Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.037
M. El Moustaoui, N. Ammar, H. El Hassani Taib, S. Hamada, N. Ismaili, L. Benzekri, M. Meziane
<div><h3>Introduction</h3><div>Le pemphigus est une dermatose bulleuse auto-immune chronique, principalement observée chez les adultes jeunes entre 40 et 60 ans. Toutefois, une augmentation de son incidence a été récemment observée chez les sujets âgés.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Une étude rétro-prospective a été menée au sein du service de dermatologie de janvier 2001 à janvier 2025, incluant tous les patients âgés de 65 ans et plus ayant un diagnostic confirmé de pemphigus.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Quatre-vingts patients ont été inclus, représentant 42 % de l’ensemble des cas de pemphigus durant la période d’étude. Le sex-ratio était de 1,3, avec un âge moyen de début de 73,5 ans. Le niveau socio-économique était moyen dans 70 % des cas et faible dans 26,7 %. Le pemphigus séborrhéique était la forme la plus fréquente (63,3 %), suivi du pemphigus vulgaire (20 %), foliacé (13,3 %), et un seul cas (3,3 %) de pemphigus végétant. Les comorbidités étaient fréquentes, touchant 66,7 % des patients, principalement le diabète (40 %), l’hypertension artérielle (40 %), les pathologies neurologiques (23,3 %) et les cardiopathies (6,7 %).</div><div>Le diagnostic a été posé en moins de trois mois dans 62,5 % des cas. La sévérité initiale de la maladie (PDAI) était modérée dans 43,3 % des cas et sévère dans 36,7 %. L’impact sur la qualité de vie était important : 37,5 % des patients avaient un score DLQI entre 11 et 20 (impact significatif) et 20,8 % un score supérieur à 21 (impact extrêmement significatif). Le score PDAI moyen initial était plus bas chez les sujets âgés (34) que chez les patients plus jeunes (41), mais le score DLQI était plus élevé (18 contre 4), suggérant un retentissement psychologique plus marqué malgré une atteinte clinique moins sévère.</div><div>Tous les patients ont bénéficié d’une immunofluorescence indirecte ou immunoblot, sans corrélation significative entre le taux d’IFI et la sévérité de la maladie. Une corticothérapie orale a été prescrite dans 93,3 % des cas, principalement à la dose de 1<!--> <!-->mg/kg/j (60,9 %). Un traitement de seconde ligne a été nécessaire chez 63,3 % des patients, principalement par rituximab (63,3 %), avec quelques cas traités par dapsone (6,7 %) ou azathioprine (16,7 %).</div><div>Une évolution favorable a été obtenue chez 66,7 % des patients, avec durée moyenne de cicatrisation d’un mois. Des complications ont été observées chez 33,3 % des patients, notamment des embolies pulmonaires(13,3 %) et des chocs septiques(10 %). La mortalité chez les sujets âgés atteints de pemphigus était de 30 %, contre 3,3 % chez les plus jeunes.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Le pemphigus du sujet âgé présente des formes cliniques souvent modérées, mais un impact psychologique plus marqué et une mortalité nettement plus élevée que chez les patients plus jeunes. Les comorbidités fréquentes, les complications iatrogènes et le retard diagnostique aggravent le pronostic. Ces résu
{"title":"Le pemphigus du sujet âgé : particularités cliniques et pronostiques","authors":"M. El Moustaoui, N. Ammar, H. El Hassani Taib, S. Hamada, N. Ismaili, L. Benzekri, M. Meziane","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.037","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.037","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le pemphigus est une dermatose bulleuse auto-immune chronique, principalement observée chez les adultes jeunes entre 40 et 60 ans. Toutefois, une augmentation de son incidence a été récemment observée chez les sujets âgés.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Une étude rétro-prospective a été menée au sein du service de dermatologie de janvier 2001 à janvier 2025, incluant tous les patients âgés de 65 ans et plus ayant un diagnostic confirmé de pemphigus.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Quatre-vingts patients ont été inclus, représentant 42 % de l’ensemble des cas de pemphigus durant la période d’étude. Le sex-ratio était de 1,3, avec un âge moyen de début de 73,5 ans. Le niveau socio-économique était moyen dans 70 % des cas et faible dans 26,7 %. Le pemphigus séborrhéique était la forme la plus fréquente (63,3 %), suivi du pemphigus vulgaire (20 %), foliacé (13,3 %), et un seul cas (3,3 %) de pemphigus végétant. Les comorbidités étaient fréquentes, touchant 66,7 % des patients, principalement le diabète (40 %), l’hypertension artérielle (40 %), les pathologies neurologiques (23,3 %) et les cardiopathies (6,7 %).</div><div>Le diagnostic a été posé en moins de trois mois dans 62,5 % des cas. La sévérité initiale de la maladie (PDAI) était modérée dans 43,3 % des cas et sévère dans 36,7 %. L’impact sur la qualité de vie était important : 37,5 % des patients avaient un score DLQI entre 11 et 20 (impact significatif) et 20,8 % un score supérieur à 21 (impact extrêmement significatif). Le score PDAI moyen initial était plus bas chez les sujets âgés (34) que chez les patients plus jeunes (41), mais le score DLQI était plus élevé (18 contre 4), suggérant un retentissement psychologique plus marqué malgré une atteinte clinique moins sévère.</div><div>Tous les patients ont bénéficié d’une immunofluorescence indirecte ou immunoblot, sans corrélation significative entre le taux d’IFI et la sévérité de la maladie. Une corticothérapie orale a été prescrite dans 93,3 % des cas, principalement à la dose de 1<!--> <!-->mg/kg/j (60,9 %). Un traitement de seconde ligne a été nécessaire chez 63,3 % des patients, principalement par rituximab (63,3 %), avec quelques cas traités par dapsone (6,7 %) ou azathioprine (16,7 %).</div><div>Une évolution favorable a été obtenue chez 66,7 % des patients, avec durée moyenne de cicatrisation d’un mois. Des complications ont été observées chez 33,3 % des patients, notamment des embolies pulmonaires(13,3 %) et des chocs septiques(10 %). La mortalité chez les sujets âgés atteints de pemphigus était de 30 %, contre 3,3 % chez les plus jeunes.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Le pemphigus du sujet âgé présente des formes cliniques souvent modérées, mais un impact psychologique plus marqué et une mortalité nettement plus élevée que chez les patients plus jeunes. Les comorbidités fréquentes, les complications iatrogènes et le retard diagnostique aggravent le pronostic. Ces résu","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A54"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486359","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.071
A. Gelmetti , A. Lunati-Rozie , H. Ayache , S. Moryousef , B. Hébrard , L. Pacot , E. Pasmant , D. Vidaud , B. Funalot , P. Lecorvoisier , P. Wolkenstein , L. Fertitta
<div><h3>Introduction</h3><div>La neurofibromatose type 1 (NF1) mosaïque, résultat d’une mutation post-zygotique de <em>NF1</em>, est un variant de NF1 dont les lésions n’intéressent habituellement qu’un segment corporel. Des critères diagnostiques existent mais cette entité reste peu explorée, sa prise en charge non codifiée et son risque de transmission incertain.</div><div>L’objectif de l’étude est de décrire le spectre phénotypique de la NF1 mosaïque, ses complications et son risque de transmission.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective observationnelle. Une analyse par mots clés dans l’entrepôt de donnée de santé a permis l’extraction des cas suspects de NF1 mosaïque, suivis entre 10/2014 et 04/2025. Leurs données démographiques, cliniques, radiologiques et moléculaires ont été recueillies.