ou tardifs (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->5, après 6 mois).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Nous avons utilisé des analyses de survie et des corrélations pour identifier les marqueurs les plus associés aux rechutes. L’analyse des échantillons non lésionnels a identifié des gènes significativement associés au moment de la rechute : <em>FLG</em> et FABP5 étaient positivement corrélés, tandis que <em>S100A7</em>, <em>TNF</em> et <em>FABP7</em> étaient négativement corrélés. Dans la peau en rémission, <em>CTLA4</em> et <em>FOXP3</em> étaient plus présents chez les patients en rechute tardive. Une expression élevée de <em>XAF1</em>, <em>CD103</em>, <em>STAT6</em>, <em>FOXP3</em>, <em>DGAT</em> et <em>IL23A</em> épidermiques était associée à une rechute retardée. Une méthode similaire a été utilisée après activation des lymphocytes T dans la peau, afin de sensibiliser la détection de leurs signaux, car ils sont considérés comme des agents majeurs des rechutes dans le psoriasis. Afin de déterminer les sources cellulaires de ces marqueurs clés et de valider leur profil d’expression « protecteur » ou « à risque », nous avons réanalysé trois bases de données de single-cell RNAseq accessibles au public, portant sur des échantillons de peau en rémission ou en récidive, en utilisant les annotations cellulaires de gènes marqueurs connus. Nous avons identifié, parmi nos transcrits d’intérêt, certains fortement exprimés dans la peau en rémission et faiblement exprimés dans les lésions actives, présentant ainsi un profil d’expression « protecteur ». À l’inverse, un profil d’expression élevé dans les lésions actives et faible dans la peau en rémission a été considéré comme un profil d’expression « à risque ». Ces scores étaient principalement exprimés dans les lymphocytes T et les kératinocytes des lésions récidivantes, ainsi que dans les lymphocy","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A51"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486292","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.078
D. Gravier , A. Welfringer-Morin , S. Fraitag , S. Hadj-Rabia , O. Boccara , L. Bekel , P. Delanoe , N. Bodak , J.F. Emile , S. Héritier , J. Donadieu , C. Bodemer , Groupe Histiobase
<div><h3>Introduction</h3><div>Les histiocytoses langerhansiennes cutanées isolées (HLC) involuent spontanément ou évoluent vers des formes multisystémiques (FMS). Aucun critère ne permet de prédire cette évolution. Les experts français recommandent un suivi clinico-biologique pendant les 5 ans qui suivent le diagnostic. Notre objectif était de mesurer le pourcentage de patients atteints de HLC avant l’âge de 1 an évoluant vers une MS et d’éventuellement identifier des éléments clinico-biologiques prédictifs.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Étude rétrospective multicentrique (Registre national des histiocytoses) ; ont été inclus les enfants de moins d’un an ayant une HLC prouvée histologiquement sans atteinte extra-cutanée au moment du diagnostic, c’est-à-dire, NFS, bilan hépatique, radiographies (thoracique et osseuse) et échographie abdominale normaux.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Ont été inclus 107 patients d’un âge moyen de 2 mois au diagnostic, avec un sex-ratio de 1,7 et une durée médiane de suivi de 62 mois (2–324 mois).</div><div>Parmi eux, 20 patients ont évolué vers une FMS [délai moyen de 13 mois après le diagnostic initial (1–66 mois)].</div><div>Le sex-ratio était de 3 chez les FMS et de 1,5 chez les patients HLC (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,204). Les premières lésions cutanées apparaissaient à 3,4 mois chez les FMS contre 1,8 mois chez les HCL (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0199). Les FMS présentaient significativement plus de lésions purpuriques (56 % vs 17 %, p<!--> <!-->=<!--> <!