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur 1522 dossiers étudiés, 216 ont été inclus : dont 145 femmes (67 %), âge médian à la consultation 43 ans (intervalle 13–80) et au diagnostic 34 ans (intervalle 0–69). Parmi eux, 155 avaient une distribution localisée/segmentaire des lésions cutanées, 51 plurisegmentaire. La NF1 mosaïque se présentait en 4 principaux tableaux : 45 lésions pigmentaires seules (taches café-au-lait et/ou lentigines), 75 neurofibromes seuls, 50 lésions pigmentaires et neurofibromes, et 44 neurofibromes plexiformes (NFp) isolés. Des comorbidités étaient trouvées chez 147 patients incluant 21 cancers (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->18 patients), dont 4 tumeurs malignes des gaines nerveuses (TMGN), 2/4 développées à partir d’un NFp isolé, et 4 cancers du sein, 2/4 développés de manière homolatérale aux lésions. Seuls 101 patients répondaient aux critères diagnostiques en vigueur et 84 à ceux de la NF1. Parmi les 87 patients ayant eu un enfant, 1 a transmis une NF1. Une mutation dans NF1 était trouvée dans 19/77 cas dans le sang, dans 15/26 dans une lésion (tache café-au-lait ou tumeur), dans 2/4 dans le sperme et dans 4/4 dans le frottis jugal et les cellules urinaires. Parmi les 31 patients ayant eu une TEP-IRM des lésions internes ont été trouvées chez 7.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Cette étude reprend la plus grande cohorte de patients atteints de NF1 mosaïque. La confrontation aux critères diagnostiques en vigueur souligne la nécessité de leur révision et l’ajout du critère suivant : présence de lésions à distribution segmentaire et d’un variant pathogène en tissu lésé dont NFp isolé. Le risque des complications oncologiques dont TGMN doit être évalué chez chaque patient, en particulier ceux présentant un NFp. Une imagerie complémentaire pourrait se discuter. Il existe un risque de transmission peu prédictible par rapport au 50 % de la maladie autosomique dominante que ne doit pas être négligé et peut, dans certains cas, justifier un conseil génétique.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Nos résultats soulignent l’importance de poursuivre l’exploration des formes mosaïques d
{"title":"Neurofibromatose de type 1 en mosaïque : large spectre phénotypique et implications pour la prise en charge","authors":"A. Gelmetti , A. Lunati-Rozie , H. Ayache , S. Moryousef , B. Hébrard , L. Pacot , E. Pasmant , D. Vidaud , B. Funalot , P. Lecorvoisier , P. Wolkenstein , L. Fertitta","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.071","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.071","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>La neurofibromatose type 1 (NF1) mosaïque, résultat d’une mutation post-zygotique de <em>NF1</em>, est un variant de NF1 dont les lésions n’intéressent habituellement qu’un segment corporel. Des critères diagnostiques existent mais cette entité reste peu explorée, sa prise en charge non codifiée et son risque de transmission incertain.</div><div>L’objectif de l’étude est de décrire le spectre phénotypique de la NF1 mosaïque, ses complications et son risque de transmission.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective observationnelle. Une analyse par mots clés dans l’entrepôt de donnée de santé a permis l’extraction des cas suspects de NF1 mosaïque, suivis entre 10/2014 et 04/2025. Leurs données démographiques, cliniques, radiologiques et moléculaires ont été recueillies.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Sur 1522 dossiers étudiés, 216 ont été inclus : dont 145 femmes (67 %), âge médian à la consultation 43 ans (intervalle 13–80) et au diagnostic 34 ans (intervalle 0–69). Parmi eux, 155 avaient une distribution localisée/segmentaire des lésions cutanées, 51 plurisegmentaire. La NF1 mosaïque se présentait en 4 principaux tableaux : 45 lésions pigmentaires seules (taches café-au-lait et/ou lentigines), 75 neurofibromes seuls, 50 lésions pigmentaires et neurofibromes, et 44 neurofibromes plexiformes (NFp) isolés. Des comorbidités étaient trouvées chez 147 patients incluant 21 cancers (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->18 patients), dont 4 tumeurs malignes des gaines nerveuses (TMGN), 2/4 développées à partir d’un NFp isolé, et 4 cancers du sein, 2/4 développés de manière homolatérale aux lésions. Seuls 101 patients répondaient aux critères diagnostiques en vigueur et 84 à ceux de la NF1. Parmi les 87 patients ayant eu un enfant, 1 a transmis une NF1. Une mutation dans NF1 était trouvée dans 19/77 cas dans le sang, dans 15/26 dans une lésion (tache café-au-lait ou tumeur), dans 2/4 dans le sperme et dans 4/4 dans le frottis jugal et les cellules urinaires. Parmi les 31 patients ayant eu une TEP-IRM des lésions internes ont été trouvées chez 7.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Cette étude reprend la plus grande cohorte de patients atteints de NF1 mosaïque. La confrontation aux critères diagnostiques en vigueur souligne la nécessité de leur révision et l’ajout du critère suivant : présence de lésions à distribution segmentaire et d’un variant pathogène en tissu lésé dont NFp isolé. Le risque des complications oncologiques dont TGMN doit être évalué chez chaque patient, en particulier ceux présentant un NFp. Une imagerie complémentaire pourrait se discuter. Il existe un risque de transmission peu prédictible par rapport au 50 % de la maladie autosomique dominante que ne doit pas être négligé et peut, dans certains cas, justifier un conseil génétique.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Nos résultats soulignent l’importance de poursuivre l’exploration des formes mosaïques d","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A79"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486362","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.075
M.A. Fouad, N. Ben Salah, H. Belhadjali, M. Mohamed, Y. Soua, M. Korbi, I. Lahouel, M. Youssef, J. Zili
Introduction
L’hamartome sébacé de Jadassohn (HSJ) est une lésion congénitale affectant principalement le cuir chevelu et le visage, évoluant en plusieurs phases et comportant un risque de transformation tumorale à l’âge adulte. Cette étude a pour objectif de rapporter une série de cas d’HSJ et d’en analyser les caractéristiques clinicopathologiques et évolutives.
Matériel et méthodes
Une étude rétrospective a été menée, incluant 42 cas d’HSJ recensés sur une période de 15 ans (de janvier 2009 à janvier 2024).
Résultats
Quarante-deux patients ont été inclus (18 hommes et 24 femmes), avec un sex-ratio de 0,75. L’âge moyen était de 16,9 ans (extrêmes : 1,5 à 75 ans). Les trois principales présentations cliniques étaient des plaques (33,3 % des cas), des papules (23,8 % des cas) et des lésions brunâtres (19 % des cas). Toutes les lésions présentaient un aspect verruqueux. Leur taille variait de 0,5 à 4 cm, avec une taille moyenne de 1,53 cm. La localisation prédominante était le cuir chevelu (61,9 % des cas). La majorité des lésions était présente dès la naissance (54,8 % des cas). Une biopsie a été réalisée dans 61,9 % des cas. L’examen histopathologique a confirmé le diagnostic d’HSJ dans tous les cas. Un syringocystadénome était associé dans deux cas, un acanthome à cellules claires et un trichoblastome dans un cas chacun. Une transformation maligne en carcinome épidermoïde a été observée chez une fillette de 11 ans. Celle-ci a eu une exérèse carcinologique, avec une évolution favorable.
Discussion
L’HSJ est un hamartome congénital, dont l’incidence est estimée à 0,3 % des nouveau-nés. Il peut s’associer à différents types de tumeurs, le plus souvent bénignes, notamment le trichoblastome et le syringocystadénome papillifère. Le risque de transformation maligne constitue une préoccupation importante, en particulier à l’âge adulte. Notre série rapporte un cas de dégénérescence d’HSJ chez une enfant, remettant en question les protocoles de surveillance et l’abstention thérapeutique habituellement recommandés chez l’enfant. À notre connaissance, seuls deux cas de transformation de HSJ en carcinome épidermoïde ont été rapportés dans la littérature (une fille de 15 ans et un garçon de 10 ans). Sur la base de ces cas et de nos résultats, un suivi rapproché des patients, quel que soit leur âge, apparaît essentiel. En présence d’une lésion cliniquement évocatrice d’une transformation maligne, une exérèse chirurgicale rapide doit être pratiquée. Si une surveillance étroite ne peut être assurée, une exérèse prophylactique précoce doit être envisagée.
Conclusion
Notre étude rapporte un cas de transformation maligne précoce d’un HSJ chez un enfant, remettant en cause les recommandations actuelles d’observation et d’abstention thérapeutique dans cette population.
{"title":"Hamartome sébacé de Jadassohn : série hospitalière avec un cas pédiatrique exceptionnel de transformation en carcinome épidermoïde","authors":"M.A. Fouad, N. Ben Salah, H. Belhadjali, M. Mohamed, Y. Soua, M. Korbi, I. Lahouel, M. Youssef, J. Zili","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.075","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.075","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>L’hamartome sébacé de Jadassohn (HSJ) est une lésion congénitale affectant principalement le cuir chevelu et le visage, évoluant en plusieurs phases et comportant un risque de transformation tumorale à l’âge adulte. Cette étude a pour objectif de rapporter une série de cas d’HSJ et d’en analyser les caractéristiques clinicopathologiques et évolutives.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Une étude rétrospective a été menée, incluant 42 cas d’HSJ recensés sur une période de 15 ans (de janvier 2009 à janvier 2024).</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Quarante-deux patients ont été inclus (18 hommes et 24 femmes), avec un sex-ratio de 0,75. L’âge moyen était de 16,9 ans (extrêmes : 1,5 à 75 ans). Les trois principales présentations cliniques étaient des plaques (33,3 % des cas), des papules (23,8 % des cas) et des lésions brunâtres (19 % des cas). Toutes les lésions présentaient un aspect verruqueux. Leur taille variait de 0,5 à 4<!--> <!-->cm, avec une taille moyenne de 1,53<!--> <!-->cm. La localisation prédominante était le cuir chevelu (61,9 % des cas). La majorité des lésions était présente dès la naissance (54,8 % des cas). Une biopsie a été réalisée dans 61,9 % des cas. L’examen histopathologique a confirmé le diagnostic d’HSJ dans tous les cas. Un syringocystadénome était associé dans deux cas, un acanthome à cellules claires et un trichoblastome dans un cas chacun. Une transformation maligne en carcinome épidermoïde a été observée chez une fillette de 11 ans. Celle-ci a eu une exérèse carcinologique, avec une évolution favorable.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’HSJ est un hamartome congénital, dont l’incidence est estimée à 0,3 % des nouveau-nés. Il peut s’associer à différents types de tumeurs, le plus souvent bénignes, notamment le trichoblastome et le syringocystadénome papillifère. Le risque de transformation maligne constitue une préoccupation importante, en particulier à l’âge adulte. Notre série rapporte un cas de dégénérescence d’HSJ chez une enfant, remettant en question les protocoles de surveillance et l’abstention thérapeutique habituellement recommandés chez l’enfant. À notre connaissance, seuls deux cas de transformation de HSJ en carcinome épidermoïde ont été rapportés dans la littérature (une fille de 15 ans et un garçon de 10 ans). Sur la base de ces cas et de nos résultats, un suivi rapproché des patients, quel que soit leur âge, apparaît essentiel. En présence d’une lésion cliniquement évocatrice d’une transformation maligne, une exérèse chirurgicale rapide doit être pratiquée. Si une surveillance étroite ne peut être assurée, une exérèse prophylactique précoce doit être envisagée.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Notre étude rapporte un cas de transformation maligne précoce d’un HSJ chez un enfant, remettant en cause les recommandations actuelles d’observation et d’abstention thérapeutique dans cette population.</div></div>","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A81"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486366","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-10-28DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.152
R. Gaillard
{"title":"L’homme augmenté : futurs de nos cerveaux","authors":"R. Gaillard","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.152","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.152","url":null,"abstract":"","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A11-A12"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486493","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.018
L. Soumoy , H. Chen , S. Faouzi , S. Shen , S.-K. Murali , S. Agoussi , S. Mohammadnezhaddaryani , M. Kazemimanesh , S. Roy , N. Benannoune , N. Hammoudi , H. Lecourt , C. Boutros , D. Belkadi-Sadou , E. Routier , V. de Savigny , M. Fernandes , A. Méant , I. Ardino , N. Gontara , C. Robert
Introduction
Le mélanome métastatique récidive souvent après un traitement par thérapie ciblée ou immunothérapie, ce qui suggère que les cellules persistantes du mélanome échappent à la surveillance immunitaire. Nous avons étudié comment la reprogrammation traductionnelle dans les cellules persistantes de mélanome contribue à la rechute tumorale et à l’évasion immunitaire.
Matériel et méthodes
Nous avons identifié l’expression de marqueurs spécifiques de persistance in vitro et sur biopsies de patients par immunohistochimie en multiplex (36 cibles). Nous avons analysé les surnageants de lignées cellulaires de mélanome (parentales vs persistantes) à l’aide de matrices de chimiokines et d’ELISA, et évalué leur impact sur les lymphocytes et les monocytes au moyen d’essais métaboliques et fonctionnels. La sécrétion de Macrophage Migration Inhibiting Factor (MIF) a été mesurée dans les biopsies des patients avant et après le début du traitement. Des approches CRISPR-Cas9 et siRNA ont été utilisées pour étudier la régulation du MIF et son transporteur ABCA7.
Résultats
Nous avons identifié une signature de 7 protéines permettant d’identifier des cellules persistantes de mélanome sur des biopsies de patients prélevées une semaine après l’initiation du traitement (thérapie ciblée ou immunothérapie) et associée à une réponse défavorable à ces traitements. Les cellules persistantes de mélanome présentent une réduction globale de la traduction mais une augmentation de la traduction d’ARNm spécifiques codant pour des protéines impliquées dans le remodelage de la chromatine et la modulation immunitaire. MIF a été identifié comme un facteur immunosuppresseur clé sécrété en quantité importante par les cellules persistantes, conduisant à une réduction des fonctions des lymphocytes (lyse tumorale) et des macrophages (phagocytose). L’expression du transporteur ABCA7 est augmentée au niveau de la traduction dans les cellules persistantes et est responsable de la sécrétion accrue de MIF. Le ciblage du facteur 4A d’initiation eucaryotique (eIF4A) en combinaison avec la thérapie ciblée dans un modèle murin de mélanome retarde la résistance et augmente la survie.
Discussion
La persistance des cellules de mélanome sous traitement est associée à une reprogrammation traductionnelle, qui augmente la sécrétion de MIF par l’intermédiaire d’ABCA7, favorisant ainsi un microenvironnement tumoral immunosuppresseur.
Conclusion
Le ciblage de la traduction représente une voie thérapeutique prometteuse contre la persistance et la résistance thérapeutiques des mélanomes combinant des effets antitumoraux directs sur les cellules tumorales et indirects sur le microenvironnement tumoral via l’inhibition de la sécrétion de MIF.