-->0,000). Bien que non significatif, il y avait plus de lésions du cuir chevelu (78 % vs 48 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,064) et des plis (81 % vs 51 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,075), et moins de lésions du visage (6 % vs 26 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,072) chez les patients avec FMS. La surface cutanée (SC) atteinte était plus souvent<!--> <!-->><!--> <!-->25 % chez les FMS (54 % vs 19 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,01) et la disparition des lésions plus rare (44 % vs 100 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,000) et plus tardive (17,5 mois vs 3 mois, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0272). Il y avait de manière non significative plus de mutation BRAF V600E chez les FMS (88 % vs 52 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,064). Deux patients FMS sont décédés, 1 seul en lien avec l’histiocytose langerhansienne.</div><div>Tous les patients FMS ont présenté des signes cliniques annonciateurs : fièvre, hépatosplénomégalie, cassure pondérale, syndrome polyuro-polydipsique. Aucun n’a été identifié au travers des explorations systématiques.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Ainsi sont distingués deux phénotypes d’HLC chez les enfants : une forme auto-involutive simple (ex. : Hashimoto-Pritzker) et une FMS. Les critères prédictifs d’une évolution vers la forme MS sont l’apparition plus tardive des lésions et leur persistance, des lésions purpuriques, et une atteinte diffuse (><!--> <!-->25 % SC). Tous les patients MS ét
孤立的朗格汉斯皮肤组织细胞病(LCs)可自发发生或发展为多系统形式(MFs)。没有任何标准可以预测这种演变。法国专家建议在诊断后5年内进行临床-生物随访。我们的目标是测量1岁前HLC患者发展为多发性硬化症的百分比,并最终确定预测临床生物学因素。多中心回顾性研究(国家组织细胞病登记处);包括1岁以下的儿童,组织学上证实HLC在诊断时没有皮外病变,即正常的NFS、肝脏检查、x光(胸部和骨骼)和腹部超声。107例患者中位年龄为2个月,性别比例为1.7,中位随访时间为62个月(2 - 324个月)。其中,20例患者发展为FMS[初始诊断后平均13个月(1 - 66个月)]。MSF患者的性别比例为3,HLC患者的性别比例为1.5 (p = 0.204)。MS患者在3.4个月时首次出现皮肤病变,而HCL患者在1.8个月时出现皮肤病变(p = 0.0199)。MSF患者有明显更多的紫色病变(56% vs 17%, p = 0.000)。虽然不重要,有头皮的损伤(78%以上vs 48%, p = 0,064 vs褶皱(81%)和51 %,p = 0.075)面部损伤,不到6% (vs 26%, p = 0.072)的患者中,与FMS。受影响的皮肤表面(SC)在MS患者中更常见25% (54% vs . 19%, p = 0.01),病变消失更罕见(44% vs . 100%, p = 0.000)和更晚(17.5个月vs . 3个月,p = 0.0272)。FMS中BRAF V600E突变无显著增加(88% vs 52%, p = 0.064)。2例FMS患者死亡,1例与朗格汉斯组织细胞增多症有关。所有FMS患者均表现出预兆性临床症状:发热、肝脾肿大、体重骨折、多尿多双性综合征。没有一个是通过系统的探索发现的。因此,在儿童中发现了两种HLC表型:一种是简单的自旋型(如Hashimoto-Pritzker),另一种是FMS。多发性硬化症发展的预测标准是病变的较晚出现及其持续时间、紫色病变和弥漫性病变(25% SC)。所有多发性硬化症患者都有症状。这表明,对于患有LHC的患者,1年的临床随访可能就足够了,但不能预测多发性硬化症的发展,只有在出现临床症状时才需要进行临床放射检查。ConclusionLes HLC <一岁;没有达到毫秒的诊断需要临床监测风险演化走向毫秒的形式,但也有可能是最初的临床症状(紫癜,晚期出现和持续的损伤,皮肤表面广泛)生物监测,这种风险评估和调整。
{"title":"Histiocytoses langerhansiennes cutanées isolées chez le nourrisson de moins d’un an : évolution","authors":"D. Gravier , A. Welfringer-Morin , S. Fraitag , S. Hadj-Rabia , O. Boccara , L. Bekel , P. Delanoe , N. Bodak , J.F. Emile , S. Héritier , J. Donadieu , C. Bodemer , Groupe Histiobase","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.078","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.078","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les histiocytoses langerhansiennes cutanées isolées (HLC) involuent spontanément ou évoluent vers des formes multisystémiques (FMS). Aucun critère ne permet de prédire cette évolution. Les experts français recommandent un suivi clinico-biologique pendant les 5 ans qui suivent le diagnostic. Notre objectif était de mesurer le pourcentage de patients atteints de HLC avant l’âge de 1 an évoluant vers une MS et d’éventuellement identifier des éléments clinico-biologiques prédictifs.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Étude rétrospective multicentrique (Registre national des histiocytoses) ; ont été inclus les enfants de moins d’un an ayant une HLC prouvée histologiquement sans atteinte extra-cutanée au moment du diagnostic, c’est-à-dire, NFS, bilan hépatique, radiographies (thoracique et osseuse) et échographie abdominale normaux.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Ont été inclus 107 patients d’un âge moyen de 2 mois au diagnostic, avec un sex-ratio de 1,7 et une durée médiane de suivi de 62 mois (2–324 mois).</div><div>Parmi eux, 20 patients ont évolué vers une FMS [délai moyen de 13 mois après le diagnostic initial (1–66 mois)].