{"title":"Persistance tumorale dans le mélanome : comment les cellules persistantes neutralisent le système immunitaire","authors":"L. Soumoy , H. Chen , S. Faouzi , S. Shen , S.-K. Murali , S. Agoussi , S. Mohammadnezhaddaryani , M. Kazemimanesh , S. Roy , N. Benannoune , N. Hammoudi , H. Lecourt , C. Boutros , D. Belkadi-Sadou , E. Routier , V. de Savigny , M. Fernandes , A. Méant , I. Ardino , N. Gontara , C. Robert","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.018","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.018","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le mélanome métastatique récidive souvent après un traitement par thérapie ciblée ou immunothérapie, ce qui suggère que les cellules persistantes du mélanome échappent à la surveillance immunitaire. Nous avons étudié comment la reprogrammation traductionnelle dans les cellules persistantes de mélanome contribue à la rechute tumorale et à l’évasion immunitaire.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Nous avons identifié l’expression de marqueurs spécifiques de persistance <em>in vitro</em> et sur biopsies de patients par immunohistochimie en multiplex (36 cibles). Nous avons analysé les surnageants de lignées cellulaires de mélanome (parentales vs persistantes) à l’aide de matrices de chimiokines et d’ELISA, et évalué leur impact sur les lymphocytes et les monocytes au moyen d’essais métaboliques et fonctionnels. La sécrétion de Macrophage Migration Inhibiting Factor (MIF) a été mesurée dans les biopsies des patients avant et après le début du traitement. Des approches CRISPR-Cas9 et siRNA ont été utilisées pour étudier la régulation du MIF et son transporteur ABCA7.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Nous avons identifié une signature de 7 protéines permettant d’identifier des cellules persistantes de mélanome sur des biopsies de patients prélevées une semaine après l’initiation du traitement (thérapie ciblée ou immunothérapie) et associée à une réponse défavorable à ces traitements. Les cellules persistantes de mélanome présentent une réduction globale de la traduction mais une augmentation de la traduction d’ARNm spécifiques codant pour des protéines impliquées dans le remodelage de la chromatine et la modulation immunitaire. MIF a été identifié comme un facteur immunosuppresseur clé sécrété en quantité importante par les cellules persistantes, conduisant à une réduction des fonctions des lymphocytes (lyse tumorale) et des macrophages (phagocytose). L’expression du transporteur ABCA7 est augmentée au niveau de la traduction dans les cellules persistantes et est responsable de la sécrétion accrue de MIF. Le ciblage du facteur 4A d’initiation eucaryotique (eIF4A) en combinaison avec la thérapie ciblée dans un modèle murin de mélanome retarde la résistance et augmente la survie.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>La persistance des cellules de mélanome sous traitement est associée à une reprogrammation traductionnelle, qui augmente la sécrétion de MIF par l’intermédiaire d’ABCA7, favorisant ainsi un microenvironnement tumoral immunosuppresseur.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Le ciblage de la traduction représente une voie thérapeutique prometteuse contre la persistance et la résistance thérapeutiques des mélanomes combinant des effets antitumoraux directs sur les cellules tumorales et indirects sur le microenvironnement tumoral via l’inhibition de la sécrétion de MIF.</div></div>","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A43-A44"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486464","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.023
A. Delmotte , G. Mulier , O. Fogel , D. Bessis , L. Biard , E. Brenaut , C. Cassius , E. Charvet , F. Chasset , J. Delaleu , O. Fain , C. Grolleau , M. Jachiet , R. Lhote , T. Mahévas , G. Hayem , J.D. Bouaziz
<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome Synovite, Acné, Pustulose, Hyperostose, Ostéite (SAPHO) est une pathologie auto-inflammatoire à composante neutrophilique rare, associant des manifestations cutanées et ostéo-articulaires variées. L’hétérogénéité clinique du SAPHO interroge sur l’existence de sous-groupes phénotypiques.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique incluant des patients majeurs atteints de syndrome SAPHO selon les critères de Kahn (1994). Les variables démographiques, dermatologiques et rhumatologiques au diagnostic ont été utilisées pour une analyse en cluster non supervisée.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 102 patients ont été inclus (79 % de femmes, âge médian à l’inclusion de 51 ans) avec une durée médiane de suivi de 8 ans. Les manifestations cutanées comprenaient le psoriasis pustuleux (81 %), le psoriasis vulgaire (34 %), l’acné (17 %) et l’hidradénite suppurée (8 %). Les manifestations ostéo-articulaires comprenaient les atteintes de la paroi thoracique antérieure (77 %), axiales (64 %) et périphériques (36 %), incluant des ostéoarthrites de la paroi thoracique antérieure (77 %), des ostéites (64 %), des hyperostoses (39 %) et des synovites (24 %). L’évaluation des réponses thérapeutiques cliniques a montré un taux de réponse global<!--> <!-->><!--> <!-->69 %, sans différence apparente entre les stratégies utilisées à l’exception des biphosphonates. L’analyse en cluster a identifié 2 phénotypes distincts.</div><div>Cluster 1 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->88): prédominance féminine (89 vs 21 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01), plus âgée au diagnostic (40 vs 26 ans en médiane, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01) avec une prévalence de psoriasis pustuleux plus élevée (92 vs 14 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01), sans différence significative concernant les variables rhumatologiques.</div><div>Cluster 2 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->14): prédominance masculine, plus jeunes avec une forte prévalence d’acné (79 vs 7 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01), d’hidradénite suppurée (29 vs 5 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,01) et d’atteinte sacro-iliaque (64 vs 27 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,01).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>À notre connaissance, il s’agit de la plus grande cohorte de syndrome SAPHO intégrant une analyse dermatologique, et la première à identifier 2 clusters phénotypiques. Ces résultats renforcent l’hypothèse d’un spectre phénotypique hétérogène dans le syndrome SAPHO, possiblement lié à des mécanismes immunopathologiques différents. La taille réduite du cluster 2 limite cependant l’interprétation des résultats et les comparaisons thérapeutiques.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’analyse en cluster non supervisée a mis en évidence 2 clusters distincts : l’un majoritairement féminin, plus âgé, associé au psoriasis pustuleux, l’autre majoritairement masculin, plus jeune, caractérisé par une acné sévèr
IntroductionLe 4457综合征、粉刺、Pustulose Hyperostose Ostéite(我们)是一种病理auto-inflammatoire neutrophilique罕见的部分,涉及各种各样的皮肤和关节示威。SAPHO的临床异质性对表型亚群的存在提出了质疑。这是一项基于Kahn(1994)标准的多中心回顾性研究,包括严重SAPHO患者。诊断中的人口统计学、皮肤学和风湿病变量被用于无监督的聚类分析。结果共纳入102例患者(79%为女性,中位年龄51岁),中位随访时间为8年,皮肤表现包括脓疱性银屑病(81%)、寻常型银屑病(34%)、痤疮(17%)和化脓性水疱性银屑病(8%)。骨关节的赛事包括前胸壁损伤(77%)、(64%)和轴向ostéoarthrites在内的周边(36%)、前胸壁(77%)、ostéites(64%)、synovites hyperostoses(39%)和(24%)。对临床治疗反应的评估显示,总体反应率为69%,除双磷酸盐外,使用的策略之间没有明显差异。聚类分析确定了2种不同的表型。Cluster n = 1(88):女性(89 vs < 21%, p 0.001),最年长的诊断(40年中间,26岁vs < p 0.01);与银屑病的流行率较高的蛋糕糊(92 14%,p vs <无显著差异;0.01)、风湿变量有关。第2组(n = 14):男性占主导地位,较年轻,痤疮(79% vs . 7%, p = 0.01)、化脓性水腺炎(29 vs . 5%, p = 0.01)和骶疝病变(64 vs . 27%, p = 0.01)患病率较高。据我们所知,这是整合皮肤学分析的最大的SAPHO队列,也是第一个识别出两种表型集群的队列。这些发现支持了SAPHO综合征表型异质性谱的假设,可能与不同的免疫病理机制有关。然而,集群2的缩小限制了结果的解释和治疗比较。ConclusionL’analyse在cluster无监督,突出了2个单独的集群:一个年长的女性为主,加上银屑病蛋糕糊,对方的特点,男性更年轻、重度痤疮、hidradénite suppurée sacro-iliaque和攻击。更大规模的研究和translationnelles需确认这些意见,并以特有的生理病理机制的了解表现型,以承担更个性化。
{"title":"Identification de clusters phénotypiques dans le syndrome SAPHO : une étude rétrospective multicentrique de 102 patients","authors":"A. Delmotte , G. Mulier , O. Fogel , D. Bessis , L. Biard , E. Brenaut , C. Cassius , E. Charvet , F. Chasset , J. Delaleu , O. Fain , C. Grolleau , M. Jachiet , R. Lhote , T. Mahévas , G. Hayem , J.D. Bouaziz","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.023","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.023","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Le syndrome Synovite, Acné, Pustulose, Hyperostose, Ostéite (SAPHO) est une pathologie auto-inflammatoire à composante neutrophilique rare, associant des manifestations cutanées et ostéo-articulaires variées. L’hétérogénéité clinique du SAPHO interroge sur l’existence de sous-groupes phénotypiques.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique incluant des patients majeurs atteints de syndrome SAPHO selon les critères de Kahn (1994). Les variables démographiques, dermatologiques et rhumatologiques au diagnostic ont été utilisées pour une analyse en cluster non supervisée.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total, 102 patients ont été inclus (79 % de femmes, âge médian à l’inclusion de 51 ans) avec une durée médiane de suivi de 8 ans. Les manifestations cutanées comprenaient le psoriasis pustuleux (81 %), le psoriasis vulgaire (34 %), l’acné (17 %) et l’hidradénite suppurée (8 %). Les manifestations ostéo-articulaires comprenaient les atteintes de la paroi thoracique antérieure (77 %), axiales (64 %) et périphériques (36 %), incluant des ostéoarthrites de la paroi thoracique antérieure (77 %), des ostéites (64 %), des hyperostoses (39 %) et des synovites (24 %). L’évaluation des réponses thérapeutiques cliniques a montré un taux de réponse global<!--> <!-->><!--> <!-->69 %, sans différence apparente entre les stratégies utilisées à l’exception des biphosphonates. L’analyse en cluster a identifié 2 phénotypes distincts.</div><div>Cluster 1 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->88): prédominance féminine (89 vs 21 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01), plus âgée au diagnostic (40 vs 26 ans en médiane, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01) avec une prévalence de psoriasis pustuleux plus élevée (92 vs 14 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01), sans différence significative concernant les variables rhumatologiques.</div><div>Cluster 2 (<em>n</em> <!-->=<!--> <!-->14): prédominance masculine, plus jeunes avec une forte prévalence d’acné (79 vs 7 %, <em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01), d’hidradénite suppurée (29 vs 5 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,01) et d’atteinte sacro-iliaque (64 vs 27 %, <em>p</em> <!-->=<!--> <!-->0,01).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>À notre connaissance, il s’agit de la plus grande cohorte de syndrome SAPHO intégrant une analyse dermatologique, et la première à identifier 2 clusters phénotypiques. Ces résultats renforcent l’hypothèse d’un spectre phénotypique hétérogène dans le syndrome SAPHO, possiblement lié à des mécanismes immunopathologiques différents. La taille réduite du cluster 2 limite cependant l’interprétation des résultats et les comparaisons thérapeutiques.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’analyse en cluster non supervisée a mis en évidence 2 clusters distincts : l’un majoritairement féminin, plus âgé, associé au psoriasis pustuleux, l’autre majoritairement masculin, plus jeune, caractérisé par une acné sévèr","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A46-A47"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486469","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.047
H. Traineau , A. Dangien , C. Lheure , N. Kramkimel , P. Sohier , S. Laurent , A. Tazi , C. Plainvert , S. Aractingi , S. Guégan , N. Dupin
<div><h3>Introduction</h3><div><em>Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis</em> (SDSE) est responsable de diverses infections dont les dermohypodermites bactériennes (DHB). Des éruptions toxiniques récidivantes du périnée avec portage anal de <em>Streptococcus pyogenes</em> ont été rapportées chez l’enfant, peu décrites chez l’adulte. Nous décrivons 5 cas d’éruption similaire récidivante à SDSE chez l’adulte de présentation clinique stéréotypée, source d’errance diagnostique.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Les patients présentant un érythème récidivant au même site avec identification locale de SDSE entre 2014 et 2024 ont été recherchés dans 2 hôpitaux. Leurs caractéristiques démographiques, cliniques, microbiologiques, histologiques, de traitement et d’évolution ont été collectés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Cinq patients (2 F/3 H, âge médian 58 ans) ayant présenté 2 à plus d’une dizaine d’épisodes d’érythème récidivants de même topographie (4 lombofessière/membre inférieur, 1 visage) et isolement de SDSE ont été identifiés. Les lésions étaient des placards érythémateux œdémateux, sensibles ou prurigineux plus que douloureux, particuliers par leur caractère suspendu sans porte d’entrée évidente, et migrant ou régressant en 24 à 96<!--> <!-->h. Une desquamation en collerette avec purpura secondaire étaient parfois observées. Une fièvre >39<!--> <!-->°C était présente chez 4/5 patients, une diarrhée liquidienne initiale chez 2/5.</div><div>Trois des 4 patients avec atteinte lombofessière avaient une anite. De nombreuses colonies de SDSE étaient isolées chez tous (4 écouvillons anaux, 1 rétro-auriculaire) avec exotoxine SpeG identifiée chez 3 des 4 patients avec souche disponible ; un seul patient avait des hémocultures positives. Le diagnostic de DHB était la principale hypothèse initiale chez un seul patient avec d’autres diagnostics évoqués de Sweet (4/5), Wells (3/5), eczéma de contact (1/5). Quatre ont eu 1 à 3 biopsies cutanées, trouvant majoritairement un œdème inflammatoire dermique avec infiltrat neutrophilique interstitiel (3/4).</div><div>Trois patients ont eu au moins un épisode de régression spontanée ou à 24<!--> <!-->h d’antibiothérapie. Sur 7 à 36 mois de recul, le traitement ayant permis la rémission était l’amoxicilline 3 semaines (1/5), une décontamination des gites pendant 3 mois (1/5), une antibioprophylaxie (3/5, 12 à 22 mois).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Ces érythèmes toxiniques d’évolution souvent migratrice et fréquemment spontanément régressifs, peuvent mimer une maladie inflammatoire type syndrome de Sweet, Wells ou eczéma de contact allergique. Ce caractère trompeur explique probablement un retard diagnostique. Certains patients ont en effet présenté plus d’une dizaine d’épisodes avec réalisation de plusieurs biopsies avant d’avoir un prélèvement bactériologique et un traitement antibiotique adéquat permettant d’éviter la récidive.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div