</div><div>Le sex-ratio était de 3 chez les FMS et de 1,5 chez les patients HLC (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,204). Les premières lésions cutanées apparaissaient à 3,4 mois chez les FMS contre 1,8 mois chez les HCL (<em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0199). Les FMS présentaient significativement plus de lésions purpuriques (56 % vs 17 %, p<!--> <!-->=<!--> <!-->0,000). Bien que non significatif, il y avait plus de lésions du cuir chevelu (78 % vs 48 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,064) et des plis (81 % vs 51 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,075), et moins de lésions du visage (6 % vs 26 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,072) chez les patients avec FMS. La surface cutanée (SC) atteinte était plus souvent<!--> <!-->><!--> <!-->25 % chez les FMS (54 % vs 19 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,01) et la disparition des lésions plus rare (44 % vs 100 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,000) et plus tardive (17,5 mois vs 3 mois, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,0272). Il y avait de manière non significative plus de mutation BRAF V600E chez les FMS (88 % vs 52 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,064). Deux patients FMS sont décédés, 1 seul en lien avec l’histiocytose langerhansienne.</div><div>Tous les patients FMS ont présenté des signes cliniques annonciateurs : fièvre, hépatosplénomégalie, cassure pondérale, syndrome polyuro-polydipsique. Aucun n’a été identifié au travers des explorations systématiques.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Ainsi sont distingués deux phénotypes d’HLC chez les enfants : une forme auto-involutive simple (ex. : Hashimoto-Pritzker) et une FMS. Les critères prédictifs d’une évolution vers la forme MS sont l’apparition plus tardive des lésions et leur persistance, des lésions purpuriques, et une atteinte diffuse (><!--> <!-->25 % SC). Tous les patients MS ét","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A82-A83"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486245","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.005
P. Bataille , G. Hickman , A. Hovnanian , F. Assan , H. Bachelez , E. Bourrat
Introduction
Les génodermatoses en lien avec des mutations de CARD14 peuvent se manifester par des psoriasis monogéniques, des pityriasis rubra pilaires (PRP) ou des tableaux sévères d’érythrodermies ichtyosiformes. Ces éruptions sont très souvent récalcitrantes aux traitements systémiques conventionnels, comme l’acitrétine, le méthotrexate ou la ciclosporine. Nous rapportons 3 patients traités avec succès par anti interleukine 23 (anti-IL23).
Observations
Un homme (33 ans) et sa soeur (30 ans) étaient issus de 2 parents sains, cousins germains, d’origine tunisienne. Ils étaient suivis pour une dermatose érythémato-squameuse non congénitale très précoce associant une kératodermie palmoplantaire (KPP) jaunâtre, un érythème du visage, des plaques érythémato-squameuses bien limitées et des intervalles de peau saine évocatrice de PRP. L’étude génétique familiale montrait que les 2 patients étaient homozygotes pour la mutation c.349G > A (p.Gly117Ser) de CARD14. Après échec de plusieurs lignes de traitement (acitrétine, méthotrexate, ciclosporine, anti-TNFα, anti-IL17), un traitement par ustékinumab était initié avec une très bonne efficacité initiale puis un échappement secondaire. Un traitement par anti-IL23 (risankizumab) était alors débuté avec une réponse complète des lésions cutanées.
Un troisième patient de 22 ans était suivi pour une érythrodermie ichtyosiforme sévère avec KPP évoluant depuis l’âge de 6 mois. L’étude génétique montrait que le patient était hétérozygote pour la mutation c.371 T > G (p.Leu124Pro) de CARD14. Après une efficacité partielle de l’acitrétine et de l’ustékinumab, un traitement par anti-IL23 (guselkumab) était initié avec un blanchiment quasi complet des lésions cutanées.
Observations
CARD14 est une protéine jouant un rôle dans le recrutement des caspases liées à l’inflammation. In vitro elle entraîne une augmentation de l’activation de la voie de signalisation NFκB. L’activité NFκB élevée entraîne une augmentation des chimiokines telles que l’IL-8 et le CCL20, qui conduisent au recrutement et à la différenciation de cellules inflammatoires : IL-23 par les cellules dendritiques et IL-17 et IL-22 par les lymphocytes T. L’efficacité de l’ustékinumab, anticorps humanisé monoclonal dirigé contre la sous-unité p40 commune aux IL12/23, a été suggéré dans plusieurs cases reports. Notre expérience retrouve une efficacité importante des anti-IL23, que ce soit le guselkumab ou le risankizumab, anticorps monoclonaux de type IgG1 ciblant la sous unité p19 de l’IL23, dans les génodermatoses en lien avec des mutations CARD14.
Discussion
Les anti-IL23 peuvent représenter une option thérapeutique intéressante pour le traitement des génodermatoses avec mutation CARD14.
与CARD14突变相关的基因皮肤病可表现为单源性银屑病、红斑糠疹(PRP)或严重的鱼鳞状红皮病。这些皮疹通常对传统的全身治疗方法有耐药性,如氨甲酯、甲氨蝶呤或环孢霉素。我们报告了3例成功接受抗白细胞介素23 (anti-IL23)治疗的患者。一名男子(33岁)和他的妹妹(30岁)来自两个健康的德国表亲,有突尼斯血统。早期非先天性红斑鳞状皮肤病,伴有黄斑手足角化病(KPP)、面部红斑、有限的红斑鳞状斑块和类似于PID的健康皮肤间隔。家族遗传研究显示,两名患者均为CARD14 c.349G > A (p.Gly117Ser)突变的同合子。在几种治疗方法(氨曲丁、甲氨蝶呤、环孢霉素、抗TNFα、抗IL17)失败后,开始使用ustekinumab治疗,最初效果非常好,但随后出现了继发性排泄。抗il23治疗(利桑基单抗)开始对皮肤损伤有完全的反应。第三名患者(22岁)在6个月大时接受了严重的鱼鳞状红皮病KPP的随访。基因研究表明,c.371突变的患者是异合子。CARD14的T & G (p.Leu124Pro)。在氨itretin和ustekinumab部分有效后,开始了抗il23治疗(guselkumab),皮肤病变几乎完全漂白。ObservationsCARD14是一种蛋白质,在炎症相关的caspase的招募中发挥作用。在体外,它会增加NFκB通路的激活。趋化因子NFκB的活性较高导致的诸如l’IL-8 CCL20,导致招募和炎症细胞的分化:IL-23的t淋巴细胞和树突状细胞和IL-17 IL-22 l’ustékinumab实效,针对曼谷。亚基单克隆抗体具有人性的共同向IL12/23多个方格中,与会者建议延期。我们的经验表明,抗IL23 guselkumab或risankizumab(针对IL23 p19亚基的IgG1单克隆抗体)在与CARD14突变相关的基因皮肤病中具有显著的有效性。抗IL23可能是治疗CARD14基因皮肤病的一种有趣的治疗选择。
{"title":"Efficacité des anti-interleukines 23 dans les génodermatoses CARD14","authors":"P. Bataille , G. Hickman , A. Hovnanian , F. Assan , H. Bachelez , E. Bourrat","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.005","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.005","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les génodermatoses en lien avec des mutations de CARD14 peuvent se manifester par des psoriasis monogéniques, des pityriasis rubra pilaires (PRP) ou des tableaux sévères d’érythrodermies ichtyosiformes. Ces éruptions sont très souvent récalcitrantes aux traitements systémiques conventionnels, comme l’acitrétine, le méthotrexate ou la ciclosporine. Nous rapportons 3 patients traités avec succès par anti interleukine 23 (anti-IL23).</div></div><div><h3>Observations</h3><div>Un homme (33 ans) et sa soeur (30 ans) étaient issus de 2 parents sains, cousins germains, d’origine tunisienne. Ils étaient suivis pour une dermatose érythémato-squameuse non congénitale très précoce associant une kératodermie palmoplantaire (KPP) jaunâtre, un érythème du visage, des plaques érythémato-squameuses bien limitées et des intervalles de peau saine évocatrice de PRP. L’étude génétique familiale montrait que les 2 patients étaient homozygotes pour la mutation c.349G <!--> <!-->><!--> <!--> A (p.Gly117Ser) de CARD14. Après échec de plusieurs lignes de traitement (acitrétine, méthotrexate, ciclosporine, anti-TNFα, anti-IL17), un traitement par ustékinumab était initié avec une très bonne efficacité initiale puis un échappement secondaire. Un traitement par anti-IL23 (risankizumab) était alors débuté avec une réponse complète des lésions cutanées.</div><div>Un troisième patient de 22 ans était suivi pour une érythrodermie ichtyosiforme sévère avec KPP évoluant depuis l’âge de 6 mois. L’étude génétique montrait que le patient était hétérozygote pour la mutation c.371<!--> <!-->T <!--> <!-->><!--> <!--> G (p.Leu124Pro) de CARD14. Après une efficacité partielle de l’acitrétine et de l’ustékinumab, un traitement par anti-IL23 (guselkumab) était initié avec un blanchiment quasi complet des lésions cutanées.