{"title":"Éruptions toxiniques récidivantes à Streptococcus dysgalactiae : une série de 5 cas","authors":"H. Traineau , A. Dangien , C. Lheure , N. Kramkimel , P. Sohier , S. Laurent , A. Tazi , C. Plainvert , S. Aractingi , S. Guégan , N. Dupin","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.047","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.047","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div><em>Streptococcus dysgalactiae subsp. equisimilis</em> (SDSE) est responsable de diverses infections dont les dermohypodermites bactériennes (DHB). Des éruptions toxiniques récidivantes du périnée avec portage anal de <em>Streptococcus pyogenes</em> ont été rapportées chez l’enfant, peu décrites chez l’adulte. Nous décrivons 5 cas d’éruption similaire récidivante à SDSE chez l’adulte de présentation clinique stéréotypée, source d’errance diagnostique.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Les patients présentant un érythème récidivant au même site avec identification locale de SDSE entre 2014 et 2024 ont été recherchés dans 2 hôpitaux. Leurs caractéristiques démographiques, cliniques, microbiologiques, histologiques, de traitement et d’évolution ont été collectés.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Cinq patients (2 F/3 H, âge médian 58 ans) ayant présenté 2 à plus d’une dizaine d’épisodes d’érythème récidivants de même topographie (4 lombofessière/membre inférieur, 1 visage) et isolement de SDSE ont été identifiés. Les lésions étaient des placards érythémateux œdémateux, sensibles ou prurigineux plus que douloureux, particuliers par leur caractère suspendu sans porte d’entrée évidente, et migrant ou régressant en 24 à 96<!--> <!-->h. Une desquamation en collerette avec purpura secondaire étaient parfois observées. Une fièvre >39<!--> <!-->°C était présente chez 4/5 patients, une diarrhée liquidienne initiale chez 2/5.</div><div>Trois des 4 patients avec atteinte lombofessière avaient une anite. De nombreuses colonies de SDSE étaient isolées chez tous (4 écouvillons anaux, 1 rétro-auriculaire) avec exotoxine SpeG identifiée chez 3 des 4 patients avec souche disponible ; un seul patient avait des hémocultures positives. Le diagnostic de DHB était la principale hypothèse initiale chez un seul patient avec d’autres diagnostics évoqués de Sweet (4/5), Wells (3/5), eczéma de contact (1/5). Quatre ont eu 1 à 3 biopsies cutanées, trouvant majoritairement un œdème inflammatoire dermique avec infiltrat neutrophilique interstitiel (3/4).</div><div>Trois patients ont eu au moins un épisode de régression spontanée ou à 24<!--> <!-->h d’antibiothérapie. Sur 7 à 36 mois de recul, le traitement ayant permis la rémission était l’amoxicilline 3 semaines (1/5), une décontamination des gites pendant 3 mois (1/5), une antibioprophylaxie (3/5, 12 à 22 mois).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Ces érythèmes toxiniques d’évolution souvent migratrice et fréquemment spontanément régressifs, peuvent mimer une maladie inflammatoire type syndrome de Sweet, Wells ou eczéma de contact allergique. Ce caractère trompeur explique probablement un retard diagnostique. Certains patients ont en effet présenté plus d’une dizaine d’épisodes avec réalisation de plusieurs biopsies avant d’avoir un prélèvement bactériologique et un traitement antibiotique adéquat permettant d’éviter la récidive.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A60"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486075","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.048
B. Saadaoui , N. Ben Salah , H. Raiss , B. Mahdi , Y. Monia , B. Hichem , M. Maha , J. Zili
<div><h3>Introduction</h3><div>L’augmentation des résistances bactériennes aux antibiotiques représente un enjeu majeur en dermatologie infectieuse. L’automédication et l’usage inapproprié et répété des antibiotiques ont favorisé l’émergence de souches multirésistantes, compromettant l’efficacité des traitements empiriques, souvent nécessaires en première intention. Cette étude évalue la résistance des souches streptococciques aux antibiotiques courants, isolées dans des infections cutanées communautaires.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective menée sur une période de douze ans, du 1<sup>er</sup> janvier 2013 au 31 mai 2025. Les prélèvements ont été réalisés à partir de pus, aussi bien superficiel que profond, selon la localisation et la nature des lésions.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Un total de 48 prélèvements bactériologiques (PB) a permis l’isolement de 48 souches de streptocoques. La majorité des prélèvements ont été effectués sur du pus superficiel (95 %) contre 5 % de pus profond. Les lésions cutanées étaient : pyodermite (27,5 %), intertrigo interorteils surinfecté (25 %), impétigo (20 %), infection post-traumatique (7,5 %), leishmaniose cutanée surinfectée (5 %), ulcère de jambe surinfecté (5 %), pyoderma gangrenosum surinfecté (2,5 %), ongle incarné surinfecté (2,5 %), abcès cutané (2,5 %) et furoncle (1 %). Concernant la sensibilité des souches streptococciques, la majorité étaient sensibles à la pénicilline G, la gentamicine, la vancomycine et la teicoplanine (taux de résistance à 0,2 %). Cependant, des résistances ont été observées pour la pristinamycine (2,7 %), l’érythromycine (40 %), la clarithromycine (42 %), la clindamycine (45 %), la lévofloxacine (47,5 %) et la tétracycline (62,5 %).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’élévation marquée des taux de résistance aux antibiotiques des streptocoques isolés dans notre étude est préoccupante et se révèle nettement supérieure à ceux rapportés dans la littérature. En effet, les taux de résistance à la clindamycine, aux macrolides, aux fluoroquinolones et à la tétracycline dépassent largement les seuils de 15 %, souvent considérés comme critiques dans les recommandations thérapeutiques. À titre comparatif, les données de la littérature rapportent des taux de résistance aux macrolides des streptocoques autour de 10 à 20 %, alors que dans notre série, ces taux dépassent 25 %. Cette situation pourrait refléter une pression antibiotique importante, liée à l’automédication, à l’utilisation non ciblée des traitements et au manque de protocoles d’antibiothérapie adaptés en dermatologie communautaire. Elle met en lumière l’urgence de revoir les schémas thérapeutiques empiriques, notamment en excluant les molécules ayant des taux de résistance au-delà des seuils acceptables.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Il est essentiel de renforcer la surveillance microbiologique, de privilégier une antibiothérapie guidée pa
{"title":"Évolution de la résistance des streptocoques en dermatologie : impact sur la prise en charge empirique","authors":"B. Saadaoui , N. Ben Salah , H. Raiss , B. Mahdi , Y. Monia , B. Hichem , M. Maha , J. Zili","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.048","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.048","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>L’augmentation des résistances bactériennes aux antibiotiques représente un enjeu majeur en dermatologie infectieuse. L’automédication et l’usage inapproprié et répété des antibiotiques ont favorisé l’émergence de souches multirésistantes, compromettant l’efficacité des traitements empiriques, souvent nécessaires en première intention. Cette étude évalue la résistance des souches streptococciques aux antibiotiques courants, isolées dans des infections cutanées communautaires.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective menée sur une période de douze ans, du 1<sup>er</sup> janvier 2013 au 31 mai 2025. Les prélèvements ont été réalisés à partir de pus, aussi bien superficiel que profond, selon la localisation et la nature des lésions.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Un total de 48 prélèvements bactériologiques (PB) a permis l’isolement de 48 souches de streptocoques. La majorité des prélèvements ont été effectués sur du pus superficiel (95 %) contre 5 % de pus profond. Les lésions cutanées étaient : pyodermite (27,5 %), intertrigo interorteils surinfecté (25 %), impétigo (20 %), infection post-traumatique (7,5 %), leishmaniose cutanée surinfectée (5 %), ulcère de jambe surinfecté (5 %), pyoderma gangrenosum surinfecté (2,5 %), ongle incarné surinfecté (2,5 %), abcès cutané (2,5 %) et furoncle (1 %). Concernant la sensibilité des souches streptococciques, la majorité étaient sensibles à la pénicilline G, la gentamicine, la vancomycine et la teicoplanine (taux de résistance à 0,2 %). Cependant, des résistances ont été observées pour la pristinamycine (2,7 %), l’érythromycine (40 %), la clarithromycine (42 %), la clindamycine (45 %), la lévofloxacine (47,5 %) et la tétracycline (62,5 %).</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>L’élévation marquée des taux de résistance aux antibiotiques des streptocoques isolés dans notre étude est préoccupante et se révèle nettement supérieure à ceux rapportés dans la littérature. En effet, les taux de résistance à la clindamycine, aux macrolides, aux fluoroquinolones et à la tétracycline dépassent largement les seuils de 15 %, souvent considérés comme critiques dans les recommandations thérapeutiques. À titre comparatif, les données de la littérature rapportent des taux de résistance aux macrolides des streptocoques autour de 10 à 20 %, alors que dans notre série, ces taux dépassent 25 %. Cette situation pourrait refléter une pression antibiotique importante, liée à l’automédication, à l’utilisation non ciblée des traitements et au manque de protocoles d’antibiothérapie adaptés en dermatologie communautaire. Elle met en lumière l’urgence de revoir les schémas thérapeutiques empiriques, notamment en excluant les molécules ayant des taux de résistance au-delà des seuils acceptables.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>Il est essentiel de renforcer la surveillance microbiologique, de privilégier une antibiothérapie guidée pa","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Pages A60-A61"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486076","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.061
Q. Murat de Montaï , S. Guégan , N. Dupin , D. Bessis , J. Seneschal , D. Staumont-Sallé , M. Mouthon , D. Kottler , C. Lenormand , E. Begon , F. Chasset , A. Labonnelie , M.-A. Richard , L. Duverger , M. Battistella , F. Cordoliani , C. Lepelletier , T. Mahevas , M. Jachiet , J.-D. Bouaziz , G. Battesti
<div><h3>Introduction</h3><div>L’erythema elevatum diutinum (EED) est une vascularite rare entrant dans le spectre des dermatoses neutrophiliques (DN). L’EED se manifeste classiquement par des papulo-nodules violacés chroniques des faces d’extension articulaires et est associé aux gammapathies monoclonales (GM), à la polyarthrite rhumatoïde (PR) et aux infections virales chroniques (IVC). Toutefois, la littérature reposant sur de petites séries/cas isolés, l’EED reste méconnu. L’objectif de cette étude était d’en décrire les caractéristiques cliniques, évolutives et la réponse thérapeutique.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Étude rétrospective multicentrique incluant des patients atteints d’EED confirmé histologiquement, suivis au moins six mois.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total 40 patients ont été inclus (âge médian 49 ans, femmes 47 %). L’EED, très polymorphe, se manifestait par des papules (62 %), nodules (57 %) et plaques (46 %), érythémateuses (81 %) et/ou purpuriques (51 %), parfois ulcérées et nécrotiques (34 %), souvent localisées aux extrémités (81 %). Une atteinte articulaire périphérique inflammatoire (arthralgies, arthrites non érosives) s’y associait fréquemment (37%). Au total 70% des patients avaient des comorbidités, majoritairement synchrones du diagnostic : 67 % de GM (IgG<!--> <!-->><!--> <!-->IgA, kappa 83 %, 1 myélome multiple préexistant), 17 % de diabète, 14 % de maladies de Crohn, de cancers et de PR séropositives, 8 % d’IVC. Le traitement le plus prescrit était la dapsone (22 patients ; 50 % de réponse complète (RC), 30 % de réponse partielle (RP)). La colchicine (12 patients) et l‘hydroxychloroquine (8 patients) permettaient le plus souvent une RP. L’atteinte articulaire inflammatoire répondait presque toujours (91 %) à la dapsone, souvent après échec d’un immunosuppresseur conventionnel. À l’issue d’un suivi médian de 4 ans, 26 % des patients étaient en rémission, 28 % contrôlés sous traitement et 46 % non contrôlés. Deux patients, non traités, sont décédés des suites de complications infectieuses de l’EED.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Il s’agit de la plus grande série d’EED publiée à ce jour. La fréquence élevée des GM, ainsi que leur association classique avec d’autres DN, permettraient de classer l’EED parmi les « gammapathies de signification clinique ». De plus longues études sont nécessaires pour mieux caractériser leur évolution.</div><div>La fréquence importante des atteintes articulaires séronégatives, non érosives et répondant à la dapsone évoque une entité neutrophilique cutanéo-articulaire distincte de la PR.</div><div>La faible proportion des IVC dans cette série diffère des séries antérieures, probablement du fait de biais de publication et de récentes évolutions épidémiologiques.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’EED est une DN chronique semblant s’associer à une atteinte articulaire spécifique. Les comorbidités sont très fréquentes, principalement les
{"title":"Caractéristiques cliniques et réponse thérapeutique de l’erythema elevatum diutinum : série multicentrique rétrospective française de 40 cas","authors":"Q. Murat de Montaï , S. Guégan , N. Dupin , D. Bessis , J. Seneschal , D. Staumont-Sallé , M. Mouthon , D. Kottler , C. Lenormand , E. Begon , F. Chasset , A. Labonnelie , M.-A. Richard , L. Duverger , M. Battistella , F. Cordoliani , C. Lepelletier , T. Mahevas , M. Jachiet , J.-D. Bouaziz , G. Battesti","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.061","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.061","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>L’erythema elevatum diutinum (EED) est une vascularite rare entrant dans le spectre des dermatoses neutrophiliques (DN). L’EED se manifeste classiquement par des papulo-nodules violacés chroniques des faces d’extension articulaires et est associé aux gammapathies monoclonales (GM), à la polyarthrite rhumatoïde (PR) et aux infections virales chroniques (IVC). Toutefois, la littérature reposant sur de petites séries/cas isolés, l’EED reste méconnu. L’objectif de cette étude était d’en décrire les caractéristiques cliniques, évolutives et la réponse thérapeutique.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Étude rétrospective multicentrique incluant des patients atteints d’EED confirmé histologiquement, suivis au moins six mois.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Au total 40 patients ont été inclus (âge médian 49 ans, femmes 47 %). L’EED, très polymorphe, se manifestait par des papules (62 %), nodules (57 %) et plaques (46 %), érythémateuses (81 %) et/ou purpuriques (51 %), parfois ulcérées et nécrotiques (34 %), souvent localisées aux extrémités (81 %). Une atteinte articulaire périphérique inflammatoire (arthralgies, arthrites non érosives) s’y associait fréquemment (37%). Au total 70% des patients avaient des comorbidités, majoritairement synchrones du diagnostic : 67 % de GM (IgG<!--> <!-->><!--> <!-->IgA, kappa 83 %, 1 myélome multiple préexistant), 17 % de diabète, 14 % de maladies de Crohn, de cancers et de PR séropositives, 8 % d’IVC. Le traitement le plus prescrit était la dapsone (22 patients ; 50 % de réponse complète (RC), 30 % de réponse partielle (RP)). La colchicine (12 patients) et l‘hydroxychloroquine (8 patients) permettaient le plus souvent une RP. L’atteinte articulaire inflammatoire répondait presque toujours (91 %) à la dapsone, souvent après échec d’un immunosuppresseur conventionnel. À l’issue d’un suivi médian de 4 ans, 26 % des patients étaient en rémission, 28 % contrôlés sous traitement et 46 % non contrôlés. Deux patients, non traités, sont décédés des suites de complications infectieuses de l’EED.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Il s’agit de la plus grande série d’EED publiée à ce jour. La fréquence élevée des GM, ainsi que leur association classique avec d’autres DN, permettraient de classer l’EED parmi les « gammapathies de signification clinique ». De plus longues études sont nécessaires pour mieux caractériser leur évolution.</div><div>La fréquence importante des atteintes articulaires séronégatives, non érosives et répondant à la dapsone évoque une entité neutrophilique cutanéo-articulaire distincte de la PR.</div><div>La faible proportion des IVC dans cette série diffère des séries antérieures, probablement du fait de biais de publication et de récentes évolutions épidémiologiques.</div></div><div><h3>Conclusion</h3><div>L’EED est une DN chronique semblant s’associer à une atteinte articulaire spécifique. Les comorbidités sont très fréquentes, principalement les","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A68"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486144","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}