</div></div><div><h3>Observations</h3><div>CARD14 est une protéine jouant un rôle dans le recrutement des caspases liées à l’inflammation. In vitro elle entraîne une augmentation de l’activation de la voie de signalisation NFκB. L’activité NFκB élevée entraîne une augmentation des chimiokines telles que l’IL-8 et le CCL20, qui conduisent au recrutement et à la différenciation de cellules inflammatoires : IL-23 par les cellules dendritiques et IL-17 et IL-22 par les lymphocytes T. L’efficacité de l’ustékinumab, anticorps humanisé monoclonal dirigé contre la sous-unité p40 commune aux IL12/23, a été suggéré dans plusieurs cases reports. Notre expérience retrouve une efficacité importante des anti-IL23, que ce soit le guselkumab ou le risankizumab, anticorps monoclonaux de type IgG1 ciblant la sous unité p19 de l’IL23, dans les génodermatoses en lien avec des mutations CARD14.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Les anti-IL23 peuvent représenter une option thérapeutique intéressante pour le traitement des génodermatoses avec mutation CARD14.</div></div>","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A35"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486428","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.034
R. Gabriel , P. Moghadam , E. Tancrede-Bohin , E. Charvet , S. Oro , T. Bettuzzi , J.-D. Bouaziz , C. Lepelletier
<div><h3>Introduction</h3><div>La pemphigoïde bulleuse (PB) est la dermatose bulleuse auto-immune la plus fréquente. Le dupilumab a montré son efficacité dans la PB au sein d’un essai contrôlé randomisé, dont le suivi sous traitement était limité à 12 mois, sans stratégie d’arrêt. En France, il fait l’objet d’une demande d’Accès précoce (AP) et d’Autorisation de mise sur le marché (AMM) dans cette indication.</div><div>Nous rapportons la première série de patients atteints de PB ayant reçu plus de 12 mois de traitement par dupilumab.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective multicentrique, a inclus les patients atteints de PB, ayant reçu du dupilumab à visée d’épargne cortisonique pendant une durée supérieure à 12 mois.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Vingt et un patients ont été inclus. Le dupilumab était prescrit à la posologie de 600<!--> <!-->mg puis 300<!--> <!-->mg/14<!--> <!-->jours (1<sup>ère</sup> ligne <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8, ≥2<sup>e</sup> ligne <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->13). La durée moyenne de suivi était de 40 mois, et celle du traitement par dupilumab était de 22 mois.</div><div>Sous dupilumab, on observait une rémission complète chez 86 % des patients et partielle chez 14 %. Le traitement local par dermocorticoïdes a pu être arrêté définitivement chez 14/20 patients (70 %).</div><div>Trois patients préalablement en rémission ont rechuté en cours de traitement, alors qu’il n’y avait eu ni interruption ni espacement des injections (délai médian de 5 mois après introduction du dupilumab). Chez 2 de ces patients, le rapprochement à une injection hebdomadaire associée à une courte corticothérapie locale initiale permettait de nouveau la rémission.</div><div>L’arrêt du traitement sans espacement préalable des injections (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4) a entraîné une rechute chez 3/4 des patients (délai médian de 8 mois).</div><div>L’espacement des injections à 3 semaines (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9) a permis de maintenir la rémission chez 7 patients (78 %).</div><div>Les effets indésirables rapportés étaient : aggravation de psoriasis (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1), pseudo-lymphome cutané (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1) et conjonctivite (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Dans la PB, les traitements d’épargne cortisonique, tel que le méthotrexate, sont souvent mal tolérés ou contre-indiqués. Le dupilumab, efficace et très bien toléré, devrait prochainement obtenir une AMM dans cette indication. Les rechutes semblent toutefois fréquentes en cas d’arrêt du traitement au cours de la 1<sup>ère</sup> année. Très peu de données sont disponibles quant au devenir des patients au-delà de 12 mois de traitement, et en particulier en cas d’arrêt ou d’espacement des injections. Il n’y a pas de données d’efficacité en cas d’espacement des injections dans la littérature. Notre étude suggère l’intérêt d’un espacement des injections mais ne permet pas d’évaluer l
{"title":"Efficacité et tolérance à long terme du dupilumab dans la pemphigoïde bulleuse : étude rétrospective française","authors":"R. Gabriel , P. Moghadam , E. Tancrede-Bohin , E. Charvet , S. Oro , T. Bettuzzi , J.-D. Bouaziz , C. Lepelletier","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.034","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.034","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La pemphigoïde bulleuse (PB) est la dermatose bulleuse auto-immune la plus fréquente. Le dupilumab a montré son efficacité dans la PB au sein d’un essai contrôlé randomisé, dont le suivi sous traitement était limité à 12 mois, sans stratégie d’arrêt. En France, il fait l’objet d’une demande d’Accès précoce (AP) et d’Autorisation de mise sur le marché (AMM) dans cette indication.</div><div>Nous rapportons la première série de patients atteints de PB ayant reçu plus de 12 mois de traitement par dupilumab.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Cette étude rétrospective multicentrique, a inclus les patients atteints de PB, ayant reçu du dupilumab à visée d’épargne cortisonique pendant une durée supérieure à 12 mois.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Vingt et un patients ont été inclus. Le dupilumab était prescrit à la posologie de 600<!--> <!-->mg puis 300<!--> <!-->mg/14<!--> <!-->jours (1<sup>ère</sup> ligne <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->8, ≥2<sup>e</sup> ligne <em>n</em> <!-->=<!--> <!-->13). La durée moyenne de suivi était de 40 mois, et celle du traitement par dupilumab était de 22 mois.</div><div>Sous dupilumab, on observait une rémission complète chez 86 % des patients et partielle chez 14 %. Le traitement local par dermocorticoïdes a pu être arrêté définitivement chez 14/20 patients (70 %).</div><div>Trois patients préalablement en rémission ont rechuté en cours de traitement, alors qu’il n’y avait eu ni interruption ni espacement des injections (délai médian de 5 mois après introduction du dupilumab). Chez 2 de ces patients, le rapprochement à une injection hebdomadaire associée à une courte corticothérapie locale initiale permettait de nouveau la rémission.</div><div>L’arrêt du traitement sans espacement préalable des injections (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->4) a entraîné une rechute chez 3/4 des patients (délai médian de 8 mois).</div><div>L’espacement des injections à 3 semaines (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->9) a permis de maintenir la rémission chez 7 patients (78 %).</div><div>Les effets indésirables rapportés étaient : aggravation de psoriasis (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1), pseudo-lymphome cutané (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1) et conjonctivite (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->1).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Dans la PB, les traitements d’épargne cortisonique, tel que le méthotrexate, sont souvent mal tolérés ou contre-indiqués. Le dupilumab, efficace et très bien toléré, devrait prochainement obtenir une AMM dans cette indication. Les rechutes semblent toutefois fréquentes en cas d’arrêt du traitement au cours de la 1<sup>ère</sup> année. Très peu de données sont disponibles quant au devenir des patients au-delà de 12 mois de traitement, et en particulier en cas d’arrêt ou d’espacement des injections. Il n’y a pas de données d’efficacité en cas d’espacement des injections dans la littérature. Notre étude suggère l’intérêt d’un espacement des injections mais ne permet pas d’évaluer l","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A52-A53"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486356","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}