Pub Date : 2025-12-01Epub Date: 2025-11-11DOI: 10.1016/j.fander.2025.09.066
P.-A. Bécherel , M. Thomas , J. Blanc , M. Dehais , S. Mouassane , J.-C. Morenos
<div><h3>Introduction</h3><div>Les doses ou intervalles des biothérapies donnant les meilleurs résultats dans l’HS restent discutés. Avec l’infliximab et l’adalimumab, 10<!--> <!-->mg/kg et 80<!--> <!-->mg/semaine sont meilleurs pour les patients sévères. Dans les essais Sunny avec le sécukinumab, l’efficacité différentielle Q2 et Q4 a donné des résultats contradictoires. Nous présentons une étude prospective qui examine Q2 ou Q4 dans les HS sévères.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude prospective en situation réelle dans 3 hôpitaux, incluant 83 patients. Ils ont été assignés au hasard à une dose de 300<!--> <!-->mg de sécukinumab, toutes les 2 ou 4 semaines (cohorte Q4<!--> <!-->=<!--> <!-->41/cohorte Q2<!--> <!-->=<!--> <!-->42), après une induction similaire (300<!--> <!-->mg/semaine 5 semaines consécutives), puis suivis pendant 12 mois. Quarante-six femmes et 37 hommes ont été inclus, âge moyen 33,1 ans (21–40). À l’inclusion, le score IHS4 moyen était de 15,2 dans la cohorte Q4 et de 16,1 au Q2. Tous les patients étaient naïfs de biologiques et avaient reçu au moins 3 mois de traitements antibiotiques auparavant, selon les recommandations.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Tous les patients ont terminé l’étude, sans perdu de vie. À 6 mois : 16 patients (39 %) de la cohorte Q4 se sont améliorés, avec un score moyen IHS4 passant de 15,2 à 10,5. Vingt-huit patients (66 %) de la cohorte Q2 se sont améliorés avec un score moyen d’IHS4 diminuant de 16,1 à 5,3 (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01). Les 25 autres patients de la cohorte Q4 se sont aggravés (15) ou sont restés stables (10). Ils sont passés à l’intervalle Q2 à M6, et ont été suivis 6 mois de plus (12 mois cumulés) : 9 finalement améliorés avec un score moyen IHS4 à 7,1 à M12. Les 14 autres patients de la cohorte Q2 se sont aggravés (5) ou sont restés stables (9) au cours des 6 mois suivants. La tolérance était classique : 5 cas (6 %) de candidose linguale ont été observés, traités par fluconazole.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Trois biothérapies sont maintenant approuvées pour traiter l’HS : l’adalimumab, qui peut être optimisé à 80<!--> <!-->mg/semaine 2, le sécukinumab, qui est classiquement utilisé toutes les 4 semaines après la phase d’induction, et le bimékizumab. L’infliximab est prescrit hors AMM, souvent à une dose augmentée à 10<!--> <!-->mg/kg. Dans cette étude en vie réelle, nous voulions vérifier nos impressions cliniques que chez les patients sévères, l’intervalle Q2 était plus efficace que Q4. Nos résultats soutiennent cette hypothèse. Les patients inclus avaient un score ISH4 >11. Un intervalle de 2 semaines est supérieur dans les cas sévères, mais nous n’avons pas étudié les patients modérés (1<!--> <!--><<!--> <!-->IHS4<!--> <!--><<!--> <!-->7) (7<!--> <!--><<!--> <!-->IHS4<!--> <!--><<!--> <!-->11). En effet, pour les 3 produits biologiques disponibles, une optimisation de dosage est souvent utile et re
{"title":"Traitement par sécukinumab de l’hidradénite suppurée (HS) sévère : un intervalle de 2 semaines (Q2) confirme sa supériorité sur 4 semaines (Q4) dans une étude prospective en vie réelle (83 patients)","authors":"P.-A. Bécherel , M. Thomas , J. Blanc , M. Dehais , S. Mouassane , J.-C. Morenos","doi":"10.1016/j.fander.2025.09.066","DOIUrl":"10.1016/j.fander.2025.09.066","url":null,"abstract":"<div><h3>Introduction</h3><div>Les doses ou intervalles des biothérapies donnant les meilleurs résultats dans l’HS restent discutés. Avec l’infliximab et l’adalimumab, 10<!--> <!-->mg/kg et 80<!--> <!-->mg/semaine sont meilleurs pour les patients sévères. Dans les essais Sunny avec le sécukinumab, l’efficacité différentielle Q2 et Q4 a donné des résultats contradictoires. Nous présentons une étude prospective qui examine Q2 ou Q4 dans les HS sévères.</div></div><div><h3>Matériel et méthodes</h3><div>Il s’agit d’une étude prospective en situation réelle dans 3 hôpitaux, incluant 83 patients. Ils ont été assignés au hasard à une dose de 300<!--> <!-->mg de sécukinumab, toutes les 2 ou 4 semaines (cohorte Q4<!--> <!-->=<!--> <!-->41/cohorte Q2<!--> <!-->=<!--> <!-->42), après une induction similaire (300<!--> <!-->mg/semaine 5 semaines consécutives), puis suivis pendant 12 mois. Quarante-six femmes et 37 hommes ont été inclus, âge moyen 33,1 ans (21–40). À l’inclusion, le score IHS4 moyen était de 15,2 dans la cohorte Q4 et de 16,1 au Q2. Tous les patients étaient naïfs de biologiques et avaient reçu au moins 3 mois de traitements antibiotiques auparavant, selon les recommandations.</div></div><div><h3>Résultats</h3><div>Tous les patients ont terminé l’étude, sans perdu de vie. À 6 mois : 16 patients (39 %) de la cohorte Q4 se sont améliorés, avec un score moyen IHS4 passant de 15,2 à 10,5. Vingt-huit patients (66 %) de la cohorte Q2 se sont améliorés avec un score moyen d’IHS4 diminuant de 16,1 à 5,3 (<em>p</em> <!--><<!--> <!-->0,01). Les 25 autres patients de la cohorte Q4 se sont aggravés (15) ou sont restés stables (10). Ils sont passés à l’intervalle Q2 à M6, et ont été suivis 6 mois de plus (12 mois cumulés) : 9 finalement améliorés avec un score moyen IHS4 à 7,1 à M12. Les 14 autres patients de la cohorte Q2 se sont aggravés (5) ou sont restés stables (9) au cours des 6 mois suivants. La tolérance était classique : 5 cas (6 %) de candidose linguale ont été observés, traités par fluconazole.</div></div><div><h3>Discussion</h3><div>Trois biothérapies sont maintenant approuvées pour traiter l’HS : l’adalimumab, qui peut être optimisé à 80<!--> <!-->mg/semaine 2, le sécukinumab, qui est classiquement utilisé toutes les 4 semaines après la phase d’induction, et le bimékizumab. L’infliximab est prescrit hors AMM, souvent à une dose augmentée à 10<!--> <!-->mg/kg. Dans cette étude en vie réelle, nous voulions vérifier nos impressions cliniques que chez les patients sévères, l’intervalle Q2 était plus efficace que Q4. Nos résultats soutiennent cette hypothèse. Les patients inclus avaient un score ISH4 >11. Un intervalle de 2 semaines est supérieur dans les cas sévères, mais nous n’avons pas étudié les patients modérés (1<!--> <!--><<!--> <!-->IHS4<!--> <!--><<!--> <!-->7) (7<!--> <!--><<!--> <!-->IHS4<!--> <!--><<!--> <!-->11). En effet, pour les 3 produits biologiques disponibles, une optimisation de dosage est souvent utile et re","PeriodicalId":100088,"journal":{"name":"Annales de Dermatologie et de Vénéréologie - FMC","volume":"5 8","pages":"Page A71"},"PeriodicalIF":0.0,"publicationDate":"2025-12-01","publicationTypes":"Journal Article","fieldsOfStudy":null,"isOpenAccess":false,"openAccessPdf":"","citationCount":null,"resultStr":null,"platform":"Semanticscholar","paperid":"145486147","PeriodicalName":null,"FirstCategoryId":null,"ListUrlMain":null,"RegionNum":0,"RegionCategory":"","ArticlePicture":[],"TitleCN":null,"AbstractTextCN":null,"PMCID":"","EPubDate":null,"PubModel":null,"JCR":null,"JCRName":null,"Score":null,"Total":0}